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3 Caractères d’une représentation

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Leçon 107 : Représentations et caractères d’un groupe fini sur un C–espace vectoriel. Exemples.

On considèreV unC–espace vectoriel de dimension finienet un groupe finiGde cardinalg.

1 Définition et premiers exemples

Définition 1. On appelle représentation linéaire deG dansV un mor- phisme de groupesρ:G→GL(V). La dimension deV est appelé le degré de la représentation. SisG, on noteraρsplutôt queρ(s).

Remarque2. C’est équivalent à considérer une action deGsurV par au- tomorphismes linéaires.

Exemple 3.

1. Les représentations de degré 1 sont les morphismes deG dansC. Comme tout élément deGest d’ordre fini, les valeur deρssont des racines de l’unité. La représentations7→1 est appelée la représen- tation unité.

2. Si la dimension deV est égale au cardinal deG,V ayant pour base (et)t∈G, on considère la l’applications7→ρsρs est l’application linéaire définie parρs(et)=est. Alorsρest une représentation ap- pelée « la » représentation régulière deG. Elle est de degrég. 3. Si G =Sn, on dispose de la représentation par permutationsρ :

SnGLn(C) qui àσ∈Snassocie la matrice de permutationPσ= (δσ(i),j)i,j. Elle est de degrén.

Définition 4. Soientρ:G→GL(V) etρ0:G→GL(V0) deux représenta- tions. Sur la somme directeVV0, on définit la représentation somme ρρ0par : (ρ⊕ρ0)s(v,v0)=(ρs(v),ρ0s(v0)).

Définition 5. Soientρ:G→GL(V) etρ0:G→GL(V0) deux représenta- tions deG. On dit que f :VV0est un morphisme de représentations si

f est linéaire et vérifie∀sG,fρs=ρ0sf.

Si de plusf est un isomorphisme, on dit que les représentations sont iso- morphes.

2 Sous-représentation

Définition 6. Soitρ:G→GL(V) une représentation et soitW un s.e.v. de V stable parG:∀sG,ρs(W)⊆W. La restriction desρsàW définit alors une représentation deGdansW appelée sous-représentation deV. Exemple 7. Soient ρ:G→GL(V) etρ0 :G →GL(V0) deux représenta- tions et considérons la représentationρρ0. AlorsV etV0sont des sous- représentations deV⊕V0.

Définition 8. On dit qu’une représentation est irréductible siV n’est pas réduit à {0} et si elle n’admet pas de sous-représentations autres que {0} et V lui-même.

Exemple 9.

1. Tout représentation de degré 1 est irréductible.

2. La représentation régulière deG n’est pas irréductible : la droite engendrée par le vecteur P

tGet est stable et donne une sous- représentation isomorphe à la représentation unité.

3. La représentation par permutations deSn n’est pas irréductible : la droite engendré par (1, . . . , 1) est stable, de même que l’hyperplan d’équationPn

i=1xi=0. Notons que ces deux s.e.v. sont supplémen- taires.

Théorème 10. Soitρ:G→GL(V)une représentation et soit W un s.e.v.

stable par G. Alors W admet un supplémentaire stable par G.

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Corollaire 11. Toute représentation est somme directe de sous- représentations irréductibles.

3 Caractères d’une représentation

Définition 12. Soitρ:G→GL(V) une représentation. On appelle carac- tère de la représentationρl’applicationχ:GCdéfinie parχ(s)=Tr(ρs).

Si la représentation est irréductible, on parlera de caractère irréductible.

Proposition 13. Soitρ:G→GL(V)une représentation et soitχson carac- tère.

1. χ(1)=n.

2. χ(s−1)=χ(s).

3. χ(st s−1)=χ(t).

Exemple 14.

1. Le caractère d’une représentation de degré 1 se confond avec la re- présentation. Ainsi les caractères d’une représentation de degré 1 sont les morphismes deG dansC. Le caractère de la représenta- tion unité est le morphisme trivialχ:s7→1.

2. Le caractère de la représentation régulière deGest la fonctionχdé- finie parχ(e)=getχ(s)=0 sis6=e.

3. Le caractère de la représentation par permutations de Sn est la fonctionχdéfinie parχ(σ)=#Fix(σ).

Proposition 15. Soientρ:G→GL(V) etρ0:G→GL(V0)deux représen- tations de caractères respectifsχetχ0. Alors la représentationρρ0a pour caractèreχ+χ0.

Lemme 16(Schur). Soientρ:G→GL(V)etρ0:G→GL(V0)deux représen- tations irréductibles et soit f :VV0un morphisme de représentations.

1. Ou bien f est nulle, ou bien f est un isomorphisme.

2. Si V =V0etρ=ρ0, alors f est une homothétie.

Corollaire 17. Soit h:VV0linéaire et posons h0=g1P

tGρ0t−1h◦ρt. 1. Siρetρ0ne sont pas isomorphes, alors h0est nulle.

2. Si V =V0etρ=ρ0, alors h0est une homothétie de rapportTr(h)n . Définition 18. Siϕetψsont deux fonctions deGdansC, on note :

〈ϕ|ψ〉 = 1 g

X

tG

ϕ(t)ψ(t)

C’est un produit scalaire hermitien.

Théorème 19. Soientχetχ0deux caractères irréductibles.

〈χ|χ0〉 =

½ 1 siχ=χ0

0 siχetχ0proviennent de représentations non isomorphes.

Corollaire 20. Soitρ:G→GL(V)une représentation de caractèreϕ. Soit V=W1⊕· · ·⊕Wkune décomposition en sous-représentations irréductibles.

Si W est une représentation irréductible de caractèreχ, alors le nombre de Wiisomorphes à W est égal à〈ϕ|χ〉.

Théorème 21. Siϕest le caractère d’une représentation de G, alors〈ϕ|ϕ〉

est un entier positif et celui-ci vaut1ssi la représentation est irréductible.

Exemple 22. Notons χ1, . . . ,χh les caractères irréductibles, et n1, . . . ,nh leurs degrés (ni =χi(e)). Chaque représentation irréductible est conte- nue dans la représentation régulière un nombre de fois égal à son degré.

Commeχreg(s) vautg sis=eet 0 sinon, on en déduit les deux relations suivantes :

h

X

i=1

n2i =g, ∀s6=e,

h

X

i=1

niχi(s)=0 2

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Définition 23. Une fonctionf :GCest centrale si∀s,tG, f(st s−1)= f(t). L’ensemble des fonctions centrales est unC–espace vectoriel de di- mensionhle nombre de classes de conjugaison deG.

Théorème 24.Les caractères irréductibles de G forment une base orthonor- mée de l’espace des fonctions centrales. Il y a donc h caractères irréductibles de G.

On peut regrouper les informations sur les caractères irréductibles dans un tableau appelé table des caractères. On indexe les lignes par les ca- ractères irréductibles et les colonnes par les classes de conjugaisons deG.

Chaque case contient alors la valeur du caractère sur la classe de conjugai- son. On trouvera en annexe quelques tables de caractères. Notamment :

Théorème 25. Les groupesD4etH8ont la même table de caractères.

4 Caractères et dualité

On s’intéresse maintenant aux représentations de degré 1, c’est-à-dire aux morphismes deGdansC.

Lemme 26. Soit G un groupe etχ:GCun morphisme. Alorsχse fac- torise en un morphisme de GabdansC.

Proposition 27. Un groupe G est abélien ssi toutes ses représentations irré- ductibles sont de degré 1.

Définition 28. SoitG un groupe abélien fini. On note ˆGl’ensemble des morphismes deGdansC.

Proposition 29. On munitG d’une structure de groupe pour la loi de com-ˆ position interne(χ1·χ2)(g)=χ1(g)χ2(g). AlorsG est un groupe abélien finiˆ et|Gˆ| = |G|.

Lemme 30(relèvement de caractère). Soit G un groupe abélien fini et soit H un sous-groupe de G. Alors la restriction :

Gˆ −→ Hˆ χ 7−→ χ|H

est surjective.

Théorème 31(structure des groupes abéliens finis). Soit G un groupe abé- lien fini. Alors il existe1<dk| · · · |d1tels que G est isomorphe au produit Z/dkZ× · · · ×Z/d1Z. De plus, les nombres dk, . . . ,d1sont uniques, on les ap- pelles les invariants de G.

Développements

1. Table de caractères de D4etH8.[25]

2. Lemme de relèvement et structure des groupes abéliens finis.[31]

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Annexe

S3 id (12) (123)

1 1 1 1

ε 1 −1 1

χstd 2 0 −1

S4 id (12) (12)(34) (123) (1234)

1 1 1 1 1 1

ε 1 −1 1 1 −1

χstd 3 1 −1 0 −1

εχstd 3 −1 −1 0 1

ϕ 2 0 2 −1 0

D4 id r2 r1 s1 d1

1 1 1 1 1 1

ε 1 1 −1 1 −1

det 1 1 1 −1 −1

εdet 1 1 −1 −1 1 χnat 2 −2 0 0 0

Références

— CALDEROet GERMONI,Nouvelles histoires hédonistes de groupes de géométries, tome II.

— PEYRÉ,L’algèbre discrète de la transformée de Fourier.

— SERRE,Représentations linéaires des groupes finis.

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Références

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