REVUE
Protéines alimentaires et athérosclérose
Gérard DEBRY
1SUMMARY Dietary proteins and atherosclerosis.
The effects of dietary proteins on plasma lipids, on the process of oxidation and on homocysteinemia, platelet aggregation, atherosclerosis, arterial hyper- tension and thrombosis have been investigated in animal models and in humans. Although sometimes conflicting, the results of epidemiological sur- veys and experimental studies, show that, in contrast to vegetable proteins, animal proteins might be well promote the development of atherosclerosis in subjects genetically predisposed to atherosclerosis, particularly in hypercho- lesterolemic subjects. Their eventual effects on healthy subjects have not been still proven. For the analysis of the results, several factors have to be taken into account: genetic, dietary environment and fats in particular, cholesterol, dietary fibers and isoflavones. The atherogenic, hypertensive and thrombotic effects depend on the amino acid composition of proteins, on the nature of the pep- tides released during digestion and of the extent of their immunologic effects.
The mechanisms behind these pathogenic effects are complex and still under discussion also new investigations are necessary.
Key-words: dietary proteins, plasma lipids, atherosclerosis, arterial hyperten- sion, thrombosis.
RÉSUMÉ
Les effets des protéines alimentaires sur les lipides plasmatiques et leur oxyda- tion ainsi que sur l’homocystéinémie, l’agrégation plaquettaire, l’athérosclé- rose, l’hypertension artérielle et la thrombose ont été étudiés chez les modèles animaux et chez l’homme. Les résultats des enquêtes épidémiologiques et des études expérimentales, bien que parfois conflictuels, indiquent que, contraire- ment aux protéines végétales, les protéines animales pourraient favoriser le développement de l’athérosclérose chez les sujets génétiquement prédisposés et notamment chez les sujets hypercholestérolémiques. Leurs éventuels effets chez les sujets non prédisposés ne sont pas encore prouvés. De nombreux facteurs doivent être pris en compte lors de l’analyse des résultats : génétique et environnement alimentaire, notamment les graisses, le cholestérol, les fibres
1. Professeur émérite de nutrition humaine, Université Henri Poincaré-Nancy I, SERES Faculté de méde- cine, 9 avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandœuvre-lès-Nancy, France.
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
alimentaires et les isoflavones. Les effets athérogènes, hypertensifs et throm- botiques dépendent de la composition des protéines en acides aminés, de la nature des peptides libérés lors de la digestion et de l’importance de leurs effets immunologiques. Les mécanismes de ces effets pathogènes sont com- plexes et encore en discussion aussi de nouvelles investigations sont néces- saires.
Mots clés : protéines alimentaires, lipides plasmatiques, athérosclérose, hyper- tension artérielle, thrombose.
1 – INTRODUCTION
Bien que les consommations de lipides et de cholestérol soient actuellement reconnues comme les facteurs nutritionnels majeurs de l’athérosclérose il est utile de se souvenir que les premières investigations expérimentales, trop sou- vent oubliées, ont étudié les effets des protéines animales sur les lipides hépa- tiques et plasmatiques ainsi que sur le développement de l’athérosclérose, notamment ceux de la viande chez le lapin (
GARNIERet
SIMON, 1907) et chez le chien (
D’
AMATO, 1908). Les résultats de ces recherches ont été rapidement confirmés (
IGNATOWSKI, 1908a, b ;
FAHR, 1912) et les effets des protéines, selon leurs natures telles que la viande (
LUBARSCH, 1909, 1910), ou diverses associa- tions de viande, de jaunes d’œufs, de blancs d’œufs et de lait (
STAROKADOMSKYet
SSOBOLEW, 1909 ;
STUCKEY, 1911, 1912) ont pu être précisés. Sur la base de ces résultats les protéines ainsi que le cholestérol furent considérés comme responsables des lésions artérielles d’athérosclérose (
CHALATOW, 1912 ;
WES-
SELKIN, 1913 ;
ANITSCHKOWet
CHALATOW, 1913 ;
WACKERet
HUECK, 1913). Une corrélation positive a pu être établie chez les lapins entre la consommation de protéines animales, la concentration de cholestérol dans le sérum et l’impor- tance de l’athérosclérose même en l’absence de cholestérol dans l’alimentation (
NEWBURGHet
CLARKSON, 1923a, b). Quelques années plus tard
MEEKERet
KES-
TENSdémontrèrent, que l’alimentation hyperprotéique augmentait la cholestéro- lémie chez le lapin ou était sans effet selon qu’elle contenait des protéines animales ou des protéines végétales (
MEEKERet
KESTENS, 1940, 1941). Ultérieu- rement ces résultats furent à nouveau confirmés chez le lapin (
ENSELMEet al., 1963) ainsi que l’augmentation de l’effet hypercholestérolémique des protéines animales lorsque du cholestérol était ajouté à l’alimentation du poulet (
KRIT-
CHEVSKYet al., 1959) et du lapin (
HOWARDet al., 1965). De même que chez l’animal l’effet hypercholestérolémiant des protéines animales par rapport aux protéines végétales a été constaté chez l’homme (
WALKERet al., 1960 ;
HODGESet al., 1967). Au cours de la même période une corrélation positive entre la pré- valence des maladies cardio-vasculaires et la consommation des protéines ani- males ou celle des graisses a été établie lors des études épidémiologiques (
YERUSHALMYet
HILLEBOE, 1957 ;
YUDKIN, 1957). Cependant, lors des années ultérieures, l’intérêt porté aux protéines disparut au profit de la théorie lipidique de l’athérosclérose.
Récemment de nombreux travaux rapportés dans plusieurs revues géné-
rales ont à nouveau insisté sur le rôle des protéines (
CONNORet
CONNOR, 1972 ;
CARROLL, 1981 ;
KRITCHEVSKYet
CZARNECKI, 1982 ;
KRITCHEVSKY, 1983 ;
DEBRY,
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit1987 ;
BARTHet
PFEUFFER, 1988 ;
KRITCHEVSKY, 1993 ;
TERPSTRAet al., 1983a, b ;
DEBRY, 2001a, b ;
MARIOTTIet al., 2001) bien qu’il ne soit pas évoqué dans une importante revue (
SMITHet
PICKNEY, 1989) et dans une autre très récente (
FERNSet
LAMB, 2001). L’existence d’une forte corrélation positive entre la consommation des protéines animales et l’incidence de la morbidité et de la mortalité dues aux affections coronariennes, est cependant encore très discu- tée. En effet les autres composants de l’alimentation tels que, par exemple, les quantités et la nature des graisses ne sont pas toujours pris en considération lors des enquêtes épidémiologiques et des études expérimentales.
Le développement de l’athérosclérose peut être augmenté ou réduit selon la nature des protéines consommées. En fonction de leur composition en acides aminés elles modifient les concentrations plasmatiques du cholestérol et des lipides ainsi que celle de l’homocystéine. Elles agissent sur l’oxydation des lipides plasmatiques et sur le métabolisme des cellules endothéliales, provo- quent des réactions immunologiques, augmentent les pressions artérielles et stimulent les facteurs de la thrombose.
2 – DONNÉES EXPÉRIMENTALES ET ÉPIDÉMIOLOGIQUES
2.1 Facteurs de variations des résultats expérimentaux
La plupart des travaux expérimentaux ont été réalisés chez l’animal. Leurs résultats doivent être interprétés car ils dépendent de nombreux facteurs tels que l’espèce, la race, le sexe et l’âge des animaux, la durée de l’expérience ainsi que la nature et la quantité des divers composants de l’alimentation. L’in- fluence des facteurs génétiques paraît de plus en plus importante tant chez l’animal que chez l’homme. Les résultats obtenus chez les animaux ne peuvent être extrapolés à l’homme qu’avec beaucoup de prudence lorsqu’ils provien- nent d’études réalisées chez les lapins, les rats, les hamsters et les cobayes (
KRIS-
ETHERTONet
DIETSCHY, 1997 ;
SMITH, 1998). Elle n’est réellement possible que pour celles qui ont été menées chez les primates et les porcs (
BARTHet al., 1990 ;
KRIS-
ETHERTONet
DIETSCHY, 1997).
Chez l’homme les risques des maladies cardio-vasculaires dues à l’athéro- sclérose sont très dépendants des facteurs génétiques qui devraient donc être pris en compte dans les enquêtes épidémiologiques. En effet lors de l’étude concernant les jumeaux suédois ces risques sont trois fois plus élevés chez les jumeaux monozygotes que chez les dizygotes (
MARENBERGet al., 1994). Le phé- notype avec une prévalence des LDL petites et denses est associé à une concen- tration élevée des IDL riches en triacylglycérols, à une diminution des HDL, à une résistance à l’insuline et à une augmentation du risque des maladies cardio-vas- culaires dues à l’athérosclérose (
KRAUSS, 1997). Dans une population israélienne les concentrations plasmatiques de cholestérol total et de LDL-cholestérol induites par des alimentations riches ou pauvres en cholestérol et en acides gras saturés sont différentes selon les génotypes (
FRIEDLANDERet al., 2000).
L’environnement alimentaire doit aussi être pris en compte dans l’analyse des résultats des études réalisées chez l’animal et chez l’homme, notamment
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
les apports en cholestérol, en acides gras saturés, mono-insaturés et polyinsa- turés, en choline et en lécithine, en cuivre, en zinc et en fibres alimentaires.
2.2 Effets du taux et de la nature des protéines de l’alimentation sur le cholestérol et les lipides plasmatiques
2.2.1 Effets du taux des protéines
Au cours de très nombreuses expérimentations la cholestérolémie et la concentration en cholestérol de différents tissus sont le plus souvent corrélées négativement avec le taux des protéines de l’alimentation des animaux. Cepen- dant ces études, réalisées soit en augmentant soit en diminuant progressive- ment le taux des protéines de la ration alimentaire, ont souvent comporté un pourcentage élevé de graisses et/ou de cholestérol. Dans la plupart des essais la cholestérolémie augmente si les régimes des poulets, des lapins, des ron- geurs (souris, rats, hamsters), des porcs et des singes sont riches ou pauvres en protéines. Une cholestérolémie normale n’est obtenue que si le taux des protéines du régime alimentaire satisfait les besoins nutritionnels de l’animal. Il est donc nécessaire d’interpréter les résultats en tenant compte de la valeur nutritionnelle des protéines.
TERPSTRAet al. et
SIDRANSKIont procédé à une revue générale d’un grand nombre de ces travaux (
TERPSTRAet al., 1983a, b ;
SIDRANSKI, 1990).
Selon plusieurs auteurs la diminution du taux des protéines de l’alimentation réduit la synthèse des apoprotéines B et C ainsi que la sécrétion hépatique des lipoprotéines riches en triacylglycérols. Elle induit une stéatose hépatique et accroît l’activité de l’HMG-CoA réductase. Les activités totales et spécifiques de l’acétyl-Coa-carboxylase, de l’acide gras synthase, de la glucose-6-phos- phate déshydrogénase, de l’ATP-citrate-lyase et de la lipoprotéine lipase sont toutes corrélées à la qualité des protéines et à leurs teneurs dans l’alimentation tandis que celles de la glucokinase, de l’enzyme malique et de la pyruvate déshydrogénase ne sont pas modifiées.
Chez l’enfant atteint de malnutrition protéino-calorique sévère la cholestéro- lémie est diminuée (
SCHENDELet
HANSEN, 1958) et une relation a été établie entre l’importance de la malnutrition et la valeur du rapport des acides aminés non-essentiels/essentiels (
WHITEHEADet
DEAN, 1964a, b). Les effets d’une ali- mentation hyperprotéique ne sont pas aussi clairement démontrés chez l’homme adulte que chez l’animal. Quand le taux des protéines de l’alimentation est élevé progressivement de 5 % à 25 % la diminution de la cholestérolémie ne devient significative qu’au taux de 25 % (
BEVERIDGE, 1963).
2.2.2 Effets de la nature des protéines
Une corrélation positive a été observée dans divers pays entre le taux des
protéines animales de l’alimentation et la mortalité due aux coronaropathies
(
CARROLL, 1978). La valeur de cette corrélation est plus élevée qu’avec le taux
des graisses (
YERUSHALMYet
HILLEBOE, 1957). Une alimentation riche en végé-
taux est associée à une réduction de l’incidence des maladies cardio-vascu-
laires (
BROWNet
KARMALLY, 1985). Cependant selon les résultats de la
Nurses’Health Study, une consommation élevée de protéines animales ou végé-
tales, est associée à un faible risque de mortalité cardio-vasculaire que l’alimen-
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délittation soit riche ou pauvre en graisses, les différents facteurs de confusion ayant été pris en compte (
HUet al., 1999).
Chez diverses espèces animales, notamment chez les porcs et les singes, les études concernant les effets des différentes protéines animales et végétales sur la cholestérolémie et les lipides plasmatiques comparent, pour la plupart d’entre elles, la caséine aux protéines de soja. Quand la teneur de l’alimentation en protéines est identique la caséine, par rapport aux protéines de soja, aug- mente les concentrations plasmatiques du cholestérol libre, du cholestérol esté- rifié et des phospholipides mais celle des triacylglycérols n’est pas modifiée.
Selon certains auteurs cette augmentation ne se produit que si l’alimentation contient du cholestérol tandis que pour d’autres elle est même observée avec une alimentation dépourvue de cholestérol. La substitution des protéines de soja à la caséine diminue les concentrations plasmatique et hépatique du cho- lestérol et modifie la distribution des lipoprotéines et des apoprotéines. Les taux de renouvellement du cholestérol plasmatique, du catabolisme fractionné du cholestérol total et estérifié et la synthèse des stéroïdes sont accrus. Les dis- cordances des résultats de certaines études sont explicables par les différences des conditions expérimentales notamment les variations de l’environnement ali- mentaire, le taux des protéines des régimes alimentaires et la durée des expé- riences (
PFEUFFERet
BARTH, 1990). Comparée aux protéines de soja, la caséine accroît le taux plasmatique des VLDL, LDL et HDL, réduit leur taux de renouvel- lement en raison de la diminution de l’affinité des récepteurs de la LDL apoB, diminue le taux de renouvellement du cholestérol ainsi que les activités de plu- sieurs enzymes : HMG-CoA réductase, LCAT, LPL et 7
α-hydroxylase.
De nombreux produits contenant des protéines de soja ou de la caséine sont disponibles mais les traitements technologiques peuvent en modifier la composition : caséinate de sodium, caséine traitée par la formaldéhyde, pro- téines de soja texturées, protéines de soja germé ou fermenté ou hydrolysé ou déshuilé ou traité par la formaldéhyde, concentrats, isolats, hydrolysats, extraits de protéines de soja de haut ou de bas poids moléculaire, etc. Le traitement par l’alcool extrait les isoflavones ainsi que les saponines des protéines de soja et réduit leur effet hypocholestérolémiant. De même que la caséine les protéines animales sont hypercholestérolémiantes par rapport aux protéines de soja ou aux autres protéines végétales. Les effets de nombreuses protéines sur la cho- lestérolémie ont été évalués tant avec les protéines végétales (soja, riz, pois, graines de haricots, arachide, lentilles, ail, radis, ivraie, sarrasin, tournesol, épi- nards, gluten de blé, colza) qu’avec les protéines animales : blanc d’œufs, porc, bœuf, poissons gras ou non, caséine, lactalbumine, protéines du lactosérum, poudre de lait écrémé, poudre d’œufs.
CARROLLet
HAMILTON,
LOVATIet al., et
SIDRANSKYont publié des revues générales concernant les effets de certaines d’entre elles (
CARROLLet
HAMILTON, 1975 ;
LOVATIet al., 1990 ;
SIDRANSKY, 1990). Les résultats des études comparant les protéines de poisson à la caséine sont discordants puisque, selon les expérimentations, la caséine peut être plus ou moins hypercholesterolémiantes que les protéines de poisson (
BERGERONet
JACQUES, 1989 ;
JACQUES, 1990 ;
ZHANGet
BEYNEN, 1990 ;
JACQUESet al., 1995). Ces discordances sont vraisemblablement dues à la teneur en graisses de l’alimentation (
GOULDINGet al., 1983). La supplémentation par la L-carnitine d’une alimentation hyperlipidique comportant 0,5 % de cholestérol réduit l’im- portance de la stéatose hépatique ainsi que les concentrations plasmatiques du cholestérol et des triacylglycérols. Elle augmente les activités de la 7-
α©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
hydroxylase et de l’acylcholestérol acyltransférase (ACAT) (
SECCOMBEet al., 1987).
Chez l’homme comme chez les animaux les protéines de soja sont habituel- lement comparées à la caséine. Plusieurs études chez les végétariens ne sont pas utilisables car elles manquent d’un contrôle adéquat. Toutefois dans une enquête prenant en compte les facteurs de confusion la cholestérolémie des végétariens est inférieure à celle des omnivores (
WESTet
HAYES, 1968). Chez des hommes en bonne santé la cholestérolémie est positivement corrélée à la consommation des protéines animales et négativement à celle des protéines végétales (
WILLIAMSet al., 1986). Cependant bien que les résultats des expéri- mentations réalisées chez l’homme en bonne santé soient parfois discordants la cholestérolémie est le plus souvent similaire lorsque l’apport protéique est constitué de protéines végétales ou animales (
PFEUFFERet
BARTH, 1990 ;
ANDERSONet al., 1995). La consommation de poisson gras augmente moins la cholestérolémie que la viande rouge mais cet effet peut être expliqué par l’ap- port plus important d’acides gras polyinsaturés
ω3 et par la valeur supérieure du rapport des acides gras polyinsaturés/saturés qui est de 0,93 pour le pois- son et de 0,45 pour la viande rouge (
WOLMARANSet al., 1991). Toutefois lors d’une alimentation dans laquelle le rapport des acides gras polyinsaturés/mono-insaturés/saturés est de 1/1/1 la consommation de poisson maigre accroît plus les concentrations plasmatiques du cholestérol, de la LDL- apo B et le rapport apoB/apo A-1 que les viandes de bœuf, de porc et de veau ou que les œufs et le lait (
GASCONet al., 1996 ;
LACAILLEet al., 2000).
Alors que la nature des protéines influence peu la cholestérolémie chez les sujets normocholestérolémiques de nombreuses études ont montré que, chez les sujets hypercholestérolémiques, les protéines végétales, particulièrement les protéines de soja, sont significativement hypocholestérolémiantes et les pro- téines animales hypercholestérolémiantes (
SIRTORIet al., 1977, 1979, 1993, 1995, 1998 ;
TEIXEIRAet al., 2000 ;
VIGNAet al., 2000). Selon
SIRTORIet al., les protéines de soja accroissent l’activité des récepteurs des LDL qui est déprimée au cours de l’hypercholestérolémie (
SIRTORIet al., 1995). Cependant l’impor- tance de l’effet hypocholestérolémiant varie selon les patients puisqu’il est faible chez ceux qui ont le type apoE3/E2 mais est élevé pour les types apoE3/E3 ou E3/E4 (
LOVATI, 2001) cette différence étant due à l’activation des récepteurs B et E par les protéines de soja (
GADDIet al., 1991).
Comme cela a déjà été indiqué précédemment la durée de l’expérimentation modifie les effets des protéines sur le métabolisme lipidique de même que l’en- vironnement alimentaire : équilibre entre les composants de l’alimentation, taux du cholestérol, nature et quantité des graisses, des glucides, des fibres alimen- taires, de lécithine et de choline ainsi que des minéraux, notamment du calcium (dont l’effet doit être considéré en fonction de la présence de phytate), du zinc, du cuivre, du magnésium et des vitamines A et E. De nombreuses expérimenta- tions ont étudié l’importance de ces interférences.
Les mécanismes explicatifs des effets des différentes protéines sont com-
plexes : elles modifient l’absorption digestive des lipides, du cholestérol et des
stéroïdes de même que l’excrétion fécale des stéroïdes et des acides biliaires,
les activités enzymatiques hépatiques, l’affinité des récepteurs des lipoprotéines
et du cholestérol, le renouvellement du cholestérol, la synthèse des triacylglycé-
rols, la sécrétion hépatique du cholestérol ainsi que celle des triacylglycérols. La
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délitcomposition des protéines en acides aminés a un rôle très important, particuliè- rement leurs teneurs en acides aminés soufrés. La cholestérolémie est corrélée positivement avec la concentration sérique de l’histidine, de la lysine ainsi que de la tyrosine et négativement avec celles de l’arginine, de la cystine, de la gly- cine, de la leucine et de la taurine. Le rapport lysine/arginine est corrélé positive- ment avec la cholestérolémie. La méthionine peut être hyper- ou hypocholestérolémiante ou sans effet selon la valeur du rapport méthionine/pro- téines. Le groupe méthyle de la méthionine est responsable de son effet hyper- cholestérolémique puisque ses dérivés déméthylés sont hypocholestérolémiques (
SUGIYAMAet al., 1986). La réponse des sécrétions hor- monales (insuline, glucagon, hormone de croissance, hormones thyroïdiennes, corticostérone et cortisol) et les modifications des activités de nombreux enzymes qu’elles induisent dépendent de la composition des protéines en acides aminés.
Les globulines des protéines de soja augmentent l’affinité du récepteur des LDL particulièrement les sous-unités
α+
α’ de la globuline 7S dont les effets sont plus puissants que ceux de la globuline 7S, elle-même plus active que la globuline 11S (
LOVATIet al., 1992, 1996, 1998, 2000 ;
LOVATI, 2001).
Les composants non protéiques des protéines diminuent à des degrés divers la cholestérolémie. Les procédés technologiques de fabrication peuvent réduire les effets hypocholestérolémiants des protéines de soja comme par exemple ceux des isolats de protéines dont le taux des saponines est réduit et ceux des protéines de soja lorsqu’elles sont extraites par l’alcool car les phyto- œstrogènes (lignanes des fibres alimentaires et surtout les isoflavones) sont éli- minés.
2.3 Effets des protéines sur les triacylglycérols plasmatiques
Bien que la triacylglycérolémie représente un facteur de risque pour
GRUNDY(1998), et un facteur indépendant pour
SPRECHER(1998) et que la formation des macrophages et les lésions d’athérosclérose soient favorisées par les interac- tions des triacylglycérols avec les récepteurs des lipoprotéines (
GIANTURCOet
BRADLEY, 1999), les relations entre la concentration plasmatique des triacylgly- cérols et l’athérosclérose sont encore discutées. Les résultats de 21 enquêtes prospectives ont confirmé que le taux de la triacylglycérolémie est bien un fac- teur de risque des maladies cardio-vasculaires par athérome indépendamment de celui du HDL-cholestérol (
HOKANSONet
AUSTIN, 1996). De nombreuses études et des enquêtes épidémiologiques ont été réalisées. Alors que, lors des analyses uni-variées, la concentration plasmatique des triacylglycérols est cor- rélée positivement avec le risque de coronaropathies, elle n’est pas, selon les résultats des analyses multi-variées, un facteur de risque indépendant excepté chez les femmes diabétiques. L’hypertriacylglycérolémie est donc un indicateur moins puissant que le taux sérique du cholestérol et sa répartition dans les lipo- protéines (
AVINSet
NEUHAUS, 2000).
2.4 Effets de l’homocystéinémie et de la méthionine
L’observation d’une athérosclérose précoce chez les patients homocystéi- nuriques a été à l’origine de très nombreuses recherches. Les résultats des enquêtes épidémiologiques prospectives sont parfois discordants. Si l’exis-
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
tence d’une relation entre l’hyperhomocystéinémie et les maladies cardiaques et vasculaires athéromateuses a été observée, la relation de cause à effet n’a pas été établie (
MALINOW, 1989 ;
NYGARDet al., 1999 ;
UELANDet al., 2000 ;
SCOTT, 2000 ;
BRATTSTRÖMet
WILCKEN, 2000 ; revue générale de
BLACHERet
SAFAR, 2001).
Lorsque l’alimentation des rats est riche en protéines (60 %) la concentration plasmatique de l’homocystéine est augmentée de 70 % par rapport à celle des rats nourris avec une alimentation contenant 20 % de protéines mais elle revient à la valeur normale après l’addition de sérine (
STEADet al., 2000 ;
GRE-
GORYet al., 2000). Un apport élevé de méthionine augmente les concentrations plasmatique et tissulaire de l’homocystéine, induit un stress oxydatif et lèse les cellules endothéliales. Toutefois une déficience en vitamines B
2, B
6, B
12et en acide folique peut aussi être partiellement responsable de ces effets (revue in
TOBOREKet
HENNIG, 1996). La supplémentation de l’alimentation des rats en DL-méthionine pendant une longue durée augmente le nombre de cellules endothéliales dans la circulation sanguine, signe d’altérations de l’endothélium (
MHROVAet al., 1988). Elle provoque un épaississement de l’intima et de la media dû à une hypertrophie des myocytes, à un enrichissement en collagène et à une fibrose diffuse (
FAUet al., 1988). L’administration parentérale ou orale de méthionine ou d’homocystéine induit la formation de plaques d’athérosclé- rose dans les artères du lapin (
MCCULLYet
WILSON, 1975). L’homocystéine est très probablement responsable d’une partie des effets athérogènes de la méthionine (revue in
KANGet al., 1992).
Les femmes bouddhistes de Taiwan sont lactovégétariennes et consom- ment une quantité normale de folates mais leur alimentation n’apporte que 21 % des allocations recommandées en vitamine B
12. Leurs taux plasmatiques d’homocystéine sont significativement plus élevés que ceux des omnivores (
HUNGet al., 2002). Au cours de la Hordaland Study une corrélation positive a été observée chez l’homme entre l’apport de méthionine et l’hyperhomocystéi- némie (
NYGARD, 1995). Plusieurs études ont tenté d’établir la physiopathologie des lésions : chélation du calcium, conversion de l’homocystéine en thiolac- tone, réduction de l’activité de la glutathion peroxydase, perturbation de la coa- gulation et de la fibrinolyse, altérations de l’endothélium et du DNA, effets mitogéniques favorisant la prolifération des cellules musculaires, stimulation des interactions entre les leucocytes et l’endothélium, inhibition de l’effet vasodilata- teur de l’oxyde nitrique (
TYAGI, 1999 ;
TYAGYet al., 1999 ;
THAMBYRAJAHet
TOW-
NEND, 2000 ;
MCKINLEY, 2000).
La taurine pourrait prévenir la progression de l’athérosclérose car elle régu- larise le flux calcique (
YAMAUCHI-
TAKIHARAet al., 1986). Au cours de la Cardiac Study une corrélation négative significative a été observée entre la mortalité par coronaropathies et l’excrétion urinaire de taurine (
YAMORI, 1989).
2.5 Acides aminés et métabolisme des cellules endothéliales et des myocytes vasculaires
La composition plasmatique en acides aminés varie selon la nature et la
quantité des protéines consommées. Chez le lapin hypercholestérolémique
l’administration orale d’arginine accroît l’activité de l’oxyde nitrique, améliore les
fonctions endothéliales ainsi que la vasodilatation dépendante de l’endothélium,
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délitinhibe l’agrégation plaquettaire et réduit la formation des plaques d’athérome (
COOKEet al., 1992). Les lésions d’athérosclérose sont plus importantes chez le lapin nourri avec de la caséine qu’avec des protéines de soja mais si l’addition d’arginine à la caséine ne les diminue pas, l’addition de lysine aux protéines de soja les augmente (
CZARNECKIet
KRITCHEVSKY, 1979).
Chez des sujets recevant une alimentation équilibrée comportant une forte proportion de protéines végétales les concentrations plasmatiques d’arginine, de glycine, de sérine et de thréonine sont augmentées tandis que celles de l’histidine, de la leucine, de la tyrosine et de la valine sont réduites. Le rapport lysine/arginine diminue de 3,46 à 2,72. Ce changement du profil des acides aminés favorise la prévention de l’athérosclérose (
SANCHEZet al., 1983). Le développement de l’athérosclérose est corrélé positivement à la valeur du rap- port lysine/arginine de l’alimentation (
KRITCHEVSKYet al., 1982). La L-arginine réduit la concentration de l’angiotensine II et exerce une action antihypertensive et antiproliférative au niveau des cellules musculaires des vaisseaux (
IGNARROet al., 1999). Elle restaure la relaxation cholinergique et accroît la vasodilatation chez les sujets hypercholestérolémiques (
DREXLERet al., 1991 ;
WANGet al., 1994 ;
CLARKSONet al., 1996 ; revue
BÖGERet al., 1996). Cependant au cours de la Zuphten Elderly Study aucune relation n’a été observée entre la consom- mation alimentaire d’arginine et le risque de coronaropathies après ajustement pour les facteurs de confusion (
OOMENet al., 2000). La glutamine provenant de l’acide glutamique est une source d’énergie pour les cellules endothéliales.
Chez les consommateurs de lait une forte corrélation positive est observée entre les anticorps IgA et l’athérosclérose pour plusieurs antigènes :
β-lactoglo- buline, xanthine-oxydase et caséine. Cependant cette production élevée d’IgA après une consommation normale de lait pourrait, comme le développement de l’athérosclérose, être due à un facteur génétique puisque chez les jumeaux monozygotes ayant une ischiémie coronarienne, si le taux des IgA est élevé celui des autres immunoglobulines est normal. De plus cette association ne prouve pas l’existence d’une relation de cause à effet (
MUSCARIet al., 1992). Bien que les protéines alimentaires, notamment les protéines animales, provoquent des réactions immunologiques (
GALLAGHERet
GIBNEY, 1983) le taux des anticorps n’est pas suffisant pour induire des lésions d’athérosclérose (
PATHIRANAet al., 1979) aussi leur rôle réel n’a pas encore été démontré (
REDGRAVE, 1984).
Les mécanismes qui rendent compte de l’ensemble de ces effets immunolo- giques sont encore inconnus (
BÖGERet al., 1996).
Les isoflavones, principalement la génistéine, inhibent l’adhésion des mono- cytes aux cellules endothéliales et la prolifération des cellules impliquées dans la formation des lésions artérielles (
PAN, 2001).
2.6 Protéines et oxydations des lipides et des cellules endothéliales La stimulation de la peroxydation lipidique par l’apport de méthionine peut contribuer à la constitution des lésions d’athérosclérose (
KLAVINSet al., 1963 ;
HARPERet al., 1970 ;
TOBOREKet al., 1995 ;
TOBOREKet
HENNIG, 1996) mais l’apport d’un gramme de L-arginine deux fois par jour diminue la peroxydation lipidique chez les diabétiques (
LUBECet al., 1997).
Le glutathion endogène est un puissant antioxydant. Il protège les LDL et les cellules artérielles contre l’oxydation et réduit le développement des plaques
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
d’athérome (
ROSENFELD, 1998 ;
CHOet al., 1999). Conjugué à l’oxyde nitrique il favorise son action sur l’endothélium (
WANGet
BALLATORI, 1998). La nature des protéines et leur quantité consommée, comme celle des acides aminés soufrés, augmentent la synthèse du glutathion (
LYONSet al., 2000 ;
PETZKEet al., 2000 ;
THÉRONDet al., 2000).
De très nombreux travaux ont prouvé que les isoflavones, notamment la génistéine qui est l’isoflavone la plus abondante dans les protéines de soja, inhibent les modifications oxydatives des LDL dues aux macrophages et aug- mentent leur résistance à l’oxydation.
RAINESet
ROSS, et
ANTHONYont précisé les mécanismes potentiels de la prévention de l’athérosclérose par les isofla- vones des protéines de soja (
RAINESet
ROSS, 1995 ;
ANTHONY, 2001).
2.7 Protéines et hypertension artérielle
Les expérimentations réalisées chez les animaux et chez les hommes doivent tenir compte de l’influence des facteurs génétiques. Les rats spontanément hypertendus ont un taux élevé (56 %) d’hypertension artérielle et de lésions cérébrales lorsqu’ils sont nourris avec la diète japonaise (protéines 17 %) tandis qu’aucune lésion cérébrale n’est observée chez ceux qui reçoivent la NIH-diéte (protéines 24 %). L’acide aminé prédominant de la NIH-diète est la méthionine.
Elle contient aussi plus de taurine, d’hydroxyproline, d’ornithine et de méthylhis- tidine. La supplémentation de la diète japonaise par des protéines réduit l’inci- dence des lésions cérébrales. Cet effet protecteur est encore plus net si les rats reçoivent une alimentation riche en sel (
YAMORIet al., 1982).
ZICHAet
KUNESont confirmé ces résultats (
ZICHAet
KUNES, 1999). Chez les rats dont les pressions artérielles sont normales une hypertension artérielle est induite (
ENGENet
SWEN-
SON; 1969) ou non (
YUANet
KITTS, 1993) par une alimentation riche en protéines.
Les effets des protéines selon leur nature ne sont pas encore définis en revanche ceux des acides aminés sont mieux connus. La supplémentation par la L-arginine accroît chez le lapin la dilatation des vaisseaux dépendante de l’endothélium (
GIRERDet al., 1990) et la production d’oxyde nitrique est corrélée positivement au taux de l’arginine de l’alimentation des rats (
WUet al., 1999).
Chez les rats spontanément hypertendus (SHR) ou dont les pressions artérielles sont normales une alimentation riche en poisson qui contient beaucoup de tau- rine, réduit les effets défavorables d’une alimentation très salée (
NARAet al., 1978). Les concentrations plasmatiques et hépatiques de taurine des rats SHR- sp qui sont prédisposés aux accidents vasculaires cérébraux sont diminuées.
La supplémentation de l’alimentation par la taurine réduit l’incidence de ces lésions (
NARAet al., 1978 ;
YAMORIet al., 1981 ;
HIMENOet al., 1984).
L’augmentation de l’incorporation des acides aminés dans les protéines des vaisseaux des rats hypertendus est surtout due à un effet trophique des nerfs sympathiques et à un moindre degré une conséquence de l’hypertension (
LOVENBERG, 1984).
Chez l’homme les pressions artérielles des populations omnivores sont
supérieures à celles des populations végétariennes probablement en raison des
différences de consommation des graisses et des fibres alimentaires (
SACKSet
al., 1974 ;
ROUSEet
BEILIN, 1984). Lorsque ces populations adoptent l’alimenta-
tion végétarienne les pressions artérielles diminuent (
ROUSEet al., 1983). Sur la
base des résultats de 14 études épidémiologiques, 2 longitudinales et 12 trans-
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délitversales,
OBARZANECKet al. ont prouvé l’existence d’une corrélation négative entre la consommation de protéines et les pressions artérielles systolique et diastolique (
OBARZANECKet al., 1996). La réduction des pressions artérielles observées lors de la consommation de protéines de poisson est due en partie à leur teneur en acides gras
ω3 (
BEILIN, 1993). Les résultats des études expéri- mentales chez les sujets avec ou sans hypertension artérielle sont discordants aussi deux récentes revues ne mentionnent pas les effets des protéines sur les pressions artérielles (
MCGREGOR, 1999) ou sur le risque d’accident vasculaire cérébral (
GARIBALLA, 2000).
Les valeurs des pressions artérielles sont corrélées négativement aux concentrations urinaires de L-arginine (
PENTTINENet al., 2000) et chez les sujets sensibles au sodium elles sont diminuées par l’apport d’arginine (
CAMPESEet al., 1997). Cependant les résultats de nombreuses études concernant les effets de l’infusion locale de L-arginine sur les pressions artérielles sont discordants.
Les concentrations plasmatiques d’homocystéine sont plus élevées chez les patients hypertendus et chez ceux qui ont eu un accident vasculaire cérébral (
ARAKI, 1989).
Une alimentation riche en acides aminés soufrés (lysine, méthionine et parti- culièrement en taurine) diminue les pressions artérielles et l’incidence des acci- dents vasculaires cérébraux (
YAMORIet al., 1981 ; revue in
LOVENBERGet
YAMORI, 1990) mais cette notion doit encore être confirmée (
PERRY, 1999). L’ex- crétion urinaire de taurine est très élevée et la mortalité cardio-vasculaire très faible chez les Japonais qui consomment du poisson 4 à 5 fois par semaine (
YAMORIet al., 1996). En revanche les Tibétains qui ne consomment pas de poisson pour des raisons religieuses ont une faible excrétion urinaire de taurine et un taux élevé d’hypertension sévère (
YAMORIet al., 1996). La taurine agit par plusieurs mécanismes sur l’hypertension artérielle (revue in
SCHAFFERet al., 2000). Par son action osmorégulatrice, sa modulation de la sécrétion du facteur atrial natriurétique et de la vasopressine elle augmente la diurèse ainsi que la natriurèse et réduit l’effet de l’angiotensine II sur le transport du Ca
2+. Chez le rat SHR-sp une alimentation riche en taurine diminue l’excrétion urinaire de norépinéphrine (
IKEDAet al., 1989). Des doses importantes de L-tyrosine ou de L-tryptophane accroissent le renouvellement cérébral des catécholamines et de la sérotonine et réduisent les pressions artérielles des rats SHR (
SVEDet al., 1979, 1982 ;
LOVENBERG, 1984).
Quelques peptides de la caséine, de l’
α-lactalbumine bovine et de la
β-lac- toglobuline ont aussi une activité hypotensive (revue in
MAUBOISet
LÉONIL, 1989 ;
SHAH, 2000 ;
LÉONILet al., 2001). Les isoflavones contenues dans les protéines de soja ont une action hypotensive chez les femmes (
WASHBURNet al., 1999) mais non chez les hommes (
CROUSEet al., 1999).
2.8 Protéines et thrombose
Les effets des protéines sur la coagulation ont été étudiés en raison de la similarité fonctionnelle qui existe d’une part entre la coagulation du sang et celle du lait et d’autre part entre la chaîne gamma du fibrinogène et la κ-caséine (revue in
RUTHERFURDet
GILL, 2000).
L’agrégation plaquettaire et le taux du thromboxane A2 augmentent d’autant plus chez le lapin que l’apport de caséine est élevé (
MORITAet al., 1985). Les
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
protéines de soja et de noix diminuent l’agrégation plaquettaire induite par l’ADP et le collagène. Leurs effets sont significativement corrélés avec leurs rapports lysine/arginine et HDL/LDL. Il en est de même pour la caséine (
RAVELet al., 1988). La L-arginine inhibe l’activation et l’agrégation plaquettaire (
COOKEet al., 1992 ;
TSAOet al., 1994). L’agrégation plaquettaire initiée par l’adénosine diphosphate (ADP) est similaire chez les lapins contrôles ou chez ceux dont l’alimentation est supplémentée en méthionine ou en cholestérol. Elle est au contraire diminuée lorsque l’arginine est ajoutée à la diète. Cette diminution est probablement due à l’oxyde nitrique provenant du métabolisme de l’arginine (
TSAOet al., 1984). L’adhésion des plaquettes aux fibres collagènes et aux cel- lules endothéliales est complètement inhibée par l’oxyde nitrique (
RADOMSKIet al., 1987). Les LDL oxydées diminuent la production d’oxyde nitrique et favori- sent le dépôt des leucocytes ainsi que l’adhésion et l’agrégation plaquettaire (revue in
CHENet al., 1996). L’hyperhomocystéinémie favorise la thrombose (
LENZet
SADLER, 1991). Les temps de saignement et de coagulation sont d’au- tant plus diminués que les taux de caséine et de lactalbumine de l’alimentation sont élevés. Comme l’agrégation plaquettaire et les taux de prothrombine, de thromboplastine et de thrombine ne sont pas modifiés cette diminution doit être due à d’autres facteurs de la coagulation (
CHANet al., 1993).
De nombreux travaux ont concerné les effets anti-thrombotiques de plusieurs peptides de la
κ-caséine bovine de trois espèces (humaine, bovine et ovine) et de la lactotransferrine (revue in
DEBRY, 2001b). Un peptide composé de six acides aminés (Asp-Glu-Gly-Leu-Phe-Arg) préparé à partir des protéines de soja inhibe l’agrégation plaquettaire (
KANAZAWA, 1996). Les immunoglobulines anti- lait ont une forte affinité pour les plaquettes et induisent une thrombose, particu- lièrement au niveau des artérioles (
DAVISet
HOLTZ, 1969 ;
HENSON, 1973).
La méthionine et l’homocystéine augmentent les activités des plaquettes et des facteurs de la coagulation (
LENTZet
SADLER, 1991 ;
DE JONGet al., 1998) ainsi que celles des facteurs V et XII (
LOSCALZO, 1996) et des facteurs VIIc et vWf (
FREYBURGERet al., 1997). L’hyperhomocystéinémie inhibe les fonctions de la thrombomoduline qui est le cofacteur de l’activation de la protéine C par la thrombine (
LENTZet
SADLER, 1991 ;
LOSCALZO, 1996).
Si les données de nombreuses expérimentations sont en faveur de l’exis- tence d’une corrélation entre les composants de l’alimentation et la thrombose aucune association, excepté pour le fibrinogène, n’a été établie chez l’homme lors des enquêtes épidémiologiques (
PEARSONet al., 1997). Chez les sujets en bonne santé (
BODE-
BÖGERet al., 1994) ou hypercholestérolémiques (
ADAMSet al., 1995 ;
CLARKSONet al., 1996 ;
WOLFet al., 1997) la L-arginine diminue l’agrégation plaquettaire. Chez les rats (
HUANGet
RAO, 1995) et chez les hommes (
KOHASHIet al., 1983), l’agrégation plaquettaire induite par l’ADP, le collagène ou la thrombine est inhibée par la taurine mais elle est augmentée par le tryptophane (
MOKADYet al., 1990).
L’agrégation plaquettaire et le volume des plaquettes sont diminués par une
alimentation riche en protéines de soja car elle augmente la concentration plas-
matique de génistéine qui est un puissant inhibiteur de la tyrosine kinase (
ASAHIet al., 1992 ;
OZAKIet al., 1993). En revanche elle n’est pas modifiée si les pro-
téines de soja ont été extraites par l’alcool puisque les isoflavones, notamment
la génistéine, ont été éliminées (
WILLIAMSet
CLARKSON, 1998 ;
SCHOENEet
GUI-
DRY, 1999).
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit3 – CONCLUSIONS
Les concentrations plasmatiques du cholestérol et des lipides, l’oxydation des lipides, l’athérosclérose, l’hypertension artérielle et la thrombose sont influencées par la quantité et la nature des protéines de l’alimentation. L’athéro- génicité des protéines animales, contrairement aux protéines végétales, paraît assez bien démontrée chez les sujets génétiquement prédisposés, notamment hypercholestérolémiques. En revanche chez les sujets non prédisposés elle reste à prouver. Elle dépend de la composition en acides aminés des protéines des aliments et de leur teneur en composants non protéiques tels que les fibres alimentaires, les saponines et les isoflavones qui auraient un effet protecteur.
Les mécanismes explicatifs des effets des protéines sont complexes et encore insuffisamment connus de même que les importances respectives de chacun des facteurs en cause. Malgré le très grand nombre de recherches qui ont déjà été menées chez les animaux ainsi que chez l’homme l’évaluation de l’athéro- génicité éventuelle de la consommation des protéines nécessite encore beau- coup de travaux expérimentaux, cliniques et épidémiologiques.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
Le lecteur intéressé pourra consulter une revue générale récente sur ce sujet :
DEBRY G., Dietary Proteins and Atherosclero- sis (plus de 1 900 références), à paraître.
ADAMS M.R., FORSYTHE C.J., JESSUP W., ROBINSON J., CELERMAJER D.S., 1995.
Oral-L arginine inhibits platelet aggregation but does not enhance endothelium-depen- dent dilatation in healthy young adults.
J. Am. Coll. Cardiol., 26, 1054-1061.
AMATO D’L., 1908. Neue Untersuchungen über die Experimentelle Pathologie der Blut- gefässe. Virchows Arch. Pathol. Anat. Phy- siol. Klin. Med., 192, 86-112.
ANDERSON R.L., JOHNSTONE B.M., COOK-NEWELL M.E., 1995. Meta-analysis of the effects of soy protein intake on serum lipids. N. Engl. J. Med., 333, 276-282.
ANITSCHKOW N., CHALATOW S., 1913.
Über experimentelle Cholesterin-steatose und ihre Bedeutung für die Entstehung eini- ger pathologischer Prozesse. Centbl allgem.
Path. path. Anat., 24, 1-9.
ANTHONY M.S., 2001. Soy protein and heart disease. In: DESCHEEMAEKER K., DEBRUYNE I. (eds.), Soy and Health 2000.
Clinical Evidence – Dietetic Applications, Leuven/Apeldoorn, 11-16.
ARAKI A., SAKO Y., FUKUSHIMA Y., 1989.
Plasma sulfhydryl-containing amino acids in patients with cerebral infarction and in hyper- tensive subjects. Atherosclerosis, 79, 139- 146.
ASAHI M., YANAGI S., OHTA S., INAZU T., SAKAI K., TAKEUCHI F., TANIGUCHI T., YAMAMURA H., 1992. Thrombin-induced human platelet aggregation is inhibited by protein-kinase inhibitors, ST638 and geni- stein. F.E.B.S. Lett., 309, 10-14.
AVINS A.L., NEUHAUS J.M., 2000. Do trigly- cerides provide meaningful information about heart disease risk. Arch. Int. Med., 160, 1937-1944.
BARTH C.A., PFEUFFER M., 1988. Dietary protein and atherogenesis. Klin. Wochen- schr., 66, 135-143.
BARTH C.A., PFEUFFER M., SCHOLTISSEK J., 1990. Animal models for the study of lipid metabolism, with particular reference to the Göttingen minipig. In: KIRCHGESSNER M.
(ed.), Advances in Animal Physiology and Ani- mal Nutrition. Paul Parey Hamburg, 39-49.
BEILIN L.J., 1993. Dietary fats, fish, and blood pressure. Ann. N. York Acad. Sci., 683, 35-45.
BERGERON N., JACQUES H., 1989. Influence of fish protein as compared to casein and soy protein on serum and liver lipids, and serum lipoprotein cholesterol levels in the rabbit.
Atherosclerosis, 78, 113-121.
BEVERIDGE J.M.R., CONNEL W.F., ROBIN- SON C., 1963. Effect of the level of dietary protein with and without added cholesterol on plasma cholesterol levels in man. J. Nutr., 79, 289-295.
BLACHER J., SAFAR M.E., 2001. Homocy- steine, folic acid, B vitamins and cardiovas- cular risk. J. Nutr. Health Aging, 5, 196-199.
BODE-BÖGER S.M., BÖGER R.H., CREUT- ZIG A., TSIKAS D., GUTZKI F.M., ALEXAN- DER K., FRÖHLICH J.C., 1994. L-arginine infusion decreases peripheral arterial resis- tance and inhibits platelet aggregation in healthy subjects. Clin. Sci., 87, 303-310.
BÖGER R.H., BODE-BÖGER S.M., FRÖH- LICH J.C., 1996. The L-arginine-nitric-oxide pathway: role in atherosclerosis and thera- peutic implications. Atherosclerosis, 127, 1- 11.
BRATTSTRÖM L., WILCKEN D.E.L., 2000.
Homocysteine and cardiovascular disease:
cause or effect? Am. J. Clin. Nutr., 72, 315- 323.
BROWN W.V., KARMALLY W., 1985. Coro- nary heart disease and the consumption of diets high in wheat and other grains. Am.
J. Clin. Nutr., 41, 1163-1171.
CAMPESE V.M., AMAR M., ANJALI C., MED- HAT T., WURGAFT A., 1997. Effect of L-argi- nine on systemic and renal haemodynamics in salt-sensitive patients with essential hyper- tension. J. Hum. Hypertension, 11, 527-532.
CARROLL K.K., HAMILTON R.M.G., 1975.
Effects of dietary protein and carbohydrate on plasma cholesterol levels in relation to atherosclerosis. J. Food Sci., 40, 18-23.
CARROLL K.K., 1978. Dietary protein in rela- tion to plasma cholesterol levels and atheros- clerosis. Nutr. Rev, 36, 1-5.
CARROLL K.K., 1981. Dietary protein and cardiovascular disease. In New Trends in Nutrition, Lipid Research and Cardiovascular Disease. In: BAZAN N.G., PAOLETTI R., IACONO J.M. (eds.), Current Topics in Nutri- tion and Disease, Alan Liss, New York, 5, 167-177.
CHALATOW S., 1912. Über das Verhalten der Leber gegenüber den verschiedenen Arten von Speisefett. Virchows Arch. Pathol.
Anat. Physiol. Klin. Med., 207, 452-469.
CHAN K.C., LOU P.P., HARGROVE J.L., 1993. High casein-lactalbumin diet accele- rates blood coagulation in rats. J. Nutr., 123, 1010-1016.
CHEN L.Y., MEHTA P., MEHTA J.L., 1996.
Oxidized LDL decreases L-arginine uptake and nitric oxide synthase protein expression in human platelets. Relevance of the effect of oxidized LDL on platelet functions. Circula- tion, 93, 1740-1746.
CHO S., HAZAMA M., URATA Y., GOTO S., HORIUCHI S., SUMIKAWA K., KONDO T., 1999. Protective role of glutathione synthesis in response to oxidized low density lipopro- tein in humans vascular endothelial cells.
Free Radic. Biol. Med., 26, 589-602.
CLARKSON P., ADAMS M.R., POWE A.J., DONALD E., McCREDIE R., ROBINSON J., McCARTY S.N., KEECH A., CELERMAJER D.S., DEANFIELD E., 1996. Oral L-arginine improves endothelium-dependent dilatation in hypercholesterolemic young adults. J. Clin.
Invest., 97, 1989-1994.
CONNOR W.E., CONNOR S.L., 1972. The key role of nutritional factors in the preven- tion of coronary heart disease. Prev. Med., I, 49-83.
COOKE J.P., SINGER A.H., TSAO P., ZERA P., ROWAN R.A., BILLINGHAM M.E., 1992.
Antiatherogenic effects of L-arginine in the hypercholesterolemic rabbit. J. Clin. Invest., 90, 1168-1172.
CROUSE J.R. III, MORGAN T., TERRY J.G., ELLIS J., VITLINS M., BURKE G.L., 1999, A randomized trial comparing the effect of casein with that of soy protein containing varying amounts of isoflavones on plasma concentrations of lipids and lipoproteins.
Arch. Int. Med., 159, 2070-2076.
CZARNECKI S.K., KRITCHEVSKY D., 1979.
The effects of dietary proteins on lipoprotein metabolism and atherosclerosis in rabbits.
J. Am. Oil Chem. Soc., 56, 388A.
DAVIS R.B., HOLTZ G.C., 1969. Clumping of blood platelets by heat aggregated gamma globulin. Thromb. Diath. Haemorrh., 21, 65- 75.
DEBRY G., 1987. Food proteins and atheros- clerosis. In: SCHLIERF G., MÖRL H. (eds.), Expanding Horizons in Atherosclerosis Research. Springer-Verlag, Berlin, 309-316. ©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
DEBRY G., 2001a. Lait et athérosclérose. In:
DEBRY G. (ed.), Lait, Nutrition et Santé. Édi- tions Tec & Doc, Paris, 395-434.
DEBRY G., 2001b. Lait, thrombose, hyper- tension artérielle et accidents vasculaires cérébraux. In: DEBRY G. (ed.), Lait, Nutrition et Santé. Éditions Tec & Doc, Paris, 435-465.
DREXLER H., ZEIHER A.M., MEINZER K., JUST H., 1991. Correction of endothelial dys- function in coronary microcirculation of hypercholesterolaemic patients by L-arginine.
Lancet, 338, 1546-1560.
ENGEN R.L., SWENSON M.J., 1969.
Influence of diet on indirect systolic blood pressure of rats. J. Nutr., 97, 19-24.
ENSELME J., COTTET J., FRAY G., 1963.
Étude de diverses influences alimentaires sur l’athérosclérose provoquée par une alimenta- tion privée de cholestérol. Rev. de l’Athé- roscl., 5, 52-59.
FAHR T., 1912. Beitrage zur experimentellen Atherosklerose unter besonderer Berücksich- tung der Frage nach dem Zusammenhang zwischen Nebenierenveranderungen und Atherosklerose. Ver. Dtsch. Ges. Pathol., 15, 234-249.
FAU D., PERET J., HADJIISKY P., 1988.
Effects of ingestion of high protein or excess methionine diets by rats for two years.
J. Nutr, 118, 128-133.
FERNS G.A.A., LAMB D.J., 2001. Coronary heart disease: pathophysiological events and risk factors. Nutr. Bull., 26, 213-218.
FREYBURGER G., LABROUCHE S., SAS- SOUST G., ROUANET F., JAVORSCHL S., PARROT T., 1997. Mild hyperhomocysteine- mia and hemostatic factors in patients with arterial vascular diseases. Thromb. Haemo- stas., 77, 466-471.
FRIEDLANDER Y., LEITERSDOR E., VECS- LER R., FUNKE H., KARK J., 2000 The contribution of candidate genes to the res- ponse of plasma lipids and lipoproteins to dietary challenge. Atherosclerosis, 152, 239- 248.
GADDI A., CIARROCCHI A., MATTEUCCI A., RIMONDI S., RAVAGLIA G., DESCOVICH G.C., SIRTORI C.R., 1991. Dietary treatment for familial hypercholesterolemia – differential effects of dietary soy protein according to the apolipoprotein E phenotypes. Am. J. Clin.
Nutr., 53, 1191-1196.
GALLAGHER P.J., GIBNEY M.J., 1983.
Immunological aspects of atherosclerosis.
The role of dietary proteins. In: GIBNEY M.L.G., KRITCHEVSKY D. (eds.), Animal and Vegetable Protein in Lipid Metabolism and Atherosclerosis. Current Topics in Nutrition and Disease. Alan Liss, New York, 8, 149- 168.
GARIBALLA S.E., 2000. Nutritional factors in stroke. Br. J. Nutr., 84, 5-17.
GARNIER M., SIMON L.G., 1907. De l’état du foie chez les lapins soumis au régime carné.
C.R. Hebdom. Sci. Mém. Soc. Biol., 63, 250- 252.
GASCON A., JACQUES H., MOORJANI S., DESHAIES Y., BRUN L.D., JULIEN P., (1996).
Plasma lipoprotein profile and lipolytic activi- ties in response to the substitution of lean white fish for other animal protein sources in premenopausal women. Am. J. Clin. Nutr., 63, 315-321.
GIANTURCO S.H., BRADLEY W.A., 1999.
Pathophysiology of triglyceride-rich lipopro- teins in atherothrombosis: cellular aspects.
Clin. Cardiol, 22, Suppl. II, 7-24.
GIRERD X.J., HIRSCH A.T., COOKE J.P., DZAU V.J., CREAGER M.A., 1990. L-arginine augments endothelium-dependent vasodila- tation in cholesterol-fed rabbit. Circ. Res., 67, 1301-138.
GOULDING N.J., GIBNEY M., TAYLOR T.G., GALLAGHER P.J., 1983. Reversible hyper- cholesterolemia produced by cholesterol-free fish meal protein diets. Atherosclerosis, 439, 127-137.
GREGORY III J.F., CUSKELLY G.J., SHANE B., TOTH J.P., BAUMGARTNER T.G., STAC- POOLE P.W., 2000. Primed, constant infu- sion with (2H3) serine allows in vivo kinetic measurement of serine turnover, homocy- steine remethylation, and transsulfuration processes in human one-carbon metabolism.
Am. J. Clin. Nutr., 72, 1535-1541.
GRUNDY S.M., 1998. Hypertriglyceridemia, atherogenic dyslipemic and the metabolic syndrome. Am. J. Cardiol., 81 (4A), 18B-25B.
HARPER A.E., BENEVENGA N.J., WOHL- HUETER R.M., 1970. Effects of ingestion of disproportionate amounts of amino acids.
Physiol. Rev., 50, 428-558.
HENSON P.M., 1973. Release of serotonin from human platelets induced by aggregated immunoglobulins of different classes and subclasses. J. Clin. Invest., 52, 1282-1288.
HIMENO A., KUNISADA K., NIWA M., OZAKI M., TSUCHIYAMA H., KURIHARA M., 1984.
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
Taurine and experimental hypertension. In:
LOVENBERG W., YAMORI Y. (eds.), Nutritio- nal Prevention of Cardiovascular Disease, Academic Press, Orlando, 53-58.
HODGES R.E., KREHL W.A., STONE D.B., LOPEZ A., 1967. Dietary carbohydrates and low cholesterol diets: effects on serum lipids in man. Am. J. Clin. Nutr., 20, 198-208.
HOKANSON J.E., AUSTIN A., 1996. Plasma triglyceride level is a risk factor for cardiovas- cular disease independent of high-density lipoprotein cholesterol level: a meta-analysis of population-based prospective studies.
J. Cardiovasc. Risk, 3, 213-219.
HOWARD A.N., GRESHAM G.A., JONES D., JENNINGS I.W., 1965. The prevention of rab- bits atherosclerosis by soya bean meal.
J. Atheroscl. Res., 5, 330-337.
HU F.B., STAMPFER M.J., MANSON J.A.E., RIMM E., COLDITZ G.A., SPEIZER F.E., HENNEKENS C.H., WILLETT W.C., 1999.
Dietary protein and risk of ischemic heart disease in women. Am. J. Clin. Nutr., 70, 221-227.
HUANG H.L., RAO M.R., 1995. Effect of neferine and its combination with taurine on platelet aggregation and experimental throm- bosis in rats. Yao Hsueh Hsueh Pao (China), 30, 486-490.
HUNG C.J., HUANG P.C., LU S.C., LI Y.H., HUANG H.B., LIN B.F., CHANG S.J., CHOU H.F., 2002. Plasma homocysteine levels in Taiwanaise vegetarians are higher than those of omnivores. J. Nutr., 132, 152-158.
IGNARRO L.J., CIRINO G., CASINI A., NAPOLI C., 1999. Nitric oxide as a signaling molecule in the vascular system. An over- view. J. Cardiovasc. Pharmacol., 34, 879- 886.
IGNATOWSKY A., 1908a. Changes in paren- chymatous organs and in the aorta of rabbits under the influence of animal protein. Izves- tizy Imperatorskoi Voyenno-Meditsinskoi Akademii (St Petersburg), 198, 248-270.
IGNATOWSKY A., 1908b. Influence de la nourriture animale sur l’organisme des lapins.
Arch. Med. Exp. Anat. Pathol., 20, 1-20.
IKEDA K., NARA Y., HORIE R., YAMORI Y., 1989. Diets modify pressor and catechola- mines response to stress in Stroke-Prone Spontaneously Hypertensive rats (SHRSP).
In: YAMORI Y., STRASSER T. (eds.), New Horizons in Prevention Cardiovascular Diseases, Elsevier, Amsterdam, 23-25.
JACQUES H., 1990. Effects of dietary fish protein on plasma cholesterol and lipopro- teins in animals model and in humans. In:
BEYNEN A.C., KRITCHEVSKY D., POLLACK O.J. (eds.), Dietary Proteins, Cholesterol Metabolism and Atherosclerosis Monographs on Atherosclerosis, Karger, Basel, 16, 59-70.
JACQUES H., GASCON A., BERGERON N., LAVIGNE C., HURLEY C., DESHAIES Y., MOORJANI S., JULIEN P., 1995. Role of die- tary fish protein in the regulation of plasma lipids. Can. J. Cardiol., 11, Suppl. G, 63G- 71G.
JONG de S.C., van den BERG M., RAU- WERDA J.A., STEHOUVER C.D., 1998.
Hyperhomocysteinemia and atherothrombo- tic disease. Seminars in Thrombosis and Hemostasis, 24, 381-385.
KANAZAWA T., 1996. Anti-atherogenic effects of soybean protein. Viewpoints from peroxidizability and molecular size of LDL and from antiplatelet aggregation. In: Second Symposium on the Role of Soy in Preventing and Treating Chronic Disease. Brussels, 27 Abstract.
KANG S.S., WONG P.W.K., MALINOW M.R., 1992. Hypermocyst(e)inemia a a risk factor for occlusive vascular disease. Annu Rev.
Nutr., 12, 279-298.
KLAVINS J.V., KINNEY T.D., KAUFMAN N., 1963. Histopathologic changes in methionine excess. Arch. Pathol., 75, 661-673.
KOHASHI N., OBAYASHI T., HAMA J., YAGI T., KATORI R., MORISHIMA Y., OHBA Y., 1983. The relationship between taurine and platelet aggregation in normal and essential hypertension. Sulfur Amino Acids, 6, 89-95.
KRAUSS R.M., 1997. Genetic, metabolic, and dietary influences on the atherogenic lipoprotein phenotype. In: SIMOPOULOS A.P. (ed.), Genetic Variation and Dietary Res- ponse. Wld. Rev. Nutr. Diet, Karger, Basel, 80, 22-43.
KRIS-ETHERTON P.M., DIETSCHY J., 1997 Design criteria for studies examining indivi- dual fatty acid effects on cardiovascular risk factors: human and animal studies. Am.
J. Clin. Nutr., 65, Suppl.: 1590S-1596S.
KRITCHEVSKY D., KOLMAN R.R., GUTTMA- CHER R.M., FORBES M., 1959, Influence of dietary carbohydrate and protein on serum and liver cholesterol in germ-free chickens.
Arch. Biochem. Biophys., 8, 444-451.
KRITCHEVSKY D., CZARNECKI S.K., 1982.
Dietary protein and atherosclerosis. In: DES- ©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
COVICH G.C., LENZI S. (eds.), Soy protein in the Prevention of Atherosclerosis. MTP Press Limited Lancaster, Boston, The Hague, 1-11.
KRITCHEVSKY D., TEPPER S.A., CZAR- NECKI S.K., KLURFELD D.M., 1982. Athero- genicity of animal and vegetable protein.
Influence of the lysine to arginine ratio. Athe- rosclerosis, 41, 429-431.
KRITCHEVSKY D., 1983a. Nutritional theories of atherogenesis. In: FELDMAN E.B. (ed.), Nutrition and Heart Disease. Contemporary Issues in Clinical Nutrition, 6, 29-44.
KRITCHEVSKY D., 1993b. Dietary protein and experimental atherosclerosis. In: LEE K.T., OIKE Y., KANAZAWA T. (eds.), Third International Conference on Nutrition in Car- dio-Cerebrovascular Diseases. Ann. N.Y.
Acad. Sci., 676, 180-187.
LACAILLE B., JULIEN P., DESHAIES Y., LAVIGNE C., BRUN L.D., JACQUES H., 2000. Response of plasma lipoproteins and sex hormones to the consumption of lean fish incorporated in a prudent-diet in normoli- pidemic men. J. Am. Coll. Nutr., 19, 745-753.
LENTZ S.R., SADLER J.E., 1991. Inhibition of thrombomodulin surface expression and pro- tein C activation by the thrombogenic agent homocysteine. J. Clin. Invest., 88, 1906-1914.
LÉONIL J., BOS C., MAUBOIS J.L., TOMÉ D., 2001. Protéines. In: DEBRY G. (ed.), Lait, Nutrition et Santé. Tec et Doc Lavoisier, Paris, 45-83.
LOSCALZO J., 1996. The oxidant stress of hyperhomocyst(e)inemia. J. Clin. Invest., 98, 5-7.
LOVATI M.R., 2001. Soy proteins and regula- tion of LDL receptors. In: DEESCHEEMAE- KER K., DEBRUYNE I. (eds.), Soy and Health 2000. Clinical Evidence – Dietetic Applica- tions, Leuven/Apeldoorn, 17-20.
LOVATI M.R., MANZONI C., CORSINI A., GRANATA A., FRATTINI R., FUMAGALLI R., SIRTORI C.R., 1992. Low-density lipoprotein receptor activity is modulated by soybean glo- bulins in cell culture. J. Nutr., 122, 1971-1978.
LOVATI M.R., MANZONI C., CORSINI A., GRANATA A., FUMAGALLI R., SIRTORI C.R., 1996. 7S globulin from soybean is metaboli- zed in human cell cultures by a specific uptake and degradation system. J. Nutr., 126, 2831-2842.
LOVATI M.R., MANZONI C., GIANAZZA C., SIRTORI C.R., 1998. Soybean protein pro- duct as a regulators of liver low-density lipo-
protein receptors, I - Identification of active- β-conglycinin subunits. J. Agric. Food Chem., 46, 2474-2480.
LOVATI M.R., WEST C.E., SIRTORI C.R., BEYNEN A.C., 1990. Dietary animal proteins and cholesterol metabolism in rabbits. Br.
J. Nutr., 64, 473-485.
LOVATI M.R., MANZONI C., GIANAZZA E., ARNOLDI A., KUROWSKA M., CARROLL K.K., SIRTORI R., 2000. Soy protein peptides regulate cholesterol homeostasis in HepG2 cells. J. Nutr., 130, 2543-2549.
LOVENBERG W., 1984. Possible relationship between nutrition and cardiovascular disease in experimental animals. In: LOVENBERG W., YAMORI Y. (eds.), Nutritional Prevention of Cardiovascular Disease, Academic Press, Orlando, 21-26.
LOVENBERG W., YAMORI Y., 1990. The role of dietary protein in hypertensive disease. In:
LARAGH J.H., BRENER B.M. (eds.), Hyper- tension, Physiology, Diagnosis and Manage- ment, Raven Press, New York, 295-301.
LUBARSCH O., 1909, Zur pathogenese der Atherosklerose der Arterien. Muench. Med.
Wochenschr., 57, 1819-1920.
LUBARSCH O., 1910, Über alimentare Schla- gaderverbolkung. Muench Med. Wochen- schr., 57, 1577-1580.
LUBEC B., HAYN M., KITZMÜLLER E., VIE- RHAPPER H., LUBEC G., 1997. L-Arginine reduces lipid peroxidation in patient with dia- betes mellitus. Free Radic. Biol. Med., 22, 355-357.
LYONS J., RAUCH-PFEIFFER A., YU Y.M., LU X.M., ZURAKOWSKI D., TOMKINS R., AJAMI A.M., YOUNG V.R., CASTILLO L., 2000. Blood glutathione synthesis rates in healthy adults receiving a sulfur amino acid- free diet. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A., 97, 5071-5076.
MALINOW M.R., KANG S.S., TAYLOR L.M., WONG P.W., COULL B., INAHARA T., MUKERJEE D., SEXTON G., UPSON B., 1989. Prevalence of hyperhomocyst(e)inemia in patients with peripheral arterial occlusive disease. Circul. Res., 79, 1180-1188.
MARENBERG M.E., RISCH N., BERKMAN L.F., FLODERUS B., de FAIRE U., 1994.
Genetic susceptibility to death from coronary heart disease in a study of twins. N. Engl.
J. Med., 330, 1041-1046.
MARIOTTI F., HUNEAU J.F., TOMÉ D., 2001.
Dietary protein and cardiovascular risk.
©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
J. Nutr. Health and Aging, 5, 200-204.
MAUBOIS J.L., LÉONIL J., (1989) Peptides du lait à activité biologique. Lait, 69, 245-269.
Mc CULLY K.S., WILSON R.B., 1975. Homo- cysteine theory of arteriosclerosis. Atheros- clerosis, 22, 215-227.
McGREGOR G.A., 1999. Nutrition and blood pressure. Nutr. Metableau Cardiovasc. Dis., 9, Suppl., n° 4, 6-15.
McKINLEY M.C., 2000. Nutritional aspects and possible pathological mechanisms of hyperhomocysteinaemia: an independent risk factor for vascular disease. Proc. Nutr. Soc., 59, 221-237.
MEEKER D.R., KESTEN H.D., 1940. Experi- mental atherosclerosis and high protein diets.
Proc. Soc. Exp. Biol., 45, 543-545.
MEEKER D.R., KESTEN H.D., 1941. Effect of high protein diets in experimental atheroscle- rosis of rabbits. Arch. Pathol., 31, 147-162.
MHROVA O., HLADOVER J., URBANOVA D., 1988. Metabolic changes in the arterial wall and endothelial injury in experimental methio- ninemia. Cor Vasa, 30, 73-79.
MOKADY S., COGAN U., AVIRAM M., 1990.
Dietary tryptophan enhances platelet aggre- gation in rats. J. Nutr. Sci. Vitaminol., 36, Suppl., 177S-180S.
MORITA I., TAKAHASHI R., EBISAWA H., FUJITA Y., MUROTA S., 1985. Effect of die- tary protein level on platelet aggregation in rat. Prostaglandins Leukot. Med., 18, 143- 149.
MORITA T., OH-HASHI A., TAKEI K., IKAI M., KASAOKA S., KIRIYAMA S., 1997. Choleste- rol-lowering effects of soybean, potato and rice proteins depend on their low methionine contents in rats fed a cholesterol-free purified diet. J. Nutr., 127, 470-477.
MUSCARI A., PUDDU G.M., POZZOLI C., VOLTA V., SANGIORGI Z., BIANCHI F.B., DESCOVICH G.C., PUDDU P., 1992. Serum IgA antibodies to apoproteins and milk-pro- teins in severe atherosclerosis. Ann. Ital.
Med. Int., 7, 7-12.
NARA Y., YAMORI Y., LOVENBERG W., 1978. Effect of dietary taurine on blood pres- sure in spontaneously hypertensive rats. Bio- chem. Pharmacol., 27, 2689-2692.
NEWBURGH L.H., CLARKSON S., 1922.
Production of arteriosclerosis in rabbits by diets rich in animal protein. J. Am. Med.
Assoc., 79, 1106-1108.
NEWBURGH L.H., CLARKSON S., 1923a.
High protein diets and arteriosclerosis in rab- bits. Arch. Int. Med., 26, 38-40.
NEWBURGH L.H., CLARKSON S., 1923b.
The production of arteriosclerosis in rabbits by feeding diets rich in meat. Arch. Intern.
Med., 26, 653-676.
NYGARD O., VOLLSET S.E., REFSUM H., STENSVOLD I., TVERDAL A., NORDREHAUG J.E., UELAND P.M., KVALE G., 1995. Total plasma homocysteine and cardiovascular risk profile. The Hordaland Homocysteine Study. J.A.M.A., 274, 1526-1533.
NYGARD O., VOLLSET S.E., REFSUM H., BRATSTRÖM L., UELAND P.M., 1999. Total homocysteine and cardiovascular disease.
J. Intern. Med., 246, 425-454.
OBARZANECK E., VELLETRI P.A., CUTLER J.A., 1996. Dietary protein and blood pres- sure. J.A.M.A., 275, 1598-1603.
OOMEN C.M., van ERK M.J., FESKENS E.J.M., KOK F.J., KROMHOUT D., 2000.
Arginine intake and risk of coronary heart disease mortality in elderly men. Arterioscl.
Thromb. Vasc. Biol., 20, 2134-2139.
OZAKI Y., YATOMI Y., JINNAI Y., KUNE S., 1993. Effects of genistein, a tyrosine kinase inhibitor, on platelets functions. Genistein attenuates thrombin-induced Ca2+mobiliza- tion in human platelets by affecting poly- phosphoinositide turnover. Biochem.
Pharmacol., 46, 395-403.
PAN W., IKEDA K., TAKEBE M., YAMORI Y., 2001. Genistein, Daidzein and Glycitein inhi- bit growth and DNA synthesis of aortic smooth muscle cells from Stroke-Prone Spontaneously Hypertensive rats. J. Nutr., 131, 1154-1158.
PATHIRANA C., GIBNEY M.J., GALLAGHER P.J., TAYLOR T.G., 1979. The effects of anti- bodies to dietary protein on the development of atherosclerosis in cholesterol-fed rabbits.
Proc. Nutr. Soc., 38, 26 A, Abstract.
PEARSON T.A., LACAVA J., WEIL H.F.C., 1997. Epidemiology of thrombotic-hemosta- tic factors and their association with cardio- vascular disease. Am. J. Clin. Nutr., Suppl., 1764S-1782S.
PENTTINEN J., PENNANEN S., LIESIVUORI J., 2000. Indicators of L-arginine metabolism and cardiovascular risk factors. A cross-sec- tional study in healthy men middle-aged.
Amino Acids, 18, 199-206. ©Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit