Devoir de Sciences Physiques n
◦6 du 24-01-2022
— Solutions —
Probl` eme n
o1 – Les aciers inoxydables et la corrosion
CCP MP 2015A. Autour de l’´ el´ ement chrome
1. Une configuration ´electronique d’un atome dans son ´etat fondamental s’´etablit en respectant les r`egles suivantes : l’ordre de remplissage des orbitales est celui pour laquelle la somme des nombres quantiquesn+ℓest croissante, quand deux orbitales ont la mˆeme valeur pour la sommen+ℓ, la premi`ere orbitale occup´ee est celle de nombrenle plus ´elev´e. Ce sont les r`egles de Klechkowski. Lorsqu’un niveau d’´energie poss`ede plusieurs orbitales (d´eg´en´erescence), on remplit le maximum d’orbitales avant de constituer des couples de spin appari´es (up and downs=±1/2). Il s’agit de la r`egle de Hund. Enfin, dans un cort`ege ´electronique, deux ´electrons ne peuvent pas poss´eder les 4 mˆemes nombres quantiques : r`egle d’exclusion de Pauli.
2. La structure ´electronique du molybd`ene est donc : 1s22s22p63s23p64s23d104p65s24d4. Si le chrome se situe juste au-dessus du molybd`ene dans la classification p´eriodique, c’est que la partie externe de structure
´electronique est du mˆeme type. Ici, on a une structure externe pour le molybd`ene en 5s24d4, celle du chrome sera la mˆeme mais une couche avant : 4s23d4. On a donc pour le chrome une structure ´electronique compl`ete 1s22s22p63s23p64s23d4 et, par cons´equent, un num´ero atomique Z = 24 . Le chrome se situe dans la qua- tri`eme ligne de la classification p´eriodique puisque l’on a un remplissage 4s2et dans la sixi`eme colonne puisque la structure externe est 4s23d4, ce qui fait en tout 6 ´electrons.
3. La configuration ´electronique du chrome dans son ´etat fondamental fait exception `a l’une des r`egles de remplissage et se termine par 4s13d5. Ceci est la cons´equence d’un effet de stabilisation lors du demi-remplissage d’une orbitaled.
4. Deux isotopes poss`edent le mˆeme nombre de protons Z mais des nombres de neutronsN diff´erents et donc des nombres de masse Adiff´erents. Le chrome 5024Cr poss`ede 24 protons et 26 neutrons. Pour5224Cr, il y a toujours 24 protons et 28 neutrons, pour5324Cr29 neutrons et enfin pour5424Cr30 neutrons.
5. La masse molaire est la moyenne des masses molaires avec comme coefficients les fractions massiques : M =P
ixiMi. On trouve M = 51,996 g·mol−1 puisque l’unit´e de masse atomique est 12/12 = 1 g·mol−1.
B. Corrosion intergranulaire d’un acier inoxydable
Corrosion g´en´eralis´ee et acier inoxydable
La figure 1 pr´esente un diagramme simplifi´e potentiel-pH du chrome `a 298 K. La concentration des esp`eces dissoutes ´etant de 1 mol·L−1, ce dernier fait intervenir 6 esp`eces :Crs, Cr2+aq, Cr3+aq, Cr2O3s, Cr2O2−
7 aq et CrO2−
4 aq.
6.On classe les esp`eces par nombre d’oxydation croissant : 0 pourCrs, II pour Cr2+,III pour Cr3+ et pour Cr2O3set enfinV I pourCr2O2−
7 etCrO2−
4 . On sait que dans un diagrammeE−pH, les esp`eces se classent par nombre d’oxydation croissant et que deux esp`eces poss´edant le mˆeme nombre d’oxydation sont s´epar´es par une fronti`ere verticale. On peut donc attribuer `a chaque domaine, une esp`ece, voir le graphique de la figure 1.
7.Les couples de l’eau sont au nombre de deux. PourH+/H2gaz, on a 2H++ 2e−⇋H2gaz de loi deNernst: E = 0,00 + 0,03 log[H+]2
C◦2 p◦
pH2 avec les valeurs suivantes : C◦ = 1 mol·L−1, p◦ = 1 bar et pH2 = 1 bar. On obtient alors l’´equation E= 0,00−0,06pH . Le second couple de l’eau est :O2gaz/H2Od’´equation de transfert
´electronique 12O2gaz + 2H++ 2e− ⇋ H2O. Le potentiel r´edox de ce couple est donn´e par : E = 1,23 + 0,03 logp
O2
p◦
1/2[H+]2
C◦2 . Avec les mˆemes conventions qu’avant etpO2= 1 bar, on arrive `a : E= 1,23−0,06pH . 8.Dans une eau d´esa´er´ee, le chrome est attaqu´e par les ionsH+puisqu’il n’y a pas de domaine commun avec cet ion. Il en va de mˆeme pour les ions Cr2+. Les ions Cr3+ et Cr2O3s sont les produits de cette oxydation puisqu’ils partagent un domaine en commun avec l’eau et ses ions (H+ et HO−). Dans une eau a´er´ee, c’est le dioxyg`ene qui va oxyder les diff´erents esp`eces du chrome. En g´en´eral, on peut pr´evoir thermodynamiquement la formation de CrO2−
4 et deCr2O2−
7 sauf pourpH <1 puisqu’il existe une petit zone partag´ee entreO2gaz et Cr3+.
9. Cr2O3s est responsable de la passivation. L’acier est alors prot´eg´e par une couche imperm´eable de cet oxyde, il ne se produit pas alors une attaque en profondeur.
pH E( V)
b b b b b b b b b b b b b b b
bbbbbbbb
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
0,5 1 1,5 2
-0,5
-1
-1,5
-2
Cr 2 O 2 −
7 CrO 2 −
4
Cr 3+ Cr 2 O 3
s
Cr 2+
Cr s
H 2
gaz
O 2
gaz
H 2 O
Figure1 – Diagramme simplifi´e potentiel-pH du chrome `a 298 K
b bb b
A
V
i
COM
COM
U
Auxiliaire carbone
R´ef´erence KCl 0,1 mol·L−1 Travail
platine Contre-´electrode
b b
Umes
Pont salin
Figure2 – Montage `a 3 ´electrodes
11.Le courant d’oxydation est nul pour 0,00 V< E <1,11 V. C’est la zone o`u il y a passivation. L’´equation de la r´eaction est :
2Crs+ 3H2O⇋Cr2O3s+ 6H++ 6e−
12.Dans la zone transpassive au-del`a de la zone de passivation, la couche commence `a se dissoudre et l’oxyde de chrome forme des ionsCr3+. De plus, comme le potentiel est ´elev´e, il se produit l’ ´electrolyse de l’eau pour former du dioxyg`ene :
2H2O⇋O2gaz+ 4H++ 4e−
Rˆole du chrome dans la corrosion intergranulaire
13.On a une pile de corrosion car il y a des diff´erences de concentration en chrome et cela modifie l’activit´e de l’esp`ece. Dans la loi deNernst, il y a donc des diff´erences de potentiel. En effet, pour le coupleCr3++3e−⇋Crs, le potentiel r´edox estE=E◦+ 0,02 log [Cr3+]
C◦aCrs. Ici, l’activit´e en chrome solide d´epend de la fraction massique de chrome. par cons´equent, si cette concentration en chrome solide varie, cela modifie le potentiel r´edox et cr´ee une pile de concentration entre deux zones `a teneur en chrome diff´erente. Plus il y a de chrome, plus E est faible.
Cette zone est donc celle qui va s’oxyder, c’est l’anode. C’est donc au niveau du joint de grain. La cathode est donc situ´ee dans le grain o`u le potentiel sera plus ´elev´e.
14. Le point A est dans un grain d’acier `a 16%. Pour le point B, on est dans un joint de grain `a 95% en chrome. Pour le pointC situ´e au voisinage d’un joint de grain, on a donc la zone II o`u la teneur en chrome
´evolue rapidement.
15.La dissolution du fer correspond au processus :Fes⇋Fe2++2e−. L’intensit´e du courantiaqui est suppos´ee stable pendant la dur´ee ∆t, correspond `a un nombre de moles de fer dissoutes nFes = 2iNa∆t
Ae. On en d´eduit la masse de fer correspondante :mFes = 2iNa∆tAeMFe=ρacierSδ. Dans cette expression, on a utilis´e la d´efinition de la masse volumique suppos´ee uniforme dans l’acier. On en d´eduit donc que : δ= 2jNa∆tMAeρacierFes . La valeur de la densit´e volumique de courantja doit correspondre au potentielE= 750 mV/ESH.
16.L’acier est `a 16% en chrome, on devrait donc ˆetre en situation de passivation d’apr`es le premier graphique.
Mais d’apr`es le second, on a une faible densit´e de courant. On l’estime `a environ ja ≃ 5×10−6A· cm−2 = 5×10−2A·m−2. On trouve alors δ= 26µm . La pi`ece en acier est encore utilisable.
17.Si l’´epaisseur de la couche attaqu´ee estδ ≃100µm, il faut une densit´e volumique de courant 4 fois plus grande que la pr´ec´edente, c’est-`a-direja ≃ 20µA· cm−2. Dans le r´eseau de courbes propos´ees, on voit qu’on est au-dessus de la courbe `a 11,7% en chrome. Une conclusion s’impose : en dessous de 12% , cela se corrode s´erieusement.
Pr´evenir le risque de corrosion intergranulaire
18.La maille du carbure de titane est repr´esent´ee `a la figure 3. Dans une maille, il y a 8× 18+ 6× 12 = 4 atomes de titane. Les atomes de carbone, en noir sur la figure 3, sont situ´es au milieu de chaque arˆete et un au centre de la maille, il y en a donc 12×14 = 4. La stœchiom´etrie de ce compos´e est donc : TiC.
Figure3 – Structure deTiC, carbure de titane
19.On peut a priori consid´erer deux possibilit´es pour le contact des atomes, soit le contact sur un arˆete, soit le contact sur la diagonale d’une face. Si cela se produit sur une arˆete alors on aa= 2(RTi+RC) = 444 pm. Si acalcul´e avant est le param`etre de maille alors la diagonale d’une face esta√
2 = 628 pm. Y a-t-il contact entre les trois atomes de titane ? Comme cette longueur repr´esenterait 4 rayons atomiques du titane alors, on aurait
a√ 2
4 = 157 pm. Cette longueur est sup´erieure `a RTi = 145 pm. Il n’y a pas de contact sur la diagonale d’une face. Il ´etait justifi´e de supposer le contact sur une arˆete. On a donc : a= 444 pm .
20. Dans une maille conventionnelle, il y a 4 entit´es TiC. La masse volumique est donc : ρ= 4(MNTiA+Ma3C) . L’application num´erique donneρ= 4,55×103kg·m−3.
C. ´ Etude thermodynamique de la formation des carbures de chrome
21.On aK1◦ = exp−∆rGRT◦1(T) = 2,5×1032=
p◦ peqO21
3/2
. On trouve que la pression obtenue `a l’´equilibre est peqO21 = 2,5×10−22bar .
22. La r´eaction de formation du carbure de chrome Cr23C6s s’obtient par combinaison lin´eaire de 23 fois
1
2Cr2O3s⇋Crs+34O2gaz et de 1 fois 23Crs+ 6Cs⇋Cr23C6s. On obtient la r´eaction : 23
2 Cr2O3s+ 6Cs⇋Cr23C6s+69
4 O2gaz (3)
23.Du fait de la combinaison lin´eaire pr´ec´edente, on a ∆rG◦3= ∆rG◦2−232∆rG◦1. On trouve num´eriquement
∆rG◦3 = 12 471 975−3 026,66T. `A la temp´erature de 1 273 K, on trouve ∆rG◦3 = 8,32×106J·mol−1. On a K3◦= exp−∆RTrG◦3 = exp−814. La constante d’´equilibre s’exprime selonK3◦=
peqO23 p◦
69/4
. La pression d’´equilibre est doncpeqO23=p◦exp−47,2. On trouve : peqO23 = 3,2×10−21bar .
24.On a ∆rH3◦>0, la r´eaction est endothermique . En augmentant la temp´erature, on favorise le d´eplacement de la r´eaction dans le sens endothermique, c’est-`a-dire dans le sens de la r´eduction de Cr2O3s.
25.On a ∆rG3= ∆rG◦3+RTlnQavecQ=p
O2
p◦
69/4
. SiQ > K3◦, cela signifie quepO2 > peqO23. La r´eaction va se d´eplacer dans le sens d’une diminution du quotient de r´eactionQ, c’est-`a-dire dans le sens indirect car dG = (∆rG)dξ < 0 est le sens de l’´evolution. Comme ∆rG3 > 0 alors on a bien dξ < 0. L’esp`ece chimique stable est donc Cr2O3s.
26.Le diagramme d’existence des esp`eces est repr´esent´e `a la figure 4.
pO2( bar)
b b
2,5×10−22 3,2×10−21 Crs Cr23C6s Cr2O3s
Figure4 – Diagramme d’existence des esp`eces du chrome en pr´esence de carbone graphite
Probl` eme n
o2 – Confinement d’une particule charg´ ee dans un champ
magn´ etique
Centrale MP 2016A. Aurores polaires terrestres
1.Les particules cosmiques frappent des mol´ecules de l’atmosph`ere qui changent de niveau d’´energie et qui, en revenant, dans leur niveau fondamental ´emettent des photons dans le visible.
2.Une aurore bor´eale (h´emisph`ere nord) apparaˆıt simultan´ement `a une aurore australe car il y a une sym´etrie par rapport au flux solaire. De plus, les particules cosmiques vont suivre les lignes de champ magn´etique et arriver aux deux pˆoles.
3. Les lignes de champ sont d´eform´ees sous l’effet du vent solaire mais on reste relativement proche des lignes de champ du dipˆole magn´etostatique .
B. Mouvement d’un ´ electron dans un champ magn´ etique stationnaire et uniforme
4.La norme de la force gravitationnelle est Fg = GmmR2T
T ≃10−29N. Il faut comparer cette force `a la partie magn´etique de la force de Lorentz F = ev0B0. L’ordre de grandeur de B0 est de 10−5T, la vitesse v0 ≃ 107m·s−1. On peut tr`es raisonnablement proposerF≃10−17N. On constate bien que l’on a Fg≪F .
5. Si la vitesse initiale de la particule s’´ecrit~v0 =vOz~ez, la force deLorentz est nulle car son expression vectorielle estF~ =−e~v0∧B~0=~0 car la vitesse et le champ sont colin´eaires. Le mouvement de la particule est donc rectiligne uniforme . Elle suit donc la ligne de champ magn´etique suppos´ee rectiligne. Toutefois, il faut comprendre que tout change si la ligne de champ magn´etique se courbe.
6.Le mouvement va rester dans le planOxy puisqu’il n’y a pas de vitesse initiale sur~ez et comme le champ magn´etique est sur ~ez, il n’y aura jamais de force orient´ee sur ~ez. On applique la relation de la Dynamique
`a un ´electron dans le r´ef´erentiel g´eocentrique consid´er´e comme galil´een en supposant qu’il ne subit que la force magn´etique. On a donc m
dvx
dt~ex+dvdty~ey
= −e(vx~ex+vy~ey)∧B0~ez. On obtient les deux ´equations suivantes :mdvdtx =−evyB0 etmdvdty =evxB0. Si on d´erive la premi`ere par rapport au temps et qu’on injecte la seconde, on obtient l’´equation diff´erentielle d’un oscillateur harmonique : ddt2v2x + e2mB202vx = 0. On met bien en ´evidence la pulsation dite pulsation cyclotron : ωc =eBm0 . On a vu que le champ magn´etique dipolaire
´evoluait selon Bdip = rα3. Si l’on se place en orbite g´eostationnaire, le champ sera plus faible. Si on note BT
le champ magn´etique `a la surface de la Terre, on a BTR3T =Bg´eo(RT +h)3 o`u hest l’altitude d’un satellite g´eostationnaire. Il nous faut donc ´evaluer l’expression de l’altitudeh. Le satellite est suppos´e en mouvement de rotation uniforme `a la vitesse de rotation correspondant `a la rotation de la Terre sur elle mˆemeωs=1 jour2π . La relation de la Dynamique appliqu´ee au satellite permet d’´ecrire que −(RGmT+hsm2T)2~er=−msωs2(RT +h)~er. On en d´eduit que RT +h=
GmT
ω2s
1/3
. On trouve num´eriquement h= 35 900 km. `A partir de l`a, on peut proposer BT = 5×10−5T et trouver Bg´eo =B0= 1,7×10−7T. On en d´eduit que ωc = eBm0 = 3×104rad·s−1 ce qui correspond `a une fr´equence : fc= ω2πc = 4,7 kHz .
7.Avec le travail effectu´e avant, on a la mˆeme forme d’´equation diff´erentielle pourvxet pourvy. Les solutions sont donc de la formevx=Acosωct+Bsinωctetvy=Ccosωct+Dsinωct. `A la datet= 0, on avx=v0x, cela nous permet d’´ecrire queA=v0x etC = 0. Toujours `a la datet= 0, onm dvdtx
t=0 =−evy(t= 0)B0= 0. On en d´eduit queB = 0. On effectue le mˆeme raisonnement sur vy `a la date t= 0 : m dvdty
t=0 =evx(t = 0)B0= ev0xB0. Cela nous permet de calculer la derni`ere constante d’int´egration : D = v0x. Finalement, on obtient vx=v0xcosωctetvy =v0xsinωct. On int`egre et en tenant compte de la position initiale de l’´electron `a l’origine du rep`ere choisi, on trouvex= vω0x
c sinωctety= vω0x
c(1−cosωct). Nous avons ´etabli les ´equations param´etriques d’un cercle de centreC(0,vω0x
c) et de rayonRc =vω0x
c. Son ´equation cart´esienne est : x2+ (y−vω0xc)2=vω0x22 c . 8.Une puissance correspond `a une force multipli´ee par une vitesse. On a donc comme dimension pour l’en- semble de l’expression N· m·s−1. On a utiliser la loi de Coulombpour prendre en compte la dimension de
1
4πε0. En effet, on aFe= 4πε1
0
qq′
r2. On en d´eduit que la dimension de 4πε1
0 est N·Cm22. On en d´eduit une ´equation dimensionnelle : N· m·s−1 = NC·m22eαcβm2· s−4. On peut donc en conclure que l’expression dimensionnelle eα−2cβ−1m4· s−4 est sans dimension. Il faut donc que α= 2 etβ=−3 .
9.On peut faire l’hypoth`ese d’un mouvement de l’´electron quasi-circulaire, son acc´el´eration estd~dtv =−Rv2c~ero`u R est le rayon du cercle. Le mouvement est uniforme car la force magn´etique ne travaille pas puisqu’elle est tou-
du cercleRc =eBmv0 permet d’exprimer la puissance et l’´energie cin´etique :P =6πε10ec23
e4B04R2C
m4 et Ec=e2B2m20R2C. Par le th´eor`eme de la puissance cin´etique, on a dEdtc =−P. On en d´eduit queRcdRc
dt = −6πε10
e4B20R2c
m3c3 . Apr`es simplification et introduction de la pulsation cyclotron, on arrive `a l’´equation diff´erentielledRdtc =−6πεe0
ω3c B0c3Rc. On obtient bien l’´equation diff´erentielle propos´ee avec le temps caract´eristiqueτ : dRdtc +Rτc = 0 . La solution est Rc(t) = Rc0exp−τt. Tr`es rapidement, en quelques τ, le mouvement circulaire de l’´electron va diminuer de rayon et la trajectoire devenir une droite align´e sur la ligne de champ qui est selon B0~ez. Les charges ont tendance `a s’enrouler autour de la ligne de champ en ´etant de plus en plus serr´ees autour de la ligne de champ.
On peut ´evaluer l’ordre de grandeur de τ = 6πεeω0B3g´eo
c . Avecωc = 3×104rad·s−1 et Bg´eo = 1,7×10−7T, on trouve τ ≃ 1014s. L’amortissement du rayon du cercle est tr`es lent. Il ne sera pas perceptible mˆeme si une particule suit une ligne de champ qui va du pˆole Sud au pˆole Nord. La puissance rayonn´ee est n´egligeable dans cette ´etude.
10.Il faut superposer les deux ´etudes pr´ec´edentes : un mouvement rectiligne uniforme surOzet un mouvement circulaire dans le planOxy. On obtient un mouvement h´elico¨ıdal. La trajectoire est une h´elice r´eguli`ere d’axe Oz.
C. Mouvement d’un ´ electron dans un champ magn´ etique stationnaire et non uni- forme
11.L’´equation deMaxwell-Thomsonencore appel´eeMaxwell-flux est divB~ = 0. En utilisant l’expression de la divergence en coordonn´ees cylindriques et en tenant compte du fait de l’invariance par rotation autour de l’axe Oz, on obtient 1r∂(rB∂rr)+ ∂B∂zz = 0. On peut r´e´ecrire cette ´equation selon ∂(rB∂rr) =−r∂B∂zz. On suppose que ∂B∂zz est `a peu pr`es constant sur le domaine d’int´egration en r que l’on envisage. On arrive alors rBr =
−r22 dBz
dz + Cte. Il n’y a aucune raison pour que le champ magn´etique diverge enr= 0. On peut donc en d´eduire que Cte = 0. On obtient bien l’´equation propos´ee par l’´enonc´e : Br=−r2
dBz
dz .
12. Si L est la longueur caract´eristique sur l’axe Oz, on peut ´ecrire que dBdzz = BLz. On en d´eduit que Br≃ −2Lr Bz. Le champ magn´etique radial est consid´er´e comme une perturbation siBr≪Bz. Cela correspond
`a la condition : r≪L.
13.Les calculs du d´ebut du probl`eme sont suffisants pour r´epondre `a la question R(z) = mveBzθ.
14. Le moment cin´etique est Lz vient de la d´efinition vectorielle L~ = −−→OM ∧m~v. On obtient facilement Lz = mR(z)vθ. On a suppos´e ici que l’´electron tournait autour de l’axe Oz dans le trigonom´etrique. `A son mouvement correspond un courant i orient´e dans l’autre sens que l’on ´evalue en disant qu’il correspond `a une charge e qui passe en un endroit donn´e une fois par p´eriode Tc = 2πωc o`u ωc est toujours la pulsation cyclotron. On a donc i = −Tec = −eω2πc = −e2πm2Bz. Le moment magn´etique correspondant est sur ~ez. On a Mz=iπR(z)2=−e2Bz2mR(z)2. On d´emontre bien ainsi la propri´et´e : Mz=−2me Lz .
15.On consid`ere maintenant l’´electron comme un dipˆole magn´etique plong´e dans un champ magn´etique. Il subit le coupleM ∧~ B. Comme~ M~ est orient´e sur~ez et queB~ est lui aussi orient´e sur~ez, le couple subi est nul.
Le th´eor`eme du moment cin´etique est donc ddtL~ =M ∧~ B~ =~0. On a donc dLdtz = 0. Le moment cin´etique sur~ez
est donc constant. On a donc automatiquement dMdtz = 0 .
16.On assimile l’´electron `a un moment dipolaire de massemqui se d´eplace uniquement sur l’axeOz plong´e dans le champ magn´etiqueB. L’´electron poss`ede alors l’´energie potentielle~ −M·~ B~ =−MzBz= eB2m0Lz(1 +Lz22).
Son ´energie m´ecanique est Em = 12mz˙2 + eB2m0Lz(1 + Lz22). Elle est constante puisqu’il n’y a pas de forces non conservatives. En la d´erivant par rapport au temps, on obtient une ´equation d’oscillateur harmonique
¨
z+ eBm20LL2zz = 0. Les solutions sont de la forme z(t) =Acos(ωmt+ϕ) avec ωm=√eBmL0Lz . On voit bien que z va ˆetre compris entre−Aet Aqui sont les deux positions des miroirs magn´etiques. Ces positions d´ependent des conditions initiales. Pour ´evaluer la pulsation et donc la fr´equence du mouvement, il va falloir proposer une
´evaluation deLz. On aeB0Lz=eB0mRvθOr,R=mveBθ
0. On en d´eduit queωm=
√m2v2 θ
mL . On trouveωm= vLθ. La p´eriode est Tm = ω2π
m = 2πLv
θ . La longueur parcourue correspond `a l’aller et au retour, cela repr´esente un parcours L = 2πRT. On a donc une p´eriode qui s’exprime selon : Tm = 4πv2RT
θ . Nous allons prendre comme vitesse raisonnable pour l’´electronvθ= 107m·s−1, cela le maintient dans le domaine classique et c’est un bon ordre de grandeur. On trouve alorsTm= 25 s.
17.La puissance rayonn´ee donn´ee par l’´enonc´e est proportionnelle au carr´e de l’acc´el´eration, ce qui fait qu’elle est proportionnelle au champ magn´etique au carr´e. Ce sont donc les r´egions o`u les lignes de champ sont les plus
resserr´ees qui sont celles o`u le champ est le plus ´elev´e qui vont ˆetre plus propice `a l’´emission. On aura donc des r´egions plutˆot proches des pˆoles. Sur le plan spectral, il s’agit de la pulsation cyclotron en altitude par rapport
`a la Terre. On avait trouv´e une fr´equence inf´erieure `a 1 MHz . Ces fr´equences ne peuvent pas se propager dans l’atmosph`ere puisqu’il faut, en g´en´eral, une fr´equence sup´erieure `a 9 MHz (fr´equence plasma). Le signal ne vient pas vers la surface de la Terre. Ces ondes ne vont ˆetre vues que par les satellites qui sont suffisamment au-dessus de la Terre.
D. Ceintures de Van Allen
18.Si on prend un ´electron de 100 MeV, cela correspond `a une ´energie cin´etiqueEc= 12mv2= 1,6×10−11J pour l’´electron. Si on effectue l’application num´erique, on trouvev= 6×109m·s−1! Cette vitesse, sup´erieure
`
a la vitesse de la lumi`ere dans le vide, n’est pas acceptable. La formule que l’on doit utiliser pour l’´energie cin´etique est relativiste : Ec = (γ−1)mc2 avec γ = √ 1
1−v2/c2. On ne doit pas faire des calculs classiques mais des calculs relativistes, ce qui a ´et´e fait depuis le d´ebut du probl`eme n’est pas adapt´e `a des ´electrons aussi
´energ´etiques que ceux ´evoqu´es par l’´enonc´e.