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f :

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i PA M. Jules Gfeller

Berne

Sixième année. —

P r i x du numéro IO c

suisses à l'etratiger reçoivent le journal.

Samedi 18 Juin 1892

B u r e a u x : R u e Neuve, 19

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Organe de la Société i n t e r e a n t o n a l e des i n d u s t r i e s d u J u r a , des C h a m b r é e de c o m m e r c e , des B u r e a u x de contrôle et d e s Syndicats industriels.

L e P r ê t srratuit

Au nombre des moyens préconisés pour venir en aide aux ouvriers sans tra- vail, et qui ont été développés lors de la dernière session du Grand Conseil neu- châlelois, figure l'organisation d'une ban- que de prêts gratuits, ne portant donc aucun intérêt, et remboursables quand les circonstances sont favorables à l'em- prunteur et sans autre garantie que son honorabilité personnelle.

Au moment où cette question va faire l'objet d'une étude approfondie de la part d'une commission spéciale qui se réunira aux premiers jours à Neuchâtel, il n'est pas sans intérêt de rappeler que l'idée n'est pas nouvelle dans notre canton et qu'elle y a déjà été agitée il y a quelques années.

En effet, nous trouvons dans l'Alma- nach agricole neuchàtelois de l'année 4889, l'article suivant que nous reprodui- sons avec les réflexions qu'il avait suggé- rées à la rédaction de l'Almanach.

Les résultats que donnent en Angleterre et en Allemagne les sociétés de prêt gra- tuit, notamment la caisse des avances, à Hambourg, et la Société amicale de West- minster, à Londres, ont engagé les phi- lanthropes de Paris à doter, en 1882, le Département de la Seine d'une institution semblable ; c'est de cette dernière que nous parlerons.

La Société a pour but la recherche di- recte des misères qui se cachent, le relè- vement des courages abattus, le respect de la liberté et de la dignité humaine.

Le prêt gratuit est fait en argent ou en nature et remboursable suivant les res-

sources des emprunteurs. Les avances varient de 10 à 300 francs, jamais plus, et pour éviter aux emprunteurs la tenta- tion de dépenser la somme prêtée autre- ment que pour l'emploi urgent, elle ne la donne pas toujours directement.

A cet effet, elle a créé trois services : I» Celui des loyers, des fournisseurs, etc.

2o Celui du Mont-de-Piété pouv dégager des reconnaissances qui se trouvent entre les mains d'acheteurs de ces titres.

3° Celui des achats de vêtements, de petits mobiliers, d'outils et de matières premières.

La personne qui se présente à la So- ciété philanthropique du prêt gratuit, doit remplir une feuille indiquant son nom, ses prénoms, son âge, sa profession, son domicile, la somme dont elle a besoin, le mode de remboursement.

Depuis sa fondation, la Société a pu venir en aide à 1700 familles pour une somme de fr. 130,000. Combien de de- mandes n'ont pu être admises, faute de ressources! Cependant, grâce à cette œuvre, des centaines de iamilles qui étaient sous le coup d'une expulsion de leur domicile ont pu payer leur loyer. La.

Société, en retirant des mains des bro- canteurs et des vampires des objets se chiffrant par près de fr. 150,000. a éco- nomisé aux emprunteurs une somme presque égale par la suppression d'inté- rêts usuraires.

La Société fait, en outre, profiter les emprunteurs de son influence morale.

Elle leur donne des conseils, des encou- ragements, elle apitoie les propriétaires et elle fait rendre gorge à certains indus- triels peu scrupuleux.

Pendant cinq années, 94 o/

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des prêts sont rentrés; il n'y a eu que le 6°/

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de déchet.

En présence de ces faits, nous attirons l'attention de tous les philanthropes, afin de grouper en un seul corps leurs forces disséminées dans diverses sociétés, pour combattre le mal et faire le bien. On donne, on donne toujours, souvent sans discernement; nous perpétuons le malaise sans le combattre par le.relèvement.

Si nous donnons ce court aperçu, nous pensons qu'il est temps de s'occuper aussi des petits agriculteurs qui, par suite de perte de bétail, de mauvaises récoltes et de toutes sortes d'avaries, peuvent se trouver momentanément dans la gène. La Société cantonale d'agriculture, avec sa nouvelle organisation, aura un vaste champ d'activité et de travail en étudiant toutes les questions économiques.

Beaucoup de personnes croient qu'il ne faut pas trop faciliter aux agriculteurs les moyens de se procurer de l'argent, que c'est souvent leur perte, etc., etc. C'est vrai quand il s'agit de prêts usuraires ; mais nous entendons des opérations ré- gulières. L'agriculture, pas moins que d'autres branches de l'activité humaine, ne peut se passer de capitaux; étudions donc de près cette question du prêt gra- tuit appliqué à l'agriculture. M. J.

Note de la rédaction. — II y a dans cet article une idée très généreuse : Aider sans blesser la dignité de celui qui reçoit; mais le côté faible de l'institution préconisée par l'auteur, c'est de pousser à un développe- ment exagéré du crédit. Il est plus facile de citer de nombreux exemples de gens ruinés pour avoir eu trop de crédit que d'indiquer des noms d'agriculteurs recommandables restés dans la gêne pour avoir manqué d'appui.

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208 LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE

Motions ouvrières

Voici la fin de l'analyse du discours de M. Cornaz au Conseil des Etats :

D'après l'enquête à laquelle se sont livrés les gouvernements cantonaux sur la demande du département fédéral de l'industrie et dont les réponses se trouvent au dossier, on voit que la question est encore mal connue, in- suffisamment étudiée, peu comprise. Plu- sieurs gouvernements, sans aller au fond des choses, repoussent la motion tout simple- ment parce qu'elle est contraire à la liberté d'industrie, qui paraît être pour eux un dogme qu'on ne discute plus, sans se deman- der si le principe même de cette liberté n'est pas sujet à caution. D'autres encore se désin- téressent de la question, en disant qu'elle ne touche pas les populations de leurs cantons.

D'autres, ainsi celui de Bâle-Ville, ne nient pas les abus de la liberté d'industrie poussée à l'excès ; ils voudraient même des articles additionnels à la loi sur les fabriques réglant la question des salaires, celle des heures de travail et celle des apprentissages. Ils recu- lent cependant devant la perspective des syn- dicats obligatoires, par lesquels seuls on peut obtenir ces choses. Le gouvernement de Fribourg est favorable aux syndicats organi- sés par les cantons. Le gouvernement de So- leure se prononce en faveur d'une revision partielle de la constitution fédérale qui per- mette à la Confédération de légiférer sur les conditions du travail. Le gouvernement de Zurich est favorable en principe à la motion.

Il dit que la création des syndicats obligatoi- res est désirée par les artisans et les ouvriers.

Il demande une organisation républicaine et démocratique.

M. Cornaz pense qn'on finira par s'enten- dre, que les préventions tomberont et que les malentendus disparaîtront losque la ques- tion sera mieux connue.

Il faut surtout se pénétrer de la notion que, lorsque les syndicats obligatoires auront été autorisés par la loi, aucune industrie ne sera tenue de les accepter. Chaque industrie exa- minera, au point de vue de ses conditions spéciales et de ses intérêts, s'il lui convient de les introduire et dans.quelle mesure. Déjà dans l'industrie horlogère, dans l'industrie typographique, dans d'autres encore, l'ins- titution est très sérieusement étudiée et des solutions sont réclamées.

Et maintenant voudrions-nous imposer les principes de l'école de Manchester à des po- pulations industrielles qni n'en veulent plus entendre parler'? Voudrions-nous coucher l'industrie dans un lit de Procuste? Il y a longtemps que patrons et ouvriers ne croient plus aux bienfaits de la liberté.

Ces principes ont été justes, ils le sont en- core, appliqués au libre-échange des produits de nation à nation. A ce point de vue, le laissez faire et le laissez passer ont accompli des merveilles. Mais cette doctrine a été faus- sée lorsqu'on a voulu en faire l'application à d'autres choses, lorsqu'on a prétendu intro- duire dans l'industrie une liberté de travail qui a bientôt dégénérée en anarchie. Cette liberté s'est souvent tournée contre les pa- trons, mais les ouvriers en ont particulière- ment souffert.

Deux facteurs nouveaux se sont imposés à la vie industrielle depuis un demi-siècle. La société anonyme s'est développée extraordi- nairement. La société anonyme, c'est-à-dire l'agglomération impersonnelle des capitaux, c'est-à-dire l'antagonisme entre le capital et le travail. Elle a rendu de grands services, elle a fait des choses qui auraient été impos- sibles sans elle. Mais elle a créé une nouvelle féodalité, plus écrasante pour les petits que celles du moyen âge. Les petits et les faibles

ont besoin de s'associer pour se défendre.

Leur cause est certainement plus intéressante que celle de l'aristocratie de l'argent, la moins sympathique de toutes et qui saura toujours assez se protéger elle-même. — L'autre facteur, c'est l'introduction de la ma- chine dans l'industrie; elle a brisé ceux qui ont voulu lui résister, mais elle a bouleversé les conditions du travail.

L'orateur espère que la Suisse, dans ce domaine comme tant d'autres, sera l'initia- trice. C'est dans cet ordre d'idées qu'il re- commande au Conseil fédéral d'examiner la revision de l'article 31 de la constitution fé- dérale.

L'exportation de l'horlogerie en Angleterre

Dans un article reproduit d'un journal an- glais que nous avons publié dans notre nu- méro dû 8 courant; une erreur typographique s'est glissée dans le tableau des importations et nous fait mentionner les importations du 1er juilbt au 30 avril, au lieu du 1e r janvier au 30 avril ; nos lecteurs auront sans doute fait la correction.

Au dire de notre correspondant de Londres qui nous écrit à propos de cet article, l'aug- mentation progressive de la valeur des im- portations dans les années 1891 et 4892, ne serait pas due à l'extension de l'horlogerie suisse, mais bien à l'introduction, en Angle- terre, d'un nombre toujours plus grand de montres américaines.

Il y a là un fait digne d'attirer l'attention de nos fabricants et de nos exportateurs.

Traités de commerce

Le Conseil fédéral, avisé que le traité de commerce avec la Suisse avait été sanctionné au Sénat italien, aurait désiré pouvoir procé- der immédiatement à l'échange des signa- tures ; malheureusement M. Peirelli est ab- sent. S'il peut autoriser à temps son premier secrétaire à signer, le nouveau tarif entrerait en vigueur vendredi soir, à minuit, sinon ce soir samedi à minuit.

Négociations avec la France — Les négo- ciations avec la Suisse se poursuivent active- ment. On espère arriver à une solution pour samedi. Les négociations portent sur le point de savoir si le gouvernement français con- sentirait à abaisser son tarif minimum en fa- veur des produits suisses suivants : broderies, tissus, soies, fromages, horlogerie. C'est à ces conditions que la Suisse maintiendrait à la France le régime de la nation la plus favo- risée accordée depuis le premier février.

Syndicats obligatoires

Au Conseil national, M. le Conseiller fédé- ral Deucher, parlant après MM. Favon et Comtesse, partisans des syndicats obligatoires et Tissot qui leur préfère le régime de Ia li- berté d'association, a dit que l'adoption de la motion ne ferait pas. maintenant, avancer la question d'un seul pas. En effet, le Conseil des Etats a pris déjà une décision en faveur de son examen. Le Conseil fédéral est sym- pathique à la tendance générale de la motion ;

mais elle est déjà à l'étude dans ses bureaux.

La décision du Conseil des Etats est plus large que la motion de M. Favon, puisqu'elle vise aussi une loi sur les arts et métiers. Bien mieux, le Conseil national a adopté hier une motion de M. de Steiger qui vise la revision du même article 31. M. Deucher propose donc la non entrée en matière, avec des considérants qui invoquent la décision déjà prise par le Conseil des Etats.

Après une réplique de M. Favon, M. HÎC- berlin propose le rejet pur et simple.

Au vote, éventuellement la proposition Deucher l'emporte sur la proposition Hicber- Hn, à une grande majorité. En votation défi- nitive, la proposition de M. Favon est repous- sée à une grande majorité.

Petite discussion sur le Bulletin sténogra- phique, à propos de la loi sur les taxes de patente des voyageurs de commerce. Le Con- seil des Etats !propose de ne pas sténogra- phier la suite de la discussion. M. Lachenal demande qu'on l'invite à revenir sur cette décision. M. Speiser fait remarquer que le Conseil des Etats a pris une décision illégale.

Par 54 voix contre 48, il est cependant décidé d'y adhérer.

NOUVKLLES DIVERSES

I i i i o n p o s t a l e u n i v e r s e l l e . — La légation autro-hongroise à Berne a donné connaissance au Conseil fédéral, par noie du 29 mai 1892, de l'accession de la république de Haïti et, par note du 9 courant, de celle de la colonie britannique de Natal à la con- vention postale universelle de Vienne, du 4 juillet 1891.

Par note-circulaire du 13 de ce mpis, le Conseil fédéral a informé tous les Etats de l'Union de ces deux adhésions.

U n e p e n d u l e e n v e r r e . — On peut voir à la devanture d'un magasin d'horlogerie de Leipzig une pendule avec sonnerie, dont, à l'exception des ressorts, tout le reste — la boîte, la pendule, le mécanisme tout entier et les touches — est en verre. Cette œuvre d'art est l'objet de l'admiration générale.

Procédés industriels

D é r o u i l l e r l e s o b j e t s n i c k e l é s . — Par suite de la grande extension qu'a prise le nickelage, il peut y avoir intérêt à con- naître un moyen pratique pour enlever la rouille qui se produit sur les objets nickelés.

On graisse d'abord la surface rouillée, et on la frotte quelques jours plus tard avec un chiffon imbibé d'ammoniaque. Si quelques taches subsistent, on y met avec précaution un peu d'acide chlorhydrique étendu, qu'il faut essuyer immédiatement. Ensuite on lave à l'eau, et une fois la surface sèche, on la polit avec du tripoli.

M ë e n e s d e l a m p e . — Voulez-vous rendre plus brillante la lumière de votre lampe, sans pourtant augmenter d'un iota la consommation du combustible? Ne vous ser- vez que de mèches que vous aurez fait trem- per dans du vinaigre jusqu'à complète satu- ration, et sécher ensuite jusqu'à ce qu'elles ne conservent plus trace d'humidité.

Cette observation s'applique à toutes les lampes, qu'elles soient à l'huile végétale, à l'huile minérale ou à l'esprit de vin.

(Science pratique.)

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LA FÉDÉRATION HORLOGERE SUISSE 209

L'avenir du socialisme en Allemagne

Les deux célèbres leaders des socialistes allemands, MM. Auguste Bebel et Paul Singer, ont une sainte horreur du reportage en général et des reporters des journaux en particulier. Les représentants des journaux les plus répandus trouvent la porte de ces messieurs invariablement fermée. C'est donc une bonne fortune très iare que de pouvoir mettre la main sur une entrevue authentique des deux leaders allemands.

Il était écrit qu'en arrivant à Londres MM.

Bebel et Singer n'échapperaient pas au sort réservé à toute célébrité qui débarque dans l'île où fleurit le reportage, et ils ont été in- tervhvés.

Voici cet intéressant interrogatoire, tel que le reproduit la PaIl Mail Gazette :

— Quelle est la situation que le parti des socialistes démocrates occupe en Allemagne?

— C'est, repond M. Singer, le parti le plus fort en Allemagne. Aux dernières élections, malgré la pression exercée contre nous par le gouvernement e£ les patrons, — la loi anti- socialiste était encore en vigueur — nous avons eu 1,427,000 voix. Le parti catholique en avait 1,350,000 et nous avons gagné beau- coup de voix surtout dans les districts exclu- sivement ruraux.

— Combien de membres comptez-vous au Reichstag ?

— Trente-six, mais nous en aurions quatre- vingts si le système électoral ne nous était pas contraire ! Cependant le parti socialiste attache beaucoup plus d'importance au nom- bre de voix recueillies qu'au nombre de sièges gagnés. Les élections nous importent surtout comme moyen d'agitation et de pro- pagande.

— Quelles sont vos espérances pour les prochaines élections ?

— Nous aurons pour nous deux millions et demi de voix. Notre parti est le seul qui désire la dissolution. Tous les autres partis la redoutent.

— A la fin de ce siècle, ajouta Bebel d'une voix ferme, nous sommes sûrs d'avoir pour nous la majorité en Allemagne.

— Croyez-vous à la possibilité d'une nou- velle loi antisocialiste?

— Cela dépendra du coursdes événements.

Mais quelles que soient les mesures que le gouvernement puisse prendre, elles seront impuissantes à enrayer le mouvement.

— Comptez-vous sur l'aide de l'empereur?

— Non. Il est possible que ses intentions soient bonnes, mais les petites concessions qu'il a faites ou qu'il fera ont pour but uni- quement d'empêcher les ouvriers qui ne sont pas encore socialistes d'entrer dans le mou- vement. Il va sans dire que « monarchie so- cialiste » sont deux termes contradictoires.

Lors même que l'empereur voudrait nous accorder ce que nous demandons, la bour- geoisie, sur laquelle l'empire repose, s'y op- poserait.

— Quelle est votre situation à l'égard des anarchistes.

— Il n'y a pas de parti anarchiste en Alle- magne. Seulement quelques individus four- voyés et un grand nombre de mouchards.

— Vous attendez-vous à pouvoir faire tri- ompher vos idées sans employer la force ?

— Cela dépendra des classes dirigeantes bien plus que de notre parti. Je doute qu' elles restent les bras croisés à nous regarder croître en force chaque jour et qu'elles con- sentent à se laisser exproprier sur le terrain politique.

Les moindres concessions que nous accor-

de la classe moyenne sont d'une grande va- leur pour nous en ce qu'elles nous permet- tent d'instruire etd'organiser les travailleurs, mais ne sauraient nous servir de jalons pour la reconstruction de la société. On devrait d'ailleurs se défaire ζ vant tout de l'idée en- fantine que les soi-disant chefs peuvent dé- créter la révolution. Jamais une révolution ne s'est accomplie sur un mot d'ordre.

Les révolutions ont toutes été l'œuvre du peuple lui-même. Cependant nous ne comp- tons pas sur une victoire remportée par un soulèvement spontané des classes ouvrières en Allemagne. Quand les classes dirigeantes verront que le mouvement des classes labo- rieuses devient sérieux, elles chercheront à l'enrayer par une rébellion réactionnaire.

Elles n'attendront même pas que nous ayons la majorité au parlement. Longtemps «avant, nous les verrons employer la force contre nous. »

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