C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
A LBERT B URRONI
T -catégories (catégories dans un triple)
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 12, n
o3 (1971), p. 215-321
<http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1971__12_3_215_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1971, tous droits réservés.
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T - CATEGORIES
(Catégories dans
untriple)
par
Albert BURRONI CAHIERS DE TOPOLOGIEET GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
Vol. XII,3
En hommage amical
à
José Luis Viviente
Introduction.
Si T est un
triple
sur unecatégorie IS,
les T-catégories
sont desstructures
plus générales
que les T-algèbres;
ellescorrespondent
au pas- sage de «lois partout définies» à des «loispartiellement
définies»(en
unsens très
large d’ailleurs)
etenglobent
ainsi des structures aussi diverses que lestopologies
et lescatégories.
Manes avait montré dans
[Ma]
que lacatégorie
des espacestopolo- giques
compacts était unecatégorie
de T-algèbres,
où T est letriple
desultrafiltres
sur é
= Ens . Ceci avait conduit Barr dans[Ba]
à définir les«relationnal
T-algebras»,
de sorte que lacatégorie
des espacestopolo- giques
soit unecatégorie
de «relationnalT-algebras».
Mais Barr semblaitdéçu
de ce que, en dehors de ce casparticulier
et de celui despréordres
relatifs au
triple identique,
il y ait peud’exemples. Indépendamment,
lenouveau
système
d’axiomes destopologies
que nous avions donné dans[Bu]
nous conduisait à une idée voisine(malheureusement
avec letriple
des filtres... mais notre but était de situer les
topologies parmi
lesquasi- topologies) qui
consiste à voir lestopologies
comme une notionanalogue
aux
préordres (il
estsignificatif
d’ailleurs que la structure detopologie
finie soit
équivalente
à celle depréordre fini).
Mais cette idée devait nousconduire à chercher à passer des
préordres
auxcatégories
et nous avonstrouvé dans les définitions de Bénabou
[Be]
descatégories
à l’aide despans ce
qu’il
nous fallait pour définir lesT -catégories.
Nous montrons(proposition I . 2 . 4)
que les «relationnalT - algebras&
sont obtenues commecas
particulier:
celui desT-préordres (qui
sont auxT-catégories
ce quesont les
préordres
auxcatégories).
Le
plan général
de cet article est le suivant: Unchapitre
0 est con-sacré à des détails de
terminologie.
Lechapitre
I donne d’abord une défi- nition desT -catégories qui
met en évidence leur rapport avec lescatégo-
ries :
si iS - Ens ,
lesmorphismes
d’uneT-catégorie’ apparaissent
non pascomme des flèches allant d’un
objet
vers un autreobjet mais
comme desflèches allant d’une structure sur les
objets
vers unobjet.
Ainsi une «con-vergence» dans une
topologie
peutêtre représentée
comme une flèche F-xallant d’un filtre vers un
point.
Il est facile de constater alorsqu’il
fautque ces structures soient données par l’endofoncteur d’un
triple
pour pou- voir définir lespropriétés
deréflexivité, transitivité,
neutralité et associa- tivité d’uneT-catégorie.
Ensuite nousdéveloppons quelques propriétés générales:
cellesqu’on
peut obtenir sans faired’hypothèse
sur letriple T ,
essentiellement l’existence de limitesprojectives
et fibration du fonc-teur d’oubli
vers 6 (ce qui
nous permet, en passant, de résoudre le pro- blèmequi
consiste àplonger
universellement le foncteur d’oubli desT -al-
gèbres
dans un foncteurfibrant).
D’autrespropriétés
telles que l’existence de limitesinductives, adjonction
au foncteur d’oubli vers lesT-graphes (l’analogue
du théorème de Stone-Cech - Barr),
ou cofibration du foncteur d’oublivers iS
ne pourrontêtre
obtenues que si on suppose que letriple
T soit «borné».
Le
chapitre
II est consacré essentiellement à deuxinterprétations
des
T-catégories,
d’une part comme monades(ou
monoides si onpréfère)
de la
«pseudo-catégorie
de Kleisli» et d’autre part commepseudo-algèbres
de la
«bicatégorie
des spans».Le
chapitre
III donne diversexemples
dont leplus développé
estcelui des
multicatégories (qui généralisent
celles définies par Lambekdans
[La]).
Pour cela nous avons été amené à étudier dans les sections III. 1 et III.2 le casparticulier
où T est untriple
«fortementcartésien»,
ce
qui
permet non seulement la construction de T-catégories
libres sur lemodèle habituel des monoides libres
(voir l’appendice),
mais donne unedescription
maniable de cette structure. Nous améliorons ainsiquantitati-
vement les
exemples
donnés parBarr,
et d’ailleurs nous étudieronsplus
tard d’autres
exemples utiles,
mais ceproblème
nousapparaît
moin simpor-
tant dans la mesure où notre définition nous semble
plus naturelle
et de por- téeplus générale.
Le
chapitre
IV est consacré d’abord à ladescription
de divers casparticuliers
deT-foncteurs,
parexemple
lesT -foncteurs
étales(ou
«à fi-bration
discrète»), puis
à unegénéralisation,
lesT-profoncteurs qui
donnentune
approche
des T -transformations naturelles.Dans un
prochain travail,
nous définirons lesT -catégories
tenso-rielles
qui
donneront diverses formules «decohérence»,
enparticulier
cellesdes
«pseudo- catégorie s»
introduites auchapitre
II. Nousespérons également
faire une étude
homologique
sur ces structures.Je voudrais,
enterminant, exprimer
mes remerciements à Madame Bastianiqui
m’aencouragé
àdévelopper
cesujet
etqui
a relu lemanuscrit,
ce
qui
m’apermis
decorriger
de nombreusesimperfections
etparfois
deserreurs.
SOMMAIRE
0. Terminologie
0. 1.
Catégories ...
10.2.
Triples ...
51. Propriétés générales des T -catégories. I. 1. T-catégories ...
7I . 2. T -préordres
... Il1.3. Propriétés (limites projectives, fibrations,...) ...
14II. Pseudo-algèbres
etMonades.
II. 1.P seudo-catégories
... 25II . 2.
Pseudo-catégorie
desT -spans
... 30II . 3.
Deuxinterprétations
desT -catégories ...
39II . 4. Catégorie pseudo-monoidale
et fibration deGr(T)
.... 44III. Exemples.
III . 1.T -catégories
libres(cas particulier)
... 49III.2.E-catégories ...
52III.3.Multicatégories
... 58III . 4.
Catégories d’ opérateurs ...
68III. 5. Hypertopologies ...
72IV. T
-foncteurs.
IV . 1.Terminologie
... 74IV.2.(T,S)-foncteurs ...
77IV . 3.
T -profoncteurs
etT -transformations
naturelles ... 80Append i ce.
1. Monades libres dan s lescatégories
monoidales dénombrable- ment distributives ... 832. Généralisation à certaines structures
algébriques ...
923. Théories et
multicatégories
... 100Bibl iographie
0. TERMINOLOGIE
Les
catégories généralisent
à la fois les monoides et lespréordres;
il en résulte deux sortes de définitions des
catégories (et
deux choix de foncteurs d’oubli vers lesensembles).
Le choix de ces définitionsdépend
surtout de nécessités
pratiques
ou desgénéralisations qu’on
désire obtenir.Les rapports entre ces deux définitions peuvent s’éclairer par les notions de monade et de
polyade
deBénabou [Be].
Une telle situation se retrouvera à propos des diverses structures
que nous
introduirons,
et nousappellerons respectivement
définitions«glo-
bales» et «locales» ces deux types de définitions. Les
rappels
ci-dessousont seulement pour but de nous permettre de
préciser
laterminologie
et denous fournir un modèle de définition
«locale>>, mais,
bienentendu,
nous sup- posons connus les éléments de la Théorie desCatégories
et desTriples
et ce
chapitre
peut être parcoururapidement.
0. 1. Catégories.
Une
cat égorie
est unquadruplet ( le L Home,
l,K )
vérifiantles conditions 1 à
6
ci-dessous:1° lC 1
est unensemble;
ses éléments sontappelés objets
deC.
2°
Home
est une famille d’ensembles(que
nous supposerons dis-joints
entre eux etdisjoints
delC 1 -ceci,
afin desimplifier
les construc-tions ;
mais c’est rarement le cas enpratique
et, enthéorie,
ce n’est pasindispensable).
Cette famille est indexée parle 2
et les relationss’ expriment simplement
en disant que/: e -
e’ est unmorphisme ( de C);
on
appelle
e la sourcede f
et e’ le but def.
30
t est une familled’applications
de la formeoù l’indice e parcourt l’ensemble
le 1.
On noteraid (e) , ide ,
ou mêmesimplement
e , lemorphisme i ( e)(O) :
e - e.(C’est
une manièresophisti-
quée’ de
se donner une famille demorphismes ide :
e - e, où e Ele 1).
40 K est une famille
d’applications
de la formeoù l’indice
( e" , e’ , e )
parcourtl’ensemble lCl3.
On notera engénéral g . f
lecomposé,
c’est-à-direl’image
par une telleapplication,
d’un cou-ple ( g, f).
50 Si
f: e - e’
est unmorphisme de C ,
on a60 Si
f:
e - e’ , g : e’ -’ e" , h : e"’ - e"" sont troismorphismes-
«consécutifs»
de C,
on ace
qui
permet de noter h . g .f
cemorphisme.
Un
couple ( lC l, HomC)
vérifiant’ 1 et 2 estappelé graphe;
un tri-plet ( 1 e l, Home, l)
vérifiant1,
2 et 3 estappelé graphe pointé,
et on ap-plique chaque
fois laterminologie correspondante
de1,
2 et3.
On dit que
F :C -C’
est unfoncteur si C
etCI
sont deux caté-gories
et F uncouple ( 1 F l, , Fl)
tel que:l’°
IF I: 1 e 1 lC’ 1
est uneapplication.
On noterasimplement
F( e) l’objet IF 1(e),
pour tout e E1 e I.
2’°
FI
est une familled’applications
de la formeF1 ( e’, e) : HomC( e) - Home, ( F( e’), F( e)) ,
où l’indice
( e’ , e )
parcourt l’ensemblelC l2 .
Sif : e - e’
est unmorphis-
me
de C,
on notesimplement F ( f )
au lieu deF1( e’ , e ) (f) .
On a On a
morphismes
consécutifsde C.
Une
transformation
naturelle I:F - F’,
oùF: e --+ e’
et F’:C - C’
sont des foncteurs de
même
source et de mêmebut,
est donnée par unefamille de
morphismes
deC’
de la formeI( e) : F( e) - F’ ( e) ,
où l’indice? parcourt
l’ensemble lC 1
telle que pour toutmorphisme f :
e - e’ deC
on ait la relation
1 ( e’ ) . F (f)
=F’ ( f ) . I ( e ) .
On noteraC’e
lacatégorie
habituelle dont les
objets
sont les foncteursF : C -C’
et lesmorphismes
les transformations naturelles entre ces foncteurs. La loi de
composition
dans
C’C
emprunteragénéralement
sa notation à celle deC’ ,
cequi
ris-que de
produire
une confusion: Eneffet,
siF: C-C’
et G :C’-C"
sontdeux foncteurs
consécutifs,
on note G.F: C -C"
lecomposé
habituel.Une telle
composition
s’étend aux transformations naturelles: si I : F - F’est un
morphisme
deC’C
etJ :
G - G’ unmorphisme
deC"C’ ,
on définitun
composé J .
1: G . F - G’ . F’ par la formule:Mais la notation par un
point
de cettecomposition risque
de se confondreavec la
composition
dansCC lorsque
parexemple e = C’ - C"
et que lacomposition
est notée par unpoint dans C. Aussi,
bien que nous notionsen
général
par unpoint
lescompositions
de«morphismes
entre structures»,on notera souvent
J
I lecomposé J .
Ici-dessus,
de sorte que, par exem-ple,
on peut écrire:De
même,
on notera souvent F e,FI,
I e au lieu deF( e ) , F (f) , I ( e ) ;
cette convention est surtoutemployée lorsque
la conventionprécé-
dente sur la
notation JI
au lieu deJ .
1 est envigueur.
Sur les
l imites,
nousadopterons
laterminologie
suivante: Si e ElC l
et
si o: A -E
est unfoncteur,
on dit queC : e -o
est un côneprojectif
si C est une famille de
morphismes de 6, appelés projections canoni ques
de
C ,
de la formeC( n ) : e - o(n)
pour tout nE lAl,
telle que, pour toutmorphisme
x.- n -n" deA,
on aito(x). C(n)
=C(n’).
On dit que le côneprojectif
C est une limiteprojective,
ousimplement
que e est la li- miteprojective
deo, si,
pour tout côneprojectif
de la forme C’ : e’ -o ,
ilexiste un et un seul
morphisme f:
e’-’ ede 6
tel queC’ ( n )
=C ( n ) . f
pour tout
n E I A I .
Onappelle f
le crochet de C’confronté
à(ou
parrap- port à)
la limite C . Cetteterminologie
est souvent modifiée pour des limi-tes
particulières: produits, produits fibrés, diagrammes
divers. Par exem-ple,
on dit que lediagramme
commutatif suivantest un carré
cartésien,
ou encore unproduit fibrét
ou encore que( v1 , v2)
est un
produit
fibré de( f , g) ,
ousimplement que 7T
est unproduit
fibréde ( f , g ) ,
si la relationf . f’
= g .g’ dans E entraîne
l’existence et l’uni- cité d’un crochet h tel quef’
=vl. h
etg’ = v2. h .
On fait des conven-tions
analogues
sur les limites inductives - maisl’expression «projection canonique)
doit alors êtreremplacée
parinjection canonique.
On dit queE
admet des A-limitesprojectives,
parexemple, si,
pourtout o
E16A l,
il existe une limite
projective
C :e -o;
et si on a choisi une telle limite pour toutcjJ,
on ditque E
est muni d’un choixcanonique (ou officiel)
deA-limites
projectives. On
fait des conventionsanalogues
pour lesproduits fibrés,
les limitesinductives,
etc.... Souvent un tel choix estclassique
etse fait tacitement.
Nous ne reviendrons pas sur la notion de foncteur commutant avec
des
limites,
ni sur celle de limites commutant entreelles;
ces notions sontassez claires.
Rappelons
que, siC : o- e
est un côneinductif, où 1:;: A - é
estun
foncteur,
sif:
e’ -’ e est unmorphisme de é
et si on peut former pourtout n
E 1 A 1
unproduit
fibréalors la famille
o’ (n)
seprolonge
en un foncteuro’ : A -E
entièrement déterminé par la condition que t:o’ -o et
soit une transformation naturelle.On dit que le
cône
C’ :qb’
- e’ est obtenu par lechangement
de basef,
et on le note
parfois f *C .
On dit quedans E
les A-limites inductivessont universelles
si, chaque
fois que C est uneA-limite
inductive et que C’existe,
alors C’ est uneA-limite
inductive.0.2. Triples.
Soit Cg
unecatégorie.
On dit que T= (T,I, K)
est untrip le
surê
siT : E- E
est unfoncteur,
I :idg - T
et K : T T - T deux transfor-mations naturelles telles que
On dit que
( M , m) : T - T’
est unmorphisme
detriples
si T =( T ,
l,K)
est un
triple sur ê,
T’ =(
T’ ,l’ , K’ )
untriple
sur une autrecatégorie E’, M ; é - IS’
un foncteur et m : T’ M - M T une transformationnaturelle,
tels que:
En
général, lorsqu’il n’ y
a pas derisque
deconfusion,
les notations I etK seront les mêmes pour tous les
triples.
On dit que le foncteur
F: E- E
est unfoncteur adjoint
du fonc-teur
U : E -E
s’il existe deux transformations naturelles I :idE -
U Fet I :
F U - idg
telles quePour
tout
, onappelle
1 emorphisme d’adjonction
associé à e ; pour tout e ElEl
, onappelle
1 ëmorphisme
decoadjonction
associé àe;
On montre que
T = ( UF , I , UIF)
est untriple sur E:
on ditqu’ il
est dé-duit du
couple d’adjoints ( F, U) ;
ildépend
du choix(tacite
engénéral)
de 1 et de l.
Rappelons
que, si T est untriple
sur5;,
on noteAlg( T )
la ca-tégorie
des T-algèbres:
UneT-algèbre
sur e ElE 1
est unmorphisme
dede 5;
de la forme b : T e- e tel queUn
morphisme f :
b - b’ deAlg( T)
est défini par unmorphisme f :
e - e’de 5;
telque b
soit unealgèbre
sur e , b’ unealgèbre
sur e’ et queOn note
Kl( T)
lacatégorie
de Kleisli deT :
elle a les mêmesobjets
que6
et unmorphisme 9:’e - e’
deKl (T)
e st unmorphisme
g : T e - T e’ deE
tel que g : K e - K e’ soit unmorphisme
deAlg ( T ) . Rappelons qu’il
revient au même de se donner un
morphisme
b : e - Te’ et que lecomposé
de h avec un deuxième
morphisme
h’ : e’ - Te" dansKl( T)
estéggl
àKe" . Tb’ . b : e - T e" . Les foncteurs d’oubli
Alg ( T ) - 6
etKl (T) - E
(ce
dernier foncteur associe aumorphisme
g : e -e’ deKl ( T )
lemorphis-
me g: T e - T e’
de 6)
admettent desadjoints
et T est letriple
déduitde chacun de ces deux
couples d’adjoints.
Rappelons
enfin que, si T est letriple
déduit d’uncouple
d’ad-joints (
F ,U ) ,
on a undiagramme commutatif;
les flèches horizontales étant de
plus uniques lorsqu’elles
rendent commu-tatif le
diagramme
obtenu enremplaçant
les trois foncteursvers 6
par leursadjoints.
Lefoncteur E - Alg( T) s’appelle
lefoncteur d’Eilenberg-
Mooreassocié à
(F, U),
ousimplement
à U.Lorsque
ce foncteur est un isomor-phisme,
on dit que U esttriplable.
Parexemple,
le foncteurd’Eilenberg-
Moore
Kl(T) - Alg(T)
estpleinement fidèle,
mais pastoujours injectif.
I. PROPRI ETES GENERALES DES T -CATEGORI ES
Nous allons
remplacer
lemorphisme
b : Te - e d’uneT -algèbre,
où T est un
triple
sur unecatégorie &,
par un span, c’est-à-dire par uncouple
demorphismes de é
demême
sourceet définir la notion de
T -catégorie
enajoutant
des données et des condi-tions sur ce span, de
façon
àgénéraliser
la notion de «relationnalT-alge-
bra» de Barr
[Bal .
Nous verrons auchapitre
II que cettegénéralisation
estnaturelle;
ci-dessous nous nousinspirons
de la définition«globale.
d’unecatégorie
pour choisir nos axiomes.1 -
1.T -catégories.
Dans tout le reste de ce
chapitre, 6
sera unecatégorie
admettantdes
produits
fibrésfinis,
et T =( T ,
l,K )
untriple sur E.
Un T
-graphe
sur unobjet
e lEl est uncouple (
b,a) ,
oùsont deux
morphismes de E.
Un
T -graphe pointé
est untriplet ( b,
a,i)
tel que(°
b,a)
soit unT -graphe
sur e et i : e - 7T unmorphisme de 5:
tel que:Formons alors un
produit
fibré de( a , T b ) :
Les relations
entraînent
l’existence de crochetsi 1 , i2 :
TT- TT2
tels queFormons alors un
produit
fibrémorphisme
vérifiantles relations
entraînent
l’existence de crochetski
,k2 : TT3 - TT2
tels que:FIGURE 1
Une
T -catégorie
est,alors,
unquadruplet 0
=(
b, a, i,k)
tel que( b, a, i )
soit unT -graphe pointé
et vérifiant deplus
les axiomes(4), ( 5),
( 6 )
et,ci-dessous, (7) et (8):
(8) k . k1 = k . k2 «(associativité»).
REMARQUE. En
réalité, 0 dépend
du choix desproduits
fibrés(v1, v2 )
et
(w 1 ’ w2)’
et onappellera
cescouples
lesproduits
fibrés associés àla
T -catégorie e ;
leur donnée est sous-entendue dans lequadruplet (
b, a ,i ,
k ) .
Onappelle respectivement b
et a lemorphisme
but et lemorphisme
source de
6; l’objet
e sera notéle 1
etappelé objet
desobjets, l’objet
7T sera
appelé objet
desmorphismes.
Plusgénéralement 7T n
, pour n =0, 1,2, 3 ,
où7TO
= e etTT1
= 17, estappelé objet
des chemins delongueur
nde
0 . (Toute
cetteterminologie
peut aussis’appliquer
à unT -graphe.) Lorsque 6
est muni d’un choixcanonique
deproduits
fibrés et que(v1, v2 )
et( wl , w2 )
sontcanoniquement choisis,
on ditque 0
est uneT
-catégorie canonique (ou officielle).
Enfait,
dans le casoù E
est muni d’un telchoix,
il sera sous-entendu que laT -catégorie
estcanonique,
etnous le
signalerons explicitement
s’il n’en est pas ainsi. Il est évidentqu’à
toute T-catégorie
noncanonique
est associée une T-catégorie
cano-nique
ayant mêmeT-graphe sous-jacent
etqu’il
y a unisomorphisme (voir
la définition de
morphisme qui suit) unique
entre elles.Inversement,
sie
est une
T -catégorie canonique,
tout autre choix des deuxproduits
fibrésci-dessus fournit une et une seule
T -catégorie
noncanonique qui
lui estisomorphe.
Cette remarque sera tacitementappliquée
à d’autres structuresanalogues.
Si e
=( b, a)
et0’= ( b’ , a’ )
sont deuxT -graphes,
unmorphisme f
dee
verse’ ,
aussi noté(f0, f1) : 0 -0’,
est déterminé par uncouple
de
morphismes f0 :
e - e’,f1:
7T -TT’de IS
entre lesobjets
desobjets
etles
objets
desmorphismes,
vérifiant les relations:fo
est encore notéÎ f 1
etappelé morphisme sous-jacent
àf.
Si
0 = ( b, a, i )
et0 ’ = ( b’ , a’ , i’)
sont deuxT -graphes pointés,
un
morphisme ( /0, fl ) : 0 - 0’
est défini par unmorphisme
desT -graphes
sous-j acents
vérifiant deplus:
Enfin,
soient0 = ( b , a , i , k )
et0’= ( b’ , a’ , i’ , k’)
deux T - ca-tégories ;
si(f0, f1)
définit unmorphisme
desT-graphes pointés
sous-j acents,
il existe deux crochetsf2 : TT2 -TT2
etf3 :TT3 -TT’3
caractérisés par les relations:où
(v1 , v2 ) , ( w1 , w2 )
sont lesproduits
fibrés associés àe
et( v1 , v2 ) , ( wj , w2)
ceux associés àe’ . Alors ( f0 , f1)
définit unmorphisme
deT -
catégories,
ouT - foncteur, ( f0 , f1): 0 -0’
side plus:
Soit
2
lacatégorie
réduite à deuxobjets
0 et 1 et un seulmorphis-
me 0 - 1 autre que les deux
morphismes identiques.
Unobjet de 6
estidentifié à un
morphisme
deê,
et( g, g’ ) : f- f’
est identifié à un mor-phisme
de&2,
si g,g’, f , f’
sont desmorphismes de é
tels que l’on aitf’ . g’ =
g .f . Si iS
admet desproduits fibrés,
il en est de mêmede E 2
et, si T =
( T ,
I,K )
est untriple sur 6 ,
on en déduit untriple T2
sur&2 ,
oùT 2 = ( T2 , I2 , K2 ) ,
comme on le ferait pourn’importe quelle
caté-gorie
depréfaisceaux ( i. e.
defoncteurs)
à valeursdans E.
Sif :
e - e’est un
morphisme de &,
donc unobjet
deE2 ,
on aT 2 f
=Tf, et 12 f , K2f
sont les
morphismes
deê
suivants:Si
( g, g’ ) : f - f’
est unmorphisme
deiS2
, sonimage
parT2
sera, pardéfinition,
lemorphisme ( T g, T g’ ) : T f - T f’
de&2.
P RO P O SITION I. 1. 1. Une
T2 -catégorie
estidentifiable à
unmorphisme
de T
-catégories.
P R E U V E . La
démonstration, élémentaire,
est laissée aulecteur; -indiquons simplement
que, si( f0, fl ): 0 - 0’
est unmorphisme
deT-catégories, f0
est
l’objet
desobjets,
etf, l’objet
desmorphismes
de laT2-catégorie
associée.
On peut faire des remarques
analogues
pour lesT -graphes
et pourles
T -graphes poi ntés.
Si l$
est munie deproduits
fibrés finisofficiels,
on noteraGr( T )
et
Cat ( T )
lescatégories
ayantrespectivement
pourobjets
lesT -graphes
et les
T-catégories
officiels.Lorsque E
admet desproduits
fibrés finissans
qu’on
en aitchoisi d’officiels,
on note encorequelquefois Gr( T )
etCat( T )
lescatégories (équivalentes
auxprécédentes) de
tous lesT-gra- phes
et de toutes lesT-catégories, respectivement.
Les lois decomposi-
tion dans ces
catégories
sont évidentes.I. 2.
T-préordres.
Un
T -graphe régulier
est un T-graphe ( b, a)
tel que les relationsentraînent f
=f’ .
Un T-préordre
est une T-catégorie
dont legraphe
sous-j acent
estrégulier.
PROPOSITION I . 2 . 2. Si
(b, a)
est unT -graphe régulier,
el’objet
desobjets, TT l’objet
desmorphismes, TT2
la source d’unproduit fibré
de( a, T b)
et i : e - 7T, k :TT2 --TT
deuxmorphismes de E vérifiant
les seuls axiomes( 1)
et( 4)
de 1. 4, alors( b,
a, i ,k)
est un T-préordre.
Deplus
les conditions
( 2’)
et( 3’)
sontconséquences
de( 1’ ) pour
unmorphisme
vers un T
-p
réordre.P R E U V E . Il faut montrer que les axiomes de neutralité et associativité
(7)
et
( 8 )
deI . 4
sontautomatiquement satisfaits. ( b, a )
étantrégulier,
lesrelations
se ramènent aux
égalités
suivantes:En
effet,
et de même
ce
qui
démontre(a) .
et
ce
qui
démontre( /3) .
d’où
(’y).
Enfince
qui
démontre(d).
La vérification de la dernière affirmation de la pro-position
est aisée. sCette
proposition
permet d’identifier unT-préordre
auT-graphe sous-jacent
et de noterquelquefois ( b, a)
au lieu de( b,
a, i,k )
un T -préordre.
Parmi lesT -préordres,
nousdistinguerons beaucoup
de cas in-téressants suivant les
propriétés
de a et b(voir
desexemples au chapitre IV).
Limitons-nous à constater le fait suivant:PROPOSITION I.2 . 3. Une
T -algèbre b
sur es’identifie à
unT -préordre
( b, a)
tel que a =idTe
etréciproquement.
P R E U V E . C’est tout à fait
évident, puisque
la rel ation a =idT e
entraîneOn notera
Ord (T)
etAlg( T)
lessous-catégories pleines
de lacatégorie Gr( T )
ayantrespectivement
pourobjets
lesT -préordres
et lesT-algèbres.
Nous venons de voir queAlg( T )
s’identifie à lacatégorie
habituelle des T
-algèbres.
Deplus, lorsque E
= Ens est lacatégorie
desensembles associée à un
univers,
on a:PROPOSITION I . 2 . 4 .
Si Cg - Ens,
lacat égori e Ord( T) est équivalente
à la
catégorie
des «rel ationn al T-algebras»
de Barr[Ba].
P R E U V E . Une «relationnal
T -prealgebra»
e st une relation r : T e - e . Flleest définie par une
partie 7T
dee X T e , qui
définit unT -graphe régulier ( b, a)
obtenu en prenantpour b
et arespectivement
lescomposés
del’inclusion 7T --+ e X Te par les
projections
e x T e - e et e x T e - T e . C’est une «relationnalT-algebra»
si elle vérifie deplus
les conditions:où
T r:
T T e - T e est la relation définiepar l’ensemble
On identifie toute
application f :
e - e’ à une relation et on noterason
«graphe».
Nous allons montrer que(
b,a)
est unT -préordre.
Pour tout x E e, posons
i ( x ) = ( x , I e ( x ) ) ;
on ai(x) E TT,
card’ après (1),
comme( x, x) E ide ,
il existe y E T e tel queet,
puisque
I e est uneapplication,
on ay = I e (x) ,
donci (x) E TT,
et i : e -TT est uneapplication
telle queUn élément
( ( x, y ) , m )
duproduit
fibré7T 2
de( a, Tb)
est carac-térisé par les relations
(
x,y)
E 7T,m E T TT et y = Tb ( m) .
Posonsce
couple
est un élément de 7T . Eneffet,
comme(Tb (m) , T a( m)) E TT,
l’ axiome(2) entraîne
que( x,
Ta( m))
E r.K e ,
donc il existe y E T e tel que(x, y) E 1T
et(y, Ta (m))E Ke.
Comme K e est uneapplication,
onen tire y = K e . T
a( m) ,
cequi
montre que k((
x,y) , m)
E TT et quel’ap- plication k :TT2 -TT
vérifie les conditions:Ceci, d’après
laproposition
1 . 4 .2,
achève de montrer queb, a)
est unT -préordree.
1 .3. Propriétés (limites projectives, fibrations,... ).
On a une suite de foncteurs d’oubli
Les deux
premiers
sont des inclusionspleines,
le troisième est fidèle etle dernier ne l’est pas en
général.
P R O P O SIT IO N I . 3 . 5.
Si Cg
admet des A-limitesprojectives,
il en est demême des
catégories figurant
dans la suite(*)
et lesfoncteurs
de cettesuite commutent avec ces limites.
P R E U V E . Nous montrerons d’abord comment construire une limite
projec-
tive pour un foncteur
o: A -Cat (T).
Achaque symbole d’ obj et
x surla
figure
1(1.3) correspond
un foncteurévident, qu’on
noteUx: Cat( T) --E,
qui
associe à touteT-catégorie 0 l’objet
noté x sur cette mêmefigure
1.Ain si
et à
chaque symbole
demorphisme E :
x -x’ sur lafigure
1 est associéeune transformation naturelle
UE: Ux - Ux ,
telle queUe ( 0) =E.
On poseainsi,
pour tout nE 1 A l
, on aSi x.-
A -E
est unfoncteur,
on noterapxn: lim x - x (n)
la n-ièmeprojec-
tion
canonique
de cette limite. De mêmesi E
x --+ x’ est une transforma- tionnaturelle,
on notelim E:
lim x - limx’l’unique morphisme de 8;
tel quelim E.pxn = px’n. E (n)
pour toutnE lAl. On pose e=lim ê.
~ Dans un travail ultérieur, nous considérerons la
figure
1 comme«l’esquisse»
desT-catégories,
ces dernières n’étant que des «réalisations» de cette«esquisse»
mu-Soit
mTe l’unique morphisme (appelé
encorecrochet) qui
*résultede la
propriété
de la limiteprojective lim T e ,
tel quepTen. mTe = Tpen
pour tout n
E 1 A 1 .
Formons unproduit
fibré de( lim â, m T e ) :
On a
mTe.
1 e = lim 1 e . LeT-graphe ( b, a),
où b = lim b.m 7T
et où aest la
projection
définieci-dessus,
seprolonge
en uneT-catégorie.
Eneffet,
les relationsentraînent l’existence d’un crochet i : e -7T carartérisé par les relations
et alors
( b,
a,i )
est unT -graphe pointé.
Soit
772 TTT -lim T^TT
le crochet caractérisé par les relationspTTT.mTTT = TpTTn;
on montre que lim Tb.mTTT=mTe.Tb
en obtenant deségalités chaque
fois que l’on compose àgauche
par lespTen.
Il enrésulte,
puisque
les limitesprojectives
deproduits
fibrés restent desproduits fibrés, qu’il
existe un croc et m :TT2 -limTT2
tel queoù
(v1, v2 )
est leproduit
fibré de( a, T b ) .
Les relationsentraînent l’existence de k :
TT2
-7T tel queOn en déduit b . k = b .
vI.
Il ne resteplus qu’à
démontrer que( b ,
a, i ,k )
vérifie les axiomes de neutralité et
d’associativité,
ce que nous laissonsau lecteur.
Pour voir que
(
b, a, i,k)
est bien une limiteprojective,
supposons que( b’, a’ , i’ , k’ )
soit uneT -catégorie, (vj, v’2)
et( w’, w2 )
les pro-duits fibrés
associés, e’ ,
TT’,TT’2, TT’3 respectivement l’objet
des che-mins de
longueur
n = 0 , 1, 2,3,
et considérons un côneprojectif
de cettestructure vers le
foncteur o ; A-Cat (T).
Pour toutsymbole d’ obj et x
de la
figùre 1,
notonsqn : x’ -x(n)
la n-ièmeprojection
etqx
le crochetcaractérisé par
qn
=pxn . qx
pour tout n ElA l
. En composant par1 Te
à
gauche,
on constateque m T e. T qe = qTe,
doncce
qui implique
l’existence d’un crochetq :
7T’ -7T caractérisé par:On termine alors facilement la démonstration en montrant que
( qe, q)
dé-finit un
homomorphisme
de T-catégories.
La construction de limites
projectives
deT-graphes
et deT -gra- phes pointés
est,évidemment, «sous-jacente»
à cellequ’on
vient de faire.Il est alors immédiat que le foncteur d’oubli
Cat(T)- Gr(T)
commuteavec ces limites.
Enfin,
si dans la constructionprécédente
delimrp,
lesT -graphes (b ( n ) , a(n))
sontréguliers,
il en est de même de( b, a ) ,
ce
qui explicite
les limitesprojectives
dansOrd( T )
et, si lesa( n)
sont réduits à desidentités,
il en est de même de a ; donc le foncteur «inclu- sionpleine» Alg( T) - Ord( T )
commute avec ces limites.COROLLAIRE, Si T commute avec les A- limites
projectives,
la construc-tion
précédente
sesimplifie
et on a x = lim xpour
toutsymbole
x.P R E U V E. C’est tout à fait
immédiat, puisque
les A-limitesprojectives
deproduits
fibrés restent desproduits
fibrés(commutation
des limites pro-jectives
entreelles).
Si
U:E-E
est unfoncteur,
on ditqu’un morphisme i.
e’ -’ e de6
est U -cartésien(ou
est une U-injection,
dans laterminologie de [Eh])
si,
pour toutmorphisme
g : e" - ede é
et toute relationU (g) = U (f) . b dans E,
il existe un et un seulmorphisme
h : e" - e’de 9
tel que l’on ait h =U (b) .
On dit que U estfibrant si,
pour toute E lEl
et tout mor-phisme f : e’ - U(e)
de&,
il existe unmorphisme U -cartésien - - -
tel que