C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
C. A UDERSET
Adjonctions et monades au niveau des 2-catégories
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 15, n
o1 (1974), p. 3-20
<http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1974__15_1_3_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1974, tous droits réservés.
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ADJONCTIONS
ETMONADES
AUNIVEAU DES 2-CATEGORIES
par C. AUDERSETINTRODUCTION
Ce travail traite des notions
d’ adj onction
et de monade(ou triple)
au niveau des
2-catégories.
Comme résultatprincipal,
on montre que lesconstructions
d’Eilenberg-Moore ( [6] )
et de Kleisli( [9])
sont, à ceniveau, des extensions de Kan. Ainsi se trouve
résolu,
defaçon
défini- tivesemble-t-il,
leproblème (déjà
traitédans [12] et [13])
de la carac-térisation universelle de ces constructions.
Une
adjonction (resp.
unemonade)
est undiagramme
à deux di-mensions dans la
2-catégorie Cul
descatégories
et peut donc être con-sidérée comme un 2-foncteur d’une certaine
2-catégorie petite,
notée(tel
(resp. Jrip),
dansCat (§1).
Desdescriptions explicites
de ces 2-ca-tégories
sont données( § 2 ), qui expliquent
l’utilisationd’adjonctions
etet de monades en
algèbre simpliciale.
Dans la mêmesection,
onprésente
5àp
commesous-2-catégorie pleine
dead,
de telle sorte que la monade induite par uneadjonction
s’obtient enrestreignant à ÏnLp
le 2-foncteurdonné par
l’adjonction.
La section suivante est consacrée auxpropriétés
d’ autô-dualitê de la
2-catégorie &1.
L’extension de Kan à droite
(resp.
àgauche )
pour l’inclusion deJrip
dansfu
associe uneadjonction
à une monade. Le résultat annoncépl us
haut est alors le suivant: cetteadj onction
est donnée par la construc- tiond’Eilenberg-Moore (resp.
deKleisli) (§4).
A noter que l’on ne se contente pas de vérifier unepropriété universelle,
mais que l’on calcule effectivement l’extension deKan,
en utilisantquelques
méthodessimples, rappelées
dans leparagraphe
0.0.
Généralités
sur lescatégories
enrichies et les2-catégories.
A part
quelques précisions
sur laterminologie adoptée,
cette sec-tion
préliminaire
contient certains résultats utilisés dans lasuite,
maispour
lesquels
il a étéimpossible
de trouver dans la littérature une réfé-rence claire. On
désignera par C
unecatégorie
fermée([1] 1.9 ;
« sym- metric monoidal closed category»dans [5] Chap. III).
Un
v-foncteur R : a -> v
est ditreprésentable
parl’objet
A de laC-catégorie û
s’il existe unisomorphisme à-naturel a (A, - ) -> R ([1],
f1.11).
Nous aurons besoin de la version suivante du lemme de Yoneda([5] Chap.
1 Theorem 8.6):
0.1. Un
(j-foneteur R : (f - v
estreprésentable
par A si, et seulement si, il existe un élément a de l’ensemblesous-jacent
à R A([1]
1. 5 ou[51 Chap. I § 7 ) satisfaisant
à lapropriété
universelle : pour toutv- foncteur S : a -> v
et tout élément b de l’ensemblesous-jacent
à S A , ilexiste une et une seule
transformation 0-naturelle
t:R-S telle quet A (a) =b.
Admettons pour la suite
que 0
soitcomplète ( comme catégorie ordinaire ) .
On peut alors introduire la0-catégorie [M,C]
des0-fonc-
teurs de la
0-catégorie petite M
vers la0-catégorie C ([2] §4).
0.2. Des
0-foncteurs E : M -> 0
etF : lll - é
étantdonnés, l’objet
Hom M(E,F) de C
est défini par l’existence d’unisomorphisme 0-nua-
turel en C :
Cette notion de Hom
(formel) remplace
avantageusement les con- cepts decomplétude proposés jusqu’ ici
et permet enparticulier
unepré-
sentation commode de la fôrmule de Kan :
0.3.
Soient J : M -> M
etF : M - C
desZ3-loncteurs,
les0-catégories
M
etn
étantpetites. Supposons
quel’objet Hom M (M( N, J ), F) de C ,
que nous noterons
Ran J F ( N ),
existe pour toutobjet
Nde JI.
Alors ona un
isomorphisme 0-naturel
en GPour la
technique
dedémonstration,
voir[2] §6
ou[3]
I.4.2 .Quoique
laréciproque
ne soit pas nécessairementvraie,
mêmepour des
catégories ordinaires,
nousappellerons Ran J
F l’extension de Kan à droite de F lelong de J . (Dans
laterminologie
de[3] p.54,
ondevrait dire
«pointwise
Kanextension » . )
0.4. A noter que
Hom M (E, F) = [M, 0] ( E, F),
pour des0-foncteurs E : k - à
etF : M -> 0.
Parconséquent,
en utilisant les notations de0.3,
Ran J F (N)
est caractérisé par l’existence d’unisomorphisme 0-naturel
en C
puisque
0.5. Le
0-foncteur J: M -> M
est ditpleinement f idèl e
si lesmorphis-
mes M (M1 ,M2 ) -> M(J M1, J M2)
donnéspar J
sont desisomorphismes de0.
0.6. Sous les
hypothèses
de 0.3, la co-unité(Ran J F) J ->
F est unisomorphisme lorsque J
estpleinement fidèle ([2]
6.2 ou[3]
1.4.5).On peut même choisir
Ran J
F defaçon
que la co-unité soit l’identité.0.7. Les notions duales des
précédentes
sont celles deproduit
ten-soriel et d’extension de Kan à
gauche
Lan J F (N) = M( J, N) @ M F .
On passe donc de l’extension de Kan à droite à l’ extension de Kan àgauche
enremplaçant C
parCI’
et( ce qui
estparfois perdu
devue) J
par où .o.pdésigne
laà-catégo-
rie
opposée.
Dans ce
travail,
nous sommesuniquement
intéressés au cas oùC
est la
catégorie
cartésienne fermée( [5] Chap. IV § 2 ) éa
descatégo-
ries. On
parle
alors de2-catégories
et 2-foncteurs( [4]) plutôt
que deCat-catégories
etCat-foncteurs.
Il existe desdescriptions explicites
deces notions en termes
d’objets,
de1-flèches
et de2-flèches ( [5] Chap.
1 §
2 ,
où sont utilisés les termes«hypercategory, hyperfunctor, morphisms, hypermorphisms ») .
Cesdescriptions explicites
seront utilisées sans ré-férence dans la suite.
0.8.
Si(t et 93
sont des2-catégories, alors [a, B] ([2] §4)
estune
2-catégorie
dont lesobj ets
sont les 2-foncteursF, G : a -> B
et dontles 1- et 2-flèches seront
appelées ( 1- )morphismes
stricts et2-morphis-
mes stricts. Les
1-morphismes
stricts ne sont rien d’ autre que les trans-formations
eat-naturelles («chypernatural
transformations) dans[5] Chap.
I § 2 )
s , t : F -> G . Un2-morphisme
strict a : s -> t est une famille a A : s A -> t A de 2-flèches indexée par lesobj ets de et ,
telle quepour toute
1-flèche /
pour toute
0.9.
Une2-catégorie C
sera dite2-complète
si lesobjets Hom ( E, F )
de é
existent pour toute2-catégorie petite ?
et tous les 2-foncteursE : M -> Cat, F: M -> C.
Parexemple eal
est2-complète.
1.
Adj onctions
et monades.1.1. Une
adjonction ( E , n): F -|
U : B - A dans une2-cactégorie C ( [8]) §2)
est donnée par deuxobjets
A , Bde C,
deux 1-flèches F : A - B, U : B - A et deux 2-flèches E : F U -> 1(co-unité),
n : 1 -> U F( uni- té )
telles queE F . F n = 1
etU E . n U = 1 .
Par
exemple,
uneadjonction
dansCat
est unepaire
de foncteursadjoints
avec unité et co-unité fixées .Nous aimerions identifier les
adjonctions dans C
avec les 2-fonc-teurs d’une certaine
2-catégorie,
notéead,
dans la2-catégorie C.
Defaçon plus précise :
1.2. On définit la
2-catégorie dd,
munie d’uneadjonction (E, n):
F -1
U : B -> A , par lapropriété
universelle suivante: pour touteadjonction ( E , n ) : F -| U : B -> A
dans une2-catégorie e ( attention
àl’usage
multi-ple
des mêmes lettresE, n, F, U, A, B ),
il existe un et un seul 2-fonc- teur V :ad, -> e
tel queCette
propriété
caractérise évidemment la2-catégorie ad
et sonadjonction
à desisomorphismes près.
D’autre part, l’existence dead
de- vrait être clairepuisque,
dans la définition d’une2-catégorie
munie d’uneadjonction,
n’interviennent que deséquations.
On peut dire que la 2-caté-gorie da
estengendrée
par A , B , F , U 1 E et q avec les relationsLa construction naturelle de
(Li
est, defaçon esquissée,
la suivante:1.3.
Lesobjets
dead.
sont A etB ,
les 1-flèches sont des «compo- sitions formelles » formées à l’aide de F et U et les 2-flèches sont fa-briquées
defaçon analogue
à l’aidede E, n, F
et U . N’entrent en con-sidération que les
compositions
bien formées(par exemple,
F U et U E Fsont bien
formées,
mais pas F F niU T) F ). Enfin,
deux tellescomposi-
tions formelles sont identifiées comme
conséquence
des axiomes d’une2-catégorie
ou des relations de définition d’uneadj onction.
Vu que les
adjonctions
dans une2-catégorie C
peuvent être con-sidérées comme 2-foncteurs
&-C,
on peutparler
de 1- et2-morphismes
stricts entre
adj onctions (0.8):
1.4. Soient
deux
adjonctions dans C.
Unmorphisme
strict entre cesadjonctions
estdonné
explicitement
par uncouple (R, S)
de 1-flèches telles queUn
2-morphisme
strict entremorphismes
stricts(R1, S1)
et( R2 , S )
estdonné
explicitement
par uncouple (a, B)
de2-flèches, a : R1 -> R2, B: S1 -> S2
telles queLa notion de monade
(introduite
dans[7]
et souventappelée
«triple» d’après [6]),
étantéquationnelle,
peut être traitée defaçon analogue
à celled’adjonction.
1.5. Une monade
(A, T,
1 T),u)
dans une2-catégorie e
est donnéepar un
objet A ,
une 1-flèche T: A - A et deux 2-flèchesn : 1 -> T ( uni-
té ) et
u : T2 = T T -> T (multiplication) de C
telles que1.6. La
2-catégorie Jrip,
munie d’ une monade(A, T, n, u),
est dé-finie par la
propriété
universelle suivante: pour toute monade ( A ,1 T, T) 1 f-L )
dans une
2-catégorie C,
il existe un et un seul 2-foncteurV : J rip -> C
tel que
La
2-catégorie J rip
est construite de mêmefaçon
quead (1.3)
et nous identifierons les monades
dans C
avec les2-foncteurs J rip -> C .
1.7.
Unmorphisme
strict(0.8)
entre les monades(A, T, n, u)
et( A ,
T , -qu)
est donnéexplicitement
par une 1-flèche R : A....A telle queUn
2-morphisme
strict entremorphismes
strictsR1
etR2
est donné ex-plicitement
par une 2-flèchea : R1 -> R2
telle que1.8. Dans
(L,
on pose T = U F etu = U E F,
cequi
donne une mona-de
( A ,
T,n, u)
dansCtt,
c’est-à-dire un2-foncteur J : J rip -> ad (atten-
tion de nouveau à
l’usage multiple
des mêmeslettres ) .
Toute
adjonction O : ad -> C
induit donc unemonade O J : J rip ->C.
2.
Reprisentations
concrètes des2-catégories Qd et J rip.
2.1. La
catégorie (semi-) simpliciale (augmentée) D ([7] § 2)
apour
objets
les ensembles ordonnésn = {0, 1, ... , n - 1 } ( ordinaux finis ) ,
y
compris
l’ensemble vide0,
et pourmorphismes
les fonctions croissan-tes au sens
large.
La
face
dn. : n -> n + 1 associe à l’élément k de l’ensemble n l’élément k de n + 1 si k i et k + 1 sinon. Ladégénérescence s7:
n + 2 -> n + 1 associe à l’élément k de n + 2 l’élément k de n + 1 si k 5 i
et k -1 sinon. Les notations sont choisies de
façon
que, pour un entier naturel ndonné,
i parcoure les entiers de 0 à n .Le résultat suivant est bien connu
( [7]
§2 ) :
2.2. PROPOSITION. La
catégorie D
estengendrée
par lesobjets
n,les
faces
et lesdégénérescences,
avec les relations FD :2.3. La
catégorie simpl
iciale contractile *A a pourobjets
les ensem-bles ordonnés
*n={*,0,1,...,n-1}
( dans l’ordreindiqué )
et pour mor-phismes
les fonctions croissantes au senslarge qui préservent
le «*».On définit le foncteur
F: A->*A
enprolongeant,
de la seule fa-çon
possible,
lesmorphismes
m - nde 6
en desmorphismes
* m - * n de*A.
D’un autrecôté,
si l’on identifie l’ensemble ordonné * n de *A avecl’ensemble ordonné n + 1
de A,
lacatégorie
*A se trouveplongée
dansA par un
foncteur U : * A -> A.
Dans
* A,
lesfaces
et lesdégénérescences
sont définies parLa contraction hn : * n + 1- * n laisse *
fixe,
associe * à 0 et k -1 àk
lorsque
k > 0 .2.4. PROPOSITION. La
catégorie
*A estengendrée
par lesobjets
* n , les
faces,
lesdégénérescences
et les contractions avec les relations FD(2.2), pl us
les relations C :Les relations F D + C données ne sont que la
traduction,
par l’in- clusionU : *A->A,
des relations FD dansA,
carA elle
seule,
cette remarque ne suffit pas à prouver laproposition.
Ellepermet
cependant d’imiter,
presque mot à mot, la démonstration de la pro-position
2.2 .2.5. PROPOSITION. Le
foncteur F :A->*A
estadjoint
àgauche
du
foncteur U : * A -> A .
La co-unité est donnée paret l’unité par
En
effet,
les relationsqui expriment
que E et T) sont des trans- formations naturelles telles que e F . F n = 1 et U E .n U
= 1 sont des re-lations F D + C
particulières.
2.6. Etant donnée une monade
(A, T, n, u,)
dans une2-catégorie C,
lesfaces T
nT n-i :
T n ->y n+1
et lesdégénérescences Ti u T n -i:
Tn+2 -> Tn+1
satisfont aux relations F D(2.2).
De
même,
pour uneadjonction
f s,n) : F -|
U : B - Adans
lescontractions E F T n : F
T n+1 ->
FT n satisfont
aux relations C(2.4),
avec
FT’7?Tn -i
etF Ti u T n -i
comme faces etdégénérescences ( où
l’on apo s é
T = U F e tu = U E F).
2.7. THEOREME.
L’adjonction (E, n): F-|
U:*6....6(2.5),
considérée comme
2-foncteur 0: da - Cat 1.2)
estreprésentabl e
par l’ob-jet A de ad.
Autrement dit, ce2- foncteur
estisomorphe
àad(A, - ):
ad -> Cat.
DEMONSTRATION. Nous allons vérifier
que O : ad -> Cat
satisfait aulemme de Yoneda
(0.1),
dont l’énoncé dans ce cas est le suivant: pourtoute
adj onct ion (E, n): F -| U : B -> A
dansed
et toutobj et A0
de lacatégorie A ,
il 1 existe un et un seulmorphisme
strict(R, S) (1.4)
del’adjonction
( 6,n): F -| U :*A -> A
versl’ adj onction
donnée( e, n) : F -| U: B -> A
tel queR 0 = AO .
Remarquons
d’abord que, si l’on poseT = U F : A -> A
et u =alors
dans A et
Si
( R , S )
est unmorphisme
strict tel queR 0 = A0,
on a leséga-
lités
Ces relations se démontrent à l’aide de la remarque
précédente
et des
propriétés
de commutation pour R et S(1.4);
parexemple
pour la dernière relation :Inversement,
si ceségalités
sont vérifiées par des foncteursR : A -> A
etS: *A -> B,
alors( R, S)
est unmorphisme
strict tel que R0 = A0 .
Eneffet,
R 0 =Ao
est un casparticulier
de lapremière
relationet les
propriétés
1.7 de commutation sevérifient,
parexemple
pour R U = U S, de lafaçon
suivante : pour lesobjets :
pour les faces :
et de même pour les
dégénérescences;
enfin pour les contractions:Tout revient donc à montrer l’existence de foncteurs
uniques, R : A -> A
etS : * A -> B
vérifiant leségalités précédentes.
Ceci estclair,
si l’on se réfère aux
propositions
2.2 et 2.4 d’une part et à 2.6 d’autre part.2.8. COROL LAIRE. Les
foncteurs
donnés parsont des
isomorphismes.
L’adjonction
induit une monade2.9. T H E O R E M E . La monade
(6, T, T), u),
considérée comme2- fonc-
teur Înif -> Cat,
estreprésentable
parl’objet
A deJ rip.
Autrement dit,ce
2- foncteur
estisomorphe
àJ rip ( A , - ) : J rip -> Cat.
La démonstration est
analogue
à celle du théorème 2.7.2.10. COROLLAIRE. Le
foncteur
suivant est unisomorphisme:
Ce dernier résultat est loin d’ être nouveau
(voir
parexemple [10],
p.
149)
et remonte même dans un certain sens à Godement[7].
L’idéeoriginale
des relations de définition pour une monade était en effet de four- nir les relations FD et, sipossible,
rien deplus.
Le corollaireprécé-
dent
précise
et démontre ce «rien deplus ».
2.11. L e
2- f oncteur J : J rip -> Cat (1.8)
estp l ei n ement fidèle (0.5).
Autrement dit, la
2-catégorie J rip
est lasous-2-catégorie pleine
dead
ayant A pour
unique objet.
C’est une
conséquence
immédiate des corollaires 2.8 et 2.10.3.
Dualité
dansad.
A
partir
d’une2-catégorie C,
on forme la2-catégorie (fortement)
opposée C
ap en posante Gf1
(Ci C2)=C(C2, C1 )
et on définit la 2-ca-tégorie faiblement opposée
.o.pe
parGf1 e
(C1, C2)=C(C1, C2)ap,
où ledernier °P
désigne
lacatégorie opposée.
Lescompositions
sont définiesde
façon
évidente.Dans la
2-catégorie adap, (E,n):U -| F : B -> A
est uneadjonc- tion,
car lesrelations E U . U n = 1
etF E . n F = 1
sont les relations dedéfinition de
ad. (1.2),
écrites dansadap.
Cetteadjonction
donne un2-foncteur
r : ad -> adap .
Demême,
un 2-foncteurs : ad -> apad
est donné parl’ ad j on c t i on (T), E): U -| F : A -> B
dansapad.
3.1. PROPOSITION. Les
2-foncteurs r: ad -> adap
ets: ad -> ap ad
sont des
isomorphismes.
En
effet,
l’inverse de r estrap : ad ap -> (L
et celui de s estap s : ap ad -> ad.
Si l’on se
rappelle que 5+lp
est unesous-2-catégorie pleine
dead ( 2.11 )
et si l’on noteCatr
l’autresous-2-catégorie pleine
de(h, on
obtient par restriction :
3.2. COROLLAIRE. Il existe des
isomorphismes
Ces résultats ne font que
préciser
les deuxmanières,
souvent utilisées enpratique,
de dualiser les notionsd’adjonction
et de monade.Pour le cas des
catégories ordinaires,
la situation estsimplifiée
par laprésence
del’ isomorphisme Cat->ap Cat (qui,
à unecatégorie donnée,
associe sa
catégorie opposée ) .
En combinant r et s avec les
isomorphismes
de2.8,
on trouveune involution 6.... 6 bien connue en
algèbre simpl
iciale et une auto-dua-lité *A->*A ap
déjà
observée dans[10] (p. 150 ) .
3.3. On trouve aussi
l’isomorphisme
suivant dont nous aurons besoinplus
tard :4. La construction
d’Ei lenberg-Moore.
Cette section est consacrée au calcul des extensions de Kan
( 0.8)
lelong
du2-foncteur / J rip -> OE (1.8).
4.1. Pour une monade
(A, T, n, u)
dans une2-catégorie C,
donnéepar un 2-foncteur
t/f : J rip -> C,
l’extension de KanRan J t/f : ad -> C
vérifiel’égalité (Ran J t/f) J = t/f, car j
estpleinement
fidèle( 2.11
et0.6 .
Au-trement
dit, l’adjonction Ran J t/f
redonne(à
la manière de1.8)
la monadeinitiale et est en
conséquence
de la formeEn
particulier,
on amontré,
avant tout calculexplicite,
le résultat sui-vant,
classique
dans lecas C=Cat ( [6] , [9] ):
4.2. TH EO REM E. Si la
2-catégorie é
est(suffisamment) 2-complète
ou
2-cocomplète,
alors toute monadedans C-
est induite par uneadjonc-
tion.
Partant d’une monade
(A, T, n, u)
danséaà
donnée par le 2- foncteurt/f : J rip -> Cat,
nous allons maintenantexpliciter
à l’aide de 0.3l’
adj
onction (Et/f, n): FT/f
-|Ut/f At/f
-> A donnée par Ran t/f.l’adjonction (Et/f, n): Ft/f -| Ut/f : At/f -> A
donnée parJ
Un
obj et
de A IF est unmorphisme
strict(0.8) ad(B,J)->t/f
etest donné
explicitement (1.7)
par un foncteurR : ad, ( B , A ) -> A
tel que:Mais comme la
catégorie ad ( B , A )
estisomorphe
à *A(3.3),
la donnée d’un foncteur
R : (L( B, A) - A
estéquivalente
à celle d’ob-jets A n
et demorphismes dni , sni , bn de A ,
qui
satisfont aux relations F D + C(2.4).
Si les
propriétés ( I )
de commutation sontvérifiées,
on aet les relations C
particulières
s’écriventInversement,
donnons-nous unobjet A0
et unmorphisme b0 :
T A 0 -> A 0
satisfaisant auxéquations (IV)
et définissonsA n , di sni,
h n par
( III ) .
Il est immédiat de vérifier les relations FD+ C . Il existe donc ununique
foncteurR : ad( B , A ) -> A
vérifiant( II ) .
Ce foncteur sa- tisfait auxpropriétés (I)
de commutation et définit donc unmorphisme
strict
ad(B,J)->t/f.
En résumé et en
changeant
un peu les notations(A = A0 , E = b0),
on peut dire
qu’un obj et
de lacatégorie Av
est uncouple (A, E ),
oùA est un
objet
de Aet E : T A -> A
unmorphisme
te 1 queNous laissons au lecteur le soin
d’expliciter (à
l’aide de1.7)
les mor-phismes
deA IF.
Pour le calcul du foncteur
F t/f : A -> A t/f ,
il faut observer que, dans la définition deF’I’
parle domaine de ce dernier foncteur est identifié à
A
parl’isomorphisme
de Yoneda
qui
associe àl’ obj et A de A
lemorphisme
strict donné par le foncteurAinsi,
lemorphisme
strictF t/f A : ad, ( B , J ) -> t/f
est donné par le foncteurcomposé
Il
s’agit
donc del’objet
Les calculs de se font par des
méthodes
analogues
et l’ on trouve en définitive : 4.3.. TH E O R E M E . L’extension de Kan à droiteassocie à une monade
(1, T, T), J.L) l’adjonction (E t/f , n): F t/f -| Ulp
:A
’P .... A
donnée par la constructiond’Eilenberg- Moore ( [5]
p . 385).A noter que nous avons effectué un véritable calcul
qui
ne suppo- sait aucunement le résultat connu par avance.Pour le cas
général
d’une monade(A, T,
nu)
dans une 2-caté-gorie e,
donnée par un 2-foncteurt/f: J rip -> C,
l’extension de Kan est uneadjonction (Et/f ,n)) : Ft/f -| Ut/f : At/f -> A (4.1),
caractérisée par l’e- xistence d’unisomorphisme
strict en C(0.4):
où la
catégorie
) est donnée par la construction d’Ei-lenberg-Moore
pour lamonade C
( C ,t/f): J rip -> eat.
On vérifie aisément que cet
isomorphisme
estdéterminé,
via l’iso-morphisme
deYoneda,
parl’objet (Ut/f, Ut/f Et/f) de C(At/f,A)C(At/f, IF
c’ est-à-dire :
4.4. TH E O RE M E . L’extension de Kan à droite, le
long
du2-foncteur
J : J rip -> ad,
associe à une monade ( A ,T, -q, J..L)
dans une2-catégorie e
( donnée par un2-foncteur
’P :J rip -> C)
uneadjonction (Et/f, n): Ft/f-|Ut/f:
A’P A
caractérisée par lapropriété suivante :
pour toutobjet
C deC,
le
foncteur
est un
isomorphisme.
Il
s’agit
là bien sûr d’unepropriété ( 2- )
universelle.Par
exemple,
dans le casoù C
est la2-catégorie rJ - ea!
descatégories
enrichies sur unecatégorie fermée 0
à noyaux, il existe unegénéralisation
évidente de la constructiond’Eilenberg-Moore ( [1] 2.2 ) qui remplit
les conditions du théorème( [3] II.1.1 ) .
Pour déterminer l’extension de Kan à
gauche
on
pourrait
utiliser0.7 ,
car il existe des formulesexpl icites
pour le pro- duit tensoriel. Il estcependant plus simple
de démontrer directement le résultat :4.5.
T H E O R E M E . L’extensi on de Kan àgauche
associ e à une monade
( A , T, T), J.L) ( donnée
par un2-foncteur
’P:J rip ->
-> Cat) l’adjonction (Et/f, n) : Ft/f -| Ut/f : At/f -> A
donnéepar l a
construc-tion de Kleisli
([8]).
La preuve est basée sur le théorème 4.4. Pour
cela,
il faut rame- ner l’extension de Kan àgauche
lelong de j à
une extension de Kanà droite le
long
du même 2-foncteur, cequi
nécessite(voir
la remarqueen
0.7)
unpetit
tour de passe-passe: on identifieà J le 2-foncteur Jap,
grâce
audiagramme
commutatifPartant de la monade
(A,
T , n,1-L )
dans la2-catégorie C =Catap
( ou
dansCat,
cequi
revient aumême ) ,
nousappliquons
le critère du théorème 4.4 àl’adjonction
pour toute
catégorie C ,
le foncteurest un
isomorphisme.
En
effet, l’isomorphisme réciproque
associe à unobjet (K, e)
deCat (A,C) Cat(t/f, C)
le foncteurH: A t/f -> C
défini de lafaçon
suivante:pour un
objet A
dedtp,
i.e. deA,
H A = K A et pour unmorphisme f:
AI -A2 de Aw,
donc unmorphisme f: AI -TA2 de A,
A un
morphisme ,
une transformation naturelle
8: KI - K2, l’ isomorphisme réciproque
asso-cie la transformation naturelle
donnée par
Malgré
lasymétrie,
évidented’après
les théorèmes 4.3 et4.5,
entre les constructions
d’Eilenberg-Moore
et deKleisli,
lapremière possè-
de sur la seconde le même genre de
priorité qu’un produit
cartésien surune réunion
disj ointe :
on peut caractériser la construction de Kleisli par la constructiond’Eilenberg-Moore (ce qui, d’ailleurs,
ne semble pas avoir été observéjusqu’ici),
mais non inversement.Il existe bien entendu des résultats
analogues
pour les co-monadesdans
Cat,
i. e. les 2-foncteursCatr -> Cat (3.2).
L’inclusionJ’
deC
dans
Cti
peut être identifiée au 2-foncteurap J : ap J rip -> ap ad,
à l’iso-morphi sme s : ad -> ap ad (3.1) près. Alors,
en utilisantl’ isomorphisme
entre
Cat
etap Cat
dont il est fait mentionaprès 3.2 ,
on peut ramenerRan J,
etLanj,
aux constructionsd’ Eilenberg-Moore
et de Kleisli.En composant les
paires
de foncteursadjoints
on trouve aussitôt une situation
adjointe déjà
observée par Lawvere( [10]
p. 151 et[il] §3).
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FRIBOURG