C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
A NDRÉE B ASTIANI
C HARLES E HRESMANN
Catégories de foncteurs structurés
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 11, n
o3 (1969), p. 329-384
<http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1969__11_3_329_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1969, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques » implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
CATEGORIES DE FONCTEURS STRUCTURES par
Andrée BASTIANI et Charles EHRESMANN CAHIERS DE TOPOLOGIEET GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
Vol. Xl, 3
Introduction.
Le
présent
article est une étudegénérale
de lacatégorie F(p)
desfoncteurs
p -structurés, où p
est un «bon» foncteur d’unecatégorie
H versla
catégorie
desapplications
associée à un univers. Unecatégorie p -struc-
turée est uncouple
d’unecatégorie
C°
et d’une
p
-structure s sur l’ensem- ble Csous-jacent (i.e,
d’une unité s de H vérifiantp ( s )
=C )
tel que lesapplications
source et but «se relèvent» en des éléments a et b de H de sources et buts s et que la loi decomposition
«serelève»
en un élémentde H de source un
produit
fibré de( a, b )
et de but s . Cette notion est dif- férente de celle decatégorie p -dominée (
ou de la notionplus précise
de ca-tégorie
monoidale fermée[ 8 ] ),
où ce sontséparément
les ensemblesHom C ( e’ , e ) qui
sont munis dep -structures..
Commeexemples importants
de
catégories structurées,
citons lescatégories doubles, ordonnées,
topo-logiques, différentiables,... qui
interviennent dans les domaines lesplus
variés
(Topologie algébrique,
Géométriedifférentielle, Analyse,...).
Le texte a été
rédigé
en supposant seulement connus les résultats du cours[Al] (dont
il utilise laterminologie
et lesnotations),
afin quesa lecture
puisse
être abordée par des chercheurs débutants. C’estpourquoi
le
paragraphe
1 et le début duparagraphe
3 contiennentquelques rappels (sur
lesp-injections,
aussiappelées morphismes cartésiens,
leslimites,
les foncteurs
T-engendrants).
La théorie
générale
descatégories
structurées estexposée
dans leparagraphe
2. Lesprincipaux
théorèmes assurent l’existence de sous-caté-gories
structurées et de limitesprojectives
sous des conditionsplus
faiblesque celles de
[6 ].
Dans leparagraphe 3,
l’existence decatégories
structu-rées
quasi-quotients
est montrée à l’aide duthéorème général
d’existencede structures libres
[ 4 ] . Là
encore, leshypothèses
de[ 1 ]
ont pu être af-faiblies,
enparticulier
pour montrer que lasous-catégorie
structurée engen- drée par unepartie
«assezpetite»
est «assezpetite» (mais
naturellement la construction par récurrence de cettesous-catégorie
estplus compliquée
quedans
[ 1]).
Les transformations naturelles
p-structurées
ont été introduites dans[ 10 ], lorsque p
est à limitesprojectives;
dans leparagraphe 4,
nous ob-tenons sans cette
hypothèse
la2-catégorie
des transformations naturelles structurées. Nous montrons aussi l’existence d’unecatégorie
double struc-turée des quatuors associée à une
catégorie structurée,
en supposant seu-lement p
àproduits
fibrésfinis, grâce
à une construction entièrement dif- férente de celle de[
6] (qui supposait
l’existence deproduits).
Cette caté-gorie
double structurée est essentielle pour démontrer lesprincipaux
résul-tats de cet
article,
relatifs au cas où H est munie d’unep’ -domination:
Lacatégorie
des transformations naturelles structurées entre deuxcatégories p -structurées
données est alorscanoniquement p’ -structurée,
et l’on ob-tient ainsi une domination de la
catégorie 3:(p), qui
est une dominationforte si H est fortement
p’ -dominée.
On en déduit que, si H est unecaté- gorie
cartésienne fermée dont un élément final est ungénérateur, F(p)
estune
catégorie
cartésienne fermée. Ces résultats sontégalement
valablespour la
sous-catégorie pleine de 5(p)
ayant pourobjets
lesgroupoides
structurés
(paragraphe 5).
Nous nous sommes volontairement restreints au cas des
catégories p -structurées,
afin de ne pas utiliser la théoriegénérale
des réalisations del’esquisse
descatégories [5 ] .
C’ estpourquoi
les résultats du paragra-phe
4 ne sont pas les meilleurspossibles.
Dans unprochain article,
nousmontrerons
qu’ils
peuvent êtreétendus
auxcatégories
structuréesgénéra- lisées, même
avec deshypothèses
très affaiblies(voir
remarque finale dupagraphe
4).
1 . Quelques compléments
surles p-injections.
Soit p - ( K . p , H . )
un foncteur.Rappelons [Al] que j
E H est unep -injection
si les conditionsentraînent
qu’il
existe un et un seul h E H tel queSi j
etj’
sont desp - injections
et sij’ , j
estdéfini,
alorsj’ , j
est une
p-injection [ A1 ] . Si j
etj’
sont desp -injections
de même butet si
p ( j’ ) = p ( j ) . k , l’unique h
tel quep ( h )
= ket j . h - j’ est
unep - injection.
Enparticulier
sipy est
bien fidèle etsi j
etj’
sont deuxp-
inj ections
de même but telles quep ( j )
=p ( j’ ), alors j = j’ .
Si j
etj’
sont deuxp -inj ections
etsi g E B ( j ) . H . B ( j’ )
est telque
p(g).p(j’) - p(j).k, l’unique b
vérifiantest
appelé p -
sous-morphisme
de g(relativement
à( j , j’ ) ) .
PROP OSITION 1 .
Si p
estfidèle
etsi j
E H admet un inverse àgauche j’ , alors j
est unep -injection.
A.
Soitf E B ( j ) . H
tel quep ( f ) = p ( j ) . k .
Posonsh = j’ . f .
On a
d’où
Comme
p
estfidèle,
ils’ensuit j . h = f .
Deplus j . h’
=f
entraîneOn dira
qu’une
transformation naturelleT = ( F, t , s’)
d’un fonc-teur constant s’ sur s’
E H ¿
vers F est une limiteprojective
naturaliséedans p
si T est une limiteprojective
naturalisée et sipT = (p . F, p t , ê) ,
où e =
p ( s’ ),
est une limiteprojective
naturalisée. Enparticulier,
ondéfinit ainsi les notions de
produit (naturalisé)
dansp ,
deproduit
fibré(naturalisé)
dansp ,
de noyau dansp .
P RO P O SIT ION 2 . Soient h et h’ des
éléments
de H de même but. Sip
est
fidèle
et s’il existe unproduit naturalisé ((m , m’ ) , s )
de(a (h ) , a (h’))
dansp
et unproduit f i bré naturalisé (( p ( h ) , v), ( p ( h’ ) , v’))
dans K.,il existe un
produit fibré naturalisé ((h,v ), (h’,v’))
dansp tel
quep ( v ) = v
et
p (v’)=
v’ si, et seulementsi,
il existe unep -injection j
E s . Htelle
queCeci résulte de la
proposition 7 ,
page 57[ A1] .
P RO P O SITION 3 . Soient h et h’ deux
éléments
de H’ de même source et de même but. Sip
estfidèle,
il existe unnoyau j
de.(h, h’ )
dansp si,
et
seulement si, j
est unep -injection
telle quep ( j )
soit un noyau de( p ( h ) , p ( h’ ))
dan s K..A . 1° ) Soit j
un noyau de( h , h’)
dansp
et soitf E B( j ) , H
tel que
p ( f)
=p ( j ) .
k . Commep
estfidèle,
leségalités
entraînent f
= h’ .f ,
de sortequ’il
existe ununique g vérifiant j , g
=f.
On trouve
p ( g )
=k ,
car le noyaup ( j )
est unmonomorphisme
et2°) Soit j
unep - injection
telle quep ( j )
soit un noyau dans K de( p ( h ) , p ( h’ )) .
Sih . f = h’ . f ,
oùf E H ,
il exi ste un et un s eul k tel quep ( j ) . k = p ( f ) .
Par suite il existe ununique g
E H vérifiantj . g = f
etp ( g ) = k . Puisque p ( j )
est unmonomorphisme, j
en est aussiun
[A1] donc j
est un noyau de( h , h’ )
dansp . V
PROPOSITION 4. Soient
hi
etht
deséléments
de H de même butei pour
tout i E
J ,
et h et h’ desmorphismes produits
dedans H ·
relatifs
au mêmeproduit naturalisé
S’il
existe desproduits fibrés
dans H ’,alors s’ est un
produit
deA .
Soient pour tout élé-ment i de
J ,
desproduits
fibrésnaturalisés,
des
produits
naturalisés depour tout i
E J .
Commepour tout i E
J ,
il existe ununique
vérifiant
On montre facilement que
((m"i)i E J , a, (v))
est un
produit
naturalisé. Ce résultat sedéduit
également
du théorème de commutativité entre limitesprojectives (voir
parexemple [ 2 ] , chapitre I ) . V
Nous
désignons
par C · unecatégorie, par R ( H · , C · )HH
la caté-gorie longitudinale
des transformations naturelles entre foncteurs de Cvers H · ,
dont les unités sont identifiées aux foncteurs de C · vers H.La
bijection
c associant à h E H la transformation naturelle( s’,
h,s ),
oùdéfinit un
isomorphisme
de H. sur unesous-catégorie de R (H . , C .)[H] .
Si T
= ( F,
t ,s’)
est une transformation naturelle ayant pour source le foncteur constant sur le but de h, alors Th note la transformation natu-relle
T HH c(h ),
c’est-à-dire la transformation naturelle( F, t’, ,e),
oùt’ ( e)
=t(e).h
pour tout e EC*o .
On a doncsi T’
EUT
et h h’ sont définis.Soit R ( p )
le foncteurcanonique [ A1 ] de R ( H ., C · )HH
versR ( K · ,
C.)rn
associant à la transformation naturelle T’ =( F’,
t,F )
la transformation naturellep
T’ =( p .
F’ ,p t, p . F ) .
P RO P OSITION 5 . Soit T =
( F,
t,F’ )
unetrans fornaation
naturelle entrefoncteurs
de C · vers H ·telle
quet( e )
soit unep -injection pour
toute unité e de c.. Alors T estune R (p) -injection.
Si V =(F,
v,s )
etW’ =
( p . F’,
w’,x)
sont des limitesprojectives naturalisées
dansp
et dansK ’ respectivement,
une limiteprojective naturalisée V’ =(F’, u’, s’ ) vérifiant p
V’ = W’ détermine unep-injection j
telle queV j = THHV’;
demême une
p -injection j
de but s telle que( p V ) p ( j ) = p T HH W détermine
une limite
projective
naturalisée V’ telle queV j
=T’mV’ .
4à. 1°) Montrons
que T estune R ( p ) -injection.
Pourcela,
soitSi
e
6C’, l’égalité p ( t’ ( e )) = p ( t ( e )) . u ( e )
assure l’existence d’un uni- quet" ( e )
E Htel que
Soit
une
p-injection,
et
Par suite
( F’, t", F")
est une transformationnaturelle, qui
estl’unique
élément vérifiant
2° ) Suppo son s
que soient deslimites
projectives
naturalisées dansp .
La transformation naturelle T m V’ayant s’
pour source et F pourbut,
il existe ununique j
Es . H , s’tel que
Vj=TrnV’. Supposons h E s . H
etp ( h ) = p ( j ) , k . D’après
la
partie 1 ,
T estune R ( p ) -inj ection;
commeil existe un
unique
T’’E R ( H · , C · )
vérifiantPuisque
V’ est une limiteprojective naturalisée,
il existe ununique
h’ E s’ . H tel que V’ h’ = T’’ . Les
égalités
entraînent j . h’
= h . Deplus p ( h’ )
=k ,
carp V’
est une limiteprojec-
tive naturalisée et
Donc j
est unep -injection.
3° ) Supposons
quesoient des limites
projectives naturalisées,
etque j
soit unep -injection
de but s vérifiant
(p V)p (j) =pT HH W’ ;
posonss’ = a, ( j ) .
Comme Test
une R ( p ) - injection,
il existe uneunique
transformation naturelle V’telle que
V j - T HH V’
etp V’ = W’ .
Montrons que V’ est une limiteprojective
naturalisée. Eneffet,
supposonset sa
E H°o;
La transformation naturelleT CD T’
ayant s" pour source et F pourbut,
il existe h E s . H . s" tel que V h =T [D T". Puisque
W’ =- p
V’ est une limiteprojective naturalisée,
il existe ununique k
E K telque W’k =
p T’ ;
deségalités
on déduit
p ( h )
=p ( j ) . k ,
carp V
est une limiteprojective
naturalisée.j
étant unep -injection,
il existe ununique
h’ E s’ . H . s"vérifiant j ,
h’ == h et
p ( h’ )
= k . Ce h’ estl’unique morphisme
de H . tel que V’h’ =T’,
étant donné que T estune R ( p ) -inj ection
et queC OR 0 L LA IR El.
Si j i
est unep -injection pour
tout ie i
et s’il existeun
morphisme j produit
de( ji )i E J
dansp , alors j
est unep -injection.
COROLLAIRE 2 . Soit n un noyau de
(g, g’)
dansp,
h et h’ desp-sous- morphismes
relativement à( j", j’ )
de g et deg’ respectivement.
Si mest un noyau de
( p ( h ) , p ( h’ ))
dansK.,
il existe un noyau n’ de( h , h’)
dans H.
tel
quep ( n’ )
= msi,
et seulement si, il existe unep - injection j vérifiant p ( n. j ) = p ( j’ ). m;
et dans ce cas on peut choisir n’ tel queCOROLLAIRE 3.
Supposons
que(( hi )i E J , ( vi )i E J )
soit unproduit fibré
naturalisé
dans H.. Soitj’ une p -injection
de butB( hi )
ethi
unp -
sous-morphisme
deh i
relativement à( j’ , j i ) pour
tout i EJ.
Si(p (h’i ) i E J , ( wi )i E J )
est unproduit fibré naturalisé
dans K . , il existe unproduit fibré naturalisé (( h i )i E J , ( vi )i E J )
dansp vérifiant p ( v’i )
=wi pour
touti
E j si,
etseulement
si, il existe unep -injection j
telle quep ( vi , j )
== p ( j i) . w’i pour
tout iE J .
2 . Catégories structurées.
Nous supposons désormais donnés un
univers ’b,
lacatégorie M
des
applications
associée et unfoncteur p
d’unecatégorie H -
versM.
Nous
notons p y
le foncteur deH *y vers ?
restriction dep ,
oùH*y
etMy
sont lesgroupoides
deséléments
inversibles de H* etde ?
respec-tivement.
DEFINITION. On dit
que p
est unfoncteur d’homomorphismes
saturé sip
est
fidèle
etsi p y
est un foncteurd’hypermorphismes saturé,
i.e. vérifiela condition :
Si s
E H *o
et sif
est unebijection
telle quea ( f ) = p ( s ), il
existe un et un
seul h E H°y ,
s tel quep(h)=f.
PROPOSITION 1. Soient
p
unfoncteur d’homomorphismes
saturé et F unfoncteur
de C · vers H.. Si F admet unelimite projective
dansp ,
il existe uneunique
limiteprojective
naturalisée T de but F telle quep T
soit la limite
projective naturalisée canonique
dep .
F dansm.
A.
Soit T’ =( F , t’ , s’;
une limiteprojective
naturalisée dansp .
Alorsp T’’ est
une limiteprojective
naturalisée de butp . F = F’.
Parailleurs soit A la limite
projective canonique
de F’ , c’ est-à-dire[ A1 ]
l’ensemble des familles
( xi )i E C
· telles quenotons
vi
laprojection canonique
de A versF’ ( i )
pour toute unité i deC · . Il existe une et une seule
bijection f
dep ( s’ )
sur A telle quevi . f =
= p ( t’( i ))
pour tout iE C o ..
Par définition d’un foncteurd’homomorphis-
mes
saturé,
il existe ununique b
EH*y.
SIappliqué par p
surf .
I1 s’en-suit que T =
( F , t , s )
est la limiteprojective
naturaliséecherchée,
oùs =
B ( h ) et t(i)
=t’(i).h-1
pour toute unité i de C·.V
H Y P O TH ESE . Nous supposons dans toute la suite
que p
est un foncteurd’homomorphismes
saturé de H · versM. -
De la
proposition 1 ,
il résulte enparticulier
que, si( h , h’ )
admetun
produit
fibré dansp ,
il existe unproduit
fibré naturalisé((h , v), (h’, v’ ) )
tel quep ( v )
etp ( v’ )
soient les restrictions desprojections canoniques
du
produit p (a ( h ))
XP ( a ( h’))
à lapartie p ( h ) V p ( h’ )
de ceproduit
formée des
couples ( x, x’ )
vérifiantp ( h ) ( x ) = p ( h’ ) ( x’ ) .
Nousl’ap- pellerons produit fibré
naturalisécanonique
de(h, h’)
dansp,
nous pose- ron s hV b ’ = a ( v )
et nous diron s que v et v’ sont lesproj ections
cano-niques de h V
h’ versa(h )
eta ( h’ ) .
De
même,
si( si )i E J
admet unproduit
dansp ,
nous noteronsj s i
sonproduit canonique
dansp,
c’est-à-dire leproduit
S tel quei e J
p ( S )
soit l’ensembleproduit
de( p ( si ))i E J
et que laprojection canonique
de S vers
si
soitl’unique vi E si . H . S
tel quep ( vi ) (( xi )i E J ) = xi .
Enfin si
( h , h’ )
admet un noyaudans p ,
son noyaucanonique
estl’unique
n tel quep ( n )
soitl’ inj ection canonique
dansp ( a ( h ))
de sapartie
formée des x vérifiantp ( h ) ( x ) = p ( h’ ) ( x ) .
Par
ailleurs, si j
est unep - injection,
oùp ( j )
estl’injection canonique ( B , c , B’ ) de
B’ C B dans B, alorss’ = a ( j )
estl’unique
p
-sous-structure de s= f3 ( j )
vérifiantp ( s’ )
=B’ ;
on dit que c’est lap -
sous-structure de sdéfinie par
B’ .D E FIN ITION . On
appelle catégorie p
-structurée uncouple (C., s )
véri- fiant les conditions suivantes :1°)
C est unecatégorie, s E H . et p (s) = C;
20) Il
existe uneunité so de
H ’ et deséléments ao E so.
H , s,b 0 E s 0 . H . s
et iEs. H . s 0
tels que3°)
Il existe unproduit
fibré naturalisécanonique ao V bo
= s * sdan s p
et un kE s . H , s * s
tel quep ( k )
=( C , K , C ’ * C ’ )
soit la loi decomposition
de CBP RO P OSIT IO N 2 . Soit
(C., s )
unecatégorie p -structurée.
Avec lesnotations de la
définition, so
est unep
-sous- structure de s et i un noyau de( s,
i .ao )
et un noyau de( s ,
i .b 0).
S’il existe unproduit canonique
s X s de
( s , s )
dansp ,
alors s * s en est unep
-sous-structure.6. Puisque p
estfidèle
et quep(a 0 i)
estl’application
iden-tique
deC’o ,
l’élémentao
est un inverse àgauche
dei ;
il s’ensuit(pro- position 1-1)
que i est unep -injection.
Deplus
i est un noyau de(s, a),
où a = i .
a0 d’après
laproposition 3-1,
carp (i)
est le noyaucanonique
de
( p ( s ), p ( a ))
dansm.
On voit de même que i est un noyau de( s, b),
où b = i .
b 0 .
La dernière affirmation résulte de laproposition
2-1 .V
P RO P OSITION 3. Si
p
est unfoncteur
àproduits fibrés finis ( resp.
ànoyaux), (C., s )
est unecatégorie p
-structuréesi,
etseulement si,
les conditions suivantes sontvéri fiées :
1°)
C . * est unecatégorie,
sEH*o
etp(s)
= C.2’°)
Il existe a E s . H . s et b E s . H stels
queet un
produit fibré naturalisé ((
a,v), ( b, v’ ))
dansp .
3’°)
Si ondésigne par
s*s leproduit fibré canonique
de( a, b)
dansp ,
il existe k E s . H . s * stel
quep ( k )
=( C ,
K, C · *C. ).
A. 1°)
Si(C., s )
est unecatégorie p -structurée,
les conditionssont vérifiées en prenant
en
effet,
i étant unmonomorphisme,
s * s est unproduit
fibré de( a, b ) si,
et seulementsi,
c’est unproduit
fibré de( ao, bo ).
2° ) Supposons que p
soit à noyaux et que les conditions de la pro-position
soientremplies.
Il existe un noyaucanonique
i de( s , a )
dansp,
etp ( i )
estl’injection canonique
deC*o
dans C. Comme i est unep -
injection (proposition 3-1 )
et quep ( a ) = p ( i ) . ( C*o, a, C ),
il existe un et unseul ao
E H , s vérifiantDe même il existe
bo
E H , s tel queLe
produit
fibre de( a , b )
étant aussi unproduit
fibré de( ao, bo ) ,
il enrésulte que
( C ’, s )
est unec atégorie p -
structurée.3° ) a- Supposons
vérifiées les conditions 1 et 2’ de l’énoncé. Il existe unproduit
fibré naturalisécanonique (( a, v ), ( b, v’))
dansp
ets * s = a
V b
admetC * C* = ( C , a, C ) V ( c, f3, C)
pourimage
parp .
Commep
estfidèle, a . s = a = b . a,
cara ( x ) =B ( a, ( x ))
pour toutx E C . Par suite il existe un
unique j a
E s * s . H . s vérifiantL’application p ( j a )
de C dansC °* C °
associe( x , a, ( x ))
à x . De même leségalités a . b
= b = b . s assurent l’existence d’ununique jb
E s * s . H . s tel queet
p ( j b )
associe(B ( x ) , x )
à xE C ;
remarquonsque j a et j b
sont desp -injections d’après
laproposition 1-1,
car ils ont des inverses àgauche.
b- Supposons
deplus
quep
soit àproduits
fibrés finis et que la condition3’
soitremplie.
Montronsqu’il
existe unep - injection
i telleque
p ( i ) = ( C , l , C°o) .
Une démonstrationanalogue
à la fin de lapartie
2prouvera alors que
(C°, s)
est unecatégorie p
-structurée.Voyons
d’ abordqu’il
existe unep - injection
de sources ,
de but s, telle quep (s )
soitla
diagonale
D deC°o
XC°o .
Avec les notations de lapartie
a, il existeun
produit
fibré naturalisécanonique (( ja, w), ( jb, w’)) dans p.
Si s estsource de w, l’ensemble
P(S)
est formé descouples ( x, y )
E C X Cls que
(x, a(x)) = (B(y), y),
i.e. tels quex = B(x)
eta(x) = y,
encore tels que x =
y E C°o . Autrement dit, p (S)
= D . Lesapplications w )
etp (w’)
de D dans C associant e à( e, e )
E D , on trouve w = w’,car p
est fidèle. Il en résulte que w est un noyau de(j a , j b ) dans p
etque
(prop. 3 - 1 ) w est
unep -inj ection. L’ application f : (e, e)-e
de Dsur
Ci,
étant unebijection,
il existe ununique
inversible h de H’ de sour- ce s tel quep ( h ) = f .
Lecomposé i = w , h’ 1 est
unep - inj ection
etCeci achève la
démonstration. V
DEFINITION. On
appelle foncteur p -structuré un triplet ((C° ,S),h, (C°, s))
vérifiant les conditions suivantes :
1°) (C° , s) et (C°, s) sont des catégories p-structurées.
2°) h E s. H . s
etp ( h)
définit un foncteur de C. versC°,
dési-gné
par(C., IL, C °).
Nous noterons
F(p)
l’ensemble des foncteursp - structurés.
Onvoit que
F(p)
est unecatégorie
pour la loi decomposition
si,
et seulementsi,
Cette
catégorie
admet pour classedtobj ets l’ensemble F(p)o
des caté-gories p
-structurées.On définit des foncteurs
PH et fi5
deF( p )
vers H ’ et vers lacatégorie ?
des foncteurs en associant à(( C° , ?), h , (C ’ , s )) respectivement h
et(C° ,
h ,C ’ ) .
Onnote fi
le foncteurP .PH de F ( p )
versm.
On aaussi p = pF . pF,
où
p y
est le foncteur d’oublide 3
versM.
PROPOSITION
4 . p
est unfqncteur d’homomorphismes
saturé.A. pH
étant évidemment fidèle etp
étantfidèle, fl
estfidèle.
Soient
( C ’ , s )
unecatégorie p
-structurée etf
unebij ection
de C sur ’ C’ . Il existe parhypothèse
ununique h E H°y . s
tel quep ( h ) = f .
Posonss’ =
B ( h )
et notons C’ ° lacatégorie image
de C° parf.
1°)
Montrons que( C°, s’ )
est unecatégorie p
-structurée. Eneffet,
reprenons pour( C° , s )
les notations de la définition d’unecatégorie p -
structurée.a- Si s o =
a(i)
et sif’
est labijection
de C° surC"
restric-tion de
f ,
il exi ste h’E H . , s o
tel quep ( h’ ) = f’ .
Soits’o = B ( h’ ) .
On trouve
où a,’ et
B’
sont lessuriections
source et but de C’ ’ .b- Puisque
h’ est inversible et quele
couple
est unproduit
fibré naturalisédans
p ,
ainsi que est inversible. Parsuite,
il existe unproduit
fibré naturalisécanonique.
L’unique
inversible h" tel que’admet pour
image par p l’application
de C ° * C ’ vers C’. * C’ ’ restriction def * f.
Il en résulte que, si k’= h . k . h" -1 l’application p ( k’ )
est laloi de
composition
de Cl ’. Donc( C’ ’ , s’ ) E F ( p )o .
2°) f
définitl’isomorphisme canonique
de C° surC’ ’ ,
de sorteque est un foncteur
p -structuré, qui
est uninversible de
Ainsi fi
est un foncteurd’homomorphismes
saturé.V
Si
(C., s )
est unecatégorie p
-structurée etf
unebijection
de Csur
C’ , l’unique catégorie p
-structurée(C’., s’)
associée à(C., s )
età
f
par la preuveprécédente
estappelée catégorie p
-structuréeimage
de( C . , s) par f.
P RO P OSIT IO N 5 . Soient
(C., s )
unecatégorie p -structurée
et C’ unesous-catégorie
de C.. Si l’une des conditions suivantes estvérifiée,
C’définit une e
-sous-structure(C’., s’ )
de(C., s ) .
1-
p
est unfoncteur
àproduits fibrés finis
et C’définit
unep -
sous-structure s’ de s.
2 -
p
est unfoncteur
à noyaux et C’ * C’définit
unep
-sous-structure s’ de s * s = a
V
b .A. 1°)
Nous reprenons les notations de laproposition 3
et nousdésignons
para’ , B’
et K’ lessurjections
source, but et loi de compo- sition deC’° ;
ce sont des restrictions de celles ac ,f3
et K de C..a - Supposons
la condition 1 vérifiée etsoit j
lap -inj ection
cano-nique
de sources’ ,
de but s . Commeil existe un
p - -sous-morphisme
a’ de a relativement à( j , j ) ,
vérifiantp ( a’ ) = ( C’,
a.’,C’ ) .
De même il existe unp- sous-morphisme
b’ de brelativement à
( j , j ) , et p (b’) = ( C’ , B’ , C’) .
Soient(( a , v ) , ( b , v’ ))
et(( a’ , w ) , ( b’ , w’ ))
lesproduits
fibrés naturaliséscanoniques dans p (qui
existent par
hypothèse) . D’après
laproposition 5-1 , l’unique j’
tel queest une
p-injection. L’application p( j’)
étantl’injection canonique
deC’°*C’.
dansC.*C.,
on ade sorte
qu’il
existe unp-sous-morphisme k’
de k relativement à(j, j’)
vérifiant
p ( k’ ) = ( C’ , K’ , C’ ’ * G’ ’ ) . Donc ( C’° , s’ )
est unecatégo-
rie
p
-structurée.b- ’Supposons
la condition 2remplie,
et soitj’
lap -inj ection
cano-nique
de sources’,
de but s * s . Il existe unnoyau canonique
n de( v’ . j’, a. v. j’)
dansp,
à savoir lap - injection canonique
de buts’,
desource
s’a,
oùp(s’a)
est l’ensemble descouples (x, a(x)), x
E C’. Le foncteurd’homomorphi smes p
étantsaturé,
il exi ste gE H,00FF . s’a
tel quep ( g )
soit labijection ( x, a ( x )) -> x
dep ( s’a)
surC’ ;
posons s’ =f3 ( g).
Lecomposé j’.n.g-1
est unep-injection j’a appliquée
parp
surune restriction de
l’application ya ; x -> ( x, a, ( x ))
de C dansC. * C..
D’après
lapartie
3a de laproposition 3 ,
il existe unep -inj ection j a
Es * s . H , s vérifiant
p ( j a) = ya . Puisque
il existe une
unique p - injection /
E s . H , s’ telle queOn
voit comme dans lapartie
aqu’il
existe desp -sous-morphismes
a’ etb’ de a et b relativement à
( j , j )
et k’ de k relativement à( j , j’ )
vérifiant :
Enfin
le corollaire3
de laproposition 5-1
entrainequ’il
existe unproduit
fibré naturalisé
canonique (( a’ , w ) , ( b’ , w’ )) dans p
et queAinsi ( C’ ·, s’ )
est unecatégorie p
-structurée.2°)
Nous venons devoir,
dans les deux casprécédents, que j = - (( C° , s ), j , ( C° · , s’ ))
est un foncteurp
-structuré. Montronsque j
estune
fi -injection.
Eneffet,
supposonsPuisque j
est unep -injection
et queil existe un
unique
b’E: s’ . H . s
vérifiantp ( h’ ) = k et j.h’ =h. L’appli-
cation
p ( h)
définissant un foncteurde C*
vers C°. prenant ses valeurs dansC",. l’application p ( h’)
définit un foncteur deC.
vers C"’. Donc((C’°, s’), h’, (C°, s))
estl’unique élément h’ de F(p) tel que 1
et
p ( h’) = k,
de sorte que(C’°, s’
est unefi - sous- structure
de(C *, s V
REMARQUE. Soient
(C., s) une-catégorie p-structurée
et(Cl-, s’)
unede ses
p-sous- structures.
Comme(C,l , C’) définit
un foncteur de C’ ° versC .,
lacatégorie
C’. est unesous-catégorie
deC.;
mais s’ peut ne pas être unep-sous-structure
de s.Cependant
s’il existe unep -sous-structure
S’ de s définie parC’,
on a s’= s,
car(C’°’, s)
est alorsl’unique P-
sous-structure de
(’C’, s) définie
parC’, si p
est àproduits
fibrés finis.DEFINITION. On
appelle sous-catégorie p -structurée
de( C°, s ) E F( P ) o
une
p-sous-structure (C’., s’)
de(C., s)
telleque s’
soit unep-sous-
structure de s. On
appelle p-monomorphisme
strict unep-injection j
telleque
pH(j)
soit unp - monomorphisme.
Pour
que j = (( C° , s ) , j , ( C · , s )) E F ( p )
soitun p-monomorphisme strict,
il faut et il suffit quep ( j )
soit uneinjection
et que lacatégorie p -structurée (C’., s’) image
de( C° , s )
par labij ection
de C sur C’restriction de
p ( j )
soit unesous-catégorie p -structurée
de( C° , s ) (i. e.
que s’ soit une
p -sous-structure
des ) .
P RO P O SITIO N 6. Soient
(C° , s )
unecatégorie p -structurée
et C’ · unesous-catégorie
de C.. Alors C’définit
unesous-catégorie p -structurée de ( C° , s) si, et seulement si, C’ , C’°o
et C’. * C’°définissent respective-
ment
des p
-sous-structures de s ,de so
etde s *
s .6. Reprenons
les notations de la définition d’unecatégorie p-
structurée et soit(( ao, v ), ( bo, v’ ))
leproduit
fibré naturalisécanonique
dans
p.
Nous notons a’,/3’
et K’respectivement
lessurjections
source,but et loi de
composition
de C’°.1°) Soit (C’., s’)
unesous-catégorie p -structurée
de(C., s ).
Comme
C’o.C C’,
lap -sous-structure s’o
de s’, et afortiori
de s, défi- nie parC’°o
est unep -sous-structure
deso .
Sia’o
etb’o
sont lesp -sous-
morphismes de ao et ho
structurant a’ et/3’,
leproduit
fibrécanonique
s’ * s’
= aô V b’ 0
est unep -sous-structure de s * s = ao V bo (proposi-
tion
5-1 ) .
2°) Inversem ent,
suppo son squ’ il
exi ste desp - sou s- struc tures
s ode s o ,
s’ de s et s’ de s * s définies parC’’,
par C’ et parC’°*C’° ;
soient
jo E so · H · s’o, j E s · H · s’
etj’ E s * s · H · s’
lesp -injections canoniques. Puisque
a.’ ,/3’
et K ’sont
des restrictions de CL,(3
et K ,on voit comme dans la
proposition
5qu’ il
existe desp -sous-morphismes a’ o
et
b’o
dea o
etb o
relativement à( j o , j ) , i’
de i rel ativement à( j , 10 ) ,
k’ , w
et w’ dek , v,
v’ relativement à( j , j’ ),
tels que lesmorphismes
a, , b, ,
il et kl structurentrespectivement
a.’,8 1, ( C’ , CI
et K’et que
((a’o, w ), ( b’o, w’»
soit unproduit
fibrénaturalisé canonique
dansp.
Par suite(C’*,s’
est unesous-catégorie p -structurée
de(C°,s),
et s’ = s’ * s’ .
V
Soit h = (( C° , s ) , h , ( C° , s ))
un fonc teurp - structuré.
Sis. et s 0
sont
les p
-sous-structures de s etde s
définies parC°0
et parC°o
et i eti les
p -injections canoniques correspondantes,
il existe unp -sous-mor-
phisme b
de b relativement à(1-, i),
carp ( h )
définit un foncteur de C · vers C · de sorte quep ( h ) ( C°o ) C C°o .
Parailleurs,
si(( a, v ), (b, v’))
et
(( a, w ), ( b, w’ ))
sont lesproduits
fibrésnaturalisés
intervenant dans ladéfinition de ( C°, s )
et de( C -, 7), l’égalité a · h · v = b · h
v’entraîne qu’ il
existe ununique b * b
E H tel queain si h * h
admet pour source s * s = aV b ,
pour buts * s = â V b et
p ( h * h )
est Ilapplication
Comme ho et h * h
sont déterminés defaçon unique,
lesapplications
h -> ho
eth -> h * h
deF(p)
dans H définissent des foncteurspo
etp"
de F ( p )
ver s H° .PROPOSITION 7 .
Supposons
que F soit unfoncteur
d’unecatégorie
K°vers F ( p )
et que lesfoncteurs
F’ =PH .
F et F" =fi" .
F admettent deslimites
projectives
dansp.
Alors siFO = po,
F admet une limiteprojec-
tive dans
p (resp.
sip
est àproduits fibrés finis
ou ànoyaux),
F admetune limite
projective (C., s )
dansfi,
où C° et s sontrespectivement
leslimites
projectives canoniques
depF.
F et de F’ .A.
Soit e une unité de K° . PosonsSoient
s e , H , s eg
lesmorphismes
structurant lesapplications
sourcea. e,
butBe
et loi de
composition Ke
deC°e
etl’injection canonique
Ilexiste des
produits
fibrés naturalisés dansest aussi un
produit
fibrénaturalisé
dansp, où ae=
sont les
applications
de
K°o
dans H associant à erespectivement
montrons que les
triplets
sont des transform-ations naturelles. En