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Syst`emes anticanoniques et petites contractions

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Syst` emes anticanoniques et petites contractions

Memoire de M2 de Liana Heuberger

25 juin 2012

Directeur de stage

Andreas H¨ oring

(2)

Table des mati` eres

Introduction 1

1 Pr´ eliminaires 5

1.1 Contractions . . . . 5

1.2 Positivit´ e . . . . 6

1.3 Singularit´ es des paires . . . . 7

1.4 Th´ eor` emes d’annulation . . . . 10

2 Petites Contractions 12

3 Terminalit´ e 30

1

(3)

2

Introduction

Soit X une vari´ et´ e projective lisse. Si son diviseur canonique K X n’est pas nef, il existe un rayon extr´ emale R qui est K X -negative. Le premier pas du programme de Mori est de contracter ce rayon pour obtenir une vari´ et´ e plus simple et de r´ ep´ eter ce raisonnement jusqu’` a ce qu’on retrouve une vari´ et´ e dont le diviseur canonique est nef, que l’on appelle le mod` ele minimal de X.

Plus pr´ ecis´ ement, si R est un rayon extr´ emale dans le cˆ one de Mori N E(X) qui est K X -negative, alors il existe un morphisme ` a fibres connexes f : X → Y tel que −K X soit f-ample et qui contracte exactement les courbes qui sont dans la classe de R.

On appelle f une contraction ´ el´ ementaire.

Le but de ce m´ emoire est d’analyser les fibres de ce type de contraction dans le cas o` u X est une vari´ et´ e projective lisse de dimension 4, notamment le nombre de leurs composantes irr´ eductibles et leurs intersections, dans la situation o` u f est en plus un isomorphisme en codimension 1. Dans ce cas, on dit que f est une petite contraction.

Dans ce qui suit, on utilisera la notation A X pour d´ esigner le diviseur anticanonique −K X .

Comme les fibres d’une telle contraction sont isol´ ees, on peut se res-

treindre ` a un voisinage affine de l’image d’une fibre. Avec ces hypoth` eses plus

convenables, on arrive ` a d´ emontrer le r´ esultat central du deuxi` eme chapitre,

dont la preuve suit celle de l’article de Andreatta et Wisniewski [AW1] :

Th´ eor` eme 0.0.1 Soit f : X → Y une contraction ´ el´ ementaire petite d’une

vari´ et´ e projective lisse de dimension 4 et F une de ses fibres. Alors le mor-

phisme d’´´ evaluation f f ∗ A X −→ A X est surjectif en tout point de F .

Comme on a suppos´ e que Y est une vari´ et´ e affine, tout faisceau quasi-coh´ erent

sur Y est globalement engendr´ e. Par la suite spectrale de Leray, on a que

(4)

H 0 (X, A X ) = H 0 (Y, f ∗ (A X )),

d’o` u on d´ eduit que |A X | 6= ∅. Soit alors X 0 ∈ |A X | g´ en´ eral.

La preuve du Th´ eor` eme 0.0.1 est divis´ e en pluisieurs ´ etapes :

• X 0 est ` a singularit´ es canoniques et ne contient aucune composante irr´ eductible de la fibre.

En particulier, ceci entraˆıne que si onsid` ere la restriction f| X

0

: X 0 → Y 0 , alors K X

0

∼ O X

0

et ses fibres ont dimension au plus ´ egale ` a 1.

• soit X 00 un ´ el´ ement g´ en´ eral de |A X | X

0

|. Alors X 00 ne contient aucune fibre de f| X

0

.

On en d´ eduit que le morphisme f| X

00

: X 00 → Y 00 est fini, et en particu- lier que A X est relativement sans point base sur X 00 .

• finalement, on d´ emontre que toute section de A X sur X 00 se prolonge sur X 0 et puis sur X.

Le lieu de base de A X est cens´ e d’ˆ etre contenu dans X 0 , car X 0 ∈ |A X |.

En utilisant l’etape pr´ ec´ edente, on conclut qu’il est vide.

En utilisant l’in´ egalit´ e de Ionescu-Wisniewski et les propri´ et´ es des contrac- tions petites, on sait d´ ej` a que la dimension de toute composante irr´ eductible de la fibre est ´ egale ` a 2. Mais le th´ eor` eme nous montre que le lieu de base du syst` eme anticanonique est vide, ce qui nous permettera de d´ eduire facilement le r´ esultat suivant :

Th´ eor` eme 0.0.2 Soit f : X → Y une petite contraction d’une vari´ et´ e lisse de dimension 4 et F i une compoasnte irr´ eductible d’une fibre. Alors F i ' P 2 . Dans la seconde partie du deuxi` eme chapitre, on d´ emontre quelques r´ esul- tats sur les intersections de ces composantes, dont les preuves sont de nature combinatoire. Celles-ci nous permettront de conclure avec la proposition sui- vante :

Proposition 0.0.3 Une composante connexe d’une fibre d’une contraction petite d’une vari´ et´ e projective lisse de dimension 4 a au plus deux compo- santes irr´ eductibles.

Il existent des r´ esultats encore plus precis sur ce th` eme. Notamment, dans l’article de Y. Kawamata sur les petites contractions [12], il d´ emontre que en fait il y a exactement une composante irr´ eductible E par composante connexe d’une fibre et que son fibr´ e normal est

N E/X ' O P

2

(−1) ⊕2 .

(5)

4

Dans le troisi` eme chapitre, on d´ emontre de fa¸con independente un th´ eo- r` eme sur les singularit´ es d’un ´ el´ ement g´ en´ eral de |A X | :

Th´ eor` eme 0.0.4 Soit f : X → Y une contraction petite d’une vari´ et´ e de dimension 4 et D un ´ el´ ement g´ en´ eral de |A X |. Alors D a au plus des singu- larit´ es terminales.

Ce r´ esultat pourrait nous diriger vers la preuve du mˆ eme ´ enonc´ e dans le cas d’une vari´ et´ e de Fano :

Conjecture 0.0.5 Soit X une vari´ et´ e Fano projective et lisse de dimension 4 et D ∈ |A X | g´ en´ eral. Alors D ` a singularit´ es terminales.

Le Th´ eor` eme 1.7 de l’article [11] de A. H¨ oring et C. Voisin montre que

sous ces hypoth` eses on a d´ ej` a que D a des singularit´ es canoniques isol´ ees,

ensuite en accouplant ces deux preuves - l’une qui nous fournit la m´ ethode

et l’autre qui nous met dans le bon contexte, on pourra arriver ` a une preuve

de la conjecture.

(6)

Chapitre 1 Pr´ eliminaires

En contractant un rayon extr´ emale par le morphisme f : X → Y , on est dans un des trois situations :

– dim X > dim Y , alors f s’appelle une contraction fibr` ee.

– f est birationnelle et son lieu exceptionnel est un diviseur irr´ eductible sur X. Ceci est dite une contraction divisorielle.

– f est birationnelle et son lieu exceptionnel est de codimension au moins

´

egale ` a 2. On dit que f est une contraction petite.

Les trois cas se comportent assez diff´ eremment par rapport au programme de Mori. Dans le premier cas, le probl` eme se r´ eduit pratiquement ` a l’´ etude de la vari´ et´ e de dimension plus petite Y . Dans le deuxi` eme, mˆ eme si Y peut ˆ

etre singuli` ere, on sait que K Y est Q -Cartier.

Dans ce sens, le cas des contractions petites est le plus compliqu´ e, car K Y n’est pas Q -Cartier et Y est tr` es singulier. Pourtant, on reste dans ce cas pour X ayant dimension 4 en obtenant des r´ esultats sur la dimension des fibres de f. On introduit la m´ ethode des singularit´ es des paires dans cette section pour pouvoir manipuler la classe canonique de Y apr` es l’avoir adapt´ ee ` a notre situation.

1.1 Contractions

Definition 1.1.1 Une contraction ´ el´ ementaire est dite petite si elle est bi- rationnelle et si en codimension 1 elle est un isomorphisme (i.e. avec les notations d’auparavant, il existe un sous-ensemble algebrique E de X de co- dimension au moins 2 tel que f : X − E −→ Y − f(E) est un isomorphisme).

Definition 1.1.2 Soit X une vari´ et´ e quasi-projective et f : X → Y une contraction ´ el´ ementaire associ´ ee au rayon extr´ emale R de X. Alors la lon-

5

(7)

CHAPITRE 1. PR ´ ELIMINAIRES 6 gueur du rayon R est defini par

l(R) := min{A X · C | C ⊂ X est une courbe rationnelle t.q. [C] ∈ R }.

Th´ eor` eme 1.1.3 (Ionescu-Wisniewski) Si E ⊂ X est le lieu exception- nel d’une contraction ´ el´ ementaire f : X → Y et F est une composante irr´ eductible d’une f -fibre contenue dans E , alors

dim E + dim F ≥ dim X + l(R) − 1.

Remarque 1.1.4 Soit f : X → Y une contraction petite et E = ` E i la d´ ecomposition en composantes irr´ eductibles du lieu exceptionnel de f . Alors la dimension de E i est ´ egale ` a 2 pour tout i.

Preuve. On utilise le Th´ eor` eme de Ionescu-Wisniewski dans la situation F = E = E i . Comme on ´ etudie que les contractions petites (en particulier

´

el´ ementaires) des vari´ et´ es de dimension 4, on a par d´ efinition que (A X ·C) > 0, car C est contenue dans la fibre de f . Alors l(R) ≥ 1 et on obtient ainsi que la dimension de chaque E i est au moins ´ egale ` a 2.

Comme f est petite, le lieu exceptionnel est de codimension au moins 2, ce qui entraˆıne que dim E i = 2 pour tout i.

Proposition 1.1.5 Si ν i : f E i → E i est la normalisation de E i , alors f E i ' P 2 et ν i (A X ) ' O P

2

(1).

La preuve de cette remarque se retrouve dans [5], Rmk 12. Pour une version encore plus detaill´ ee de cette preuve, voir [10].

1.2 Positivit´ e

Definition 1.2.1 Soit X une vari´ et´ e projective et L un fibr´ e en droites sur X.

• L est dit tr` es ample s’il existe une immersion ferm´ ee de X dans un certain espace projectif P n tel que L = O X (1) := O P

n

(1)| X .

• L est dit ample si L ⊗m est tr` es ample pour un certain m > 0.

Definition 1.2.2 Soit X une vari´ et´ e projective. Un diviseur de Cartier sur X est dit nef si pour toute courbe irr´ eductible C dans X on a

(D · C) ≥ 0.

Un diviseur Q -Cartier D est ample ou nef si un multiple positif mD est

Cartier et ample, respectivement nef.

(8)

1.3 Singularit´ es des paires

D` es qu’on fait une contraction d’une vari´ et´ e X, on voudrait comparer l’ancienne classe canonique avec celle de la vari´ et´ e qu’on vient d’obtenir pour pouvoir continuer le MMP. Cette diference a fait apparaˆıtre la notion de discr´ epance, que l’on verra dans la suite. Mais tandis que cette comparaison est facile ` a faire en dimension 2, d` es qu’on passe aux dimensions superieures les choses ne sont pas si claires.

En fait, si la dimension de la vari´ et´ e initiale est au moins trois, en lui appliquant le MMP on ne peut pas empˆ echer que les contractions des rayons extr´ emales produisent des vari´ et´ es non-lisses. Il faut d’abord essayer de bien comprendre ces singularit´ es, et le cadre le plus naturel c’est de considerer des paires de la forme (X, ∆), o` u ∆ est un diviseur sur X.

Effectivement, si la vari´ et´ e X est nonsinguli` ere en codimension 1, sa classe canonique est la clˆ oture de la classe canonique de X reg . Le diviseur de Weil qu’on vient d’obtenir en faisant une petite contraction de X n’est pas Q - Cartier, donc on ne peut pas calculer son pull-back et cons´ equemment on n’arrive pas ` a une definition convenable de la discr´ epance. Pour corriger ¸ca, on introduit un Q -diviseur effectif ∆ sur X, et dans la suite le rˆ ole de la classe canonique K X sera jou´ e par K X + ∆, qui cette fois sera bien un diviseur Q - Cartier.

Definition 1.3.1 Une paire (X, ∆) est compos´ ee d’une vari´ et´ e normale X, ainsi que d’un Q -diviseur de Weil effectif ∆ = P

a ii sur X tel que le Q -diviseur K X + ∆ soit Q -Cartier sur X.

Definition 1.3.2 Soit D = P

D i un diviseur sur la vari´ et´ e lisse X. On dit que D est ` a croisements normales simples (ou bien que D est un diviseur SNC) si chaque D i est lisse et si D est defini en coordon´ ees autour d’un point par une equation du type :

z 1 · z 2 · . . . · z k = 0 pour un certain k ≤ n. Un Q -diviseur D = P

a i D i est ` a croisements nor- males simples si P

D i l’est.

Definition 1.3.3 Soit D = P

a i D i un Q -diviseur sur la vari´ et´ e normale X.

Une log-r´ esolution de D est un morphisme birationnel projectif µ : X 0 −→ X,

o` u X 0 est lisse, le lieu exceptionnel Exc(µ) est de codimension 1 et le diviseur

µ −1 D + Exc(µ) est SNC.

(9)

CHAPITRE 1. PR ´ ELIMINAIRES 8 Definition 1.3.4 Soit (X, ∆) une paire, ∆ = P

a ii avec a i ∈ R . Suppo- sons que (K X + ∆) est un diviseur Q -Cartier. Soit f : Y → X un morphisme birationnel, o` u Y est une vari´ et´ e normale. On a que

K Y ≡ f (K X + ∆) + X

a(E i , X, ∆)E i ,

o` u E i ⊆ Y sont des diviseurs premiers distincts et a(E i , X, ∆) ∈ R , ∀ i.

Par convention, un diviseur nonexceptionnel E apparait dans la somme si et seulement si E = f ∆ i pour un certain i et alors le coefficient corres- pondant a(E, X, ∆) = −a i . Ainsi, on assure que le cˆ ot´ e droit de la formule est uniquement d´ etermin´ e.

On dit que les a(E i , X, ∆) sont les discr´ epances de la paire (X, ∆).

Si f 0 : Y 0 → X est un autre morphisme birationnel et E i 0 ⊂ Y 0 est la trans- form´ ee birationnelle de E i sur Y 0 , alors on a que a(E i , X, ∆) = a(E i 0 , X, ∆).

On en d´ eduit que les discr´ epances dependent en fait seulment des diviseurs E i (et pas de Y ). L’id´ ee c’est donc de comparer K Y avec f (K X + ∆) quand Y parcourt toutes les r´ esolutions de X.

Definition 1.3.5 Soit (X, ∆) une paire et f : X 0 → X un morphisme bi- rationnel. Un diviseur irr´ eductible f -exceptionnel E ⊂ X 0 s’appelle crepant (par rapport ` a la paire (X, ∆)) si a(E, X, ∆) = 0. Le morphisme f s’ap- pelle crepant (toujours par rapport ` a la paire (X, ∆)) si tous les diviseurs f -exceptionnels E ⊂ X 0 sont crepants.

Definition 1.3.6 Soit (X, ∆) une paire. On note

discrep(X, ∆) = inf {a(E, X, ∆)| E est exceptionnel au dessus de X} et totaldiscrep(X, ∆) = inf {a(E, X, ∆)| E est un diviseur au dessus de X }

Toute restriction sur discrep(X, ∆) produit une classe de paires (X, ∆), dont les suivantes sont les plus importantes :

Definition 1.3.7 On dit que la paire (X, ∆) ou le diviseur K X + ∆ est :

• terminale si discrep (X, ∆) > 0,

• canonique si discrep (X, ∆) ≥ 0,

• klt (Kawamata log terminale) si discrep (X, ∆) > −1 et b∆c = 0,

• plt (purement log terminale) si discrep (X, ∆) > −1,

• lc (log canonique) si discrep (X, ∆) ≥ −1.

Definition 1.3.8 Soit (X, ∆) une paire klt, D un Q -diviseur Q -Cartier. Le seuil log canonique de D pour (X, ∆) est

lct((X, ∆), D) = sup {t ∈ R + |(X, ∆ + tD) est lc}

(10)

On dit que une paire est proprement log canonique si elle est lc et n’est pas klt. Ainsi, si c = lct((X, ∆), D), la paire (X, ∆ + cD) est proprement log canonique.

Definition 1.3.9 Soit (X, ∆) une paire log canonique et f : X 0 → X une log-r´ esolution de ∆. Un diviseur E ⊆ X 0 de discr´ epance −1 est dit place log canonique. La fermeture de f (E) est dite centre de log canonicit´ e de la paire (X, ∆) et est not´ ee par Center X (E). De facon ´ equivalente, si on ´ ecrit

K X

0

≡ µ (K X + ∆) + E,

on peut d´ efinir une place comme une composante irr´ eductible de −bEc. On note par CLC (X, ∆) l’ensemble de tous les centres.

Definition 1.3.10 Soit (X, ∆) une paire log canonique. Un centre W est dit exceptionnel s’il existe une log r´ esolution µ : X 0 → X de cette paire et tel que :

• il existe une seule place E W ⊆ X 0 dont l’image dans X est W ,

• pour toute place E 6= E W on a que µ(E) ∩ W = ∅.

Th´ eor` eme 1.3.11 ([4], p.71) Soit (X, ∆) une paire klt et D un Q -diviseur effectif qui est Q -Cartier et tel que (X, ∆ + D) soit proprement lc. Soit W un centre minimal pour la paire (X, ∆ + D) et H un diviseur de Cartier qui est ample sur X. Pour tout nombre rationnel 0 < r 1, il existent c 1 , c 2 ∈ Q , 0 < c 1 , c 2 ≤ r et un Q -diviseur effectif A ∼ Q c 1 H tel que la paire (X, ∆+(1 −c 2 )D +A) soit log canonique et que W soit un centre exceptionnel pour celle-ci.

Th´ eor` eme 1.3.12 (Formule de sous-adjonction - [7], Thm 1.2)

Soit (X, D) une paire lc avec D effectif et W un centre minimal. Alors il existe un Q -diviseur effectif D W sur W tel que

• la paire (W, D W ) est klt,

• K W + D WQ (K X + D)| W .

Th´ eor` eme 1.3.13 ([14], p.263) Soit X une vari´ et´ e normale et S ⊆ X un diviseur de Cartier irr´ eductible. Soit B un Q -diviseur effectif tel que S 6⊆

SuppB et supposons que K X + S + B est Q -Cartier. Alors (X, S + B ) est plt autour de S ⇔ (S, B S ) est klt.

Si en plus on suppose que B est Q -Cartier et (S, 0) est klt, alors :

(X, S + B) est lc autour de S ⇔ (S, B| S ) est lc.

(11)

CHAPITRE 1. PR ´ ELIMINAIRES 10 Th´ eor` eme 1.3.14 ([6], 7.29) Soit X une vari´ et´ e projective et M un Q - diviseur nef et big sur X. Alors il existent une desingularization π : Z → X et un diviseur r´ eduit P

F i sur Z qui est SNC et qui contient Exc(π) tel que pour tout η > 0 il existent des nombres rationnels p i ∈ (0, η) tel que π (M ) − P

p i F i est ample.

1.4 Th´ eor` emes d’annulation

Notation 1.4.1 Si D = P

a i D i est un Q -diviseur de Cartier, alors {D} = X

{a i }D i et dDe = X

da i e D i ,

ou par {a} et dae on designe la partie fractionnelle, respectivement le round- up du nombre a.

Th´ eor` eme 1.4.2 (Th´ eor` eme d’annulation de Kawamata-Viehweg relatif ) Soit X une vari´ et´ e lisse et π : X → S un morphisme propre vers une vari´ et´ e S. Supposons que le Q -diviseur D ∈ Div(X) ⊗ Q satisfait les condi- tions suivantes :

• D est π-nef et π-big,

• le support de {D} est ` a croisements normaux.

Alors R i π ∗ O X (K X + dDe) = 0 pour tout i > 0.

Remarque 1.4.3 Si en plus S est affine, la conclusion de ce Th´ eor` eme est

´

equivalente ` a

H i (X, O X (K X + dDe)) = 0, ∀ i > 0.

Preuve. Comme S est affine, on peut appliquer le Th´ eor` eme 3.5 de [9], Ch.III. On obtient que

H i (S, π O X (K X + dDe) = 0, ∀ j > 0.

Par la suite spectrale de Leray, ceci est ´ equivalent ` a : H i (X, O X (K X + dDe)) = 0, ∀ i > 0.

Th´ eor` eme 1.4.4 (Th´ eor` eme d’annulation de Kawamata-Viehweg logarith- mique)

Soit (X, ∆) une paire projective klt et D un Q -diviseur Q -Cartier sur X qui est nef et big et tel que le diviseur K X + ∆ + D soit de Cartier. Alors

H i (X, K X + ∆ + D) = 0, ∀ i > 0.

(12)

Pour g´ en´ eraliser le r´ esultat d’annulation du Th´ eor` eme de Kawamata- Viehweg dans une autre direction (i.e. sans l’hypoth` ese de croisements nor- males simples), on introduit la notion d’id´ eal multiplicateur. Fixons une paire (X, ∆) et une r´ esolution µ : X 0 → X.

Definition 1.4.5 L’id´ eal multiplicateur du diviseur Q -Cartier D pour la paire (X, ∆) est le faisceau

J ((X, ∆), D) = µ ∗ O X

0

(K X

0

− bµ (K X + ∆ + D)c).

Th´ eor` eme 1.4.6 (Annulation de Nadel) Soit (X, ∆) une paire et D un Q - diviseur Q -Cartier sur X. Si N est un diviseur de Cartier sur X tel que N − (K X + ∆ + D) est nef et big, alors

H i (X, O X (N ) ⊗ J ((X, ∆), D))) = 0, ∀ i > 0.

Remarque 1.4.7 Comme J (X, ∆) = O X si et seulement si ord E (K X

0

− µ (K X + ∆)) > −1 ∀ E ⊆ X 0 , alors la paire (X, ∆) est klt si et seulement si J (X, ∆) = O X .

Si K X et ∆ sont Q -Cartier, alors (X, ∆) est lc ssi J (X, (1 − ε)∆) = O X pour tout 0 ≤ ε 1 et J (X, ∆) 6= O X .

Th´ eor` eme 1.4.8 (Th´ eor` eme d’annulation de Nadel relatif )

Soit f : X −→ Y un morphisme projectif, (X, ∆) une paire log-canonique et H un diviseur de Cartier sur X tel que H − (K X + ∆) est f-ample. Alors on a

R j f ∗ (H ⊗ J (X, ∆)) = 0, ∀ j > 0.

Remarque 1.4.9 Si on rajoute aux th´ eor` emes de Nadel l’hypoth` ese que {D}

est ` a croisements normales simples et que D est (relativement) nef et big, on obtient les th´ eor` emes d’annulation de Kawamata-Viehweg dans les cas logarithmique et relatif. En effet, ceci se d´ eduit facilement si on prend N :=

K X + ∆ dans l’´ enonc´ e du Th´ eor` eme 1.4.6, respectivement H := D + K X et

∆ = 0 dans celui du Th´ eor` eme 1.4.8.

(13)

Chapitre 2

Petites Contractions

Dans ce chapitre on commence l’´ etude des objets centrales de ce m´ emoire, les contractions petites. On analyse principalement le syst` eme anticanonique de la vari´ et´ e X, qu’on note par A X , comme avant, pour simplifier les calculs.

Dans le Th´ eor` eme 2.0.16, on d´ emontre que le syst` eme lin´ eaire associ´ e

|A X | est sans point de base, en utilisant r´ ecursivement un argument de non- annulation d’une section de |A X | sur une fibre de f. Ceci nous permettra de baisser la dimension de la fibre jusqu’` a ce qu’on arrive au cas trivial d’un morphisme fini.

En ce qui suit, on montre encore quelques propri´ et´ es des fibres et des intersections de leur composantes irr´ eductibles.

On veut comprendre localement les petites contractions, c’est pourquoi on va restreindre f ` a l’image inverse d’un vosinage affine de l’image d’une fibre. On a le Lemme de rigidit´ e suivant :

Lemme 2.0.10 ([6], Lm.1.15) Soient les vari´ et´ es X, Y et Y 0 et les mor- phismes propres π : X → Y et π 0 : X → Y 0 . Supposons que π ∗ (O X ) ' O Y . Alors :

• si π 0 contracte une fibre π −1 (y 0 ) de π, il existe une voisinage ouvert Y 0

de y 0 dans Y et une factorisation

π 0 | π

−1

(Y

0

) : π −1 (Y 0 ) − → π Y 0 → Y 0

• si π 0 contracte une fibre de π, il se factorise par π.

Soit Γ(X) := Spec(H 0 (X, O X )) et f Γ : X → Γ(X) la fonction donn´ ee par l’´ evaluation des sections globales. Ce morphisme est propre et on a que f Γ∗ O X = O Γ(X) , c’est ` a dire que f Γ est ` a fibres connexes, par [9], III, Cor.11.3.

12

(14)

On applique aussi la r´ eciproque de ce r´ esultat : par hypoth` ese, f est ` a fibres connexes, ce qui entraˆıne que f ∗ O X = O Y .

Le fait que f est un isomorphisme en dehors des fibres implique que les morphismes f et f Γ coincident sur X \ S

F f ibre

F . Donc Y et Γ(X) sont les mˆ emes ` a part un certain nombre de points et par le lemme de rigidit´ e, quitte

`

a restreindre Y , on a que Y = Γ(X).

Remarque 2.0.11 Si X 0 est un ´ el´ ement g´ en´ eral de |A X |, alors le morphisme f 0 := f| X

0

est aussi ` a fibres connexes.

Preuve. Si Y 0 = Γ(X 0 ), alors comme Y = Γ(X) on a que Y 0 , → Y est une immersion ferm´ ee, car elle est donn´ ee par l’application H 0 (X, O X ) → H 0 (X 0 , O X

0

). En effet, par la suite exacte longue en cohomologie appliqu´ e ` a la suite exacte courte :

0 → O X (K X ) → O X → O X

0

→ 0,

le conoyeau de cette fl` eche est contenu dans H 1 (X, A X ), qui est nul par la Remarque 1.4.3 pour D = 2A X . Alors comme f Γ∗ 0 (O X

0

) = O Γ(X ) (on fait les mˆ emes notations d’auparavant dans le cas de X 0 et f 0 ), on obtient que f 0 est

`

a fibres connexes.

Proposition 2.0.12 Soit f : X −→ Y une contraction ´ el´ ementaire petite, o` u X est lisse, de dimension 4 et Y est une vari´ et´ e affine. Si D est un ´ el´ ement g´ en´ eral de |A X |, alors la paire (X, D) est plt. De plus, par le Th´ eor` eme 1.3.13, ceci entraˆıne que D est ` a singularit´ es canoniques.

Preuve.

Supposons que (X, D) n’est pas plt et soit c son seuil log-canonique. Par le Lemme 5.1 de [1], la paire (X, cD) est plt dans le compl´ ement du lieu de base de |A X |. Comme (X, cD) est proprement lc, il existe un centre minimal, qu’on note W .

Par le Th´ eor` eme 1.3.11, on peut trouver un nombre rationnel 0 < c 1 1 et un Q -diviseur effectif ample B tel que W est exceptionnel pour la paire (X, (1 − c 1 )cD + B ). En particulier, l’amplitude de B entraˆıne l’existence d’un nombre a 1 tel que B = a(A X + f H), o` u H est un diviseur ample sur Y .

Par le Th´ eor` eme 1.3.12, il existe un Q -diviseur effectif B W sur W tel que (W, B W ) est klt et :

K W + B WQ (K X + (1 − c 1 )cD + B)| WQ

(15)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 14

Q (−1 + (1 − c 1 )c + a)(A X )| W + af H| W

Q (−1 + (1 − c 1 )c + a)(A X )| W ,

ce qui montre que K W + B W est anti-ample sur W , ´ etant un multiple negatif (parce qu’on peut choisir a suffisament petit) d’un diviseur anti-ample.

Soit Z l’union des centres log-canoniques de la paire (X, (1 − c 1 )cD + B) et I Z l’id´ eal de Z.

Considerons la suite exacte suivante :

0 → I Z (A X ) → O X (A X ) → O Z (A X ) → 0

Comme A X − (K X + cD) ∼ (2 − c)(A X ) est f-ample (´ etant un multiple positif d’un diviseur f-ample), on peut appliquer le Th´ eor` eme 1.4.8 pour obtenir que

R j f ∗ (A X ⊗ J (X, (1 − c 1 )cD + B)) = 0, ∀ j > 0.

Par le Thm 3.5 de [9], Ch.III , le fait que Y est un sch´ ema affine entraˆıne que

H j (Y, f ∗ (O X (A X ) ⊗ J (X, (1 − c 1 )cD + B))) = 0, ∀ j > 0.

Par la suite spectrale de Leray, ceci est ´ equivalent ` a : H j (X, O X (A X ) ⊗ I Z ) = 0, ∀ j > 0.

En appliquant la suite longue en cohomologie ` a la suite exacte courte d’auparavant, on obtient :

0 → H 0 (X, I Z (A X )) → H 0 (X, O X (A X )) → H 0 (Z, O Z (A X )) → 0 Comme Z est contenu dans le lieu-base de |A X |, on a que

H 0 (X, I Z (A X )) ' H 0 (X, O X (A X )).

Alors h 0 (Z, O Z (A X )) = 0, et comme W est une composante connexe de Z , on en d´ eduit que h 0 (W, O W (A X )) = 0.

Si la dimension de W est 0, on a toujours des sections globales l` a-dessus.

Si W est une courbe projective lisse, alors D| W est un diviseur de Cartier et D| W − (K W + B W ) ∼ Q (1 + 1 − (1 − c 1 )c − a)(A X )

Q (2 − (1 − c 1 )c − a)(A X )| W

(16)

est nef et big, car le coefficient de A X est strictement positif. Comme on est sur une courbe projective, ceci est ´ equivalent au fait que D| W − (K W + B W ) est ample, ce qui implique deg(D| W − (K W + B W )) > 0. Alors

deg(D| W ) > deg(K W + B W ) ≥ degK W = 2g − 2.

Comme h 0 (W, D| W ) ≥ h 0 (W, D| W ) − h 1 (W, D| W ) = 1 − g + degD. Si le genre de W est 0, le fait que D soit effectif (donc de degr´ e positif sur une courbe) entraˆıne que h 0 (W, D| W ) 6= 0. Sinon, en utlisant l’in´ egalit´ e pr´ ec´ edente on a que h 0 (W, D| W ) 6= 0 > g − 1 et on tombe sur la mˆ eme conclusion qui contredit la supposition initiale.

Si la dimension de W est ´ egale a 2, on est bien dans les hypoth` eses du Th´ eor` eme 3.1 de [8] : la paire (W, B W ) est klt, A X | W est nef (mˆ eme ample) et par le mˆ eme calcul d’auparavant A X | W − (K W + B W ) est bien nef et big,

´

etant un multiple positif d’un ample. Ainsi on a que h 0 (W, O W (A X )) 6= 0, contradiction.

Th´ eor` eme 2.0.13 Soit f : X → Y une contraction ´ el´ ementaire petite d’une vari´ et´ e de dimension 4 et F est une fibre de f. Alors Bs| − K X | ne contient aucune des composantes irr´ eductibles de F . De fa¸ con ´ equivalente, il existe une section de −K X qui ne s’annulle pas sur aucune composante de F .

Preuve.

On peut choisir un diviseur B sur X qui est le pull-back d’un diviseur sur Y tel que la paire (X, B) est log canonique en dehors de F et (X, B ) n’est pas log canonique au point g´ en´ erique de toute composante irr´ eductible de F . En effet, si on prend des fonctions ψ 1 , . . . , ψ m sur Y qui s’annullent sur f (F ), alors les pull-backs de leurs diviseurs contiennent F . Notons D i :=

{f ψ i } et soit B := P

D i . Par le choix g´ en´ eral de ces sections, on peut supposer que les D i se coupent normalement et T

i

Supp D i ⊆ F .

Le fait que X est lisse entraˆıne que X \ F l’est aussi, et on obtient que D i \ F est lisse, car D i \ F appartient ` a un sisyt` eme lin´ eaire sans points base (dans le Lemme 5.1 de [1] on montre que le lieu des singularit´ es canoniques d’un ´ el´ ement g´ en´ eral d’un syst` eme lineaire se trouve dans son lieu de base).

Donc on a bien que (X, B ) est log canonique en dehors de F .

Pour la deuxi` eme partie, si on ´ eclate une composante irr´ eductible F 0 de F , on obtient un diviseur exceptionnel dont la discr´ epance par rapport ` a K X + B est strictement plus petite que −1. En effet, si µ : X 0 → X est l’´ eclatement de F 0 , on a que :

K X

0

= µ K X + aE et µ D i = D i 0 + λ i E,

(17)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 16 o` u D i 0 est la transform´ ee stricte de D i et λ i ≥ 1 ∀i ∈ {1 . . . m}. En sommant ces relations, on obtient :

K X

0

= µ (K X + X

D i ) + (a − X

λ i )E − X D i 0 . La discr´ epance de E par rapport ` a K X + B est ´ egale ` a a − P

λ i ≤ a − m, qui est bien plus petite que −1, car on peut toujours augmenter le nombre de D i choisis, alors que a reste constante.

Soit ϕ : Z → X une log r´ esolution de (X, B ), i.e. Z est lisse et tous les diviseurs relevants sont lisses et se coupent normalement. Alors on a :

• K Z = ϕ K X + P

e i E i , ou e i > −1,

• ϕ B = P

b i E i , ou b i ≥ 0 et

• Par le Th´ eor` eme 1.3.14, il existe un Q -diviseur f ◦ ϕ-ample T et 0 ≤ p i 1 tel que T = − P

p i E i .

Soit F 0 ⊂ F une composante irr´ eductible, on definit : c := min

e i + 1 − p i

b i | F 0 ⊂ ϕ(E i ), b i > 0

On peut supposer, quitte ` a perturber les coefficients p i , que le minimum est obtenu seulement pour l’indice i = 0.

Claim : Par le choix de c on obtient que : 1. 0 < c < 1,

2. ϕ(E 0 ) = F 0 ,

3. si cb i − e i + p i < 0, alors E i est ϕ-exceptionnel,

4. si cb i − e i + p i ≥ 1 et i 6= 0, alors F 0 n’est pas contenu dans ϕ(E i ).

En effet, on a bien que K Z = ϕ (K X + cB) + P

(e i − cb i )E i quelque soit c. Par supposition (X, B) n’est pas log canonique sur F 0 , i.e. e i − b i < −1 pour au moins un i, ce qui implique c < 1. Alors (X, cB) est klt en dehors de F , donc ϕ(E i ) ⊂ F . Comme F 0 est une composante irr´ ductible de F , ceci d´ emontre l’affirmation 2. Si cb i − e i + p i < 0, alors e i > 0, et ainsi E i est ϕ-exceptionnel. La quatri` eme affirmation est vraie par la d´ efinition de c.

Soit le diviseur

K Z + T + X

(cb i − e i + p i )E i + ϕ (tA X ) ∼ Q

Q ϕ (K X ) + ϕ (cB) + ϕ (tA X ) ∼ Q ϕ ((t − 1)A X ),

(18)

car ϕ (cB) ∼ Q 0. En effet, comme B est un pull-back d’un diviseur de Y (que l’on note D), pour une courbe C ⊆ Z on a :

((f ◦ ϕ) (cD) · C) ∼ Q (cD · (f ◦ ϕ) ∗ C) ∼ Q 0, car Y est affine, donc (f ◦ ϕ) ∗ C = 0.

On d´ ecompose la somme

X (cb i − e i + p i )E i = E 0 + H 00 − H 0 + F r,

o` u E 0 , H 0 et H 00 sont des diviseurs effectifs sans composantes en commun et F r = P

{cb i − e i + p i }E i . On remarque qu’a cause du choix de c, F r est nul le long de E 0 . En plus, par 3) on a que H 0 est ϕ-exceptionnel et F 0 n’est pas contenu dans ϕ(H 00 ).

Soit t un entier tel que t ≥ −1. Par construction, le diviseur ϕ (tA X ) − E 0 + H 0 − H 00 − K Z − F r ∼ Q T + ϕ ((t + 1)A X )

est f ◦ ϕ-ample (car ϕ ((t + 1)A X ) est au moins nef et T est f ◦ ϕ-ample).

On restreint ` a E 0 et par la formule d’adjonction on obtient le diviseur : (ϕ (tA X ) + H 0 − H 00 )| E

0

− K E

0

− F r E

0

qui est ample. En appliquant deux fois le Th´ eor` eme 1.4.2 et la Remarque 1.4.3, pour tout i > 0 on a que :

H i (Z, ϕ (tA X ) − E 0 + H 0 − H 00 ) = 0

et H i (E 0 , (ϕ (tA X ) − E 0 + H 0 − H 00 )| E

0

) = 0. (2.1) On note N (t) := ϕ (tA X ) + H 0 − H 00 . Par la premi` ere annulation, les restric- tions

H 0 (Z, N (t)) −→ H 0 (E 0 , N(t)| E

0

) (2.2) sont surjectives pour tout t ≥ −1.

En outre, par l’annulation (2.1) on a que χ(N(t)| E

0

) = h 0 (N(t)| E

0

) pour tout t ≥ −1.

S’il existait une section nonnulle s de N (t)| E

0

, on pourrait l’´ etendre en une section nonnulle de N (t) sur Z. Comme E 0 n’est pas contenu dans le support de H 00 , on obtient une section s ∈ H 0 (Z, ϕ (tA X ) + H 0 ) qui n’est pas identiquement 0 le long de E 0 . De plus, comme H 0 est ϕ-exceptionnel, il existe un isomorphisme

H 0 (Z, ϕ (tA X ) + H 0 ) → H 0 (X, tA X )

(19)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 18 qui envoie s en une section de tA X qui ne s’annule pas le long de F 0 = ϕ(E 0 ).

Comme pour t = −1 le diviseur tA X est anti-ample sur F 0 , il n’existent pas des sections globales de tA X qui ne s’annulent pas sur F 0 , ce qui implique que H 0 (E 0 , N (−1)) = 0.

Soit χ(t) := χ(E 0 , N (t)) la caract´ eristique d’Euler-Poincar´ e. Alors χ est un polynˆ ome de degr´ e ≤ 2 = dim ϕ(E 0 ) = dim F 0 . On veut montrer que 1 n’est pas une de ses racines. Par ce qui pr´ ec` ede on a que χ(t) = 0 pour t = −1, donc dim F 0 ≥ 1. Comme par hypoth` ese dim F 0 ≤ 2, soit χ n’a aucune racine positive, soit il est de la forme χ(t) = α(t + 1)(t − β), avec β ≥ 0.

Pour t ≥ 1, par la formule de projection on a que

χ(t) = h 0 (E 0 , ϕ (tA X ) + H 0 − H 00 ) = h 0 (F, tA X ⊗ ϕ (H 0 − H 00 )).

Remarque 2.0.14 Si on choisit t suffisament grand, χ(t) est nonnulle.

Preuve. En effet, ` a cause de l’amplitude de A X sur la fibre F , l’annulation ne peut arriver que si le faisceau lui-mˆ eme est trivial, i.e. si ϕ ∗ (H 0 − H 00 ) = 0 au- dessus de F 0 . Mais si G est la fibre g´ en´ erique du morphisme E 0 → ϕ(E 0 ) = F 0 , alors rgϕ ∗ = h 0 (G, (H 0 − H 00 )| G ) et comme par construction on a que ϕ(H 00 ) ne contient pas F 0 , alors G ∩ H 00 = ∅. On en d´ eduit que en fait rgϕ = h 0 (G, H 0 | G ), qui est diff´ erent de 0 car H 0 est effectif.

Comme on a sˆ urement des sections globales ` a partir d’un certain rang, en appliquant l’annulation (2.1) et χ(N (t)| E

0

) = h 0 (N (t)| E

0

), alors χ(t) > 0 pour t 0 (d’ou α > 0) et χ(0) = h 0 (E 0 , H 0 − H 00 ) ≥ 0 ↔ α · (−β) ≥ 0 → β = 0. Ainsi, dans les deux cas on a obtenu que H 0 (E 0 , N (1)) 6= 0.

Par la surjectivit´ e de l’application (2.2) et le paragraphe ulterieur on obtient une section de A X dans un voisinage de F qui ne s’annule pas le long de F 0 , ce qui conclut la preuve.

Proposition 2.0.15 Soit un morphisme birationnel f : X → Y o` u Y est une vari´ et´ e affine et X est une vari´ et´ e projective de dimension 3 au singula- rit´ es canoniques et dont K X ' O X . Si tous ses fibres on dimension au plus

´

egale ` a 1 et L est un diviseur f-ample sur X, alors Bs|L| ne contient aucune composante irr´ eductible des fibres de f.

Preuve. Notons par F la fibre g´ en´ erique. Comme pr´ ec´ edemment, on consid` ere un diviseur B sur X tel que (X, B ) est log canonique en dehors de F et pas log canonique sur aucune de ses composantes irr´ eductibles, que l’on obtient en tirant en arri` ere un diviseur de Y .

Soit ϕ : Z → Y une r´ esolution de Bs|L|. On obtient :

(20)

• K Z = P

e i E i , o` u e i > −1, comme K X est trivial

• ϕ B = P

b i E i , o` u b i ≥ 0 et

• il existe un Q -diviseur f◦ϕ-ample T et 0 ≤ p i 1 tel que T = − P p i E i (encore par Th´ eor` eme 1.3.14).

Soit F 0 ⊂ F une composante irr´ eductible, on d´ efinit : c := min

e i + 1 − p i

b i | F 0 ⊂ ϕ(E i ), b i > 0

et on suppose comme auparavant qu’il est atteint que pour un diviseur E 0 . Le Claim est alors aussi valable dans ce cas.

On consid´ ere le diviseur K Z + T + X

(cb i − e i + p i )E i + ϕ (tL) ∼ Q

Q ϕ (cB) + ϕ (tL) ∼ Q ϕ (tL),

car ϕ (cB) ∼ Q 0. En effet, comme B est un pull-back d’un diviseur de Y (que l’on note D), pour une courbe C ⊆ Z on a :

((f ◦ ϕ) (cD) · C) ∼ Q (cD · (f ◦ ϕ) ∗ C) ∼ Q 0, car Y est affine, donc (f ◦ ϕ) C = 0.

On peut ´ ecrire :

X (cb i − e i + p i )E i = E 0 + H 00 − H 0 + F r,

o` u E 0 , H 0 et H 00 sont des diviseur effectifs sans des composantes irr´ eductibles en commun et F r = P

{cb i − e i + p i }E i . ` A cause du choix de c, F r est nul le long de E 0 . En plus, par le troisi‘eme point du Claim on a que H 0 est ϕ-exceptionnel et F 0 n’est pas contenu dans ϕ(H 00 ).

On obtient aussi les deux annulations :

• Si t un entier positif, le diviseur

ϕ (tL) − E 0 + H 0 − H 00 − K Z − F r ∼ Q T + ϕ (tL)

est f ◦ ϕ-ample (c’est la somme d’un diviseur f ◦ ϕ-ample et un nef).

Par le Th´ eor` eme 1.4.2 et la Remarque 1.4.3, on a que

H i (Z, ϕ (tL) − E 0 + H 0 − H 00 ) = 0.

(21)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 20

• Si on le restraint ` a E 0 et on utilise la formule d’adjonction on obtient le diviseur ample

(tL) + H 0 − H 00 )| E

0

− K E

0

− F r E

0

Q (T + ϕ (tL))| E

0

. Encore en appliquant le Th´ eor` eme 1.4.2 et la Remarque 1.4.3, cette fois pour le morphisme (f ◦ ϕ)| E

0

, pour tout i > 0 on a que :

et H i (E 0 , (ϕ (tL) − E 0 + H 0 − H 00 )| E

0

) = 0.

On note N (t) := ϕ (tL)+H 0 −H 00 . Par la premi` ere annulation, les restrictions H 0 (Z, N (t)) −→ H 0 (E 0 , N(t)| E

0

) (2.3) sont surjectives pour tout t ≥ 0.

Pareil que dans la preuve du Th´ eor` eme 2.0.13, on en d´ eduit que toute section globale nonnulle de N (t)| E

0

correspond ` a une section de tL qui ne s’annule pas le long de F 0 = ϕ(E 0 ).

On consid` ere la caract´ eristique d’Euler-Poincar´ e χ(t) := χ(E 0 , N (t)), qui est un polynˆ ome de degr´ e ≤ 1 = dim ϕ(E 0 ) = dim F 0 . Il a une racine, et on peut l’´ ecrire sous la forme χ(t) = α(t − β). Aussi, par la deuxi` eme annulation on a que χ(N (t)| E

0

) = h 0 (N(t)| E

0

) pour tout t ≥ 0. Alors β n’est pas ´ egale ` a 1, car α est positive (parce que χ(t) > 0 pour t 0 par le mˆ eme raisonnement de la Remarque 2.0.14 appliqu´ e dans le cas de L) et χ(0) = h 0 (E 0 , H 0 − H 00 ) ≥ 0.

Donc il existe une section nonnulle s ∈ H 0 (E 0 , (ϕ L + H 0 − H 00 )| E

0

) et de fa¸con ´ equivalente on a une section de L dans un voisinage de F qui ne s’annule pas le long de F 0 , i.e. le lieu-base de |L| ne contient aucune des composantes irr´ eductibles de F .

Th´ eor` eme 2.0.16 Soit f : X → Y une contraction ´ el´ ementaire petite d’une vari´ et´ e de dimension 4, et F une de ses fibres dont la dimension est au plus

´

egale ` a 2. Alors le morphisme d’´´ evaluation f f ∗ A X −→ A X est surjectif en tout point de la fibre F .

Preuve.

Soit X 0 un diviseur du syst` eme |A X | et f 0 := f | X

0

. Par le Th´ eor` eme 3.0.32, on peut choisir X 0 tel qu’il ne contienne aucune des composantes irr´ eductibles de la fibre F . Ceci entraˆıne que la dimension des fibres de f 0 est

´

egale ` a dim F − 1 = 1.

On veut montrer que toute section de A X sur X 0 se prolonge sur X. On

consid` ere la suite exacte courte suivante :

(22)

0 → A X ⊗ I X

0

→ A X → A X | X

0

→ 0

Si on applique la suite exacte longue en cohomologie, on obtient :

· · · → H 0 (X, A X ) → H 0 (X 0 , A X | X

0

) → H 1 (X, A X ⊗ I X

0

) → · · · donc il suffit de montrer que le membre de droite s’annule.

En utilisant la Remarque 1.4.7 et le fait que X est lisse, on a que : A X ⊗ I X

0

' A X ⊗ O X (−A X ) ' O X .

Comme A X est f-ample, on peut appliquer le Th´ eor` eme 1.4.8 pour H = O X et ∆ = 0, en obtenant :

R j f (O X ) = 0, ∀ j > 0.

En utilisant le mˆ eme argument que dans la Remarque 1.4.3, on en d´ eduit l’annulation en cohomologie

H j (X, O X ) = 0 ∀ j > 0, (2.4) ce qui nous permet de prolonger les sections de A X | X

0

sur X.

Ensuite on montre que si A X | X

0

est sans point base sur X 0 , on a termin´ e.

En effet, comme on a choisi X 0 ∈ |A X |, tout point-base de A X devrait ˆ etre contenu dans X 0 . Soit p ∈ X 0 , alors il existe une section s 0 ∈ H 0 (X 0 , A X | X

0

) telle que s 0 (p) 6= 0. Par le paragraphe anterieur, on peut prolonger s 0 dans une section globale s ∈ H 0 (X, A X ). Ainsi, s ne s’annule pas en p, ce qui montre que p n’appartient pas ` a Bs|A X |.

On s’est r´ eduit ` a d´ emontrer que si f 0 : X 0 → Y 0 est un morphisme birationnel et A 0 X := A X | X

0

est f 0 -ample, alors A X

0

est sans point base sur X 0 . Par la Proposition 2.0.15, le fait que A 0 X est f -ample entraˆıne que Bs|A 0 X | ne contient aucune des composantes irr´ eductibles des fibres de f 0 . Alors, si on prend un diviseur g´ en´ eral X 00 dans |A 0 X | et on consid` ere le morphisme f 00 : X 00 → Y 00 , o` u f 00 = f 0 | X

0

, ses fibres seront z´ ero-dimensionnelles. Par le Th´ eor` eme 3.7 de [9], Ch.III, ceci implique que tout fibr´ e en droites sur X 00 est globalement engendr´ e, donc A X | X

00

l’est aussi.

Pour terminer la preuve, il faut encore une fois montrer qu’on peut pro- longer les sections de A X , cette fois de X 00 ` a X 0 . Similairement, apr` es avoir appliqu´ e la suite exacte longue en cohomologie ` a la suite exacte courte :

0 → A 0 X ⊗ I X

00

→ A 0 X → A 0 X | X

00

→ 0,

on voit qu’il suffit de montrer le r´ esultat suivant :

(23)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 22 Lemme 2.0.17 Soit f : X → Y une contraction petite. Si X 0 ∈ |A X | g´ en´ eral, alors H 1 (X 0 , O X

0

) = 0.

Preuve. Prenons la suite exacte courte

0 → I X

0

→ O X → O X

0

→ 0.

En lui appliquant la suite exacte longue en cohomologie on obtient :

· · · → H 1 (X, O X ) → H 1 (X 0 , O X

0

) → H 2 (X, I X

0

) → · · · .

On sait d´ ej` a que H 1 (X, O X ) = 0. Comme X 0 ∈ |A X | on a I X

0

' O X (K X ) et alors il suffit de montrer que H 2 (X, K X ) = 0. Mais par la dualit´ e de Serre et ensuite en appliquant la relation (2.4) on a que

H 2 (X, K X ) = H 2 (X, K X − K X ) = H 2 (X, O X ) = 0.

Comme les sections de A X sur X 00 s’´ etendent sur X 0 et on avait choisi X 00 ∈ |A X | X

0

|, on obtient que A X | X

0

est bien sans point base sur X 0 .

Th´ eor` eme 2.0.18 ([8], Thm 1.1 et Remarque 1.2) Soit (X, L) une vari´ et´ e irr´ eductible polaris´ ee n-dimensionelle tel que L n = 1 et h 0 (X, L) ≥ n + 1.

Alors (X, L) ' ( P n , O(1)).

Th´ eor` eme 2.0.19 Soit f : X → Y une petite contraction d’une vari´ et´ e lisse de dimension 4 et F i une composante irr´ eductible d’une fibre. Alors F i ' P 2 .

Preuve.

On a d´ ej` a demontr´ e que A X est relativement globalement engendr´ e sur X, donc il l’est aussi sur F i . Comme F i est une surface, on a que h 0 (F i , A X | F

i

) ≥ 2.

Si dim H 0 (F i , A X | F

i

) = 2, soit s 1 et s 2 deux sections qui l’engendrent et

D 1 , respectivement D 2 les diviseurs donn´ es par leur lieu des z´ eros. Comme

A X | F

i

est ample et les supports de D 1 et D 2 sont des courbes, leur intersec-

tion est strictement positive, c’est ` a dire D 1 et D 2 se coupent en un certain

nombre de points. Si f 1 et f 2 sont les ´ equations de D 1 , respectivement D 2 ,

tous les autres diviseurs lin´ eairement ´ equivalents ` a A X | F

i

ont des ´ equations

de la forme λf 1 + µf 2 . Alors tous ces diviseurs contiennent D 1 ∩ D 2 , ce

qui implique que ces points sont les points-base du syst` eme |A X | F

i

|, ce qui

est en contradiction avec le fait que A X | F

i

est globalement engendr´ e. Donc

h 0 (F i , A X | F

i

) ≥ 3.

(24)

Pour conclure, on v´ erifie qu’on est bien dans les hypoth` eses du Th´ eor` eme 2.0.18. En effet, si on consid` ere le morphisme donn´ e par la normalisation dans la Proposition 1.1.5 ν : P 2 → F i , on a que ν A X | F

i

= O P

2

(1), donc

(A X | F

i

) 2 = (O P

2

(1)) 2 = 1.

Ainsi, on a que A X | 2 F

i

= 1 et h 0 (F i , A X | F

i

) ≥ 3, donc on peut appliquer le Th´ eor` eme 2.0.18 pour en d´ eduire que (F i , A X | F

i

) ' ( P 2 , O P

2

(1)).

Remarque 2.0.20 La preuve de ce r´ esultat nous montre en plus l’isomor- phisme des fibr` es O P

2

(1) et A X | F

i

. Ceci entraˆıne que toute intersection d’un diviseur g´ en´ eral X 0 ∈ |A X | avec une composante irr´ eductible de la fibre est en fait une droite.

Lemme 2.0.21 Soit f : X → Y une contraction petite, o` u X est de dimen- sion 4, la vari´ et´ e Y est affine. Soit X 0 ∈ |A X | un ´ el´ ement g´ en´ eral et F 0 un sous-sch´ ema de X 0 dont le support est contenu dans une fibre de f | X

0

. Alors

H 1 (F 0 , O F

0

) = 0.

Preuve.

Notons y = f(F 0 ). On consid` ere la suite exacte courte : 0 → I F

0

→ O X

0

→ O F

0

→ 0,

dont on applique le foncteur R f ∗ . Comme dim F 0 ≤ 1, on a que R i f ∗ (I F

0

) y = 0 pour tout i > 1, ce qui entraˆıne que l’application

R 1 f ∗ (O X

0

) → R 1 f ∗ (O F

0

) (2.5) est surjective.

Comme Y est affine, les feuilles de la suite spectrale de Leray associ´ ee au morphisme f peuvent avoir seulement la premi` ere colonne nonnulle, c’est ` a dire des ´ el´ ements de la forme

H 0 (R i f ∗ (O X

0

)), ∀ i ≥ 0.

Ceci implique H 1 (X 0 , O X

0

) = H 0 (Y, R 1 f ∗ (O X

0

)), et comme par le Lemme

2.0.17 on a que H 1 (X 0 , O X

0

) = 0, on en d´ eduit que R 1 f ∗ (O X

0

) = 0. Alors

l’application 2.5 est nulle, et toujours par la suite spectrale de Leray on en

d´ eduit que H 1 (F 0 , O F

0

) = 0.

(25)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 24 Remarque 2.0.22 On a fait cette preuve en toute g´ en´ eralit´ e (i.e. pour un sous-sch´ ema arbitraire de X 0 ) pour pouvoir l’appliquer plus tard tant aux composantes irr´ eductibles d’une fibre qu’aux r´ eunions finies de ces compo- santes.

Definition 2.0.23 Si F est une fibre de dimension 1 d’une contraction cre- pante, on lui associe un graphe construit ainsi :

• les arˆ etes representent ses composantes irr´ eductibles

• les sommets repr´ esentent leurs points d’incidence.

Corollaire 2.0.24 Toute composante irr´ eductible F 0 de dimension 1 d’une contraction petite ou crepante est une courbe rationnelle lisse. Si F est une fibre de dimension 1 d’une contraction petite ou crepante, alors H 1 (F, O F ) = 0 et ainsi le graphe de F est simplement connexe.

Remarque 2.0.25 On appliquera ces r´ esultats ` a la contraction f | X

0

. En effet, par la propri´ et´ e d’adjonction on a que K X

0

= 0, donc il s’agit bien d’une contraction crepante.

Lemme 2.0.26 Soit f : X → Y une contraction petite F une de ses fibres et F 0 un sous-sch´ ema de X dont le support est contenu dans F . Soit aussi X 0 ∈ |A X | le lieu des z´ eros d’une section nontriviale de A X . Alors on a que :

H 1 (F 0 ∩ X 0 , O F

0

∩X

0

) = 0.

Preuve.

Soit y ∈ Y l’image de F 0 par f et I F

0

∩X

0

l’id´ eal de F 0 ∩ X 0 dans X 0 . Considerons la suite exacte de faisceaux suivante :

0 → I F

0

∩X

0

→ O X

0

→ O F

0

∩X

0

→ 0.

En lui appliquant le foncteur R f et tenant compte que R i f ∗ (I F

0

∩X

0

) y = 0 si i > 1 (par Thm.2.7, Ch.III de [9] et le fait que dim F 0 ∩ X 0 ≤ 1), on obtient que l’application :

R 1 f ∗ (O X

0

) → R 1 f ∗ (O F

0

∩X

0

) (2.6) est surjective.

Considerons la suite spectrale de Leray associ´ ee ` a f . Comme Y est affine, seulement la premi` ere colonne de chaque feuille peut ˆ etre nulle, et on en d´ eduit que H 1 (X 0 , O X

0

) = H 0 (Y, R 1 f ∗ (O X

0

)). Cette quantit´ e est ´ egale ` a 0

`

a cause du Thm.3.5, Ch.III de [9], donc R 1 f ∗ (O X

0

) = 0. Ceci implique que

l’application (2.6) est nulle et alors R 1 f ∗ (O F

0

∩X

0

) = 0. Encore par la suite

spectrale de Leray on obtient que H 1 (F 0 ∩ X 0 , O F

0

∩X

0

) = 0.

(26)

Lemme 2.0.27 Soit F est une fibre de dimension 2 d’une contraction petite f : X → Y , o` u X est de dimension 4 et Y est affine. Alors F est Cohen- Macaulay.

Preuve.

Soit x un point dans F . Alors il existe une section C ∈ |A X | qui est g´ en´ eriquement r´ eduite, connexe qui passe par x.

Prenons la suite exacte de faisceaux sur F : 0 → A X → O F → O C → 0,

et remarquons qu’elle reste valide pour tout C ∈ |A X |. Comme χ(O F ) et χ(A X ) ne dependent pas du choix de C, on en d´ eduit que χ(O C ) = χ(O C

0

), pour toute section g´ en´ erale C 0 de |A X |. Par le Lemme 2.0.26 on sait que h 1 (O C ) = h 1 (O C

0

) = 0, donc comme C et C 0 sont des courbes on obtient que h 0 (O C ) = h 0 (O C

0

) = 1.

On consdiere la suite exacte

0 → S → O C → O C

red

→ 0,

o` u S est un faisceau gratte-ciel support´ e par les points non-Cohen-Macaulay de C. Comme h 0 (O C ) = h 0 (O C

reg

) = 1, on en d´ eduit que S = 0 et alors C est Cohen-Macaulay. Comme C est un diviseur de Cartier, tout point de C est un point Cohen-Macaulay de F .

Lemme 2.0.28 Soit f : X → Y une contraction petite d’une vari´ et´ e de dimension 4 et F une fibre de dimension 2 que l’on suppose r´ eductible. Si F 1

et F 2 sont deux composantes de F qui s’intersectent, alors leur intersection est forc´ ement une droite par rapport ` a A X .

Preuve.

On a d´ ej` a montr´ e dans le Th´ eor` eme 2.0.19 que F i ' P 2 pour toute F i ⊂ F irr´ eductible. Si on restreint la contraction ` a un diviseur g´ en´ eral X 0 ⊂ |A X |, cette application aura aussi des fibres connexes par la Remarque 2.0.11.

Comme chaque F i est lisse, les singularit´ es de F sont donn´ ees justement par des intersections des composantes irr´ eductibles F i . Soit F sing le lieu sin- gulier de F .

Premi` ere ´ etape : Si F 1 et F 2 s’intersectent le long d’une courbe B, soit

C 1 respectivement C 2 leur intersection avec X 0 .

(27)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 26 Comme f| X

0

a des fibres connexes, on en d´ eduit que au moins un des points de C 1 ∩ C 2 est dans B, donc C 1 ∩ C 2 ∩ B 6= ∅. Alors :

B ∩ C 1 = (F 1 ∩ F 2 ) ∩ (F 1 ∩ X 0 ) = F 1 ∩ F 2 ∩ X 0 =

= (F 1 ∩ F 2 ) ∩ (F 2 ∩ X 0 ) = B ∩ C 2 .

Donc on a obtenu que C 1 passe par tout point d’incidence de B avec C 2 et vice versa.

Supposons alors qu’il existent au moins deux points d’incidence de B, C 1 et C 2 . Prenons la suite exacte de faisceaux :

0 → O C

1

(−C 1 ∩ C 2 ) → O C

1

∪C

2

→ O C

2

→ 0. (2.7) En utilisant le fait que tant le degr´ e de C 1 que celui de C 2 est ´ egal ` a 1 (par la Remarque 2.0.20), on a que O C

1

(−C 1 ∩ C 2 ) ' O P

1

(−k), o` u k ≥ 2 est le nombre de points de cette intersection. Par le Lemme 2.0.21, on sait que h 1 (C 2 , O C

2

) = 0, et en appliquant la suite exacte longue en cohomologie

`

a la suite exacte (2.7), on obtient que h 1 (C, O C ) 6= 0, ce qui contredit la conclusion du mˆ eme lemme appliqu´ e dans le cas de C.

Deuxi` eme ´ etape : Supposons que F 1 et F 2 s’intersectent seulement dans des points et fixons x ∈ F 1 ∩ F 2 un d’entre eux.

Remarque 2.0.29 Par le Lemme 2.0.27, on sait que F est Cohen-Macaulay.

Avec cette hypoth` ese, la situation o` u il existe un point isol´ e x ∈ F sing ne peut jamais arriver.

Si pour toute autre composante irr´ eductible F i de la fibre F on a que x / ∈ F i , alors x ∈ F sing est isol´ e, ce qui par la Remarque 2.0.29 est une contradiction.

On se trouve dans une des situations suivantes :

1. Il existe x ∈ F 3 une autre composante telle que tant F 1 ∩ F 3 que F 2 ∩ F 3 sont des courbes, que l’on note B 1 respectivement B 2

2. La situation pr´ ec´ edente n’arrive pour aucun F i , par contre il existe une composante F 3 qui contient x tel que F 1 ∩ F 3 est une courbe et F 2 ∩ F 3

est de dimension 0 (quitte ` a echanger F 1 par F 2 )

3. Toute autre composante qui passe par x intersecte F 1 et F 2 seulement

dans des points.

(28)

Une version simplifi´ ee des configurations qu’on vient de d´ ecrire se retrouve dans la figure suivante :

On veut ´ ecarter tous ces cas. D´ ej` a, par la Remarque 2.0.29, la derni` ere situation ne peut jamais arriver (sinon x est un point singulier isol´ e).

Supposons qu’on est dans la deuxi` eme configuration. Comme on a exclu le premier cas par d´ efinition, ceci implique que les composantes F 1 et F 3

rencontrent toutes les autres qui passent par x (si elles existent) seulement dans des points, ce qui entraˆıne que x est un point singulier isol´ e, comme dans la figure suivante :

Le seul cas qui pourrait toujours arriver c’est le premier. Par hypoth` ese on

sait que A X est f -globalement engendr´ e, ce qui entraˆıne que h 0 (F i , A X | F

i

) ≥ 3

(pour plus de d´ etails, voir la preuve du Th´ eor` eme 2.0.19). Mais dans notre

cas on a ´ egalit´ e, donc toute droite de F i se r´ ealise comme une intersection

d’un ´ el´ ement de A X et F i . Particuli` erement, il existe X 0 ∈ A X et une droite

C 3 ⊂ F 3 qui contient x tel que C 3 = X 0 ∩ F 3 . Donc B 1 6⊂ X 0 , impliquant que

F 1 6⊂ X 0 et ainsi X 0 ∩ F 1 est une courbe. Si on fait le mˆ eme raisonnement

pour F 2 , on obtient que X 0 ∩ F 0 est form´ e par trois droites C 1 , C 2 et C 3 qui

s’intersectent en x :

(29)

CHAPITRE 2. PETITES CONTRACTIONS 28

Alors h 1 (X 0 ∩ F 0 , O X

0

∩F

0

) 6= 0, ce qui contredit le Lemme 2.0.26.

Lemme 2.0.30 Dans la situation pr´ ec´ edente, il n’y a pas trois composantes irr´ eductibles de la fibre qui se croisent le long d’une droite.

Preuve. Supposons qu’il existent trois composantes S 1 , S 2 et S 3 qui s’in- tersectent le long de la droite l. Par le Th´ eor` eme 2.0.19, elles sont isomorphes

`

a P 2 . On peut choisir un diviseur g´ en´ eral X 0 dans |A X | tel que son intersec- tion avec S 1 ∪ S 2 ∪ S 3 consiste en trois droites qui se coupent dans un point situ´ e sur l.

Alors le premier groupe de cohomologie du sousch´ ema X 0 ∩ (S 1 ∪ S 2 ∪ S 3 ) de la fibre de f restreint ` a X 0 n’est pas nul, ce qui est en contradiction avec le Lemme 2.0.21.

Proposition 2.0.31 Dans les mˆ emes hypoth` eses que celle du Lemme 2.0.28, une fibre isol´ ee a au plus deux composantes irr´ eductibles.

Preuve. Supposons qu’il existent trois composantes irr´ eductibles de la fibre, F 1 , F 2 et F 3 . Sans perte de g´ en´ eralit´ e, ` a cause de la connexit´ e des fibres et par les Lemmes 2.0.30 et 2.0.28, on peut supposer que F 2 ∩ F 3 = L 1 et F 1 ∩ F 3 = L 2 , o` u L 1 et L 2 sont deux droites distinctes. Comme elles sont toutes les deux contenues dans F 3 ' P 2 , forc´ ement elles s’intersectent dans un point x. Mais par construction ce point appartient aussi ` a F 1 ∩ F 2 . Par le Lemme 2.0.28, ceci entraˆıne que F 1 et F 2 ont une droite en commun.

Alors si on intersecte F 1 ∪ F 2 ∪ F 3 avec un ´ el´ ement g´ en´ eral X 0 ∈ |A X |,

on obtient une droite contenue dans chaque F i . Par le Th´ eor` eme de B´ ezout,

celle-ci rencontrera chacune des deux droites L i du mˆ eme composante en

exactement un point.

(30)

Les deux points sur une droite L i qui proviennent de ces intersections coincident. En effet, si on note ces droites D j ∈ F j et D k ∈ F k , on a que :

L i ∩ D j = (F j ∩ F k ) ∩ (X 0 ∩ F j ) = F k ∩ X 0 ∩ F j =

= (F k ∩ X 0 ) ∩ (F k ∩ F j ) = D k ∩ L i .

Alors l’intersection de X 0 avec F 1 ∪ F 2 ∪ F 3 est form´ e par trois droites qui se coupent deux par deux.

Si on fait le graphe de X 0 ∩ (F 1 ∪ F 2 ∪ F 3 ) on obtient un triangle, et en

utilisant le Corollaire 2.0.24 on a une contradiction.

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