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L’école en tête

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Academic year: 2021

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L’ é c o l e e n t ê t e

les raisons de voter SNES le 3 décembre

les raisons de voter SNES le 3 décembre

ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES

L’ H E B D O M A D A I R E D U S Y N D I C AT N AT I O N A L D E S E N S E I G N E M E N T S D E S E C O N D D E G R E

N U M É R O S P É C I A L

Le 3 décembre, en cas de problème, consulter immédiatement la section académique (S3)

ou départementale (S2) du SNES

ou le siège national (S4).

Tél. : 01 40 63 29 00.

Permanence assurée au siège national (S4)

toute la journée.

©CLEMENT MARTIN

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Ce qu’apporte le SNES

à la profession

Voici sur ces 20 dernières années des exemples des apports du SNES à nos enseignement et à nos métiers.

Ce patrimoine est celui de la profession.

Il mérite d’être connu des plus jeunes.

Ces rappels évoqueront aux autres des combats auxquels beaucoup ont pris part.

Les pénuries de recrutement : une maladie chronique

Une nouvelle pénurie de personnels nous guette dans les prochaines années si rien n’est fait. Nous avions réussi à faire prendre conscience de cette situation en 2000.

Mais le gouvernement actuel vient d’annuler le plan plu- riannuel de recrutement de 5 ans que nous avions obtenu.

Déjà dans les années 1970, après la mise en extinction des IPES (pré-salaire pour devenir enseignant) et jusqu’à 1985, une sévère crise des « vocations » s’était installée.

Le métier était très dévalorisé. Chaque fois il a fallu combattre les recours à la précarité, faire accroître les postes aux concours, obtenir des mesures incitatives.

Grèves, manifestations du SNES, souvent seul syndicat à se préoccuper de cet avenir-là, ont permis d’ améliorer les garanties des maîtres auxiliaires, d’ obtenir plusieurs plans de titularisation, de nouvelles voies d’accès au corps des certifiés, de faire revoir à la hausse les postes aux concours. Ce n’est qu’en 1989, après un mouvement sans précédent, que nous avons obtenu du gouvernement de la gauche qu’il recrée des allocations d’études et qu’il revalorise les carrières. Il a fallu 15 ans pour en arri- ver là. Les candidats se pressent aux concours pour atteindre plus de 100 000 à la fin des années 1990, les postes aux concours augmentent régulièrement jusqu’en 1993. Mais, de 1993 à 1997, la droite les réduit à nouveau : la précarité s’accroît. Allègre continue à les faire décroître et nie jusqu’au bout l’apparition d’une nouvelle pénurie.

Les difficultés sont à venir.

La licence, niveau minimum

de recrutement pour le premier degré et pour le second degré :

cela n’a pas toujours été le cas. Depuis 1969 le SNES a été le moteur de cette revendication d’élévation des niveaux de qualifications. A contre courant de la plupart des syndicats et durablement contre l’avis de tous les pouvoirs publics de droite et de gauche jusqu’en 1989, nous avons défendu cette idée. En 1975, nous obte- nons que tous les enseignants des disciplines techno- logiques soient recrutés à ce niveau et que ceux qui étaient en fonction soient intégrés dans les corps de licenciés (professeurs techniques ou certifiés) ; des agrégations sont créées dans la quasi-totalité des dis- ciplines techniques à partir de ce moment-là. Le SNES vient encore d’obtenir en 2000 le principe de la créa- tion d’une agrégation pour les sciences médico-sociales qui doit se mettre en place prochainement. Il manque encore une agrégation pour l’hôtellerie, la documen- tation, l’éducation. Dans l’enseignement profession- nel, il faut attendre 1989, à la faveur des grandes actions du second degré pour que les professeurs de ces lycées soient recrutés à la licence. Mais ils demeurent bivalents.

En 198O, nous obtenons de la droite l’arrêt du recrute- ment de professeurs bivalents à bac + 2 dans les col- lèges. Ces enseignants alors majoritaires dans les col- lèges, sont progressivement remplacés par des certifiés et des agrégés et une grande partie d’entre eux est inté- grée dans le corps des certifiés ou obtient des amélio- rations de salaire qui leur permettent de terminer leur carrière à l’indice terminal des certifiés. Cela ne va pas sans actions et sans retours en arrière. C’est ainsi qu’en 1989, la gauche tente de réinstaller un recrutement de professeurs bivalents en collège avec l’acccord du SNI- PEGC de l’époque (l’actuel SE-UNSA). Le SNES et le SNEP s’y opposent avec des grèves. En février 1989, le projet est définitivement retiré. Dans le premier degré, un corps de professeurs d’école recruté à bac + 3 avec accès à la grille de rémunération des certifiés est créé en 1989. Les recrutements d’agrégés progressent. Dans la même période, nous faisons reconnaître que la fonc- tion de documentaliste est un métier qui nécessite le même niveau de recrutement avec la création d’un CAPES de documentation. C’est la même démarche qui est imposée pour les CPE pour lesquels nous obtenons un CAPES. Et dans les années 1990, un DESS de psy- chologie devient obligatoire pour les conseillers d’orien- tation-psychologues. Sans compter la mise en place

Le paritarisme, une garantie pour les personnels

L es commissions administra- tives paritaires (CAP) natio- nales ou académiques sont des organismes consultatifs, compo- sés à parité de représentants des personnels élus sur listes syndi- cales et de représentants de l’ad- ministration désignés par elle.

Elles donnent un avis sur tout ce qui a trait aux aspects individuels de votre carrière. C’est le ministre ou le recteur qui prend ensuite la décision.

Les CAP sont des lieux de défense des personnels contre l’arbitraire. C’est déterminant face aux tentatives permanentes de rogner les garanties collec- tives, de favoriser « le profil » et de donner plus de pouvoir aux responsables locaux. Elles sont aussi une tribune d’expression des intérêts collectifs, s’appuyant sur l’action du syndicat et l’in- tervention des personnels.

La situation de chacun(e) y est examinée de façon contradic- toire, à l’aune de règles statu- taires et de barèmes qui excluent tout favoritisme ou passe-droit.

Les CAP examinent notamment :

• les mutations et premières affectations ;

• les révisions demandées de note administrative ;

• l’avancement d’échelon et l’ac- cès à la hors- classe ou à un autre corps.

Les élus SNES veillent à la jus- tice, l’équité et la transparence.

LE RÔLE DES ÉLUS SNES

Vous conseiller et vous informer, faire respecter vos droits, contrô- ler les décisions de l’administra- tion, proposer des améliorations dans le cadre des règles com- munes, qu’ils s’attachent à faire évoluer dans un sens favorable à tous. Ils sont d’autant plus effi- caces que les personnels leur donnent la majorité absolue.

Compétents et dévoués, ils défendent votre dossier dans les commissions administratives paritaires (CAP). Leur interven-

tion s’appuie sur des principes clairs fondés sur la solidarité, l’équité et la transparence et ils ont en permanence, comme tous les militants du SNES, le souci de concilier l’intérêt général et la défense personnalisée de cha- cun(e). Le SNES consacre aussi temps et argent à leur formation.

Nombreux, présents à tous les niveaux et forts de l’appui de l’ensemble du syndicat, ils sont

en capacité d’assurer une défense personnalisée et continue des collègues.

Efficaces aussi. Leur interven- tion permet de rétablir de nom- breux collègues dans leurs droits (correction d’une erreur de barème lors des mutations ; col- lègue oublié(e) lors de l’avance- ment d’échelon, etc.). Le SNES et ses élus sont particulièrement écoutés dans leurs interventions

quotidiennes auprès des rectorats ou du ministère et peuvent ainsi résoudre des milliers de pro- blèmes individuels (reclassement, salaire, calcul de pension, etc.).

Leur pratique démocratique passe par l’étude des fiches syn- dicales, une préparation collec- tive des commissions, une infor- mation rapide de tous ceux qui se sont adressés à eux.

Ils ont ainsi les moyens d’être

écoutés par l’administration, de nouer un dialogue ferme et de ne pas s’en laisser conter.

UN VOTE

AUX INCIDENCES MULTIPLES

Le vote du 3 décembre sert à élire vos représentants dans les CAP.

Mesurant, à l’échelle du pays, la représentativité de chaque syn- dicat et fédération, ces élections

servent de référence pour la représentation des différents syn- dicats dans tous les organismes consultatifs, qui sont autant de lieux d’intervention et d’expres- sion des revendications des per- sonnels. Tous nous concernent.

EXEMPLES

• Le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE), qui donne notamment un avis sur les horaires et programmes, l’orga- nisation des examens.

• Les comités techniques pari- taires (CTP) qui examinent les textes statutaires, l’organisation des services (répartition des postes et moyens).

• Les conseils académiques et départementaux de l’Éducation nationale (CAEN et CDEN), qui sont saisis des politiques de for- mation.

• Le Conseil supérieur de la fonc- tion publique de l’État (CSFPE), qui connaît de toute question d’ordre général concernant les fonctionnaires de l’État (statuts et salaires).

Elles servent aussi de référence pour la répartition, entre les syn- dicats, des décharges de service ou des aides financières à la for- mation syndicale.

Voter et faire voter pour les listes SNES, c’est donner plus de poids au SNES et à la FSU et plus de force à nos revendications. ■

...

©MASTERFILE

Notre métier à revaloriser

D es demandes fortes émanent de l’ensemble de la profes- sion, celle de la possibilité de faire réussir les jeunes, celle de la recon- naissance du rôle social joué par les personnels d’éducation, celle de la prise en compte de l’investisse- ment fourni.

On ne parviendra pas à attirer vers nos métiers, à remplacer les milliers de départs en retraite, on ne relan- cera pas le processus de démocra- tisation sans mesures significatives en matière de carrières, de condi- tions d’exercice, de temps de travail, de maintien des prestations de retraite. Depuis près de deux ans, le SNES alerte les gouvernements sur l’urgence d’élargir les viviers de diplômés, d’ouvrir le dialogue sur une nouvelle étape de revalorisation et une diminution de la charge et du temps de travail, d’offrir de véri- tables possibilités de mobilité.

Le manque de temps et de moyens donnés aux équipes pour accueillir des élèves de plus en plus divers a conduit l’institution à accumuler des dispositifs débouchant sur des tâches supplémentaires pour les enseignants, la dilution des mis-

sions, voire le non-respect des qua- lifications. Le SNES développe une autre conception du métier, fondée sur la réaffirmation de la mission essentielle de transmis- sion des savoirs, la complémen- tarité de professionnels en nombre suffisant travaillant ensemble à atteindre cet objectif. Pour cela, il propose d’agir sur les situations d’apprentissage, en diminuant les effectifs, en donnant les moyens d’une aide pédagogique efficace,

Le SNES demande

• Une réduction de la charge de travail.

• L’intégration dans le service du temps de travail collectif.

• Une évaluation positive, plus juste, plus efficace.

• Une revalorisation des salaires et des carrières pour tous.

• Des possibilités d’évolution par la formation continue et la mobilité professionnelle.

• Le retour à un mouvement national plus juste et plus équitable.

• Le maintien de l’âge légal de 60 ans pour le départ à la retraite, le main- tien du CFA et l’aménagement des fins de carrière.

• Une retraite maintenue à 75 % du dernier traitement pour 37,5 annuités.

Qui sont les candidat(e)s du SNES ?

Les candidat(e)s et les élus du SNES sont des collègues qui continuent à exercer dans leur établissement. Ils sont représentatifs de la profession et des différentes régions et disciplines.

Aperçu

• Sur les 84 candidats qui constituent les listes aux CAPN des certifiés et agrégés, 56 % sont des femmes.

• Sur les 57 candidats à la CAPN des certifiés, 51 % enseignent en col- lège, 45 % en lycée et 4 % dans d’autres types d’établissement.

• Sur les 27 candidats à la CAPN des agrégés, 19 % enseignent en col- lège, 74 % en lycée et 7 % dans d’autres types d’établissement.

Le SNES (FSU) est le seul syndicat qui présente des listes dans toutes les académies.

en libérant du temps pour la concertation. Il se bat inlassable- ment pour faire reconnaître le droit à une formation initiale et continue en prise sur les réalités profes- sionnelles, pour une évaluation d’aide et de conseil.

Porteur depuis longtemps d’exi- gences d’une démocratisation des enseignements du second degré, le SNES lie celle-ci à la revalori- sation de nos métiers. Il revendique aujourd’hui une nouvelle étape, commençant par les débuts de car- rière, facilitant l’entrée dans le métier et la mobilité, assurant une véritable promotion de l’ensemble de nos professions. ■

©GETTY IMAGES/DAVID LEES

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des concours internes aux grades de certifié et d’agrégé ouverts au début des années 1990. Du chemin reste à parcourir.

Revalorisation matérielle et sociale de la profession : une nécessité difficile à faire reconnaître

De 1974 à 1989, le SNES n’a cessé de démontrer la déva- lorisation matérielle et morale du métier. Il l’a fait qua- siment seul avec le SNEP, mais avec l’assentiment de la majorité de la profession. Tous les autres syndicats avaient d’autres priorités et opposaient souvent les catégories les unes aux autres : les titulaires contre les auxiliaires (comme le font encore le SGEN et Sud édu- cation), les instituteurs contre les enseignants du second degré, etc. 1989 a été l’année décisive avec une grande manifestation de plus de 100 000 per- sonnes, des grèves à répétition et des négociations sur plusieurs mois, un accord signé. Aujourd’hui encore, les jeunes enseignants en bénéficient avec des pro- gressions d’échelon accélérées en début de carrière ; les plus anciens accèdent majoritairement en fin de car- rière à la hors-classe qui a apporté à chacun un gain de près de 12O points d’indice. Mais il y a encore des lais- sés-pour-compte (ceux qui, tout en bénéficiant des processus d’intégration, ont accumulé des retards de carrière, ceux qui arrivent aux 9

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et 1O

e

échelons dont la durée de séjour a été rallongée contre notre avis). Il faut à nouveau revaloriser ce métier à la veille du départ de la moitié des enseignants d’ici peu. Les jeunes enseignants ont souvent des difficultés à joindre les deux bouts surtout s’ils vivent seuls, et dans certains secteurs les salaires du privé dissuadent les candidats.

Le collège pour tous n’a pas toujours été un objectif et

l’ouverture des lycées a été un combat

Si le collège pour tous est en crise ; si les écarts sont importants entre les élèves qui s’en sortent et ceux qui sont en échec ; si le collège est encore le révélateur de ce qui n’a pas été acquis dans les premiers âges de l’enfance à l’école et dans la famille ; s’il est l’objet d’in- terrogations de la part de la profession, il demeure vrai qu’il est tout de même devenu l’étape vers les lycées pour la grande majorité des jeunes. Dès les années 197O, le SNES a combattu une ventilation des enfants dès la Sixième dès l’âge de 11 ans. Trois filières fixaient de façon définitive l’avenir d’une génération (la filière I accueillait les 2O % qui allaient au lycée ; la filière II les 25 % qui allaient dans l’enseignement technique et professionnel dès la fin de la Cinquième ; la filière III pour les autres qui, après un passage dans des classes « par- king » sortaient sans qualification). C’était injuste, c’était très discriminant socialement, c’était un frein au déve- loppement, mais nous étions les seuls à le dire avec une petite moitié d’enseignants du second degré. Cependant, nous n’avons jamais réussi à faire prendre en compte de façon satisfaisante la prévention de l’échec dès la mater- nelle, la création de moyens importants pour aider les plus en difficulté. Aujourd’hui, le découragement gagne du terrain notamment dans les collèges. Malgré tout, de plus en plus de jeunes ont pu accéder au lycée, passer un bac, poursuivre des études. Des jeunes collègues recrutés au cours des années 1990 ont d’ailleurs profité de ces évolutions. Elargir l’accès à des formations de qua- lité fait partie de la culture du SNES. Il faut maintenant trouver et imposer de nouvelles voies pour progresser à partir de la réalité d’aujourd’hui en se souvenant que le droit à l’éducation pour tous est fondamental.

La surveillance encore et toujours menacée

Le statut date de 1937. Son principe était vraiment démocratique. Il a été conçu au départ pour permettre à des étudiants de milieux défavorisés de faire des études pour devenir enseignants. En 1968, c’est le SNES qui a agi et négocie pour obtenir le statut actuel. Depuis , tous les gouvernements ont cherché à supprimer la sur- veillance pour économiser 40 000 postes. Ils ont tous été mis en échec. Dans les années 1980, la gauche a voulu généraliser les mi-temps et diminuer par deux le salaire. La droite a voulu faire recruter les surveillants pas les chefs d’établissement et porter atteinte à leurs droits. Dans les années 199O, la gauche, avec Allègre, a supprimé quelque 3 000 emplois budgétaires trans- formés en crédits . Elle a créé des aides-éducateurs sans se préoccuper de leur avenir. Et en 2003, le gouverne- ment actuel supprime 5 6OO postes et veut créer des assistants d’éducation recrutés parmi les mères de famille et les retraités pour les remplacer. L’action dont le SNES et la FSU ont pris l’initiative, à laquelle ont pris part tous les syndicats, a déjà un peu fait évoluer le projet puisque le ministre vient de déclarer qu’une priorité aux étudiants serait donnée pour l’accès à la fonction d’assistant d’éducation. Mais la menace de suppression de la surveillance demeure.

L e SNES s’est prononcé depuis longtemps pour un accès élargi à la culture, aux études et aux diplômes. Car l’école doit contri- buer à construire une société plus démocratique, plus égalitaire et doit mieux répondre aux besoins de qualifications qui ne cessent de s’élever dans les économies déve- loppées. Le mouvement séculaire qui a permis de sortir la masse de la population du sous-développe- ment culturel et l’effort des der- nières décennies pour augmenter le nombre des lycéens et des étu- diants ne peuvent être relâchés.

La marginalisation sociale guette tous ceux qui ne parviennent pas à obtenir un diplôme. Si le niveau général de formation s’élève avec le prolongement des études, c’est aussi en maintenant des inégali- tés sociales très fortes qui sépa- rent ceux qui, dès la petite enfance, ont baigné dans la culture des élites et ceux qui doivent affronter très tôt toutes les épreuves de la pau-

durée ou de l’organiser comme un instrument de tri social. Le système éducatif ne doit jamais perdre de vue qu’il est le moteur de l’intégration de tous les jeunes à une communauté de culture et qu’il porte la responsabilité de transmettre valeurs et identité. ■

L’éducation doit rester nationale

L a mise en œuvre des premières lois de décentralisation, en 1986, a donné aux établissements du second degré plus d’autono- mie, a confié aux Régions la charge de la construction et de l’entretien des lycées, aux dépar- tements celle des collèges, a créé des organismes de concertation aux différents niveaux géogra- phiques. Le SNES avait soutenu ces dispositions qui auraient dû permettre une meilleure partici- pation des acteurs (personnels, usagers, collectivités territoriales),

qui ouvraient des possibilités de réponses plus efficaces et plus rapides à des difficultés locales.

En même temps, le SNES était intervenu pour infléchir certains choix afin d’éviter des dérives (inégalités territoriales par exemple).

Le bilan de ces lois est contrasté.

La décentralisation a permis des investissements plus importants pour les collèges et les lycées (construction, rénovation), ainsi qu’une plus grande transparence sur les choix des décideurs.

Cependant, la qualité de l’écoute et l’attention portée aux person- nels et aux usagers ne sont pas à la hauteur des espoirs. Les diffé- rences de richesses entre les col- lectivités territoriales ont conduit dans certains domaines à creuser les inégalités. Certaines collecti- vités interviennent pour financer des actions que l’Etat ne se donne pas les moyens de mettre en place (soutien, aide au devoir, etc), alors qu’elles n’ont pas les moyens de les financer. Le fonctionnement des organismes de concertations est devenu trop souvent une cari- cature de dialogue, désespérant ceux qui y participent. Ce sont avant tout ces dérives qui doivent, aux yeux du SNES, être traitées.

Les projets gouvernementaux en matière de décentralisation sont dangereux. Le projet de loi modi- fiant la Constitution donne au Par- lement des possibilités de remise en cause majeures des principes républicains, en particulier le prin- cipe d’égalité entre les citoyens et entre les territoires. Par ailleurs, d’ores et déjà certaines Régions demandent la décentralisation de certaines compétences en matière d’éducation : le pilotage de la for- mation professionnelle, la maî- trise de l’implantation des sec-

Le SNES demande

• La mise en place de péréquations financières fortes entre les budgets des régions et entre les budgets des départements pour assurer une solidarité entre les territoires les plus riches et les plus pauvres qui permette de faire porter prioritairement les efforts là où ils sont les plus nécessaires et urgents.

• L’imposition à tous les niveaux (conseils régionaux et généraux, rectorats, inspections académiques, établissements) de conditions de concertation impliquant personnels et usagers dans la phase d’élaboration des décisions.

• Le maintien dans les compétences de l’Etat au niveau national de la défi- nition des programmes, des horaires d’enseignement et du recrutement, de la rémunération et de la carrière des personnels d’enseignement, d’éducation, d’orientation du second degré.

• Le maintien de la maîtrise, par les services de l’État, de l’ouverture des sections, des options, pour la définition de la carte des langues et pour l’attribution des moyens en personnels à chaque établissement du second degré.

• Une plus grande implication des collectivités dans la lutte contre les inégalités.

Le collège de la réussite pour tous reste à inventer

Le SNES n’a jamais été pour le collège unique et uniforme mais il estime qu’il faut aller vers une scolarité de premier cycle complète pour tous les jeunes.

Le SNES propose

• D’améliorer prioritairement les enseignements et de donner des possibilités de différenciation pédagogique : effectifs moins chargés, dédoublements, petits groupes temporaires pour ceux qui peinent, maîtres mieux formés au diagnos- tic des difficultés, de leurs causes et de leurs remèdes.

• De prévenir l’échec par un suivi plus attentif des élèves en difficulté : équipes, temps, suivi de la scolarité, appel au CO-Psy, effort sur la langue écrite et orale, classes de primo-arrivants, cycles individualisés et classes relais pour les décro- cheurs...

• De renforcer la cohérence pédagogique et éducative : travail en équipe, pro- grammes mieux coordonnés, intégration des travaux interdisciplinaires aux programmes, des heures de vie de classe aux services, alternatives au redou- blement...

• De retravailler la culture commune vers plus d’ouverture, de continuité, ména- geant des temps de révision et de mémorisation, usage systématique des TICE, meilleur équilibre des compétences et des savoirs...

Pour des lycées qui mobilisent les élèves, le SNES propose :

• une carte scolaire lisible, des lycées cohérents et attractifs : maillage de proximité des formations jusqu’au BTS, pôles spécia- lisés, série littéraire restructurée, valorisation des séries STI, STL, développement de certains pôles par des poursuites d’études (SMS)...

• des conditions d’études profondément revues : horaires améliorés, notamment en langues, classes dédoublées, abandon définitif des classes surchargées, en particulier en Seconde, CDI mieux dotés et mieux encadrés, modules restitués en Première, TPE facultatifs en Terminale ;

• des contenus retravaillés en associant mieux les enseignants et en respectant leurs avis, en initiant des débats contradictoires avant tout changement, en revoyant les épreuves d’examen ;

• le respect des épreuves anonymes et de l’indépendance des jurys aux examens et la simplification du calendrier et des procédures ;

• des passerelles à tous les niveaux ;

• une voie technologique rénovée, revalorisée et relancée.

...

...

Pour une école plus juste ,

dans une société plus juste

vreté économique et culturelle.

Plus que jamais, la création des richesses et le développement passent par la connaissance, la

production, la diffusion et l’usage du savoir. Il n’est donc pas pos- sible de limiter la formation à quelques-uns, d’en réduire la

©CLÉMENT MARTIN ©D.MAUNOURY ©GETTY IMAGES/DAVID LEES

tions, des options et des langues pour les collèges et les lycées, la maîtrise des tous les services d’in- formation et d’orientation pour les élèves, le transfert de certains personnels (personnels de sur- veillance, agents d’entretien des établissements, infirmières, assis- tantes sociales). Le SNES est en total désaccord avec ces proposi- tions qui sont porteuses de dété- riorations importantes, tant pour la qualité des missions à assurer que pour les personnels chargés d’as- surer ces missions. ■

Le SNES propose

• De concilier culture commune et diversité des formations.

• De lutter contre la hiérarchie implicite des savoirs.

• De vérifier à chaque étape les acquis des élèves et de remédier en continu aux lacunes.

• De lutter contre les inégalités sociales et géographiques.

• D’amplifier l’effort financier en faveur des élèves les plus fragiles et démunis.

• De mieux coordonner politique

scolaire et politique sociale.

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Démocratiser l’enseignement tout en maintenant une offre et des contenus de qualité : une constante pour le SNES

Contre vents et marées, le SNES a toujours sou- tenu l’idée que l’on pouvait ouvrir les enseigne- ments de second degré à tous les jeunes en préve- nant l’échec, que c’était possible de les faire réussir, par des voies différentes, à des baccalauréats, qu’il n’y a pas que la voie générale, et que les voies technologique et professionnelle sont des voies de qualité. D’autres syndicats soutiennent plutôt l’idée que, pour réaliser l’égalité, il faut une seule voie au lycée et de préférence la voie générale, les autres étant considérées comme des voies de relégation.

Les pouvoirs publics ont été tentés de les suivre.

A contre-courant de l’air du temps nous avons défendu la mission essentielle de l’école qui est de faire accéder aux savoirs pour éduquer, qu’il faut du temps pour les apprentissages et une offre diver- sifiée d’enseignements et d’options. C’est pourquoi nous avons combattu et parfois mis en échec des horaires réduits au collège et au lycée, qui aggravent les inégalités et font perdre du sens aux enseigne- ments.

Ces orientations sont allées à l’encontre des choix faits par le ministre Allègre que nous avons combattu pour son arrogance, ses insultes à la profession, mais aussi et surtout pour le fond de sa politique. De 1997 à 2000, il a fallu des mois et des mois de grèves et de manifestations pour en venir à bout et attendre janvier 2000 pour que les autres syndicats se désolidarisent de cette politique et prennent leurs distances. Tardivement ils ont rejoint le SNES, le SNEP, la FSU et les comités de grève dans l’action.

Ce fut long, douloureux mais au bout du compte nous sommes parvenus à faire prendre en compte ce désavoeu collectif par le gouvernement. Nous avons réussi à imposer des reculs , par exemple sur le nombre d’HS imposables et sur leur rémunération.

Mais cette action a eu ses limites, même si elle a aussi contraint le nouveau ministre, Jack Lang, à prendre quelques décisions en rupture avec son prédécesseur comme par exemple la création d’un plan pluriannuel de recrutements, la programmation de créations de postes dans le second degré, le rétablissement de certains horaires d’enseigne- ment au lycée, la réduction des maxima de service des professeurs des disciplines artistiques (enfin !).

Nos préoccupations de toujours

Animer des débats dans la profession, porter ses aspirations majoritaires, faire vivre la démocratie et avoir confiance dans les possibilités de modifier l’ordre des choses aux plans éducatif, social, éco- nomique et démocratique.

En ce sens, le syndicalisme peut être et devenir transformateur de réalités sociales pourvu qu’il reste ancré dans les réalités et en phase avec l’avis de ceux qu’il regroupe.

Le SNES porteur d’une ambition citoyenne, soucieux de l’avenir du monde

Nous sommes régulièrement présents dans des actions de solidarité avec le peuple palestinien, avec les sans- papiers ou avec la Confédération paysanne et son porte- parole José Bové. Nous participons également activement au Collectif français contre la guerre en Irak.

Notre souci de promouvoir une société plus égalitaire nous amène à œuvrer pour une véritable égalité entre les hommes et les femmes dans notre secteur, où tout n’est pas acquis, mais aussi plus généralement dans la société toute entière.

Présente au Forum social de Florence, une délégation du SNES étaient aux côtés des autres milliers de mani- festants qui demandaient qu’une autre Europe soit pos- sible. Une Europe où le droit à l’éducation, à des services publics de qualité, à la santé, au respect des droits fondamentaux seraient garantis à tous.

Au sein du Comité syndical européen de l’Education, le SNES agit pour peser sur les orientations communau- taires et intergouvernementales sur des sujets clés comme la crise de recrutement d’enseignants, la for- mation initiale et continue, l’attractivité de nos pro- fessions, un service d’éducation public de qualité ; il assure une des vice-présidences du CSEE.

Au niveau mondial, il contribue aux prises de positions et aux actions de l’Internationale de l’Education contre la marchandisation de l’éducation et de la culture et pour retirer ces secteurs, et celui de la santé, du champ de l’Or- ganisation mondiale du commerce. Le SNES avec la FSU a toujours cherché à faire converger l’action d’associa- tions comme ATTAC, dont il est membre fondateur, avec celle du mouvement syndical ; le succès du Forum social européen de Florence vient conforter cette orientation.

Le SNES, une force qui compte

L e SNES est une exception dans le paysage syndical fran- çais, et même dans le paysage syn- dical enseignant. Il compte 75 000 adhérents, personnels enseignants et d’éducation des lycées et col- lèges, CO-Psy et syndique donc de 20 à 25 % de son champ de syndicalisation. Les élections pro- fessionnelles de 1999 ont montré qu’il gardait intacte toute sa repré- sentativité (57 %). C’est ce qui permet au SNES, et à lui seul, d’avoir, dans la plus grande partie des lycées et collèges, la structure de proximité des syndiqués qu’est la section d’établissement (S1), un collectif qui compte dans la vie de l’établissement. C’est ce qui permet au SNES, avec ses com- missaires paritaires et académiques (756 sièges sur 1 207), de prendre en charge efficacement les inté- rêts individuels et collectifs des collègues. C’est ce qui rend aussi le SNES incontournable et lui donne des responsabilités particu- lières par rapport à la profession et par rapport au système éducatif AGIR, REVENDIQUER, PROPOSER

Pour le SNES, s’il sait dire non quand il le faut, le meilleur

moyen de défendre les intérêts

« individuels et collectifs » de la profession n’est pas de pratiquer un syndicalisme du refus mais d’être porteur de l’intérêt général, des intérêts de la société, des jeunes et du système éducatif. En articulant ainsi revendications et propositions, il peut obtenir cet appui des jeunes, des parents et de l’opinion, sans lequel toute action est condamnée à l’échec Quant à l’action, ses modalités en elles-mêmes (grève, manifes- tation, pétition...) ont moins d’im- portance que sa capacité à entraî- ner une large partie des collègues

et à susciter l’adhésion de l’opi- nion. Parce que l’unité syndicale est indiscutablement une des clés de l’efficacité, le SNES s’emploie à susciter les convergences les plus larges possibles, d’abord au niveau des syndicats de la FSU, mais aussi au niveau des fédéra- tions les plus importantes du sec- teur de l’éducation.

Le caractère global des politiques auxquelles nous sommes confron- tés conduit à rechercher l’élar- gissement de ces convergences à l’ensemble de la fonction publique et, au-delà, à l’ensemble des salariés. C’est aussi ce qui conduit le SNES et la FSU à être pleinement parties prenantes du mouvement social

Nous l’avons vérifié, seul un syn- dicat fort et animé par des pro- positions cohérentes, conscient que c’est le rapport de force qui fait changer les choses, en capa- cité de rassembler la profession, peut enraciner des acquis dans la durée, pour qu’ils deviennent irréversibles. Il faut pour cela être en capacité d’entrainer pour être fort et influent .

On peut se laisser séduire par un discours qui peut sembler plus radical mais qui, parce qu’il n’est entendu que par une infime minorité, reste sans impact sur la réalité. C’est aussi la capacité à rassembler qui donne la possi- bilité de convaincre les autres syndicats que l’unité est néces- saire pour être efficace. C’est

cela qui explique, qu’aujourd’hui encore, toutes les forces syndi- cales sont unies pour agir, pour faire revoir le budget de 2003 et les dispositions négatives qui en découlent.

A la veille d’élections profes- sionnelles décisives, la question est de savoir si le SNES va être en mesure de tirer des suffrages de la profession la force qui lui est nécessaire pour qu’elle se fasse mieux entendre et respecter. ■

Partie prenante de la FSU

Forte de 200 000 adhérents, la FSU est devenue aujourd’hui la première fédération de la fonction publique d’Etat. Elle a pour vocation de regrouper tous les personnels intervenant sur le champ de l’éducation, de la recherche de la culture et de l’insertion quel que soit le statut de ces personnels. A côté des syndicats nationaux, comme le SNES ou le SNUIPP, les sections dépar- tementales de la FSU et les courants de pensée contribuent à la réflexion et à l’animation de la fédération.

La pratique d’un syndicalisme de métier est une garantie décisive pour le SNES d’être en phase étroite avec les aspirations des personnels du second degré, ce que ne permet pas toujours un syndicat général. En même temps, le risque d’approches trop catégorielles voire corporatistes est d’autant mieux surmonté que le SNES est totalement partie prenante d’une fédération. La FSU, en organisant la synthèse, permet à chacun de ses syndicats nationaux d’avoir une approche globale des problèmes de l’éducation et de la jeunesse comme de la fonction publique et donc d’être porteur de cet intérêt général dont la recherche est le fondement de la démarche syndicale.

La FSU ne se résigne pas à la division qui condamne le syndicalisme français à l’impuissance. Elle multiplie les initiatives qui pourraient aller vers le rassem- blement. C’est le sens de la démarche du comité de liaison unitaire interpro- fessionnel (CLUI) qu’elle a lancé il y a 2 ans et qu’elle entend encore élargir.

Le SNES et la politique

Le SNES ne se reconnaît dans aucun parti politique, pas plus que dans un quelconque projet de société construit en dehors de lui même. Cette indépendance n’a pourtant rien à voir avec une forme de neutralité. Les événe- ments liés à la présidentielle et au choc du 21 avril confirment le SNES dans son choix de se mon- trer exigeant sur les revendica- tions, tout en se situant sur le ter- rain des valeurs et en ne laissant pas aux seuls politiques le débat sur les alternatives économiques et sociales dont dépendent pour une large part le sort de nos revendications. Le SNES souhaite aussi contribuer à l’élaboration d’alternatives à la mondialisation libérale : c’est le sens de son engagement dans le mouvement ATTAC dont il est l’un des membres fondateurs.

©CORBIS/SIGMA

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Numér o spécial de L ’Université Syndicaliste, hebdomadair e du Syndicat national des enseignements de second degré (FSU) 1, rue d e Courty , 75341 Paris Cedex 07. Tél. : 01 40 63 29 00. N° CP : 1578 D 73. ISSN n° 0751-5839. Dir ecteur de la publication : Gérar d An théaume. Rédacteur en chef : Ser ge Chatelain. Responsable publicité : Clotilde Poitevin. Tél. : 01 42 80 96 05. Compogravur e : CAG, Paris - Imprimerie : SIEP , Bois-le-Roi (77) - Abonnements : Personnels de l’Éducation nationale : France 26 € ; étranger et DOM-TOM : 40 € ; Autr es, France : 37 € ; étranger et DOM-TOM : 51 € . Dépôt légal à parution.

L a marchandisation de l’école est déjà une réalité : privati- sation de financements pour l’éducation par insuffisance de financements publics, domina- tion de quelques groupes dans le domaine de l’édition ou la pro- duction de logiciels péda- gogiques, projet de directive européenne concernant la bre- vetabilité des logiciels pédago- giques, invitation au CNDP et au CNED d’entrer dans une logique de marché.

LE SNES MILITE POUR :

• La défense de la place du ser- vice public (CNDP, CRDP) dans la production des outils pédago- giques, la formation des person- nels et la réduction des inégalités sociales.

• Les logiciels libres, l’indépen- dance de l’Education nationale vis-à-vis des multinationales du multimédia et l’abandon de la directive européenne sur la bre- vetabilité des logiciels.

• Le contrôle démocratique des décisions de l’Union européenne en matière d’éducation. ■

• L’exclusion de l’éducation du champ des négociations de l’accord général sur les services (OMC).

L’éducation n’est pas une marchandise

Cette édition spéciale a été réalisée par : Bernard Boisseau, Eugenio Bressan, Françoise Dumont, Gisèle Jean, Jean-Marie Maillard, Denis Paget, Daniel Robin, Frédérique Rolet, Monique Vuaillat.

©DR

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