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Diffusion critique des neutrons

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HAL Id: jpa-00205841

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Submitted on 1 Jan 1964

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Diffusion critique des neutrons

Jacques Villain

To cite this version:

Jacques Villain. Diffusion critique des neutrons. Journal de Physique, 1964, 25 (5), pp.618-626.

�10.1051/jphys:01964002505061800�. �jpa-00205841�

(2)

DIFFUSION CRITIQUE DES NEUTRONS Par JACQUES VILLAIN,

Service de Physique du Solide et de Résonance Magnétique, Centre d’Études Nucléaires de Saclay.

Résumé. 2014 La diffusion des neutrons par les corps

magnétiques

présente une intensité particu-

lièrement grande à la température critique à cause des fluctuations d’aimantation importantes qui

se produisent alors.

On montre que la section efficace critique est proportionnelle à la susceptibilité dans un champ statique sinusoïdal, dont on donne des méthodes de calcul approché.

Lorsqu’on se rapproche des conditions critiques, la diffusion tend à devenir élastique, car la

relaxation des fluctuations est freinée par des effets thermodynamiques, et aussi cinématiques

dans le cas des ferromagnétiques.

On étudie l’inélasticité de la diffusion critique. Les théories faites jusqu’ici reposent sur des hypothèses difficiles à justifier, et ne paraissent pas en accord avec l’expérience.

Abstract. 2014 The neutron scattering cross section of magnetic samples becomes very large near

the critical point because of the occurrence of important fluctuations of magnetization.

The critical cross section is shown to be proportional to the susceptibility in a static sinusoidal magnetic field, which can be calculated approximately.

The scattering tends to become elastic when T approaches the critical temperature and when the

scattering vector tends to a reciprocal lattice point (in a ferromagnet) or to a superlattice point (in an antiferromagnet) because the relaxation of the fluctuations is then forbidden by thermo- dynamic (and, in a ferromagnet, kinematic) causes.

The theory of the inelasticity of the quasi-critical scattering does not seem to agree with experi-

ment. This may be due to the fact that this theory is based upon ill-justified assumptions.

PHYSIQUE 25, 1964,

1. Généralités. - Si l’on envoie sur un corps

magnétique des neutrons supposés monochro- matiques de vecteur d’onde k1, et que l’on mesure

l’intensité du flux des neutrons diffusés de vecteur

d’onde k2 = k, -~- k (fig. 1), on constate que cette intensité devient très grande au voisinage du point

d’ordre pour

FiG. I. - Schéma de la diffusion.

a) k voisin d’un noeud du réseau réciproque t

pour un ferromagnétique ou un ferrimagnétique ; b) k voisin d’un noeud de surstructure pour un

antiferromagnétique.

Ce phénomène découvert par Squires [1] et

Palevski et Hughes [2] a été expliqué théorique-

ment par Van Hove [3] qui a montré qu’il était dû

aux fluctuations d’aimantation intenses qui appa- raissent au voisinage du point critique.

II. Théorie de la diffusion magnétique des neu-

trons. - Désignant par 1ïÜJ le transfert d’énergie :

on peut montrer [3], [4] que la section efficace différentielle de diffusion par des ions magnétiques

de neutrons non polarisés est (soustraction faite

de la diff usion nucléaire) :

SR = spin de l’ion situé au point R

m = masse de l’électron.

e - charge de l’électron.

c = vitesse de la lumière.

y = -1,91.

fR(k) = 1 f d3 rA(r) e---4k.r = facteur de forme

nR ionR ’ ’ magnétique.

nombre d’électrons célibataires dans l’ion R.

>4(r) = densité des électrons célibataires.

Dans la formule (1) il est intéressant de poser :

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01964002505061800

(3)

619

correspond aux raies de diffraction étudiées par les spectrosçopistes, alors que

correspond aux taches diffuses dues aux fluctua- tions..

C’est la partie (V), généralement inélastique, qui

nous intéresse ici. On peut mettre cette section

efficace sous la forme :

(cf. Appendice I)

d’après (II).

La formule (VI) peut paraitre plus compliquée

que la formule (V) ; mais nous verrons aux para-

graphes III et VIII que la fonction

présente des propriétés remarquables.

Tout d’abord, on vérifie facilement que

Par suite, pour un réseau centrosymétrique la

fois du point de vue nucléaire et magnétique), la

fonction

qui intervient dans (VI), est réelle et paire. Sa

transformée de Fourier est donc une fonction réelle et paire de oo.

Nous allons maintenant montrer que est

une susceptibilité en champ non-uniforme.

III. Susceptibilité d’un système de spins en pré-

sence d’un champ magnétique statique non-uni- forme. - Supposons que chaque spin SR soit soumis à un petit champ magnétique de composantes dHR.

L’hamiltonien du système est

où X est l’hamiltonien en l’absence des champs ô HR, sur lequel nous ne faisons aucune hypothèse.

On sait (cf. Appendice II) que, si Je et h sont des opérateurs et ~ un nombre, on a au deuxième

ordre près en h :

Par suite la matrice densité du système est

L’accroissement de la composante 81 du spin SR

aux champs est donc

Il est naturel de définir une susceptibilité x~~,

par

D’où

On trouvera dans [5] de plus amples détails.

Dans le cas tous les ions magnétiques ont

même facteur de forme et sont répartis aux noeuds

d’un réseau de Bravais, la section efficace (VI)

s’écrit :

et on a

(4)

xfcY est la susceptibilité par spin, dans un champ

sinusoïdal

--

définie par

8yR est l’accroissement du moment magnétique

du spin SR au champ sinusoïdal.

Dans le cas où tous les spins sont orientés sui-

vant Oz, on a

et on sait qu’en champ extérieur nul Z%C/. tend vers

l’infini dans les cas suivants : TABLEAU 1

On voit en particulier que X1’ciJ. tend vers l’infini

dans les cas se produit la diffusion critique dé-

crite au § I. On montrera en outre au § VIII que dans ces mêmes cas la fonction définie par

(XI) décroît très lentement. Par suite, d’après (X),

la diffusion est presque élastique ; les dispositifs expérimentaux actuels sont incapables de faire

une analyse précise en énergie et on peut admettre (approximation statique) que, lorsqu’on renonce

à toute analyse en énergie, on mesure :

Cette formule résulte de l’intégration de (X) quand la diff usion est presque élastique.

Dans les paragraphes suivants nous donnerons

des méthodes approchées de la susceptibilité statique. Nous vérifierons la formule de Van Hove

et nous montrerons comment on peut généraliser

cette formule à d’autres cas.

IV. Calcul thermodynamique de la susceptibilité

d’un ferromagnétique. - L’énérgie libre d’un corps

ferromagnétique de volume V en fonction de l’in-

tensité d’aimantation m(r) est :

mo est l’aimantation moyenne qui satisfait à

On peut poser

où Q s’annule au point critique. Cette annulation est due au fait que Q est la somme d’un terme positif (entropie) qui augmente avec la tempé-

rature T, et d’un terme négatif (énergie), qui varie

peu avec T.

La forme quadratique 1 n~ ()y m~,

introduite pour les cristaux cubiques par Landau et Lifshitz et par Néel dans la théorie des domaines,

décrit une énergie et est donc définie positive à

toute température.

Posant

et

on peut calculer la variation 8W de (XV) corres- pondant à de petites variations

et 8Hq des ~q des Hq.

On trouve :

Les susceptibilités s’obtiennent facilement

(pour k petit) en posant

et en minimisant ôo par rapport aux En

l’absence d’anisotropie,

et la susceptibilité par maille est :

où v est le volume de la maille et où

(5)

621 Pour un cristal cubique il n’y a que deux cons-

tantes A~~ et Al :

Les paramètres A1 et AIl n’ont pas de singularité

au point critique et on peut les considérer comme

constants dans la région critique :

A peut être déterminé expérimentalement, ou théoriquement par l’approximation du champ molé-

culaire par exemple.

V. Approximation du champ moléculaire. -- Elle permet de déterminer les susceptibilités même

dans des réseaux très compliqués. On écrit :

Hn est le champ appliqué en R.

Donnons à HR un accroissement BHR. La diifé- rentiation de (XVII) donne :

IR

AR = sR BR(Bg03BCB sR KR) = SR > /KR

KR

2 , d

ÙLR Bg03BCB 4 J(,R) ; §

On en déduit aisément :

Cette relation donne a HR en fonction de 8SR >

Il suffit de l’inverser pour obtenir le tenseur suscep- tibilité.

Pour un réseau de Bravais ferromagnétique on

trouve :

- - -

Pour 1~ petit on retrouve les formules (XVI) et (XVI bis). Pour un cristal cubique :

où a est le côté de la pseudo-maille cubique.

Pour un réseau de Bravais au-dessus du point

d’ordre les formules précédentes restent valables

mais il est préférable de les écrire sous la forme :

valable en l’absence de champ magnétique.

Pour un antiferromagnétique au-dessous du

point de Néel, on trouve en l’absence de champ :

ko est un noeud de surstructure. est le maximum de 3( k) .

Les améliorations de la théorie du champ molé-

culaire [7] ne modifient guère les résultats précé-

dents : le point de Curie est déplacé et les autres paramètres sont un peu modifiés. En particulier la

dérivée de la susceptibilité parama-

gnétique en champ nul, qui intervient dans (XVI),

reste finie. Nous allons voir que l’on pense actuel- lement qu’il n’en est pas ainsi.

VI. Développement de la susceptibilité en puis-

sances de 1 IKB T. - Pour paradoxal que cela

paraisse, on pense que c’est actuellement la meil- leure méthode pour connaître le comportement de la susceptibilité au voisinage du point critique.

Les deux premiers termes correspondent à l’approximation du champ moléculaire.

Le calcul a été poussé jusqu’à l’ordre 6 [9].

Prenons l’exemple suivant : cristal cubique à faces

centrées avec interactions entre premiers voisins,

S = oo ; K = 0. Il est intéressant de calculer la

dérivée logarithmique de xo. On trouve, d’aprés [10]:

(6)

avec

y =-=2

Cette série ressemble étonnam-

3

ment à une série géométrique, et il est naturel de

penser que le rayon de convergence :

définit la température critique. Posant alors :

et en tend vers 0 assez vite pour que la série

f(y) = E En yn

converge même au point critique, on trouve

D’où au voisinage de T~ :

on trouve d’après [10] les résultats suivants :

TABLEAU II

La limite de till) parait peu différente de 4/3 Après avoir examiné d’autres cas, Marshall [10]

considère le résultat [-1 = 4/3 comme général :

Par ailleurs la validité au point critique de la

tormule (XIV) pourrait être remise en question.

VI I. Résultats expérimentaux. - La validité de

l’approximation statique est bonne au-dessus de T.

Au-dessous elle surestime la diffusion des ondes de

spin. Ainsi aux petits angles (~ 1°) dans le fer elle devient inappliquable dès Tc -10° [11]

La formule (XIV) a été vérifiée avec soin pour le fer et parait bien satisfaite [11], [12]. Pour le

nickel il faut ajouter des termes en k4 au dénomi-

nateur de (XIV).

La loi (XVIII) serait vérifiée pour le fer jusqu’à

Tc + ~.2° d’après Jacrot et jusqu’à 40°

d’après Passell [13]. Elle semble également con-

forme aux mesures magnétiques directes dans un

domaine de quelques dizaines de degrés au-dessus

du point de Curie. Une mesure au voisinage immé-

diat du point de Curie a été faite à Saclay [14] par Allain et F. Dumesnil pour le nickel ; elle semble montrer que varie linéairement avec la tempé-

rature entre T ~ et T ~ + 4°.

Il est intéressant d’étudier un cristal covalent la théorie du champ moléculaire peut s’appliquer.

Riste [15] a fait cette étude pour la magnétite ; il

trouve un accord satisfaisant sauf pour au- dess us du point de Curie, ce qui est parfaitement

FIG. II. - Intensités diffusées par le fer aux petits angles. La bosse vers Tc - 25° est due aux ondes de spin.

Longueur d’onde moyenne des neutrons incidents : 4,75 A.

(7)

623

Fm. III. - Action d’un champ de 300 0 sur l’intensité diffusée à 1009 par le fer ; A = 4,75 A.

normal puisque l’approximation quasi-statique

n’est plus valable.

Un champ extérieur de 300 0 suffit à faire prati- quement disparaître l’anomalie de diffusion cri-

tique III). Ceci est en accord avec la

théorie [7] et découle de la formule (XVI).

VIII. Inélasticité de la diffusion magnétique des

neutrons. - Ayant maintenant une bonne idée de l’ordonnée à l’origine de la fonction rp%Y(t) définie

par (XI), étudions sa variation avec t. Celle-ci peut

être connue pour t petit par le développement de Taylor :

pour t = 0 et rc impair, dans un cristal centro- symétrique.

Tout d’abord pour un hamiltonien qui conserve

le spin total,

THÉORÈME A. - Pour des interactions d’échange

toutes les dérivées ~~Y~2n) (o) tendent vers 0 quand k tend vers 0 ou un n0153ud du réseau réci- proque.

(1) On se limite dans la suite au cas d’un réseau de Bravais.

Les dérivées sont calculables en principe par la formule :

Le second membre est calculable en utilisant la formule

. i 2

ÉR = £

h[9, (XX)

Des formules (XIX) et (XX) on déduit immé- diatement :

THÉORÈME B. - La dérivée (2n) ième de

pour t = 0 est nulle si R et R’ ne sont pas au plus (2n - 1) ièmes voisins. (1)

Par suite d’après XI) :

THÉORÈME C. - Toutes les dérivées à l’origine

de qJkY(t) ~N sont finies à toute température quel que soit 1~. (N = Nombre d’atomes magnétiques.)

Il résulte de ce théorème que la relaxation devient très lente lorsque l’ordonnée à l’origine y"’1(0) devient très grande, c’est-à-dire dans les cas

indiqués au tableau I.

En particulier, la diffusion critique est presque

élastique. On pourra s’attendre à une élasticité

particulièrement grande pour un ferromagnétique,

le théorème A s’applique. Dans le langage de

De Gennes [8] le théorème A exprime le freinage

« cinématique » de la relaxation, et le théorème B

exprime son freinage « thermodynamique ».

(2) Nous disons que et R’ sont qièmes voisins s’il existeR1R2... Rq-l tels que JRR1 J RIR2 J R2Rs... 0.

(8)

CALCUL EFFECTIF DE

En utilisant (XIX) le calcul de la dérivée seconde

se ramène à celui d’une fonction de corrélation à deux spins :

De la dérivée quatrième on n’a déterminé jusqu’ici que la valeur à température infinie [4]

[16].

Toutes les dérivées sont proportionnelles à k2

pour k petit, pour un réseau cubique. Cela résulte directement de (XIX).

IX. Théorie de la relaxation (d’après Mori et Kawasaki). - A la suite de Van Hove [3], Maori et

Kawasaki [16] supposent que pour (t) grand, (t)

décroît exponentiellement. On supposera pour

simplifier H = 0, T > T~

D’où

L’hypothèse fondamentale de Mori et Kawasaki est que cpx(t) rejoint sa forme exponentielle au bout

d’un temps t1 très court.

Pour t t1, cpk(t) serait défini par ses deux pre- mières dérivées ; qui sont approximativement

connues :

Par exemple on peut prendre une parabole :

ou si on préfère une Gaussienne :

zk est déterminé par la relation :

D’où si est assez grand :

On trouve facilement :

où -tj est un coefficient numérique qui dépend des hypothèses, passablement arbitraires, faites sur le comportement de yk(t) pour 1 petit :

1 = 4/3 pour une décroissance parabolique

-~ pour une décroissance gaussienne.

Enfin si on utilise la méthode des moments en

attribuant à

une forme lorentzienne tronquée, on trouve une

formule analogue avec

CAS DES FERROMAGNÉTIQUES AU VOISINAGE DU

POINT CRITIQUE. - Pour k peu différent d’un noeud r on a (cf. §§ IV et VIII)

avec ak = k - r. La relation (XXI) s’écrit alors :

À est un coefficient numérique.

::

CAS DES ANTIFERROMAGNÉTIQUES. - §k(0) et ljk(0) restent finis au voisinage d’un noeud de

surstructure ko et peuvent être considérés comme

à peu près constants. Par ailleurs, d’après les résul-

tats du § V, cpk(0) est proportionnel à

Xl s’annule au point de Néel. Donc

et au point de Néel :

X. Résultats expérimentaux sur l’inélasticité au

voisinage du point critique. - L’inélasticité étant

faible, les expériences sont très difficiles, comme

nous l’avons vu au § III. Elles nécessitent des neutrons incidents bien collimatés et surtout bien

monochromatiques.

(9)

625

EXPÉRIENCES DE CRIBIER, JACROT ET RISTE

SUR LA MAGNÉTITE [17]. - Ces expériences ont

mis en évidence la persistance jusqu’au point cri- tique de mouvements collectifs peu amortis des

spins ondes de spin ») jusqu’au point critique.

Autrement dit la fonction de la figure IV

s’annule en réalité plusieurs fois avant de prendre

une forme exponentielle. Mais ces expériences correspondaient à des k assez éloignés d’un noeud.

Il est compréhensible que des mouvements collec- tifs analogues à des ondes de spin de longueur

d’onde assez courte puissent prendre naissance

dans des régions l’aimantation moyenne est

appréciable. Cela ne signifie pas forcément que la théorie du § IX ne soit pas valable à la limite pour les petits k,.

EXPÉRIENCES SUR L’INÉLASTICITÉ AUX PETITS ANGLES DANS LE FER [11]. -Ces expériences, faites

au voisinage du point critique pour des angles de

diffusion de l’ordre de 10, sont très difficiles à inter-

préter car les neutrons incidents ne sont pas bien

monochromatiques. Toutefois elles semblent incom-

patibles avec la formule (XXII) et suggèrent plutôt

que rk est inversement proportionnel à k2 même

Fie. IV. - Variation de qJkC((t) et ~’11(t) (H = 0, T > Tc)

dans la théorie de Mori et Kawasaki.

FIG. V. -- Largeur à mi-hauteur du spectre diffusé par le fer en fonction de 01 N k2.

L’ordonnée à l’origine de la courbe T = Te est la largeur du spectre incident.

Sur le graphique du bas, à droite : courbe inférieure, T = courbe supérieure, T = Te -r 30.

(10)

au point critique. Deux phénomènes pourraient expliquer ce désaccord :

a) ou bien les interactions qui ne conservent pas le spin total (couplage spin-orbite par exemple) ne

sont pas négligeables. Cette hypothèse est corro-

borée par le fait que la diffusion ne parait être élastique pour k = 0 qu’à ~’ _

b) ou bien les hypothèses de Mori et Kawasaki (yk(t) rejoint vite sa forme exponentielle asympto- tique) sont fausses pour les petits k, au moins à Tc.

Des expériences sont en cours à Saclay [12] pour étudier l’inélasticité de la diffusion critique dans l’antiferromagnétique MnF2.

Appendice I. - Prenons une base ~m > qui diagonalise l’hamiltonien.

A et B étant deux opérateurs, on peut écrire

Les seuls termes qui ne donnent pas 0 après inté- gration sur t sont ceux pour lesquels

m = (On - Cùm.

On peut donc remplacer l’intégrale sur 7~ par sa valeur

et on trouve :

Appendice Il. - Posons

Y(B) - eBH e-B(H - h)

h est un opérateur petit par rapport à X. On a : d Y(B)

dB

L’intégration de cette relation donne au second ordre près en h : .Q

Discussion

Pr BERTAUT. - Votre théorie serait-elle valable pour des spins modulés sinusoïdalement ? Je pense

au thulium.

Dr J. VILLAIN. - J’ai généralement considéré les forces d’échange comme prépondérantes. Dans

l’étude des fluctuations statiques, on peut tenir compte sans modifications importantes des termes qui ne conservent pas le spin total. Mais la rela- xation peut devenir très différente si ces termes sont importants, en particulier, il n’y a plus d’effet cinématique.

Pr OPECHOWSKI. - Je crois que les formules de Villain sont valables même dans ce cas pourvu

qu’on choisisse un Hamiltonien suffisamment géné-

ral.

Pr OPECHOWSK.I. -Voulez-vous expliquer encore

une fois la signification du « freinage cinématique »

et du « freinage thermodynamique ». L’effet ciné- matique n’est-il pas en réalité un effet dynamique ?

Dr J. VI LLAI N. - L’effet thermodynamique se pro- duit au voisinage d’fine transformation du second

ordre, et quel que soit l’hamiltonien. Il est au

fait qu’à la température critique les fluctuations

peuvent prendre naissance sans produire un gros accroissement d’énergie libre. Elles ont donc une

durée de vie plus grande. L’effet cinématique est indépendant de la température. Il résulte des

équations du mouvement et n’existe que dans le

cas l’hamiltonien commute avec le spin total.

Le terme d’effet « dynamique » serait donc en toute

rigueur préférable.

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