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Spectre Raman des solutions aqueuses de gaz
chlorhydrique
Lydia Ochs, Jules Guéron, Michel Magat
To cite this version:
SPECTRE RAMAN DES SOLUTIONS
AQUEUSES
DE GAZCHLORHYDRIQUE
Par LYDIA
OCHS,
JULESGUÉRON
et MICHEL MAGAT.Collège
de France, Laboratoire dePhysique
expérimentale.
Faculté des Sciences deStrasbourg,
Institut de Chimie.Sommaire. 2014 Les auteurs ont obtenu les
spectres Raman de solutions aqueuses de gaz chlorhydrique
de concentration allant jusqu’à 19 N, à la température ordinaire. Ils discutent en détail l’apparition d’une bande due à la molécule ClH associée à l’eau dans une structure quasi cristalline. Ils décrivent les modifications apportées par le gaz chlorhydrique aux bandes Raman de l’eau. Ils soulignent l’intérêt et les difficultés que présente la théorie du proton hydraté.
Bien que le
spectre
Raman des solutions aqueuses de gazchlorhydrique
aitdéjà
été étudié par de nombreux auteurs[il,
nous avons cru utile d’enreprendre
la détermination car, d’unepart,
on s’estle
plus
souvent borné à rechercher l’influence du gazchlorhydrique
sur les bandes lesplus
intenses del’eau,
et l’on n’ajamais,
d’autrepart,
expérimenté
sur des solutions très concentrées
(plus
de io N enC1H).
Nous nous sommes
spécialement
attachés aux troispoints
suivants :1 ° Vérification nouvelle de l’exi~tence de la mollé-cule non dissociée CIH en
quantité
notable dans lessolutions
concentrées;
2~
Étude
de l’influence du gazchlorhydrique
dissous sur les bandes intermoléculaires aussi bien que sur les bandes intramoléculaires de
l’eau;
30 Recherche de bandes Raman éventuelle de l’ion
hydroxonium H30-+-.
Dispositif expérimentale. - Optique.
- Nousavons utilisé un
spectrographe
Cojean,
dutype
moyen, à trois
prismes,
ouvert àJ/4,5,
donnant unedispersion
de 9=k/nxnx
à~[
3 60 A
et de 20-~/mm
à 5 o5o
..
Il se trouvait dans unepièce
therma-statique
detempérature égale
à 25 -+-- 1° C.La source de lumière était un arc au mercure de
Gallois,
fonctionnant en courant alternatif etconsom-mant 1 ooo W sous 160 V. Le fond continu est rela-tivement
faible,
même dans ces conditions d’exci-tation.Nous avons
toujours
utilisé lesplaques
«hyper-sensitive » Ilford. Pour
chaque
solution nousenre-gistrions,
sur la mêmeplaque,
quatre spectres :
1. Sans filtrc... Fente de i min 2. Avec filtre B. V. B... -
0,3
mm3. Avec filtre de N02Na... -
o,3
mm4. Avec filtre de N02 ’a... - o,5
mm
Nous avons
fait,
enoutre,
pour les solutions 6 8~ et 1gazN,
unspectre
avec filtre de fuchsine et fente deo,3
mm, defaçon
àsupprimer
l’excitation par la raie4 358
du mercure.Chacun de ces
spectres
était encadré despectres
de l’arc au
fer,
etchaque
clichéportait
plusieurs
spectres
directs de lalampe
à mercure utilisée.Le
développement
s’effectuaittoujours
dans lesmêmes conditions. Les
temps
de pose,identiques
pour les diverses
solutions,
variaient,
suivant lesfiltres,
de 4o
h à 16o h.Les
spectres
ont étédépouillés
à l’aide d’unmicro-photomètre enregistreur
deZeiss,
enenregistrant,
après chaque
spectre,
un coinphotométrique.
Préparation
des solutions. - Le tube Raman~ fig.
2)
construit en verrePyrex,
recevait directe-ment l’eau sortant del’appareil
de redistillation.,
Fig. r.
Celui-ci
comportait
unfiltrage
de la vapeursur-chauffée,
dans sontrajet
ascendant,
sur une colonne de débris de verre. La condensation s’effectuait surtrajet
descendant. On faisait ensuite passer dans cette eau, en refroidissant le cas échéant dans unmélange glace-sel,
un courant de gazchlorhydrique
pur et sec,soigneusement
dépoussiéré (1).
Une fois la solutionprête,
le tube était scellé auxétrangle-ments a et b.
Après
utilisation,
on ouvrait le tubeet titrait la solution. Le
recoupement
destitrages
alcalimétriques
et destitrages
d’ion CI-(addition
(1) La canalisation d’arrivée du gaz comportait, sur trajet ascendant, une plaque de verre fritté n° G 4, d’où la nécessité d’avoir un gaz sec,86
d’un excès connu
de nitrate
d’argent
et retour parle
sulfocyanure
depotassium)
permet
d’affirmeque, même aux concentrations les
plus
élevées,
iln’y
a pas eud’attaque
appréciable
du tubependant
toute la durée de l’étude
(parfois plus
d’unmois).
Le tube était évidemmentnettoyé,
avantchaque
remplissage,
par actionprolongée
de réactifs acideset
oxydants
chauds.Existence de la molécule non dissociée C1~I dans les solutions aqueuses concentrées de gaz
chlorhydrique.
- La tensionde vapeur de CIH au-dessus de ses
solutions,
pratiquement
nulle à basseconcentration,
devientappréciable
àpartir
de0 71.T r-1 T - nrtn~ininni~ ...1,.. 01 v Lej. L~ B.JVC;U.LB..IJc;l11.- uc
partage
de CIH entre le benzène et l’eauaugmente
brusquement
entre les concentrations
I 2
et 14 N
[3].
D’autrepart,
l’absorption
ultra-violette de ces solutionsprésente
un maximumà 8 N
[4].
Tout ceci
suggère
l’existence,
dans les solutions aqueusescon-centrées,
de molécules CIH non dissociées.Fig. 2.
Corrélativement,
nous~’ ’’
avons
observé,
dans les solutions de concentra-tionsupérieure
à9N
l’apparition
d’une bande Raman trèslarge qui
se détache deplus
enplus
desbandes de l’eau et devient de
plus
enplus
intense à mesure que la concentration s’élève. Cettebande,
déterminée au mieux dans la solution la
plus
concentrée que nous ayons étudiée(1 9 N),
se situe à2 630 -!- 20 cm-1
(excitation
par 4
o46,
filtre,
defuchsine).
Safréquence
est très inférieure à celle de CIH gazeux(2
880)
et même à celles de CIHliquide
(2 ~60)
ou solide(2
709).
Son attribution à CIH nousparaît
cependant
certaine,
étantdonné,
d’unepart
sa
brusque apparition
vers g N et son renforcement à mesure que la concentration de la solutiondépasse
cette dernièrevaleur,
d’autrepart
les observations deGordy
et Martind’après
qui
lafréquence
de CIH dissous dans certains solvants comme l’étherdiéthy-lique,
lenitrotoluène,
peut
s’abaisserjusqu’à
2
45o
CM-1(2j.
Nous discuteronsplus
loin ces faits.Les deux courbes de la
figure
1reproduisent
lesenregistrements microphotométriques
desspectres
des solutions 6 N‘ et I g N.
Influence du gaz
chlorhydrique
sur les bandes Raman de l’eau. - Bandes 3zozo, 3
400,
3 600 cm-1.-
Comme
le montre le tableausuivant,
lafréquence
(2)C f.
dans[6]
une critique de ces résultats, ’du
maximum
augmente
avec laconcentration jusqu’à
la concentrationde 4
Nenviron,
puis
diminueDans les solutions très
concentrées,
cetteposition
varie peu et reste très voisine de cequ’elle
estdans
l’eau pure. Ledéplacement précédent
n’a pas étéremarqué
par Rao171,
maisLeighton
et Burnham[8]
ont observé une variation de même ordre dans les solutions de chlorure de zinc(pour
nous limiter aux
solutions
contenant l’ionCl-).
D’autre
part, Freymann
et l’un de nous[9],
étudiant dans
l’infrarouge
le troisièmeharmonique
de l’eau
dans
des solutions deCIH,
ont trouvé undéplacement
de même sens, Les nombressuivants,
qui
accusent une variation assezproche
de lalimite
de leurs erreurs
d’expérience,
présentent
néanmoinsune valeur de
recoupement
L’intensité
du
maximum de labande
Raman de l’eau a étécomparée
à cellede
la raie4
916 A
dumercure, car elles sont de même ordre de
grandeur.
En
ramenant,
par lecalcul,
au même nombre demolécules d’eau on trouve les nombres
suivants
L’intensité passe donc par un minimum vers 9 N.
Nous verrons que la bande
500-700
em-1
secomporte
de la même
façon.
Bande 1 65o cm-i. - La
fréquence
de cette bande varie très peu avec la concentration du gazchlor-hydrique.
Il en va de même de sonintensité,
rapportée
à cellede fi
916
du mercure,compte
tenu du nombre de molécules d’eau. Son intensité étant inférieure à celle de4916 Hg
et salargeur
étant de l’ordre de
celle
de la bande500-700
cm--1,
nous avons utilisé la bande 1 65o comme unité
secondaire pour étudier l’intensité de la bande
500-700.
Bande
500-7°0
cm -1. --- Cette bande est si floueque nous n’avons pu établir avec certitude une
variation dans la
position
de son maximum. D’autrepart,
elle se trouvesous-exposée
sur un certainnombre de clichés. Aussi avons-nous dû nous
contenter de comparer son intensité
(rapportée
à celle de la bande 165o)
pour desspectres ohtenus
avec des filtres et des ouvertures de fente variables d’une solution à l’autre. Son intensité passe par
un minimum au
voisinage
de 8N,
concentrationqui
coïncidepratiquement
avec celle dudépla-cement maximum et de l’intensité minima de la bande 3 200-3 6oo et avec celle du maximum
d’opacité
dans l’ultraviolet[4]
(4).
t.
Bandes 200 cm--’-. - On n’avait
jamais
encoresignalé
dans aucune solution aqueuse cettebande,
qui apparaît déjà
à faible concentration(o,gi
-1~).
Son intensité(rapportée
à celle dei 65o),
étant constante aux erreursd’expérience près,
dans tout le domaine de concentrationexploré,
on nepeut
attribuer cette
fréquence
ni àCIH,
ni àH30~.
Bande i 800 cm-1. - Sur lesspectres
des solu-tions relativement diluées(o,gi,
3,61,
6 et9,4 Vint)
apparaît
une bande située vers 1 820 cm-’. Ellecorrespond
à la bande observée par Silveira[10]
dans des solutions de nitrates demagnésium
oude calcium. L’un de nous,
qui
l’a retrouvéedepuis
dans des solutions de chlorure de lithium[n],
l’ainterprétée [12]
comme une bande de combinaisonde l’eau. Nous reviendrons sur cette bande en
discu-tant le
problème
de l’ionhydroxonium.
Fond continu. - Giulotto[13j
asignalé,
dans les solutions aqueuses d’acidenitrique,
un maximumd’intensité du fond continu à la concentration de 8 N. Le fond continu des solutions d’acide
chlor-hydrique,
mesuré à 1 ooo et 2 5oo cm-1 estindé-pendant
de la concentration.Discussion. - E. Bauer et l’un de
nous
[ 1 I
]
ont récemment
développé
une théoriequi
rendcompte
dudéplacement
de certainesfréquences
lorsdes
changements
d’état(condensation
oudissolu-tion)
en faisant intervenir l’interactionélectro-statique
de molécules voisines. Onpeut
évaluer lechangement
defréquence
qui
accompagne l’un oul’autre des deux cas extrêmes
qui
peuvent
seprésenter.
~ ~ La molécule
du
liquide (ou
la moléculedissoute)
peut
tourner librement. Elle ne forme donc pas de structurequasi
cristalline avec les molécules voisines.(4) Notons à ce propos que l’on peut représenter graphi-quement la densité et le volume spécifique des solutions aqueuses de CIH par des droites coudées vers 4 N et 8 N. Mais parmi les caractéristiques thermodynamiques de ces
solutions, seules les entropies molaires partielles du solvant
et du corps dissous présentent avec la concentration une
variation non monotone : toutes deux passent par un maximum entre 8 et 10 M à la température ordinaire [33].
La
perturbation
est due auchamp
induit par cette molécule dans le milieuenvironnant,
et les variations defréquence
observées pour un même corps dissousdans divers solvants
sont,
enpremière
approximation,
proportionnelles
à la fractionD étant la constante
diélectrique
du solvant pur. Une formuleanalogue
a été donnée parKirk-wood [15].
Laplupart
des solutions de gazchlor-hydrique
(dans -CS2, C14C,
CH C13,
S02’ ...)
sontde ce
type,
ainsi que CIHliquide [r,
5,
6] (5).
’2° La
molécule,
maintenue dans uneposition
privilégiée
par lechamp
des molécules environnantes forme avec celles-ci une structurequasi
cristalline. A laperturbation précédente
s’enajoute
une autrequi
provient
duchamp
créé par le milieu àl’empla-cement de la molécule dissoute. Pour calculer ce
champ,
il faut tenircompte
de la distribution réelle descharges
dans lemilieu,
donc du modèle de struc-ture. Les solutions de gazchlorhydrique
dans lenitrotoluène,
l’acétated’éthyle,
ledioxane,
dans divers éthers et dans l’eauappartiennent
à ce secondtype.
Nous avons
essayé
de calculer lafréquence
de CIHen solution aqueuse sur la base du modèle suivant :
le
proton
H~
de CIH se trouvealigné
avecl’oxygène 0,
d’une molécule d’eau suivant la bissectrice de celle-ci. Ce même
proton
est le sommet d’un tétraèdre dont les trois autres sommets sontoccupés
par des molécules d’eau. Unproton
de chacune d’elles est orientévers le
CI-
de CIH. CeCI-
se trouve dans leprolon-gement
deH~ °1’
et la valence0,H,l
de la seconde molécule d’eau se trouvedirigée
dans leprolon-gement
deClüH21’
etc... Nousadoptons
les valeursnumériques
suivantes :et nous conservons pour la molécule
H20
le modèle décrit par l’un de nous[ 1 ~~.
Le
potentiel
de la molécule Cl H nonperturbée
est donné par la fonction de Morse
Le calcul
consiste
à chercher la distanceCI-H’,
r,pour
laquelle
(l’indice
E serapportant
à laperturbation
électro-(b) La valeur limite du changement de fréquence
pour D -~ oo est voisine de 80 cm 1. La fréquence de Cl H,
dans les solutions de ce type, est donc égale à 2 8oo cra-1
88
statique)
et à évaluerensuite,
pour cette valeur de r,la force
de
rappel
Si l’on
désigne
par VO
et par~.~1
lafréquence
et la force derappel
de la molécule nonperturbée,
lafréquence
de la moléculeperturbée
est donnée parl’équation
3v
représentant
la variation defréquence qui
apparaît
dans le cas d’une solution sans structure. Un calcullong,
mais sans difficulté donne» =
26~0 -
80 = 2610.La
fréquence
observée est 2 630. Bienqu’aucune
constante ad hoc n’intervienne dans lecalcul,
un telaccord doit être considéré comme
fortuit,
étant donné lesapproximations
admises dans l’évaluation deUE.
Il nous
semble,
parcontre,
significatif
que l’onobtienne ainsi l’ordre de
grandeur
correct dudépla-cement de la bande de CIH.
L’ion
hydroxonium
H.;O+.
- Si la solvatationdes
ions,
enparticulier
leurhydratation
en solution aqueuse, est un faitexpérimental
reconnu, la naturedu lien entre l’ion et les molécules de solvant est
objet
de controverse. Diversesconceptions
ont étésoutenues,
depuis
cellequi
considère letransport
du solvant par les ions comme unsimple
transfertd’énergie cinétique
lors des chocs entre les molécules du solvant et les ions entraînés par unchamp
élec-trique
(Lindemann) jusqu’à
cellequi
fait des ions solvatés de véritablescomplexes
deWerner,
enpassant,
dans lecas
d’un solvantpolaire,
parl’hypo-thèse d’une attraction
électrostatique
des molécules de solvant dans lechamp
non uniforme de l’ion.A ces
multiples représentations correspondent
desthéories variées du mécanisme de l’ionisation en
solution. On
peut
regarder
celle-ci comme unepropriété intrinsèque
du corps dissous :le solvant constituant seulement un milieu favorable
(ionisation monomoléculaire),
ou, aucontraire,
la considérer comme une réactionpolymoléculaire
entre le solvant et le corps dissous
Ce dernier
point
de vue s’accordeparticulièrement
bien avec la théorie modernequi
lie lespropriétés
acide etbasique
à lapossibilité
de transfert d’unproton
de la molécule de l’acide à celle de la base(Brônsted,
Lowry, Ig23).
Dansl’eau,
enparticulier,
l’ionisation des acides s’écrit alors :
L’existence
de
combinaisons dutype
XHROH,
l’hydratation
de H- en solution aqueuse, l’identité destructure cristalline de
Cl04NH4
et deCIO,HH,O
( 1 ~]
sont autant
d’arguments
fréquemment
invoqués
àl’appui
de lareprésentation précédente.
Aussi est-il courant de dire que l’ion H- forme unmono-hydrate H30+;
on considère celui-ci soit comme uncomplexe
del’oxygène
tricoordonné[ 18],
soit commeun ion H+ lié par « liaison
hydrogène »
à une molécule d’eau[Ig].
L’énergie
de dissociation d’une telle liaison est « nettement inférieure àl’énergie
deliaison d’une coordinence
typique
»( 1 g~.
Etcepen-dant,
un desarguments qui
ont leplus
poussé
à admettre l’existence deH30+
est un calcul deFajans [20] d’après lequel
la chaleurd’hydratation
de H~ serait d’environ 260 ooocal/ion
g.(6).
Sefondant sur ce
nombre, Brônsted,
puis
Kolthoff[ 1]
ont tenté de calculer
grossièrement
la constanted’équilibre
et ont trouvé des nombres de l’ordre de io-’-",’
à 1 0-1 ~)o. Ces
calculs,
trèsgrossiers,
confondentl’énergie
interned’hydratation
deFajans
avecl’énergie
librecorrespondante
(peu
différente,
d’ail-leurs[34],
p.2600).
Si un ion
complexe H,O-
ou[H (H20)n]+
existe,
il doit
avoir,
entre autrespropriétés,
unspectre
d’absorption
et unspectre
Raman. Les seulesindi-cations définies à ce
sujet proviennent,
à notreconnaissance,
despublications
dePlyler.
En compa-rant lesspectres infrarouges
de l’eau et de nombreuses solutions aqueusesd’acides
et de selshydrolysables,
- ilassigne
à l’ion H+hydraté
lesfréquences
suivantes :1 820 Cm-1
(5,4 fJ)
[22]
et4
167
cm-’(2,40 p) [23J
ou
4 348
cm-1(2,30
[1.)
[24].
Cette dernièrefréquence
passe à 2
940
cm-1(3,CE [-1.) [25J lorsqu’on
substitue Dà H dans l’eau et dans l’acide
(7).
La
fréquence
i 820 avait d’abord été attribuée[23]
à une association de la molécule d’acide non dissociéeavec
l’eau,
comme lafréquence
1755
(5,7
ia)
quel’on trouve avec les dérivés du deutérium
[25].
Il y a doncquelque
flottement dansl’interprétation
desspectres.
D’autrepart,
on n’a passignalé
dans leproche infrarouge
de bandesharmoniques
de celles dePlyler
[9,28]
et l’on n’a attribué à l’ionH,O-aucune raie Raman.
Or,
siH,O’-
existe en tant que(s) Cette valeur, fondée sur l’équation
implique la connaissance du potentiel absolu de l’électrode à hydrogène, d’où une incertitude sérieuse. Cf. aussi [3 4]. Il faut noter que Fajans ne pensait pas à une combinaison
chimique, mais simplement à une organisation des molécules d’eau autour du proton. (Cf. cependant [26], p. 5o3). D’autre
part la dissociation ’de H~O en H et OH exige seule-ment i i o 00o cal.
(7) Notons au passage que 4 167/2 94o = 1,416 =
§l’2
molécule
complexe,
il doitprésenter
unepulsation
symétrique
desprotons,
etpareille
vibration donneune raie Raman
intense,
alorsqu’elle
est,
enpremière
approximation,
inactive dansl’infrarouge.
La théorie de la conductivité
protonique
des solu-tionsacides,
établie par Hückel[27],
Bernal etFowler
[29]
et détaillée par Wannier[3o]
apermis
àce dernier de fixer la durée de vie de l’ion
H30+
et la
fréquence
de sapulsation
symétrique.
Iladmet,
pourcelle-ci,
la valeur de 2 5oo cm-1(ce qui
semble raisonnable si l’on tientcompte
desperturbations
électrostatiques
deH20
parH+)
z).
La durée de vieimposée
par les donnéesélectrochimiques
(IO-12
s.environ)
est alorsamplement
suffisante pour l’émission d’une bande relativementfine,
qui
serait aisément décelable dans les conditions où nosclichés ont été obtenus et
dépouillés.
Or,
rien de semblable nes’y
montre.D’autre
part,
nous ne pouvons nous ranger àl’avis de
Plyler
et attribuer àH~O~
lesfréquences
I 820et 41 fio
cm-’ .i 820 cm-1. - Nous l’avons
interprétée plus
hautcomme la combinaison i 65o
+
170(va
+
vo)
de($) Les circonstances nous ont empêchés de développer cette partie de notre travail.
bandes de l’eau pure. Le fait
qu’on
l’observe dans l’eau pure et dans des solutions de sels nonhydro-lysables
confirme cette attribution. Deplus,
sonintensité
(rapportée
à 165oHg)
diminuant et finissant par s’annulerlorsque
la concentration de CIHaugmente,
on nepeut
larapporter
ni à CIH ni àHlo-.
416o
cm-1. -- Nous considérons aussi cette bande comme une combinaison desvibrations ),
et Vti de l’eau
(3
~5o
+670
= ~l
120).
Cette fré-quence ne se rencontre pas dans l’eau pure. Maisrécemment,
unefréquence
voisine etd’origine
analogue (3
45o
+ 500 = 395o
== ’)f) +
V13)
a été observée à2,52
P.(3
970cm-’)
dans lespectre
infrarouge
de l’eauliquide [3I].
Enfin,
pour autant que l’onpuisse
se fonder surl’analogie,
on devraits’attendre,
enpassant
deH,O
àH30-,
à unefréquence
diminuée,
donc inférieure à 3 600cm-’,
commelorsqu’on
passe deNH3
àNFI;
[32].
La
question
de l’existence et de la structure duproton
hydraté
restedonc,
à notreavis,
entière-ment ouverte.Manuscrit reçu le I 1 octobre ig3g.
°
°
BIBLIOGRAPHIE.
[1] M. MAGAT, Spectres Raman, trois fascicules des Tables annuelles de Constantes (Hermann, Paris, 1936,
et sous presse).
[2] Cf. P. PASCAL, Traité de Chimie minérale, I, p. 515.
[3]
R. W. KNIGHT et C. N. HINSHELWOOD, J. Chem. Soc.,1927, p. 466.
[4] R. TRÉHIN, Ann. Phys., 1936, IIe série, 5, p. 445-607. [5] W. GORDY et P. C. MARTIN, J. Chem. Phys., 1939,
7, p. 99.
[6] A. M. BUSWELL, W. H. RODEBUSH et M. F. ROY, J. Amer.
Chem. Soc., 1938, 60, p. 2528.
[7] I. R. RAO et C. S. RAO, Current Sc., 1935, 3, p. 350;
C. S. RAO, Ibid., 1934, 3, p. 154.
[8] P. A. LEIGHTON et J. BURNHAM, J. Amer. Chem. Soc.,
1937, 59, p. 424.
[9] R. FREYMANN et J. GUÉRON, Bull. Soc. Chim. France, 1939, 6, p. 1298.
[10] A. SILVEIRA, C. R. Acad. Sc., 1932, 194, p. 1336.
[11]
M. MAGAT, résultats inédits.[12]
M. MAGAT, Ann. Phys., 1936, 11e série, 6, p. 108 ; cf.aussi [14], p. 324.
[13] L. GIULOTTO, Nuovo Cimento, 1938, 15, p. 273.
[14] E. BAUER et M. MAGAT, J. de Physique, 1938, 9, p. 319.
[15] J. G. KIRKWOOD, d’après W. WEST et R. T. EDWARDS,
J. Chem. Phys., 1937, 5, p. 14.
[16] Cf. S. GLASSTONE, Électrochimie des solutions, traduction
Dupont et Jacquet (Alcan, Paris, 1936), p. 45-54 et 145.
[17]
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[18] T. M. LOWRY, Chem. Ind., 1928, 47, p. 1234, 1265.
[19] W. H. RODEBUSH, Chem. Rev., 1936, 19, p. 59.
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[24] E. K. PLYLER, J. Chem. Phys., 1936, 4, p. 492.
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[26] K. FAJANS, Zeit. Elektrochem., 1928, 34, p. 502.
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