du mouvement des fluides
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 14 (1823-1824), p. 229-267
<http://www.numdam.org/item?id=AMPA_1823-1824__14__229_0>
© Annales de Mathématiques pures et appliquées, 1823-1824, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de Mathématiques pures et appliquées » implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale.
Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
229
HYDRODYNAMIQUE.
Recherches
surles lois générales du
mouvementdes
fluides ;
Par M. F. SARRUS, docteur ès sciences.
1.
LA
théorie du mouvement des fluides est une desplus épineuses
de lamécanique.
On connaîtdepuis long - temps
leséquations
différentielles de ce mouvement ; mais elles se montrent ,pour la
plupart
extrêmementrebelles ,
et ce n’est que dansquel-
ques cas
particuliers seulement
que lesgéomètres
modernes sontparvenus à les
intégrer.
En étudiant les découvertes dont ils ontenrichi
cettepartie
de lascience ,
nous avons cru reconnaîtrequ’ils
avaient donné trop d’étendue à une
proposition
fortimportante
. et
qu’en
outre , la démonstrationqu’ils
en avaient donnée n’était pas à l’abri de touneobjection.
En cherchant àremplir
cette la-cune , nos recherches sur le même
sujet
se sont peu à peuétendues;
et nous sommes ainsi parvenu à
quelques
résultats nouveauxqui
nous ont paru assez utiles ou du moins assez curieux pour mériter d’ètre connus. C’est l’ensemble de tout notre travail que nous nous proposons ici de mettre sous les yeux du lecteur.
2.
Commençons
par bien fixer le sens des notations dont nousnous proposons de faire usage dans la suite de cet écrit. Le temps
sera
constamment désigné
par t; et nous nommerons x, y, z les coordonnéesrectangulaires,
pourl’époque t, d’une
moléculequel-
conque M de la masse du fluide.
Tom.
XIV,n.° VIII, I.er février 1824.
31riables t, x, y, z, et de constantes
qui
devront être les mêmes pour toutes les autres molécules. C’est dans cettesupposition
enen
regardant
les variables t, x, y, z comme absolumentindépen- dantes,
que serontprises,
suivant lesprincipes
du calcul différentielpartiel,
les dérivéesquelle
quepuisse
être d’ailleurs la fonction ll.3. Les
coordonnées x, y,
z sont nécessairement fonctions du temps t et des coordonnéesprimitives.
Nommant ces dernières a,b,
c, toutequantité
relative à la même molécule M pourra êtreencore considérée comme une fonction déterminée
de t, a, b,
c.En
conséquence,
pour éviter touteméprise,
et ne pas confondre les valeurs dedu dt, d2u dt2, d3u dt3,... prises
dans lapremière hypothèse
avecce qu’elles
doivent être danscelle-ci,
nousrepré-
senterons ces dernières
respectivement
pardru , d/2U, d’3u,...
Quant
aux coefficiens différentielscomme on ne saurait les confondre avec les dérivées d’une antre nature, nous
n’emploîrons point
de notationsparticulières
pour lesdésigner.
On voit
d’après
cela que les vitesses de la moléculeM , paral-
lèles
aux coordonnées x,
y, z serontreprésentées respectivement
par
d’x, d’y, d’z;
que sa vitesse absolue auraconséquemment
pour
expression
et que les forces accélératrices
correspondantes
serontreprésentées
par
d’2x, d’2y,
d’2z.4. On peut
observer, d’après
cesconventions
que d’udt n’estautre chose que la différentielle totale de a,
prise
enregardant
x, y, z comme fonctions de t , et que, par
suite ,
on doit avoiridentiquement
On trouvera aussi
transformations dont nous ferons usage par la suite.
5. D’après
lesprincipes
connusdu
calcul différentielpartiel,
on aura
identiquement
et encore
mais il faudrait bien se
garder
de croire que l’on a de mêmeEn
effet)
en vertu du n.°4,
on a, parexemple,
tandis que
l’équation identique
différentiée par rapport
à t,
enregardant
x, y, zcomme
constantdonne
et par suite
et non pas
simplement
6. Nous
supposerons
que lacaractéristique 03B4
des variations estuniquement
relative aux coordonnéesprimitives a 1 b,
c, et non au tems t. Dès lors nous auronset en
général
d’où il cst facile de conclure
et toutes les autres relations
qu’on
enpeut
déduirepar
desdiffé-
rentiatiorls
répétées.
Si l’on avait
on en tirerait
et
Si,
aucontraire,
H est unefonction de x, y,
z, sans t, on auradH dt=o,
et par suiteet comme , dans ce cas ou les autres, H
peut
ne pas être une variation exacte, cequi pourtant
serait nécessaire pourque 03C8
futune
pareille variation,
on en concluraque 03C8
peut ne pas êtreune variation exacte, bien que l’une ou l’autre des dérivées
d’03C8
oud03C8 dt soit
une telle variation.C’est pour avoir
négligé
de faire cetteobservation,
oupeut-être
même pour avoir cru que le contraire était
Vrai,
que les diversauteurs
qui
ont écrit surl’hydrodynamique
ontréputé,
commegénéralement démontrée,
uneproposition qui
n’est vraie que dans descas
particuliers.
7. Ces notations et remarques ainsi
établies,
soit p lapression qu’éprouve
la- moléculeM,
au boutdu temps
t; soit 0394 la densitécorrespondante
de la mêmemolécule; soient,
en outre,X, Y, Z
les trois forces
parallèles
aux axes des coordonnéesauxquelles
peu-vent être réduites toutes celles
qui la sollicitent,
forces que nousrépu-
terons
positives
ounégatives,
suivantqu’elles
tendront à augmenterou à diminuer les
coordonnées x, y,
z dupoint
M. Silé
fluideétait en
équilibre,
nousaurions, pour
leséquations
de cetéquilibre
Si
aucontraire,
le fluide est en mouvement, les forces accélératricesqui
forment lespremiers
membres de ces troiséquations
ne serontpas
nulles ;
et comme ces mêmes forces accélératrices peuvent aussi êtreexprimées respectivement
pard’2x, d’2y, d’2z; il
s’ensuit que leséquations
du mouvement sont8. Dans la nature, les variations
sont exactes : et nous les supposerons telles dans tout ce
qui
vasuivre.
Posaiit donc
d’où
les
équations
du. mouvement deviendrontpuis
par -puis
enfin paret réduisant à l’aide des relations du
nO. 4,
on trouveraforme sous
laquelle
on devraemployer
leséquations, lorsqu’on
voudra
déterminer
x, y, z, p, en fonctionde a, b, c, t; mais, si
on veut déterminer p,
d’x, d’y, d’z,
en fonctionde t,
x, y, z, il faudra mettreles équations (I)
sous la formequ’il
FLUIDES.
237qu il
sera tacile de leur taireacquérir
au moyen des relations dun.° 4.
Les équations (2)
ne sont pas en nombre suffisant pour déterminer lesquatre
inconnues x, y, z, p, en fonctionde a, b, c,
t; et il en est de même deséquations (3) ; lorqu’on
veut déterminer p,d’x,
d’y, d’z,
en fonction de t, x, y, z. Pour ysuppléer , on y joint
ordinairement celles
qui
peuvent résulter de la continuité du fluide.9. La condition de continuité du fluide consiste en ce
qu’un système qui ,
pour un instantdonné,
forme une masse finie et conti-nue, a du former
jusqu’alors
et devra former ensuite unepareille
masse finie et continue.
On
peut
conclure de là que la masse d’unpareil système
estinvariable,
et que sa surface esttoujours
formée des mêmes molé-cules, quelle
quepuisse
être d’ailleurs sa formeprimitive.
Si doncle fluide est contenu dans un vase de
figure quelconque, les
molé-cules
qui,
pour un instantdonné, sont contiguës
auxparois
du vase,n’ont pu
auparavant
etne pourront
ensuite queglisser
contre cesparois.
Pour traduire ces conditions en
langage allalitique ,
considéronsune
partie quelconque (A)
finie et continue du fluide en mouve-ment. Sa masse
sera exprimée
parl’intégrale
prise
entre les limitesdonnées
par sa surface.Cela
posé,
il résulte desprincipes
connus sur la tranformation desintégrales
que, si l’onfait, pour abréger,
l’intégrale précédente
reviendraà
Tom. XIV. 32
prise
entre les limites donnéespar
la surface du fluideprimitif (A),
et comme, endésignant
par0394o
la valeurprimitive
de ladensité
0394,
la masseprimitive
du même fluide estexprimée par
on doit en conclure
et par suite
en observant que les limites des
intégrales qui composent l’équation précédente
sont données par la surfaceprimitive
dufluide (A), laquelle
surface est entièrement arbitraire.Cette
équation (4)
sert àcompléter
lesystème d’équations (2);
mais ,
pourpouvoir l’employer conjointement
avecles équations (3),
il faut la mettre sous une forme
plus
commode.Comme
l’origine
des temps est entièrementarbitraire ,
si nousreprésentons
par’Q, ,
xi , yI, zI les valeurs deA,
x, y, zqui correspondent
à la valeurt+h
de t, nous devrons avoir encoremais y
endéveloppant
suivant lespuissances
ascendantesde h,
nous avons
FLUIDES. 239
substituant ces valeurs dans
l’équation précédente,
et ordonnantle
résultat suivant les
puissances de h,
nous trouveronsCette
équation
devant avoiridentiquement
lieuquelle
que soit la valeur deh,
nous en concluronsLes coëfficiens des
puissances supérieures
de h nous donneraient Lienune infinité d’autres
équations ;
mais elles ne seraient que les diffé- rentielles successives del’équation (5),
parrapport à
la caractéris-tique d’,
etconséquemment
nesignifieraient
rien deplus
que cetteéquation, qu’on peut
encore mettre sous la formeen observant que
Lorsque
le fluide estincompressible,
la densité 0394de
la molécule M estinvariable;
on adonc alors 0394=0394o
et d’0394=o. En consé-quence, les
équations (4) et (5)
seréduisent
en mettant au lieu de 03B8 sa valeur.
De
plus,
dans le cas où le fluide ne serapoint homogène,
ilfaudra avoir
égard à
la conditionque
A doit se réduire à unefonction
de a, b, c
sans t, ou, cequi
revient aumême,
àl’équation
Soit enfin
u=o l’équation
en t,x, y, z de la surface limite
du même fluide
(A) après le temps t.
Lésvaleurs primitives des
coordonnées x, y, z
qui
satisfont à cetteéquation
devront être lescoordonnées de la surface
primitive
de ce fluide(A),
et par con-séquent
entièrementindépendantes
de t. Si doncon
metdans
cetteéquation
u=o au lieu de x, y, z leursvaleurs
ena, b, c
et t ,le temps t devra
disparaître
durésultat ;
conditionqui servirait
àdéterminer la forme des fonctions
arbitraires,
dans lescas
où l’on ferait usagedes, équations (2) et (4). Mais,
si l’on faisait usage deséquations (3)
et(5),
on observerait que,puisque u
doit se réduireà uile fonction de
a, b., c
sans t, l’on doitavoir
FLUIDES. 241
Telles sont les
équations générales
du mouvementdes fluides,
et les
principes qui
doiventservira
ladétermination
des fonctions arbitraires introduites par lesintégrations.
Nous aurions pu sansdoute
prendre ces équations
soit dans lesmécaniques
céleste ouanalitique ,
soit dansla mécanique
de M.Poisson ;
mais nousavons
pensé qu’on trouverait plus
commode de rencontrer au com- mencement de cet essai les considérations et lesprocédés
nécessairespour
les obtenir.I0.
Reprenons
leséquations (1), savoir
prenant la
somme deleurs produits respectifs par 03B4x, 03B4y, 03B4z,
ajoutant
lesproduits
etréduisant,
au moyen des relations donnéesdans
le n.6,
nous trouveronsfaisant donc, pour abréger,
nous aurons en
différentiant par rapport
à lacaractéristique d’,
ou encore
en
observant
queAu moyen
de
cettedernière
valeur de laquantité
l’équation (9)
deviendrade sorte que, si l’on
détermine ~
au moyen del’équation
ce qui est toujours possible,
au moins par lesquadratures,
et cequi
donneon trouvera, en comparant cette
dernière
avecl’équation (II),
243
en
désignant
par H une fonction dea, b, c
sans t, de la formeA03B4a+B03B4b+C03B4c, qui
d’ailleurspeut
êtrequelconque puisqu’elle
est introduite par
l’intégration,
etqu’il
faudraconséquemment
dé-terminer au moyen de l’état
primitif
du fluide.Cette
équation (13)
va nous conduire àquelques
résultatsimportans.
11. Si l’on
nomme 03C8I
et ~Iles
valeursde 03C8
et ~qui
corres-pondent
à une valeurparticulière quelconque tI
dutemps ,
nous devrons avoir de mêmeéliminant H entre cette
équation
etl’équation (I3),
nous auronsqui,
traduite enlangage ordinaire,,
donne ce théorème :Si,
pour deuxvaleurs quelconques
dutemps,
on calcule celles de03C8 qui
leurcorrespondent,
la différence desrésultats
seratoujours
une variation exacte.
Ce
résultat, entièrement nouveait
nousparaît
curieux. Malheu-reusement
il n’estutilè qu’autant qu’on peut’en déduire,
commecas
particulier, que 03C8
sera une variation exacte dans tous lestemps si, pour
un instantquelconque,
cettefonction
est unevariation
exacte. ou bien si elle est
nulle;
théorèmeimportant, déjà
connudepuis long-temps,
maisqui n’avait pas
été démontréjusqu’ici
d’unemanière aussi
simple.
12.
L’utilité
del’équation (13)
ne se borne pas à ladémonstration du précédent
théorème.Si,
eneffet,
on y metpour 03C8
et H lesquan-
tités
qu’elles représentent,
elle devientou encore
d’où en observant
que
lesvariations 8a , 03B4b, 03B4c
sontentièrement arbitraires ,
ontirera
qui
sont lesintégrales premières
deséquations (2).
Ilresterait encore
à déterminer x,
y, z
et ~,au
moyen deces équations combinées
avec
l’équation (4); après quoi l’équation (I2) ferait connaître p;
mais cette détermination surpasse les forces de l’analise. Toutefois ces
équations pourront
êtreutiles 3 lorsqu’on
connaîtra le mouvementque
prendrait
lefluide,
sans l’action detrès-petites
forcespertur-
batrices
, comme ilarrive
dans la théorie desmarées, où, sans
l’action du soleil et
de
lalune,
la merprendrait
unmouvement
uniforme
de rotation autour de l’axe de la terre ; mouvementqui
n’est
qu’extrêmement
peu troublé par l’effet de cette action.i3. Nous avons
identiquement
par suite de
quoi l’équation (I2) devient
245
si donc l’on fait
et
qu’on
substitue ces valeurs dansl’équation (16),
elledeviendra,
réductions
faites,
au moyen des mêmes
substitutions , l’équation (5)
devientet
l’équation (7) , qui
a lieuquand
le fluide estincompressible ?
deviendia
d’où l’on voit que les
équations
du mouvement du fluide sesimplifieraient
d’une manièrenotable,
si l’onpouvait
déterminerles
fonctions P, Q,
R. On a pour celal’équation
que l’on obtient en mettant
dans l’équation (I4)
les valeurs deTom. XIV. 33
Si
cependant
cesfonctions
nedépendaient
que de x, y, z, etqu’on
eûten
désignant
parF , F’,
F" des fonctionsquelconques de a, b, c,
déterminées au moyen de l’état initial du
fluide ,
on en tireraitI4.
Lorsque 03C8,
ou. cequi
revient aumême, d’x03B4x+d’y03B4y+d’z03B4z,
est une variation exacte ,
l’équation (13)
fait voirqu’il
doit en êtrede même de H. On peut donc alors
représenter
cettefonction
par03B4K, K
étant une fonctionde a, b, c,
sans t, convenablement déterminée.Dès-lors ,
en observant qued’K=o,
leséquations (I2)
et
(13)
pourront se mettre sous laforme
et par
conséquent,
enmettant ~,
au lieu de~+k,
qui
sont absolument les mêmesque
si l’on avait fait H= o.Nous aurons donc alors
247
et par
suite ,
leséquations (I7), (I8), (I9), (20)
du n.°pré- cédent, deviendront
on
peut
observer deplus
que lequarré
de la vitesse absolue du fluide est15.
Lorsque
les mouvemens du fluide sonttrès-petits,
on peutnégliger
les termes affectés despuissances ,
etproduits
depuis-
sances des vitesses
d’x, d’y,
dlz. Dans cecas
leséquations (3)
deviennent
desquelles
nous tireronsC’est de cette
dernière que
les divers auteursqui
ont écrit surl’hydrodynamique ont
crupouvoir
conclure immédiatement que03C8
oud’x03B4x+d’y03B4y+d’z03B4z
devait être une variation exacte; con-clusion dont nous avons
déjà
relevé l’inexactitude dans le n.° 6.Nous allons encore le faire ici d’une autre manière.
Si l’on détermine tp au moyen de
l’équation
ce
qui
esttoujours possible,
tout au moinspar
lesquadratures,
et ce
qui
donnede laquelle on tirera
et par suite
et
delà,
enintégrant
par rapportà t
. chacune des
quantités P, Q, R,
étant une fonction arbitraire de x, y, z, sans t. Ce cas rentredonc dans
celui que nous avonsdejà
considère dans
le
n.0 I3.249
Au moyen des valeurs de
d’x, d’y,
d’z que nous venons dedonner ,
on trouverad’où l’on voit que, pour que le
premier
membre de cetteéquation
fût une variation exacte , il faudrait
qu’il
en fut de même deP03B4x+Q03B4y+R03B4z;
cequi
peut fort bien ne pasêtre, puisque P ,
Q, R
sont des fonctions entièrementarbitraires
de x, y , z.Si, par exemple,
on faitétant un nombre constant
quelconque,
on auradont le
premier
membre ne saurait être une variation exacte, tant que n n’estpoint nul, quoique
les mêmes valeurs donnent16. Il semblerait résulter de ce que nous venons de
dire,
dansle dernier
n.°,
que les résultats desrecherches
desgrands géo-
mètres de nos
jours,
sur lespetites
occillations desfluides,
ontbeaucoup
moins degénéralité qu’ils
ne l’ont cru et annoncé. Heu-reusemeilt il n’en est pas
ainsi; d’x03B4x+d’y03B4y+d’z03B4z
peut être ré-putée
une variation exacte, toutes les fois que lesmolécules
dufluide ne font que de
très-petites
occillations autour de leur po- sitiond’équilibre.
Pour le prouver ,faisons
engénéral,
en
désignant
par xI, yI, zI, desfonctions de t,
x, y, z,nulles
enmême
temps
que t et convenablementdéterminées,
dès-lors nous auronsdans le cas
actuel xI,
yI, zI étanttrès-petits,
nous pouvonsnégliger
les termes de
plus
d’unedimension
parrapport
à cesquantités;
nousaurons donc
et par
suite,
au moyen deséquations (26)
d’où l’on
tire,
par l’élimination successive deR, Q,
etP ,
et de là en
intégrant
par rapportà t,
251
Nous
n’ajoutons point
de fonctions arbitraires de x, y, z, parce que xI, yI, zI, et par suite lespremiers
membres de ceséquations,
doiventêtre nuls en même temps que t.
Présentement, puisque
xI, yI, zI, doivent rester renfermés dans des limitestrès-resserrées,
lespremiers
membres deséquations (28)
doivent
jouir
de la mêmepropriété,
cequi ne pourra
êtrequ’autant qu’on
auraidentiquement
qui
sontprécisément
leséquations
nécessaires et suffisantes pour queet par
suite,
en vertu del’equation (27) ,
soit une variation exacte , ce
qui
prouve ce que nous avons avancéau commencement du
présent
n.°.On voit même par là que, bien que les mouvemens soient très-
petits,
si laquantité
que la
réciproque
estégalement
vraie.17. Dans les
applications
usuelles de lathéorie
du mouvementdes
fluides,
ce mouvement peut êtreregardé
commeuniforme ;
c’est-à-dire que les vitesses
d’x, d’y, d’z,
sont fonctions de x, y, zseulement ;
de sorte que l’on aSi donc
nous supposons
quece
soit lecas
traitédans
le n.°I4,
nous aurons
et par suite
d’où on conclura
en
désignant
par Tune fonctionarbitraire
de t,qui doit
êtrela
même pour
toutes
les moléculesdu
fluide. Faisant deplus y
pourabréger,
l’équation (22)
deviendraEn
marquant
de l’indice i les diversesquantités qui,
pour la même valeur t du temps, sont relatives à une autre moléculequelconque,
nous aurons de même
et, par suite
équation qui
établit une relationimportante
entre les vitesses absolueset simultanées u et uI et les
pressions correspondantes
p, p, de deuxmolécules
quelconques
du fluide en mouvement.Avant d’aller
plus loin,
nous ferons observer que, si le fluidese divise et
éprouve
unchangement brusque
auxpoints
dedivision, dès-lors
on n’aplus,
pour cespoints,
leséquations
sur
lesquelles
nous nous sommes fondés pourparvenir
àl’équation (29).
Si donc on veut que cetteéquation
soit vraie dans tons lescas, il faut que les molécules
auxquelles
elle est relative soientprises
toutes les deux dans la
partie
du fluidequi
n’apoint éprouvé
dedivision.
Tom. XIV.
34
une force constante et de direction
parallèle
à une droitefixe,
danstoute l’étendue de la masse fluide.
Représentant
cette force par g et, prenant la coordonnée zverticale,
etdirigée
de haut enbas,
nousaurons
dont la substitution dans la formule
(.29)
donneraDans le cas où le fluide est
homogène et incompressible,
la den-sité A est absolument constante, et l’on a , par
conséquent,
en vertu de
quoi
laprécédente équation
devientSi,
pour tousles points
de la surface libre dufluide ,
la pres- siondoit
être constante, onaura pour les
diverspoints
de cettesurface
et si les titesses u, U I sont assez
petites pour qu’on puisse
en né-gliger
lesquarrés,
c’est-à-dire
qu’alors
cette surface estplane
et horizontale. Il en seraitencore de
même,
si tous lespoints
(le cette surface étaient douesde la même vitesse.
Il ne faut
point perdre
de vue , ausurplus
que ces conclusions suppo-sent que le mouvement du fluide est uniforme.
19.
Lorsqu’un
fluide pesant,homogène
etincompressible,
del’eau,
par
exemple
, est enéquilibre
dans un vase invariable de forme etde
position.
Si l’onpratique,
dans laparoi
de ce vase , une ou-verture par
laquelle
le fluidepuisse s’écouler,
le mouvement,d’a-
bord
nul, augmentera
avecrapidité ;
et, si l’orifice d’écoulementest
très-petit, après
un intervalle detemps très-court,
ce mouve-ment sera à
très-peu près uniforme,
et l’écoulement pourra con-,
séquemment
se calculer par la formule(30),
savoir :À
la surfacesupérieure
dufluide,
la vitesse u est extrêmementpetite,
et l’on pourra ennégliger
lequarré.
Si donc on supposeque zI, pI, uI soient relatifs à cette
surface , l’équation précédente
deviendra
Ordinairement ,
lapression
est la même à l’orificed’écoulement
qu’à
la surface du fluide. Si donc on veut que z, p, u, appar- tiennent à unpoint quelconque
de cetorifice,
on aura p=pI,et par suite
formule connue
depuis très-long-temps ;
mais alaquelle
on n’étaitsupérieur qu’à
l’orificed’écoulement,
endésignant par
c cet excèsde
pression,
onaurait y
pour calculer la vitesse du fluide àl’orifice,
la formule
20. La formule
(3I),
mise sous la formepeut servir à calculer la
pression
que le fluide exerce contre unélément
quelconque
desparois
du vasequi
lerenferme,
ou detout
autre corpsauquel
le fluide seraitcontigu.
Supposons,
parexemple,
que l’on opposeperpendiculairement
au choc de la veine fluide une
figure plane quelconque ,
la vitesseu du fluide
contigu
seranulle,
ou au moinstrès-petite :
on auradonc
pour la
pression qu’éprouve chaque
élément de la face de cettefigure qui
se trouve directementexposée
au choc du fluide. Deplus,
si l’écoulement a lieu sous lapression
ordinaire dePair,
l’autre face
éprouvera
unepression
pI, dont l’effet sera contraire à celui de lapression
p ; ilrestera
doncpour
l’impulsion
quereçoit,
de la part dufluide , chaque
élémentde la
figure
enquestion.
257
2I.
Jusqu’ici
nous n’avons pour ainsi dire considéré que leséquations (I)
et cellesqui
en dérivent. Nous allonsprésentement
nous occuper de
quelques
résultats que l’on peut déduire deséquations qui
naissent de lacondition
de continuité dufluide,
considérées isolément.
Reprenons l’équation (5).
Enmultipliant
tous ses termes pardxdydz
etintégrant,
nous auronsquelles
quepuissent
êtred’ailleurs
les limites entrelesquelles
il failleprendre
lesintégrales.
Présentement le terme
que
renferme cetteéquation, intégré
parrapport
à x ,donne
pourrésultat
mais il reste à déterminer
quelles
sont lesparties
de ce résultatqui doivent
êtresprises
et cellesqui
doivent être laissées.Supposons
pour cela quel’intégrale
soit
prise dans
toute l’étendue d’unepartie
finiequelconque
dufluide en
mouvement,
limitée par une surface rentrante que, pour lacommodité
dulangage y
nousdésignerons
par(0). L’équation
autres
réelles,
que nousreprésenterons
par xI, x2, x3, x4,....;et qne nous supposerons
rangées
dans un ordre tel quel’on
aitce
qui
esttoujours possible. Alors, toutes
lesmolécules qui
auront lesmêmes coordonnées y, z, mais pour
lesquelles x
seracompris
entreseront nécessairement situées hors de la surface
(0),
tandisque
celles pourlesquelles x
seracompris
entreseront
situées dans l’intérieur de Cette mêmesurface;
d’oû l’on con-clura
qu’il
ne fautprendre
del’intégrale
que
lesparties qui
sontcomprises
entre, xI et x2,x3
et x4, ...et que, par
suite,
on aen
représentant
par(0394d’x)I, (0394d’x)2 (0394d’x)3,....
les valeurs de Adlxqui correspondent
à celles xI, x2, x3,... de x.Le
second
membre de cette dernièreéquation
peut être missous
259
une forme
beaucoup plus simple
etplus
facile àinterpréter. Pour
cela
, par unpoint quelconque (x, y, z)
de la surface(O),
menons-lui une normale. Prenons sur cette
normale
, dans l’intérieur de la surface(O),
et à la distance r de sonpicd ,
un secondpoint (03B1, 03B2, 03B3),
et nous auronspour la valeur du cosinus de
l’angle
que fait’la normale avec l’axe des x,angle qui
est le même que celui que fait leplan tangent
avec leplan
des yz. Si donc nousreprésentons
par dS3 l’élément de la surface(0)
dont les coordonnées sont x,y, z, et dont laprojection
sur le
plan des
yz estdydz,
nous auronsen
observant de prendre
lesigne supérieur
on lesigne inférieur,
suivant que x201303B1 sera
positif
ounégatif. Alors,
en affectant des Indices i 2,3
,... les valeurs dequi correspondent
aux valeurs xI, x2, x3,... de
x, nous auronset par suite
ou,
plus simplement,
pourvu
que l’intégrale du second membre soit prise
dans toute
l’étendue de la surface
(0).
Par des
procédés
entièrementanalogues,
ontrouverait qu’entra
les mêmes limites on a
substituant ces valeurs dans
l’équation identique
nous trouverons définitivement
o=
261
ou
plus simplement
en
faisant,
pourabréger,
équation qui
n’est que la différentielle de cette autreéquation
iden-tique
prise
enregardant 03B1, 03B2,
y comme constantes ; cequi
fait voir que dlrexprime
la vitesse du fluidedécomposée
suivant la normale r ; vitessequi
doit êtreregardée
commepositive, lorsqu’elle
tendà pousser contre la surface
(0)
le fluide situé dans l’intérieur decette
surface ,
tandisqu’elle
seraréputée négative
dans le cascontraire.
Si le fluide est
homogène
etincompressible ,
la densité A seraconstante, et
l’équation (34)
deviendraqui
serait encore vraiequand
même le fluide seraitsimplement incompressible
sans êtrehomogène
comme onpeut
le déduireTom. XIV. 35
Les
équations (34)
et(3S)
peuvent être utiles dansbeaucoup
de cas, notamment s’il
s’agit
de calculer les oscillations d’un fluide renfermé dans un vase.22.
Considérons,
dans l’intérieur du fluide en mouvement , uneligne courbe
rentrantequelconque (P)
et une surface(R) 3
assu-jettie
aux seules conditions d’être limitée par cetteligne
courbe,et de ne pas
présenter
de déchirures dans l’intervalle.Représentons toujours
par d’r la vitesse d’une moléculequelconque contiguë
à cettesurface ,
suivant la normale r ;regardant
cette vitesse comme po-sitive, lorsqu’elle
tend àpousser
le fluide contre lasurface ,
et commenégative dans
le cas contraire.Cela
posé
,chaque
élément de la surface(R)
estcontigu
à deuxmolécules
différentes, pour lesquelles
la valeur absolue de d’r seraidentiquement
la même.Quant
ausigne,
il doit êtredifférent,
attenduque,
quand
une des deux molécules estpoussée
contre lasurface,
l’autre
tend
à s’en détacher. Si donc on,prend l’intégrale
relativement aux
molécules qui se trouvent situées
d’un seul et même côté de la surface dans toute sonétendue,
la valeur absolue du résultat sera lemême quel
que soit le côté de cette surfacequ’on
aura
choisi;
de sortequ’en représentant
cette valeur absoluepar
nous aurons
le
signe +
ou - devant être détermine d’une manière convenable.Présentement
soit(R’)
une autresurface, assujettie
aux mêmesconditions que
(R) ;
alors les surfaces(R), (R’) formeront,
par leurréunion,
une troisième surface rentrante, pourlaquelle
nous auronsSi T
comme nons le supposerons dans tout cequi suit,
le fluide estillcompressible, l’intégrale qui
compose lepremier
membre de cettedernière
équation
sedécompose
en deuxparties,
dont l’une relativeà la surface
(R)
et l’autre relative à la surface(R’). Mais y
si lesdeux surfaces n’ont d’autres
points
communs que ceux de la courbe(P) ,
tout le fluide intérieur sera situé d’un même côté de chacune de
ces
surfaces
et lesparties
del’intégrale
qui
leur sontrelatives
serontexprimées,
lapremière par
et la seconde par
d’où
nous conclurons que l’on doit avoirSi les surfaces
(R) , (R’)
se coupent en despoints
autres queceux de la courbe
(P),
le fluide intérieur peut n’être pas situé entotalité ,
d’un même côté de chacune de cessurfaces ;
alors le rai-sonnement qui
nous a conduit àl’équation (36)
cesse d’êtreappli-
jettie
aux mêmes conditionsque (R)
et(R/) ,
etqui
deplus
ne les,rencontre
que
suivant lacourbe (P). Alors,
on aura , par cequi Précède,
et par suite
comme si les surfaces
(R), (R’)
ne se rencontraient que suivant la courbe(P).
On
pourrait
conclure de là que-l’expression -
est entièrement
indépendante
de la naturè de la surface(R),
etqu’elle dépend
seulement de la nature de la courbe(P), qui
luisert de limite et du temps t.
23. Pour donner une
application
dece qui précède,
supposonsque le fluide soit contenu dans un vase invariable de forme et de
position. Supposons
encore que la courbe(P) ,
tracée sur lesparois
du vase en fasse le tour, et
qu’enfin
la surface(R)
se compose , 1.0 d’unepartie plus
ou moinsétendue
de cesparois ;
2.° d’unesection de surface
quelconque
limitée par ces marnesparois ;
ce"qui
laisse la forme et laposition
de cette surface entièrement in-dépendante
de la courbe(P)
et de la forme du vase. Endésignant
par