1
Corrigé
Terminale S , Nouvelle Calédonie – Mars 2007
Pour tout cet exercice, l’espace est muni d’un repère orthonormal ( ; , , )O i j k . 1. Question de cours
Par définition, le plan P de vecteur normal n a b c
(
, ,)
qui passe par le point M0(
x y z0, ,0 0)
est l’ensemble des points M(x ;y ;z) tel que M M n0 . =0.En utilisant les coordonnées des vecteurs,
0
0 0
0
. 0 ( o o) 0
d
x x a
M P y y b ax by cz ax by cz
c z z
−
∈ ⇔ − = ⇔ + + − + + =
−
: on retrouve donc une équation cartésienne de la forme ax + by + cz + d = 0.
2. On considère les points A(1 ; 2 ; −3), B(−3 ; 1 ; 4) et C(2 ; 6 ; −1).
a. Nous avons
4 1
1 , 4
7 2
AB AC
−
− . Ces vecteurs ne sont pas colinéaires puisque les coordonnées ne sont pas proportionnelles, les points A, B et C déterminent bien un plan.
b. Pour vérifier qu’une équation cartésienne du plan (ABC) est 2x − y + z + 3 = 0, il suffit de remplacer les coordonnées de chacun des points dans cette équation et de voir qu’elle est vérifiée (à faire).
Trois points non alignés définissant un unique plan, on a le résultat voulu.
c. D est perpendiculaire à P donc dirigée par 2
1 1
n − . Comme elle passe par I(-5 ;9 ;4), un point M(x,y,z) est sur
D ssi il existe un réel t tel que
2 5
... , 9
4 x t
IM tn t y t
z t
= −
= ⇔ ⇔ ∃ ∈ = − +
= + .
d. Remarquons déjà que J existe puisque D est perpendiculaire à P donc elle intercepte ce plan en un unique point.
Ses coordonnées vérifient donc l’équation de la droite et de P :
( ) ( ) ( )
2 2 5 9 4 3 0
2 3 0 6 12 0 2
2 5 2 5 2 5 1
9 9 9 7
4 4 4 6
t t t
x y z t t
x t x t x t x
y t y t y t y
z t z t z t z
− − − + + + + =
− + + = − = =
= − ⇔ = − ⇔ = − ⇔ = −
= − + = − + = − + =
= + = + = + =
.
Les coordonnées du point J sont donc (-1 ;7 ;6).
e. Par construction, J est le projeté orthogonal de I sur (ABC) donc la distance du point I au plan (ABC) est IJ, soit 24 2 6= .
1. Exercice 2
A. Un sac contient 3 boules blanches, 4 boules noires et 1 boule rouge, indiscernables au toucher. On tire, au hasard, successivement, trois boules du sac, en remettant chaque boule tirée dans le sac avant le tirage suivant.
Question 1 : La probabilité de tirer une boule N au 1er tirage est 4 1
8=2 : comme on répète cette épreuve 3 fois, de manière naturellement indépendante (remise des boules), on a
(
1 2 3) ( ) ( ) ( )
1 2 3 21 P N ∩N ∩N =P N P N P N = 2 . La probabilité de tirer trois boules noires est : réponse c.
Question 2 : on montre de même que la probabilité de tirer 3 boules B est 3 3
8 et de tirer 3 R est 1 3 8 . La probabilité de tirer 3 boules de même couleur (évènement B) est donc 4 3 3 3 1 3 923
8 + 8 + 8 =8 .
Ainsi,
( ) ( )
( ) ( )
( )
3 3
3 3 1 8 1
3 8 92 92
B
P B R P R
P R
P B P B
= ∩ = = × = : réponse d.
B. Soit f la fonction définie sur [0 ; 1] par f x( )= +x m où m est une constante réelle.
Question 3 : f est une densité de probabilité sur l’intervalle [0 ; 1] lorsque implique que
( )
11 1 2
0 0 0
( ) 1 1 1 1
2 2
f x dx= ⇔ x m dx+ = ⇔ x +mx = ⇔ =m : réponse b.
Remarque : on aurait pu procéder par élimination : a est impossible puisque la densité f doit être positive.
c et d sont impossibles puisqu’il n’y aucune raison que l’exponentielle apparaisse à l’intégration.
C. La durée de vie en années d’un composant électronique suit une loi exponentielle de paramètre 0,2.
Question 4 : D’après le cours, P X t
(
> =)
e−λt donc ici P X(
>5)
=e−1=1e : réponse b.2. Exercice 3 (spécialistes)
A B C D E F G H I J K L M
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
N O P Q R S T U V W X Y Z
13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25
a et b étant deux entiers naturels donnés, on associe à tout entier n de Ω le reste de la division euclidienne de (an + b) par 26 ; ce reste est alors associé à la lettre correspondante.
Exemple : pour coder la lettre P avec a = 2 et b = 3, on procède de la manière suivante : étape 1 : on lui associe l’entier n = 15 ;
étape 2 : le reste de la division de 2×15 + 3 = 33 par 26 est 7 ; étape 3 : on associe 7 à H.
Donc P est codé par la lettre H.
3
1. Lorsque l’on prend a = 0, on a an + b = b et le codage de la lettre n est indépendant de n, il donne toujours la même lettre, celle associée au reste de la division euclidienne de b par 26.
2. Montrer que les lettres A et C sont codées par la même lettre lorsque l’on choisit a = 13.
A correspond à n = 0 donc 13n + b = b.
C correspond à n = 2 donc 13*2 + b = 26 + b congru à b modulo 26.
Ainsi, les restes de 13n + b sont identiques pour n = 0 ou n = 2 donc A et C sont codés par la même lettre.
3. Dans toute la suite de l’exercice, on prend a = 5 et b = 2.
a. On considère deux lettres de l’alphabet associées respectivement aux entiers n et p.
Supposons que 5n + 2 et 5p + 2 ont le même reste r dans la division par 26.
Cela signifie qu’il existe deux entiers k et k’ tels que : 5n +2 = r + 26k et 5p +2 = r + 26k’. On en déduit par soustraction que 5(n-p) = 26(k-k’).
26 divise donc 5(n-p) et comme il est premier avec 5, d’après le théorème de Gauss, il divise n-p.
Il existe donc un entier k tel que n = p + 26 k : comme p et n sont tous les deux compris entre 0 et 25, k est forcément nul et donc n = p.
En conclusion, si 5n + 2 et 5p + 2 ont le même reste r dans la division par 26, alors n = p : cela signifie que pour a = 5 et b = 2, deux lettres codées par la même lettre sont nécessairement identiques.
b.
On a A qui correspond à n = 0 : 5n + 2 = 2 et 2 est le reste dans la division par 26 : A est donc codé par C.
On a M qui correspond à n = 12 : 5*12 + 2 = 62 et 10 est le reste dans la division par 26 : M est donc codé par K.
On a I qui correspond à n = 8 : 5*8 + 2 = 42 et 16 est le reste dans la division par 26 : I est donc codé par Q.
AMI est donc codé en CKQ.
4. On se propose de décoder la lettre E.
a. La lettre E correspond au rang 4 : si x est le rang de la rang qu’elle code, on a 5x+ ≡2 4 26
( )
donc il existe un entier y tel que 5x + 2 = 4 + 26y cad 5x – 26 y = 2.b. On considère l’équation 5x − 26y = 2, avec x et y entiers relatifs.
i. Comme pgcd(5,26) divise 2, remarquons déjà que cette équation diophantienne admet des solutions.
Prenons x = -5 et y = -1, on trouve 5x – 26y = 1, donc x0 = −10, y0 = −2 est solution particulière de l’équation voulue (sinon on applique l’algorithme d’Euclide pour trouver une solution particulière de 5x – 26y = 1).
ii. Résolvons alors l’équation 5x − 26y = 2.
D’après le i, 5x−26y= ⇔2 5x−26y=5x0−26y0 ⇔5
(
x x− 0)
=26(
y y− 0)
donc 26 divise 5 x x(
− 0)
: comme 26 et 5 sont premiers entre eux, d’après le théorème de Gauss, 26 divise(
x x− 0)
donc il existe un entier k tel que0 26
x x− = k.
En substituant cette valeur dans la dernière équation , on trouve 26
(
y y− 0)
= ×5 26k⇔ −y y0 =5k.Ainsi, les solutions de l’équation 5x − 26y = 2 sont les couples 0
0
26 ,
5
x k x
y k y k
= +
= + ∈ (la réciproque étant triviale), où par exemple x0 = −10, y0 = −2.
iii. On a donc x = 26k – 10 et comme x est le rang de la lettre codée, 0 ≤ x ≤ 25.
On a donc 0 26≤ k−10 25≤ ⇔10 26≤ k≤35 0.38≤ ≤k 1.35 : k étant un entier, seul k = 1 convient (d’où l’unicité).
L’unique couple (x ; y) solution de l’équation précédente, avec 0 ≤ x ≤ 25 est donc x = 16, y = 3.
c. D’après les questions 4a. et 4b.iii., la lettre codée par E est de rang x = 16, c’est donc Q … ce qu’on peut effectivement vérifier.
3. Exercice 4 Soit (un) la suite définie sur * par
2 1 1 1 ... 1
1 2
k n n
k n
u k n n n
=
=
= = + + +
+ .
PARTIE A 1. (pas facile) Par définition de la suite, ( )
2 1 2 2 2 2 2
1
1 1
1 1 1 1 1 1 1 1
2 1 2 2
k n k n k n k n
n
k n k n k n k n
u k k k n k n n n
= + = + = + =
+
= + = + = =
= = = − = + + −
+ + .
Or
( ) ( ) ( )( )
( )( ) ( )( )
2 2 2 1 2 1 2 2
1 1 1 3 2
2 1 2 2 2 1 2 2 2 1 2 2
n n n n n n n
n n n n n n n n n
+ + + − + + − −
+ − = =
+ + + + + + et on a bien
( )( )
1 3 2
2 2 2 1
n n n
u u
n n n
+ − = − −
+ + .
2. Comme n > 0, un+1−un<0 et la suite est décroissante.
3. (un) étant définie par une somme d’entiers positifs, elle est positive : ainsi la suite est décroissante, minorée par 0 donc elle est convergente et sa limite L est positive (pas strictement).
PARTIE B
Soit f la fonction définie sur l’intervalle ]0 ; +∞[ par : f x( )= +1x ln xx+1 .
1. a. D’après la variable d’intégration,
( )
0< n x n≤ ≤ +1 : la fonction inverse étant décroissante sur +*, on a alors 1 1 11 n ≤ ≤x n
+ . En passant à l’intégration par rapport à x, on a alors 1 1 11 11 1
n n n
n n n
dx dx dx
n x n
+ + +
≤ ≤
+ .
Mais n1 1) 1
n
dx n n
+ = − + − = donc l’encadrement précédent s’écrit 1 11 1 1
n n
n xdx n
≤ + ≤
+ .
b. On a n 11
[
ln( )]
ln( 1) ln( )n dx x n n
x
+ = = + − .
Par ailleurs, 1n−f n
( )
= −1n 1n+ln nn+1 = −1n 1n+ln( ) ln(n − n+1) =ln(n+ −1) ln( )n puisque n+1>0 et n>0.Ainsi, n+11dx= −1 f n( ).
5
c. D’après le 1a, on a alors
( )
1 1 ( ) 1 1 1 ( ) 0 0 ( ) 1
1 f n 1 f n f n 1
n ≤ −n ≤ ⇔n n − ≤ −n ≤ ⇔ ≤ ≤n n
+ + +
2. On considère la suite (Sn) définie sur * par
( )
( ) ( )( ) ( )2 1 1 1 ... 1
1 1 1 2 2 2 1
k n n
k n
S k k n n n n n n
=
=
= = + + +
+ + + + + .
a. D’après le 1c,
( )
( )( )
( )
0 ( ) 1
1 0 ( 1) 1
1 2
....
0 ( ) 1
2 2 1
f n n n
f n n n
f n n
n n
≤ ≤
+
≤ + ≤
+ +
≤ + ≤
+ .
En sommant ces n+1 encadrements, il vient
0≤ f n( )+f n( + + +1) ... f(2)≤Sn.
b. Pour tout réel x distinct de −1 et de 0,
( )
( )
1 1
x a b a a b
x x x x
+ +
+ =
+ + et donc par identification a = 1 et b = -1.
Ainsi, x x
(
1+1)
= −1x x1+1.c. D’après le b, on a
( )
( )( )
( )
1 1 1
1 1
1 1 1
1 2 1 2
...
1 1 1
2 2 1 2 2 1
n n n n
n n n n
n n n n
+ = − +
= −
+ + + +
= −
+ +
En additionnant ces n+1 égalités, on obtient
( )
1 1 1
2 1 2 1
n n
S n n n n
= − = +
+ + .
d. Notons Ancette somme : n k 2n
( ) ( ) (
1)
...( )
2k n
A f k f n f n f n
=
=
= = + + + + .
D’après le 2a, 0≤An≤Sn cad
(
1)
0 n 2 1
A n n n
≤ ≤ +
+ : mais d’après la limite d’une fonction rationnelle en l’infini,
(
1)
2 1lim lim lim 0
2 1 2 2
n n n
n n
n n n n
→+∞ →+∞ →+∞
+ = = =
+ . Alors, d’après le théorème des gendarmes, lim n 0
n A
→+∞ = .
e. Rappelons que f n( ) 1 ln( ) ln(n n 1)
= +n − + . Par conséquent,
( ) 1 ln( ) ln( 1)
( 1) 1 ln( 1) ln( 2) 1
( 2) 1 ln( 2) ln( 3) 2
...
(2 ) 1 ln(2 ) ln(2 1) 2
f n n n
n
f n n n
n
f n n n
n
f n n n
n
= + − +
+ = + + − +
+
+ = + + − +
+
= + − +
donc en additionnant ces n+1 encadrements, on trouve An un ln( ) ln(2n n 1) un ln 2n 1 un ln 2 1
n n
= + − + = − + = − + .
f. Nous avons vu en 2d que lim n 0
n A
→+∞ = or un An ln 2 1
= + +n donc par composition et addition, lim n ln(2)
n u
→+∞ = .