Correction du devoir surveillé 1
Exercice 1 — Une jolie suite récurrente
1. Pour tout entier naturel n, notons P(n) la proposition suivante : un= 3n+ (−1)n+1.
Montrons par récurrence double que pour tout n ∈ N, la proposition P(n) est vraie.
• Initialisation
Montrons que les propositionsP(0) et P(1) sont vraies.
? Montrons que la proposition P(0) est vraie.
On a :
30+ (−1)0+1= 1 + (−1)
= 0
=u0, donc la proposition P(0) est vraie .
? Montrons que la proposition P(1) est vraie.
On a :
31+ (−1)1+1 = 3 + (−1)2
= 3 + 1
= 4
=u1, donc la proposition P(1) est vraie .
• Hérédité
Soit n un entier naturel.
Supposons que les propositions P(n)et P(n+ 1) soient vraies.
Montrons que la propositionP(n+ 2) est vraie.
Calculons un+2 : un+2 = 2un+1+ 3un
= 2
3n+1+ (−1)(n+1)+1 + 3
3n+ (−1)n+1 par hypothèses de récurrence
= 2×3n+1+ 2×(−1)n+2+ 3n+1+ 3×(−1)n+1
= 3×3n+1+ (−1)n+1(−2 + 3)
= 3n+2+ (−1)n+1×(−1)2
= 3n+2+ (−1)(n+2)+1,
donc la proposition P(n+ 2) est vraie .
Lycée Pierre-Gilles de Gennes 1 Adriane Kaïchouh
• Conclusion
Pour tout n∈N, la propositionP(n)est vraie : pour toutn ∈N, un= 3n+ (−1)n+1 .
2. Pour tout entier naturel n, notons Q(n) la proposition3n >n.
Montrons que pour tout n∈N, la proposition Q(n)est vraie.
• Commençons par montrer que la proposition Q(0) est vraie.
On a :
30 = 1>0, donc la proposition Q(0) est vraie .
• Montrons alors par récurrence que pour tout n ∈ N∗, la proposition Q(n) est vraie.
? Initialisation Montrons que la propositionQ(1) est vraie.
On a :
31 = 3>1, donc la proposition Q(1) est vraie .
? Hérédité Soit n ∈N∗.
Supposons que la proposition Q(n)soit vraie.
Montrons que la proposition Q(n+ 1) est vraie.
Par hypothèse de récurrence, on a 3n>n.
Comme le nombre 3 est positif, la multiplication par 3 est croissante (c’est-à-dire qu’elle préserve le sens des inégalités), donc on obtient que
3×3n >3n, c’est-à-dire que
3n+1 >3n
>n+ 2n.
Or n appartient à N∗, donc n > 1, donc en multipliant cette inégalité par 2, qui est positif, on obtient que
2n>2>1.
Il s’ensuit que
3n+1 >n+ 1, donc la proposition Q(n+ 1) est vraie .
? Conclusion
Pour tout n ∈N∗, la propositionQ(n) est vraie.
Ainsi, pour tout entier naturel n, la proposition Q(n) est vraie : pour tout n∈N, 3n>n .
3. Étudions la limite de la suite (un)n∈N.
• Montrons tout d’abord que pour tout n ∈N, on a un >n−1. D’après la première question, on a : pour tout n∈N,
un= 3n+ (−1)n+1.
? D’après la question précédente, on a : pour tout n ∈N, 3n >n.
? De plus, pour tout n∈N, on a : (−1)n+1 =
(−1 si n+ 1 est impair 1 sinon.
Comme les nombres −1 et1 sont tous deux supérieurs ou égaux à −1, on a : pour tout n∈N, (−1)n+1 >−1.
En sommant ces deux inégalités, on obtient que pour tout n∈N, un >n−1.
• Comme pour tout n ∈ N, un > n −1 et comme lim
n→+∞n −1 = +∞, le théorème de comparaison assure que
n→+∞lim un= +∞.
Exercice 2 — Plus petit que le double
1. La négation de la propositionP est la suivante :
non(P)⇐⇒non[∃x∈R,∀y ∈R,(y < x=⇒y <2x)]
⇐⇒ ∀x∈R,non[∀y ∈R,(y < x=⇒y <2x)]
⇐⇒ ∀x∈R,∃y∈R,non[y < x=⇒y <2x]
⇐⇒ ∀x∈R,∃y∈R,[y < x et non(y <2x)]
⇐⇒ ∀x∈R,∃y∈R,[y < x ety>2x]
⇐⇒ ∀x∈R,∃y∈R,2x6y < x . 2. Nous allons montrer que la proposition P est vraie.
Pour cela, on peut procéder de deux manières différentes : soit par une preuve directe, soit en montrant que la négation deP est fausse (c’est-à-dire en raisonnant par l’absurde). L’argument sera essentiellement le même.
• Démonstration directe
Montrons que la proposition P est vraie, c’est-à-dire qu’il existe un réel x tel que pour tout réel y, l’implication (y < x=⇒y <2x)soit vraie.
Posonsx= 0.
Montrons que x convient, c’est-à-dire que pour tout y ∈ R, l’implication (y < x=⇒y <2x)est vraie.
Soit y∈R.
Montrons que l’implication (y < x=⇒y <2x) est vraie.
Comme2x= 0 =x, les propositionsy < x ety <2x sont équivalentes.
En particulier, l’implication (y < x=⇒y <2x) est vraie.
Finalement, le réelx convient. La proposition P est donc vraie.
• Démonstration par l’absurde
Montrons par l’absurde que la proposition P est vraie.
Supposons que la proposition P soit fausse et trouvons une contradiction.
Comme la proposition P est fausse, sa négation est vraie : pour toutx∈R, il existe y∈R tel que 2x6y < x.
En particulier, pour tout x∈R, on a 2x < x, donc pour tout x∈R, x <0. Ce n’est bien sûr pas le cas : par exemple, si x = 0, on n’a pas x < 0. On aboutit donc à une contradiction.
Finalement, la proposition P n’est pas fausse, donc elle est vraie . Exercice 3 — Preuve par huit
1. Soitn un entier naturel.
(a) La proposition «L’entier n est pair.» s’écrit :
∃k ∈N, n= 2k .
(b) De même, la proposition «L’entier n est un multiple de8.» s’écrit :
∃q ∈N, n= 8q.
La proposition «L’entiern n’est pas un multiple de 8.» est alors la négation de la proposition précédente ; elle s’écrit donc :
∀q ∈N, n6= 8q .
2. Soitn ∈N∗. Montrons l’implication
n2−1 n’est pas un multiple de 8 =⇒n est pair. Raisonnons par contraposée : montrons l’implication
n est impair =⇒n2−1est un multiple de 8.
Supposons que n soit impair et montrons que n2−1 est alors un multiple de 8.
• Commen est impair, il existek ∈N tel que n= 2k+ 1.
Soit k un tel entier.
On a alors :
n2−1 = (2k+ 1)2−1
= 4k2+ 4k+ 1−1
= 4k2+ 4k
= 4k(k+ 1).
• Montrons que le produit k(k+ 1) est pair.
Procédons par disjonction de cas.
? Premier cas : k est pair.
Comme k est pair, il existe p∈N tel que k = 2p. Soit p un tel entier.
On a alors :
k(k+ 1) = 2p(k+ 1) = 2P, avec P =p(k+ 1)∈N.
Ainsi, le produit k(k+ 1) est bien pair .
? Second cas : k est impair.
Comme k est impair, il existe p∈N tel que k= 2p+ 1. Soit p un tel entier.
On a alors :
k(k+ 1) =k(2p+ 1 + 1)
=k(2p+ 2)
= 2k(p+ 1)
= 2P, avec P =k(p+ 1)∈N.
Ainsi, le produit k(k+ 1) est bien pair . Dans tous les cas, le produit k(k+ 1) est pair.
• Il existe donc un entier q tel que k(k+ 1) = 2q. Soit q un tel entier.
On obtient alors que
n2−1 = 4k(k+ 1)
= 4×2q
= 8q, donc n2−1 est un multiple de 8.
Ainsi, par contraposée, on obtient que si n2−1 n’est pas un multiple de 8, alors n est pair.
D’où, pour tout n ∈N∗, on a l’implication suivante :
n2−1 n’est pas un multiple de 8 =⇒n est pair. 3. Soitn ∈N∗.
Montrons que l’implication réciproque de l’implication précédente est vraie : montrons que si n est pair, alorsn2−1n’est pas un multiple de 8.
Supposons que n soit pair.
Montrons alors que n2−1n’est pas un multiple de 8.
Comme n est pair, il existe k ∈N tel que n= 2k.
Soit k un tel entier.
On a alors :
n2−1 = (2k)2−1
= 4k2−1
= 2×2k2−1
= 2×(2k2−1) + 1
= 2K+ 1, avec K = 2k2−1.
Comme k est entier, K l’est aussi, donc l’entier n2−1est impair.
En particulier, n2−1 n’est pas un multiple de 8. Ainsi, pour tout n ∈N∗, on a l’implication suivante :
n est pair=⇒n2−1n’est pas un multiple de 8.
Les deux questions précédentes montrent, par double implication, que pour tout n∈N∗, l’entier n est pair si et seulement si n2 −1 n’est pas un multiple de 8.
Exercice 4 — Ensemble mystère
Tout d’abord, notons que par définition, l’ensemble A s’écrit ainsi : A=
x2−y2
(x, y)∈R2
= t∈R
∃(x, y)∈R2, t=x2−y2 . 1. Montrons que14 appartient à A :
montrons qu’il existe un couple (x, y)∈R2 tel que 14 = x2−y2. Posons x= 4 et y=√
2.
Alors on a :
x2−y2 = 42−√
22 = 16−2 = 14.
Donc le couple (x, y) convient.
Ainsi, le réel 14 appartient bien à l’ensembleA . 2. Démontrons que A=R.
Procédons par double inclusion.
⊆) Par définition de A, l’ensemble A est inclus dans R.
⊇) Montrons que Rest inclus dans A. Soit t∈R arbitraire.
Montrons que t appartient à A, c’est-à-dire qu’il existe (x, y) ∈ R2 tel que t=x2−y2.
De deux choses l’une : le réel t est soit positif, soit négatif.
Procédons alors par disjonction de cas.
• Premier cas : t>0.
Dans ce cas, la racine carrée du réel positif t existe.
Posons alors x=√
t ety= 0.
On a :
x2−y2 =√
t2−02 =t, donc le couple (x, y) convient.
Ainsi, le réel t appartient à A.
• Second cas : t <0.
Dans ce cas, l’opposé de t est positif et admet donc une racine carrée.
Posons alors x= 0 et y=√
−t.
On a :
x2−y2 = 02−√
−t2 =−(−t) =t, donc le couple (x, y) convient.
Ainsi, le réel t appartient à A.
Dans tous les cas, le réel t appartient bien à A. Finalement, l’ensembleR est bien inclus dans A .
Par double inclusion, on obtient alors que l’ensemble A est égal à R tout entier . Exercice 5 — Une seule solution : la résolution
1. Appelons (E1) l’équation suivante, d’inconnue x réelle :
√2x+ 3−√
x+ 2 = 2.
• Trouvons tout d’abord le domaine de définition de l’équation (E1).
Comme la fonction racine carrée est définie sur R+, la fonction x 7−→
√2x+ 3−√
x+ 2 est définie sur l’ensemble suivant : {x∈R|2x+ 3 ∈R+ et x+ 2∈R+}. Simplifions cet ensemble :
{x∈R|2x+ 3∈R+ et x+ 2∈R+}={x∈R|2x+ 3>0 etx+ 2 >0}
=
x∈R
x>−3
2 etx>−2
=
x∈R
x>−3 2
car −3 2 >−2
=
−3 2; +∞
,
donc l’équation(E1) a un sens sur l’intervalle
−3 2; +∞
.
• Résolvons à présent l’équation(E1).
Soit x∈
−3 2; +∞
.
On a alors l’équivalence suivante :
√2x+ 3−√
x+ 2 = 2⇐⇒√
2x+ 3 = 2 +√ x+ 2
⇐⇒√
2x+ 32
= 2 +√
x+ 22
car les nombres √
2x+ 3 et2 +√
x+ 2 sont positifs
⇐⇒2x+ 3 = 4 + 4√
x+ 2 +x+ 2
⇐⇒x−3 = 4√ x+ 2.
Ainsi, x est solution de l’équation (E1)si et seulement si x−3 = 4√ x+ 2. On souhaite à nouveau élever au carré pour faire sauter la racine. Cependant, comme x−3 n’est pas toujours positif, le passage au carré ne préserve pas l’équivalence. Pour ne pas perdre d’information, on raisonne à partir de maintenant par analyse-synthèse.
? Analyse
Supposons que xsoit solution de (E1).
Alors, d’après ce qui précède, on a : x−3 = 4√
x+ 2.
Par passage au carré, on obtient : (x−3)2 =
4√
x+ 22
, donc
x2−6x+ 9 = 16(x+ 2), donc
x2−22x−23 = 0.
Le discriminant du trinôme X 7−→X2−22X−23est :
∆ = (−22)2−4×(−23)
= 222+ 4×23
= 4(112+ 23)
= 4(121 + 23)
= 4×144
= 22×122
= 242 >0.
Les racines du trinôme X 7−→X2−22X−23sont donc : 22−√
∆
2 = 22−24 2 =−1 et
22 +√
∆
2 = 22 + 24 2 = 23.
Comme la solution x est racine de ce trinôme, on a alors : x=−1 oux= 23.
Conclusion de l’analyse : Si x est solution, alors nécessairement, x=−1ou x= 23.
? Synthèse
Regardons si −1 et23 sont solutions de l’équation (E1).
— Tout d’abord, vérifions si−1et23sont dans le domaine de définition de l’équation (E1), sans quoi ils ne peuvent bien sûr pas en être solutions.
L’équation (E1) est définie sur
−3 2; +∞
et les nombres −1 et 23 sont bien supérieurs à −3
2, donc ils sont bien candidats à être solutions de (E1).
— Regardons si −1est solution de l’équation (E1). Rappelons que pour tout x ∈
−3 2; +∞
, le réel x est solution de (E1)si et seulement si x−3 = 4√
x+ 2.
On a :
((−1)−3 = −4 4p
(−1) + 2 = 4 6=−4, donc −1n’est pas solution de l’équation (E1).
— Regardons si 23est solution de l’équation (E1).
On a : (
23−3 = 20 4√
23 + 2 = 4√
25 = 4×5 = 20, donc 23est bien solution de l’équation (E1).
Conclusion de la synthèse :23est solution de l’équation(E1), mais pas −1.
? Conclusion
L’unique solution de l’équation (E1)est 23.
2. Appelons (E2) l’équation suivante, d’inconnue x réelle : ln
x+ 3 4
= 1
2[ln(x) +ln(3)].
• Trouvons tout d’abord le domaine de définition de l’équation (E2).
? Comme la fonction ln est définie sur ]0; +∞[, le membre de gauche est défini sur l’ensemble suivant :
x∈R
x+ 3
4 ∈]0; +∞[
.
Simplifions cet ensemble :
x∈R
x+ 3
4 ∈]0; +∞[
=
x∈R
x+ 3 4 >0
={x∈R|x+ 3 >0}
={x∈R|x >−3}
= ]−3; +∞[.
Le membre de gauche de l’équation (E2)a donc un sens sur l’intervalle ]−3; +∞[.
? De plus, le membre de droite a un sens sur l’intervalle ]0; +∞[.
Ainsi, l’équation (E2)a un sens sur l’intersection des deux intervalles précé- dents.
Or on a :
]−3; +∞[∩]0; +∞[ = ]0;∞[,
donc finalement, l’équation (E2)a un sens sur l’intervalle ]0; +∞[.
• Résolvons à présent l’équation(E2).
Soit x∈]0; +∞[.
On a alors l’équivalence suivante : ln
x+ 3 4
= 1
2[ln(x) +ln(3)] ⇐⇒2ln x+ 3
4
=ln(x) +ln(3)
⇐⇒ln
"
x+ 3 4
2#
=ln(3x)
⇐⇒
x+ 3 4
2
= 3x
car la fonction ln est une bijection de R∗+ sur R (dans un sens, on applique exp et dans l’autre, ln)
⇐⇒ (x+ 3)2 16 = 3x
⇐⇒x2+ 6x+ 9 = 48x
⇐⇒x2−42x+ 9 = 0.
Le discriminant du trinômeX 7−→X2−42X+ 9 est
∆ = 422−4×9
= (6×7)2−36
= 36(72−1)
= 36×48
= 62×3×42
= 3×242.
Le discriminant ∆est donc positif et √
∆ = 24√ 3. Les racines du trinôme X 7−→X2−42X+ 9 sont donc :
42−√
∆
2 = 42−24√ 3
2 = 21−12√ 3 et
42 +√
∆
2 = 42 + 24√ 3
2 = 21 + 12√ 3.
Ainsi, on obtient : ln
x+ 3 4
= 1
2[ln(x) +ln(3)]⇐⇒x2−42x+ 9 = 0
⇐= x= 21−12√
3 oux= 21 + 12√ 3. Vérifions que ces nombres sont bien dans le domaine de définition de (E2), c’est-à-dire qu’ils sont strictement positifs (sinon, ils ne peuvent pas être solutions de l’équation).
? Le nombre 21 + 12√
3est strictement positif comme somme de deux nombres strictement positifs.
? Montrons que 21−12√
3 est strictement positif aussi.
On a :
(212 = (20 + 1)2 = 400 + 40 + 1 = 441 (12√
3)2 = 144×3 = 432, donc 212 >(12√
3)2. Les nombres 212 et (12√
3)2 étant positifs, on peut leur appliquer la fonction racine carrée.
Comme la fonction racine carrée est strictement croissante, on obtient alors que √
212 >
q (12√
3)2. Or les nombres 21 et 12√
3 sont positifs donc ils sont racines de leur carré.
Il s’ensuit que21>12√
3, donc que 21−12√
3est bien strictement positif . Finalement, l’ensemble des solutions de l’équation (E2)est
21−12√
3; 21 + 12√ 3 . 3. Appelons (I)l’inéquation suivante, d’inconnue x réelle :
|x−1|+
x2−5x+ 4
64|x−1|.
• La fonction valeur absolue et les fonctions polynomiales x 7−→ x − 1 et x7−→x2−5x+ 4 étant définies sur R, l’inéquation (I)est définie sur R.
• Résolvons à présent l’inéquation (I).
? Commençons par factoriser le trinôme x7−→x2−5x+ 4. Son discriminant vaut
∆ = (−5)2−4×4 = 25−16 = 9 = 32, donc ses racines sont
5−3
2 = 1 et 5 + 3 2 = 4.
Ainsi, pour tout x∈ R, on a :
x2−5x+ 4 = (x−1)(x−4).
? Soit x∈R.
On a alors l’équivalence suivante :
|x−1|+
x2−5x+ 4
64|x−1| ⇐⇒
x2−5x+ 4
−3|x−1|60
⇐⇒ |(x−1)(x−4)| −3|x−1|60 d’après le point précédent
⇐⇒ |x−1| × |x−4| −3|x−1|60
⇐⇒ |x−1|(|x−4| −3)60.
? La valeur absolue de tout réel est positive ou nulle. Distinguons alors le cas où |x−1| est nulle de celui où|x−1| est strictement positive.
— Premier cas : x= 1.
On a alors |x−1|= 0. Il s’ensuit que :
|x−1|(|x−4| −3) = 0, donc que 1est solution de l’inéquation (I).
— Second cas :x6= 1.
Dans ce cas,|x−1|>0.
On obtient alors l’équivalence suivante :
|x−1|+
x2−5x+ 4
64|x−1| ⇐⇒ |x−1|(|x−4| −3)60
⇐⇒ |x−4| −360
⇐⇒ |x−4|63
⇐⇒ −36x−463
⇐⇒16x67
⇐⇒1< x67 car x6= 1.
Ainsi, sixest différent de1, alorsxest solution de l’inéquation (I)si et seulement si 1< x67.
Finalement, en regroupant les deux cas précédents, on obtient l’équiva- lence suivante :
|x−1|+
x2−5x+ 4
64|x−1| ⇐⇒x= 1 ou1< x67
⇐⇒16x67.
Ainsi, l’ensemble des solutions de l’inéquation (I) est l’intervalle [1; 7] . Exercice 6 — Union et différence
1. Montrons que(A∪B)\(A∪C)⊆A∪(B\C).
• Méthode ensembliste
Commençons par simplifier l’expression de l’ensemble (A∪B)\(A∪C).
(A∪B)\(A∪C) = (A∪B)∩(A∪C)
= (A∪B)∩ A∩C d’après les lois de De Morgan
=
A∩ A∩C
∪
B∩ A∩C
par distributivité de l’intersection l’intersection sur l’union
=
A∩A
∩C
∪
B∩C
∩A
= ∅ ∩C
∪
(B \C)∩A
=∅ ∪
(B\C)∩A
= (B\C)∩A.
Or on a les inclusions suivantes :
(B\C)∩A⊆(B\C)⊆A∪(B\C), donc on obtient bien le résultat voulu :
(A∪B)\(A∪C)⊆A∪(B\C).
• Méthode élémentaire Soit x∈(A∪B)\(A∪C).
Montrons que x∈A∪(B \C).
Commex∈A∪B, l’élémentxappartient àAou àB (ou aux deux en même temps).
Procédons alors à une disjonction de cas.
? Premier cas : x∈A.
Dans ce cas, il n’y a rien à faire :
x appartient à A donc x appartient à A∪(B\C).
? Deuxième cas : x∈B.
Montrons qu’alors x appartient à B \C.
Comme x appartient déjà à B, il suffit de montrer que x n’appartient pas à C.
Comme x∈(A∪B)\(A∪C), l’élément xn’appartient pas à A∪C.
En particulier, x ne peut pas appartenir à C (sinon, il appartiendrait aussi à A∪C).
Ainsi,xappartient àBet pas àC, doncx∈(B\C), donc x∈A∪(B \C). Finalement, dans les deux cas, l’élémentx appartient bien à A∪(B\C). On obtient alors l’inclusion voulue :
(A∪B)\(A∪C)⊆A∪(B\C).
2. Montrons que l’inclusion réciproque A∪(B \C) ⊆ (A∪B)\(A∪C) n’est pas toujours vraie.
Soit A une partie non vide de l’ensembleE (une telle partie existe car l’ensemble E n’est pas vide).
Posons B =A etC =A.
Alors on a :
A∪(B\C) =A∪(A\A)
=A∪ ∅
= A et
(A∪B)\(A∪C) = (A∪A)\(A∪A)
=A\A
= ∅.
Comme la partie A est non vide, elle n’est pas incluse dans l’ensemble vide.
Ainsi, l’inclusion
A∪(B\C)⊆(A∪B)\(A∪C) n’est pas vraie pour ce choix de parties A, B etC.
Exercice 7 — De jolies propriétés de l’intersection
1. Montrons, par double inclusion, que P(A∩B) = P(A)∩ P(B).
⊆) Montrons que P(A∩B)est inclus dans P(A)∩ P(B) :
montrons que pour touteX ∈ P(A∩B), on a X ∈ P(A)∩ P(B). Soit X ∈ P(A∩B).
Alors on aX ⊆A∩B. Or on a :
(A∩B ⊆A A∩B ⊆B,
donc (
X ⊆A∩B ⊆A X ⊆A∩B ⊆B.
Ainsi, on a bienX ∈ P(A) etX ∈ P(B), donc X ∈ P(A)∩ P(B). D’où l’inclusion : P(A∩B)⊆ P(A)∩ P(B).
⊇) Montrons que P(A)∩ P(B) est inclus dans P(A∩B) :
montrons que pour touteX ∈ P(A)∩ P(B), on a X ∈ P(A∩B).
Soit X ∈ P(A)∩ P(B).
AlorsX ∈ P(A) etX ∈ P(B), c’est-à-dire que : X ⊆A etX ⊆B.
Montrons alors que X ⊆ A ∩B, c’est-à-dire que pour tout x ∈ X, on a x∈A∩B.
Soit x∈X. Alors on a :
(x∈A car X est incluse dans A x∈B car X est incluse dans B, donc x appartient à A∩B.
Ainsi, X est inclus dans A∩B, c’est-à-dire que X ∈ P(A∩B). D’où l’inclusion P(A)∩ P(B)⊆ P(A∩B).
Finalement, par double inclusion, on obtient bien l’égalité suivante : P(A∩B) =P(A)∩ P(B).
2. Montrons que(A∪B)∩(B∪C)∩(C∪A) = (A∩B)∪(B∩C)∪(C∩A). On a : (A∪B)∩(B∪C)∩(C∪A) = [(A∪B)∩(B∪C)]∩(C∪A)
= [B∪(A∩C)]∩(C∪A)
par distributivité de l’union sur l’intersection
= ([B∪(A∩C)]∩C)∪([B∪(A∩C)]∩A) par distributivité de l’intersection sur l’union. Simplifions les deux ensembles séparément.
• Simplifions le premier ensemble :
[B∪(A∩C)]∩C = (B∩C)∪[(A∩C)∩C]
par distributivité de l’intersection sur l’union
= (B∩C)∪[A∩(C∩C)]
= (B∩C)∪(A∩C)
= (B∩C)∪(C∩A).
• Simplifions le second ensemble :
[B∪(A∩C)]∩A= (B ∩A)∪[(A∩C)∩A]
par distributivité de l’intersection sur l’union
= (B ∩A)∪[C∩(A∩A)]
= (B ∩A)∪(C∩A)
= (A∩B)∪(C∩A).
En réinjectant les expressions trouvées dans le calcul principal, on obtient : (A∪B)∩(B∪C)∩(C∪A) = ([B∪(A∩C)]∩C)∪([B∪(A∩C)]∩A)
= (B∩C)∪(C∩A)∪(A∩B)∪(C∩A)
= (A∩B)∪(B∩C)∪[(C∩A)∪(C∩A)]
= (A∩B)∪(B∩C)∪(C∩A).
Finalement, on a bien l’égalité :
(A∪B)∩(B∪C)∩(C∪A) = (A∩B)∪(B∩C)∪(C∩A).