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2 Quelques extensions non algébriques

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Texte intégral

(1)

Sorbonne Université M1 de Mathématiques

4M002 (Algèbre et théorie de Galois) Automne 2020

TD n

7.

1 Nullstellensatz

Exercice 1. Soientf1,· · ·fm∈C[X1,· · · , Xn].

a) Montrer que si l’idéalI:= (f1,· · · , fm) deC[X1,· · ·, Xn] est propre, alors le système d’équationsfi(z) = 0,i= 1,· · ·, madmet une solutionz= (z1,· · ·, zn) dansCn.

b) SoitV ⊂Cn l’ensemble des solutions comme ci-dessus. On dit qu’une fonctionV −→Cestpolynômiale si c’est la restriction àV d’une fonction polynômiale surCn (donc donnée par évaluation d’un polynôme g∈C[X1,· · · , Xn]). Notons O(V) laC-algèbre des fonctions polynômiales surV. Montrer queO(V)' C[X1,· · ·, Xn]/√

I.

c) SoitV0⊂Cn

0 un autre ensemble algébrique. On dit qu’une applicationV −→V0 est polynômiale si elle est restriction d’une applicationCn−→Cn

0 polynômiale. Montrer que {App. Pol.V −→V0} 'HomC−alg(O(V0),O(V)).

Solution. a) SiI est propre, il est contenu dans un idéal maximal mde C[X1,· · · , Xn]. Le corps résiduel C[X1,· · ·, Xn]/mest alors une extension deCqui est de type fini en tant queC-algèbre, donc c’est une extension finie deCet, puisqueCest algébriquement clos, c’estClui-même (ie le morphisme canonique C−→C[X1,· · ·, Xn]/mest un isomorphisme). Soient alorszi:= ¯Xil’image deXidans ce corps résiduel.

Par définition, le morphisme d’évaluationC[X1,· · · , Xn]−→Cqui envoieXi surzi est nul surI, c’est- à-dire :∀f ∈I,f(z1,· · ·, zn) = 0. On conclut puisquefjI.

b) Par définition, l’unique morphismeC[X1,· · ·, Xn]−→ O(V) qui envoieXisur la fonctioni-ème coordon- née (restreinte àV) est surjectif. Le problème est de calculer son noyau. Le raisonnement de la question précédente construit une bijection{Id. max.m contenantI} ←→V. Plus précisément, toutz∈Cn dé- finit un idéal maximalmz= (X1z1,· · · , Xnzn) de C[X1,· · · , Xn], et le Nullstellensatz nous dit que tout idéal maximal deC[X1,· · · , Xn] est de la formemzpour unz∈Cn. De plus, on azVI⊂mz. Il s’ensuit que le noyau cherché est{f ∈C[X1,· · ·, Xn],∀z∈V, f(z) = 0}=T

z∈V mz=T

m⊃Im=√ I.

c) Vu les définitions, si ϕest une application polynômiale V −→ V0 et si g est une fonction polynômiale V0−→C, alors la composéegϕest une fonction polynômialeV −→C. On obtient ainsi une application

{App. Pol. V −→V0} −→HomC−alg(O(V0),O(V)).

Réciproquement, on a une bijectionV

−→HomC−alg(O(V),C) qui envoiezsur le morphisme d’évaluation evzenz. Donc siψ:O(V0)−→ O(V) est un morphisme deC-algèbres, alorsevzψ:O(V0)−→Caussi, donc est de la formeevzψ=evz0 pour un uniquez0V0. D’où une applicationϕ:V −→V0. Pour voir que cette application est polynômiale, on choisit un morphisme de C-algèbres ˜ψ : C[X1,· · · , Xn0] −→

C[X1,· · ·, Xn] faisant commuter le diagramme suivant :

C[X1,· · ·, Xn0]

ψ˜ //

π0

C[X1,· · · , Xn]

π

O(V0)

ψ //O(V) .

Posons alorsfi(X1,· · ·, Xn) := ˜ψ(Xi) pouri= 1,· · ·n0. L’applicationϕ:V −→V0 est alors donnée par ϕ(z) = (f1(z),· · ·, fn(z)), qui est bien polynômiale.

On a donc deux applications dans les deux sens, et on vérifie sur les définitions que ces applications sont réciproques l’une de l’autre.

Exercice 2(Normalisation de Noether). Soitkun corps etAunek-algèbre de type fini. On veut montrer qu’il existe une sous-k-algèbreA0 deAtelle que

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Aest un module de type fini surA0.

A0 est isomorphe à une algèbre de polynômesk[X1,· · ·Xd] surk.

a) Soitfk[Y1,· · · , Ym] un polynôme non nul. Montrer que pourr∈Nassez grand, le polynôme

fe(Ym) =f(Y1+Ymrm−1, Y2+Ymrm−2,· · · , Ym−1+Ymr, Ym)∈k[Y1,· · · , Ym−1][Ym] est unitaire à un facteur inversible près.

b) Soienty1,· · ·, ymdes générateurs de lak-algèbreA. SiAn’est pas isomorphe à une algèbre de polynôme, montrer qu’il existefk[Y1,· · ·, Ym] tel quef(y1,· · ·, ym) = 0 dansA. Prenons alorsrcomme dans la question précédente et posons zi:=yiy1rm−i pouri= 1,· · ·, m−1. Montrer que Aest un module de type fini sur la sous-algèbreA1:=k[z1,· · ·, zm−1] engendrée parz1,· · · , zm−1.

c) Prouver l’énoncé souhaité.

Solution. a) Prenonsrplus grand que les degrés partielsdi de chaque monômeYd=Y1d1· · ·Ymdm interve- nant dansf avec coefficient non nul, et notonsr(d) :=P

idirm−i. On a

(Y1d1^· · ·Ymdm) = (Y1+Ymrm−1)d1· · ·(Ym−1+Ymr)dm−1Ymdm= (Ym)r(d)+ X

k<r(d)

bkYmk

Notons que l’entier r(d) déterminedpar unicité du développementr-adique. Ainsi, le plus grand entier de la former(d) parmi les monômesYd apparaissant dansf =P

dadYdd avec coefficientad non nul, est atteint pour ununique teld. Notons ledmax. On a alors

fe(Ym) =ad

maxYmr(dmax)+ X

k<r(dmax)

ck(Y1,· · ·, Ym−1)Ymk.

b) SiAn’est pas une algèbre de polynômes, le morphisme surjectifk[Y1,· · · , Yn]−→Aqui envoieYi suryi

n’est pas injectif. Il suffit de prendref non nul dans le noyau. D’après la question précédente, on a dans Aune égalité de la forme

admaxymr(dmax)+X

ck(z1,· · ·, zm−1)ymk = 0

avecck(z1,· · ·, zm−1)∈A1. Doncymest entier surA1(au sens vu dans un TD précédent), etA=A1[ym] est donc de type fini commeA1-module.

c) On raisonne par récurrence sur l’entier m minimal d’une famille de générateurs de la k-algèbre A. Si m= 0, cela signifie que le morphismek−→Aest surjectif, et donc bijectif. Dans ce cas, on a le résultat directement avecd= 0. Supposons le résultat acquis pourm−1 générateurs, et soitA1définie comme au b). AlorsA1est engendrée parm−1 générateurs, donc par récurrence,An−1est finie sur une sous-algèbre de polynômes. D’après b),Aest aussi finie sur cette même sous-algèbre de polynômes.

2 Quelques extensions non algébriques

Exercice 3. Soitkun corps etK=k(X).

a) Montrer queK n’est pas de type fini en tant quek-algèbre.

b) SoitFK\k. On écritF = P(X)Q(X), avecP, Qk[X] premiers entre eux.

i) Montrer queX est algébrique surk(F) (on pourra considérerR(T) :=P(T)−F Q(T)∈k(F)[T]).

ii) En déduire queF est transcendant surk.

iii) Montrer que [K: k(F)] = max(deg(P),deg(Q)) (on pourra montrer que R(T) est irréductible dans k[F][T]).

c) Soitφ: GL2(k)→Autk(K) le morphisme de groupe défini par

φ a b

c d

(R) =R

aX+b cX+d

. Montrer queφest surjectif, et que Ker(φ) =k×.

(3)

Solution. a) C’est du cours. Soit Fi = QPi

i, i = 1,· · · , n des fractions rationnelles. Alors pour toute Fk[F1,· · · , Fn], le dénominateur de F divise une puissance de Q1· · ·Qn. En d’autres termes, on a k[F1,· · ·, Fn] ⊂ S−1k[X] où S est la partie multiplicative engendrée par les Qi. Mais alors, Q :=

Q

iQi + 1 ∈/ S, donc F := Q1/ k[F1,· · · , Fn]. Il s’ensuit que K n’est pas de type fini en tant que k-algèbre.

b) i) Evaluons Rk(F)[T] ⊂ k(X)[T] en X : on a R(X) = P(X)−F(X)Q(X) = 0, donc R est un polynôme annulateur non nul de X dans k(F)[T], donc X est algébrique sur k(F). De plus, [k(X) :k(F)]6deg(R) =max(deg(P), deg(Q)).

ii) SiF est algébrique surk, [k(F) :k] est fini. Or [k(X) :k(F)] est fini donc par transitivité des degrés, [k(X) :k] est fini, ce qui est absurde.

iii) On a déjà l’inégalité [k(X) :k(F)]6deg(R) =max(deg(P), deg(Q)) . Pour avoir l’égalité, il suffit de démontrer que Rk(F)[T] est le polynôme minimal de X, ou de manière équivalente, que R est irréductible dansk(F)[T]. CommeF est transcendant surk,k[F] est un anneau de polynômes à une variable (en l’occurrenceF) surk, c’est donc un anneau principal, et a fortiori factoriel. Il suffit alors de montrer que R est un élément irréductible de k[F][T] =k[T][F]. Or vu comme polynôme en F à coefficient dans k[T], R est de degré 1 en F, donc est irréductible dans k(T)[F]. De plus, pgcd(P, Q) = 1, donc R est primitif en tant que pôlynôme dek[T][F], doncR est irréductible dans k[T][F] donc aussi dansk(F)[T]. D’où le résultat.

c) Soitϕ∈Autk(K), et F =ϕ(X). Alors siR(X) = PQ(X)(X), on aϕ(R) =R(F). Il suffit donc de montrer queF est de la forme aX+bcX+d. EcrivonsF = PQ avecP etQpremiers entre eux. Commek(F) est l’image deϕ, par bijectivité de ϕ, on doit avoirk(F) =K. D’après a)iii),on a doncmax(deg(P), deg(Q)) = 1, donc P est de la forme aX +b et Qde la forme cX+d. CommeF n’est pas une fraction rationnelle constante, (a, b) et (c, d) ne sont pas colinéaires, et la matrice de l’énoncé est bien dans GL2(k).

Exercice 4. Soitf ∈C[T] unitaire de degré 3, de racinesz1, z2, z3∈C.

a) Montrer que K =Kz1,z2,z3 :=C(X)[T]/(X2f(T)) est un corps de degré de transcendance 1 surC. Calculer [K:C(X)], montrer que l’imagetdeT dansK est transcendante, et calculer [K:C(t)].

b) Siz1=z2, montrer queKest transcendant pur engendré par TX−z

1.

c) Supposons leszi distincts deux à deux. Montrer qu’il existeλ∈C\ {0,1}tel que Kz1,z2,z3 'K0,1,λ. d) Montrer queK0,1,λ n’est pas transcendant pur, siλ6= 0,1.

Solution. a) SiKest un corps, il est manifestement algébrique surC(X), donc son degré de transcendance est 1. Pour voir que K est un corps, il faut montrer queX2f(T) est un polynôme irréductible dans C(X)[T]. Comme C[X] est factoriel, il suffit de montrer que c’est un élément irréductible de l’anneau factoriel =C[X][T] =C[X, T]. Or, il est irréductible dansC(T)[X] car f n’a pas de racine carrée dans C(T) (puisque son degré est impair). De plus, sonC[T]-contenu est 1, donc il est aussi irréductible dans C[T][X] =C[T, X]. Puisque degT(X2f(T)) = 3, on a [K :C(X)] = 3. Par ailleurs, notonst l’image de T dans K et C(t) la sous-extension de K engendrée par t. Alors X vérifie l’équation polynômiale X2=f(t) donc est algébrique de degré 2 surC(t). En particuliertest transcendant et [K:C(t)] = 2.

b) Notons K0 := C(T−zX

1) la sous-C-extension de K engendrée par T−zX

1. Comme la C-extension K est engendrée parX etT, il suffit de montrer queX, TK0. Or, on a (TX−z

1)2=Tz2, doncTK0, et il s’ensuit queX = (T−z1)T−zX

1K0.

c) L’unique automorphisme deC[X, T] qui envoie X surX etT surTz1 induit un isomorphismeC(X)- linéaireKz1,z2,z3

−→∼ K0,z2−z1,z3−z1. Soit alorsµ∈C×tel queµ2= (z2−z1)3, et posonsλ:=zz3−z1

2−z1. Alors l’unique automorphisme deC[X, T] qui envoieX surµ−1X etT sur (z2−z1)−1T induit un isomorphisme C-linéaireK0,z2−z1,z3−z1

−→K0,1,λ.

d) Supposons qu’il existeUK tel queK=C(U). Il existe donc deux fractions rationnelles irréductibles F =PQ etG= RS dansC(U) telles queX =F(U) etT =G(U). Notons que par le calcul des degrés en a) et l’exercice précédent, on a max(deg(P),deg(Q)) = 3 et max(deg(R),deg(S)) = 2. On a alors l’égalité

P(U)2

Q(U)2 =R(U)(R(U)−S(U))(R(U)−λS(U)

S(U)3 .

On remarque que la multiplicité d’un facteur irréductible du terme de gauche est toujours paire. Dans le terme de droite, on remarque que les polynômesR, S, RS etRλS sont deux à deux premiers entre

(4)

eux. Il s’ensuit que chacun de ces polynômes est soit de degré 2 à racine double, soit constant. Puisque R et S ne sont pas tous les deux constants, on voit qu’au moins deux parmi les trois polynômes R, S et RS ont degré 2, puis qu’au moins trois parmi les quatre polynômes R, S, RS et RλS ont degré 2. Siw1, w2, w3 sont les racines (doubles) de chacun de ces trois polynômes, on a alors une égalité du typea1(X −w1)2+a2(X−w2)2+a3(X−w3)2 = 0 aveca1a2a36= 0. En développant, on voit que le vecteur colonne (a1, a2, a3) annule la matrice de Vandermonde dont les colonnes sont les (1, wi, w2i).

Mais puisque leswi sont deux à deux distincts, cette matrice est inversible donc a1 =a2 =a3 = 0, ce qui contredita1a2a36= 0.

Exercice 5. Soitpun nombre premier, et notonsK:=Fp(X, Y).

a) Montrer queKp:={xp, xK}est un sous corps deK et que [K:Kp] =p2.

b) Montrer que pour toutxK, le degré du polynôme minimal de xsurKp est inférieur àp. En déduire que l’extensionKpK n’est pas monogène.

Solution. a) C’est l’image de l’endomorphisme de Frobenius x7→ xp, qui est un endomorphisme de Fp- algèbres.

b) Le polynôme minimalfx(T) dexsur Kp diviseTpxp. L’extension de Kp engendrée parK est donc de degré6p.

3 Quelques polynômes irréductibles

Exercice 6. Soitn∈N. Soit Φn =Q

k∈(Z/nZ)×(X−e2iπk/n)∈C[X].

a) Montrer queXn−1 =Q

d|nΦd. En déduire que Φn∈Z[X].

b) Soit ζ une racine primitive nede 1 et p un nombre premier premier à n. Soit f et g les polynômes minimaux unitaire surQdeζ etζ0=ζp. On supposef 6=g. Montrer que f g|Φn et f|g(Xp).

c) Montrer que l’image de Φn dansFp[X] a un facteur irréductible ayant multiplicité au moins deux, et en déduire une contradiction.

d) En déduire que Φn est un polynôme irréductible dansQ[X].

Solution. a) Soit µn l’ensemble des racinesn-èmes de l’unité dans C, et µn le sous-ensemble des racines primitives, i.e. d’ordre exactementn. On a donc une partition µn=F

d|nµd. On en déduit une factori- sation

Xn−1 = Y

ζ∈µn

(X−ζ) =Y

d|n

Y

ζ∈µd

(X−ζ) =Y

d|n

Φd(X).

On raisonne alors par récurrence, en commençant avec Φ1(X) =X−1∈Z[X]. Supposons que Φd(X)∈ Z[X] pour tout diviseur strict den, et posons Ψn(X) :=Q

d|n,d6=nΦd(X). On a donc l’égalitéXn−1 = Ψn(X)Φn(X) dansC[X]. D’un autre côté, puisque Ψn(X) est unitaire dansZ[X], l’algorithme de division euclidienne nous donne q, r∈Z[X] tels que Xn−1 = Ψn(X)q(X) +r(X). Or, cette égalité est encore valable dansC[X], doncqet rsont aussi le quotient et le reste de la division euclidienne dansC[X], ce qui nous permet d’identifierr= 0 etq= Φn dansC[X], et d’en conclure que Φn∈Z[X].

b) Puisque f et g sont irréductibles et distincts dans l’anneau principal Q[X], ils sont premiers entre eux.

Mais alors, toujours parce queQ[X] est principal,fnet g|Φn implique quef g|Φn. Par ailleurs,g(Xp) annuleζdoncf|g.

c) Écrivons, Φn=f ghdansQ[X]. Commef,get hsont unitaires et Φn∈Z[X], on sait quef,get hsont dans Z[X]. On obtient dons une égalité ¯Φn = ¯fg¯¯hdans Fp[X] et, de plus, on a ¯f(X)|¯g(Xp) = ¯g(X)p. Soit alorshun facteur irréductible de ¯f. Il divise ¯gp, donc aussi ¯g(lemme de Gauss), donch2|Φ¯n. Or ¯Φn

diviseXn−1 qui est un polynôme séparable puisque (Xn−1)0=nXn−1etn6= 0 dansFp. Donc ¯Φn est séparable, ce qui contredit l’existence deh.

d) Avec les notations de la question b), il suffit de montrer quef = Φn. On vient de voir que pourppremier et premier àn, ζp est une racine de f. On en déduit plus généralement que l’ensemble des racines def est stable par élévation à la puissancep. Ceci étant vrai pour toutppremier àn, on en déduit que cet ensemble est aussi stable par élévation à la puissancempour tout entiermpremier àn. Or, toute racine n-ème primitive de l’unité est une telle puissance deζ. Doncf = Φn.

(5)

Exercice 7. Soitpun nombre premier eta∈Fp. SoitP =XpXa∈Fp[X].

a) Sia= 0, donner la décomposition en facteur irréductible de P. On suppose dorénavanta6= 0.

b) Montrer queP(X+ 1) =P(X).

c) SoitQun facteur irréductible deP. Montrer queQ(X+ 1) est aussi un facteur irréductible deP. d) Montrer que Q(X + 1) =Q(X) (on pourra considérer une action de Z/pZ sur l’ensemble des facteurs

irréductibles deP).

e) Montrer que siR∈Fp[X] est de degré6p−1 etR(X+ 1) =R(X), alorsRest un polynôme constant.

f) En déduire queP est irréductible.

g) Soitb∈Zpremier à p. Montrer queXpXbest un polynôme irréductible deQ[X].

Solution. a) On aXpX =Q

x∈Fp(X−x).

b) P(X+ 1) = (X+ 1)p−(X+ 1)−a=Xp+ 1−X−1 +a=P(X).

c) L’applicationτ : R(X)7→R(X+ 1) définit un automorphisme de l’anneauFp[X]. Donc Q(X+ 1) est aussi irréductible et diviseP(X+ 1) =P(X).

d) L’automorphismeτ vérifieτp = id. Donc l’orbite deQsousτ est de cardinal 1 ou p. Si cette orbite est de cardinal p, alorsQ(X)Q(X + 1)· · ·Q(X +p−1) divise P et donc deg(Q) = 1 etP est scindé sur Fp[X], donc égal àXpX. C’est exclu, donc l’orbite a cardinal 1 et, en particulier,Q(X+ 1) =Q(X).

e) Soit R tel que R(X + 1) = R(X). Si R est non constant, il admet une racine αdans ¯Fp. Mais alors, α, α+ 1,· · · , α+p−1 sontpracines distinctes deR, donc deg(R)>p.

f) Clair à partir de d) et e).

g) Si on a une factorisation XpXb =Q(X)R(X) dans Q[X] avec Q, R unitaires, alors on sait que Q, R ∈ Z[X]. En réduisant modulo p et en utilisant la question f), on en déduit que deg(Q) = p ou deg(R) =p, et doncR= 1 ouQ= 1.

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