Année 2020 - 2021 Professeur J. Vercauteren
Université de Montpellier
Laboratoire de Pharmacognosie
UE3 VASAM-Pharmacognosie du DFGSP2 2 ème Année de Pharmacie
Université de Montpellier
Cours de VASAM d’origine végétale – Table des Matières
TABLE DES MATIÈRES
1-INTRODUCTION -GENERALITES ... 2
1-A- Enseignements ... 2
1-B- Définitions : Voie d’accès aux SAM d’origine végétale ... 3
1-C- Récolte et traitement de la plante, de la drogue ... 4
1-C-1- Organe ... 4
1-C-2- Époque ... 4
1-C-3- Conservation ... 4
1-C-4- Contrôles ... 5
1-C-4-1- identité botanique ... 5
1-C-4-2- pureté ... 5
1-C-4-3- activité ... 5
1-C-5- Normalisation ... 5
1-C-5-1- Essais botaniques ... 5
1-C-5-2- Essais physicochimiques ... 5
1-C-5-3- Essais biologiques ... 5
1-C-6- Opérations pour l’obtention des SAM ... 5
1-C-6-1- Extraction des "totum" de SAM ... 5
1-C-6-1-a- par un solvant à partir de fleurs, feuilles, tiges, écorces, bois, racines ... 5
1-C-6-1-a-1- SAM de polarité élevée à moyenne ... 6
1-C-6-1-a-2- SAM apolaires ... 6
1-C-6-1-b- par un solvant à partir de fruits, graines ... 7
1-C-6-1-c- par un procédé physique ... 7
1-C-6-1-d- la SAM = la « plante » ... 7
1-C-6-1-e- liquides ioniques et « eutectiques profonds »... 7
1-C-6-2- Concentration : élimination des solvants extractifs ... 8
1-C-6-2-a- Élimination des solvants (organiques) à « concentrés » ... 9
1-C-6-2-b- Évaporation des solvants aqueux (séchage) ... 9
1-C-6-3- Purification à SAM pures ... 9
1-C-6-3-a- Techniques chromatographiques... 9
1-C-6-3-a-1- Chromatographie sur support liquide : Chromatographie de Partage Centrifuge ... 9
1-C-6-3-a-2- Chromatographie sur support solide ... 10
1-C-6-3-b- Opérations de raffinage ... 10
1-C-6-3-c- Opérations de purification liquide/liquide ... 10
1-C-6-3-d- procédés physiques de purification ... 10
1-D- Sources de documentation... 10
1-D-1 - Ouvrages généraux ... 10
1-D-2 - Revues Scientifiques Spécialisées ... 10
Schéma synoptique des relations biogenétiques entre les métabolites des végétaux ... 12
NOTE SUR LA CLASSIFICATION BOTANIQUE UTILISEE ... 13
2-OBTENTION DES SAM D’ORIGINE VEGETALE ... 14
2-A- Obtention et caractérisation de SAM polaires ... 14
2-A-1- Cas des SAM polaires osidiques ... 14
2-A-1-1- Obtention d’hexoses simples ... 14
2-A-1-1-a- le D-glucose (Glc) = Dextrose ... 14
2-A-1-1-a-1- Hydrolyse enzymatique double ... 14
2-A-1-1-b- le D-fructose (Fru) = lévulose : ... 14
2-A-1-1-b-1- Hydrolyse de l’inuline ... 14
2-A-1-1-b-2- Sucres invertis : ... 15
2-A-1-2- Caractérisation des SAM osidiques ... 15
2-A-1-2-a- Mesures physiques... 15
2-A-1-2-b-Réactions caractéristiques ... 15
2-A-1-3- Dosage des SAM osidiques ... 15
2-A-1-3-1- Sucres « réducteurs » ... 15
2-A-1-3-1-a- Réduction de la liqueur de Felhing : ... 15
2-A-1-3-1-b- Procédé enzymatique : ... 15
2-A-1-4- Obtention d’une SAM simple, dérivée d’hexoses ... 16
2-A-1-4-a- La Vitamine C (= acide ascorbique) ... 16
2-A-2- SAM polaires polyosidiques... 17
2-A-2-1 Cas d’un polyoside hétérogène acide ... 17
2-A-2-1-a- Obtention d’acide alginique (alginates) : extrait d’Algues brunes ... 17
2-A-2-1-a-1- Structure des alginates ... 17
2-A-2-1-a-2- Propriétés des alginates ... 17
2-A-2-1-a-3- Extraction des alginates : ... 18
Cours de VASAM d’origine végétale – Table des Matières
2-A-2-1-b- Caractérisation de la SAM alginate de Na ... 19
2-A-2-1-b-1- identification par la formation de gel en présence d’ions Ca++ ... 19
2-A-2-1-b-2- identification par persistance du gel en présence d’H2SO4 ... 19
2-A-2-1-b-3- identification par coloration au 1-3-dihydroxynaphtalène ... 19
2-A-2-2 Cas d’un polyoside hétérogène neutre ... 21
2-A-2-2-a- Obtention de mucilages neutres du Guar ... 21
2-A-2-2-a-1- Structure de la « gomme guar » ... 21
2-A-2-2-a-2- Obtention de la « gomme guar »... 21
2-B- Obtention et caractérisation de SAM de polarité mixte ... 22
2-B-1- Propriétés communes aux SAM de polarité mixte ... 22
2-B-2- Les SAM à polarité mixte polyphénoliques ... 22
2-B-2-1- Obtention de SAM de type lignane ... 23
2-B-2-1-a- Extraction de podophyllotoxine ... 23
2-B-2-1-b- Composition chimique (SAM) = lignanes vrais ... 23
2-B-2-1-c- Préparation de la SAM « étoposide » ... 24
2-B-2-2- Obtention de SAM flavonoïdiques... 26
2-B-2-2-a- Extraction de la SAM rutine ... 26
Sophora, Sophora japonica L., Fabacées : ... 26
Eucalyptus, Eucalyptus globulus F. Muell., Myrtacées ... 26
Sarrasin, Fagopyrum esculentum Moench. (syn. : F. tataricum (L.) Gaertn., Polygonum fagopyrum), Polygonacées ... 27
2-B-2-2-b- Caractérisation de la SAM rutine ... 28
2-B-2-2-c- Préparation de la SAM troxérutine... 30
2-C- Obtention de SAM de faible polarité ou apolaires ... 31
2-C-1- Propriétés communes aux SAM apolaires ... 31
2-C-2- Les SAM apolaires de type terpénique ... 31
2-C-2-1- Obtention de SAM diterpénique ... 32
2-C-2-2- Accès à la SAM taxol (Paclitaxel®) ... 32
2-C-2-3- Obtention de la SAM taxotère (Docétaxel®) ... 34
2-D- Obtention de SAM de polarité variable en fonction du pH ... 37
2-D-1- Propriétés communes aux SAM de polarité variable en fonction du pH ... 37
2-D-1-a- réactions de précipitation ... 37
2-D-1-b- Solubilité... 38
2-D-2- Voies d’accès aux SAM alcaloïdiques ... 39
2-D-2-a- accès aux SAM alcaloïdiques par solvant organique apolaire ... 39
2-D-2-b- accès aux SAM alcaloïdiques par solvant organique polaire ... 40
2-D-3- Voies d’accès aux SAM de type morphinique ... 42
2-D-3-a- Les sources de SAM morphiniques ... 42
2-D-3-a-1- Les drogues végétales : l’opium ... 42
2-D-3-a-2- Utilisations de l'opium comme source de SAM ... 43
2-D-3-a-3- Préparations galéniques issues de l’opium ... 43
2-D-3-b- Accès aux SAM morphiniques à partir de l’opium ... 44
2-D-3-c- Accès aux SAM morphiniques par transformation de la morphine à hémisynthèse ... 48
2-D-3-d- Accès à une SAM morphinique par transformation de la codéine ... 49
2-D-3-d- Accès à une SAM morphinique par transformation de la thébaïne ... 50
Cours de VASAM d’origine végétale
Pour tous vos polys, tout au long de vos études, et même après …, un site accessible :
http://jpm2001.free.fr/gnosie/index.htm
UE 3 – DFGSP2 VASAM-Gnosie
SAM d’origine végétale
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
1- Introduction - Généralités
1-A- Enseignements
*Enseignants :
Technicien : X.X.
MCF : Dr Céline CRAUSTE et Dr Claire VIGOR
*Localisation du Laboratoire de Pharmacognosie : bât. D, 1er étage.
*Place de l’UE 3 VASAM (7 ECTS) dans les études de pharmacie (DFGSP2), SCC : 3 disciplines :
• Étude des VASAM d’origine minérale = Chimie Minérale
• Étude des VASAM d’origine synthétique = Chimie Organique
• Étude des VASAM d’origine végétale = Pharmacognosie (7 heures CM) Programme : Étude des propriétés physicochimiques des principales catégories de substances naturelles végétales à l’origine de SAM, substances utilisables directement comme médicaments, ou considérées comme des "synthons" : saccharides, huiles fixes, polyphénols (flavonoïdes, tanins, anthocyanosides, chalcones, …), quinones (anthracénosides), terpénoïdes, saponosides, alcaloïdes (tropaniques, isoquinoléiques, indoliques, quinoléiques), phénéthylamines et bases xanthiques.
Les principes qui en découlent pour leurs Voies d’Accès (VA) : extraction et procédés de purification. Procédés chimiques simples (hydrogénation, saponification, hydrolyse, réarrangement cationique), biochimique (enzymatique) ou biotechnologique de transformation de synthons complexes permettant d’atteindre des substances médicamenteuses « hémisynthétiques » moins toxiques, plus actives et/ou plus solubles.
T.P. de VASAM d’origine végétale : 6 séances de 3 heures (18 heures TP).
Les 4 premières séances ont pour but de vous familiariser avec la « manipulation » de drogues végétales, sources de 4 catégories de Substances à Activité Médicamenteuse (SAM) majeures. Il s’agit d’apprendre à extraire le totum d’intérêt et à savoir reconnaître les drogues sur la base de leur contenu en catégories de SAM principales. Quatre familles de SAM seront utilisées pour permettre cet apprentissage :
• drogues à alcaloïdes : quinoléiques (quinquina) ;
• drogues à polyphénols : tanins catéchiques (pépins de raisin) et flavonoïdes (sophora) ;
• drogues à saponosides : polygala ;
• drogues à anthracénosides (bourdaine, rhubarbes officinale et des jardins).
Les 2 autres séances viseront à mettre en application les acquis précédents pour faire le diagnostic (diagnose) d’une drogue végétale « inconnue » :
• séance 5 : en binôme (mode « entraînement ») ;
• séance 6 : individuel (mode « examen ») : donner le type principal des SAM de 2 drogues.
Options :
• 2ème année, UE Optionnelle : La chimie du vivant : un outil indispensable à la conception du médicament (16h CM et ED) :
Les mécanismes réactionnels du monde végétal sont une école pour la préparation d’actifs. Les réactions utilisées par la « chimie du vivant » (animal ou végétal), dans cette UE, sont analysées, et transposées directement en stratégies efficaces de synthèse/hémisynthèse de SAM : notamment, les biogenèses de métabolites spécifiques végétaux (alcaloïdes = atropine, scopolamine, cocaïne,
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
spartéine) servent de modèles pour l’étude de réactions chimiques fondamentales et ubiquitaires.
Elles sont alors exploitées pour la synthèse de principes actifs d’intérêt pharmaceutique (curares, NOR-morphine et dérivés, navelbine, ...).
1-B- Définitions : Voie d’accès aux SAM d’origine végétale
• SAM d’origine végétale = Principes Actifs = substances d’origine naturelle (végétale) ayant une (ou des) activité(s) pharmacologique(s).
De nombreux scientifiques, qui jalonnent l’histoire de la Pharmacie, ont révélé ce concept : PARACELSE (1493-1541) : Médecin et chimiste suisse (Theophrastus Philipus Aureolus
Bombastus von Hohenheim), a introduit le concept selon lequel la « maladie pouvait faire l’objet de traitements chimiques ». Il débouche ainsi sur la notion très importante de « Principe Actif » qui prévaut encore aujourd’hui, mais n’ignore pas les risques : « Tout remède est un poison (pharmacon) ; tout est question de dosage » !
Claude BERNARD (1813-1878) - médecin-physiologiste :
Il prône l’expérimentation, développe la « science du laboratoire » et dénigre la medicine clinique (expérimentation chez l’homme). Exp. de physiologie sur les curares ! Il aboutit à la conclusion :
« une structure moléculaire (chimique) est responsable d’une action physiologique ». Les bases de la Pharmacie "scientifique" (utilisant des SAM) sont posées à l’aube du 20ème siècle.
Dans le même temps, la chimie organique fait des progrès considérables (synthèse de l’aspirine, de l’alizarine (garance), …).
De nos jours : Pr. Pierre POTIER (Pharmacien), ICSN, Gif sur Yvette (décédé le 3 février 2006). Avec ses chercheurs de l’Institut, il a donné accès à quelques uns des joyaux modernes de la thérapeutique anticancéreuse, parmi les plus efficaces :
o Taxotère® (If européen ou if à baies, Taxus baccata, Taxacées)
o Navelbine® (Pervenche de Madagascar, Catharanthus roseus, Apocynacées)
• La Pharmacognosie (terme officiel depuis 1969, CSP) : “Pharmacon” et “gnosis”.
Science multidisciplinaire, au carrefour de nombre de disciplines pharmaceutiques.
Préparation et étude des matières premières d’origine naturelle : végétale (ou animale) ayant un intérêt médical/pharmaceutique. Ici, étude des SAM des plantes.
• Plante : identité, morphologie, origine, modes de production et influence sur la composition chimique à méthodes objectives de contrôle de la qualité des drogues végétales ("droog" = desséché ≠ "drug" : substance médicamenteuse et/ou toxicomanogène).
• Voies d’accès aux SAM, à partir des plantes et/ou des « produits » qui en dérivent.
Propiétés physico-chimiques : solubilité, extractibilité, structure, réactivité, … à méthodes d’extraction, de purification, de caractérisation des SAM = constituants à effet thérapeutique, "principe actif" ≠ "drogue".
Pr. Pierre POTIER
(25ème anniversaire du décès du Pr. Jean LE MEN, novembre 2003 – Faculté de Pharmacie de Reims)
≈ 1530 ap JC
≈ 1870 ap JC
≈ 2000 ap JC
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
Définitions parues dans la note aux fabricants, des "Cahiers de l’Agence n°3" (JO du 7/02/98) :
-Les médicaments à base de plantes sont des médicaments dont les principes actifs (PA) sont exclusivement des drogues végétales et/ou des préparations à base de drogue(s) végétale(s).
-Les drogues végétales (appelées "drogues") sont des parties de plantes fraîches ou desséchées, utilisées à des fins thérapeutiques. Elles sont parfois des plantes entières, le plus souvent des parties de plantes (racines, écorces, sommités fleuries, feuilles, fleurs, fruits, graines...) entières ou fragmentées. Sont également des drogues végétales, les sucs retirés par incisions du végétal vivant (oléorésines, gommes, latex, etc.) n'ayant subi aucune opération galénique.
-Les préparations à base de drogue(s) végétale(s) (appelées "préparations") se présentent en extraits, teintures, huiles grasses ou essentielles, fragments, poudres ou sucs exprimés par pression. Leur production met en œuvre des opérations de fractionnement, de purification ou de concentration.
Cependant, les constituants isolés, chimiquement définis, ou leur mélange ne sont pas considérés comme des préparations à base de drogue(s) végétale(s). Des substances, telles que des solvants, des diluants, des conservateurs, peuvent entrer dans la composition des préparations à base de drogue(s) végétale(s);
la présence de ces substances doit être indiquée.
-Les constituants à effet thérapeutique (= PA à SAM, dans ce cours), sont des substances ou groupes de substances, chimiquement définis, qui contribuent de manière reconnue à l'effet thérapeutique d'une drogue végétale ou d'une préparation.
1-C- Récolte et traitement de la plante, de la drogue
1-C-1- Organe
= la « drogue » végétale.
1-C-2- Époque
L’époque de récolte idéale, dépend du stade végétatif et de la partie concernée : - boutons floraux de Sophora (20% avant floraison, 0% après),
- organes souterrains (les plus riches en P.A., en dehors des périodes de pleine végétation), - feuilles (début de floraison),
- écorces (printemps = montée de sève, ou automne), - fruits et graines (à maturité).
1-C-3- Conservation
a) dessication : eau des drogues (5-10% graines ; 40-50% écorces ; 70-80% feuilles ; ± 90% fleurs) et enzymes : sources de dégradation (hydrolyse, oxydation, polymérisation, racémisation des SAM = hyoscyamine à atropine).
b) stabilisation :
- enlever l’eau + détruire les enzymes (sauf quand les SAM sont libérées par action enzymatique : arômes du cacao, isothiocyanate d’allyle de la moutarde par la myrosinase, réactivée en présence d’eau = cataplasme, …).
- Détruire les enzymes par alcool bouillant (procédé BOURQUELOT). Certaines SAM passent dans l’alcool = stabilisation extractive à préparation de formes galéniques :
« extraits stabilisés ».
o chaleur humide = vapeur d’eau sous pression (procédé GORIS et ANOULD) : méthode réservée aux drogues robustes (graines, noix) ;
O S OH OH
HOHO N
O SO O
O N C S
isothiocyanate d'allyle sinigrine
K
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
o vapeur d’alcool (procédé GORIS et PERROT). Danger d’explosion ; o chaleur sèche (UHT, flash).
1-C-4- Contrôles
1-C-4-1- identité botanique
la plante est définie par l’espèce, le genre, la famille botanique. L’utilisation du latin (classification binomi(n)ale de Linné, requise du fait des multiples noms vernaculaires).7sept20
1-C-4-2- pureté
recherche des éléments étrangers :
• intentionnels : falsifications par des plantes moins chères, charges minérales),
• résidus de pesticides,
• contaminations bactériennes (mélilot, mycotoxines, …).
1-C-4-3- activité
doit être comprise dans les limites décrites aux normes de la drogue.
1-C-5- Normalisation
Vérifier, par divers essais, que la plante médicinale est conforme aux normes définies par la Pharmacopée si elle y est inscrite, sa propre monographie d’AMM si elle n’y est pas.
1-C-5-1- Essais botaniques
examens macro et microscopique à recherche des éléments caractéristiques (poils, mâcles d’oxalate, …).
1-C-5-2- Essais physicochimiques
Teneur en eau, en cendres.Qualitatifs = caractérisation de la SAM = coloration, précipitation, fluorescence, CCM, CLHP, …).
Quantitatifs = dosage des SAM totales, d’une SAM particulière par des méthodes analytiques variées (colorimétriques, spectrométriques, gravimétriques, titrimétriques,…) .
1-C-5-3- Essais biologiques
Surtout quand les SAM ne sont pas clairement identifiées ou purifiables. Toxicité aiguë (DMM), chronique. Essais de l’activité sur organes isolés.
1-C-6- Opérations pour l’obtention des SAM
1-C-6-1- Extraction des "totum" de SAM
Obtenir sélectivement une catégorie de SAM (à totum) à partir d’une drogue.
Ces opérations dépendent de la nature de la drogue et des SAM souhaitées.
1-C-6-1-a- par un solvant à partir de fleurs, feuilles, tiges, écorces, bois, racines Après les opérations de lavage et/ou mondage nécessaires, ce sont les opérations visant à extraire
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
par un solvant (eau, alcool, acétone, éther, …), ou des mélanges de ces solvants miscibles.
Les extraction réalisées par l’alcool sont définies comme des : o Teintures alcooliques (alcool à divers titres/pl. sèche),
o Alcoolatures et TM Homéopathiques = TMH (alcool à froid/pl. fraîche), o Alcoolats (alcool à chaud/pl. fraîche).
1-C-6-1-a-1- SAM de polarité élevée à moyenne
Ce sont des techniques d’extraction utilisant un liquide (« solvant extractif ») / solide (la
« drogue ») à l’état pulvérisé (poudre). Concernent la majorité des types de SAM : osides, polyphénols, quinones, terpénoïdes, saponosides, alcaloïdes, phénéthylamines et bases xanthiques :
• Macération
• Lixiviation/percolation,
• Décoction
1-C-6-1-a-2- SAM apolaires
• Cas particulier d’extraction solide/solide : Enfleurage / axonge (=saindoux), épuisé par alcool à une "absolue" à composés lipophiles (= H.E., arômes).
• Fluides supercritiques (FSC) = « SFE » (CO2 : P= 73,8 bars ; T= 31,1°C) : à bases xanthiques (caféine), H.E., arômes, pigments.
L’adjonction possible jusqu’à 10%, maintenant, sans perte de l’état supercritique, d’un deuxième solvant (plus polaire, comme l’éthanol, l’acide acétique) à l’aide d’une 2ème pompe (à "co- solvant"), permet de moduler la polarité de ce fluide SC et d’extraire sélectivement, des composés plus polaires (polyphénols, par ex.).
diagramme des phases montrant le « point critique » extracteur par FSC
p
t
point "critique"
L
état super critique
S
G
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
détails extracteur par fluides supercritiques (chambre de macération et détente pompe à CO2)
1-C-6-1-b- par un solvant à partir de fruits, graines
Concerne des SAM apolaires : graisses, beurres, huiles fixes, certaines H.E.. Technique réservée à usage industriel.
• Par des solvants apolaires (pentane, hexane, cyclohexane, trichloréthylène, éther de pétrole) à récupère plus de 95% de mat. grasses.
• ≠ « délipidation » préalable.
1-C-6-1-c- par un procédé physique
Concerne des SAM apolaires : graisses, beurres, huiles fixes, certaines H.E..
• Distillation (= entrainement par la vapeur d’eau) à SAM de polarité et PM faibles = essences (H.E.).
• Expression (par pression) o à froid (presses à vis),
o à chaud : après avoir porté les graines à 90-100°C à éclate les cellules à sortie des SAM facilitée.
1-C-6-1-d- la SAM = la « plante »
• S.I.P.F. = Suspension Intégrale de Plante Fraîche (cas particulier de la phytothérapie).
1-C-6-1-e- liquides ioniques et « eutectiques profonds » Concerne des SAM particulièrement insolubles.
• Les liquides ioniques :
o ce sont des sels de cations organiques et d’anions inorganiques ou organiques, le plus souvent de tailles disproportionnées à ce qui diminue les forces de cohésion et donc le
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
point de fusion => forment des liquides à température ambiante. Ce sont de bons solvants extractifs et/ou réactionnels, pour de nombreux composés organiques et inorganiques (« green chemistry »).
• Les eutectiques profonds :
o nature : « mélanges de composés organiques et minéraux, dans des stœchiométries précises, qui se comportent comme un corps pur du point de vue de la température de fusion », qui est très abaissée.
(tiré de R. Verpoorte & Al., Plant Physiology, Diagramme des phases typique d'un eutectique 2011, Vol. 156, pp. 1701-1705)
o propriétés solvantes exceptionnelles de macromolécules (amidon, cellulose, lignine, ac.
nucléiques), comme de métabolites spécifiques (polyphénols, rutine, resvératrol, anthocyanes, …) : pour l’extraction, mais aussi, la formulation (voir J. Vercauteren & Al., European Journal of Lipid Science and Technology, 2017, doi: [10.1002/ejlt.201700171]).
o expliquent bon nombre d’étapes de la physiologie cellulaire…
1-C-6-2- Concentration : élimination des solvants extractifs
Sous pression réduite (évaporateur rotatif) pour obtenir sous un volume réduit les SAM extraites (à totum).
évaporateur rotatif en « continu » (20 L) 4
1+2+3 (1/1/1 M) pf = -80°C 1
sucrose pf = 186°C
2 fructose pf = 103°C
3 glucose pf = 150°C
Température
liquide + A
liquide
liquide + B
A + B
A B
100% 0%
0% 100%
solide point eutectique
A B
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1-C-6-2-a- Élimination des solvants (organiques) à « concentrés » Réunir sous un volume réduit les SAM extraites (à totum).
o Extraits (par eau, éther, alcool, …) :
§ Extraits fluides,
§ Extraits mous,
§ Extraits secs (¹ poudres).
PLANTE SÈCHE
1 g correspond à 0,20 g 10 g 0,30 g 1 g 6 à 8 g
d'EXTRAIT SEC
(NÉBULISAT) de TEINTURE
MÈRE d'EXTRAIT MOU d'EXTRAIT FLUIDE de PLANTE
FRAÎCHE Tableau de correspondance entre les différentes « formes » usuelles d’extraits
1-C-6-2-b- Évaporation des solvants aqueux (séchage)
• Nébulisation/Atomisation : la solution est transformée en fines gouttelettes, par forçage dans une buse (= brouillard), poussées contre un flux d’air chaud, concentration du soluté par évaporation instantanée à « totum sec », pulvérulent = le « nébulisat ». Les molécules de soluté sont protégées de la température car celle de la gouttelette est abaissée, du fait de l’évaporation.
• Lyophilisation (réservée aux extraits aqueux) à totum pulvérulent par sublimation de la glace : vide poussé et froid intense (-50°C) à lyophilisat.
1-C-6-3- Purification à SAM pures
À partir des totum, toute une série de techniques d’isolement/séparation peuvent être utilisées, seules ou en combinaison à parvenir aux SAM à l’état pur (telles qu’utilisées en allopathie).
1-C-6-3-a- Techniques chromatographiques
1-C-6-3-a-1- Chromatographie sur support liquide : Chromatographie de Partage Centrifuge Il s’agit de techniques de purification à haut "rendement", y compris avec des SAM très polaires (amines, ammoniums quaternaires, …),
utilisant des mélanges de solvants (binaires, ternaires ou quaternaires) formant 2 phases, accélérées par une augmentation des différences de densités relatives par effet gyroscopique :
• CPC : Chromatographie de Partage Centrifuge.
Chromatographe de Partage Centrifuge de type « préparatif », en action
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
1-C-6-3-a-2- Chromatographie sur support solide
Élution par un solvant adapté aux SAM à purifier (en polarité) :
• Cellulose (feuille de papier),
• Alumine,
• Silice (normale ou « inversée » (greffée C18, …)) o plaques préparatives (CPP),
o plaques circulaires (chromatotron®)
o colonnes sous pression ordinaire, moyenne, haute (CLHP) ou « ultra-haute » (U- CLHP), micro- et nano-LC.
1-C-6-3-b- Opérations de raffinage
Ces opérations s’adressent surtout aux "corps gras" :
• "dégommage" : élimine les lécithines, protéines et mucilages par lavage à l’eau chaude à précipite les colloïdes sous forme de gel (plus dense).
• neutralisation : des AG libres par la soude diluée à savons (« soapstock ») qui émulsifient d’autres impuretés (pigments, stérols, phénols). Lavage par l’eau claire puis déshydratation sous vide.
• décoloration : passage sur terre d’infusoires ou charbon actif.
• désodorisation : aldéhydes ou acides malodorants sont éliminés par injection de vapeur d’eau (180°C) sous vide, pendant 3h environ.
1-C-6-3-c- Opérations de purification liquide/liquide
Ces opérations concernent des SAM ayant des propriétés physico-chimiques particulières :
• alcaloïdes: différences très marquées de solubilité en fonction du pH (voir p. 37).
1-C-6-3-d- procédés physiques de purification Ces opérations s’adressent aux SAM offrant la possibilité de :
• sublimer : SAM de faibles PM
• distiller : SAM de faible point d’ébullition
• cristalliser : le procédé le plus rapide, le plus efficace et le moins cher, mais uniquement pour les SAM cristallisables (pas les lipides, les polyphénols, …) !
1-D- Sources de documentation
1-D-1 - Ouvrages généraux
Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes Médicinales (5ème édition) : J. BRUNETON, 2016, 1504 pages.
Phytothérapie. Les données de l’évaluation : J. BRUNETON, 2002, 242 pages.
1-D-2 - Revues Scientifiques Spécialisées
Journal européen de Pharmacognosie (ex Plantes Médicinales et Phytothérapie ; France) Planta Medica (Allemagne)
Phytochemistry (Angleterre)
Journal of Natural Products (ex Lloydia ; Etats-Unis) Fitoterapia (Italie)
Journal de Pharmacie de Belgique
Journal of Pharmaceutical Sciences (Etats-Unis) Chem. Pharm. Bull. (Japan).
m i l l e p e r t u i s o r n i t h o g a l e m a t r i c a i r e
VASAM d’origine végétale : par grands types
de SAM issues des plantes.
datura arbousier
Cours de VASAM d’origine végétale – Généralités
Schéma synoptique des relations biogenétiques entre les métabolites des végétaux
Les plantes sont autotrophes : elles produisent leur énergie et la matière organique (métabolites Iaires et spécifiques, ex-« IIaires »). Certains sont exclusifs des végétaux à indispensables à l’animal (ex. : vitamines) !
Relations biogénétiques entre les principales classes de métabolites secondaires, à l’origine de SAM. Les principales classes de SAM : relations biogénétiques entre métabolites primaires et spécifiques
Ces voies de biosynthèse (transformation des « précurseurs biogénétiques » en métabolites spécifiques), font intervenir des réactions chimiques récurrentes, qui sont la preuve de la faisabilité « thermodynamique » de ces transformations lors de synthèses. Ce sont aussi de bons moyens mnémotechniques pour retrouver les formules parfois complexes des PA engendrés. Nous verrons des PA qui sont des métabolites Iaires (glucides, lipides), puis des PA qui sont des métabolites spécifiques (ex-IIaires), par ordre de compexité croissante : acétates/polyacétates ; shikimates ; mixtes (shikimates+acétates) ; mévalonates ; alcaloïdes.
hν + ATP + NADPH CO2 + H2O Photo-
synthèse
polyosides
COOH P-O O-P
OH O H
HO
érythrose-4-phosphate PEP
COOH
OH
HO OH
ac. shikimique
O pyruvateCOOH
S-CoA O
acétyl-CoA
polyacétates
quinones anthraquinones
polyphénols acétyléniques
Acides gras, lipides
...
tanins, flavonoïdes
Cycle de Krebs ATP
ac. cétoglutarique
alcaloïdes protéines
quinones lignanes coumarines
acides phénols, lignines
glycolyse
HOOC OH HO
ac. 3-(R)-mévalonique
terpènoïdes, stéroïdes huiles essentielles
saponosides hétérosides cardiotoniques diterpènes
mévalonates
cation isoprénique
sesquiterpènes
aminoacides
shikimates
GLUCOSE osides
hétérosides
caroténoïdes, …
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires polyosidiques
Note sur la classification botanique utilisée
La classification APG (pour Angiosperms Phylogeny Group), ou classification phylogénétique, est une classification botanique des angiospermes, basée en grande partie sur l’analyse de (deux) gènes chloroplastiques, qui permet de relier dans un même « clade », tous les
"descendants" d’un même "ancêtre" (monophylie). La première classification a été publiée en 1998, la deuxième classification phylogénétique APG II, en 2003.
Dans ce cours, c’est la classification phylogénétique la plus récente du système APG (Angiosperm Phylogeny Group classification) III, paru en 2009 (Botanical Journal of the Linnean Society, 2009, 161, 105–121. DOI: 10.1111/j.1095-8339.2009.00996.x) qui est utilisée.
Cette nomenclature APG, la plus utilisée désormais, a introduit de profonds changements par rapport à la classification linnéenne, pas seulement pour les genres et espèces, mais aussi, les familles. Par exemple, les genres de la famille des Liliacées sont « répartis » par l’APG en une dizaine de familles ; les digitales (anciennement, des Scrophulariacées) sont maintenant de la famille des Plantaginacées (avec les plantains !). Cette famille, qui ne comptait que 3 genres en classification classique, en rassemble maintenant plus d’une centaine, selon l’APG III.
Digitalis purpurea L., Plantaginacées (ex Scrophulariacées) Plantago lanceolata L., Plantaginacées
Une 4ème édition, APG IV (acceptée en 2016), est parue dans "The Plant Book" (Mabberley), en 2017 (http://www.mobot.org/mobot/research/apweb/). Les auteurs, n’ont pas peur de mettre en cause une science
« historique », et prétendent que « ça le fera (will do it ! »), même s’ils préviennent que « Ni la phylogénie sans de bonnes connaissances morphologiques comparatives, ni la morphologie comparative sans une bonne phylogénie ne sont utiles »… !
Je n’ai pas vérifié si des variations importantes ont eu lieu depuis l’APG III…
Voir donc : http://www.mobot.org/mobot/research/apweb/
Dans ce cours, un rappel à l’ancienne nomenclature est donné chaque fois que nécessaire, entre parenthèses et à la suite, pour la famille après « ex », et pour les noms de genre et d’espèces, par les synonymies (entre parenthèses, seul ou après « syn »).
L’adoption de cette nomenclature APG, pose cependant, pour certaines plantes au moins (celles dont le taxon (genre et même parfois, famille), n’existe plus dans l’APG III), le problème du nom de « l’auteur » de leur dénomination : ceux qui sont indiqués dans cet ouvrage correspondent aux noms des auteurs de la classification « classique » (linnéenne). Ils sont pourtant « obsolètes » et auraient dû être remplacés par ceux de la nomenclature phylogénétique, mais malgré le manque de cohérence scientifique qui en résulte, ceci ne nous est pas paru réaliste car source de trop d’imprécisions !
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires osidiques
2- Obtention des SAM d’origine végétale
2-A- Obtention et caractérisation de SAM polaires
Sont considérées comme polaires les SAM renfermant une proportion majoritaire de fonctions chimiques auxquelles sont associés des moments dipolaires importants (OH, COOH, OSO3H,
…). C’est le cas, notamment, des sucres = carbohydrates :
• osides – polyosides neutres – polyosides uroniques et/ou sulfatés.
2-A-1- Cas des SAM polaires osidiques
Carbohydrates (Cn(H2O)n), n = 3 à 9.
Ensemble de substances constituées d’oses (sucres simples) mais qui peuvent se combiner à osides (holosides), voire, polyosides.
Le principe de leur extraction repose sur les propriétés physicochimiques des oses : solubles dans l’eau (beaucoup de groupements OH polaires), et précipitables par l’alcool absolu !
2-A-1-1- Obtention d’hexoses simples
2-A-1-1-a- le D-glucose (Glc) = Dextrose État naturel : tous les fruits.
2-A-1-1-a-1- Hydrolyse enzymatique double
Actions d’alpha-amylase + amyloglucosidase sur l’amidon
(amylose + amylopectine), par alpha-amylase + amylo-α-1,6-glucosidase à glc :
utilisations : sucre directement assimilable (source énergétique)
Solutés injectables isotoniques (5 à 10%), ou hypertoniques (à 15, 20, 30 et 50% ; rhéhydratation).
Industriellement, sert à la synthèse du sorbitol à vit. C. chauffé (≤ 200°C) à caramel = colorant.
2-A-1-1-b- le D-fructose (Fru) = lévulose : État naturel : abondant dans nombreux fruits (libre), le miel (à 70%).
2-A-1-1-b-1- Hydrolyse de l’inuline polyfructosane spécifique d’Astéracées : topinambour (Helianthus tuberosus L.), chicorée (Cichorium intybus L.) :
O
O HO
OH
O OH
OH
HOHO HO
OH 1
α-maltose 4 amidon α
(amylose + amylopectine)
O OH OH OH HO
HO
D-glucose α-amylase
amylo- glucosidase
α-amylase amylo- glucosidase
CH2OH O OH CH2OH
OH HO
D-fructose
CHO OH
NH CH2OH
OH HO
6 5 4
3 2 1
D-glucose
D-fructofuranose O
OH HO HOH2C
CH2 O
OH HO HOH2C O
CH2OH O H
OH O OH HO HOH2C
n
inuline
hydrolyse H
O
OH HO HOH2C OH
CH2OH
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires osidiques
2-A-1-1-b-2- Sucres invertis :
à partir du saccharose de la betterave sucrière (Betta vulgaris L., Polygonacées) et de la canne à sucre (Saccharum officinarum L., Poacées)
Obtention du fructose à partir du saccharose (sucres « invertis »)
utilisations : en diététique. Réhydratation. Prévention des déshydratations intra et extracellulaires.
Véhicule pour apport thérapeutique en période pré-, per- et post-opératoire immédiate. Prophylaxie et traitement de la cétose.
2-A-1-2- Caractérisation des SAM osidiques
2-A-1-2-a- Mesures physiques
§ Pouvoir rotatoire (rotation spécifique)
§ nD = indice de réfraction (réfractomètre),
§ c.c.m. : sur papier ou SiO2 : révélateur anisaldéhyde, H2SO4, AgNO3/NH4OH.
2-A-1-2-b-Réactions caractéristiques
§ Formation d’hydrazones et phénylhydrazones (pt de fusion caractéristiques).
§ Pouvoir réducteur (sucres « réducteurs ») sur la liqueur « cupro- alcaline » ou liqueur de Felhing : CuO à Cu2O (précipité rouge brique).
§ AgNO3 à Ag° = "miroir d’argent", voir ci-contre :
2-A-1-3- Dosage des SAM osidiques
2-A-1-3-1- Sucres « réducteurs »
2-A-1-3-1-a- Réduction de la liqueur de Felhing :
cuprimétrie ; CuO ® Cu2O précipité 143 g (= PM) pesé à 180 g Glc.
2-A-1-3-1-b- Procédé enzymatique :
La notatine (glucose oxydase de Penicillium notatum) est spécifique du glucose, qu’elle oxyde en présence d’O2 avec formation concomitante de peroxyde d’hydrogène :
O H
O
O
OH OH HO
CH2OH
OH HO
CH2OH HO
saccharose
n
n Glc
hydrolyse H
OH
OH O HO
OH HO
O
OH HO
OH HOH2C
2
D-fructofuranose
CH2OH
2
n
O H
O
O
OH OH HO
CH2OH
OH HO
CH2OH HO
H
O H O
O
OH OH HO
CH2OH
OH HO
CH2OH HO
H
H HO
+
"work-up"
Glc
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires osidiques
réaction spécifique du glucose (oxydation par une oxydase = avec libération d’eau oxygénée)
Initialement : à glycémie, bandelettes réactives (évaluation du « sucre » dans les urines).
utilisations : L’eau oxygénée est dosée par colorimétrie : en présence d'une peroxydase, elle oxyde un chromogène réduit (incolore) en chromogène oxydé, coloré, dont l'absorbance est mesurée au spectrophotomètre UV-Visible.
Plus récemment, la technologie des stylos pour mesurer rapidement la glycémie des diabétiques, résulte du couplage de l’oxydation par l'eau oxygénée à un capteur de courant (le courant est proportionnel à la concentration de glucose).
2-A-1-4- Obtention d’une SAM simple, dérivée d’hexoses
2-A-1-4-a- La Vitamine C (= acide ascorbique)préparation de la vit. C à partir du glucose (réduction à sorbitol puis oxydation en 2 étapes en lactone-ène-diol)
Vitamine C = acide ascorbique : additif alimentaire, SAM (90 000 T/an).
utilisations : 50 spécialités pharmaceutiques renferment de la Vit. C comme SAM, avec pour indications principales : anémie par carence martiale, grippe, rhinite allergique, rhinopharyngite, asthénie passagère, fatigue, …
β-D-glucopyranose O HO
HO
CH2OH
HO OH
oxydase (notatine)
O2
D-gluconolactone O HO
HO
CH2OH
HO O
H
2O
2H2O
ac. gluconique
COOH OH HO
HO
CH2OH
HO
colorant réduit
incolore colorant oxydé couleur %elle au Glc
H2O
peroxydase
CH2OH OH OH CH2OH
OH HO
CH2OH OH OH OH O O
ac. L-ascorbique = Vit C D-sorbitol
O
O OH
OH CH2OH HO
réd. ox.
CHO OH OH CH2OH
OH HO
6 5 4
3 2 1
D-glucose
H H
O O
OH HO
HOH2C HO H H
Gluconobacter oxydans CH2OH
OH OH CH2OH
O
HO O
CH2OH OO
O H2 C O acétone
H
oxydant
ClO O
COOH O O
O H2 C O
H OH CO O OH O
HOH2C H prototropie [1,3]
(énolisation)
S
S R R
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires polyosidiques
2-A-2- SAM polaires polyosidiques
Ensemble de substances constituées d’oses combinés à holosides = polyosides.
À distinguer des « hétérosides » (= oses + aglycone), dont la partie non sucrée (aglycone) est responsable de modifications importantes de la solubilité, et donc des procédés d’extraction (voir p. 26).
holosides : leur hydrolyse ne libère que des oses. Si un seul sucre à « homogènes », si différents à « hétérogènes ».
Ils sont acides (ac. uroniques) ou neutres.
2-A-2-1 Cas d’un polyoside hétérogène acide
2-A-2-1-a- Obtention d’acide alginique (alginates) : extrait d’Algues brunes
Algine = alginates, acide alginique : Ph. Eur. 10ème Éd., 01/2017:0591. Déf. : Mélange d'acides polyuroniques [(C6H8O6)n] constitués par des résidus de l'acide D-mannuronique et de l'acide L- guluronique, obtenu principalement à partir d'algues appartenant à la famille des Phéophycées.
Une petite proportion des groupes carboxyle de l'acide alginique peut être salifiée. Teneur : 19,0 % à 25,0 % de groupes carboxyle (-CO2H) (du poids sec substance desséchée).
Principaux constituants des parois d’algues brunes (Phéophycées)
Ils forment des gels en milieu aqueux ➾ modifient le comportement rhéologique des milieux où ils sont introduits (épaississent, gélifient, stabilisent, émulsionnent, …), mais également servent de pansements gastriques (gastrites, ulcères, …).
2-A-2-1-a-1- Structure des alginates
L’algine est un mélange d’ac. polyuroniques (mannuronique et guluronique), donc, capables de former des sels de solubilités très variables selon le cation. 3 types de polymères (2 homogènes +1 hétérogène). PM moyen ± 200 000 :
2-A-2-1-a-2- Propriétés des alginates
« Insoluble » dans l’eau. Gonfle en absorbant plus de 100 fois son volume d’eau.
Alginate de Ca++ insoluble/H2O.
Ses sels de cations monovalents ( ) sont hydrosolubles à solutions colloïdales pseudoplastiques, qui par addition progressive de cations divalents ( ) s’insolubilisent à gels élastiques thermo-irréversibles (structure « egg-box ») :
O
H O OHHO
O COOH
O O OHHO
COOH
H O
H O OHHO
O HOOC
O O OHHO
HOOC
H
n
M = ac. β-D-mannuronique G = ac. β-L-guluronique
M-M-M-M-M
n plage hydrophile
(fonctions polaires)
plage hydrophile (fonctions polaires) plage hydrophile
(fonctions acides)
plage hydrophile (fonctions acides)
G-G-G-G-G M-G-M-G-M
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires polyosidiques
Gélification des alginates en présence de cations divalents (création d’un réseau tridimensionnel : « egg-box »)
2-A-2-1-a-3- Extraction des alginates :
La France est le 5ème pays producteur d’alginates (2000 T/an).
État naturel : Algues brunes (Phéophycées)
• Laminaires : Laminaria digitata, L. hyperborea (Varech « palmé » des Bretons).
• Varech (Goémon) : Fucus serratus, F. vesiculosus (goémons) ; Ph. Eur., 10ème Éd., 01/2008:1426, corrigé 10.0. Déf. : Thalle fragmenté séché de Fucus vesiculosus L. ou de F. serratus L.
ou d’Ascophyllum nodosum Le Jolis. Teneur : au minimum 0,03 % et au maximum 0,2 % d’iode total (Ar 126,9) (drogue desséchée).
• Macrocystes : Macrocystis pyrifera
Laminaria digitata Fucus serratus Macrocystis pyrifera
(Varechs) (goémons)
L’extraction fait appel systématiquement à l’eau, additionnée ou non, de sels (carbonates de Na ou de Ca). L’élimination des oses « libres » et des sels minéraux naturellement présents se fait par lavage de la drogue divisée (broyée), par l’eau acidulée :
= cation divalent
O O
HO HO
O
O O
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
HO
O HO O
Ca O
O HO
HO O
O O
Ca O
HO
HO O
O O
Ca O
HO
HO O
O O
Ca O O
HO
O HO O
O O
HO
HO O
O O
O HO
HO O
O O
O HO
HO O
O O
O HO
O HO O
O O
HO
HO O
O O
O HO
HO O
O O
O HO
O HO O
O
O O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO O OHO
Ca
O O
HO HO
O
O O
O O
HO O OHO O O
HO O OHO O O
HO O OHO
Ca Ca Ca Ca O
HO
O HO O
O O
HO
HO O
O O
O HO
HO O
O O
O HO
O HO O
O
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires polyosidiques
schéma d’extraction des alginates
2-A-2-1-b- Caractérisation de la SAM alginate de Na
2-A-2-1-b-1- identification par la formation de gel en présence d’ions Ca++
L’alginate de sodium (0,2 g) se dissout dans l’eau (20 mL), par agitation. Par addition d’une solution de CaCl2 (1 mL/5 mL), il se forme une volumineuse masse gélatineuse.
2-A-2-1-b-2- identification par persistance du gel en présence d’H2SO4
L’addition d’H2SO4 dilué (1 mL) au gel préparé dans l’identification précédente (au 2-A-2-1-b-1- (10 mL) à montre une persistance de la masse gélatineuse.
2-A-2-1-b-3- identification par coloration au 1-3-dihydroxynaphtalène
réaction colorée spécifique mettant en évidence les alginates
Emplois des polyosides extraits des Algues (phycocolloïdes)
Sont utilisés pour modifier le comportement rhéologique des milieux où ils sont introduits : épaissir, gélifier, stabiliser, émulsionner.
a) Usages industriels
• alimentaire : sauces, crèmes, desserts, glaces, confitures, flans … E 400_E 404.
• textile : fixateurs, imperméabilisation, ignifugation.
• bâtiment : peintures, plâtres, ciments, enduits.
b) Usages pharmaceutiques 1) excipients :
• comprimés : agent de délitement, dragéification (alginate de Na = grastrorésistance)
• pommades et crèmes, suspensions et émulsions (plusieurs fois son poids d’eau) Algues brutes
lavage eau légèrement acidulée Algues "purifiées"
macération en présence d'une solution Na2CO3 chaude (50°C) décantation, filtration
Marcs
solution d'alginates de Na+ Acidification ou + sels de Ca++
phase aq.
+ impuretés
précipité d'alginates purifiés sels + glucides hydrosolubles
PURIFICATION
OH
alginates purifiés HO
θ
°C, H coloration rouge-bleu intense (extractible par éther isopropylique)
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires polyosidiques
• laits protecteurs (dermocosmétique)
• empreintes dentaires (alginates) 2) comme "Principe Actif"
• antipyrosis : ac. alginiques à densité négative (< H2O) : Gaviscon®, Toopal®, …
• antihémorroïdaires : action topique adoucissante (Anoreine®, …)
• hémostatiques de surface : alginate de Ca++ (Stop-Hemo®, Trophi-derm®)
• produits diététiques : rôle de ballast = trompe-faim : Alginate de sodium (Ph. Eur., 10ème Éd. 01/2017:0625) + Gélose ; traitement de l’obésité.
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM polaires polyosidiques
2-A-2-2 Cas d’un polyoside hétérogène neutre
2-A-2-2-a- Obtention de mucilages neutres du Guar
Galacto-mannanes + ou – ramifiés : rapport Gal/Man 1/4 ou 1/2. Improprement appelés
« gommes » : les mucilages sont des métabolites « normaux » des graines de plantes supérieures (familles des Fabacées ou Malvacées, notamment).
2-A-2-2-a-1- Structure de la « gomme guar »
« gomme » guar = rapport Gal/Man 1/2 :
2-A-2-2-a-2- Obtention de la « gomme guar » État naturel :
Cyamopsis tetragonolobus (L.) Taub, Fabacées (= Guar).
Drogue = fruit (gousse) ; Ph. Eur. 10ème Éd., 01/2010:1218, corr. 9.0).
Déf. : le guar est obtenu par broyage de l’albumen des graines de Cyamopsis tetragonolobus (L.) Taub. Il est constitué principalement par un galactomannane dit guarane = « gomme » Guar (E412).
fruit fruit sec guar
utilisations :
Participe à l’élaboration de régimes de sujets diabétiques et surtout, pour son intérêt comme anticholestérol, dans les cas de risques accrus de pathologies cardiovasculaires.
Traitement symptomatique des douleurs liées aux affections oesogastroduodénales, du reflux gastro- oesophagien, des gastralgies. Traitement d'appoint du météorisme intestinal.
MOXYDAR cp p susp buv MOXYDAR susp buv en sach NEUTRICID susp buv en sachet
Il existe 41 médicaments contenant la « gomme » guar comme excipient (dont, POLYSILANE UPSA gel oral en tube ou sachet-dose, …).
O O HO OHO
O
HO HO
OH OHO
O OH HO
HO OH
H
n
M
M G
Cours de VASAM d’origine végétale – Les SAM de polarité intermédiaire : polyphénols de type lignane (étoposide)
2-B- Obtention et caractérisation de SAM de polarité mixte
2-B-1- Propriétés communes aux SAM de polarité mixte
Sont considérées comme ayant une polarité « intermédaire », les SAM renfermant une certaine proportion de fonctions chimiques ayant des moments dipolaires notables (OH, COOH, …), responsables de leur caractère hydrophile, en même temps qu’un squelette carboné étendu qui leur confère, de façon permanente, un caractère lipophile (hydrophobe).
C’est le cas, notamment :
• des SAM aromatiques : polyphénols, anthracénosides, … :
dualité structurale justifiant le caractère amphiphile des SAM "aromatiques" phénoliques
• des SAM « stéroïdiques » ou triterpéniques des saponosides :
dualité structurale justifiant le caractère amphiphile des SAM saponosidiques
Cette dualité structurale, fait que le plus souvent, ces SAM sont amphiphiles et ne sont : - ni solubles dans l’eau seule,
- ni non plus dans les solvants organiques seuls.
Pour les extraire efficacement, il convient alors d’utiliser des mélanges de ces deux types de solvants (eau et organiques miscibles, donc, polaires : acétone, éthanol, méthanol, …).
La nature du solvant organique et ses proportions par rapport à l’eau, déterminent la sélectivité des types de SAM qui sont extraites de la drogue.
2-B-2- Les SAM à polarité mixte polyphénoliques
Les polyphénols sont des métabolites secondaires quasi universels des plantes. Parfois synthétisés après induction par un pathogène = "phytoalexines" (substances de défense ….). Ils sont issus des voies d’aromagénèse (comme celles des acides aminés “essentiels” aromatiques), et bon nombre des vitamines appartienent à ce groupe. Leur principale propriété biologique est très directement reliée aux fonctions chimiques qui la caractérisent : les hydroxyles aromatiques (phénols) sont des piégeurs de radicaux libres, permettant de lutter contre l’oxydation.
polyphénols (dihydrochalcones)
OH
OH HO
OH
OH OH
OH hydroxyles
(phénols)
O
Glc-O O OH
O
CH3 Rha-O
anthracénosides glucofranguloside A hydroxyles
(hétérosides)
plages hydrophobes (squelettes aromatiques)
plages hydrophiles (fonctions polaires)
OH O
HO OHO
O O O O
COOH O OH
OH O O HO OH
OH O
HO OH OH OH
ESCINE
plage hydrophobe (squelette terpénique) plage hydrophile
(fonctions polaires)