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Math´ematiques pour l’ing´enieur

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Academic year: 2021

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(1)

Math´ ematiques pour l’ing´ enieur

Thomas Cluzeau

Maˆıtre de Conf´erences

Ecole Nationale Sup´´ erieure d’Ing´enieurs de Limoges Parc ester technopole, 16 rue d’atlantis 87068 Limoges Cedex

[email protected] http://www.ensil.unilim.fr/~cluzeau

(2)

Maths ` a l’ENSIL en TC1

•Harmonisationen fonction du test de la rentr´ee Analyse

Alg`ebre lin´eaire

•A l’int´` erieur de UE - Enseignements de TC1 S1 Math´ematiques pour l’ing´enieur (coeff. 2)

•A l’int´` erieur de UE - Enseignements de TC1 S2 Analyse num´erique (coeff. 2)

(3)

Maths pour l’ing´ enieur : organisation et ´ evaluation

•Organisation

7 s´eances d’1h30 de cours 8 s´eances d’1h30 de TD

•Evaluation´ :

1 examen interm´ediaire de 30 min. sans documents en S9 1/4 note finale Tutorat en S13

1 examen final de 1h30 avec documents en S15 3/4 note finale

(4)

Plan du cours

1 Introduction aux distributions

2 La convolution

3 La transformation de Fourier

4 La transformation de Laplace

(5)

Chapitre 1

Introduction aux distributions

(6)

I

Pourquoi introduire les

distributions ?

(7)

Historique

•Distributions : utilis´ees depuis tr`es longtemps par les physiciens

•Th´eoriemath´ematique rigoureuse plus r´ecente : Sobolev (1936), L. Schwartz (1950), Gelfand (1964)

•Th´eorie la mieux adapt´ee`a l’´etude de nombreux syst`emes physiques (syst`emes lin´eaires continus)

•Convolution et Transform´ee de Fourier outils tr`es puissants grˆace aux distributions

D´efinition intuitive d’une distribution : outil math´ematique utilis´e

(8)

Exemple introductif (1)

•Exemple : choc ´elastique & choc dur entre deux objets Partie de squash : vitesse v0 avant puis −v0 apr`es ∆t

Loi de la m´ecanique Newtonnienne⇒ F =mv˙

(9)

Exemple introductif 1

Partie de p´etanque : on passe de v0 `a −v0 sans ∆t

On a encore F =mv˙ donc F(t) = 0,∀t6= 0 De plus m1 R+∞

−∞ F(t)dt =v(+∞)−v(−∞) =−2v0

(10)

Autres exemples

Distributions de charges en ´electrostatique (cf. polycopi´e) En m´ecanique, dans le cadre de l’application du Principe Fondamental de la Dynamique, comment ´ecrire l’´equation du mouvement d’un solide lorsque le syst`eme est soumis `a une force intense appliqu´ee pendant un intervalle de temps tr`es court `a partir de l’instant t=t0 ?

En´electricit´e, comment va se comporter un circuit dont l’entr´ee varie brusquement ; par exemple par fermeture d’un interrupteur sur une source de tension continue ?

En hydraulique, comment va se comporter un syst`eme dont on ouvre brusquement une vanne `a l’instantt =t0 ?

(11)

II

Fonctionnelles et espace D des

fonctions tests

(12)

Fonctionnelles

D´efinition

On dit que l’on aune fonctionnellesur un ensemble de fonctions appel´eesfonctions tests, si `a chacune de ces fonctions on peut associer un nombre complexe.

FonctionnelleT sur un espace de fonctionsF : T :F →C, ϕ7→<T, ϕ >

•Plus les conditions de r´egularit´e impos´ees aux fonctions tests sont s´ev`eres, plus les fonctionnelles d´efinies sont g´en´erales

•Les distributions seront d´efinies comme fonctionnelles sur un certain espace, not´e D, que nous allons pr´esenter maintenant

(13)

L’espace des fonctions tests D

RESTRICTION POUR CE COURS: fonctions `a une seule variable D´efinition

Soit f une fonction `a valeurs complexes d´efinie sur R. Lesupport de f, not´e Supp(f), est l’adh´erence des x ∈R tels que f(x)6= 0.

Supp(f) ={x∈R;f(x)6= 0}.

D´efinition

On d´efinit l’ensemble Dcomme l’espace des fonctions `a valeurs complexes d´efinies sur Rind´efiniment d´erivables et `a support born´e (compact).

(14)

Exemples de fonctions de D

•Des exemples ne viennent pas imm´ediatement `a l’esprit

•Exemple fondamental : ξa(x) =

0 pour |x| ≥ 1/a, exp(1−a−12x2) pour |x| < 1/a, aveca>0.

(15)

Exemples de fonctions de D

Plus g´en´eralement, toute fonction ξab d´efinie par ξab(x) =

0 pour x ∈/ ]a,b[, exp(12[x−b1x−a1 ]) pour x ∈ ]a,b[.

(16)

Autres exemples et th´ eor` eme d’approximation

•Autre famille de fonctions de D: γk(x) = Rξξ1(k x)

1(k x)dx

Th´eor`eme

Siϕ∈ D et si f est une fonction sommable (int´egrable) `a support born´e, alorsψ(x) =R

f(t)ϕ(x−t)dt est une fonction deD.

•Soit ψk(x) =R

f(t)γk(x−t)dt

f continue⇒ (ψk)k converge uniform´ement versf Th´eor`eme (Th´eor`eme d’approximation)

Toute fonction continue `a support born´e peut ˆetre approch´ee uniform´ement par une suite(ϕn)n>0 de fonctions deD.

∀ >0,∃N∈N, tel que,∀n≥N,∀x,|f(x)−ϕn(x)|≤.

(17)

Topologie de D

•D´efinie par un crit`ere de convergence pour les suites

D´efinition

Une suite(ϕn)n>0 de fonctions de Dconverge vers une fonction ϕ lorsque n tend vers l’infini si :

1 Il existe un ensemble born´e B (ind´ependant de n) deRtel que pour tout n>0,Supp(ϕn)⊂B ;

2 Pour tout entier k ≥0, la suite des d´eriv´ees(ϕ(k)n )n converge uniform´ement sur Rversϕ(k).

D

(18)

III

L’espace D 0 des distributions

(19)

D´ efinition (1)

D´efinition

On appelledistributiontoute fonctionnelle lin´eaire continue sur l’espace vectorielD.

DistributionT :

T :D →C, ϕ7→<T, ϕ >=T(ϕ)

1 Lin´earit´e

<T, λ1ϕ12ϕ2>=λ1 <T, ϕ1 >+λ2 <T, ϕ2 >

2 Continuit´e : (ϕk)k>0 converge dans D versϕ

⇒(<T, ϕk >)k>0 converge au sens usuel vers<T, ϕ >,i.e.,

(20)

D´ efinition (2)

•Ensemble des distributions = espace vectoriel not´e D0

•La somme de deux distributions et le produit d’une distribution par un scalaire sont d´efinis comme suit :

<S+T, ϕ >=<S, ϕ >+<T, ϕ >

< λT, ϕ >=λ <T, ϕ >

(21)

Exemples : distributions r´ eguli` eres (1)

D´efinition

Une fonction f : R→Cest dite localement sommablesi elle est int´egrable sur tout intervalle born´e. `A toute fonction f localement sommable, on associela distribution Tf d´efinie par

∀ϕ∈ D, <Tf, ϕ >=

Z

f(x)ϕ(x)dx.

•Une telle distribution est dite r´eguli`ere Lemme

(22)

Exemples : distributions r´ eguli` eres (2)

•Valeur principale de Cauchy de 1/x not´eevp1x

<vp1

x, ϕ >= lim

→0+

Z

|x|>

ϕ(x) x dx

•Distribution de Heaviside Fonction H de Heavside :

H(x) =

1 pour x ≥ 0 0 pour x < 0 DistributionW =TH de Heaviside :

<W, ϕ >=<TH, ϕ >=

Z +∞

−∞

H(x)ϕ(x)dx= Z +∞

0

ϕ(x)dx

(23)

Exemples : distributions singuli` eres (1)

•Les distributions qui ne s’´ecrivent pas Tf pour f localement sommable sont ditessinguli`eres

•Distributionδ de Dirac(exemple le plus usuel)

∀ϕ∈ D, < δ, ϕ >=ϕ(0)

Plus g´en´eralement, la distributionδa de Dirac au point a

∀ϕ∈ D, < δa, ϕ >=ϕ(a).

•Attention : en physique, on ´ecrit souventδ(x) ou δ(x−a) au lieu deδ et δ . Cette ´ecriture laisse croire que δ est une fonction

(24)

Exemples : distributions singuli` eres (2)

•Distribution de Diracδa souvent interpr´et´ee comme repr´esentant lamasse (ou la charge) +1 au point a

•CL de distributions de Dirac = distribution singuli`ere En particulier,distribution peigne de Dirac:

aa

=

+∞

X

n=−∞

δn

(propri´et´es int´eressantes, joue un rˆole important en physique)

•Remarque : g´en´eralisations `a 3 dimensions desδa

repr´esentation math´ematique correcte des charges ponctuelles et superficielles en ´electrostatique

(25)

Support d’une distribution (1)

D´efinition

On dit que deux distributions S et T sont´egalessi

<S, ϕ >=<T, ϕ > quelque soitϕ∈ D. On dit qu’elles sont

´egales sur un ouvertΩ⊂Rsi <S, ϕ >=<T, ϕ > quelque soit ϕ∈ D ayant son support dans Ω.

•Exemples:

T1 et W sont ´egales sur ]0,+∞[. SiSupp(ϕ)⊂]0,+∞[

<T1, ϕ >=R+∞

−∞ 1(x)ϕ(x)dx =R+∞

0 1ϕ(x)dx =<W, ϕ >

δ et``

sont ´egales sur ]−12,12[. SiSupp(ϕ)⊂]−12,12[

(26)

Support d’une distribution (2)

D´efinition

Consid´erons la r´eunion de tous les ouverts sur lesquels une distribution T est nulle. Cet ensemble est alors le plus grand ouvert sur lequel T est nulle (admis). Son compl´ementaire (qui est un ferm´e) est appel´e support de la distribution T ; on le note Supp(T).

•Exemples: Supp(δa) ={a}

Supp(`` ) =Z

(27)

IV

Op´erations sur les distributions

(28)

M´ ethodologie

Strat´egiepour d´efinir une op´eration sur les distributions :

1 ´etudier comment cette op´eration est d´efinie pour unefonction localement sommable

2 traduire ceci avec le langage des distributions sur la distribution r´eguli`ere associ´ee

3 g´en´eraliser `a toutes les distributions

(29)

Translation

•f fonction localement sommable, a∈R

⇒translat´eefa def est la fonction donn´ee par fa(x) =f(x−a)

•La distribution r´eguli`ere associ´ee `a fa v´erifie :

<Tfa, ϕ >=

Z

f(x−a)ϕ(x)dx = Z

f(y)ϕ(y+a)dy =<Tf, ϕ−a >

D´efinition

Latranslat´eed’une distribution T , not´eeTa est la distribution d´efinie par :

<Ta, ϕ >=<T, ϕ−a > .

(30)

Transposition

•f fonction localement sommable, ˇf :x 7→f(−x) transpos´ee def

? Distribution associ´ee `a ˇf. On a

<Tˇf, ϕ >=

Z

f(−x)ϕ(x)dx = Z

f(y)ϕ(−y)dy =<Tf,ϕ > .ˇ

D´efinition

Latranspos´eed’une distribution T , not´eeTˇ est la distribution d´efinie par :

<Tˇ, ϕ >=<T,ϕ > .ˇ

•Remarque : Ceci permet de d´efinir des distributions paires et impaires comme pour les fonctions.

(31)

Dilatation (homoth´ etie ou changement d’unit´ e)

•f fonction localement sommable, a∈R

⇒la dilat´ee de la fonctionf est d´efinie parx 7→f(a x) Sa distribution r´eguli`ere associ´ee v´erifie :

<“Tf(ax)”, ϕ >=

Z

f(a x)ϕ(x)dx= Z

f(y)ϕ(y a)dy

|a| = 1

|a| <Tf,“ϕ(x a)”> .

D´efinition

Ladilat´eed’une distribution T est la distribution d´efinie par :

<“T(a x)”, ϕ >= 1

|a| <T,“ϕ(x a)”> .

(32)

Multiplication des distributions (1)

•Il n’existe pas de moyen de multiplier entre elles 2 distributions ! (f,g loc. sommables n’implique pasf g loc. sommable)

•Mais ψ ind´efiniment d´erivable, ϕ∈ D ⇒ψ ϕ∈ D Du point de vue desdistributions r´eguli`eres, on a :

<Tψf, ϕ >=

Z

(ψ(x)f(x))ϕ(x)dx= Z

f(x) (ψ(x)ϕ(x))dx =<Tf, ψ ϕ >

D´efinition

Soitψ une fonction ind´efiniment d´erivable. Leproduit Tψd’une distribution T parψ est la distribution d´efinie par :

<Tψ, ϕ >=<T, ψ ϕ > .

(33)

Multiplication des distributions (2)

•A partir de cette d´` efinition, on peut d´efinir leproduit d’une distribution quelconqueT par une distribution r´eguli`ereTψ associ´ee `a une fonction ind´efiniment d´erivable ψde la mani`ere suivante :

∀ϕ∈ D, <TψT, ϕ >=<T, ψ ϕ > . Lemme

ψ δ=ψ(0)δ ⇒ Solutions de x T = 0 : multiples deδ

•Preuve :

< ψ δ, ϕ >=< δ, ψ ϕ >=ψ(0)ϕ(0) =ψ(0) < δ, ϕ >=< ψ(0)δ, ϕ >

(34)

D´ erivation des distributions

•f loc. sommableET d´erivable⇒ f0 loc. sommable Sadistribution r´eguli`ere associ´eev´erifie (IPP):

<Tf0, ϕ >=

Z

f0(x)ϕ(x)dx =− Z

f(x)ϕ0(x)dx =− <Tf, ϕ0 > .

•ϕ`a support born´e⇒f ϕ`a support born´e⇒[f(x)ϕ(x)]+∞−∞= 0 ! Raison principale du choix restrictif des fonctions tests,i.e., deD D´efinition

Lad´eriv´ee T0 d’une distribution T deD0 est la distribution d´efinie par :

<T0, ϕ >=− <T, ϕ0 > .

De mˆeme on pourra d´efinir les d´eriv´ees successives T(m) par :

<T(m), ϕ >= (−1)m <T, ϕ(m)> .

(35)

Exemple et D´ eriv´ ee d’un produit T ψ

•W0

<W0, ϕ > = −<W, ϕ0 >

= −R+∞

0 ϕ0(x)dx

= −[ϕ(x)]+∞0

= ϕ(0)

= < δ, ϕ > .

•T distribution quelconque,ψ ind´efiniment d´erivable : (Tψ)0 =T0ψ+Tψ0.

(36)

D´ erivation et fonction discontinue (1)

•On a vu W0

D’un autre cot´e H0(x) = 0 pour tout x6= 0 et donc TH0 = 06=δ

⇒ (Tf)0 6=Tf0 d`es que f admet une discontinuit´e

•f C1 par morceaux, a1, . . . ,an points de discontinuit´e de f ETσi(0) le saut de discontinuit´e de f enai : σi(0) =f(a+i )−f(ai ) D’o`u f somme d’une fonction g continueet de fonctions H de Heaviside :

f(x) =g(x) +

n

X

i=0

σi(0)H(x−ai) et

Tf0 =Tg0

(37)

D´ erivation et fonction discontinue (2)

Th´eor`eme

Soit f une fonction de classeC1 par morceaux. Avec les notations pr´ec´edentes, on a alors

(Tf)0 =Tf0+X

i

σi(0)δai.

On notera plus simplement

(Tf)0 =Tf0(0)δ.

De mˆeme, soit f une fonction C par morceaux. Si l’on note σ(j) les sauts de discontinuit´e de f(j), on a

(38)

Convergence (faible) dans l’espace D

0

des distributions (1)

Th´eor`eme et D´efinition

Soit(Tn)n une suite de distributions. On dit que (Tn)n converge dansD0 si, pour toutϕ∈ D, la suite <Tn, ϕ >converge au sens ordinaire. Si l’on appelle<T, ϕ >= limn<Tn, ϕ > cette limite, alors l’applicationϕ7→<T, ϕ >est une distribution.

Th´eor`eme

Soit(Tn)n une suite de distributions. Si(Tn)n converge dansD0 vers une distribution T , alors, pour tout m∈N, la suite de distributions(Tn(m))n converge dansD0 vers T(m).

(39)

Convergence (faible) dans l’espace D

0

des distributions (2)

Th´eor`eme (Convergence vers δ)

Si la suite de fonctions localement sommables(fk)k v´erifie :

1 ∃A>0tel que pour tout |x |≤A, fk(x)≥0;

2 ∀a>0, R

|x|≤afk(x)dx →1lorsque k →+∞ ;

3 fk(x)→0 uniform´ement dans tout ensemble 0<a<|x|< 1a <∞ (0<a<1) ;

alors la suite des distributions r´eguli`eres (Tfk)k converge dansD0 versδ.

•On parle desuite de fonctions de Dirac

n 2 2

(40)

V

Sous-espaces de D 0

(41)

Deux sous-espaces particuliers

•Espace de fonctions tests plus grand que D sous-espace vectoriel deD0

•Deux espaces de fonctions tests couramment utilis´es sont :

1 l’espace E des fonctions ind´efiniment d´erivables quelconques ;

2 l’espace S des fonctions ind´efiniment d´erivables et qui d´ecroissent, ainsi que leurs d´eriv´ees, plus vite que toute puissance de 1/x `a l’infini c’est-`a-dire que pour tout k>0 et pour tout h>0,xkf(h)(x) est born´ee.

Espace E0 des distributions `a support compact et l’espaceS0

(42)

Distributions temp´ er´ ees

Espaces de fonctions tests : D ⊂ S ⊂ E Espaces de distributions : D0 ⊃ S0 ⊃ E0

•En pratique, distributions temp´er´ees(δa,vp1x)

Attention: f localement sommable n’implique pasTf temp´er´ee Th´eor`eme (Caract´erisation des distributions temp´er´ees)

Pour qu’une fonctionnelle lin´eaire continue T surS soit temp´er´ee, il faut et il suffit qu’il existe A>0 et p∈N+ tels que, pour tout ϕ∈ S, on ait :

|<T, ϕ >|≤A kϕkp, o`u

kϕkp= Z

|ϕ(t)|pdt 1

p

.

(43)

VI

Distributions ` a plusieurs

dimensions

(44)

Distributions ` a plusieurs dimensions

•Distributions `an dimensions : fonctionnelles sur l’espace D(Rn) des fonctions deRn dans Cind´efiniment d´erivables surRn et `a support born´e.

•Exemple 1 : distribution r´eguli`ere associ´ee `a f : Rn→C localement sommable :

<Tf, ϕ >=

Z

· · · Z

f(x1, . . . ,xn)ϕ(x1, . . . ,xn)dx1. . .dxn.

•Exemple 2 : dansR2, on d´efinit la fonction

f(x,t) =H(x)H(t),Tf la distribution r´eguli`ere associ´e On a

2

∂x∂tTf =δ(x)δ(t) et

∆Tf0(x)W(t) +δ0(t)W(x)

(45)

Chapitre 2

La convolution

(46)

Introduction

•Produit de convolution = outiltr`es important en physique Transmission d’un signal par un appareil

Impulsion ´electrique fonction du temps

Image repr´esent´ee par une fonction d’une ou deux variables Diffraction

(47)

Exemple introductif : le photocopieur (1)

•Machine photocopieuseimparfaitement r´egl´ee:

Trait fin enx1 sur original trait ´etal´ecentr´e enx1 sur photocopie Trait d’une intensit´e moindre enx2 trait ´etal´e centr´e en x2 sur photocopie

•Hypoth`ese : Etalement´ de l’encre sur la photocopieidentique pour les deux traits

Etalement fonction caract´´ eristique de l’appareil : fonction d’´etalement (ou fonction de r´eponse)h(x)

(48)
(49)

Exemple introductif : le photocopieur (2)

•Trait en x1 d’intensit´e f1 sur original f1h(x−x1) sur photocopie

•n traits plac´es enx1, . . . ,xn d’intensit´esf1, . . . ,fn sur original superposition desn traits ´etal´es sur photocopie

Signal de sortie (dans le cas discret) S(x) =

n

X

i=1

fih(x−xi)

(50)
(51)

Exemple introductif : le photocopieur (3)

•Signal de sortie (dans le cas discret) S(x) =

n

X

i=1

fih(x−xi)

•Si signal d’entr´ee = fonctioncontinuedex,somme↔int´egrale

S(x) = Z

f(u)h(x−u)du (produit de convolution des fonctionsf et h)

(52)

I

Produit tensoriel

(53)

Produit tensoriel de deux fonctions

D´efinition

Soient f et g deux fonctions. On appelleproduit tensoriel (ou produit direct) de f par g la fonction h: R2→Rd´efinie par h(x,y) =f(x)g(y) pour tout(x,y) appartenant `a R2. On note alorsh =f ⊗g.

•Exemple : Produit tensoriel de la fonction de Heaviside H par la fonction porte Π d´efini par

Π(x) =

1 si −12 ≤x≤ 12 0 sinon

(54)

Produit tensoriel de deux distributions : d´ efinition

•f,g deux fonctions localement sommables, h=f ⊗g

•ϕ∈ D(R2) (ind´efiniment d´erivable, `a support born´e surR2) :

<Tf⊗g, ϕ > = R R

f(x)g(y)ϕ(x,y)dxdy

= R

f(x) R

g(y)ϕ(x,y)dy dx

= <Tf(x), <Tg(y), ϕ(x,y)>> . D´efinition

Soient S et T deux distributions. On appelleproduit tensoriel(ou produit direct) de S par T la distribution not´eeS⊗T d´efinie sur D(R2) par

<S(x)⊗T(y), ϕ(x,y)>=<S(x), <T(y), ϕ(x,y)>> .

•Remarque : ce produit est bien d´efini ce qui n’est pas ´evident : on doit v´erifier que la fonction x7→<T(y), ϕ(x,y)>∈ D et que la fonctionnelle ainsi d´efini est lin´eaire et continue

(55)

Produit tensoriel de deux distributions : propri´ et´ es

•Exemple : Produit tensoriel des distributionsδ et W :

< δ(x)⊗W(y), ϕ(x,y)> = < δ(x), <W(y), ϕ(x,y)>>

= < δ(x),R+∞

0 ϕ(x,y)dy >

= R+∞

0 ϕ(0,y)dy.

•Le produit tensoriel de deux distributions est : commutatif : S(x)⊗T(y) =T(y)⊗S(x) ;

associatif : (S(x)⊗T(y))⊗U(z) =S(x)⊗(T(y)⊗U(z)) ; continu: (Sk)k →S =⇒(Sk(x)⊗T(y))k →S(x)⊗T(y).

•D´erivation: S,T distributions sur R. Pour touti ∈N:

i(S(x)⊗T(y)) = (∂iS(x))⊗T(y),

(56)

II

Produit de convolution

(57)

Produit de convolution deux fonctions (1)

D´efinition

Soient f et g deux fonctions localement sommables. On d´efinit, s’il existe, leproduit de convolution h de f et g par

h(x) = Z

f(t)g(x−t)dt,

pour tout x appartenant `aR. On note alors h=f ∗g.

•Remarque : n’existe pas toujours, commutatif si d´efini

•Interpr´etation graphique: Sik =f ⊗g, alors

(58)

Produit de convolution de deux fonctions (2)

•Si Dx rencontre le support def ⊗g de mani`ere finie, le produit de convolution est alors bien d´efini

Th´eor`eme

Le produit de convolution de deux fonctions localement sommables f et g existe d`es lors que l’une des conditions suivantes est

satisfaite :

1 Les fonctions f et g sont toutes les deux `a support born´e ;

2 Les fonctions f et g sont toutes les deux `a support born´e `a gauche ;

3 Les fonctions f et g sont toutes les deux `a support born´e `a droite.

(59)

Notion de mesure floue

•Π fonction porte (Π(x) = 1 si x∈[−12,12] et 0 sinon) , a>0 et f une fonction

•f(a) produit de convolution def et de la fonction porte de largeur aet de hauteur 1/a

f(a)(x) =f(x)∗1 aΠ(x

a) =1 a

Z x+a/2

x−a/2

f(t)dt

•Moyenne def autour dex sur une largeura

Mod´elisation d’une mesure imparfaite de la fonctionf, pour

(60)

Produit de convolution de deux distributions (1)

•f,g deux fonctions localement sommables, ϕ∈ D

<Tf∗g, ϕ > = R

(f ∗g)(t)ϕ(t)dt

= R

ϕ(t) R

f(s)g(t−s)ds dt

= R R

f(x)g(y)ϕ(x+y)dxdy

= <Tf⊗g, ϕ(x+y)>

D´efinition

Soient S et T deux distributions. On d´efinit le produit de convolutionde S et T comme la distribution not´ee S∗T d´efinie par

∀ϕ∈ D, <S ∗T, ϕ >=<S(x)⊗T(y), ϕ(x+y)> .

•Produit de convolution appliqu´e `a ϕ∈ D = produit tensoriel appliqu´e `a (x,y)7→ϕ(x+y)∈ D(R2)

(61)

Produit de convolution de deux distributions (2)

•Le produit de convolution de deux distributions n’existe pas toujours :

SiSupp(ϕ) = [a,b], alors Supp(ϕ(x+y)) = bande comprise entre les deux droitesx+y =aet x+y =b

•Puisque ϕ(x+y) n’est pas `a support compact, il suffit que l’une des deux distributions soit `a support compact

Th´eor`eme

1 Les distributions `a support born´e `a gauche (resp. `a droite) peuvent toujours ˆetre convolu´ees entre elles ;

(62)

Convolution et distributions de Dirac

1 Soit T une distribution. On aδ∗T =T ∗δ=T. La distribution de Dirac est donc l’´el´ement neutre du produit de convolution.

2 Soit a>0. La translat´eeTa d’une distribution T est ´egale au produit de convolution de T par la distribution de Diracδa au point a : Ta =T ∗δaa∗T.

3 Les d´erivations d’une distributionT s’obtiennent par

convolution par les d´eriv´ees des distributions de Dirac : pour tout m∈N, T(m)(m)∗T =T ∗δ(m) .

(63)

Commutativit´ e et Associativit´ e

1 SoientS etT deux distributions. On suppose que leur produit de convolutionS ∗T existe. Alors T ∗S existe et

S∗T =T ∗S.

2 SoientS,T etU trois distributions. SiS∗T,T ∗U et S∗U existent, alors S∗T ∗U est d´efini par :

S∗T ∗U =S∗(T ∗U) = (S∗T)∗U.

•Exemple : T1∗δ0 = 0 donc (T1∗δ0)∗W = 0. Or on a δ0∗W =δ donc T1∗(δ0∗W) =T1 ce qui prouve que

(64)

D´ eriv´ ee d’un produit de convolution

•(S∗T)00∗(S∗T) =δ0∗S ∗T =S0∗T

•De mˆeme (S∗T)0 = (S∗T)∗δ0 =S ∗T ∗δ0 =S∗T0

Lemme

Pour d´eriver un produit de convolution, il suffit de d´eriver l’un des facteurs et, pour tout S et T dansD0, on a

(S∗T)0 =S0∗T =S∗T0.

(65)

III

Alg`ebre de convolution et r´esolution d’´equations

diff´erentielles

(66)

Alg` ebre de convolution

D´efinition

On appellealg`ebre de convolution A0 tout sous-espace vectoriel de D0 contenantδ tel que le produit de convolution d’un nombre fini quelconque de distributions deA0 soit toujours d´efini, soit dansA0, et que ce produit soit commutatif et associatif.

• D0 n’est pas une alg`ebre de convolution

•Exemples:

Les espacesD0+ (resp. D0 ) des distributions `a support

contenu dans {x≥0}(resp. {x≤0}) aussi appel´eespace des distributions `a support born´e `a gauche (resp. born´e `a droite) L’espace E0 des distributions `a support compact.

(67)

Rappel : r´ esolution d’un syst` eme lin´ eaire

Pour r´esoudre un syst`eme lin´eaire de la forme Ax=b,

o`u Aest une matrice connue etb un vecteur connu, on peut proc´eder ainsi :

1 On cherche si la matriceA est inversible et si oui on calcule son inverseA−1 qui v´erifie :

A A−1 =A−1A=In, o`u In est l’´el´ement neutre du produit de matrice (A In=InA=A).

2 Si A−1 existe, alors il est unique et la solution du syst`eme

(68)

R´ esolution d’une ´ equation de convolution

•Dans ces alg`ebres de convolution, nous pouvons r´esoudre les

´equations du type

A∗X =B,

o`u Aet B sont des distributions connues et X une distribution inconnue.

1 On cherche s’il existe, dans l’alg`ebre consid´er´ee, une

distribution not´eeA∗−1 et appel´eeinverse de convolution deA (ou parfois fonction de Green deA) telle que

A∗A∗−1=A∗−1∗A=δ.

2 Si A∗−1 existe, alors il est unique et la solution de l’´equation A∗X =B dans l’alg`ebre consid´er´ee est donn´ee par

X =A∗−1∗B.

(69)

Calcul de l’inverse de convolution

•Probl`eme difficileen g´en´eral Th´eor`eme

Soit D op´erateur diff´erentiel `a coeffs constants, unitaire : D= dm

dxm +am−1

dm−1

dxm−1 +· · ·+a1 d dx +a0.

AlorsDδ=δ(m)+am−1δ(m−1)+· · ·+a1δ0+a0δ∈ D+0 admet un inverse de convolution dansD0+ qui est donn´e par

(Dδ)∗−1 =W z(t), o`u z est l’unique solution de l’´equa. diff.

(70)

Exemple : l’oscillateur harmonique

•Oscillateur harmonique caract´eris´e par

X002X = (δ002δ)∗X =B,

o`u B(t) est une distribution caract´erisant le signal ext´erieur.

•On montre que (δ002δ)∗ ω1W sin(ωt) =δ.(Cf r´esultat pr´ec´edent - voir TD 2)

Or ω1 W sin(ωt)∈ D0+ donc B ∈ D0+⇒X = 1

ω W sin(ωt)∗B.

• On montre (δ002δ)∗ −ω1 W(−t) sin(ωt) =δ.Donc B ∈ D0−⇒X =−1

ω W(−t) sin(ωt)∗B.

• L’inverse de convolution (et donc la solution de l’´equation) d´epend de l’alg`ebre de convolution dans laquelle on travaille ! Ici, l’´equation n’a pas de solutions dansE0.

(71)

Application : r´ esolution d’une ´ equation diff. avec CI

•Probl`eme de Cauchy: ´Equa. diff. ET Conditions initiales (CI)

•Au premier ordre, ˙u+αu = 0 et ? u : R+→Ravecu(0) =u0.

1 Utilisation des distributions : on cherche unedistribution solution de la formeU =W u(t).

2 u(t) solution & ˙U =Wu˙+u0δ

⇒ U v´erifie

U˙ +αU =W u˙+u0δ+α(W u) =W ( ˙u+αu) +u0δ=u0δ qui se r´e´ecrit

0+α δ)∗U =u0δ.

3 Inverse de convolution de δ0+α δ dansD0+ : W exp(−αt) U =W exp(−αt)∗u δ d’o`u

(72)

Exemple 1 : R´ eponse d’un circuit LC (1)

•Equa. diff. r´´ egissant le comportement d’un circuit LC: L di

dt + 1 C

Z

idt =e(t).

•En d´erivant et en posant ω0 = 1

LC, on obtient : d2

dt202

i = 1 L

de dt.

•En r´egime permanent (e(t) constant), on cherche i tel que :

∀t≥0, d2

dt202

i = 0.

(73)

Exemple 1 : R´ eponse d’un circuit LC (2)

•Cherchons une distribution I =W i(t) solution.

•I doit alors v´erifier l’´equation diff´erentielle: d2

dt202

I =i(0)δ0+ di dt(0)δ;

•DoncI doit v´erifier l’´equation de convolution: δ0002δ

∗I =i(0)δ0+ di dt(0)δ;

•Dans D0+, on obtient donc (Cf. Oscillateur harmonique) I = 1

ω0 W sin(ω0t)∗

i(0)δ0+ di dt(0)δ

,

d’o`u en d´eveloppant le calcul

(74)

Exemple 2 : ´ equation de la chaleur (1)

•Equation de la chaleur´ (ou´equation de diffusion) `a une dim. : ∂

∂t −α ∂2

∂x2

u(x,t) = 0,

(Ex. : u(x,t) temp´erature d’une barre au point x et au temps t)

•? Solution correspondant `a une r´epartition initiale de temp´erature u(x,0) donn´ee.

•? DistributionU(x,t) =W(t)u(x,t) v´erifiant l’´equa. diff.

(75)

Exemple 2 : ´ equation de la chaleur (2)

•D´erivation au sens des distributions ∂

∂t −α ∂2

∂x2

U(x,t) =u(x,0)δ(t).

En effet :

∂t −α∂x22

U(x,t) = ∂t(W(t)u(x,t))−α∂x22(W(t)u(x,t))

= δ(t)u(x,t) +W(t)∂t(u(x,t))−αW(t)∂x22(u(x,t))

= δ(t)u(x,0) +W(t)

∂t(u(x,t))−α∂x22(u(x,t))

= δ(t)u(x,0).

(76)

Exemple 2 : ´ equation de la chaleur (3)

•D’o`u l’´equation de convolution: ∂

∂tδ(x,t)−α ∂2

∂x2δ(x,t)

∗U(x,t) =u(x,0)δ(t).

• Inverse de convolution de ∂tδ(x,t)−α∂x22δ(x,t) : W(t)

2√

απt exp

− x2 4αt

,

•Solution :

U(x,t) =u(x,0)δ(t)∗ W(t) 2√

απt exp

− x2 4αt

,

ou encore

U(x,t) = W(t) 2√

απt Z

−∞

u(ξ,0) exp

−(x−ξ)2 4αt

dξ.

(77)

IV

Interpr´etation physique de la

convolution

(78)

Syst` emes d´ ecrits par un op´ erateur de convolution (1)

•Bcp de syst`emes physiques (e.g., syst`emes de mesures) peuvent ˆetre repr´esent´es par des op´erateurs de convolution.

D´efinition

Soit (S) un syst`eme physique d´ecrit par un op´erateur qui `a un signal d’entr´ee E(t) (ou excitation) fait correspondre un signal de sortie (ou r´eponse) S(t). Soit R l’op´erateur tel que

S(t) =R(E(t)). Le syst`eme est dit lin´eaire si R est lin´eaire. Il est ditcontinusi R est continu c’est-`a-dire si des excitations peu diff´erentes conduisent `a des r´eponses peu diff´erentes. Un syst`eme est ditinvariant par translationsi l’op´erateur R commute avec la translation c’est-`a-dire si le diagramme suivant commute :

E(t) −→ S(t) =R(E(t))

↓ ↓

E(t−a) −→ S(t−a) =R(E(t−a))

(79)

Syst` emes d´ ecrits par un op´ erateur de convolution (2)

•Remarque : la plupart des syst`emes physiques sont invariants par translation dans le temps c’est-`a-dire que si l’on retarde l’entr´ee deτ, alors la sortie est aussi retard´ee deτ.

D´efinition

On dit qu’un syst`eme physique estd´ecrit par un op´erateur de convolutions’il existe une distribution T caract´eristique du syst`eme telle que S(t) =R(E(t)) =E(t)∗T(t).

D´efinition

La distribution T telle que R(E(t)) =E(t)∗T(t)est appel´ee

(80)

Syst` emes d´ ecrits par un op´ erateur de convolution (3)

Th´eor`eme

Un syst`eme physique peut ˆetre d´ecrit par un op´erateur de

convolution ssi il est lin´eaire, continu et invariant par translation.

•Exemples:

Les filtres lin´eaires en ´electronique (syst`emes form´es de r´esistances, selfs, capacit´es, amplificateurs sans saturation).

Les syst`emes form´es de masses, de ressorts et d’amortisseurs en m´ecanique.

(81)

Syst` eme causal

D´efinition

Un syst`eme d´ecrit par un op´erateur de convolution temporel (c’est-`a-dire `a une variable qui repr´esente le temps) est dit causal si sa r´eponse impulsionnelle T(t) est nulle pour t<0.

Dans le cas d’un syst`eme causal, l’effet d’un signal ne peut

pr´ec´eder sa causec’est-`a-dire que la r´eponse S(τ) d’un tel syst`eme

`a un tempsτ ne d´epend que des valeurs du signalE(t) pourt ≤τ.

(82)

R´ eponse ` a une excitation exponentielle (1)

•La r´eponse impulsionnelle d’un syst`eme d´ecrit par un op´erateur de convolution joue un rˆole important.

•Une autre type de r´eponse joue un rˆole important ; celles aux signaux exponentiels.

•Consid´erons un syst`eme d´ecrit par un op´erateur de convolution de r´eponse impulsionnelle T : S =E∗T

(83)

R´ egularisation d’une distribution singuli` ere

Th´eor`eme et D´efinition

SoitΨune fonction ind´efiniment d´erivable et T une distribution.

On noteΨ∗T l’application x 7→<T(t),Ψ(x−t)> .Cette application est bien d´efinie, ind´efiniment d´erivable et v´erifie TΨ∗T =TΨ∗T. On l’appelle la r´egularis´ee de T par Ψ.

∀ϕ∈ D(R2), <TΨ∗T, ϕ > = <T(t)⊗Tψ(x), ϕ(x+t)>

= <T(t), <TΨ(x), ϕ(x+t)>>

= <T(t),R

Ψ(x)ϕ(x+t)dx >

= <T(t),R

Ψ(x−t)ϕ(x)dx >

= <T(t), <Tϕ(x),Ψ(x−t)>>

= <T(t)⊗Tϕ(x),Ψ(x−t)>

(84)

R´ eponse ` a une excitation exponentielle (2)

•Examinons la r´eponse `a un signalE(t) = exp(2iπ νt) (oscillation harmonique de fr´equenceν)

La r´eponse sera alors

S =T ∗exp(2iπ νt),

•Fonction exponentielle ind´efiniment d´erivable donc

S(t) =<T(τ),exp(2iπ ν(t−τ))>=<T),exp(−2iπ ν τ)> exp(2iπ νt)

En posant ˆT(ν) =<T(τ),exp(−2iπ ν τ)>, on obtient S(t) = ˆT(ν) exp(2iπ νt)

( ˆT(ν) : transform´ee de Fourier deT)

Le syst`eme transforme donc exp(2iπ νt) en ˆT(ν) exp(2iπ νt).

(85)

R´ eponse ` a une excitation exponentielle (3)

•Plus g´en´eralement : r´eponse `a

E(t) = exp(p t) (p est un scalaire complexe quelconque) :

S(t) =<T(τ),exp(−pτ)>exp(p t).

(p 7→<T(τ),exp(−pτ)>: transform´ee de LaplacedeT) Th´eor`eme

Lesfonctions exponentiellessont des fonctions propres pour les op´erateurs de convolution. Lesvaleurs propres correspondantes

(86)

Transition vers les chapitres suivants

Rˆole important des transform´ees de Fourier et de Laplace que l’on va ´etudier dans les chapitres suivants

•Moyen de calculerT ∗E : d´ecomposerE en CL de fonctions propres

E(t) = Z

Eˆ(ν) exp(2iπ νt)dν.

On verra que ˆE(ν) est justement la transform´ee de Fourier de E. En effet, par lin´earit´e, la r´eponseS(t) sera alors donn´ee par

S(t) = Z

E(ν) ˆˆ T(ν) exp(2iπ νt)dν.

Transform´ee de Fourier ˆT(ν) : fonction de transfert du syst`eme.

(87)

Chapitre 3

La transformation de Fourier

(88)

I

Transform´ee de Fourier des

fonctions

(89)

D´ efinition

D´efinition

Soit f : R→R ouCune fonction de la variable r´eelle `a valeurs r´eelles ou complexes. On appelle transform´ee de Fourier(ou spectre) de f , si elle existe, la fonctionˆf : R→C d´efinie par

ˆf(ν) = Z +∞

−∞

f(x) exp(−2iπ νx)dx.

On ´ecrira symboliquement

ˆf =F[f ] ou ˆf(ν) =F[f(x) ].

(90)

Existence

•La transform´ee de Fouriern’existe pas toujours

•Exemple : x 7→x2 n’admet pas de transform´ee de Fourier car l’int´egrale

Z +∞

−∞

x2exp(−2iπ νx)dx n’existe pour aucune valeur deν.

•Conditions d’existence difficiles `a ´ecrire mais on a le th´eor`eme : Th´eor`eme

Toute fonction int´egrable poss`ede une transform´ee de Fourier.

(91)

Exemples

1 F[Π(x)] =sinc(π ν) :=

sin(π ν)

π ν pour ν 6= 0

1 pour ν = 0 Π(ν)ˆ = R12

12exp(−2iπ νx)dx

=

hexp(−2

iπ νx)

−2iπ ν

i12

1

2

= 2i1π ν (exp(iπ ν)−exp(−iπ ν))

= 2i2sin(π ν)iπ ν

= sin(π ν)π ν .

Lorsqueν = 0, on obtient facilement ˆΠ(0) = 1.

(92)

Inversion - Transform´ ee de Fourier inverse

•Inversement, sif est continue en x et ˆf int´egrable, on peut obtenirf(x) `a partir de ˆf(ν) par latransform´ee de Fourierdite inverse:

f(x) = Z +∞

−∞

ˆf(ν) exp(2iπ νx)dν.

On ´ecrira symboliquement

f = ¯F[ ˆf ] =F−1[ ˆf ] ou f(x) = ¯F[ ˆf(ν) ] =F−1[ ˆf(ν) ].

(formule valable lorsquef est continue et ˆf int´egrable)

•Plus g´en´eralement, sif n’est pas continue enx, on a Z +∞

−∞

ˆf(ν) exp(2iπ νx)dν = 1

2 f(x+) +f(x) .

(93)

Transform´ ee de Fourier en sinus et cosinus (1)

•f fonction de la variable r´eelle `a valeurs r´eelles ou complexes

•On peut tjs ´ecriref =p+q avecp paire et q impaire : p(x) = 1

2 (f(x) +f(−x)), q(x) = 1

2 (f(x)−f(−x)).

ˆf(ν) = Z +∞

−∞

(p(x) +q(x)) (cos(2π νx)−i sin(2π νx))dx, d’o`u :

Z +∞ Z +∞

(94)

Transform´ ee de Fourier en sinus et cosinus (2)

On ´ecrit alors

F[f(x)] =Fcos[p(x)]−iFsin[q(x)],

o`u Fcos et Fsin sont les transform´ees de Fourier respectivementen cosinus et sinusd´efinies par :

Fcos[f(x)] = 2 Z +∞

0

f(x) cos(2π νx)dx,

Fsin[f(x)] = 2 Z +∞

0

f(x) sin(2π νx)dx.

(95)

Transform´ ee de Fourier en sinus et cosinus (3)

•f est `a valeurs complexes : on d´ecompose p et q en parties r´eelles et imaginaires

f(x) = eelle paire + imag. paire + eelle imp. + imag. imp.

.&

fˆ(ν) = eelle paire + imag. paire + eelle imp. + imag. imp.

f(x) −→ ˆf(ν)

———– ———– ———–

paire −→ paire

impaire −→ impaire

r´eelle −→ hermitienne (ˆf(ν) = ˆf(−ν)) imaginaire −→ antihermitienne (ˆf(ν) =−fˆ(−ν)) r´eelle paire −→ r´eelle paire

(96)

Propri´ et´ es (1)

•Lin´earit´e : F[λf(x) +µg(x)]=R

(λf(x) +µg(x)) exp(−2iπ νx)dx

=λR

f(x) exp(−2iπ νx)dx+µR

g(x) exp(−2iπ νx)dx

=λF[f(x)] +µF[g(x)]

•Transposition:

F[f(−x)] = R

f(−x) exp(−2iπ νx)dx

= R

f(y) exp(2iπ νy)dy

= ˆf(−ν)

•Conjugaison:

F[f(x)] = R

f(x) exp(−2iπ νx)dx

= R

f(x) exp(2iπ νx)dx

= ˆf(−ν)

(97)

Propri´ et´ es (2)

•Changement d’´echelle : F[f(a x)] = R

f(a x) exp(−2iπ νx)dx

= R

f(y) exp(−2iaπ νy)|a|1 dy

= |a|1 ˆf(νa)

(dilatation dans le monde r´eel entraˆıne une compression dans le monde de Fourier et inversement)

•Translation :

F[f(x−a)] = R

f(x−a) exp(−2iπ νx)dx

= R

f(y) exp(−2iπ ν(y+a))dy

= exp(−2iπ νa) R

f(y) exp(−2iπ νy)dy

(98)

Propri´ et´ es (3)

•Modulation :

F[exp(2iπ ν0x)f(x)] = R

exp(2iπ ν0x)f(x) exp(−2iπ νx)dx

= R

f(x) exp(−2iπ(ν−ν0)x)dx

= ˆf(ν−ν0).

(Moduler la fonctionf par une exponentielle imaginaire revient `a translater sa transform´ee de Fourier)

(99)

D´ erivation par rapport ` a x

•f sommable, d´erivable et `a d´eriv´ee sommable. Par IPP, il vient F[f0(x)] =R

f0(x) exp(−2iπ νx)dx

= [f(x) exp(−2iπ νx)]+∞−∞+ 2iπ νR

f(x) exp(−2iπ νx)dx

= 2iπ νˆf(ν)

•Plus g´en´eralement,

F[f(m)(x)] = (2iπ ν)mˆf(ν).

• En prenant les modules : |2π ν|m|ˆf(ν)|≤R

|f(m)(x)|dx

•Plus f est d´erivable, `a d´eriv´ees sommables, plus ˆf d´ecroˆıt

(100)

D´ erivation par rapport ` a ν

•On a

∂ νˆf(ν) = R

f(x)∂ ν exp(−2iπ νx)dx

= R

(−2iπx)f(x) exp(−2iπ νx)dx

= F[−2iπx f(x)]

•De mani`ere g´en´erale, on obtient

ˆf(m)(ν) =F[(−2iπx)mf(x)]

• En prenant les modules : |ˆf(m)(ν)|≤R

|2πx|m|f(x)|dx

•Plus f d´ecroˆıt `a l’infini, plus ˆf est d´erivable (avec ses d´eriv´ees born´ees) : sif d´ecroˆıt en 1/xm `a l’infini, alors, ˆf est m fois d´erivable et sa d´eriv´eem-i`eme est born´ee.

(101)

Transform´ ee de Fourier et convolution (1)

•Soientf et g sommables telles que f ∗g existe

•On aF[f ∗g] =R

exp(−2iπ νx) R

f(t)g(x−t)dxdt

•Fubini F[f ∗g] =R

f(t)dtR

g(x−t) exp(−2iπ νx)dx

•y =x−t dans la seconde int´egrale F[f ∗g] =R

f(t) exp(−2iπ νt)dt R

g(y) exp(−2iπ νy)dy

•Finalement : F[f ∗g] =F[f]F[g] Th´eor`eme

La transform´ee de Fourier du produit de convolution de deux

(102)

Transform´ ee de Fourier et convolution (2)

•Exemple : ? transform´ee de Fourier de la fontion Λ : Λ(x) =

1 +x pour −1≤x ≤0 1−x pour 0≤x ≤1

0 pour |x|≥1.

On montre que Λ(x) = (Π∗Π)(x) et on en d´eduit

F[Λ(x)] =F[Π(x)]2 =

sin(π ν) π ν

2

.

•Inversement, on montre que l’on a le r´esultat suivant : Th´eor`eme

Lorsque ces expressions sont d´efinies, on a F[f g] =F[f]∗ F[g].

(103)

Formule de Parseval-Plancherel

Th´eor`eme

Soient f et g deux fonctions de carr´e sommable. On a alors : Z

f(x)g(x)dx= Z

ˆf(ν) ˆg(ν)dν.

Un cas particulier important est le cas f =g c’est-`a-dire Z

|f(x)|2 dx= Z

|ˆf(ν)|2dν.

Preuve : R

f(x)g(x)dx =F[f g]|ν=0 = [ˆf(ν)∗gˆ(−ν)]|ν=0= hR ˆf(t) ˆg(t−ν)dt

i

|ν=0 =R ˆf(t) ˆg(t)dt.

(104)

Transform´ ee de Fourier des fonctions de carr´ e sommable

•Il existe desfonctions non int´egrables mais dont le carr´e l’est (ex. : la fonction sinus cardinalx7→sinc(x) = sin(x)x prolong´ee par sinc(0) = 1)

•En physique : fonction d’onde d’une particule en m´ecanique quantique, en ´electricit´e ou traitement du signal (R

|f(t)|2dt repr´esente l’´energie totale d’un signal temporel t7→f(t))

•Il existe un moyen (que nous ne traiterons pas ici) d’´etendre la transform´ee de Fourier aux fonctions non sommables mais de carr´e sommable

(105)

II

Transform´ee de Fourier des

distributions

(106)

Introduction - Motivation

•Int´erˆet de d´efinir une notion de transform´ee de Fourier pour les distributions :

1 Pouvoir d´efinir la transform´ee de Fourier des distributions commeδ,``

,. . .

2 Esp´erer pouvoir´etendre la transform´ee de Fourier des fonctions sommables (et de carr´e sommable)`a des fonctions intervenant tout le temps en physique et n’´etant ni sommables ni de carr´e sommable commeH

(107)

D´ efinition

•f fonction int´egrable, Tf distribution r´eguli`ere associ´ee

•? Distribution r´eguli`ere associ´ee `a ˆf

•On a

<Tˆf, ϕ >=Rfˆ(t)ϕ(t)dt =R (R

f(x) exp(−2iπx t)dx)ϕ(t)dt

•Fubini

<Tfˆ, ϕ >=

Z f(x)(

Z

exp(−2iπxt)ϕ(t)dt)dx = Z

f(x) ˆϕ(x)dx =<Tf,ϕ >ˆ

•Probl`eme: siϕ∈ D n’implique pas ˆϕ∈ D

(108)

Espace S et transform´ ee de Fourier

D´efinition

Une fonction est dite`a d´ecroissance rapide si pour tout k dansN, limx→±∞ |xkf(x)|= 0. Une telle fonction d´ecroˆıt plus vite que toutes puissance de1/|x|`a l’infini. On noteS l’ensemble des fonctions deRdans RouCqui sont ind´efiniment d´erivables et `a d´ecroissance rapide ainsi que toutes leurs d´eriv´ees.

•? transform´ee de Fourier de telles fonctions : ϕ∈ S. On a :

∀m∈N, ϕˆ(m)(ν) = Z

(−2iπx)m exp(−2iπ νx)ϕ(x)dx ˆ

ϕainsi que toutes ses d´eriv´ees sont aussi `a d´ecroissances rapides Th´eor`eme

La transformation de Fourier est une application lin´eaire (et continue) deS dans S.

(109)

Transform´ ee de Fourier des distributions temp´ er´ ees (1)

D´efinition

On appelledistribution temp´er´eetoute fonctionnelle lin´eaire et continue sur l’espace de fonctionsS. Les distributions temp´er´ees forment un sous-espace deD0 not´e S0.

•En pratique,δa,vp1x temp´er´ees mais f localement sommable n’implique pasTf temp´er´ee

Th´eor`eme (Caract´erisation des distributions temp´er´ees)

Pour qu’une forme lin´eaire continue T surS soit temp´er´ee, il faut et il suffit qu’il existe A>0 et p∈N+ tels que, pour tout ϕ∈ S, on ait :

(110)

Transform´ ee de Fourier des distributions temp´ er´ ees (2)

•Exemples de distributions temp´er´ees

Distributions `asupport born´ecomme les Dirac, les d´eriv´ees des Dirac,

Distributions r´eguli`eres associ´ees aux fonctions `a croissance lente comme les polynˆomes, les fonctions p´eriodiques

localement sommables (Texp n’est pas temp´er´ee car exp croit trop rapidement `a l’infini).

Th´eor`eme et D´efinition

Toute distribution temp´er´ee T admet une transform´ee de Fourier, not´eeF[T]ouTˆ, qui est ´egalement une distribution temp´er´ee.

Elle est d´efinie par :

∀ϕ∈ S, <Tˆ, ϕ >=<T,ϕ > .ˆ

(111)

Exemples

F[T1] =δ.

<Tˆ1, ϕ >=<T1,ϕ >=ˆ Z +∞

−∞

ˆ

ϕ(ν)dν =ϕ(0) =< δ, ϕ >

(cf. formule de la transform´ee de Fourier inverse) F[δ] =T1.

<δ, ϕ >=< δ,ˆ ϕ >= ˆˆ ϕ(0) = Z +∞

−∞

ϕ(x)dx =<T1, ϕ >

F[Texp(2iπ ν0x)] =δ(ν−ν0)

F 1

(112)

Propri´ et´ es

•Transform´ee de Fourier inverse(comme pour les fonctions) :

ϕ∈ S, <F−1F[T], ϕ >=<F[T],F−1[ϕ]>=<T,F F−1[ϕ]>=<T, ϕ >

Th´eor`eme

Soit T une distribution temp´er´ee. On a alors : F[T(m)] = (2iπ ν)mF[T];

F[T(x−a)] = exp(−2iπ νa)F[T]; F[T(a x)] = |a|1 Tˆ(νa);

F[exp(2iπa x)T] = ˆT(ν−a).

Th´eor`eme

Si T est une distribution temp´er´ee `a support born´e, alors sa transform´ee de FourierF[T]est une distribution r´eguli`ere associ´ee

`a une fonction ind´efiniment d´erivable.

(113)

Transform´ ee de Fourier de ` ` (1)

•Rappel : distribution peigne de Dirac``

(x) =P+∞

n=−∞δ(x−n) Th´eor`eme

La distribution peigne de Dirac est une distribution temp´er´ee. Elle admet donc une transform´ee de Fourier au sens des distributions ; sa transform´ee de Fourier est la distribution peigne de Dirac :

``

(x)T−→.F.``

(ν),ou encore : F[

+∞

X

n=−∞

δ(x−n)] =

+∞

X

n=−∞

δ(ν−n).

De plus, on a :

(114)

Formule sommatoire de Poisson

•D´ecomposition en s´erie de Fourier de `` : F[

+∞

X

n=−∞

δ(x−n)] =

+∞

X

n=−∞

F[δ(x−n)] =

+∞

X

n=−∞

exp(−2iπnν)T1. D’o`u

+∞

X

n=−∞

δ(ν−n) =

+∞

X

n=−∞

exp(2iπnν) T1.

•A partir de cette formule, on montre la formule sommatoire de` Poisson tr`es importante :

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