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MHAwards L%2527Abri en Ville Case Study FRE

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Academic year: 2022

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PRIX NATIONAUX EN SANTÉ MENTALE CRÉÉS À L’OCCASION DU 5

E

ANNIVERSAIRE DE LA COMMISSION

Catégorie: Capacité des communautés Lauréat: L’ABRI EN VILLE

Montréal, Québec labrienville.ca

LE POUVOIR RÉGÉNÉRANT DE LA COMMUNAUTÉ

CONTEXTE

Le logement est un facteur déterminant de la qualité de vie. On estime qu’entre le quart et la moitié des personnes itinérantes au Canada, à savoir des dizaines de milliers d’hommes et de femmes, sont atteintes de maladie mentale. Souvent, la maladie mentale est la raison pour laquelle elles se sont retrouvées à la rue.

À Montréal, dans les années 1980, on avait l’impression que des personnes qui avaient un trouble mental avaient élu domicile dans la rue en permanence. De toute évidence, une intervention s’avérait nécessaire pour aider ces hommes et ces femmes à trouver un abri stable où ils pourraient se rétablir. Il était clair aussi que des citoyens ordinaires pouvaient venir en aide à ces personnes.

APERÇU

En 1984, un groupe interconfessionnel du centre-ville de Montréal a mis sur pied l’InterChurch Social Service Planning Committee afin de faire face aux graves problèmes sociaux affligeant le cœur de la ville. Lors d’une réunion, Shelagh Coinner, fondatrice d’un projet baptisé C.A.R.E. (Create a Rehabilitative Environment) a proposé un modèle de logement et de soutien fondé sur la création d’une communauté regroupant des personnes ayant une maladie mentale. Ce modèle, qui mise sur la normalité de la vie quotidienne et sur les encouragements dont les personnes atteintes de maladie mentale ont besoin, a orienté la fondation de L’Abri en Ville.

Créé et incorporé en 1991, L’Abri en Ville poursuit un objectif clair et simple : offrir des foyers stables qui rassemblent, en une communauté authentique, des adultes aux prises avec une maladie mentale majeure. Trois personnes atteintes d’une maladie mentale cohabitent dans un appartement de trois chambres. Elles sont soutenues par des bénévoles qui agissent aussi comme des amis. Les résidants ont accès à des services sociosanitaires comme ceux d’un psychiatre, d’un travailleur social et d’un omnipraticien qui interviennent en cas de besoin.

L’Abri en Ville a inauguré son premier appartement en 1991. Durant les dix années qui ont suivi, neuf autres appartements ont été mis à la disposition des participants dans les quartiers résidentiels de l’ouest de la ville. Chaque nouveau logement était parrainé par un groupe confessionnel responsable de fournir un soutien financier et des bénévoles, qui devenaient les amis des résidants. Il est à noter que même si les églises et les synagogues ont joué un rôle essentiel dans l’évolution de L’Abri en Ville, aucune exigence religieuse n’a été imposée aux résidants qui joignaient cette communauté unique.

En 2011, 30 adultes atteints d’une maladie mentale grave occupaient 10 appartements situés dans divers quartiers de Montréal, sous la supervision de 3 coordonnateurs et de 60 bénévoles.

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À L’Abri en Ville, c’est l’humanité qui prime et qui jette les bases de l’amitié. Bien que les bénévoles ne demeurent pas au même endroit que les résidants, la distance entre les personnes atteintes de maladie mentale et les bénévoles est réduite au minimum.

« D’un rapport d’aidant à aidé, la relation évolue vers l’amitié, explique Eleanor Beattie, membre du conseil d’administration de l’organisme. Il ne s’agit pas d’une relation médicale, mais bien d’une relation sociale. C’est complètement différent. Les bénévoles rendent régulièrement visite aux résidants selon un calendrier établi et cette camaraderie est renforcée au fil des repas partagés chez les bénévoles, des sorties et des conversations amicales. »

« Ma formation mettait l’accent sur la détection et le traitement des maladies et des symptômes, mais on se rend vite compte que la perspective médico-psychiatrique comporte de sérieuses lacunes », renchérit le psychiatre Marc Laporta du Centre universitaire de santé McGill et membre du comité consultatif de L’Abri en Ville. « Cet organisme est axé sur la résilience, sur le rétablissement, sur la flamme en nous qui veut recommencer à briller. L’Abri, ce sont des personnes qui travaillent main dans la main, qui croient les uns aux autres, qui s’épanouissent grâce aux qualités humaines remarquables qui abolissent les sentiments de détachement et d’aliénation. »

Les résidants proviennent d’horizons divers, mais bon nombre d’entre eux occupaient un emploi avant que leur maladie mentale ne les force à prendre un congé ou à quitter leur poste. « Ils luttent contre une force qui les empêche de faire partie de la population active mais qui ne les empêche pas de faire partie intégrante de la société », soutient Audrey Bean, membre du conseil d’administration.

La gouvernance de L’Abri en Ville est assurée par un conseil d’administration comptant 15

membres bénévoles, un comité consultatif comptant cinq membres également bénévoles et trois coordonnateurs rémunérés qui composent le personnel de l’organisme. Les membres du conseil, issus de différents milieux de la communauté, se rencontrent une fois par mois. Les bénévoles, dont plusieurs appartiennent à un groupe confessionnel, sont généralement membres d’une équipe de soutien associée à un appartement. Les coordonnateurs, qui possèdent de l’expérience en services de santé mentale dans la communauté, sont responsables de la création et de la mise en œuvre du programme. Ils établissent également des liens avec d’autres organismes offrant des services aux personnes ayant une maladie mentale, entretiennent le contact avec l’équipe médicale qui suit chacun des résidants et assurent que chacun d’eux reçoive le soutien personnalisé dont il a besoin.

Le financement requis pour la fondation de L’Abri en Ville provient du InterChurch Social Service Planning Committee, de la Fondation des services communautaires catholiques (qui a fourni les bureaux et les conseils d’un travailleur social), du gouvernement du Québec et d’Edith Low-Beer, défenseure reconnue de la santé mentale, qui a versé un don en plus de donner de son temps au projet. Au fil des ans, des donateurs et des commanditaires, qui comptent des particuliers, des fondations, le gouvernement provincial, des entreprises, des groupes confessionnels et des pourvoyeurs de services, ont offert leur soutien financier et en nature. Les dons annuels de la Fondation Edith Low-Beer et une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec contribuent à couvrir les coûts d’exploitation, qui dépassent les 200 000 $.

Plusieurs groupes confessionnels soutiennent L’Abri en Ville par différents moyens, notamment en fournissant des articles de maison et des meubles et en invitant la communauté à entamer le dialogue sur la maladie mentale avec ses membres.

DÉFIS ET OPPORTUNITÉS

Comme tous les membres du InterChurch Social Service Planning Committee faisaient partie d’un groupe confessionnel montréalais, le regroupement avait accès à un bassin de bénévoles potentiels et à un soutien financier. Ils ont également contribué de façon magistrale à mettre en place les services professionnels, administratifs et de soutien requis pour le démarrage du projet. Ainsi, les

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Services communautaires CCS ont offert les conseils professionnels de travailleurs sociaux et prêté des bureaux durant la première année de fonctionnement.

Enfin, une personne avait le mandat de fonder L’Abri en Ville avec l’aide d’un vaste groupe qui a permis à l’initiative de progresser rapidement.

INNOVATION

Dès l’amorce du projet, il était évident que le modèle de L’Abri en Ville était distinct et innovateur et que la réciprocité entre résidants et bénévoles et l’amitié qui les liait étaient inédites dans le milieu de la santé mentale. Il en était de même pour la mobilisation plusieurs membres du conseil qui sont aussi bénévoles auprès des résidants. « Si d’autres organismes constatent une discordance au sein de leur équipe, c’est tout le contraire à L’Abri, assure Marlo Turner Ritchie, chef d’équipe des coordonnateurs. Les interactions sont constantes au sein de l’organisme. »

Aussi, contrairement à bien d’autres foyers de groupe du centre-ville de Montréal, qui restreignent la durée des séjours, L’Abri en Ville n’impose aucune limite. Il comble ainsi une lacune et contribue au processus de rétablissement de ses clients. Cette latitude quant à la présence des résidants au sein de la communauté de L’Abri en fait une option de premier plan pour ces personnes, qui profitent grandement d’un logement sécuritaire ainsi que du soutien chaleureux et de l’amitié d’un réseau social.

Les partenariats sont l’une des clés du succès et de la survie de l’organisme. Des liens puissants ont été noués avec la communauté psychiatrique et les coordonnateurs de L’Abri poursuivent leur travail de réseautage avec des travailleurs sociaux, des hôpitaux et d’autres organismes communautaires susceptibles de les mettre en contact avec des hommes et des femmes ayant besoin d’un logement et de soutien.

INCIDENCE POSITIVE

Comme L’Abri en Ville n’impose aucune limite à la durée du séjour d’un résidant dans un logement, environ quatre ou cinq places se libèrent chaque année. Depuis 1991, ce sont 125 personnes qui ont profité de l’initiative. Certains résidants sont demeurés dans leur appartement pendant plus de 15 ans, à mesure qu’ils progressaient vers un rétablissement et que leurs besoins en matière de soutien évoluaient. « Au fil du temps, les résidants deviennent de plus en plus autonomes, ils se rétablissent.

Nous servons de tremplin à ces gens qui poursuivent ensuite leur chemin seuls ou avec d’autres amis », constate Audrey Bean.

En limitant la croissance de la famille de L’Abri en Ville et grâce au soutien financier de La fondation de la famille J. W. McConnell, l’organisme a été en mesure d’aider d’autres collectivités désireuses de reproduire le modèle de L’Abri. Ainsi, trois nouveaux projets ont été inaugurés au fil des dix dernières années. Ces groupes « satellites » faisant maintenant partie du réseau de L’Abri sont Les toits d’Émile, à Châteauguay, au Québec (2002), Our Harbour, à Saint-Lambert, au Québec (2004) et Ancoura, à Ottawa, en Ontario (2007). Au total, ces initiatives rassemblent 134 résidants et bénévoles.

Pour répandre leur modèle, les membres de L’Abri en Ville se sont rendus dans chacune de ces municipalités pour participer aux formations et partager leurs connaissances. La collaboration entre les membres du réseau prend diverses formes : ateliers spéciaux au besoin, rencontres entre coordonnateurs, réunions annuelles et tenue d’un atelier d’éducation au moins tous les deux ans où les bénévoles, employés, résidants et membres des conseils des quatre organismes sont invités à échanger leurs expériences et leurs idées.

Une subvention fédérale de Ressources humaines et Développement des compétences Canada a permis au comité de réplication de L’Abri en Ville de produire un guide destiné à informer des communautés souhaitant venir en aide aux personnes atteintes de maladie mentale. Le guide est

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disponible gratuitement en français et en anglais. « Nous faisons circuler l’information à l’intérieur du réseau, explique Audrey Bean, avant d’ajouter que « la publicité créée par la réception d’un prix de la Commission de la santé mentale du Canada permettra aux collectivités de partout au pays de se rendre compte que nous sommes ouverts à de nouvelles possibilités et que nous pouvons les aider. » ENSEIGNEMENTS ET ACQUIS

Plus de la moitié des membres du conseil d’administration de L’Abri en Ville agissent également comme bénévoles auprès des résidants, ce qui leur permet de comprendre ce que vivent les participants au quotidien. Cette proximité est au cœur de toutes les décisions, notamment celle de contenir l’ampleur du projet afin de conserver l’esprit chaleureux et l’engagement qui caractérisent cette petite communauté.

Afin d’assurer qu’aucun changement trop brusque ne vienne perturber l’atmosphère paisible qui règne à L’Abri en Ville, lorsqu’une place se libère, les résidants potentiels sont passés en entrevue pour assurer la compatibilité avec les deux autres colocataires. « La notion de communauté est présente à tous les niveaux de notre modèle, à commencer par la cohabitation de ces trois personnes, explique Audrey Bean. La vie en communauté ne pourrait être harmonieuse si le nouveau résidant était incompatible avec les deux autres. » Après l’entretien avec les coordonnateurs, le candidat rencontre les résidants. Si tout se passe bien, il ou elle retourne à l’appartement pour une discussion privée avec ses futurs colocataires. C’est à ce moment que la décision de vivre ensemble est prise.

Le conseil d’administration a jugé que la taille optimale qui assurerait le succès de l’initiative était de 100 personnes (comptant les résidants, les bénévoles et les coordonnateurs). « C’est assez grand pour amener de la diversité, mais assez petit pour préserver le caractère intime, renchérit Audrey Bean. Il est important que les résidants socialisent suffisamment pour être en mesure d’apprécier les petits plaisirs de l’intimité, tout en se sentant liés à une communauté où chaque personne compte.

De plus, en restreignant sa taille, la famille de L’Abri en Ville se donne la possibilité d’aider d’autres communautés souhaitant adopter le modèle de L’Abri [voir la section Incidence positive pour plus de détails].

L’AVENIR

L’Abri en Ville se renouvelle sans cesse et cherche constamment à améliorer la satisfaction des besoins des résidants, de sorte à enrichir toujours davantage la communauté qui définit ce modèle très simple.

Le travail de renouvellement est concentré sur deux secteurs clés. Tout d’abord, conscient que les bénévoles et les membres du conseil qui font partie de l’organisme depuis sa création se retireront un jour, le conseil d’administration ne ménage aucun effort pour attirer de nouveaux administrateurs autant que des équipes de bénévoles responsables des appartements. En second lieu, le répertoire de donateurs et de sources de financement est mis à jour et élargi.

Enfin, L’Abri en Ville s’engage à répondre aux demandes d’information de toute collectivité souhaitant répliquer son modèle de logement soutenu par la communauté.

By Séamus Smyth and Cathy Nickel Mental Health Commission of Canada

Références

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