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Usage des formes quadratiques dans la théorie des équations

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Academic year: 2022

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N OUVELLES ANNALES DE MATHÉMATIQUES

H. L AURENT

Usage des formes quadratiques dans la théorie des équations

Nouvelles annales de mathématiques 4e série, tome 1 (1901), p. 313-319

<http://www.numdam.org/item?id=NAM_1901_4_1__313_1>

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[BIO]

USAGE DES FORMES QUADRATIQUES DANS LA THÉORIE DES ÉQUATIONS;

PAR M. H. LAURENT.

Désignons par a,, a-,, . . . , « „ les racines d'une équa- tion de degré n à coefficients réels

ƒ ( * ) = <>, et p a r ,v0, s^ s2, . . . les sommes

Considérons la forme quadratique

-h o(aa) (-50-H -3ifl» + ^ • . + - / i - i ^ r1)2 = V.

Si les racines a , , a2? • • • s o n t toutes réelles, et si la fonction <f(x) est réelle, V sera tout décomposé en n carrés réels; mais si, parmi les racines a, il s'en trouve

(3)

(

3.4

)

d'imaginaires, on pourra encore décomposer V en n car- rés réels, mais une petite transformation sera néces- saire. Or, je dis qu'à chaque couple de racines ima- ginaires conjuguées correspondront deux carrés de signes contraires réels.

Supposons, en efïet, aK et a2 imaginaires conjuguées et soit

= P -+- Q v/--Ȕ on aura

Soit

- s o + « i - i - - " - aT[~l ~n-\ — X-h Y / — i;

on aura

zQ-\-a2Zi-h. ..-L-a%-lzn-.i = X-±- Y / — i,

et la somme de nos deux premiers carrés sera

+. (p _ Q / H l ) ( x - Y v / - T )2- P(X*-Y*)-4QXY, ce qui est bien une somme de carrés réels, l'un positif, l'autre négatif.

En second lieu, les carrés dont la somme fait V ne seront distincts que si les racines de ƒ = o sont i n é - gales, et V sera la somme de p carrés distincts si les racines de ƒ se réduiseut à JJI distincts, c'est-à-dire si Ton compte pour une un ensemble de A" racines égales.

Ceci posé, nous allons tirer de la remarque précé- dente une foule de conséquences plus ou moins inté- ressantes.

1. Supposons 'f(rt) = i; on aura

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( 3 i 5 )

Soient

cj le nombre des racines positives de f = o ; v le nombre des racines négatives;

2 I le nombre des racines imaginaires, abstraction faite de leur degré de multiplicité;

r = m -f- v le nombre des racines réelles ; P le nombre des carrés positifs ;

N le nombre des carrés négatifs de V = N s/sy Si+y décomposé en carrés réels.

On aura

r = P — N.

Et si l'on forme le polynôme en x

S0 X Sn-i

= X,

en appelant v le nombre de ses variations, on aura

et N sera égal à n — P — co, co désignant le nombre des racines nulles de X = o .

2. Prenons cp = x — a, on aura

Soient toujours

P le nombre des carrés positifs réels;

N le nombre des carrés négatifs de V ;

(5)

p le nombre des racines de f(x) = o supérieures à x;

p' le nombre des racines de f(x) = o inférieures à x.

On aura

N = I-*-p, P = I - p ' , N — P = ?—•?',

et, si Ton appelle P<, Nl ? pi, p', ce que deviennent P, N", p, p' quand on change x en # , ,

Ni = I -J-pi, P4= I — p'j,

et, par suite,

r — * i — p — ?i Î

donc le nombre des racines d e y = o comprises entre x etX\ est la différence entre le nombre des carrés posi- tifs que présentent les polynômes V(.r) et \(x{ ) ou, si Ton veut, la différence du nombre de variations des po- lynômes en t

I SQ.V Si — t S{T — S.2 . . . Sn - ! .r — S,, Si X — S-i S) T — .Sj t . . . SnOr — S/i-i

lorsque l'on suppose successivement J• — x, x = Xn lliéorème analogue au théorème de Sturm, et que j'ai donné dans mon Traité d'Algèbre.

3. Supposons toujours o = (x — a) et

le discriminant de V pourra se calculer de deux ma- nières :

i° Soit directement, et ce sera

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2° Soit en observant que le discriminant de

est égal à (x — a{ ) (x — #2)« • -(«^ — a>n) multiplié par le carré du déterminant de la substitution

S0 Si Sn-1

qui est égal à

en sorte que

il en résulte qui si D est différent de zéro, A — o sera une des formes de l'équation ƒ = o. Mais, si D — o , noire conclusion est inexacte.

Si f {oc) a toutes ses racines inégales, D ne sera pas nul etf(x) = o pourra être remplacé par A = o.

Si ƒ — o a une racine double, V se réduit à //. — i carrés, son discriminant A est nul, mais ses mineurs ne le sont pas, ce sont les discriminants de V obtenus on annulant la variable zn_{ et en faisant abstraction d'un carré correspondant à la racine double, mais en le doublant, en sorte que f = o débarrassé de sa racine double, ou plutôt îéduit à n'avoir plus cette racine qu'en qualité de racine simple, sera

S\X — S 0 — O,

et, en général, si F ( x ) = o désigne ce que devient ƒ = o quand toutes ses racines multiples sont rempla- cées par les mêmes racines réduites à être simples, F

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( 3i8 )

s'obtiendra en supprimant les p dernières lignes et les p dernières colonnes de A, p désignant le nombre des facteurs premiers de /'que l'on doit supprimer pour qu'ils deviennent simples.

Nous avons ainsi un moyen de supprimer les facteurs multiples d'une équation.

4. Si nous faisons v(x) = >

polynôme entier, nous trouvons

'l(x) désignant un

Le discriminant de V est i({a{) ty(a2). . ., c'est le premier membre de la résultante de f(x) = o et 'b(x) = o, on a donc

R =

f(ak) -à f'(ak)

et les fonctions symétriques qui sont les éléments du déterminant R sont très faciles à calculer.

2

-J.t/ k\ apk est le coefficient de - dans le quotient

11 y a, dans ce qui précède, non pas des théorèmes isolés, mais une véritable métbode que l'on peut appli- quer dans une foule de circonstances. Ainsi, dans l'exemple du n° 2, j'ai fait connaître un théorème ana- logue k celui de Sturm,'mais il existe une infinité de

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( 3 - 9 )

théorèmes analogues permettant de séparer les racines d'une équation algébrique; on peuten effet remplacer la fonction V par une quelconque des suivantes :

(x— a)a*P(zo-Jr- z{a a2t>

Enfin les considérations précédentes, en faisant usage du calcul intégral, peuvent s'appliquer également aux équations transcendantes, et même aux systèmes d'équa- tions à plusieurs inconnues. La méthode une fois indi- quée, le lecteur pourra considérablement augmenter le nombre des applications.

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