SESSION 2019
Concours commun Mines-Ponts
DEUXIÈME ÉPREUVE. FILIÈRE MP
A. Une propriété de Perron-Frobenius
1)Hn est symétrique réelle car pour tout(i, j)∈J0, n−1K2,h(n)i,j = 1
i+j+1 =h(n)j,i . SoitX= (xk)06k6n−1∈Mn,1(R).
tXHnX= X
06j,k6n−1
h(n)j,kxjxk= X
06j,k6n−1
1
j+k+1xjxk
= X
06j,k6n−1
xjxk
Z1 0
tj+kdt= Z1
0
X
06j,k6n−1
xjxktj+k
dt= Z1
0
n−1X
j=0
xjtj
n−1X
k=0
xktk
! dt
= Z1
0
X(t)e 2
dt>0.
De plus,
tXHnX=0⇔ Z1
0
X(t)e 2
dt=0
⇔∀t∈[0, 1], X(t)e 2
=0(fonction continue, positive, d’intégrale nulle)
⇔Xe=0(polynôme ayant une infinité de racines)
⇔∀k∈J0, n−1K, xk=0⇔X=0.
En résumé, pour tout X= (xk)06k6n−1 ∈Mn,1(R), tXHnX >0 et de plus,(tXHnX=0⇔X=0). La matriceHn est donc symétrique réelle et définie positive.
2)SoitX∈V.tXHnX=tX(ρnX) =ρntXX=ρnkXk2.
Réciproquement,Hnest symétrique réelle et doncHnest orthogonalement semblable à une matrice diagonale réelle d’après lé théorème spectral. SoientD=diag(λk)06k6n−1etP∈On(R)telles queHn=PDtP.
SoitX∈Mn,1(R)tel quetXHnX=ρnkXk2puisY =tPXde sorte queX=PY. PosonsY = (yk)06k6n−1.
0=ρnkXk2−tXHnX=ρnt(PY)PY−t(PY)Hn(PY) =tYtPPY−tYtPHnPY=ρntYY−tYDY
=ρn n−1X
k=0
y2k−
n−1X
k=0
λky2k=
n−1X
k=0
(ρn−λk)y2k.
Puisque ρn est la plus grande des valeurs propres de Hn, tous les termes de la somme ci-dessus sont positifs et donc cette somme est nulle si et seulement si pour toutk∈J0, n−1K, (ρn−λk)y2k =0. Ceci équivaut au fait que pour tout k∈J0, n−1K,(ρn−λk)yk=0ou encore pour toutk∈J0, n−1K, ρnyk=λkyk. Mais alors,ρnY=DYpuis
HnX=PDtPPY=PDY=ρnPY=ρnX et doncXest dansV.
Finalement, pour toutX∈Mn,1(R), X∈V ⇔tXHnX=ρnkXk2 . 3)tX0HnX0= X
06j,k6n−1
h(n)j,kxjxk6
X
06j,k6n−1
h(n)j,kxjxk
6 X
06j,k6n−1
h(n)j,k|xj| |xk|=t|X0|Hn|X0|.
Puisque X0∈V, en posantX= |X0|, tXHnX >tX0HnX0 =ρnkX0k2 =ρnkXk2. D’autre part, d’après un calcul de la question précédente,ρnkXk2>tXHnX (carρnkXk2−tXHnX=
n−1X
k=0
(ρn−λk)y2k >0) et finalementtXHnX=ρnkXk2. D’après la question 2),|X0|=Xest dansV.
4)Les composantes de|X0|sont positives et non toutes nulles et les coefficients deHn sont strictement positifs. Donc, les composantes deHn|X0|sont strictement positives et en particulier, ces composantes sont toutes non nulles.
Les valeurs propres deHn sont strictement positives carHn est définie positive. En particulier,ρn> 0.
Puisque |X0| est dansV, on a |X0|= 1 ρn
Hn|X0|. On en déduit que les composantes de |X0| sont strictement positives et donc que les composantes deX0sont toutes non nulles.
5) En tant que sous-espace propre, V n’est pas réduit à {0}. Soit X0 = x(0)k
06k6n−1 un vecteur non nul de V. Soit X= (xk)06k6n−1un vecteur quelconque deV. PuisqueV est un sous-espace vectoriel deMn,1(R), le vecteurx0X0−x(0)0 X est encore un vecteur de V et sa première composante est nulle. D’après la question précédente, x0X0−x(0)0 X = 0, ce vecteur ne pouvant être non nul. La famille(X, X0)est donc liée puisX∈Vect(X0).
Ainsi,V ⊂Vect(X0)puisV =Vect(X0). Donc,V est de dimension1.
B. Inégalité de Hilbert
6)PosonsP= Xp
k=0
akXk. SoitQ= Xp
k=0
ak
k+1Xk+1de sorte queQ′=P.
Zπ 0
P eiθ
eiθdθ= Xp
k=0
ak
Zπ 0
ei(k+1)θ dθ= Xp
k=0
ak
ei(k+1)π−1 i(k+1)
= −i Xp
k=0
ak
k+1(−1)k+1− Xp
k=0
ak
k+1
!
=i(Q(1) −Q(−1)) =i Z1
−1
P(t)dt.
Donc,
Z1
−1
P(t)dt =
Zπ 0
P eiθ eiθdθ
6
Zπ 0
P eiθeiθ dθ= Zπ
0
P eiθ dθ.
En appliquant au polynômeP=Xe2, on obtient
tXHnX= Z1
0
X(t)e 2
dt6 Z1
−1
X(t)e 2
dt=
Z1
−1
X(t)e 2
dt 6
Zπ 0
eX2 eiθ dθ= Zπ
0
eX eiθ
2
dθ.
7) Ensuite, puisque Xe est à coefficients réels, pour tout réel θ, X ee −iθ
= Xe(eiθ). La fonction θ 7→ eX eiθ
2
= X ee iθ eX e−iθ
est donc paire puis
tXHnX6 Zπ
0
eX eiθ
2
dθ= 1 2
Zπ
−π
eX eiθ
2
dθ= 1 2
Zπ
−π n−1X
k=0
xkeikθ
! n−1 X
l=0
xle−ilθ
! dθ
= 1 2
X
06k,l6n−1
xkxl Z2π
0
ei(k−l)θdθ
= 1 2
n−1X
k=0
x2k Z2π
0
dθ+X
k6=l
xkxl
Z2π 0
ei(k−l)θdθ
= 1 2
n−1X
k=0
2πx2k+0
!
=π
n−1X
k=0
x2k
=πkXk2.
8)Soitn∈N∗. SoitX∈Mn,1(R)un vecteur propre associé à la valeur propreρn.tXHnX=tX(ρnX) =ρnkXk2et donc ρnkXk26πkXk2.Xn’est pas nul et donckXk2> 0. Après simplification parkXk2, on obtientρn6π. Donc,
∀n∈N∗, ρn 6π.
Soitn∈N∗. SoitXn= (xk)06k6n−1∈Mn,1(R)un vecteur propre deHnassocié àρn. SoitX= Xn
0
= (xk′)06k6n∈ Mn+1,1(R).
ρnkXnk2=tXnHnXn= X
06j,k6n−1
h(n)j,kxkxl= X
06j,k6n
h(n+1)j,k xk′xl′=tXHn+1X 6ρn+1kXk2=ρn+1kXnk2.
Après simplification par le réel strictement positifkXnk2, on obtientρn 6ρn+1. La suite(ρn)n>1est donc croissante.
Ainsi, la suite(ρn)n>1est croissante et majorée parπ. On en déduit que la suite (ρn)n>1est convergente.
C. Un opérateur intégral
9) • Soient f ∈ E et n ∈N∗. Pour chaque k ∈J0, n−1K et chaquet ∈ [0, 1[, tkf(t) = tk|f(t)| 6|f(t)| et donc, pour chaquek∈J0, n−1K, la fonction t7→tkf(t)est continue par morceaux et intégrable sur[0, 1[. Par suite, pour chaquex de[0, 1[, on peut écrire
Tn(f)(x) =
n−1X
k=0
Z1 0
tkf(t)dt
! xk.
Tn(f)est donc une fonction polynomiale sur [0, 1[. En particulier,Tn(f)est continue et intégrable sur[0, 1[. Ceci montre queTn est une application deEdansE.
•Soitn∈N∗. Soient(f, g)∈E2 et(α, β)∈R2. Pourx∈[0, 1[,
Tn(αf+βg)(x) = Z1
0
Kn(xt) (αf(t) +βg(t))dt=α Z1
0
Kn(xt)f(t)dt+β Z1
0
Kn(xt)g(t)dt= (αTn(f) +βTn(g)) (x).
Par suite,Tn(αf+βg) =αTn(f) +βTn(g).Tn est donc linéaire puisTn est un endomorphisme deE.
• L’application (P, Q)7→
Z1 0
P(t)Q(t) dt est un produit scalaire sur Rn[X]. Pour ce produit scalaire,(Rn−1[X])⊥ est de dimension1 et en particulier n’est pas réduit à{0}. Soit fun élément non nul de cet orthogonal. Par construction, pour toutk∈J0, n−1K,
Z1 0
tkf(t)dt=0puisTn(f) =0.
fest un élément non nul deE tel queTn(f) =0. Donc,Tn admet0pour valeur propre.
10)SoitX= (xk)06k6n−1∈Mn,1(R). Pourx∈[0, 1[, posonsY(x) = xk
06k6n−1∈Mn,1(R).
Tn
Xe (x) =
Z1 0
n−1X
k=0
tkxk
! n−1 X
l=0
xltl
! dt
= X
06k,l6n−1
xkxl
Z1 0
tk+ldt= X
06k,l6n−1
xkxl k+l+1
=t(Y(x))HnX.
• On sait que les valeurs propres de Hn sont des réels strictement positifs. Soient λ une valeur propre de Hn puisX un vecteur propre associé. Pour toutxde[0, 1[,
Tn Xe
(x) =t(Y(x))HnX=λt(Y(x))X=λ
n−1X
k=0
xkxk=λX(x)e et donc Tn
Xe
= λX. Enfin,e X n’est pas nul et donc Xe n’est pas le polynôme nul et en particulier admet un nombre fini de racines. La fonctiont 7→X(t)e n’est pas la fonction nulle sur [0, 1[. Ainsi, Xe est un élément non nul de E tel que Tn
Xe
=λX. Ceci montre quee λest valeur propre deTn.
• Soitλ une valeur propre non nulle deTn. Donc, il existe f∈E\ {0}tel que Tn(f) =λf. Puisque λ6=0, on peut écrire f= 1
λTn(f) =Tn
1 λf
∈Im(Tn). D’après la question précédente, Im(Tn)⊂Rn−1[X]et donc fest un polynôme non nul de degré inférieur ou égal àn−1. Soienta0, . . . ,an−1, les coefficients defpuisX= (ak)06k6n−1.Xest un élément non nul deMn,1(R)et f=X. Pour toute xde[0, 1[,t(Y(x))HnX=Tn
Xe
(x) =λeX(x)et donc
∀x∈[0, 1[, λ
n−1X
k=0
akxk = X
06k,l6n−1
xkxl
k+l+1.
Les égalités ci-dessus étant vraies pour une infinité de valeurs dex, on en déduit que les polynômes sont égaux et donc que∀k∈J0, n−1K,
n−1X
l=0
xl
k+l+1 =λxk puis queHnX=λX. PuisqueXn’est pas nul,λest valeur propre deHn. On a montré queTn etHn ont les mêmes valeurs propres non nulles. En particulier,ρn est une valeur propre deTn. 11)•Soitϕ∈A. Tn(ϕ)est un polynôme qui se prolonge en une fonction continue sur[0, 1]et 1
ϕ est continue sur]0, 1[
et se prolonge en une fonction continue sur ]0, 1[. Donc, 1
ϕTn(ϕ) est continue sur ]0, 1[ et se prolonge en une fonction continue sur le segment[0, 1]. Donc, sup
]0,1[
1 ϕTn(ϕ)
existe dansR.
• D’après la partie A,Hn admet au moins un vecteur propreX associé à la valeur propreρn dont les composantes sont strictement positives.f=Xeest alors un vecteur propre deTn associé à la valeur propreρn qui est un polynôme dont les coefficients sont strictement positifs. Pour toutx∈[0, 1], ρnf(x) =Tn(f)(x) =
Z1 0
Kn(xt)f(t)dt.
Soit alorsϕ ∈ A. La fonction g= f
ϕ, prolongée par continuité en 0 et 1, est continue et positive sur et non nulle sur [0, 1]. Pour tout x∈]0, 1[,
|ρng(x)|=ρn
f(x) ϕ(x) =
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t) ϕ(x)
f(t) ϕ(t) dt=
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t) ϕ(x)
|g(t)|dt 6kgk∞
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)
ϕ(x) dt6kgk∞ sup
u∈]0,1[
Z1 0
Kn(ut)ϕ(t) ϕ(u) dt.
La fonctiongest continue sur le segment [0, 1]. Donc, il existe x0∈[0, 1] tel que|g(x0)|= kgk∞. Pour x=x0, on a en particulierρnkgk∞ 6kgk∞ sup
u∈]0,1[
Z1 0
Kn(ut)ϕ(t)
ϕ(u) dtpuisρn 6 sup
u∈[0,1]
Z1 0
Kn(ut)ϕ(t)
ϕ(u) dt= sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt carkgk∞> 0.
Ainsi,∀ϕ∈A, ρn6 sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt.ρn est un minorant deE =
sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt, ϕ∈A
. Inf(E)étant le plus grand de ces minorants, on a montré que
ρn 6 inf
ϕ∈A sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt.
• On reprend la fonction f du paragraphe précédent. Puisque les coefficients du polynôme f sont strictement positifs, f est en fait un élément de A. De plus, pour tout x ∈ [0, 1[, ρnf(x) = Tn(f)(x) =
Z1 0
Kn(xt)f(t) dt et donc la fonction x7→ 1
f(x) Z1
0
Kn(xt)f(t)dtest constante sur ]0, 1[, égale àρn. fest un élément deA tel que ρn= sup
x∈]0,1[
1 f(x)
Z1 0
Kn(xt)f(t)dt et donc ρn = inf
ϕ∈A sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt= Min
ϕ∈A sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt.
D. Une majoration explicite des rayons spectraux
12)Soita∈]0, 1[. Soit Φn : ]0, a]×[0, 1[ → R (x, t) 7→ tnϕ(t)
1−tx
de sorte que pour toutx∈]0, a], Jn(x) = Z1
0
Pn(x, t)dt.
•Pour chaquex∈]0, a], la fonctiont7→Φn(x, t)est continue par morceaux et intégrable sur[0, 1[car tnϕ(t)
1−tx ∼
t→1
ϕ(t) 1−x > 0.
•La fonctionΦn admet sur]0, a]×[0, 1[ une dérivée partielle par rapport à sa première variablexdéfinie par :
∀(x, t)∈]0, a]×[0, 1[, ∂Φn
∂x (x, t) = tn+1ϕ(t)
(1−tx)2. De plus, - pour chaquex∈]0, a], la fonctiont7→ ∂Φn
∂x (x, t)est continue par morceaux sur[0, 1[, - pour chaquet∈[0, 1[, la fonctionx7→ ∂Φn
∂x (x, t)est continue par morceaux sur ]0, a], - pour chaque(x, t)∈]0, a]×[0, 1[, la fonction
∂Φn
∂x (x, t)
= tn+1ϕ(t)
(1−tx)2 6 ϕ(t)
(1−a)2 qui est une fonction det, continue par morceaux, positive et intégrable sur[0, 1[.
D’après le théorème de dérivation des intégrales à paramètres, la fonctionJn est dérivable sur]0, a]et sa dérivée s’obtient par dérivation sous le signe somme. Ceci étant vrai pour touta∈[0, 1[, on a montré que la fonctionJn est dérivable sur ]0, 1[ et
∀x∈[0, 1[, Jn′(x) = Z1
0
tn+1ϕ(t) (1−tx)2 dt.
Pourx∈]0, 1[, on a alors xJn′(x) +Jn(x) =
Z1 0
xtn+1ϕ(t) (1−tx)2 dt+
Z1 0
tnϕ(t) 1−tx dt=
Z1 0
tn(xt+1−xt)ϕ(t) (1−tx)2 dt=
Z1 0
tnϕ(t) (1−tx)2 dt.
13)Soitn>1 etx∈]0, 1[. Une intégration par parties, licite au vu des hypothèses faites surϕ, fournit
n(Jn(x) −Jn−1(x)) = Z1
0
ntn−1(t−1)ϕ(t) 1−tx dt=
tn(t−1)ϕ(t) 1−tx
1 0
− Z1
0
tn
(t−1)ϕ′(t) +ϕ(t)
1−tx +x(t−1)ϕ(t) (1−tx)2
dt
= − Z1
0
tn((1−tx) +x(t−1))ϕ(t) (1−tx)2 dt+
Z1 0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt
= (x−1) Z1
0
tnϕ(t) (1−tx)2 dt+
Z1 0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt, et donc
nJn(x) =c+nJn−1(x) + (x−1) Z1
0
tnϕ(t) (1−tx)2 dt+
Z1 0
tn(1−t)ϕ′(t)
1−tx dtavecc=0.
Sin=0,
Z1 0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt=
Z1 0
(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt=
1−t 1−txϕ(t)
1 0
− Z1
0
x−1
(1−tx)2ϕ(t)dt
= −ϕ(0) − (x−1) Z1
0
ϕ(t) (1−tx)2 dt et doncϕ(0) + (x−1)
Z1 0
ϕ(t)
(1−tx)2 dt+ Z1
0
tn(1−t)ϕ′(t)
1−tx dt=0. L’égalité reste vraie quand n=0 avec la convention 0J−1(x) =0et avecc=ϕ(0),.
14)Soitx∈]0, 1[. D’après les deux questions précédentes,
x(1−x)Jn′(x) = −(x−1) Z1
0
tnϕ(t)
(1−tx)2 dt+ (x−1)Jn(x)
= −nJn(x) +c+nJn−1(x) + Z1
0
tn(1−t)ϕ′(t)
1−tx dt+ (x−1)Jn(x)
= (−n+x−1)Jn(x) +c+ Z1
0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt+n
Z1 0
tn−1(1−tx+tx)ϕ(t)
1−tx dt
= (−n+x−1)Jn(x) +c+ Z1
0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt+n
Z1 0
tn−1ϕ(t)dt+nx Z1
0
tnϕ(t) 1−tx dt
= (nx−n+x−1)Jn(x) +c+ Z1
0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt+n
Z1 0
tn−1ϕ(t)dt
=c+ (n+1)(x−1)Jn(x) +n Z1
0
tn−1ϕ(t)dt+ Z1
0
tn(1−t)ϕ′(t) 1−tx dt.
15)On note(E)l’équation considérée. Puisque la fonctiont7→ γ
1−t est continue sur[0, 1[, les solutions de (E)sur[0, 1[
constituent unR-espace de dimension1. La fonctionf0 : t7→(1−t)γ est une solution non nulle de(E)sur[0, 1[et donc les solutions de(E)sur [0, 1[sont les fonctions de la formey : t7→λ(1−t)γ,λ∈R.
yest strictement positive sur]0, 1[si et seulement siλ > 0. 1
y se prolonge en une fonction continue sur[0, 1]si et seulement siγ60. Ensuite, (1−t)y(t) =λ(1−t)γ+1et donc(1−t)y(t) →
t→10 si et seulement siγ >−1.
Réciproquement, siλ > 0et−1 < γ60,yest continue et intégrable sur[0, 1[, strictement positive sur]0, 1[, 1
y se prolonge en une fonction continue sur[0, 1]et (1−t)y(t) →
t→10.
16)Soitn>1. Soitγ∈] −1, 0]. Pour tout réel t,ϕ(t) = (1−t)γ. Pour toutx∈]0, 1[, Φn(x) = xnJn(x)
ϕ(x) =xnJn(x)(1−x)−γ.
Φn est dérivable sur[0, 1[en tant que quotient de fonctions dérivables sur[0, 1[dont le dénominateur ne s’annule pas sur [0, 1[. Pourx∈]0, 1[,
Φn′(x) =nxn−1Jn(x)(1−x)−γ+xnJn′(x)(1−x)−γ+γxnJn(x)(1−x)−γ−1
= n
x + γ 1−x
xnJn(x)
(1−x)γ + xn−1
(1−x)γ+1x(1−x)Jn′(x)
= n
x + γ 1−x
Φn(x) + xn−1
(1−x)γ+1 1+ (n+1)(x−1)Jn(x) +n Z1
0
tn−1(1−t)γdt− Z1
0
γtn(1−t)γ 1−tx dt
!
= n
x + γ 1−x
Φn(x) − (n+1)Φn(x)
x + xn−1 (1−x)γ+1
1+ nΓ(n)Γ(γ+1)
Γ(n+γ+1) −γJn(x)
=
−1 x+ γ
1−x
Φn(x) − γΦn(x)
x(1−x)+ xn−1 (1−x)γ+1
1+ nΓ(n)Γ(γ+1) Γ(n+γ+1)
=
−(1−x) +γx−γ 1−x
Φn(x)
x +
1+ n!
(γ+1)(γ+2). . .(γ+n)
xn−1 (1−x)γ+1
= −(γ+1)Φn(x) x +cn
xn−1 (1−x)γ+1. en posantcn =1+ n!
(γ+1)(γ+2). . .(γ+n) pour n>1 etc0=0.
17)Soitn>1. Les résultats des questions 12) à 16) sont encore valable à l’identique sur[0, 1[:Jn puisΦn sont dérivables sur[0, 1[. Ensuite,
∀x∈[0, 1[, Φn′(x) = −(γ+1)Φn(x) x +cn
xn−1
(1−x)γ+1 ⇒∀x∈]0, 1[, xΦn′(x) + (γ+1)Φn(x) =cn
xn (1−x)γ+1
⇒∀x∈[0, 1[, xγ+1Φn′(x) + (γ+1)xγΦn(x) =cn xn+γ (1−x)γ+1
⇒∀x∈[0, 1[, xγ+1Φn′
(x) =cn
xn+γ (1−x)γ+1
⇒∀x∈[0, 1[, xγ+1Φn(x) −0Φn(0) =cn Zx
0
tn+γ (1−t)1+γ dt (0γ+1=0carγ >−1)
⇒∀x∈]0, 1[, Φn(x) = cn
xγ+1 Zx
0
tn+γ (1−t)1+γ dt.
18)Soientn>1et x∈]0, 1[.
rn(x) = 1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt= 1 ϕ(x)
Z1 0
1− (tx)n
1−tx ϕ(t)dt= 1 ϕ(x)
Z1 0
ϕ(t)
1−tx dt− xn ϕ(x)
Z1 0
tnϕ(t) 1−tx dt
= J0(x)
ϕ(x) − xnJn(x)
ϕ(x) =Φ0(x) −Φn(x) = c0 xγ+1
Zx 0
tγ
(1−t)1+γ dt− cn xγ+1
Zx 0
tn+γ (1−t)1+γ dt.
En posantγ= −α, on a encorecn = n!
(1−α)(2−α). . .(n−α)=θn puis 1
ϕ(x) Z1
0
Kn(xt)ϕ(t)dt=rn(x) = 1 x1−α
Zx 0
t−α
(1−t)1−α dt− θn
x1−α Zx
0
tn−α (1−t)1−α dt
= 1
x1−α Zx
0
1−θntn tα(1−t)1−α dt.
Pour chaqueγ∈] −1, 0[, la fonctionϕγ : t7→(1−t)γest dans A. De plus,γ décrit] −1, 0[si et seulement siαdécrit ]0, 1[. Donc,
ρn 6 inf
ϕ∈A sup
x∈]0,1[
1 ϕ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕ(t)dt 6 inf
γ∈]−1,0[ sup
x∈]0,1[
1 ϕγ(x)
Z1 0
Kn(xt)ϕγ(t)dt= inf
α∈]0,1[ sup
x∈]0,1[
1 x1−α
Zx 0
1−θntn tα(1−t)1−α dt.
19)ρn6 inf
α∈]0,1[θ(1−α)/nn
Zθ−n1/n 0
1
tα(1−t)1−α dt6θ(1−
1 2)/n n
Zθ−n1/n 0
1
t12(1−t)1−12 dt=θ
1
n2n
Zθ−n1/n 0
p 1
t(1−t) dt.
Quandα= 1
2,θn= n!
1− 1
2 2−1 2
. . .
n− 1
2
= 2nn!
1×3×. . .×(2n−1) = 2nn!(2×4×. . .×(2n))
(2n)! = 22nn!2 (2n)! puis θ1/(2n)n =ωn. Ensuite, en posantu=√
tet donct=u2,dt=2u du, on obtient Zθ−1/nn
0
p 1
t(1−t) dt=2 Zθ−2/nn
0
√ 1
1−u2 du=2[Arcsin(u)]ω0−n1 =2Arcsin 1
ωn
, et donc
ρn 62ωnArcsin 1
ωn
. 20)D’après la formule deStirling,
ω2nn =22n n!2 (2n)! ∼
n→+∞22n n
e 2n
2πn 2n
e 2n√
4πn
=√ nπ
puis
ωn= ω2nn 2n1
n→=+∞
e2n1 ln(√nπ+o(√n)) =
n→+∞
e
ln(√nπ)
2n +o
ln(√nπ)
2n
n→=+∞1+ ln √ nπ
2n +o ln √ nπ 2n
!
et donc
ωn−1 ∼
n→+∞
ln √ nπ
2n = ln √ n
+ln √ π
2n ∼
n→+∞
ln √ n
2n = ln(n) 4n . En particulier,ωnn→→+∞1 puis 1
2
π−2ωnArcsin 1
ωn
n→→+∞
1 2
π−2×1×π 2
=0. D’autre part, pourngrand
ωn−1 > 0et donc0 < 1 ωn
< 1de sorte que Arcsin 1
ωn
existe. On en déduit que 1
2
π−2ωnArcsin 1
ωn
n→∼+∞sin π
2 −ωnArcsin 1
ωn
=cos
ωnArcsin 1
ωn
n→∼+∞cos
Arcsin 1
ωn
= s
1− 1 ω2n =
s(ωn−1) (ωn+1) ω2n
n→∼+∞
rln(n)×2
4n =
rln(n) 2n . Finalement,
π−2ωnArcsin 1
ωn
n→∼+∞
r2ln(n) n .