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Submitted on 1 Jan 1974
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Étude comparative des sections efficaces d’élargissement et de dépolarisation par collisions
J. Butaux, F. Schuller, R. Lennuier
To cite this version:
J. Butaux, F. Schuller, R. Lennuier. Étude comparative des sections efficaces d’élargissement et de dépolarisation par collisions. Journal de Physique, 1974, 35 (4), pp.361-364.
�10.1051/jphys:01974003504036100�. �jpa-00208157�
ÉTUDE COMPARATIVE DES SECTIONS EFFICACES D’ÉLARGISSEMENT
ET DE DÉPOLARISATION PAR COLLISIONS
J.
BUTAUX,
F. SCHULLER(*)
et R. LENNUIERDépartement
de RecherchesPhysiques (**),
Université Pierre et MarieCurie, 4, place Jussieu,
Tour
22,
75230 Paris Cedex 05 France(Reçu
le 26janvier 1973,
révisé le 29 novembre1973)
’Résumé. 2014 On écrit les expressions des sections efficaces d’orientation et d’alignement, dans
le cadre du modèle considéré précédemment pour le calcul de la section optique. On montre comment la comparaison de ces sections permet d’obtenir des informations sur les potentiels.
Abstract. 2014 We write down the expressions of the cross-sections for orientation and alignment, using the model considered previously for the calculation of the optical cross-section. We show that the comparison of these cross-sections can give information about interaction potentials.
Classification ’
Physics Abstracts
5.280
Dans un
précédent
article[1 ],
nous avons étudié l’influence del’anisotropie
dupotentiel
d’interactionsur
l’élargissement
et ledéplacement,
parcollisions,
des raiesspectrales.
Nous nous sommes intéressésen
particulier
au cas de la raie de résonance /). = 2 537À
du mercure(isotopes pairs)
enprésence
de gaz nobles.
L’anisotropie
dupotentiel
est par ailleurs la causedirecte de la relaxation des observables orientation et
alignement [2], [3], [4].
Il existedonc,
dans unecertaine mesure, un lien entre les sections efficaces
d’élargissement
et dedéplacement
desprofils d’absorp-
tion et celles concernant la
dépolarisation
de laradiation de résonance. Cela a fait
l’objet
d’uneétude très détaillée de Rebane
[5] qui
toutefois selimite à un
potentiel
de London.Dans notre étude sur les
profils d’absorption,
lessections ef&caces «
optiques »
ont été calculéesanalyti- quement
pour unpotentiel
detype plus général [1].
Nous nous proposons d’écrire ici les
expressions correspondantes
pour les sections efficaces dedépola-
risation. Ces
expressions
s’identifient d’ailleurs dansun certain nombre de cas
particuliers
à celles établiesprécédemment
par Omont[2]
et Faroux[4].
Cet article constitue un
complément
aupremier ;
il en conserve les notations
qui
ne seront donc pas toutesprécisées
à nouveau ici.(**) Laboratoire associé au CNRS (n° 71).
1.
Expression générale
des sections efficaces diffé- rentielles associées aux diverses composantes de ten-seurs irréductibles. - Considérons une
grandeur 0.,
assimilable à une composante d’unopérateur
tensorielirréductible,
et supposons que les éléments de matrice évoluent sous l’influence descollisions,
l’étude de cette évolution se faisant selon lesprincipes
énoncésdans la théorie d’Anderson.
On sait que la relation :
décrit la
dépendance
des éléments de matrice parrapport
aux nombresquantiques magnétiques Ml
et
M2.
Par
ailleurs,
une collision sera caractérisée par leparamètre d’impact b,
la vitesse initiale v et la direction initiale de latrajectoire.
En effectuant une moyennesur toutes ces
directions,
onpeut
alors calculerl’accroissement, correspondant
à unecollision,
d’unélément de matrice :
aj(b) joue
le rôle d’une section efficacedifférentielle,
la section efficace totale étant
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01974003504036100
362
Jj(b) s’exprime
en fonction d’éléments de matrice del’opérateur
d’évolutionT, opérateur
défini par rapport au référentiel « de collision »(axe
Ozparallèle
à la direction initiale de la
trajectoire) [7]
CAS PARTICULIERS:
1.1 SECTION EFFICACE « OPTIQUE ». - On consi- dère une transition
dipolaire électrique
entre lesniveaux de nombres
quantiques
a;J;
et afJf.
La for-mule
(1)
où l’on fait J = 1conduit,
pour la section différentielle(JOPT(b),
à la formule d’Anderson[6].
1.2 SECTIONS EFFICACES DE DÉPOLARISATION. - L’état excité de nombres
quantiques
afJf
est décritpar une matrice densité que l’on
peut exprimer
parune somme de composantes de tenseurs irréductibles :
Les sections différentielles
correspondantes
s’obtien-nent en
remplaçant
dans(1), JI
etJ2
parJf,
cequi
donne sous une forme un peu
différente ,
le résultat obtenu par Omont[3].
Pour un niveauJf
= 1 on aainsi les sections différentielles :
al(b):
section différentielle pour la relaxation del’orientation, (JoR(b) ;
(J 2(b):
section différentielle pour la relaxation del’alignement, uAL(b).
2. Etude des méthodes
d’approximation
dans le casd’un niveau J = 1. - On peut, pour les valeurs extrêmes du
paramètre d’impact,
obtenir des expres- sionsapprochées simples
pour les éléments de matrice del’opérateur Tf
introduit dans l’articleprécédent [1].
2.1 APPROXIMATION « SCALAIRE » OU « SOUDAINE ».
- A
partir
del’expression
deT’, .) [7]
on obtientpour la
partie
réelle de la section efficaceoptique :
Les
quantités il’ ), il(),
111 et I ont été définies dans la référence[1].
Cetteexpression, rappelons-le,
s’iden-tifie à la formule
(4a)
de l’articleprécédent
où l’onne conserverait que les termes du
premier
ordrepar
rapport
àl’anisotropie.
D’autre
part,
on obtient :2.2 APPROXIMATION ADIABATIQUE. - Elle consti- tue un cas limite
important
d’unpoint
de vuegénéral,
et c’est ellequi permet
deprévoir quali-
tativement que
l’approximation
scalairequi
serautilisée ici se
justifie
mieux dans le cas des sections«
optiques »
que dans celui des sections dedépolarisa-
tion.
L’expression
deT(+ [7]
conduit à(ces
deux dernières valeurs ontdéjà
été obtenues par Faroux[4]).
Ces résultats
appellent
un commentaire. Bien que pour les faibles valeurs deb,
il convienne d’utiliserl’approximation adiabatique,
onpeut
se demanderquelle
seraitl’importance
de l’erreur commise enétendant
l’approximation
soudainejusque
dans cedomaine. Il faut alors comparer les sections efficaces différentielles dans les deux cas, étant entendu que s’il y a lieu on comparera les valeurs moyennes.
Si,
pour la section
optique,
ces valeurs sontidentiques
dans le cas de
l’approximation
soudaine et del’appro-
ximation
adiabatique,
il n’en est pas de même pour les sections d’orientation etd’alignement.
Onpeut
donc penser, ainsi que nousl’annoncions, qu’un
calcul des sections efficaces totales à
partir
de laseule
approximation
soudaine est mieuxjustifié
dansle cas de UOPT que dans celui de 6oR et (J AL. Dans le dernier cas, il faut s’attendre à trouver ainsi une
valeur trop faible.
D’autre part, dans les calculs
plus
détaillés de Faroux[4],
ilapparaît
que la section totale (J OR est moins sensible que (J AL auxapproximations
utilisées. C’est donc 6oR que nous allons
comparer
maintenant à 3le
(UOPT),
en nouslimitant, malgré
les remarques
qui
viennent d’êtrefaites,
àl’approxima-
tion soudaine.
3.
Comparaison,
pour despotentiels particuliers,
des sections efficaces Re
(QOPT)
et D’OR- - Nousallons,
à titre
d’exemple, expliciter
les formules(2)
et(3)
dans le cas d’un
potentiel
de London et dans celuid’un
potentiel
de Lennard-Jones.3.1 POTENTIEL DE LONDON. -
Représentons
l’interaction entre l’atome « actif » et l’atome pertur- bateur par un
potentiel
de London :Le coefficient relatif à l’état de base sera
désigné
par
C6
et les coefficients relatifs à l’état excité parc2
etCI [1].
Nous caractérisonsl’anisotropie
dupotentiel
dans l’état excité par lerapport
y =C2/C¿
et
l’importance
de cepotentiel
par rapport à celui dans l’état de base par leparamètre p
=C’IC’
On obtient les
expressions
suivantes :cette dernière étant
analogue
à celle obtenue par Omont[3].
Les coefficients A sont définis ainsi :
B /
Ces
expressions
conduisent au rapport des sections efficaces totales :Ce rapport peut
s’exprimer
en fonction duparamètre q
introduit par Rebane
[5], paramètre qui,
avec nosnotations,
est donné par :Soit :
Cette fonction est
représentée
par la courbe de lafigure 1,
dont l’allure est la même que celle de la courbe obtenue par Rebane à la suite d’un calculnumérique.
3.2 POTENTIEL DE LENNARD-JONES. - Les
poten-
tiels d’interaction étant de la forme
FIG. 1.
nous définissons de
façon analogue à p
et y les gran- deurscorrespondantes :
le
rapport
3leIUOPTIIUOR s’exprime
defaçon simple
en fonction des
intégrales B (a)
calculées par Hind- marsh[8],
et l’on obtient:Les
quantités
intervenant dans QoR ont des définitionsanalogues
à cellesqui figurent
dans jte(UIOPT)
àsavoir :
4. Résultats
expérimentaux
et discussion. - Nousavons déterminé les sections efficaces
d’élargisse-
ment et de
déplacement
de la raie de résonance2 537
A
du mercure enprésence
de gaz nobles[7].
Les sections efficaces
pour la
relaxation de l’orienta- tion et del’alignement
ont été mesurées par Faroux[4].
Le tableau suivant
rappelle
les résultatsqui
seront364
utilisés ici
(le
cas de l’hélium étantsystématiquement exclu) :
Les valeurs
expérimentales
de ’lie(O"oPT)j.lm (6oPT)
ne peuvent pas être
interprétées
à l’aide d’unsimple potentiel
deLondon,
mêmeanisotrope ;
elles pour- raient l’être par unpotentiel
du type Lennard-Jonesisotrope
mais l’existence de la relaxation de l’orienta- tion et del’alignement
exclut ce modèle. On est ainsi. conduit à
envisager
unpotentiel
de Lennard-Jonesanisotrope.
Nous avons montré dans[1] ] qu’ayant
choisi le
paramètre 00FF (raisonnablement
fixé à6),
àchaque
valeur arbitrairement fixée dey’
les valeursexpérimentales
de :Re(aOPT)
et. de Jm((J’OPT)
fontcorrespondre
unjeu
de coefficientsC6, Co, CI2, Cf2,
du
potentiel
de Lennard-Jonesanisotrope.
Letableau II de l’article
[1]
faitapparaître
que les valeurs deCl 12
etC’2,
ainsi que celles de la moyennet(CP2
+ 212), dépendent
notablement dey’.
D’où l’intérêt d’une détermination de
y’
faisantappel
aux valeursexpérimentales
de UOR oumieux,
en éliminant ainsi des termes
inutiles,
de:Re ((J’ OPT)/(J’ OR.
On calculera à
partir
del’expression (5)
les valeurs de ce rapportauxquelles
conduisent divers choix dey’ ;
la confrontation avec les résultatsexpérimen-
taux sera une indication des valeurs
acceptables
pour
y’.
Un calcul
numérique,
effectué pour lescouples Hg-Kr
etHg-Xe,
nous apermis
de tester la sensibilité de la méthode. Ce calcul montre que ’ile(UOIT)
variepeu avec
y’
tant que ce coefficient ne s’écarte pas notablement de 1.Quant
à crop.proportionnelle
à:T- 1/5 Q 4 215 B(,x4)
+Q 5 2@5 B(’X5)
+Q 6 2@5 B(X6)
elle
dépend
dey’ par
le crochetprécédent,
où a4, a5, a6 sontproportionnels
àT’II(L - y’).
Ce
crochet, indépendant
de Tlorsque y’
= 1(seule
la branche attractive est alors relaxante pourl’orientation),
ne varie que dequelques
pour centlorsque
T passe de 300 K à 900 K siy’ = 1,1
ou1,2 -
cequi
estcompatible
avecl’expérience (4).
Par contre, à T = 300 K par
exemple,
la valeur du crochet varie considérablement(de
15 à 25%) lorsque y’
passe de 1 à0,9
ou1,1.
La méthode est donc sus-ceptible
de décider de l’existence d’uneanisotropie
de la branche
répulsive.
Appliquée
aux diversperturbateurs
considérésdans le
tableau,
elle conduit à des valeurs dey’
del’ordre de
1,1 à 1,2.
Il estpermis
d’en conclure que, pour lescouples
enquestion,
il existeprobablement
une
anisotropie
de la brancherépulsive
caractérisée pary’
> 1.Toutefois,
étant données les différentesapproximations
que - nous utilisons et enparticulier
celle des
trajectoires rectilignes,
nous considéronsce
qui précède
comme n’étantqu’une première approche qui
illustre lapossibilité d’exploiter
à lafois les études de
profils
spectraux et les mesures dedépolarisation
dans la recherche d’informations surles
potentiels
d’interaction.Une
généralisation
souhaitable de cette étude serait cellequi
d’une part s’affranchirait del’approxi-
mation soudaine
(permettant
ainsid’exploiter
lesrésultats concernant
a,,,)
et d’autre part abandon- neraitl’hypothèse
destrajectoires rectilignes.
. 1
Bibliographie [1] BUTAUX, J., SCHULLER, F., LENNUIER, R., J. Physique 33 (1972)
635.
[2] OMONT, A., Thèse, Paris, 1967.
[3] OMONT, A., J. Physique, 26 (1965) 26.
[4] FAROUX, J. P., Thèse, Paris, 1969.
[5] REBANE, V. N., Opt. & Spectroscopy 26 (1969) 371.
[6] ANDERSON, P. W., Phys. Rev. 76 (1949) 647.
[7] BUTAUX, J., Thèse, Paris, 1972.
[8] HINDMARSH, W. R., PETFORD, A. D., SMITH, G., Proc. R. Soc.
A 297 (1967) 298.