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Mathématiques Rappels de Base 2009

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Texte intégral

(1)

Mathématiques Rappels de Base

2009

Franck Nicoud 04 67 14 48 46 06 73 05 51 40

[email protected]

http://www.math.univ-montp2.fr/~nicoud/

(2)

Sommaire

1- Dérivation

2- Fonctions usuelles

3- Nombres complexes

4- Développements limités

5- Intégration

6- Equations différentielles ordinaires linéaires

7- Eléments de calcul matriciel

8- Systèmes linéaires

Annexe : Réponses aux exercices

(3)

Objectifs pour l’étudiant :

A la fin de la matière, l’étudiant doit pouvoir :

1) dériver et intégrer les fonctions numériques classiques (exp, log, puissance, fractions rationnelles, fonctions trigonométriques, hyperboliques),

2) reconnaître et manipuler des nombres complexes,

3) résoudre une équation différentielle linéaire du premier ordre et déterminer la constante associée à une condition initiale,

4) résoudre une équation différentielle linéaire du deuxième ordre à coefficients constants et déterminer les constantes associées à des conditions limites,

5) réaliser un développement limité d’une fonction numérique,

6) réaliser des opérations de base sur les matrices (addition, multiplication, transposition, déterminant, inversion)

7) résoudre un système linéaire d’équations

1- DERIVATION

On note R l’ensemble des nombres réels et I un intervalle de R.

On considère f une fonction continue définie sur I à valeurs réelles. Le graphe de f permet de représenter cette fonction graphiquement :

(4)

Remarque : On dit qu’une fonction est continue sur l’intervalle I de R si elle tend vers sa valeur en tout point c’est-à-dire lim ( ) ( 0)

0

x f x f

x x

= .

On note M0 le point de coordonnées x0,f(x0)et M1 le point de coordonnéesx1,f(x1). On suppose que la valeur x reste fixe et que 0 x1 tend versx . La droite (M0 0, M1) tend alors vers une droite limite D appelée tangente au graphe de f au point M0. La pente (ou coefficient directeur) de la droite (M0, M1) est égal à

0 1

0

1) ( )

( x x

x f x f

− , celle de la droite D est notée

) ( ' x0

f . On l’appelle la dérivée de la fonction f au point x . La droite D étant la limite de la 0 droite (M0, M1) lorsque x tend vers 0 x1, la dérivée de f en x est définie par : 0

0 1

0 1

0

) ( ) lim ( ) ( '

0

1 x x

x f x x f

f x x

= −

Remarque : La pente de la tangente D est aussi égale à la tangente (cf. fonctions circulaires) de l’angle α que forme D avec l’horizontale.

L’équation de la droite (M0, M1) s’obtient en disant qu’elle passe par les deux points M0 et M1,

soit : ( ) ( )( )

)

( 0

0 1

0 1

0 x x

x x

x f x x f

f

y

− + −

= . Par passage à la limite, l’équation de la tangente D du graphe de f en x est donnée par : 0

) (x f y=

0 x x

) ( 0

0 f x

y =

x1

) ( 1

1 f x

y =

M0

M1

(

M0, M1

)

α

D

(5)

) ( ) ( ' )

(x0 f x0 x x0 f

y= + × −

Pour le calcul pratique des dérivées, plutôt que la définition ci-dessus, il est plus simple d’utiliser les règles de dérivations classiques ci-dessous (f et g sont deux fonctions dérivables) :

• Linéarité : ∀

(

α,β

)

R2,

(

αf(x)g(x)

)

'f'(x)g'(x)

(

f(x)g(x)

)

' = f(x)g'(x)+ f'(x)g(x)

[

f

(

g(x)

) ]

' =g'(x)× f'

(

g(x)

)

• ( )

) ( ' ) ( ) ( ) ( ' ) (

) (

2 '

x g

x g x f x g x f x g

x

f  = −

 

L’opération de dérivation peut éventuellement être appliquée plusieurs fois consécutivement à la même fonction. On note alors (lorsque celle-ci existe) f(k) la dérivée kème de f (obtenue en dérivant k fois la fonction f). Par extension, la notation f(0) sera comprise comme f et f(1) comme f’.

Exercices :

a. Utiliser la définition de la dérivée pour calculer les dérivées de

3 2, ( ) )

( ), ( , )

(x x a f x f x x f x x

f = × = = ,

b. Dessiner le graphe d’une fonction continue, d’une fonction discontinue, d’une fonction croissante dérivable, d’une fonction croissante non dérivable, d’une fonction décroissante non dérivable, d’une fonction non dérivable non monotone, c. Tracer le graphe d’une fonction dont la dérivée change 3 fois de signe,

d. Utiliser la définition de la dérivée pour montrer que

(

f(x)g(x)

)

' = f(x)g'(x)+ f'(x)g(x) et que

) (

) ( ' )

( 1

2 '

x g

x g x

g

= −



 

 .

e. Etudier (domaine de définition, de dérivabilité, limites, extrema locaux, zéros, comportement asymptotique en l’infini, allure du graphe) les fonctions

1 4 2

) ( 1 ,

3 ) 2

( 1 , 2 )

( 3 2

2

2 = + − +

+ +

= −

= f x x x x

x x x x

x f x x

f .

(6)

2- FONCTIONS USUELLES

a. Fonction puissance (

aR

) :

xa

x

R R

a

+ +*

*

Remarque : Le domaine de définition des fonctions puissance est étendu à l’ensemble des réels tout entier lorsque la puissance a est entière (privé de 0 lorsque celle-ci est entière mais négative).

• La fonction puissance est dérivable : x>0,

( )

xa ' =axa1.

• Les fonctions puissances admettent des fonctions inverses :

a

a x y

x y y x

a≠0,∀ >0,∀ >0, = ⇔ = 1/

b. Fonction exponentielle :

) exp(

ou

*

x e

x R R

a x

+

(7)

• La fonction exponentielle est dérivable :

( )

ex ' =ex.

• ∀(x,y)∈R2,ex+y =exey

(x,y)R2,

( )

ex y =exy

• La fonction exponentielle tend plus vite vers l’infini que n’importe quelle fonction puissance : ∀ > =+∞

+∞

a

x

x x

a 0, lim e

• La fonction exponentielle admet une fonction inverse : y

x e y

y>0, = x ⇔ =ln

c. Fonction logarithme népérien :

x x

R R

ln

*

a

+

• La fonction logarithme népérien est dérivable :

( )

x x

x 1

ln ,

0 ' =

>

∀ .

• ∀x>0,∀y>0,ln(xy)=lnx+lny

• ∀x>0,∀y>0,ln(xy)= ylnx

(8)

• La fonction logarithme tend plus lentement vers l’infini que n’importe quelle

fonction puissance : ln 0

lim ,

0 =

>

x+∞ xa

a x

• On définit également le logarithme de base a>0 :

a x x x

R R

a ln

log ln

*

=

+ → a

• Les exponentielles de base a>0 sont définies par :

a x

x e

a x

R R

ln

*

=

+ a

et sont les

fonctions inverses des logarithmes de base a :

a y y x

a y y

a>0,∀ >0, = x ⇔ =loga =ln /ln

d. Fonctions trigonométriques :

[ ]

x x

R sin

1 , 1 a

[ ]

x x

R cos

1 , 1 a

x x x

x

R n

n

cos tan sin

, 2 2

=

→

 

 − +

a

π π π π

(9)

• Interprétation géométrique à partir du cercle unité :

• Valeurs remarquables :

Angle cos sin Tan

0 1 0 0

π/6 3/2 1/2 3/3

π/4 2/2 2/2 1

π/3 1/2 3/2 3

π/2 0 1 ∞

• Quelques propriétés remarquables :

o Les fonctions cosinus et sinus sont respectivement paire et impaire.

Elles sont 2π-périodiques alors que la fonction tangente est π- périodique.

o cos2x+sin2x=1 o sin2x=2sinxcosx

o cos2x=cos2x−sin2 x=2cos2x−1=1−2sin2 x o cos(a+b)=cosacosb−sinasinb

o sin(a+b)=sinacosb+sinbcosa

• Les fonctions trigonométriques sont dérivables sur leur domaine de définition :

x x x

x x

x

x 2 2

cos tan 1

1 tan' , cos sin'

, sin

cos' =− = = + =

• Triangles rectangles :

αα cos α

sin tanα

0 1

1

(10)

2 2

tan 2

sin

cos h a b

a b h

b h

a = = = +

= α α

α

e. Fonctions trigonométriques inverses:

[ ]

x x arcsin

,2 1 2

, 1 a





− π π

[ ] [ ]

arccos , 0 1 , 1 a x

π

x x

R

arctan ,2 2 a





→ π π

b h

a

α

(11)

• Les fonctions trigonométriques inverses sont dérivables sur

] [

1,1 ,

] [

1,1 et R respectivement et :

2 2

2 1

arctan' 1 ,

1 arccos' 1

, 1

arcsin' 1

x x x

x x

x = +

− −

− =

=

f. Fonctions hyperboliques :

2

x

x e

shx e x

R R

=

→ a

[ [

2 ,

1

x

x e

chx e x

R

+

= +∞

→ a

] [

chx thx shx x R

= +

→ a

1 , 1

• Valeurs et limites remarquables :

Angle ch sh Th

0 1 0 0

+∞

→ →+∞ →+∞ →+1

−∞

→ →+∞ →−∞ →−1

(12)

• Quelques propriétés remarquables :

o Les fonctions ch et sh sont respectivement la partie paire et impaire de l’exponentielle : { {

impaire paire

x chx shx

e = +

o ch2xsh2x=1 o sh2x=2shxchx o ch2x=ch2x+sh2x

o ch(a+b)=chachb+shbsha o sh(a+b)=shachb+shbcha

• Les fonctions hyperboliques sont dérivables sur leur domaine de définition :

x x ch th x

th chx

x sh shx

x

ch 2 12

1 ' , '

,

' = = = − =

g. Fonctions hyperboliques inverses:

(

1

)

ln

arg = + 2 +

x x x sh x

R R

a

(13)

[ ]

(

1

)

ln arg

, 1

2− +

=

+∞ +

x x x ch x

R a

] [

x x x

th x

R

= +

1 ln1 2 arg 1

1 , 1 a

• Les fonctions hyperboliques inverses sont dérivables sur R,

] [

1,+∞ et

] [

1,1 respectivement et :

2 2

2 1

' 1 arg , 1 ' 1

arg , 1 ' 1

arg th x x

x x ch x

x

sh = −

= −

= +

Exercices :

a. Etudier (domaine de définition, de dérivabilité, limites, extrema locaux, zéros,

allure du graphe) les fonctions

( )

2 cos 2 ) (

, )

( , 1 )

( , ) ( ln , ) ( 1 , ln )

( 2 2

x x x

f

x e x f x

x x f x e x f x x x f x

f x

x

+

=

=

=

=

=

=

.

(14)

3- NOMBRES COMPLEXES

Il est parfois utile de disposer d’un ensemble de nombres plus vaste que l’ensemble des nombres réels. On appelle cet ensemble C, ensemble des nombres complexes.

• Interprétation géométrique : on repère le plan euclidien par l’axe des abscisses ou axe des réels et par l’axe des ordonnées ou axe des imaginaires purs. Ainsi à chaque point géométrique M du plan on peut associer un « nombre » qui contient les coordonnées du point selon les axes réels et imaginaire pur (c’est- à-dire l’abscisse et l’ordonnée du point). On appelle affixe de M ce nombre.

A l’origine O du plan on associe logiquement le nombre 0. Le nombre réel 1 est l’affixe du point géométrique A de coordonnées (1,0) dans le plan. On appelle i (ou j) l’imaginaire pur qui est l’affixe du point géométrique B de coordonnées (0,1). Plus généralement, on associe l’affixe z=a+ib au point géométrique M de coordonnées (a,b).

a et b sont les parties réelle et imaginaire de z respectivement.

• On appelle conjugué de z=a+ib le nombre complexe défini par z =aib

La richesse du calcul complexe vient de ce que le carré de l’imaginaire pur i est égal à -1 : i2 =−1

En utilisant les règles classiques du calcul réel, le carré du nombre complexe z est alors lui-même complexe :z2 =

(

a+ib

)

2 =a2 b2 +2iab

Introduisant r et θ les coordonnées polaires du point M, les parties réelles et imaginaires de z peuvent s’exprimer : a=rcosθ, b=rsinθ

Axe des imaginaires purs

Axe des réels b

a A(1,0) 1 O 0

B(0,1) i

M(a,b) z=a+ib

θ

OM r=

(15)

• Le complexe z peut alors s’écrire z=r

(

cosθ +isinθ

)

ou bien encore z=reiθ où l’on a utilisé la notation « exponentielle complexe» eiθ =cosθ +isinθ .

z

r= est alors le module de z et θ =arg(z)est son argument (défini modulo π

2 , souvent pris dans l’intervalle

]

−π,π

]

)

• Le conjugué de z=reiθ est z =reiθ

• Le module et l’argument peuvent être calculés à partir des parties réelles et

imaginaires et on a :

( )

( )



<

+

= >

+ +

=

+ arctan / , 0

0 , / arctan )

arg(

2;

2

a a b

a a ib b

a b

a ib

a π

Le module d’un nombre complexe z est aussi tel que z = zz

• Les relations d’Euler se déduisent directement de cette notation et permettent d’écrire les fonctions cosinus et sinus à partir d’exponentielles complexes:

i e e e

ei i i i

sin 2 2 ,

cos

θ θ θ

θ θ

θ = + =

Les règles de calcul classiques connues pour les nombres réels s’appliquent aux nombres complexes. Notamment les identités remarquables suivantes pourront toujours être utilisées :

a2b2 =(ab)(a+b)

a2 ±2ab+b2 =(a±b)2

• Les solutions dans C de l’équation ax2 +bx+c=0sont données par

a x b

2

±

= − avec ∆=b2 −4ac. On remarque que cette équation admet

toujours 2 solutions (éventuellement une solution double) puisque dans C la racine carrée d’un nombre négatif existe. Si les coefficients a,b,c sont réels alors les deux racines sont soit réelles soit complexes conjuguées.

Exercices :

a. z1 et z2étant deux nombres complexes, calculer z1z2, z1+z2 en fonction de z 1 et z . 2

b. Calculer z arg,

( )

z en fonction de z arg,

( )

z . Calculer z en fonction de z et z . c. Calculer la racine des nombres complexes suivants : 5eiπ/2,4ei2π/3,4−i,3+2i d. Calculer le module et l’argument de 1−i,4−i,1+2i,−1+i

(16)

e. Montrer que si les coefficients a,b,c sont réels et que l’équation ax2 +bx+c=0 admet deux racines distinctes, celles-ci sont soit réelles soit complexes conjuguées.

f. Utiliser les formules d’Euler pour exprimer cosacosb,sinacosb,sinasinb sans faire intervenir de produits de fonctions trigonométriques

4- DEVELOPPEMENTS LIMITES

Il est parfois utile d’approximer une fonction f au voisinage d’un point x0 de son domaine de définition. On utilise pour cela le développement en série de Taylor (on suppose que f est suffisamment régulière en x0 pour que celui-ci existe) :

( ) ( ( ) )

=

− +

= n

k

n k

k

x x o x k x

x x f

f

0

0 0

0 ) (

! ) ) (

(

Le reste o

( (

xx0

)

n

)

est une fonction de x qui est négligeable devant

(

xx0

)

nc’est-à-dire

( )

( )

( )

0

lim

0 0

0

− =

n

n x

x x x

x x

o . Le développement de Taylor ne fournit une approximation utile de la

fonction f que lorsque le terme résiduel o

( (

xx0

)

n

)

est négligeable, c’est-à-dire au voisinage de x0.

Si l’on se limite au cas où x0=0, la formule de Taylor devient plus

simplement :

∑ ( )

=

+

= n

k

n k k

x o k x

x f f

0 ) (

! ) 0 ) (

( , avec lim

( )

0

0 =

n

n

x x

x

o . Par application aux fonctions usuelles simples on obtient les développements limités en 0 suivants :

( )

xn o

( )

xn

n x n

x

x = + + − + + − − + +

+ !

) 1 )...(

1 ... (

! 2

) 1 1 (

1 α α α α 2 α α α

x x xn o

( )

xn

x = + + + + +

− 1 ...

1

1 2

x x

( )

nxn o

( )

xn

x = − + + + − +

+ 1 ... 1

1

1 2

( ) ( )

n n o

( )

xn

n x x

x x

x = − + + − +

+ 2 3... 1 1 3

1 2 ln

x n o

( )

xn

n x x x

e = + + + + +

... !

! 1 2

2

(17)

chx=1+x22! +...+(x2n2n)!+o

( )

x2n

shx=x+ x33! +...+(2xn2+n+11)!+o

( )

x2n+1

( )

n n o

( )

x n

n x x

x x 2

2 4

2

)!

2 1 (

!...

4

! 1 2

cos = − + + − +

3

( )

2 1

( )

2 1

)!

1 2 1 (

! ...

sin 3 +

+ +

− + + +

= n n o x n

n x x x

x

L’ordre d’un développement limité est le degré du dernier terme explicité (par exemple n pour le développement de ex ci-dessus, 2n+1 pour celui desin ). L’approximation de la fonction x est d’autant meilleure que l’ordre est élevé. Un développement limité à l’ordre 1 est une approximation linéaire de la fonction considérée : c’est aussi l’équation de la tangente au graphe de la fonction.

De manière générale, un développement limité en x0de la fonction composée f

(

g(x)

)

peut

s’obtenir de deux manières différentes :

• en exprimant les dérivées successives de f

(

g(x)

)

en x0 et en utilisant la formule de Taylor générale donnée plus haut. Les calculs peuvent parfois s’avérer (très) fastidieux,

• en combinant un développement limité de la fonction g(x) en x=x0 et un développement de la fonction f

( )

u en u= g(x0). Les ordres des développements des fonctions f et g doivent alors être choisis judicieusement afin d’atteindre l’ordre d’approximation désiré pour f

(

g(x)

)

sans multiplier les calculs inutiles. Cette méthode est souvent beaucoup plus efficace.

Exemple : Développements limités successifs de la fonction sinus :

(18)

Exercices :

4a : Calculer les développements limités en zéro des fonctions suivantes : ax (ordre 4) ; +x

1

1 (ordre 4) ; 1 1

ex (ordre 3) ; tanh (ordre 5) ; x tanhx

1 (ordre 5) ; tanx (ordre 5) ;

x

arctan (ordre 5) ; ecosx (ordre 4) ;

x x cos 1

sin2

+ (ordre 4)

5- INTEGRATION

Partant d’une fonction f, on note

f(x)dx une primitive de f, c’est-à-dire une fonction dont la fonction dérivée est f. En utilisant les propriétés de la dérivation, on montre que :

f(x)dx est en fait définie à une constante additive près,

• Linéarité : (α,β)R2,

∫ (

αf(x)+βg(x)

)

dx=α

f(x)dx+β

g(x)dx

• Intégration par parties :

f(x)g'(x)dx= f(x)g(x)

f'(x)g(x)dx

• Changement de variable :

f(g(x))g'(x)dx=

f(t)dt,t=g(x)

• Quelques primitives classiques : )

(x

f

f(x)dx f(x)

f(x)dx

1 ,α ≠− xα

1

1

+

+

α

xα , ( ) 1

) ( 1

) ( '

2 <

u x

x u

x

u arcsin

(

u(x)

)

x

1 lnx

) ( 1

) ( '

2 x u

x u

+

(

( )

)

argshu x

(19)

1 ),

( ) (

' x uα x α ≠− u

1 )

1( +

+

α

α x

u , ( ) 1

1 ) (

) ( '

2 >

u x x

u x

u argch

(

u(x)

)

) (

) ( '

x u

x

u lnu(x)

) ( 1

) ( '

2 x u

x u

+ arctan

(

u(x)

)

)

) (

( ' x eu x

u eu(x)

1 ) ( ), ( 1

) ( '

2

u x

x u

x

u argth

(

u(x)

)

Pour l’intégration de fractions du type ) (

) (

x D

x

NN(x)et D(x) sont deux fonctions polynomiales, il est judicieux de simplifier la fonction considérée en réalisant la division Euclidienne de N(x) par D(x), soit N(x)=Q(x)D(x)+R(x) où Q(x)et R(x) sont deux fonctions polynomiales, respectivement le quotient et le reste, le degré de R(x) étant strictement inférieur à celui de D(x).

Ainsi on peut toujours se ramener à une fraction polynomiale ) (

) (

x D

x

R dans laquelle le degré du numérateur est strictement inférieur à celui du dénominateur. Il est alors commode pour intégrer de décomposer cette fonction en éléments simples. On factorise pour cela le polynôme D(x) en facteurs de degré au plus égal à 2 :

(

x x

) (

p x xr

)

pr

(

x ax b

) (

q x asx bs

)

qs

C x

D = − − + 1 + 1 2 + +

2

1 ... ...

)

( 1 1 . On peut alors toujours réécrire

la fraction polynomiale

) (

) (

x D

x

R sous la forme

( ) ( )

( ) (

s s

)

s

r r

q s s

q s q s s

s s s q

q q

p r p r r

r p

p

b x a x

C x B b

x a x

C x B b

x a x

C x B b

x a x

C x B

x x

A x

x A x

x A x

x A x D

x R

+ + + + + +

+ + + + +

+ + + + +

+ + +

+ −

− +

− + +

− +

=

2

, ,

2

1 , 1 , 1

1 2

, 1 ,

1 1

1 2

1 , 1 1 , 1

1 , , 1

, 1 1

1 , 1

...

...

...

...

...

) ...

( ) (

1 1 1

1 1

où les

s s

r q q s s sq sq

p r r

p A A B C B C B C B C

A

A1,1;...; 1, ;...; ,1;...; , ; 1,1; 1,1;...; 1, ; 1, ;...; ,1; ,1;...; , ; ,

1 1

1 sont des

coefficients qui peuvent être déterminés par identification en réduisant la forme ci-dessus au même dénominateur D(x).

Exemple :

3 2

4 ) 3

( 3 2

4

− +

+

= +

x x

x x x

f peut s’écrire, en remarquant que

2 6 4 ) 3 2 )(

2 ( 4

3 3 2 2

4 + x+ = xx + x − + x + x

x , sous la forme 4 6 2

2 )

(

2 + −

+

= x x

x x

f , ce

(20)

qui permet de simplifier le calcul de la primitive de f(x), soit

f(x)dx= x22 2x+ DR((xx))dx, avec DR((xx)) =4xx32++26xx232. Le dénominateur D(x) de la

fraction polynomiale restante se factorise comme x3+2x2−3=(x−1)(x2+3x+3) et ) (

) (

x D

x R

admet donc une décomposition en éléments simples de la forme 3

3 1

3 2

2 6 4

2 2

3 2

+ + + +

= −

− +

− +

x x

C Bx x

A x

x

x

x . Les coefficients A, B et C se déterminent par identification

et on trouve finalement :

3 3

7 / 38 7 / 20 1 7 / 8 3 2

2 6 4

2 2

3 2

+ + + +

= −

− +

− +

x x

x x

x x

x

x . Le premier terme s’intègre en

1 7ln 8 1 7 /

8 = −

dx x

x , le deuxième peut se réécrire sous la forme

3 3

7 / 8 3

3 3 2 7 10

2

2 + + +

+ +

+

x x x

x

x .

Le premier terme s’intègre à son tour comme

107 x22+x3+x3+3dx=107 ln

(

x2 +3x+3

)

et le

deuxième peut être reformulé comme

(

x+3/82/

)

72 +3/4ou encore

1 2 / 3

2 / 3

3 / 2 7 8 3 2

2

+



 

x+

qui

une fois intégré donne enfin 

 

 + 2 / 3

2 / arctan 3

21 3

16 x

. On trouve finalement le résultat

recherché :

( )

 

 + +

+ + +

− +

− = +

+

+

2 / 3

2 / arctan 3

21 3 3 16 3 7 ln

1 10 7ln

2 8 2 3 2

4

3 2

2 2

3

4 x

x x x

x x x dx

x x x

Remarques :

les éléments simples irréductibles dont la multiplicité p est supérieure à 2 s’intègrent par parties en faisant apparaître une forme en u'(x)/up(x). Par exemple, la primitive

+ 2 2

) 1

( x

dx se trouve en écrivant

(1+dxx2)2 = (1+2xx2)2×21xdx=2x(11+x2) 2x2(1dx+x2). On fait alors une réduction en éléments simples pour trouver finalement

) arctan(

2 1 ) 1 ( 2 ) 1

( 2 2 2 x

x x x

dx +

= +

+ .

(21)

• Même si la fonction de départ ) (

) (

x D

x

R est réelle, on peut réaliser la décomposition en éléments simples en complexe auquel cas tous les facteurs sont du premier ordre. Il est alors nécessaire de regrouper les différents termes obtenus après intégration afin de retrouver l’expression de la primitive réelle recherchée.

La notion de primitive (fonction) est distincte de celle d’intégrale d’une fonction sur un intervalle. Par exemple l’intégrale de Riemann de f(x) sur l’intervalle [a,b], si elle existe, est un nombre noté

b

a

dx x

f( ) . Cette quantité peut être comprise comme la généralisation au cas

continu de la notion de somme

= N

i

fi 1

, où les f sont les termes d’une suite de nombres. Dans i la notation intégrale, les bornes a et b jouent le rôle des indices 1 et N, le signe intégral

joue le rôle du signe somme

, la quantité f(x)dxjoue le rôle du terme f et la variable i d’intégration x celui de l’indice muet i. C’est d’ailleurs par passage à la limite de sommes discrètes que se définit l’intégrale

b

a

dx x

f( ) . De cette construction on peut déduire l’interprétation géométrique suivante de l’intégrale de Riemann :

) (x f

x b

a

+

+ -

Aire hachurée signée =

b

a

dx x f( )

(22)

Les bornes d’intégration ne sont pas nécessairement finies. On parle alors d’intégrale impropre et on définit par exemple+∞

a

dx x

f( ) comme la limite, si elle existe et qu’elle est finie,

de la quantité

X

a

dx x

f( ) lorsque X devient arbitrairement grand : +∞

= +∞

X

a X a

dx x f dx

x

f( ) lim ( ) .

De manière équivalente on définit

−∞

=

b

X X b

dx x f dx

x

f( ) lim ( ) si cette limite existe et qu’elle est finie.

Un lien existe entre l’intégrale d’une fonction f(x) et sa primitive F(x)=

f(x)dx lorsque f(x) est continue sur l’intervalle d’intégration :

b =

a

a F b F dx x

f( ) ( ) ( ). On note que toute primitive de f(x) étant dérivable sur ce même intervalle, elle est aussi continue.

Quelques propriétés des intégrales:

• Linéarité :

∫ (

+

)

=

+

b

a b

a b

a

dx x g dx x f dx x g x f

R , ( ) ( ) ( ) ( )

) ,

(α β 2 α β α β

• Intégration par parties :

=

[ ]

b

a b a b

a

dx x g x f x

g x f dx x g x

f( ) '( ) ( ) ( ) '( ) ( )

=

a

b b

a

dx x f dx x

f( ) ( )

=

+

b

c c

a b

a

dx x f dx x f dx x

f( ) ( ) ( )

• Changement de variable :

=

=

=

) (

) (

) ( )

( ' )) ( (

b g t

a g t b

a

dt t f dx x g x g f

• La fonction =

x

a

dt t f x

F( ) ( ) admet f(x) comme dérivée. C’est donc la primitive de f(x) qui s’annule en x=a.

Exercices :

(23)

5a : Calculer les primitives suivantes :

x/dx2+3 ;

2xx+2 5dx ;

(

)

dx

x x

2 2

3 ;

dx

x x

1

2 ;

2x2x3dx ;

x

(

2xdx23

)

;

5x21+3dx ;

x2

(

2x12 +1

)

dx ;

2xx2 +1dx

2

;

− + dx x

x 1 2 2

;

+

dx

x 1 2

1

2 ;

23x2dx ;

tan(3x)dx ;

arcsin2xdx ;

sin42xdx ;

+ +

c bx ax

dx

2 (discuter suivant les valeurs de a,b,c)

5b : Calculer les intégrales suivantes :

= +

2

1 1

x x

dx ;

= 2

5

x x

dx ;

1

0

=

x x

dx

α et

1 +∞

=

x x

dx

α (discuter le résultat en fonction de la valeur du paramètre α) ; ( )

2

0

= x

dx x

f avec



≥ +

=

<

=

1 ,

1 )

(

1 ,

) (

x si x

x f

x si x x

f ;

) (

2

0

= x

dx x

g avec



=

<

=

1 ,

ln ) (

1 ,

1 )

(

x si x x

g

x si x

x g

6- EQUATIONS DIFFERENTIELLES ORDINAIRES LINEAIRES

Ce sont des équations dont les inconnues ne sont pas des nombres mais des fonctions. Elles sont le plus souvent issues de raisonnements physiques faisant appel à des principes tels que le principe fondamental de la dynamique ou la conservation de la masse. Une équation différentielle ordinaire (EDO) ne fait intervenir que des fonctions d’une seule et même variable x (dans le cas contraire on parle d’équation aux dérivées partielles – EDP). Une EDO linéaire ne fait intervenir que des termes indépendants de la fonction inconnue f ou bien proportionnels à celle-ci ou à une de ses dérivées successives f( k). L’ordre d’une EDO est le plus haut degré de dérivation apparaissant dans l’équation. La forme générale d’une EDO linéaire d’ordre n est donc :

) ( ) ( ) ( ) ( ' ) ( ...

) ( ) ( )

( 1 ( 1) 1 0

)

( x a x f x a x f x a x f x b x

f n + n n + + + = (E)

L’inconnue de (E) est la fonction f(x). Les fonctions an−1(x),...,a1(x),a0(x),b(x)sont des données du problème. Lorsque le second membre (ou forçage) b(x) est nul, l’EDO est dite sans second membre ou homogène.

Conséquence de la linéarité :

(24)

A toute équation du type (E) on peut associer l’équation homogène (Eh) obtenue en supprimant le terme de droite de (E) :

0 ) ( ) ( ) ( ' ) ( ...

) ( ) ( )

( 1 ( 1) 1 0

)

( x +a x f x + +a x f x +a x f x =

f n n n (Eh)

Supposons désormais connue une solution f0(x) de (E) et cherchons à caractériser les autres solutions f(x) de (E). Par linéarité de cette équation vis-à-vis de la fonction inconnue, il est clair que la fonction fh(x)=f(x)- f0(x) est solution de l’équation homogène (Eh). Par suite, trouver l’ensemble des solutions f(x) de (E) revient à déterminer l’ensemble des solutions fh(x) de (Eh) et de rajouter à ces fonctions la solution particulière f0(x) de (E).

1. EDO linéaire du 1er ordre :

On s’intéresse aux solutions de l’équation générique (E) suivante : )

( ) ( ) ( ) (

' x a x f x b x

f + = (E)

L’équation homogène associée est

0 ) ( ) ( ) (

' x +a x f x =

fh h (Eh)

Par suite, fh'(x)/ fh(x)=−a(x) et en intégrant on obtient ln fh(x) =

a(x)dxou bien

encore :

(

( )

)

exp )

(x C A x

fh = − ,

A(x)=

a(x)dx et C est une constante arbitraire.

Connaissant la solution générale de (Eh), il est désormais nécessaire de déterminer une solution particulière de (E). On peut utiliser pour cela la technique dite de la « variation de la constante » dans laquelle on cherche la solution particulière sous la forme :

(

( )

)

exp ) ( )

0(x c x A x

f = − , où c(x) est une fonction à déterminer. Pour ce faire on calcule tout d’abord la dérivée de f0(x), soit f0'(x)=c'(x)exp

(

A(x)

)

c(x)a(x)exp

(

A(x)

)

, puis on injecte les expressions de f0(x) et f0'(x)dans (E) pour obtenir :

(

( )

)

exp ) ( ) (

' x b x A x

c = ou encore c(x)=

b(x)exp

(

A(x)

)

dx. Finalement la solution particulière recherchée admet pour expression f0(x)=exp

(

A(x)

) ∫

b(x)exp

(

A(x)

)

dxet les

solutions de (E) s’écrivent toutes sous la forme :

( )

(

( )exp ( )

)

exp

(

( )

)

)

(x C b x A x dx A x

f = +

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