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Corrigé de l'examen de Mai 2011

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Texte intégral

(1)

Universit´e P. et M. Curie Master de Math´ematiques

MM003

Jeudi 12 Mai 2011

Analyse R´ eelle

Corrig´e de l’examen I

1) Par d´efinition de la d´erivation des distributions :

hT, Xji=hS(k), Xji= ( 1)khS, Xj(k)i= 0 puisque, comme j < k, on a Xj(k)= 0.

2) Puisque T 2 E0(R) et Y 2 D0(R), on peut d´efinir la convolution de T et Y, et on a supp(T⇤Y)⇢supp(T) + supp(Y)⇢[↵, ] + [0,+1[= [↵,+1[.

Et de mˆeme, puisqueYe = 1 Y est la fonction caract´eristique de ] 1,0[, la convolution de T et de Ye est bien d´efinie et son support est contenu dans supp(T) + supp(Ye) ⇢ [↵, ] + ] 1,0] =] 1, ].

Puisque la fonction constante 1l estC1, on aT⇤1l(a) =hT, uai, o`uua(x) = 1l(a x) = 1.

DoncT⇤1l(a) =hT,1li= 0. Et puisqueT⇤Y+T⇤Ye =T⇤(Y +Ye) =T⇤1, on aT⇤Ye = T⇤Y. Donc

supp(T ⇤Ye) = supp( T ⇤Y) = supp(T ⇤Y)⇢[↵,+1[\] 1, ] = [↵, ] .

Si on pose S =T⇤Y, on a S0 = (T⇤Y)⇤ 00 =T ⇤(T⇤ 00) =T⇤Y0 =T⇤ 0 =T. Il en r´esulte que T est bien la d´eriv´ee de la distribution S `a support compact.

3) On suppose maintenant l’hypoth`ese de r´ecurrence vraie pour k et on consid`ere T 2 E0(R) telle quehT, Xji= 0 pour j 6k. On a alors en particulierhT, Xji= 0 pourj < k, ce qui entraˆıne par l’hypoth`ese de r´ecurrence que T est d´eriv´ee d’ordre k d’une distribution `a support compact S0. Et puisquehT, Xki= 0, on a aussi

hS0,1li=hS0, X0i=hS0, 1

k!Xk(k)i= ( 1)k

k! hS0(k), Xki= ( 1)k

k! hT, Xki= 0

ce qui montre, d’apr`es la question pr´ec´edente, que S0 est la d´eriv´ee d’une distribution S 2E0(R). Et T =S0(k) = (S0)(k) =S(k+1), ce qui ach`eve la r´ecurrence.

II

1) Soit K ⇢ J = ]↵, [ le support de T. Si on choisit 2 D(R), `a support contenu dans J et ´egale `a 1 sur un voisinage W de K, on a pour toute ' 2 C1(R) : hT, 'i = hT, .'i. PuisqueT est une distribution, il existe M0 et n>0 tels que, pour toute 2D(J), on ait

|hT, i|6M.supx2J,k¯ 6m (k)(x) . Par continuit´e de l’application '7! ='. de C1(J) dansD(J), il existe une constanteCtelle que supx2J,k6m¯ (k)(x) 6Csupx2J,k6n¯ '(k)(x) (ceci r´esulte aussi des formules de Leibniz, et on y voit alors que m =n). Il en r´esulte que

|hT, 'i|=|hT, i|6C.M0.supx2J,k6n¯ '(k)(x) . On choisit alors M =C.M0. En particulier, si on prend '="z, on a '(k)(x) = ( 1)kzke zx.

(2)

Pour 0 6 k 6 n on a zk = |z|k 6 max(|z|0,|z|n) 6 1 +|z|n. Et pour ↵ 6 x 6 et z =u+iv, on a|e zx|= e ux; comme la fonctionx 7!e uxest monotone surR(croissante si u60, d´ecroissante siu>0), on a e ux6max(e u↵,e u )6e ua+e u =|e ↵z|+ e z . On en d´eduit l’in´egalit´e :

LT(z) =|hT, "zi|6M(1 +|z|n)( e ↵z + e z ) (⇤) Si, de plus, T est une fonction `a support compact f, donc int´egrable, on a

|hT, 'i|= Z

f(x)'(x)dx 6kfk1. sup

↵6x6 |'(x)| ce qui fournit l’´egalit´e pr´ec´edente avec n= 0.

Si T1 =T0, on a LT1(z) =hT0, "zi= hT, "0zi=hT, z"zi=zLT(z).

2) L’application est clairement lin´eaire de l’espace des polynˆomes de degr´e < q dans Cq. Ces deux espaces sont de mˆeme dimension finie q. Si P =P

16j6qajXj 1 2ker( ), on a h , Xj 1Pi= 0 pour 16j 6q, donc ¯P(x) =Pq

j=1¯ajXj 1(x), et Z

(x)|P(x)|2 dx=X

j

¯ aj

Z

(x)P(x)Xj 1j(x)dx=X

j

¯

ajh , Xj 1Pi= 0,

ce qui montre que la fonction continue positive |P|2 est partout nulle, donc que P est nul en tout point de l’ouvert non vide {x : (x) > 0}. On en conclut que P = 0, donc que est injective, et par cons´equent surjective. Il existe donc un polynˆome P de degr´e < q tel que (P) soit le vecteur deCq de coordonn´eeshT, Xj 1i, c’est-`a-dire quehT P, Xji= 0 pour 0 6 j < q. On d´eduit alors de I qu’il existe une distribution S 2 E0(R) telle que T .P =S(q).

Si on choisit q=n+ 2, on en d´eduit que, pour tout z 2C, zn+2LS(z) =|LS(q)(z)|6|LT(z)|+|L P(z)|

6M(1 +|z|n)( e ↵z + e z ) +M1( e ↵z + e z ) 6(M +M1)(1 +|z|n)( e ↵z + e z )

donc la fonction r´eelle positive continue m sur C d´efinie par z 7! (1 +|z|2)

|e ↵z|+|e z||LS(z)| v´erifie, pour|z|>1,

m(z)6(M +M1)(1 +|z|2)(1 +|z|n)

|z|n+2 = (M +M1)(1 +|z| 2)(1 +|z| n)64(M +M1) et puisque, par compacit´e, m est born´ee sur D(0,1), on voit que C = supz2Cm(z)< +1, d’o`u l’in´egalit´e (⇤⇤) cherch´ee.

3) PuisqueS est une distribution `a support compact, il en est de mˆeme de S. On a donc S2E0(R)⇢S0(R). On a alors :

Sb(⌘) =hS, "i⌘i=h"S, "i⌘i=hS, ""i⌘i=hS, "⇠+i⌘i=LS(⇠+i⌘) donc Sb(⌘) 6 C

1 +⇠2+⌘2(e ↵⇠+e )6 C

1 +⌘2(e ↵⇠+e ). PuisqueS est dansE0(R), Sb est une fonction continue et un ´el´ement de S0(R).

2

(3)

Alors on a, dans S0(R), F(Sb) = 2⇡S , et puisque Sb est dans L1 (pour ⇠ fix´e), on obtient queF(Sb) est une fonction continue et que, par la formule d’inversion de Fourier,

S(x) = 1 2⇡

Z Sb(⌘)eix⌘d⌘

Il r´esulte que S co¨ıncide dans S0 avec la fonction continue 1

2⇡F(Sb) et que S = ex⇠S co¨ıncide avec la fonction continue g `a support compact x7! ex⇠

2⇡F(Sb). Donc e x⇠|g(x)|=|S(x)|6 C

2⇡(e ↵⇠+ e )Z d⌘

1 +⌘2 = C

2(e ↵⇠+ e ) et, pour tout x, la fonction continue `a support compact g v´erifie l’in´egalit´e

|g(x)|6 1

2(e(x ↵)⇠+ e(x )⇠)

4) Si x < ↵ on a x ↵ < 0 et x < 0 ; il en r´esulte que si on fait tendre ⇠ vers +1, on obtient g(x) = 0. De mˆeme, si x > , on a x ↵ > 0 et x > 0 ; il en r´esulte, en faisant tendre ⇠ vers 1, que g(x) = 0. On obtient donc que supp(g) ⇢[↵, ], c’est-`a-dire supp(S)⇢[↵, ].

On a donc aussi supp(S(n+2))⇢[↵, ]. Et puisque supp( .P)⇢[↵, ], on a enfin supp(T) = supp(S(n+2)+ .P)⇢[↵, ] .

III

1) Par d´efinition de la d´erivation des distributions, on a, puisque S 2 E0(R2) et que h est C1, h@2S

@x2, hi = hS,@2h

@x2i ainsi que h@2S

@y2, hi = hS,@2h

@y2i. Donc h S, hi = hS, hi = 0 puisque h= 0.

2) PuisqueT 2E0(R2) et E 2 D0(R2), on peut e↵ectuer leur convolution S = E⇤T , et on a S = (E⇤T) = ( E)⇤T = 0⇤T =T.

3) Puisque ˜' appartient `a D(R2), on peut en faire la convolution avec la fonction harmonique h et on obtient une fonction de classe C1 v´erifiant ( ˜'⇤h) = ˜'⇤ h = 0, puisque la fonction harmoniqueh a un Laplacien nul. Il en r´esulte que ˜'⇤hest une fonction harmonique sur R2, donc que hT,'˜⇤hi = 0. Puisque T et ' ont des supports compacts, leur convolution est une fonction C1 `a support compact, et par d´efinition de T ⇤', on a h , hi = hT ⇤', hi = hT,'˜⇤hi. Et cette derni`ere quantit´e est nulle puisque ˜'⇤h est harmonique. On a donc, pour toute fonction harmoniqueh,

Z (x)h(x)dx=h , hi= 0 .

4) Puisque supp(T) est contenu dans le disque de centre 0 et de rayon R et que '"

a son support contenu dans le disque W", le support de " = T ⇤ '" est contenu dans D(0, R) +D(0, ") =D(0, R+"). On a alors, puisque T et '" sont `a support compact :

S⇤'"= (E⇤T)⇤'" =E⇤(T ⇤'") =E⇤ "

3

(4)

La distribution S⇤'" est donc une fonction C1 sur R2, qui vaut au point a : E⇤ "(a) =Z

E(x a) "(x)dx . 5) Si|z|=|u+iv|6R+" <kak=|↵+i |, on a

a(u, v) = 1

⇡ log|(↵+i ) z|= 1

⇡ log|↵+i |+ 1

⇡ log 1 z

↵+i Puisque w = z

↵+i v´erifie |w| < 1, la s´erie enti`ere P1

p=1

1

pwp converge vers une d´etermination du logarithme de 1 w: en particulier sa partie r´eelle converge vers log|1 w|, et la convergence est uniforme pour|w|6 R+"

kak . On a donc, uniform´ement pour|z|6R+",

a(u, v) = 1 2⇡

⇣logkak <e(X1

p=1

1 p

⇣ z

↵+i

p

)⌘ .

La fonction mp est holomorphe, donc v´erifie @mp

@z¯ = 0. Et puisque 0 = @

@z( @

@z¯mp) = 1 2( @

@x i @

@y)1 2( @

@x +i @

@y)mp = 1 4( @2

@x2 + @2

@y2)mp = 1

4 mp , on obtient mp = 0. On a alors (<e(mp)) = <e( mp) = 0, ce qui montre que <e(mp) est harmonique surR2. Les (hn) sont donc harmoniques surR2 et convergent uniform´ement vers a sur le support compact M" de ". On a donc

Z

a(x) "(x)dx= lim

n!1

Z

hn(x) "(x)dx= 0 puisqueR

h(x) "(x)dx= 0 pour toute fonction harmoniqueh sur R2. Et puisque S⇤'"(a) =h a, "i=R

a(x) "(x)dx, on obtient la conclusion cherch´ee.

6) Il r´esulte de ce qui pr´ec`ede queS⇤'", qui est une fonctionC1 est nulle en tout pointa ext´erieur au disqueD(0, R+"). Pour toute fonction 2D(R2) dont le support est disjoint du disque compact D(0, R), il existe⌘ >0 tel que supp( )\D(0, R+⌘) =;, et on a donc

.S⇤'" = 0 pour " < ⌘, donc hS⇤'", i= 0.

Lorsque " tend vers 0, la distribution S⇤'" converge vers S dans D0(R2) ; on a donc hS, i= lim"!0hS⇤'", i= 0. Puisque S s’annule sur toute fonction 2D(R2) `a support disjoint du disque compact D(0, R), on conclut que supp(S) ⇢ D(0, R). En particulier S est `a support compact. Et ceci ach`eve de prouver l’existence d’une distribution `a support compactS telle que T = S.

4

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