A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
M ARIE -L AURENCE M AZURE M ICHEL V OLLE
Équations inf-convolutives et conjugaison de Moreau-Fenchel
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 5
esérie, tome 12, n
o1 (1991), p. 103-126
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1991_5_12_1_103_0>
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- 103 -
Équations inf-convolutives et
conjugaison de Moreau-Fenchel
MARIE-LAURENCE
MAZURE(1)
et MICHELVOLLE(2)
Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse Vol. XII, n° 1, 1991
RÉSUMÉ. - On montre comment la conjugaison de Fenchel généralisée
par Moreau permet de résoudre les équations liées aux opérateurs d’inf-
convolution et de déconvolution.
ABSTRACT. - The generalized Moreau-Fenchel’s conjugation enables
us to solve équations dealing with infimal convolution and deconvolution.
Introduction
La formulation variationnelle de la soustraction
parallèle d’opérateurs symétriques
semi-définispositifs
a conduit defaçon
naturelle à considérerl’équation
i D f " g , (1)
où , f et g
sont deux fonctions convexes définies sur un espace vectoriel X et où lesymbole D désigne l’opération d’inf-convolution,
c’est-à-direexplicitement l’équation
L’étude réalisée dans
[8]
et[14]
établit que,lorsqu’elle
estpossible,
larésolution de
(1)
se fait au moyen de ladéconvolution 9 B f
de la fonction g par la fonctionf.
.1 ~ LMC-IMAG, Université Joseph-Fourier, BP 53X, 38041 Grenoble, France.
z~ ) Université d’Avignon, Faculté des Sciences, 33 rue Pasteur, 84000 Avignon, France.
Toujours
dans le cadrevectoriel,
lagénéralisation
de ces résultats enl’absence de toute
hypothèse
de convexité sur lesfonctions f et g permit
de mettre en
évidence,
notammentgrâce
à l’étudeconjointe
del’équation ç
8f
= g, enquel
sens l’inf-convolution et la déconvolution sont desopérations
inverses l’une de l’autre([13]).
Par
ailleurs,
il estpossible,
mêmelorsque l’espace
X n’est pas muni d’une structureadditive,
de rencontrer certainstypes d’équations généralisant ( 1 ) :
ainsi les fonctions
globalement lipschitziennes
derapport
r sur un espacemétrique
X sont-elles caractérisées par la relationCeci nous conduit naturellement à
envisager
defaçon plus générale
deséquations
dutype suivant,
où la fonction c est définie sur unproduit
cartésien X x Y : :
adoptant
ainsi lepoint
de vueprésenté
dans[24].
Dans cetteétude,
l’outilde base sera la notion de
conjugaison généralisée
au sens de Moreau-Fenchel dont unexemple
intéressantest,
dans le casvectoriel,
la déconvolution d’une fonction donnée. Nous constaterons que cette nouvelleapproche apporte
unéclairage
nouveau sur les différentespropriétés
de cette dernièreopération.
1. La
conjugaison
de Moreau-FenchelSur l’ensemble iR = lR U
~-oo ,
nous noterons+ (resp. ~-~
l’exten-sion de l’addition des réels avec
prédominance
en +00(resp.
en suivantla convention de
Moreau, c’est-à-dire,
pour a, b E 1R : :On passe de l’une à l’autre de ces deux lois par la relation :
soit,
en notantrespectivement =
et - les loisopposées (c’est-à-dire :
Lorsque
X et Ydésignent
deux espaces vectorielsréels,
mis en dualitépar une forme
bilinéaire ( . , . ~,
on connaît la notionclassique
deconjugaison
de
Fenchel, qui,
à unefonction 03C6
EIRX,
associe la fonction EIRY définie,
pour y E
Y,
par :ainsi que les
propriétés
de cetteopération
deconjugaison ([4], [15], [19]).
Dans le cadre
beaucoup plus général,
onpeut
étendre cette notion en l’absence de toute structureadditive,
la forme bilinéaire de dualité étant alorsremplacée
par une fonctionquelconque
de deux variables. Soit doncX,
, Y deux ensembles et c : : X x Y -~ iR une tellefonction,
ditefonction couplage.
. Pour toutefonction 03C6
EIRX,
on considère la fonction E ,appelée c- conjuguée
de~,
et définie par :On définira bien sûr de manière
analogue
lac-conjuguée ~~
d’une fonction~
EIRY
par :La
c-conjugaison
établit donc une doublecorrespondance
décroissante entreIR
et Pour toutefonction £
EIR (ou IR~?, on peut
alors
définir la c- biconjuguée ~~~
- (~~~ ~
de ~,
dont on montre ([16]) qu’elle
est
l’enveloppe supérieure
des fonctions
c-élémentaires minorant £,
une fonction
c-élémentaire sur X étant une fonction de la forme
c( . , YO) -r ,Q,
où yo e Y et,Q
E IR. Enparticulier, quelle
que soit la fonction~,
on a donc :propriété
dont résulte immédiatementl’égalité :
Ezemple
1. 2014 Considérons X = Y un espace vectoriel réelet,
sur X xY,
,le
couplage suivant,
oùf
EIRX
:couplage symétrique
en x et y. La relation(3)
de définition de lac-conjuguée
d’une
fonction £
E!R
s’écrit ici :où
, f
B~ désigne
la déconvolution def par ~ ( ~8~ ),
c’est-à-dire la fonction définie par : :Ainsi, l’opération f
. , de déconvolution d’une fonctionf donnée, peut-elle
être
regardée
comme uneconjugaison
pour lecouplage
c défini en(6).
De cepoint
de vue, on remarque notamment que les relationssuivantes,
énoncéesdans
([13]) :
ne sont autres que les
propriétés (4)
et(5)
de lac-conjugaison. []
Dans le cadre
général,
siY) désigne
l’ensemble des fonctions deIRx qui
sontenveloppes supérieures
de fonctions c-élémentaires(de
tellesfonctions seront dites
c-régulières),
on obtientl’équivalence suivante,
oùet une caractérisation
analogue
de l’ensembleY)
des éléments c-réguliers
deIRY.
Enfait,
lac-conjugaison échange
de manièrebijective
les fonctions
c-régulières
deIRx
etIRY.
Plusprécisément,
la résolution del’équation :
où g E
IRY (resp.
et où les solutions sont à chercher dansIRX (resp.
IRY ), peut s’énoncer comme suit.
PROPOSITION 1
L’équation (E)
a une solution si et seulement si g estc-régulière.
Dansce cas :
~i~ ~
est solution de(E)
si et seulement si~ec
=gc
?(ii) g~
est laplus petite
solution(E),
la seulequi
soitc-régulière.
Preuve. 2014 L’existence d’une solution
~o
de(E)
donne parc-biconjugaison
(~~) ~~ = gCC, ce qui implique, compte
tenu de(5), g~e
= g.Inversement,
sicette dernière
condition, équivalente
à lac-régularité
de g, estréalisée,
il estclair que
~o = gC
est solution de(E).
Supposons désormais ge-régulière.
Del’égalité ~~
=g~,
on déduitsuccessivement,
parc-conjugaison ~~~
=gC (donc
enparticulier g~ $ d’après (4)), puis
c’est-à-dire~~
= g. Deplus, l’égalité ~e~
=g~
prouve,
lorsque ~
estsupposée c-régulière, que ~
=gC,
cequi
achève ladémonstration. 0
Ezemple
Z -Lorsque
c est une forme bilinéaire de dualitéséparante
entre deux espaces vectoriels X et
Y,
l’ensembleY)
n’est autre quer(X),
sous-ensemble deiR formé,
d’unepart,
des deux fonctions constanteségales
à ±~et,
d’autrepart,
des fonctionsqui
sont convexes, propres(i.e.,
àvaleur dans et non
identiquement égales
à+oo),
et semi-continues inférieurement(s.c.i.)
pour toutetopologie
localement convexecompatible
avec la dualité. Les solutions de
l’équation ~*
= gsont, lorsque g
Er(Y)
est propre, les
fonctions ~
E!R
derégularisée
s.c.i. la fonctiong* ;
; cette dernière est laplus petite
d’entre-elles et la seulequi
soit convexeEzemple
3. -Reprenons
la situation del’exemple
1. Lac-régularité
d’une
fonction ~
s’énonce dans ce cas,d’après ( ~ 1~ ) :
:La
proposition
ci-dessuscontient,
comme casparticulier,
les résultats con-cernant
l’équation :
obtenus dans
~13~.
.COROLLAIRE 2
Soit X un espace vectoriel et
f
, g EIRX . L’équation (13)
a une solutionsi et seulement si
,f
B( f
Bg~
= g. Dans ce cas :(i) ~
est solution de(13)
si et seulement sif
B(, f
Bg~
_, f
8 g ;(ii) ,f
B g est laplus petite
solution de(13),
la seulequi satisfasse
.~8 ~.~89~
-9.Par
analogie,
et bien que, contrairement ausymbole
de déconvolutionB,
il ne
s’agisse plus
dans le casgénéral
d’uneopération interne,
nous noteronsla
c-conjuguée 03BEc
d’unefonction 03BE
EIRX (ou IRY) sous la forme :
Les formules
(4)
et(5)
s’écriventalors,
pour toutefonction ~ :
:généralisant
les formules obtenues dans[13]
pour la déconvolution. Deplus,
la résolution de
l’équation (E), qui
seprésente
maintenant sous la forme :peut également
s’énoncer sous une forme en touspoints calquée
sur celle ducorollaire 2.
PROPOSITION
1~
Soit X et Y deux ensembles
quelconques,
c : X x Y --~ IR uncouplage
entre X et Y et g E
IRY (ou £ ’équation (E’)
a une solution si etseulement si c ~
(c
~g~
= g. Dans ce cas :~i~ ~
est solution de(E~
si et seulement si c ~(c
8~~
= c p g ;(ii)
c ~ g est laplus petite
solution(E),
la seulequi satisfasse
2.
Applications
Les résultats ci-dessus
peuvent
s’utiliser notamment pour la résolution desproblèmes suivants, où g
E iTrouver £
E!R
satisfaisantTrouver ~
E!R
satisfaisantL’énoncé de
l’équation (Ei) peut,
de manièreévidente,
se mettre sous laforme :
où d est le
couplage opposé
à c.Quant
àl’équation (E2 ), compte
tenu de larelation
(2)
et del’égalité :
vraie pour toute famille d’éléments de
iR,
ellepeut
s’écrire sous la formeéquivalente (avec,
ici encore, d =-c) :
:Avant d’énoncer les
résultats, quelques
notations et remarques. Nousintroduisons, pour ç
E!R
et y EY,
la notation :ainsi que les définitions similaires
pour ~
EIRY,
en sorte que chacune des deuxopérations. ’9
c et ’ B/ c réalise à son tour une doublecorrespondance
entre
IRx
etIR .
Avec ces notations et d = -c, onobtient,
pour toutefonction ~ :
:égalité
àrapprocher
de(2).
Parsuite,
on constate aisément que :dont on
peut
enparticulier déduire, grâce
à(4),
lesinégalités :
À partir
des formules(17)
et(18)
et des résultats duparagraphe précé- dent,
on constate que lesopérations. 9
c et ’ q c seprésentent
commeinverses l’une de l’autre au sens où ’ q c réalise une
bijection
de l’ensemble-
(resp.
sur l’ensemble(resp.
dont la
bijection
inverse estl’opération .
c. Plusprécisément,
la réso-lution des
équations (Ei)
et(E2),
en d’autres termes deséquations :
s’énonce
respectivement
comme suit.PROPOSITION 3
Soit X et Y deux ensembles
quelconques,
g EIRx (ou
c : X x Y - IRune
fonction couplage
et d = -c. Les conditions suivantes sontéquivalentes:
:~1~ l’équaion
admet unesolution ;
(2)
g estd-régulière;
~~~
De
plus,
sous l’une de ces conditions :~i~ ~
est solution de si et seulement si(~
~c~
0 c = g p c ;g p c est la
plus grande
solution de~E1 ~,
la seulequi vérifie
~i.e.
telle que(-~~
soitd-régulière).
PROPOSITION 4
Sous les mêmes
données,
les conditions suivantes sontéquivalentes
:(1~ l’équation (E2 ~
admet unesolution ;
(,~~ (-g)
estd-régulière;
(3)
De
plus,
sous l’une de ces conditions :~i~ ~
est solution de(E2~
si et seulement si(~
pc)
g c = g 8 c ;g ~ c est la
plus petite
solution de(E2),
la seulequi vérifie
~i.e.
telle que~
soitd-régulière).
Remarque
4. 2014 Si l’on considère successivement leséquations ~ 8
c =g ~ c
et ~
B7 c = g p c, lespropositions
ci-dessus conduisent notamment auxrelations
suivantes,
vraies pour toutefonction g
:qui,
enfait,
sont une autre écriture deségalités
=~_g~d
et=
9d respectivement.
DExemple
5. - Dans le casvectoriel, lorsque
X = Y etf
EIRX,
considérons le
couplage
ci défini par : :couplage
nonsymétrique
en xet y,
d’où la nécessité de bien difFérencier les rôles de X et Y et considérer lecouplage
ci comme uneapplication
définiesur X x
Y,
avec Y = X. . On constate que, ,tandis que,
pour ~
C p ci= ~ ~ ~ f , où ~
Df désigne
l’inf-convolution desfonctions ~ et f ,
c’est-à-dire :Dans
[13],
l’étude réalisée sur leséquations
deconvolution £
Bf
= g et~ D f
= g adéjà prouvé
que, pour une fonctionf donnée,
chacune desopérations. 0 f
d’inf-convolution parf
et .Bide
déconvolution par, f
est inverse de l’autre en un sensgénéralisé.
Ceséquations apparaissant
désormais comme un
exemple particulier d’équation
dutype (Ei)
et(E2) respectivement,
il n’est nullementsurprenant
que les différentespropositions
et relations énoncées ci-dessus se
présentent
comme unegénéralisation
desrésultats obtenus
dans [13].
Deplus,
on constate désormais que ’D f
et.
B f
sont desopérations
inverses l’une de l’autre au sensclassique :
si l’on se restreint aux
fonctions g
E(Y, X)
et h E(X, Y),
oùdl
= -Ci aRemarque
6. - Nous terminerons ceparagraphe
par la remarque sui-vante, inspirée
desexemples
1 et 4. Soit c uncouplage
entre deux ensembles X etY,
l’ensemble Y étant icisupposé
muni d’une structure additive. Nous pouvons doncégalement
considérer entre X et Y lecouplage
ci défini par :Une vérification élémentaire prouve que la
c1-conjuguée
(Tune fonction_j~ _y
~
G !R(resp. !R )
s’écrit alors :où, pour Ç
E lafonction ~
est définie par~ ( y)
=~(2014ï/).
.Ainsi,
pourles
ci-biconjuguées,
on obtient :Il en résulte en
particulier
que le passage ducouplage
c aucouplage
cin’affecte pas la
régularité
des éléments de tandisqu’une
fonction03C8
E estc1-régulière
si et seulementsi
estc-régulière.
DLa résolution
d’équation
dutype (E), (Ei)
et(E2 )
ou,problème équiva- lent,
la caractérisation des fonctionsrégulières
associées à uncouplage
don-né est
généralement
malaisée. Lesparagraphes
suivants donnentquelques exemples
de situations où cette résolution estpossible.
3. Détermination des fonctions critères
Étant
donné deux ensembles X etY,
unemultiapplication
r définie surX à valeurs dans Y
(définissant,
pourchaque
x EX, l’ensemble r(z)
descontraintes),
et unefonction 1
E!R (dite fonction critère),
on considère Ia famille deproblèmes d’optimisation suivante, paramétrée
par ac E X :Pour un x
donné, g(x)
est le montant duproblème
et lafonction g
estappelée fonction
deperturbation
oufonction
valeur.Examinons le
problème
inversequi
consiste à déduire la fonction critère~
de la donnéede g
et dugraphe
r c X x Y des contraintes. Ils’agit
doncde résoudre
l’équation :
Si
~~ désigne
la fonction indicatrice de l’ensembler,
i.e. : :l’équation (27) peut
encore s’écrire :et se
présente
parconséquent
comme uneéquation
dutype (E2),
avec,ici,
c =
~r :
sa résolution obéit donc aux résultats de laproposition
4. Notonstout d’abord que,
pour ~
EIR et y
E Y :r-1 désignant
lamultiapplication réciproque
de r. Les formulesanalogues
pour les fonctions de
!R
s’obtenant enéchangeant
les rôles de r etI‘ -1,
,les relations
(20)
sont lesinégalités
évidentes suivantes :pour tout XQ E X.
La
conjugaison
relative aucouplage
c =1/;r a
été étudiée dans[9]
etrelève de la
conjugaison
par tranches[22].
Pour êtrecomplets,
nous donnonscependant
les preuves des résultats suivants.PROPOSITION 5
Soit r c X x Y le
graphe
d’unemultiapplication
et c =~r
. Pour toutefonction 03C6
E , les assertions suivantes sontéquivalentes
:~
(ii)
pour tout élément ~oEX,
, on a :pour tout À E
IR,
la trancheinférieure
stricte~~ (~)
est réuniond’ensembles de la
forme r-1 (y),
où y E Y. .Preuve. -
D’après (28)
et(29), l’équivalence
de(i)
et(ü)
est claire.Supposons
l’assertion(ü)
vérifiée et considérons un élément xo E~~ (À).
L’inégalité
stricte Àsignifie
l’existence d’un élément yo Er(xo)
telque :
et
implique
parconséquent
la double inclusion :L’assersion en résulte clairement.
Supposons
inversement la condition(iii)
réalisée.L’égalité (31)
étanttrivialement vérifiée dès que = considérons un élément xo de X tel que +00 et un nombre réel À >
L’hypothèse (iii)
prouvel’existence d’une famille d’éléments de l’ensemble Y satisfaisant :
et,
parconséquent,
l’existence d’un indice iE l
tel que :Il en résulte successivement les
inégalités
puis
Cette
inégalité
étant vraie pour tout réel À >l’égalité ~31)
s’en déduitalors en tenant
compte
de la relation(30).
DD’après
lespropositions
3 et4,
lechangement
en-~
donne :COROLLAIRE 6
Sous les mêmes
données,
pour~
~ les assertions suivantes sontéquivalentes
:~z~
(ii)
pour tout élément x pEX,
, on a :pour tout À E
IR,
la tranchesupérieure
stricte~~ (a}
est réuniond’ensembles de la
forme r-1 (y),
où y E Y. .Les conditions ci-dessus
caractérisent,
pour d =-~r,
les fonctions d-régulières
de ;l’échange
des rôles de r etr-1
conduit au fait que lesfonctions d-régulières
deIRY
sont lesfonctions
dont les tranchessupérieures
strictes sont réunions d’ensembles de la
forme I‘(~),
où x E X.Finalement,
les résultats de la
proposition
4s’appliquent
à la résolution del’équation (27)
sous la forme : :CORROLAIRE 7
L’équation (27)
admet une solution si et seulement si les tranchesinférieures
strictes de g sont réunions d’ensembles de laforme I‘-1 (y),
oùy E Y. De
plus,
dans ce cas, lafonction
g g cdéfinie
par Y par :est la
plus petite
solution de~27~,
la seule dont les tranchessupérieures
strictes soient réunions d’ensembles de la
forme
où ~ E ~.Nous sommes
également
en mesure d’énoncerparallèlement
les résultats concernantl’équation :
COROLLAIRE 8
L’équation ~33~
admet une solution si et seulement si les tranchessupérieures
strictes de g sont réunions d’ensembles de laforme I‘-1 (y~,
où y E Y. De
plus,
dans ce cas, lafonction
g 0 cdéfinie
sur Y par: :est la
plus grande
solution de~33~,
la seule dont les tranchesinférieures
strictes soient réunions d’ensembles de la
forme I‘(x),
où x EX. .Ezemple
7. - Illustrons l’ensemble de ces résultats d’un casparticulier simple, généralisant
le cas considéré dans([16],
pp.137-138) :
celui où r définit une relation depréordre (i.e.,
réflexive ettransitive)
sur un ensembleX. La relation F n’étant pas
symétrique,
il sera nécessaire de considérer Fcomme sous-ensemble de X x
Y,
avec Y = X. . Nous noterons ici " y "au lieu de "
(x, y) Er",
en sorte que les formules(28)
et(29) deviennent,
pour toute
fonction ~
E :Quant
auxéquations (27)
et(33),
ellessénoncent,
dans ce casparticulier :
Une condition nécessaire immédiate d’existence d’une solution de
(37)
est la décroissance de la
fonction g ;
dans cetteéventualité,
la formule(34)
prouve que la
fonction ~
V c coïncide avec la fonction g, elle-même solution évidente de(37).
En d’autrestermes,
les fonctionsd-régulières (avec
d =-c)
de
!R
sont les fonctionsdécroissantes,
cequi
nouspermet finalement,
pour cetexemple,
de traduire chacune despropositions
3 et 4 comme suit :l’équation (36)
admet une solution si et seulementsi g
estcroissante, auquel
cas g c = g est la
plus petite
solution de(36), la
seulequi
soit croissante(Le.,
décroissante pour lepréordre
défini par0393-1).
Demême, l’équation (37)
admet une solution si et seulementsi g
estdécroissante, auquel
cas~ V c = 7 est la
plus grande
solution de(37), la
seulequi
soit décroissante(Le.,
croissante pourr"~).
DExemple
8. 2014 Les différentes notions decomposition
desmultiapplica-
tions fournissent
également
une illustration intéressante deséquations (27)
et
(33).
Eneffet, X, Y,
Z étant trois ensemblesquelconques,
soit A et Bdeux
multiapplications données,
définies surX,
à valeursrespectivement
dans Y et
Z,
que nous identifierons à leurgraphe A ~ X Y et B ~ X Z.
Cherchons alors à déterminer les
multiapplications 03A6
~ Y x Zqui sont,
soit telles que :soit telles que
Les
symboles
o et 8désignent respectivement
lacomposition
existentielle et lacomposition
universelle desmultiapplications,
à savoir([5]) :
:Bien que
pouvant également
être obtenus directement sansdifficulté,
les résultats concernant les
équations (38)
et(39)
seront ici écrits commeconséquence
des corollaires 7 et 8.En termes de fonctions indicatrices des
graphes, Inégalité (38)
seprésente
sous forme
équivalente :
Les ensembles X et Y sont
couplés
par la fonction c = ils’agit donc,
dans un
premier temps,
de résoudre la famille suivanted’équations
dutype
(27), paramétrée
par zE Z
:où gz
estdéfinie,
pour x EX,
pargZ (x)
=z).
Pour un x donnédans
X,
suivant la valeur du réelÀ,
on constate quegZ (a)
-0
ou biengZ (~)
=B-1 (z).
De sorte que la condition nécessaire et suffisante pour l’existence d’une solution de(43)
s’énonce(cor. 7) :
:Sous
l’hypothèse (44),
la fonctionc), plus petite
solution de(43), prend,
suivant lepoint
yE Y considéré,
les valeurs :Il est clair que la
fonction
définie sur Y par :est encore solution de
(43).
Finalement, lorsque
la condition(44)
est réalisée en toutpoint z
EZ,
lafonction ~
définie sur Y x Z par :’
est la
plus petite
fonction indicatrice d’unepartie
de Y x Z satisfaisant(42).
C’est l’indicatrice de la
multiapplication composée
universelle B ~A-1.
.COROLLAIRE 9
L’équation ~38~
admet une solution si et seulement si laformule ~41~~
estvérifiée
pour tout z E Z. Dans ce cas, B ~A-1
est laplus grande (au
sensde l’inclusion des
graphes) multiapplication
solution de~38~.
D’une manière tout à fait
analogue
à cequi précède,
onpeut exploiter
lecorollaire 8 pour la résolution de
l’équation (39), puisque
celle-ci setraduit, lorsque
A est à valeurs nonvides,
par :On constate alors notamment que la
composée
existentielle est laplus petite
solution éventuelle de(39~.
4. Le cas des fonctions hôlderiennes
Les données sont ici les suivantes : :
(X, d)
est un espacemétrique,
r unréel strictement
positif,
aE ~ ] 0,
,1 ].
Nous nous intéresserons auxéquations
~
V c = g c = g, où c est lecouplage symétrique défini,
pour(x, y)
E X xX,
parIl
s’agit
doncexplicitement
deséquations :
Par
ailleurs,
unefonction g
EIRx
est dite(a, r)-hölderienne
si elle satisfaitla
propriété :
Le résultat suivant
généralise (~10~,
prop.2.2.;
voir aussi~7~
et~18~~.
PROPOSITION 10
Pour toute
fonction
g EIRx,
, les conditions suivantes sontéquivalentes,
où d=-c :
~i~
g estd-régulière ; (ii)
g g c = g;(iv)
g est(a, r)-hölderienne.
Preuve. - Il est clair que
l’hypothèse (iv~
estéquivalente
à l’une oul’autre des
inégalités
g g 0 c et g > g ~ c.Par
ailleurs,
on constate aisément que les relations :sont
automatiquement
réalisées par toutefonction £
E où X est unensemble
quelconque,
dès que la fonctioncouplage
c : X x X 2014~ IR s’annulesur la
diagonale
de X xX,
cequi
est le cas ducouplage
c défini en(46).
L’équivalence
entre les conditions(ü), (iü)
et(iv)
en résulte.D’autre
part, lorsque
la condition(ü)
est réalisée(donc
aussi(iii)),
lafonction g
vérifie :et cette
égalité
caractérise lad-régularité de g (voir
prop.3).
Supposons
maintenant lad-régularité
de g. Lafonction g
étant alorsenveloppe supérieure
de fonctions d-élémentaires à valeurs dansIR,
il suffiten fait de montrer que toute fonction c de ce
type,
c’est-à-dire de la forme :où a E X et
,Q
EIR,
est(a, r)-hölderienne. Or, quels
que soient les élémentsx et y de
X, à partir
del’inégalité triangulaire :
et sachant que a
e ] 0 ,
1~,
on obtient :d’où
l’inégalité
cherchée :L’opposée
d’une fonction(a, r)-hôlderienne
étant elle-même(a, r)-hôlde- rienne,
il en est donc ainsi de toute fonction d-élémentaire. 0Grâce aux résultats
ci-dessus,
on obtient àpartir
despropositions
3 et 4 : : PROPOSITION 11Pour toute
fonction
g EIRX,
les conditions suivantes sontéquivalentes,
~i~ l’équatio ~.~ ?’~
admet unesolution ;
l’équation ~.~ 8~
admet unesolution ;
g est
(a, r)-hôlderienne.
Lorsque
l’une de ces conditions estréalisée,
g est laplus petite
solutionde
(47) (resp.
laplus grande
solution de(48)),
la seulequi
soit(a,
derienne.
5. Le cas des formes
quadratiques
Dans ce
paragraphe,
Xdésignera
un espace hilbertien. Pour toutopé-
rateur linéaire
symétrique
A deX,
nous noterons qA la formequadratique
continue
associée, i.e.,
la fonction définie par :L’étude des
équations
ayant déjà
été détaillée dans[13],
nous nouscontenterons,
dans le casgénéral,
de décrire la classe des fonctionsc-fégulières,
pour lecouplage
dutype :
la connaissance de cette classe conduisant à la résolution des
équations (51)
par
application
despropositions 1, 3,
4.PROPOSITION 12
Soit A un
opérateur
linéairesymétrique
deX,
c lecouplage défini
en(52)
et g EIRX.
Les assertions suivantes sontéquivalentes:
:~i~
g estc-régulière ;
(ii)
il eziste unefonction
k Er(X)
telle que g - qA = k oA ;
(iii)
g - qA =~(9 - qA~*
+ .Preuve . - La
c-régularité
de gsignifiant
l’existence d’unefonction g
telleque q~
8 ~
= g,l’équivalence
entre(i)
et(ü)
découle de lasuivante,
vraiequels
que soient leséléments 03C6 et 03BE
deIRX
:D’autre
part,
par double utilisation de la relation(53)
dansl’égalité qA8 (qABg)
= g(également caractéristique
de(i)),
on constatel’équivalence
de
(i)
et(iii) (voir [13],
prop.11-4).
DEzemple
9. . -Plaçons-nous
dans le cas oùl’opérateur
A est inversible.La
proposition
ci-dessus montre alors que g estc-régulière
si et seulementsi
(g
-qA)
EI‘(X ).
Cette conditionsignifie, lorsque
la fonction g neprend
pas la valeur
(-oo),
que celle-ci est s.c.i. etA-conveze,
au sens suivant :+
(1 - t)y) + (1 - t)g(y) - t(1 - y)
~quels
que soient lespoints x et y
de X et t ~] 0,
, 1[.
Cette notion
générale
de A-convexité contient notamment la notion de fonctionr-fortement
conveze(r
>0), qui correspond
au casparticulier
A = r
Idx ( ~21J ),
tandis que les fonctions r-paraconvezes(r
>0)
sontobtenues en
prenant
A = -rId x ( ~20~ ).
Enfin,
nous dironsqu’une
fonction03C6
E!R
est A-concave si(-03C6)
est A-convexe. On obtient alors la
proposition
suivantequi généralise ([18],
th.5).
.PROPOSITION 13
Soit g
E!R
et A unopérateur
linéairesymétrique
inversible de X .(1) Lorsque
lafonction
g et propre,l’équation
qA8 ~
= g admet unesolution si et seulement si g est A-conveze
s.c.i., auquel
cas(qA
Bg)
en est la
plus petite solution,
la seulequi
soit A-conveze s.c.i.~Z~ Lorsque
lafonction
g et propre,l’équation ~
8 qA = g admet unesolution si et seulement si g est
(-A)-conveze s.c.i., auquel
cas(g C7 qA)
en est laplus grande solution,
la seulequi
soit(-A)-concave
s.c.s.
’
(3) Lorsque
lafonction (-g)
et propre,l’équation ~
(~ q~ = g admetune solution si et seulement si g est
(-A)-concave
s.c.s.,auquel
cas(g
8qA)
en est laplus petite solution,
la seulequi
soit(-A)-conveze
S.C.z.
Preuve . La
propreté
de gimpliquant
clairement que la fonction qA 8 g(et donc,
afortiori,
toute autre solution éventuelle del’équation
qA =g)
ne
peut prendre
la valeur -oo, lepremier point
traduit lespropositions
1et 12 en tenant
compte
de l’inversibilité del’opérateur
A.Les deux dernières
équations correspondent (voir
ex.5)
aucouplage
ci ,symétrique
en x et y, défini par : :et leur résolution fait par
conséquent
intervenir lad1-régularité,
oùdl
= -ci(voir
prop. 3 et4). Or,
lasymétrie
de ciimplique, grâce
à la remarque6,
que les fonctions
dl-régulières
sont exactement les fonctionsd-régulières,
lecouplage
d étant donné parD’où le résultat annoncé à
partir
de laproposition
12. ~Dans
[13],
lemmeII-5,
a étémontrée,
pour toutopérateur symétrique
B de
X,
,l’équivalence
des deux assertionssuivantes,
où S~ est unepartie quelconque
de X : :(i) ?B=(?B+~)~
~(ü)
B > 0 et l’ensemble~x
E X~
E~~
est dense dans X.A partir
de la condition(iii)
de laproposition 12,
ce résultatpermet
notamment de caractériser la
c-régularité
d’une formequadratique
continuesur X. .
Lorsqu’un opérateur symétrique
S de X est semi-définipositif (> 0),
nous noteronsl’unique opérateur symétrique
et > 0 satisfaisanto = S. On obtient ainsi : :
PROPOSITION 14
Pour tout
opérateur symétrique
B deX,
les conditions suivantes sontéquivalentes :
:~i~
qB estc-régulière,
où c est lecouplage défini
en~5,~~;
(ii) B - A
> 0 et l’ensemble{x
E X( (B
-~ Im A}
est densedans X .
Il est
possible
d’utiliser cette caractérisation pour la résolution deséquations (51)
dans le casparticulier important
où le second membre en estune forme
quadratique
continue([13]).
Ces résultatsont,
sur lesopérateurs,
une traduction en termes d’addition et de soustraction
parallèles ([1], [13], [14], [17]). Rappelons
que la sommeparallèle
de deuxopérateurs symétriques
A et B de X
(resp.
ladifférence parallèle
de B parA) désigne l’opérateur symétrique
A//
B(resp.
Bf f A)
associé à qA (~ qB(resp.
qB 8qA), lorsque
cette fonction est une forme
quadratique
surX, Le., lorsque
A et B vérifientA+B > 0 et Im A C
(resp.
A-B > 0 et Im A CIm(A-B)1/2)
([13]). L’étude,
dans l’ensemble desopérateurs symétriques
del’espace X,
des
équations :
se déduit
alors,
à travers laproposition 14,
de celle deséquations (51).
Nous renvoyons à
[13]
pour l’ensemble des résultats sur ceséquations
eténoncerons en
complément
les suivants.PROPOSITION 15
Soit
A,
B etZo
troisopérateurs symétriques
de X. .(1)
Si A/f Zo
=B,
les conditions suivantes sontéquivalentes:
:(i) Zo
= A/f
B ;(ii) Zo -
A > 0 et l’ensemble~x
E X~ (Za _
EIm A}
estdense dans X .
(2)
SiZo f f
A =B,
on obtient de mêmel’équivalence
des conditions :(i) Zo
= A//
B ;(ii)
A -Zo >
0 et l’ensemble~x
E X~ (A -
EIm A}
estdense dans X .
(3) Enfin,
siZo //
A =B, l’équivalence
de :(i) Zo = B ff A ;
(ii)
A +Zo >
0 et l’ensemble{x
E X~ (A
+ EIm A}
estdense dans X .
Preuve. -
(1)
Considérons ici lecouplage
c défini en(52).
Sousl’hypo-
thèse A
f f Zo
=B, l’égalité Zo
= Af f B, équivalente
à qZo = qA E~ qB, est donc réalisée si et seulement siqZo
estc-régulière, propriété qui
setraduit, d’après
laproposition 14,
par la condition(ü).
(2)
Demême,
sousl’hypothèse Zo ~f
A =B,
la condition(i),
autrementdit
l’égalité
qZo = qA 0 qB,signifie (prop. 3)
lad1-régularité
deoù
y)
=-c(x, -y~,
ou encore, si d = -c, sad-régularité,
d’oùl’équivalence
des conditions(i)
et(ü)
àpartir
de laproposition
14.L’équivalence (3) est,
demême, conséquence
despropositions
4 et 14. Il6. Lien avec
l’analyse épigraphique
L’objet géométrique qui représente
le mieux la notion d’inf-convolution estl’épigraphe :
étant donné un ensembleX,
onappelle épigraphe
d’unefonction
f
EIRx
l’ensemble :et
épigraphe
strict def
l’ensembleépis f
obtenu enprenant l’inégalité
strictedans la définition ci-dessus.
Lorsque
X est un espacevectoriel,on
sait([15])
que
l’épigraphe
strict de l’inf-convolution de deux fonctionsquelconques , f,
g E
!R
est la somme vectorielle de leursépigraphes
stricts :ce
qui justifie
laterminologie
de sommeépigraphique
def
et gparfois
utilisée pour
désigner
l’inf-convolutionf D g ([3]).
En cequi
concerne ladéconvolution,
sans aucunehypothèse
sur lesfonctions f
et g, on al’égalité ([23],
prop.6 ;
voir aussi[6]) :
où
l’opérateur -*- désigne
la différence étoiléed’ensembles,
i.e. :La formule
(56) permet d’interpréter,
defaçon naturelle,
la déconvolutioncomme une notion de
différence épigraphique
de fonctions([2]).
Ainsi,
leséquations
fonctionnelles = g,~ B f
= g, = g, étudiées dans[13],
setraduisent-elles,
en vertu de(55)
et(56),
par deséquations
ensemblistes faisant intervenir la somme vectorielle et la différence étoilée.
En
fait,
ces deuxpoints
de vue(fonctionnel
etensembliste)
sontéquivalents puisque inversement,
leséquations
ensemblistes :s’écrivent
respectivement,
à l’aide des fonctions indicatrices(et
pour des ensembles nonvides) :
Ces différentes remarques admettent une extension au cadre
plus large
dela
présente
étude sous la forme suivante.Étant
donné uncouplage
c entredeux ensembles