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Efficacité des compteurs à rayons γ
Gérard-André Renard
To cite this version:
EFFICACITÉ
DES COMPTEURS A RAYONS 03B3 Par GÉRARD-ANDRÉ RENARD.Laboratoire de Chimie nucléaire,
Collège
de France.Sommaire. 2014 Établissement de la courbe d’efficacité des compteurs à rayons
03B3, à paroi d’Al, Cu, Au,
dans le domaine d’énergie o,3-3 MeV, par la méthode des coïncidences et des mesures absolues annexes. Utilisation des divers rayonnements des nuclides : 52V, 28Al, 198Au , 61Cu, Th C". La connaissance de l’effi-cacité peut donner une présomption de la validité d’un schéma de désintégration encore imparfai-tement établi.
Introduction. - La méthode des coïncidences
est
fréquemment
utilisée pour établir le schéma des niveaux d’un nuclide et la connaissance des effica-cités descompteurs
pour les diversrayonnements
permet
de vérifier telle ou tellehypothèse
d’un schéma inconnu ou de choisir entre divers schémasproposés.
Le but de ce travail est la déterminationexpérimentale
de la courbe d’efficacité descompteurs
à rayons y, en fonction de la nature desparois
et del’énergie
des rayons y dans un domaine allant deo,3
à 3 MeV.Nous
définirons tout d’abord l’efficacité d’uncompteur
à rayons y. Si un rayon y traverse lecompteur,
nousappellerons
efficacité etdésignerons
par
Sy
laprobabilité
qu’a
cequantum
de donner lieu à unedécharge.
Soit une source radioactiveémettant N rayons
monochromatiques
par unité detemps
et donnant n coups par unité detemps
dans lecompteur
considéré,
nousappellerons
rendement etdésignerons
paro.
lerapport
Nous pouvons relier le rendement à l’eflicacité.
par la formule -.
où m est
l’angle
solide effectif et k le facteurd’absorp-tion dans les
parois
ducompteur;
ce facteur est de la forme‘-’ , est le coefficients
d’absorption
massique
etm
l’épais-,
seur moyenne traversée en g : cm2.
Le rendement est obtenu à
partir
de mesures en coïncidences et les formulesemployées
seront
déve-loppées
dans le cas dechaque
corps; m a été déter-miné àpartir
durayonnement
du RaE,
à l’aide decompteurs
à rayonsp,
enextrapolant
les courbesd’absorption
dans l’Al obtenues avec uncompteur
à
paroi
dei/ioO
mmd’Al,
uncompteur
à fenêtre de 19[1- d’Al et uncompteur
sansparoi
( fig. i).
Fig. i. -
Absorption dans l’aluminium du rayonnement d’une source de Ra D + Ra E + Ra F en équilibre;
utili-sation du compteur sans paroi.
La masse
superficielle
moyenne traversée m a été déterminée par lerayonnement
de dématériali-sation du nuclide 61Cu et lerayonnement
de2,6
MeVdu Th
C",
en utilisant diverscompteurs
à coquede
Cu,
d’épaisseur
variant entre 0,1 et 2 mm;m a été trouvé
égal
à la massesuperficielle
de laparoi
ducompteur.
.Appareillage.
-Compteurs,
-- Nousavons
.
utilisé des
compteurs
cylindriques
à coqued’Al,
de Cu et d’Auayant Qo
mm delongueur
de fil etun diamètre intérieur de 17 mm
(sauf
lecompteur
à coque de Cu de 2 mmd’épaisseur
et celui d’or deo,5
mmd’épaisseur qui
ont un diamètre intérieurde 16 mm) ;
ils sontrémplis
avec unmélange
213
de 10 pour i oo d’alcool et go pour 100
d’argon,
ijusqu’à
unepression
totale de 1 o cm deHg.
Les 1 coquessont,
soit en Al :épaisseur
o,1 et i mm, 1soit en Cu :
épaisseur
0,1, 0,2,o,5,
1,1,5,
2 mm,soit en Au : feuilles
d’Au,
d’épaisseur 5
p, 10 u eto, 5
mm enroulées dans uncompteur
d’Al de 0,1 mmd’épaisseur.
Pour la détermination de
l’angle
solideeffectif,
par
extrapolation
de la courbed’absorption
du RaE,
nous avons utilisé uncompteur
en laiton de mêmesdimensions
portant
une fenêtre de 1 cm2 fermée parune feuille d’Al de 19 p-. Le
compteur
sansparoi,
utilisé pour la même mesure, est un
compteur
formecloche,
nonfermé,
de 20 mm dediamètre,
l’extrémité libre du fil est située à 20 mm de la source, l’ensemble estplacé
dans un dessiccateurrempli
dumélange
utilisé pour les
compteurs
précédents.
Undisque
porte-écrans intercepte
lerayonnement
émis de lasource vers le
compteur,
ledisque porte
sur sacirconférence trois masselottes de fer doux
qui
permettent
de commander sa rotationextérieu-rement par un aimant. Le
disque porte
six écransayant
commeépaisseur respectivement 1 2 1 8 ,
58,
21, 6
et o p d’Al( fig.
2).
Fig. 2. --
Compteur sans paroi.
a, compteur; b, disque porte-écrans; c, masselottes de fer
doux; d, robinet permettant le pompage et le remplissage dp compteur; e, source.
Support
decompteurs.
- Lescompteurs peuvent
être fixés en différents
logements
situés à desdis-tances fixes de la source,
permettant
diverses combi-naisons tout en évitant des erreurs derepérage
des distances3).
Sources. - Les
sources sont soit
déposées
sur unefeuille d’acétate de cellulose
(épaisseur -
tendue sur un cadre de
plexiglass,
soit,
dans lecas de et
198 Au,
collées directement sur le cadre deplexiglass
par une trace d’une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone.Appareils
de numération. -- Lescompteurs
sontelles à un
amplificateur
àquatre
coïncidences,
t une échelle de 1000 et à une échelle de 100’
cons-,ruits par le Commissariat à
l’Énergie
atomique.
Fig. 3. -
Support compteurs.
Si, S~, S3, emplacements possibles des sources; A, B, C, D, E *
F, G, H, I, J, emplacements possibles des compteurs;
e, e’, e", etc., emplacements possibles des écrans.
Ces
appareils
permettent
la mesure simultanée du nombred’impulsions
danschaque compteur
et du nombre de coïncidences. Lepouvoir
de résolutionest de l’ordre de en coïncidences
doubles,
pour toutes les combinaisons de
compteurs
deux à deux. Le taux de 10 oooimpulsions :
mn dansun
compteur
n’a pas étédépassé
(sauf
dans lesmesures sur
198A~u)
dans le but d’éviter lespertes
dues autemps
mort ducompteur.
De cefait,
lescoïncidences fortuites sont
négligeables (sauf
dans les mesures sur 198Au où elles ont étéévaluées).
Le bon fonctionnement des diverses combinaisonsde
compteurs
en coïncidences a été testé par la méthode décrite parNorling [1].
Ce test a été effectuéà diverses
reprises
au cours des mesuresqui
ont,
de
plus,
été encadrées par des mesures d’étalons. Mesure. - Nous avons utilisé des corps dont le schéma dedésintégration
adéjà
été étudié :Io
52V,
sous forme deV205,
pourl’énergie
de1,46 MeV;
20
28A1,
pourl’énergie
de~,8 MeV;
214
40
pour lesénergies
deo,3
eto,!E MeV;
5°61Cu,
sous forme deCuS,
pourl’énergie
durayonnement
d’annihilation deo,51
MeV.D’autre
part,
des mesures directes ont été effec-tuées avec :10
Th C",
d’une source deR Th,
pourl’énergie
de2,6 MeV;
2~
61Cu,
pour lerayonnement
deo,5z
MeV. Les résultats des mesures sont donnés dans le Tableau I.TABLEAU I.
vm___L’: Jo....
"Valeur moyenne. - bmesuie en coïncidences. - c Mesure directe. - dValeur estimée.
Vanadium. - Nous avons utilisé un
porteur
de 2 mg de
V,O,
enpoudre,
irradiépendant
Io mnpar neutrons lents. Le schéma de
désintégration
du nuclide 52V formé a été étudié par T. Yuasa[2],
J.
Martelly [3]
et par R. Bouchez et nous-mêmes[4] ;
on
peut
lereprésenter
par le schéma4
a. Dans laFig. 4. -
a, b, c, d. a, Õ2V; b, 24Na; d, 198Au.
mesure des
coïncidences [3
2013 y, en utilisant uncompteur
àrayons
dont laparoi
arrête les élec-trons de la transitionisomérique
(3/ 1 oe mm d’Al)
lesnégatons
duspectre g
seront seulscomptés.
Laproportion
de rayons y donnant desdécharges
dans le
compteur
à rayonsp
est de l’ordre de 1 pour 100 etpeut
êtrenégligée
à laprécision
des mesures; d’autre
part,
l’épaisseur
ducompteur
à rayons y est suffisante pour arrêter tous lesélec-trons. On
peut
écrireN~, Ny,
N~-y,
8T,
étantrespectivement
le nombred’impulsions provenant
ducompteur
à rayons~3,
ducompteur
à rayons ’~, en coïncidences et lenombre de
désintégrations
de la sourcependant
l’unité de
temps;
les rendements descomp-teurs p
et y.Nous
avons, avec les notations del’introduction,
py=
d’où nous pouvons tirer la valeur de l’efficacité. Aluminium. - Le
porteur
est une feuille d’A.l de 3 cm sur cm, ded’épaisseur,
pur à irradiéependant
1 o mn par neutrons lents. Le schéma dedésintégration
du nuclide 28AIpeut
êtrereprésenté
par leschéma 4 b
[5]
et le rendement et l’efficacité sont obtenus en utilisant les mêmesformules que dans le cas de 52V. Sodium. -- Nous
avons irradié du
COSNa2
pardes deutons de
6,8
MeVpendant
destemps
allantde i à 5 h. Le
produit
est dissous et neutraliséet une
goutte
de la solutiondéposée
sur unporteur
d’acétate de
cellulose,
constitue la sourceaprès
séchage
à l’étuve(1).
La source décroît avec unepériode
pure de14,8 h
à I pour 10oprès.
Enadmet-tant le schéma
proposé
par Elliot etAlburger [6-8],
schéma4
c, et ennégligeant
les électrons deconver-sion,
nous obtenons une valeur moyenne duren-dement,
d’où,
lepoint
obtenu pour le ~2V servantde
comparaison,
nous pouvons tirer les valeurs del’efficacité pour les
énergies
de1,38
et2,76
MeV.Nous avons utilisé pour déterminer le rendement les formules
(avec
les notationshabituelles ) :
N3 ==7Vp
Ay
,== z k =
N Pi
total,E,
s’,
k, k’,
étantrespectivement
les valeurs de l’efficacitè et du facteur de transmissionpour
les raies de1,38
et2,76
MeV.Or. - Nous
avons utilisé différentes feuilles d’or de 3 cm sur I cm et de 1 cm sur 1 cm
d’épaisseurs
I o,5 et
o,5
li., irradiées par neutrons lents ou par deutonspendant
destemps
variant dequelques
heures àun mois. Nous avons
trouvé,
dans tous les cas,une
période
pure de 66 h pour I ooprès.
Le schémale
plus
probable
d’après
nos mesures en215
En
négligeant
les électrons der conversion et lapossi-bilité d’une raie y faible de
2,5
on obtientle rendement en utilisant les mêmes formules que dans le cas de 24Na.
Cuivre. - Nous
avons utilisé la réaction Ni
(d, p)
Cu par la méthode décrite par Savel[9],
pour obtenir le nuclide 61Cu.Après séparation chimique
etcentri-fugation,
leprécipité
de CuS estdéposé
sur unporteur
d’acétate de cellulose. L’activité duproduit
mesuréequelques
heuresaprès
la fin de l’irradia-tion décroît avec unepériode
pure de3,4
h à2,5
pour I ooprès.
La source est entourée d’une feuille de Pb de i mmd’épaisseur;
lesj3+
sont ainsi arrêtés. En faisantl’hypothèse,
que deux rayons yde 5lo keV sont émis à
chaque
annihilation,
etqu’ils
sont émis dans deux directions diamétralementopposées,
les mesures en coïncidences y - ~y per-mettent de remonter aunombre
dedésintégrations
et à l’efficacité. On a les formulesN,
NY2 N~_,~,
étantrespectivement
les nombres : dedésintégrations,
dedécharges
dans lecompteur
1 et lecompteur
2 et encoïncidences ; m
l’angle
solideeffectif des deux
compteurs (le
même pour les deuxcompteurs);
les autres notations sont conformes à cellesdéjà
mentionnées dans l’introduction. Remar-quons que la corrélationangulaire
des deux y donnedes formules différentes de celles établies dans le cas
général
des coïncidences y 2013 yMesures absolues directes. -- Nous voulons
parler
des mesures absolues que nous avonseffec-tuées à titre de contrôle avec le
rayonnement
du Th C" et le
rayonnement
d’annihilation du nuclide 61Cu.Thorium C". - Nous
avons utilisé le
rayonne-ment, filtré par
3,5
cm dePb,
d’une source de R Théquivalente
à 0,126 mg de Rapréparée
et étalonnée par la méthode dugrand
condensateur à l’Institut du Radium(2).
Cuivre. - Le nuclide 61Cu a été
préparé
par lamême méthode que
précédemment,
nous nous sommes servis du même échantillon que celuiemployé
dans les mesures encoïncidences;
nous avonsutilisé un
compteur
à’rayons
en Al deI¡’IOe
demillimètre
d’épaisseur
et lecompteur
sansparoi
précédemment
décrit,
pour déterminerl’absorption
dans laparoi
et en utilisant undiaphragme
cana-lisant un faisceau de
[3+,
nous avons pu déterminerle nombre de
désintégrations
de la source. Delà,
(2) Nous remercions l. G. Bouissières et Chamié pour la préparation et l’étalonnage de cette source,
on obtient directement le rendement
etj’efïicacité.
Cette méthode est peu
précise,
cequi
peut
expliquer
les différences avec les résultats obtenus par la méthode des coïncidences. D’autre
part,
dans lesmesures en
coïncidences,
nous avonssupposé
que lerayonnement
d’annihilation n’est constitué que dequanta
de o,5 1MeV,
alors que la théorieprévoit
unrayonnement
de 1 MeV(de
l’ordre de 1 o pour I oo durayonnement
total dans le cas des élémentslourds),
et que cerayonnement
adéjà
été observé[iol.
Desexpériences
sont enprojet
à cesujet.
Résultats. - Nous
avons
comparé
nos résultats(Tableau
I)
à ceux obtenus parNorling [il,
Bradt et al.
[1 1],
Maier-Leibnitz[ T 2]
et Dun-worth[ 13],
ainsiqu’aux
résultatsthéoriques
etsemi-théoriques
de Von Droste[ 1 !i.],
Yukava et Sakata et N.Marty
[16].
Les courbes sont dessinées5,
6 et7)
pour leCu,
l’Al et l’Au.Fig. 5. - Efficacité des
compteurs à coque d’Aluminium.
iVTaier-Leibnitz, - · - · - · -; Bradt et aL, - - - -;
I-N. Marty, ... ; Renard, o, mesures en coïncidences;
~ , mesures absolues directes.
Le décalement
systématique
de certaines courbesprovient
vraisemblablement de différences entre les,
dispositifs expérimentaux.
Lafigure 8
reproduit
nos résultats
quant
aux efficacités pour les divers matériaux utilisés. Lafigure 9 représente
lesrap-’
rayon-Fig. 6. - Efficacité des
compteurs à coque de cuivre.
Maier-Leibnitz, - · - · - _ -; Bradt et al., --- ; N. Marty, ...; Renard, o, mesures en coïncidences;
~ , mesures absolues directes.
Fig. 7. - Efficacité des
compteurs à coques de Pb et d’Au.
Pb : lVlaier-Leibnitz, 2013 ’ 2013 ’ 2013 ’ ; Bradt et al., - - - - -, Au : Renard, , ’
o mesures en coïncidences; e , mesures absolues directes.
...
nement;
les facteurs et k’ sont calculés pour uneépaisseur
deparoi
égale
au parcours maximum des électronssecondaires
pouvant
être créés dans cetteparoi;
nous avons utilisé la valeur moyenne déduite des relationsparcours-énergie
des rayonsp,
de
Coryell (3)
et de Flammersfeld[18],
ainsi(3)
E¢ _ + °’°94
(formule donnée au cours d’une1
217
que d’une courbe
provenant
de Princeton(4).
Ces courbes ont été établies en vue de vérifier les efficacités obtenues par la méthode des
coïncidences,
-’1
dans la
région
utilisée,
l’éventualité d’unediscon-tinuité est
improbable
théoriquement,
cequi justifie
notre manière de
procéder.
1-Fig. 8. - Efficacité
des compteurs à rayons y.
____ ______J coque d’Al; , coque de Cu;
-.-.-.-.-, coque d’Au.
dans l’étude d’un nuclide dont le schéma de
désin-tégration
n’est pas encore définitivement établi ouest controversé. Ces courbes se sont révélées utiles
pour notre étude du schéma de
.désintégration
de 198Au
[17].
Dans cetteétude,
nous avonssupposé
, la
continuité de l’efficacité avecl’énergie;
enfait,
(1) Exemplaire fourni par M. Magnan.
Fig. 9. -
Rapports des rendements des divers compteurs
en fonction de l’énergie des rayons y; pour une épaisseur
de paroi correspondant au parcours maximum des
élec-trons secondaires.
Nous tenons à remercier M. le Professeur F.
Joliot,
qui
adirigé
notre travail et nous a aidé deprécieux
conseils. Nousexprimons
notregratitude
au C.N.R.S.pour l’allncation
qu’il
nous a fournie._ Manuscrit reçu le 21 I mai 1948.
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