A373. Les nombres en or ****
On noteϕle nombre d’or qui est la plus grande racine réelle de l’équationx2−x−1=0.
Un entier naturelnest dit nombre en or s’il existe : - deux entiers naturelspetq,
-p+q+1 entiersap,ap−1, ...a1,a0,a−1,a−2, ....a−q+1,a−qne prenant que les valeurs 0 et 1 tels que : n=ap.ϕp+ap−1.ϕp−1+....+a1.ϕ+a0+a−1.ϕ−1+...+a−q.ϕ−q=
i=p
X
i=−q
aiϕi.
Par exemple, l’entier 1 est un nombre en or car on peut écrire 1=ϕ−1+ϕ−2 avecai =0 pour i >0, a−1=a−2=1.
Q1 Montrer que les entiers 2 et 3 sont des nombres en or et en donner une représentation en or.
Q2 Trouver une représentation en or des entiers 2018 et 2019.
Q3 Démontrer que tous les entiers naturels admettent une représentation en or.
Solution de Claude Felloneau
Q1 2 et 3 sont des nombres en or car 2=ϕ1+ϕ−2et 3=ϕ2+ϕ−2. Preuve :
1=ϕ−1+ϕ−2donc pour toutn∈Z,ϕn=ϕn−1+ϕn−2. 2=1+ϕ−1+ϕ−2=ϕ1+ϕ−2=
i=p
X
i=−q
aiϕiavecp=1,q=2,a1=1,a0=0,a−1=0 eta−2=1.
3=ϕ1+1+ϕ−2=ϕ2+ϕ−2=
i=p
X
i=−q
aiϕiavecp=2,q=2,a2=1,a1=0,a0=0,a−1=0 eta−2=1.
Q2 2018 et 2019 sont des nombres en or car
2018=ϕ15+ϕ13+ϕ10+ϕ4+ϕ2+ϕ−2+ϕ−4+ϕ−12+ϕ−13+ϕ−16 et 2019=ϕ15+ϕ13+ϕ10+ϕ4+ϕ2+1+ϕ−2+ϕ−4+ϕ−12+ϕ−13+ϕ−16. Preuve :
3=ϕ2+ϕ−2donc ϕ4+ϕ−4=¡
ϕ2+ϕ−2¢2
−2=7.
ϕ6+ϕ−6=¡
ϕ2+ϕ−2¢3
−3¡
ϕ2+ϕ−2¢
=18.
ϕ8+ϕ−8=¡
ϕ4+ϕ−4¢3
−2=47.
ϕ10+ϕ−10=¡
ϕ4+ϕ−4¢ ¡
ϕ6+ϕ−6¢
−¡
ϕ2+ϕ−2¢
=123.
ϕ12+ϕ−12=¡
ϕ6+ϕ−6¢2
−2=322.
ϕ14+ϕ−14=¡
ϕ12+ϕ−12¢ ¡
ϕ2+ϕ−2¢
−¡
ϕ10+ϕ−10¢
=322×3−123=843.
On a 2018=2×843+322+7+3 donc 2018=¡
ϕ1+ϕ−2¢ ¡
ϕ14+ϕ−14¢ +¡
ϕ12+ϕ−12¢ +¡
ϕ4+ϕ−4¢ +¡
ϕ2+ϕ−2¢ 2018=ϕ15+2ϕ12+ϕ4+ϕ2+ϕ−2+ϕ−4+ϕ−12+ϕ−13+ϕ−16.
Or 2ϕ12=ϕ13+ϕ10donc
2018=ϕ15+ϕ13+ϕ10+ϕ4+ϕ2+ϕ−2+ϕ−4+ϕ−12+ϕ−13+ϕ−16. On en déduit que :
2019=2018+1=ϕ15+ϕ13+ϕ10+ϕ4+ϕ2+1+ϕ−2+ϕ−4+ϕ−12+ϕ−13+ϕ−16 Q3 Tous les entiers naturels les entiers naturels admettent une représentation en or.
Preuve :
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Soit F l’ensemble des suites a =(ai)i∈Z d’entiers définies surZtelle qu’un nombre fini de termes sont égaux à 1, les autres étant nuls.
Poura∈F, on poses(a)=X
i∈Z
aiϕietn(a) le nombre d’entiersitels queai+1=ai=1.
— Pour touta∈F, il existeb∈Ftel ques(a)=s(b) etn(b)=0.
On démontre par récurrence surn la propriété (Pn) : Pour touta∈F tel quen(a)=n, il existeb∈Ftel ques(a)=s(b) etn(b)=0.
-P0est vraie (on prendb=a).
- Sinest un entier supérieur ou égal à 1 tel que (Pi) est vraie pour touti<n.
Pour touta∈F tel quen(a)=n, on notekle plus grand entieritel queai+1=ai=1 etjle plus petit entieritel quei>ktel queai+1=ai=0.
On a alors
j+1
X
i=k
aiϕi =ϕk+ϕk+1+ϕk+3+...+ϕj−1
=ϕk)+2+ϕk+3+...+ϕj−1
=...
=ϕj−2+ϕj−1
=ϕj
=
j+1
X
i=k
biϕi
oùbest la suite définie surZparbj=1,bi=0 pourk6i6j−1,bi=aipouri>joui<k.
Il est clair queb∈F ets(a)=s(b).
De plus, sibi+1=bi=1 alorsi<k−1 etai+1=ai=1 doncn(b)<n(a)=n.
CommePn(b)est vraie, il existec∈F tel ques(b)=s(c) etn(c)=0.
Il existe doncc∈F tel ques(a)=s(c) etn(c)=0.
AinsiPnest vraie.
- D’après le principe de récurrence, pour toutn∈N, (Pn) est vraie.
— Si un entiernest un nombre en or alorsn+1 est aussi un nombre en or.
D’après la propriété précédente, si un entiernest un nombre en or alors il existea∈F tel quen=s(a) etn(a)=0.
Sia0=0,n+1=s(b) oùbi=aipouri6=0 etb0=1. Commeb∈F,n+1 est un nombre en or.
Sia0=1, commen(a)=0, on aa−1=0 et plus généralement siai=1 alorsai−1=0.
On en déduit que si j est le grand entier négatif tel queaj =aj−1=0, on a ai =0 pouri impair compris entre−1 etj.
En posantbi=aipouri>0 oui<j−1,bi=1 pouricompris entre−1 etj−1.
b∈F ets(b)=s(a)+Savec
S=ϕ−1+ϕ−3+...+ϕj+ϕj−1=ϕ−1+ϕ−3+...+ϕj+2+ϕj+1=ϕ−1+ϕ−3+...+ϕj+3=...=ϕ−1+ϕ−2=1 doncs(b)=n+1. Ainsi,n+1 est un nombre en or.
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