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CCP Maths 2 PSI 2005 — Corrigé
Ce corrigé est proposé par Céline Chevalier (ENS Cachan) ; il a été relu par Olivier Dudas (ENS Ulm) et Walter Appel (Professeur en CPGE).
Ce problème propose une étude des matrices de Pauli, qui sont les matrices com- plexes(2,2)égales à la transposée de leur conjuguée et de trace nulle. Tout le pro- blème est construit en progression pour aboutir, dans la partie IV, à la mise en œuvre de tous les moyens exposés dans les parties précédentes et, en particulier, à la généralisation des résultats sur les matrices orthogonales au cas complexe.
• La première partie, très facile, traite de résultats classiques sur les vecteurs complexes et le produit scalaire canonique. Elle introduit à la question I.3 une matriceTqui servira d’exemple tout au long du problème.
• La deuxième partie étudie le groupe unitaire, équivalent complexe du groupe orthogonal, et montre les résultats qui seront utilisés par la suite.
• La troisième partie s’intéresse au cas particulier des matrices de déterminant 1, qui constituent le groupe spécial unitaire.
• Enfin, la quatrième partie étudie l’algèbre des matrices de Pauli et certains de ses endomorphismes.
Ce problème progressif est remarquablement guidé : tous les outils dont on a besoin sont introduits petit à petit. Il propose une étude intéressante mais requiert peu de connaissances et n’utilise pas beaucoup de théorèmes. Il demande surtout de savoir prendre du recul par rapport au programme et d’être à l’aise avec les raisonnements abstraits. C’est une excellente occasion de réviser l’algèbre bilinéaire.
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Indications
Partie I
I.2.1 La famille(x, y)est une base deC2si et seulement si elle est libre.
I.3.1 Calculer le polynôme caractéristique deTpour déterminer ses valeurs propres, puis résoudre les deux systèmesTX =λX.
I.3.2 Montrer que la famille de vecteurs propres obtenue est orthogonale, puis di- viser les vecteurs par leur norme.
Partie II II.1 Utiliser la question précédente.
II.3.1 Montrer que tU = U−1. II.3.2 Utiliser l’égalité tU = U−1.
II.4 Partir de l’égalitéUX =λX, la conjuguer et la transposer, puis faire appa- raître une égalité avec la norme deXen utilisant tU U = I2.
Partie III III.1.1 Utiliser la question I.4 .
III.1.2 Effectuer des combinaisons linéaires sur le système obtenu à la question pré- cédente.
III.1.3 Utiliser la question précédente pour le sens direct et vérifier la réciproque par le calcul.
Partie IV
IV.1.1 Montrer queV est un sous-espace vectoriel réel deM2(C).
IV.1.2 Montrer que l’application h·,·i est une forme bilinéaire symétrique définie positive.
IV.4 CalculerlU(PEjP−1)pour j= 1,2,3.
IV.5.1 Calculer explicitementHen fonction de bet q.
IV.5.2 Montrer queUet Hcommutent.
IV.7.1 Utiliser la question III.2.1 pour déterminer les valeurs propres deU. Conclure à l’aide de la trace et du déterminant.
IV.7.2 Utiliser la question III.2.1 puis la relation λ2(X|Y) = (λX|λY)
avecX(resp.Y) vecteur propre associé àλ(resp.λ). Conclure à l’aide de la question II.1 .
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Partie I
I.1 Vérifions que(· | ·)possède bien les propriétés d’un produit scalaire.
Si l’on se fie aveuglément à l’énoncé, il n’y a strictement rien à faire dans cette question. Celui-ci dit que c’est un produit scalaire, donc on peut directement rappeler les résultats du cours.
Cependant, on ne peut pas exclure l’hypothèse d’une formulation mal- adroite : peut-être l’énoncé demande-t-il de vérifier par le calcul que c’est effectivement un produit scalaire.
Sachant que le calcul est trivial, il serait dommage de passer bêtement à côté de points faciles. Nous vous conseillons donc d’effectuer explicitement les vérifications.
On a (y|x) = tY X
= t(tX Y)
=
t
(tX Y)
= t(x|y) (y|x) = (x|y)
De la même manière, (λx|y) = tλX Y
=λtX Y (λx|y) = λ(x|y)
Enfin, (x|µy) = tXµY
(x|µy) = µ(x|y)
I.2.1 La famille(x, y) est une base deC2 si et seulement si c’est une famille libre de C2, ce qui revient à dire que la matrice (X Y) est inversible, c’est-à-dire que detB(x, y)6= 0. Or,
detB(x, y) =
a −1 + 5i 1 + 3i 3−2i
=a(3−2i)−(1 + 3i)(−1 + 5i) ce qui montre que la condition nécessaire et suffisante cherchée est :
a6= (1 + 3i)(−1 + 5i) 3−2i c’est-à-dire, après calculs, a6=−4−2i
La famille(x, y)est une base deC2 si et seulement sia6=−4−2i.
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I.2.2 La base(x, y)est orthogonale si et seulement si(x|y) = 0, ce qui s’écrit
tX Y =a(−1 + 5i) + (1 + 3i)(3−2i) = 0
On en déduit a= (1−3i)(3−2i) 1−5i
= (−3−11i)(1 + 5i) 12+ 52
= 52−26i 26 a= 2−i
Dans ces conditions,kxk2=|2 + i|2+|1 + 3i|2= 5 + 10 = 15.
La famille(x, y)est une base orthogonale si et seulement sia= 2 + i. On a alorskxk=√
15.
I.3.1 Déterminons le polynôme caractéristiqueχT(λ) = det(T−λI2)deT.
Pour toutλ∈C,
i 2 −λ
√3 2
−
√3 2 −i
2 −λ
= i
2−λ −i 2 −λ
− −
√3 2
! √ 3 2
!
=λ2+ 1
Dans le cas particulier de la dimension 2, on peut toujours utiliser directe- ment la formuleχT(λ) =λ2−(tr T)λ+ det T. Elle permet de déterminer le polynôme caractéristique de Tplus facilement.
χT(λ) =λ2−(tr T)λ+ det T =λ2+ i
2
−i 2
− −√ 3 2
! √ 3 2
!
=λ2+ 1
On en déduit que les valeurs propres deTsontiet−i. Cherchons les vecteurs propres associés.
• Le vecteur propreX = (a, b)associé à la valeur propreivérifieTX = iX:
i 2a+
√3 2 b = ia
−
√3
2 a− i 2b = ib
soit
√ 3b= ia
−√
3a= 3ib
puis ia=√
3b Ainsi, le vecteur(√
3,i)convient.
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