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Sur les propriétés irréversibles des ferro-nickels

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00240424

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00240424

Submitted on 1 Jan 1899

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Sur les propriétés irréversibles des ferro-nickels

L. Houllevigue

To cite this version:

L. Houllevigue. Sur les propriétés irréversibles des ferro-nickels. J. Phys. Theor. Appl., 1899, 8 (1),

pp.89-94. �10.1051/jphystap:01899008008901�. �jpa-00240424�

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très générales qui caractérisent véritablement les rayons X et per- mettront sans doute d’en définir la nature. Déjà ils m’ont permis d’ajouter aux rayons X ultra-pénétrants de Rôntgen, qui traversent plusieurs millimètres de fer, et aux rayons X moyens le plus commu-

nément employés, qui sont arrêtés par une fraction de millimètre de fer, toute une gamme graduellement descendante de ray ons S,

de plus en plus absorbables, par exemple ceux du soufre, de l’alu- minium, du cuivre, du zinc, du plomb. Les premiers termes de

cette série sont des rayons peu différents des rayons X moyens dont je suis parti ; mais les rayons S du cuivre, du zinc, sont déjà

très nouveaux, et ceux du plomb ont la majeure partie de leur action

photographique ou électrique arrêtée par une simple feuille de papier noir ou par quelques millimètres d’air à la pression atmo- sphérique, tandis que les rayons X dont ils proviennent traversent plusieurs mètres d’air. Les transformations en rayons tertiaires

augmentent encore l’écart déjà si considérable entre les termes extrêmes de la série. La dif6culté croissante des expériences m’a

paru jusqu’ici le seul obstacle au prolongement indéfini de cette série de rayons auxquels il convient de conserver le nom géné- rique de rayons X jusqu’au moment où, en prolongeant toujours régulièrement la série, on retrouvera peut-être une espèce de

rayons déjà connue avant la découverte de Rôntgen.

SUR LES PROPRIÉTÉS IRRÉVERSIBLES DES FERRO-NICKELS ;

Par L. HOULLEVIGUE.

Les récentes expériences de M. Guillaume sur les aciers au nickel ont ramené l’attention sur leurs propriétés si curieuses et, jusqu’à

nouvel ordre, si inexplicables. L’existence, à une même température,

d’une forme magnétique et d’une forme non magnétique n’est pas

cependant un fait sans analogue; car l’acier ordinaire lui-même,

comme l’a remarqué Ilopkinson, présente les mêmes propriétés,

mais dans une étendue de température bien moindre, et voisine du

point de récalescence (650-700Ü).

L’objet de cet article est de montrer que ces effets peuvent, avec quelque vraisemblance, être rattachés à une cause purement

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01899008008901

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physique, aux pressions existant à l’intérieur des masses solides considérées.

L’analyse microg raphique de l’acier au nickel manifeste une hété-

rogénéité qu’on n’aurait pu soupçonner d’après sa médiocre con-

ductibilité calorifique. Or, dans un semblable solide, il existe des tensions ou des pressions qui peuvent atteindre des valeurs consi- dérables. M. Résal (1) admet pour l’acier trempé des tensions voi- sines de 200 à 300 kilogrammes par millimètre carré.

De telles forces produisent des modifications notables dans les.

propriétés physiques des corps, en particulier dans leurs propriétés magnétiques.

Nous avons à ce sujet des documents très intéressants dans les travaux d’Ewiii- et Cowan (2) pour le nickel, de lord Kelvin (3) et d’Ewing (4) pour le fer.

Pour le nickel, la traction diminue les propriétés magnétiques,

comme le montre l’exemple suivant, pris sur un fil de nickel recuit:

Si cette loi de variation continuait, sous une tension de 200 kilo- grammes par millimètre carre, le nickel ne serait guère plus magné- tique que le sulfate de fer.

Au contraire, la pression augmente les propriétés magnétiques :

de telle sorte que, soumis à une pression de 200 kilogrammes, le

nickel est peut-être aussi magnétique que le meilleur fer de Suède.

Avec le fer, les résultats obtenus sont plus complexes, et moins complets en ce sens qu’on n’a opéré que par traction des fils, et que les déformations permanentes sont très rapidement atteintes, ce qui change absolument les conditions du problème. L’effet général,

sur lequel tous les expérimentateurs sont d’accord, c’est que, pour des champs inférieurs à 300 C. G. S. environ, la traction augmente la susceptibilité magnétique ; au-dessus de cette valeur (point critique

(1) Fer, fonte, acieJ’, p. 326.

(2) Phil. Trans., 1888.

(3) Phil. T/’ans., 1879.

(4) l’hil. TJ’ans., 1885.

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de Villari, elle produirait des effets inverses. En tous cas, les.

modifications produites par la traction peuvent être considérables,

comme le montrent les résultats suivants obtenues par Ewing sur

un fil de fer recuit placé dans un champ de 3,33 C. G. S. :

Voici encore un autre exemple, relatif à un fil de fer étiré préala-

blement, et soumis dans des champs variables à une traction cons-

tante de i2h.g,35 par millimètre carré.

D’après l’ensemble de ces résultats, on peut présumer qu’une pression assez forte, exercée sur une masse de fer dans un champ

d’intensité faible ou moyenne, amène l’abolition presque complète

de ses propriétés magnétiques,.

Ces effets jouent probablement un rôle dans les transformations que la trempe fait subir aux propriétés magnétiques de l’acier ordi- naire. On peut aussi, sans trop s’aventurer, leur attribuer, au moins.

en partie, les curieuses propriétés des aciers au nickel irréversibles.

Hopkinson a montré, pour des échantillons à 22 et 25 0/0 de nickel, que le passage de la forme non magnétique à la forme magnétique est accompagné d’une augmentation de volume consi- dérable, 2 0/0 environ. Ce fait nous porte à admettre qu’il existe

dans la variété non magnétique des pressions qui disparaissent lors- qu’une action mécanique, le laminage par exemple, vient troubler

l’équilibre mécanique existant. En prenant pour coefficient de com-

pressibilité celui du fer, on trouve que les pressions correspondant

à cette variation de volume devraient atteindre 400 kilogrammes

par millimètre carré.

Il nous est loisible d’iniaginer, bien que cette hypothèse soit cer-

tainement plus simple que la réalité, que cette pression est exercée

sur les noyaux en fer de chaque cellule par une enveloppe plus dila-

table en niclLel ; lorsque le système cellulaire s’est dessiné, peu

après la coulée de l’alliage, l’équilibre de pression existait à peu

près dans la masse encore pâteuse ; mais la contraction des enve-

loppes en nickel par refroidissement a amené une compression éner-

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gique des noyaux en fer. L’influence de cett e pression doit être de

diminuer très notablement le magnétisme du fer. Il suffit alors de

briser, par une action mécanique, l’enveloppe de chaque nodule pour que le système reprenne, avec augmentation de volume, son magné-

tisme normal. On comprend que la même transformation puisse

s’effectuer par l’action du froid, qui brise les parois des cellules par suite de l’inégale contraction du contenant et du contenu ; la trans- formation sera alors graduelle, puisque les enveloppes les plus minces

seront brisées à des températures moins basses que les enveloppes plus résistantes, et elle subsistera après retour à la température

ordinaire. Enfin les alliages plus riches en nickel renfermant des

enveloppes plus épaisses pour un noyau moins gros, la rupture s’y

fera à une température moins basse que pour les autres.

Peut-être cet ensemble de propriétés peut-il aussi être relié à la

variation du module d’élasticité, qui diminue de 10 0/0 par le passage à l’état magnétique. En effet, pour tous les corps dont la suscepti-

bilité augmente par la traction, comme le fer dans un champ infé-

rieur à 300, le module diminue par l’aimantation. Considérons, pour l’établir, le système formé par un aimant permanent A et un fil de

fer F, et faisons-lui parcourir le cycle réversible et isothermique sui-

vant :

1 ° A étant d’abord à l’infini, on l’approche de F ; l’opérateur

recueille un travail G1;

2° On donne à F un allongement l en exerçant une traction crois- sante de zéro à PI, L’opérateur recueille un travail

-

t1 ; l’aimanta- tion de F se trouve accrue (puisque la susceptibilité a augmenté), et

il en est de même de l’attraction entre F et A ;

30 On éloigne A jusqu’à l’infini ; le travail recueilli est alors

-

T2,

et on a :

puisque l’attraction de A et de F est plus grande dans le second cas

que dans le premier. En méme temps, pour conserver à F la même

longueur, il a fallu donner à la traction une valeur P, ;

4° On ferme le cycle en diminuant la traction de P2 jusqu’à zéro.

On recueille alors un travail t2.

En écrivant que, pour le cycle entier, le travail extérieur est nul,

on a :

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93 Si on appelle L et S la longueur et la section de F, M1 son module

à l’état aimanté, M2 son module à l’état non aimanté, t1 et T2 ont pour expression :

L’inégalité 1"2 > t1 revient donc à celle-ci :

Je n’insiste pas sur ce côté théorique de la question, qui présente

des difficultés, mais il me semble néanmoins en résulter l’existence de relations nécessaires entre l’état magnétique et le module élastique.

La tentative d’explication dont je viens de donner l’ébauche en

pourrait être précisée que si on connaissait les différents éléments

qui forment la pâte des ferro-nickels et les propriétés de chacun

d’eux au point de vue de la compressibilité; j’ai seulement voulu montrer qu’une semhlable explication, toute physique, était possible.

D’après M. Guillaume, au contraire, les changements de propriétés

des aciers au nickel devraient être mis sur le compte des transfor- mations chimiques. Quelque séduisante que soit cette manière de

voir, il me paraît assez difficile de s’y rallier, puisqu’elle suppose qiie ces réactions chimiques entre corps solides en présence puissent s’accomplir brusquement, ou par l’action d’un refroidisse- ment, ce qui n’a pas lieu d’ordinaire.

Du reste, ce n’est pas la première fois que la chimie et la physique

se trouvent en concurrence pour expliquer les propriétés des aciers : pour les aciers au carbone, en face de la théorie chimique qui attri-

bue ces propriétés à des combinaisons différant avec la teneur en

carbone etl’état de trempe, est venue se placer la théorie allotropique

de 1B1. Osmond, qui a trouvé de nombreux défenseurs en Angleterre

et en Amérique. Cette théorie a pour base l’existence reconnue par 1B1. Osmond, de plusieurs variétés allotropiques du fer, stables, sous

la pression normale, à des températures différentes ; les pressions développées dans la cellule de l’acier peuvent rendre stable à la

température ordinaire l’une ou l’autre de ces variétés, dont les pro-

priétés déterminent celles de l’acier qui les contient. De nombreux faits expérimentaux, l’abaissement des points de transformation

avec l’augmentation en teneur de l’élément surajouté (C, Ni, Mn), et

la possibilité de reproduire les propriétés essentielles de l’acier en

substituant au carbone d’autres éléments (H, par exemple) militent

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en faveur de cette hypothèse. Il n’y aurait donc aucune impossibilité

à ce qu’une théorie analogue, fondée sur des actions purement phy- siques, se trouvât applicable aux ferro-nickels et peut-être à d’autres types d’acier.

Le lecteur trouvera, à la suite de cet article, les objections qu’il a suggérées à M. Guillaume. Je ne pense pas qu’aucune d’elles soit absolument irréfutable. On pourrait, je crois, les tourner en prenant

comme constituants, au lieu du fer et du nickel purs, comme je l’ai

fait pour plus de simplicité, des alliages appropriés de ces métaux.

Il y a lieu toutefois d’en tenir le plus grand compte ; peut-être permettront-elles, jointes à de nouvelles observations et à de nouvelles expériences, de préciser ce qui n’est actuellement que l’ébauche d’une théorie.

REMARQUES SUR LES ACIERS AU NICKEL;

Par M. Ch.-Ed. GUILLAUME.

Si séduisante et si plausible que soit, par certains côtés, l’ingé-

nieuse théorie imaginée par M. Houllevigue pour expliquer les ano-

malies des aciers au nickel, on ne saurait se dissimuler qu’elle ren-

ferme aussi des difficultés presque insurmontables.

Sans parler de la dilatabilité élevée de ces alliages à l’état non magnétique, dont on tirerait difficilement un argument décisif, il

semble que les particularités du passage d’un état à l’autre sont en contradiction évidente avec cette théorie. M. Houllevigue admet

que, au moment de la solidification de l’alliage, des sphérules de

fer se séparent et s’enrobent bientôt d’enveloppes de nickel. A par- tir du moment de la solidification, les sphérules et les enveloppes

exercent les unes sur les autres des tractions qui vont en augmen- tant jusqu’à ce que les dernières atteignent leur limite de rupture.

Ici, la seule difficulté que l’on pourrait alléguer est la disparition .complète du magnétisme, qui suppose atteintes les tensions et les

compressions très fortes indiquées par l’expérience faite séparément

sur le fer et le nickel ; mais on ne pourrait en tirer un argument

contre la théorie de M. Houllevigue que si l’on connaissait exacte- ment la différence des contractions à l’état libre, et les limites élas-

tiques du fer et du nickel, depuis la température de solidification de

ce dernier métal.

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