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Distributions angulaires et sections efficaces de la fission de l'uranium, le bismuth et l'or, induite par des protons de 156 MeV

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(1)

HAL Id: jpa-00205660

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205660

Submitted on 1 Jan 1963

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Distributions angulaires et sections efficaces de la fission de l’uranium, le bismuth et l’or, induite par des protons

de 156 MeV

L. Kowalski, C. Stephan

To cite this version:

L. Kowalski, C. Stephan. Distributions angulaires et sections efficaces de la fission de l’uranium, le bismuth et l’or, induite par des protons de 156 MeV. Journal de Physique, 1963, 24 (11), pp.901-903.

�10.1051/jphys:019630024011090100�. �jpa-00205660�

(2)

901.

DISTRIBUTIONS ANGULAIRES ET SECTIONS EFFICACES DE LA FISSION DE L’URANIUM, LE BISMUTH ET L’OR,

INDUITE PAR DES PROTONS DE 156 MeV Par L. KOWALSKI et C. STEPHAN,

Laboratoire Joliot-Curie de Physique Nucléaire, Faculté des Sciences, Orsay, France.

Résumé.

2014

Les sections efficaces différentielles de fission induite par des protons de 156 MeV

sur l’uranium, le bismuth et l’or ont été mesurées avec des jonctions au silicium. Nous avons

trouvé dans le système du centre de masse une anisotropie légèrement positive pour les trois

éléments, soit + (6 % ± 1 %) pour U, + (13 % ± 2 %) pour Bi, + (11 % ± 3 %) pour Au.

Nos déterminations de sections efficaces totales de fission sont donné 1 370 ± 250 mb pour U,

126 ± 20 mb pour Bi et 24 ± 4 mb pour Au.

Abstract.

2014

We have measured with solid state detectors differential cross sections of fission of U, Bi, Au induced by 156 MeV protons. We have found in the centre of mass a small positive aniso- tropy for all the targets, that is + (6 % ± 1 %) for U, + (13 % ± 2 %) for Bi, + (11 % ± 3 %)

for Au. Total fission cross-sections were found to be : 1 370 ± 250 mb for uranium, 126 ± 20 mb for bismuth, 24 ± 4 mb for gold.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 24, NOVEMBRE 1963,

Introduction.

-

Les distributions angulaires des fragments de fission ont fait l’objet de nombreuses études [1], [2]. On peut, en effet, lier l’anisotropie

observée à une orientation privilégiée des moments angulaires des noyaux fissionnants [3], [4].

Plusieurs auteurs ont publié en particulier des ré-

sultats concernant des mesures d’anisotropie lors

de la fission induite par des particules de grande énergie. Ainsi, on a trouvé avec des protons de

600 MeV une distribution à peu près isotrope [5], [6], [7], [8]. Par contre, Ramaniah et Sugarman [9]

à 450 MeV indiquent pour le bismuth une aniso- tropie positive tandis que Meadow [10] à 155 MeV

trouve une anisotropie légèrement négative. On

définira l’anisotropie par la relation

L’utilisation de jonctions n-p au silicium offre

un certain nombre d’avantages par rapport aux

méthodes radiochimiques et aux émulsions nu-

cléaires utilisées par ces auteurs, tant dans la définition de l’angle d’émission des fragments que dans la mesure de leur énergie cinétique. Aussi,

nous a-t-il semblé intéressant de reprendre cette

étude sur les trois éléments U, Bi, Au à l’aide des protons de 156 MeV du synchrocyclotron d’Orsay

en utilisant cette méthode.

Dispositif expérimental.

-

Après focalisation les

protons traversaient une chambre à réaction de 100 cm de diamètre dans laquelle on faisait le vide.

Nous utilisions simultanément deux détecteurs,

fixés à des boîtes étanches placées à l’intérieur de la chambre et contenant des préamplificateurs de charge à transistors. Notre dispositif permettait de

faire tourner les détecteurs ainsi que la cible de

l’extérieur de la chambre, indépendamment les uns

des autres ; la distance cible-détecteur était de

30.cm. Nous avons utilisé des jonctions ORTEC à

barrière de surface de 2,4 cm de diamètre. Pour

éviter l’empilement, nous avons travaillé avec des

impulsions rapides qui étaient envoyées dans des amplificateurs rapides à seuil linéaire. Ces impul-

sions étaient finalement analysées par des sélec- teurs multicanaux. Nous avons utilisé des cibles de U, Bi, Au de 50 yg/cm2 à 300 pLg/cm2 déposées

sur des supports minces (30 03BCg/cm2) ) de cellulose collés sur des cadres de grandes dimensions (11 cm X 12 cm). Dans le cas du bismuth et de l’or, les dépots étaient obtenus par évaporation

sous vide. Pour l’uranium nous avons utilisé le

procédé d’électropulvérisation capillaire. En appli- quant une tension de 3 000 V sur le fil placé dans

le capillaire, le support mince se collait sur du

mercure placé sous la feuille et le dépôt se faisait uniquement sur la zone en contact avec le ménisque

de mercure [11].

Distribution angulaire.

-

Nous avons utilisé

comme moniteur l’une des deux jonctions placée

à un angle fixe (90°) par rapport à la direction du faisceau. Pour chaque angle choisi pour la jonction mobile, nous avons déterminé les nombres de frag-

ments de fission des deux détecteurs à partir des spectres totaux en énergie obtenus après sous-

traction du fond sans cible fissile (fig. 1). La cible

restait toujours orientée à 45° par rapport au

faisceau. Des deux positions possibles nous choi-

sissons celle qui était la plus favorable vis-à-vis du détecteur mobile. Les distributions angulaires

ainsi obtenues sont représentées sur la figure 2.

Ces courbes ne sont pas symétriques mais pré-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019630024011090100

(3)

902

FIG. 1.

-

Spectre énergétique des fragments de fission

à 900 par rapport au faisceau.

Courbe 1 : observée expérimentalement.

Courbe 2 : après soustraction du fond.

FIG. 2.

-

Distributions angulaires des fragments

de fission observées expérimentalement.

sentent une remontée vers l’avant ce qui s’explique

par la grande quantité de mouvement que possède

le noyau au moment de la fission. Dans une expé-

rience décrite dans un précédent article [12] nous

avons mesuré directement cette quantité de mou-

vement en détectant en coïncidences les fragments

émis par le même noyau suivant l’angle ( 180°

-

p)

entre les deux jonctions. Dans tous les cas, l’angle cp moyen obtenu est diff érent de zéro. Il est de 4°

pour U, de 7° pour Bi, de 80 pour Au. Un calcul

permet d’en déduire la vitesse du noyau fission- nant et d’obtenir les distributions angulaires dans

le système du centre de masse représentées sur la figure 3. Les courbes tracées sur la figure ont été

Fie. 3.

-

Distributions angulaires des fragments de fission

dans le système du centre de masse.

obtenues par la méthode des moindres carrés en

partant d’une expression de la forme

Les anisotropies positives ainsi trouvées sont de

(+ 6 % ± 1,5 %) pour l’uranium, de (13 % + 2 %)

pour le bismuth et de (11,5 % ± 3 %) pour l’or.

Pour nous assurer que nous n’introduisions pas

d’anisotropie instrumentale dans nos mesures, nous avions auparavant vérifié à la pile EL3 de Saclay

que la distribution angulaire des fragments de la

fission induite par des neutrons lents sur une cible de plutonium était isotrope à au moins 1 % près.

Sections efficaces de fission.

-

L’intensité du faisceau était mesurée de façon absolue à l’aide

d’une chambre d’ionisation à hélium placée der-

rière la chambre à réaction et étalonnée par rap-

port à un cylindre de Faraday. L’épaisseur des

cibles était déterminée à 4 % près par pesée pour le bismuth et l’or et, à partir de l’activité absolue oc

pour l’uranium. En tenant compte de l’angle solide

de détection et en effectuant la correction apportée

par l’anisotropie, on trouve les sections efficaces

totales de fission

(4)

903

Les résultats obtenus sont en accord avec ceux

trouvés précédemment par d’autres auteurs, en ce qui concerne l’uranium et le bismuth [13], [14].

Par contre, la valeur trouvée pour l’or est diffé- rente de celle obtenue précédemment [13] mais

nous pensons que notre détermination est plus pré-

cise.

Conclusion.

--

On peut penser que lorsque les

fissions sont précédées par la formation directe de noyaux composés sans cascade intermédiaire, l’anisotropie augmente en fonction de l’énergie des protons incidents. En effet, la composante perpen- diculaire au faisceau du moment angulaire du

noyau fissionnant, qui est responsable de l’aniso- tropie [4] augmente avec l’énergie des protons. La

diminution de l’anisotropie observée expérimen-

talement à partir de quelques dizaines de MeV [10]

peut cependant s’expliquer par l’apparition de cas-

cades nucléaires de plus en plus importantes pré-

cédant la fission, ne laissant au noyau fissionnant

qu’une fraction du moment angulaire initial. Cela explique l’anisotropie relativement faible que nous

avons observée à 156 MeV. Le fait que nous obser-

vons une quantité de mouvement transférée au

noyau fissionnant plus grande dans le cas de Bi

et Au que dans le cas de U, peut expliquer l’aniso- tropie deux fois plus petite obtenue pour la cible d’uranium.

Remerciements.

-

Que M" Langevin-Joliot et

M. Radvanyi trouvent ici nos remerciements pour l’aide efficace et les conseils qu’ils nous ont pro-

digués tout au long de ce travail. Nous tenons

également à remercier M. Netter qui nous a

accueillis à Saclay et dont l’aide nous a été particu-

lièrement précieuse. Nos remerciements vont égale-

ment à M. David-Boyer pour la préparation des cibles, à M. Corbe pour la réalisation de l’élec-

tronique ainsi qu’à toute l’équipe du synchro- cyclotron.

BIBLIOGRAPHIE

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