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Sujet de type CCINP

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Texte intégral

(1)

Correction : Devoir surveill´e n˚6

MP Clemenceau 2020-21 Jeudi 21 janvier 2021

Sujet de type CCINP

Notations.

On note

J un intervalle de [0,+∞[.

f une fonction d´efinie surJ `a valeurs dans IR ouC. g une fonction d´efinie sur [0,+∞[ `a valeurs dans IR ouC. Sous r´eserve de son existence, on notefeg(x) =

Z

J

f(t)g(xt) dtpourx >0.

Chaque fois qu’aucune confusion ne sera possible, on noterafe(x) au lieu defeg(x).

Objectifs.

Pour diff´erentes hypoth`eses sur la fonctionf, sur l’intervalleJ et pour deux choix de g, on se propose de d´eterminer la limite defeg(x) lorsque le nombre r´eel xtend vers +∞.

Dans la partie1, on ´etudie un exemple explicite avec application `a des calculs de sommes de s´eries.

Dans la partie2, on consid`ere une fonction f d´efinie sur [0,+∞[ `a valeurs r´eelles et l’objectif est d’obtenir la limite en +∞defeg(x) lorsqueg(t) =|sin(t)|, lorsquef est de classeC1 ou lorsquef est continue par morceaux.

1 Une ´ etude de s´ eries.

1.1 Etude de la fonction L.

Pour toutxr´eel tel que la s´erie enti`ere X

k>1

(−1)k−1xk k

converge, on note L(x) =

+∞

X

k=1

(−1)k−1xk

k sa somme.

Q1) Pr´eciser le rayon de convergence de cette s´erie enti`ere, montrer que la fonction L est d´efinie sur ]−1,1] et expliciter L(x) pourx∈]−1,1[.

Correction : On peut dire par exemple que la s´erie enti`ere X

k>1

(−1)k−1xk k

a mˆeme rayon de convergence que la s´erie g´eom´etrique X

k>1

(−1)k−1xk

. Le rayon de convergence de cette derni`ere est 1.

Par propri´et´e, le rayon de convergence de la s´erie enti`ere ´etant 1 la fonctionLest correctement d´efinie sur ]−1,1[.

En x=−1 on reconnait la s´erie harmonique qui est divergente.

En x = 1 il suffit d’appliquer le crit`ere des s´eries altern´ees pour voir que la s´erie (harmonique altern´ee) est convergente.

Conclusion : Lest d´efinie sur ]−1,1].

Q2) Montrer, avec soin, que la fonction Lest continue sur l’intervalle [0,1]. En d´eduire queL(1) = ln(2).

Correction : Soitfn : x7→ (−1)n−1xn

n .

- Lesfn sont des fonctions continues sur [0,1].

- Pour toutx∈[0,1],fn(x) est le terme g´en´eral d’une suite altern´ee, d´ecroissante en module et de limite nulle.

On peut donc dire queP(fn(x)) converge par crit`ere sp´eciale ET que

∀n∈IN,

+∞

X f (x)

6 |f (x)| 6 1

(2)

Le majorant est ind´ependant de x∈[0,1] et est le terme g´en´eral d’une suite de limite nulle. P

(fn) est donc uniform´ement convergente sur [0,1]

Par th´eor`eme de continuit´e des sommes de s´eries de fonctions :L∈C0([0,1])

1.2 Etude de la s´ erie X

k>1

1 k cos

2kπ 3

.

On consid`ere la suite (ak)k∈IN d´efinie par

∀p∈IN, a3p=−2

3p ; ∀p∈IN, a3p+1= 1

3p+ 1 et a3p+2= 1 3p+ 2 Q3) Montrer que

3p

X

k=1

ak=

3p

X

k=p+1

1 k =1

p

2p

X

h=1

1 1 +hp

Correction : On d´ecoupe la somme en trois parties selon la congruence modulo 3 de l’indice puis on s’arrange pour retrouver tous les 1k :

3p

X

k=1

ak =

p

X

i=1

a3i+

p−1

X

i=0

a3i+1+

p−1

X

i=0

a3i+2

= −

p

X

i=1

2 3i+

p−1

X

i=0

1 3i+ 1+

p−1

X

i=0

1 3i+ 2

= −3

p

X

i=1

1 3i+

3p

X

k=1

1 k

=

3p

X

k=p+1

1 k On change alors d’indice (h=k−p) et on factorise :

3p

X

k=1

ak =

2p

X

h=1

1 p+h= 1

p

2p

X

h=1

1 1 + hp

Q4) d´eterminer la limite de

3p

X

k=1

ak lorsque p → +∞ (on pourra consid´erer la fonction t 7→ 1+t1 sur un intervalle convenable). En d´eduire la convergence de la s´erie X

k>1

ak et pr´eciser sa somme.

Correction :On fait apparaˆıtre une somme de Riemann (d’ordre 2p) associ´ee `aϕ : t7→ 1+2t1 sur [0,1]. Comme la fonction est continue sur le segment, on peut appliquer le th´eor`eme sur les sommes de Riemann.

3p

X

k=1

ak= 2 1 2p

2p

X

h=1

ϕ(h 2p)

!

p→+∞→ 2 Z 1

0

1 1 + 2tdt c’est `a dire

p→+∞lim

3p

X

k=1

ak= ln(3)

En notant (An) la suite des sommes partielles de la s´erie propos´ee, on a montr´e que A3p → ln(3). Comme A3p+1=A3p+a3p+1etA3p+2=A3p+1+a3p+2on a aussi convergence vers ln(3) des extraites (A3n+1) et (A3n+2).

Nos trois extraites sont convergentes de mˆeme limite et “recouvrent” toute la suite des sommes partielles. On a donc convergence de la s´erie avec

+∞

X

k=1

ak= ln(3)

(3)

Q5) En d´eduire que la s´erie X

k>1

1 kcos

2kπ 3

converge et montrer que sa somme est ´egale `a ln

1 3

. Correction : Soituk = 1kcos 2kπ3

. On au3p= 3p1,u3p+1 =−2(3p+1)1 et u3p+2=−2(3p+2)1 . Ainsi,up =−a2p. La convergence de P(an) entraˆıne celle deP(un) et

+∞

X

k=1

uk =−1 2

+∞

X

k=1

ak=−1

2ln(3) = ln 1

√3

1.3 Etude des s´ eries X

k>1

cos(kα) k

et X

k>1

sin(kα) k

.

Pourt∈]0,2π[ etn∈IN, on note ϕ(t) = 1

eit−1 etSn(t) =

n

X

k=1

eikt.

On d´esigne parαun nombre r´eel fix´e dans l’intervalle ]0,2π[. Pour simplifier l’´ecriture des d´emonstrations, on supposera π 6 α <2π.

Q6) Montrer queSn(t) =ϕ(t)(ei(n+1)t−eit).

Correction : Sn(t) est la somme partielle d’une s´erie g´eom´etrique de raisoneit6= 1 et on a donc Sn(t) = eit−(eit)n+1

1−eit =ϕ(t)(ei(n+1)t−eit) Q7) Montrer queϕ∈C1([π, α]).

Correction : On a, pourt6= 0[2π], ϕ(t) = e−it−1

|eit−1|2 = cos(t)−1

(cos(t)−1)2+ sin(t)2 −i sin(t)

(cos(t)−1)2+ sin(t)2 ϕest donc une fonction de classeC1 sur [π, α] (ses parties r´eelle et imaginaire le sont).

Q8) Montrer que l’int´egrale Z α

π

ei(n+1)tϕ(t) dt tend vers 0 quand n →+∞ (on pourra utiliser une int´egration par parties).

Correction : Une int´egration par parties donne Z α

π

ei(n+1)tϕ(t)dt=

ei(n+1)t n+ 1 ϕ(t)

α

π

− 1 i(n+ 1)

Z α π

ei(n+1)tϕ0(t)dt

ϕ etϕ0 sont continues sur le segment [π, α] et sont donc donc born´ee sur ce segment. En notant M0 et M1 des majorants sur ce segment de|ϕ|et |ϕ0|, on a alors grossi`erement

Z α π

ei(n+1)tϕ(t)dt

6 2M0

n+ 1+(α−π)M1

n+ 1 →

n→+∞0 On en d´eduit que

n→+∞lim Z α

π

ei(n+1)tϕ(t)dt= 0 Q9) Expliciter

Z α π

Sn(t) dt. D´eduire de ce qui pr´ec`ede la convergence de la s´erie X

k>1

eikα k

. Expliciter la somme

+∞

X

k=1

eikα

k en fonction de ln(2) et de Z α

π

eitϕ(t) dt.

Correction : Par lin´earit´e du passage `a l’int´egrale, on a Z α

π

Sn(t)dt=

n

X

k=1

Z α π

eiktdt=

n

X

k=1

eikα−eikπ ik = 1

i

n

X

k=1

eikα k −1

i

n

X

k=1

(−1)k k Le second terme du membre de droite tend vers iln(2) (questionQ2)). On a aussi

Z α Z α

i(n+1)t Z α it

(4)

qui tend vers − Z α

π

eitϕ(t)dtquand n→+∞(question Q8)). On en d´eduit que

n→+∞lim

n

X

k=1

eikα

k =−ln(2)−i Z α

π

eitϕ(t)dt

ce qui prouve la convergence de X

k>1

eikα k

et donne la somme de la s´erie.

Q10) Exprimer eitϕ(t) en fonction de eit2

sin 2t o`ut∈[π, α].

Correction : On a, pourt6= 0[2π],

eitϕ(t) = eit/2

eit/2−e−it/2 = eit/2 2isin(t/2) Q11) En d´eduire la convergence des s´eries X

k>1

cos(kα) k

et X

k>1

sin(kα) k

. Expliciter leur somme respective. Le r´esultat est-il conforme avec celui obtenu `a la questionQ5)?

Correction : En passant aux parties r´eelle et imaginaire dans le r´esultat de la questionQ9) on en d´eduit que les s´eries X

k>1

cos(kα) k

et X

k>1

sin(kα) k

convergent et que

+∞

X

k=1

cos(kα)

k = −ln(2)− Z α

π

Re(ieitϕ(t))dt

= −ln(2)− Z α

π

cos(t/2) 2 sin(t/2) dt

= −ln(2)−[ln(|sin(t/2)|)]απ

= −ln (2 sin(α/2))

+∞

X

k=1

sin(kα)

k =−

Z α π

Im(ieitϕ(t))dt=− Z α

π

dt

2 = π−α 2 Le r´esultat est coh´erent avec celui deQ5)puisque 2 sin(π/3) =√

3 (2π/3 n’est pas dans [π,2π[ mais l’hypoth`ese importante est seulementα6= 0[2π]. . .).

2 Limite d’une int´ egrale.

Dans cette partie, on d´esigne parf une fonction continue par morceaux sur l’intervalle [0,+∞[ `a valeurs r´eelles et telle que l’int´egrale g´en´eralis´ee

Z +∞

0

|f(t)|dtsoit convergente. On d´esigne parg une fonction d´efinie et continue sur l’intervalle [0,+∞[ `a valeurs complexes et (sous r´eserve d’existence) on notefeg(x) =

Z +∞

0

f(t)g(xt) dt pourx >0.

2.1 Existence de f e

g

(x).

On suppose que la fonctiong est born´ee sur IR+.

Q12) Justifier l’existence defeg(x) pour toutx >0. En utilisant la caract´erisation s´equentielle, montrer que la fonction feg est continue et born´ee sur IR+∗.

Correction : On noteraM un majorant de |g|sur IR+.

Soit x > 0. t 7→ f(t)g(xt) est continue par morceaux sur IR+ et le seul probl`eme d’int´egrabilit´e est celui au voisinage de +∞. Or,|f(t)g(x, t)| 6 M|f(t)|et le majorant est int´egrable au voisinage de +∞. La fonction est donc int´egrable sur IR+ et a fortiori, son int´egrale ˜fg(x) existe. De plus

∀x > 0, |f˜g(x)| 6 M Z +∞

0

|f(t)|dt ce qui montre que ˜fg est born´ee sur IR+.

Soita∈IR+. on consid`ere une suite (xn)n∈IN de IR+ convergeant versa.

On pose alors fn:t7→f(t)g(xnt)

(5)

– pour toutn∈IN,fn est continue sur IR+

– par continuit´e de la fonctiong la suite (fn)n∈IN converge simplement verst7→f(t)g(at).

– pour tout entiernet tout r´eel positif|fn(t)|6M|f(t|. Or la fonctionf est int´egrable sur IR+. Conclusion : d’apr`es le th´eor`eme de convergence domin´ee on en d´eduit que

g(xn)

n∈IN converge vers ˜fg(a), donc ˜fg est continue ena. Elle est donc continue sur IR+.

2.2 Limite de f e

g

(x) lorsque g(t) = e

it

.

On suppose quef est de classeC1 sur IR+ et `a valeurs r´eelles. Soitfeg(x) = Z +∞

0

f(t)eixtdt.

Q13) Justifier l’affirmation :

Pour toutε >0, il existe un r´eel positifAtel que Z +∞

A

|f(t)|dt 6 ε Correction : D’apr`es l’existence de l’int´egrale de|f| sur IR+, on a

Z a 0

|f(t)|dt qui tend vers Z +∞

0

|f(t)| dt quand a→+∞. En revenant `a la d´efinition de la limite, on a donc

∀ε >0, ∃A > 0/ ∀a > A,

Z +∞

a

|f(t)|dt 6 ε On a a fortiori le r´esultat demand´e (pourε >0 donn´e le Apr´ec´edent convient).

Q14) Le nombre r´eelA´etant fix´e, montrer que l’int´egrale Z A

0

f(t)eixtdttend vers 0 lorsquextend vers +∞(on pourra utiliser une int´egration par parties).

Correction : Une int´egration par parties donne, pourx >0, Z A

0

f(t)eixtdt=f(A)eixA−f(0)

ix − 1

ix Z A

0

f0(t)eixtdt

f0 est continue sur le segment [0, A] et donc born´ee sur ce segment. Une majoration grossi`ere donne alors

Z A 0

f(t)eixtdt

6 |f(A)|+|f(0)|

x +Akf0k∞,[0,A]

x Le majorant ´etant de limite nulle quandx→+∞, on a donc

x→+∞lim Z A

0

f(t)eixtdt= 0

Q15) En d´eduire la limite defeg(x) = Z +∞

0

f(t)eixtdtlorsquextend vers +∞.

Correction : Soit ε > 0. La question2.1 donne un A. La question II.2.2 donne alors un x0 au del`a duquel

RA

0 f(t)eixtdt

6 ε. On a alors

∀x > x0,

g(x) 6

Z A 0

f(t)eixtdt

+ Z +∞

A

|f(t)| 6 2ε Par d´efinition des limites, on a donc montr´e que

x→+∞lim

g(x) = 0

(6)

Dans toute la suite, on supposeg(t) =|sin(t)| et on note simplement fe(x) =

Z +∞

0

f(t)|sin(xt)|dt

2.3 Etude pour une fonction f particuli` ere.

On suppose (dans cet exemple) quef d´esigne la fonction E d´efinie parE(t) =e−tpourt > 0, et donc E(x) =e

Z +∞

0

e−t|sin(xt)|dt pourx >0.

Q16) Pour γ∈IR, calculer l’int´egraleθ(γ) = Z π

0

eγysin(y) dy.

Correction : On peut proc´eder par double int´egration par partie ou (c’est l’option choisie ici) transiter par l’exponentilelle complexe.

θ(γ) = Im Z π

0

ey(γ+i)dy

= Im

−eπγ−1 γ+i

= 1 +eπγ 1 +γ2 Q17) Montrer que pour x >0,

E(x) =e 1 x

Z +∞

0

eux|sin(u)|du Correction : Le changement de variableu=txdonne

∀a > 0, Z a

0

e−t|sin(xt)|dt= 1 x

Z ax 0

e−u/x|sin(u)|du

En faisant tendre a vers +∞,ax →+∞car x >0 et les diff´erentes int´egrales existent (g =|sin| est born´ee).

On obtient,

E(x) =˜ 1 x

Z +∞

0

eux|sin(u)|du

Q18) Exprimer pour k ∈IN et pour toutx∈ IR, l’int´egrale

Z (k+1)π

eux|sin(u)|du en fonction deex et de θ(γ) pour unγ convenable.

Correction : Le changement de variablev=u−kπdonne Z (k+1)π

eux|sin(u)|du= Z π

0

ev+kπx |sin(v)|dv=ex θ

−1 x

Q19) Justifier, pour x >0, la convergence de la s´erie X

k>0

(ex). Pr´eciser sa somme.

Correction : La s´erie propos´ee est la s´erie g´eom´etrique de raison eπx. Sa raison est dans ]−1,1[ et la s´erie converge avec

+∞

X

k=0

ex = 1 1−eπx

Q20) ExpliciterE(x) poure x >0. D´eterminer la limite deE(x) lorsquee xtend vers +∞.

Correction : E(x) est la limite quand˜ ntend vers +∞de 1x

Z (n+1)π 0

eux|sin(u)|du. Par relation de Chasles et avec les questions pr´ec´edentes, on a donc

E(x) =˜ 1 x

+∞

X

k=0

ex θ

−1 x

= x

x22

1 +eπx 1−eπx Quandxtend vers +∞, on a 1−eπx ∼π

x ce qui permet de lever l’ind´eterminantion quand on passe `a la limite et d’obtenir

x→+∞lim

E(x) =˜ 2 π

(7)

2.4 Etude g´ en´ erale.

On d´esigne de nouveau par f une fonction quelconque continue par morceaux sur l’intervalle [0,+∞[ et telle que l’int´egrale g´en´eralis´eeR+∞

0 |f(t)|dtconverge et on note fe(x) =

Z +∞

0

f(t)|sin(xt)|dt pour x >0 21) Lemme pr´eliminaire.

Pour tout r´eelt tel que la s´erie X

k>1

cos(2kt) 4k2−1

converge, on poseh(t) =

+∞

X

k=1

cos(2kt)

4k2−1. Montrer que la fonction h est d´efinie et continue sur IR.

Correction :Notonshk : t7→ cos(2kt)

4k2−1. (hk) est une suite de fonctions continues sur IR etkhkk6 1 4k2−1 qui est le terme g´en´eral d’une s´erie convergente.X

(hk) est ainsi normalement convergente sur IR et, par th´eor`eme de continuit´e des sommes de s´eries de fonctions,

h∈C0(IR+) On admet l’´egalit´e

∀t∈IR, |sin(t)|= 2 π− 4

πh(t) 22) Limite de fe(x) dans le cas C1.

On suppose de plus quef est une fonction de classe C1 sur IR+. En utilisant les r´esultats obtenus dans la partie 2.2et la question pr´ec´edente, d´eterminer la limite de f(x) lorsquee x→+∞. Le r´esultat est-il conforme `a celui obtenu pour la fonctionE?

Correction : On a ainsi ˜f(x) = Z +∞

0

f(t) 2

π−4 πh(xt)

dt et comme f est int´egrable, on peut d´ecouper l’int´egrale en deux pour obtenir

f˜(x) = 2 π

Z +∞

0

f(t)dt− 4 π

Z +∞

0

f(t)h(xt)dt x >0 ´etant fix´e, par d´efinition deh, on a

∀t > 0, f(t)h(xt) =

+∞

X

k=0

f(t) cos(2kxt) 4k2−1 Hk : t7→ f(t) cos(2kt)

4k2−1 est une fonction continue sur IR+etP

(Hk) converge simplement sur IR+verst7→f(t)h(xt) elle mˆeme continue sur IR+. De plus|Hk(t)| 6 |f(t)|

4k2−1 montre queHk est int´egrable avec Z +∞

0

|Hk(t)|dt 6 1 4k2−1

Z +∞

0

|f(t)|dt

qui est le terme g´en´eral d’une s´erie convergente. Le th´eor`eme d’interversion somme-int´egrale s’applique et permet d’´ecrire que

Z +∞

0

f(t)h(xt)dt=

+∞

X

k=1

Z +∞

0

f(t) cos(2kxt) 4k2−1 dt=

+∞

X

k=1

1 4k2−1

Z +∞

0

f(t) cos(2kxt)dt

Posons maintenantFk(x) = 1 4k2−1

Z +∞

0

f(t) cos(2kxt)dt= 1 4k2−1

Z +∞

0

f(u

2k) cos(ux)du(on a pos´eu= 2kt).

- D’apr`es la partie II.2, comme u 7→ f u 2k

est de classe C1 alors Fk(x) → 0 quand x→ +∞ (on passe du r´esultat aveceix `a celui avec cos(x) en passant `a la partie r´eelle).

- ∀x >0, |Fk(x)|6 1 4k2−1

Z +∞

0

|f(t)|dt. Le majorant est ind´ependant dexet est le terme g´en´eral d’une s´erie convergente.P(Fk) est donc normalement convergente sur IR+∗ (et donc au voisinage de +∞).

(8)

Le th´eor`eme de double limite s’applique et indique que

x→+∞lim Z +∞

0

f(t)h(xt)dt= 0 En combinant tout cela on obtient finalement que

x→+∞lim

f˜(x) = 2 π

Z +∞

0

f(t)dt

Comme Z +∞

0

e−tdt= 1, ceci est compatible avec le r´esultat pour ˜E.

23) Cas d’une fonction continue par morceaux.

a) Une limite.

Etant donn´es deux nombres r´eelsβ et δtels que 0 6 β < δ, on consid`ere, pourx >0, l’int´egrale F(x) =

Z δ β

|sin(xt)|dt. Montrer queF(x) = 1x Z δx

βx

|sin(u)|du.

On posepla partie enti`ere de βx

π etqcelle de δx

π. Pourx > π

δ−β, donner un encadrement deF(x) en fonction dep, q etx.

En d´eduire queF(x) tend vers π2(δ−β) lorsquex→+∞.

Correction : Il suffit de poseru=xtpour obtenir F(x) = 1 x

Z δx βx

|sin(u)|du Par d´efinition depet q, on apπ 6 βx <(p+ 1)πet qπ 6 δx <(q+ 1)π.

Six > π

δ−β alorsδx−βx > π; or,qπ−(p+ 1)π > δx−βxet doncq−p+ 1>1 ou encoreq > p. On effectue, avec la relation de Chasles, le d´ecoupage suivant :

xF(x) =

Z (p+1)π βx

|sin(u)|du+

q−1

X

k=p+1

Z (k+1)π

|sin(u)|du+ Z δx

|sin(u)|du

Par π-p´eriodicit´e de |sin|, le terme du milieu vaut (q−p−1)Rπ

0 |sin(u)|du = 2(q−p−1). Les bornes des int´egrales ´etant dans le bon sens, on peut majorer (resp. minorer) les premier et troisi`eme termes en majorant (resp. minorant)|sin(u)|par 1 (resp 0). On a alors

2(q−p−1) 6 xF(x) 6 2(q−p−1) + ((p+ 1)π−βx) + (δx−qπ) 6 2(q−p−1) + 2π De plus δx

π −1−βx

π −1 6 q−p−1 6 δx π −βx

π et donc 2(δ−β)

π − 2

x 6 F(x) 6 2(δ−β) π +2π

x Par th´eor`eme d’encadrement, on a finalement

x→+∞lim F(x) = 2 π(δ−β)

b) Limite defe(x) dans le cas d’une fonction continue par morceaux.

Si J est un intervalle de IR+ et sif est une fonction continue par morceaux surJ `a valeurs r´eelles et telle que l’int´egrale

Z

J

|f(t)|dtexiste, on note toujours

fe(x) = Z

J

f(t)|sin(tx)|dt Quelle est la limite defe(x) lorsquextend vers +∞:

- lorsqueJ est un segment etf une fonction en escalier ?

- lorsqueJ est un segment etf une fonction continue par morceaux ? - lorsqueJ = IR+ et f une fonction continue par morceaux ?

Correction :

(9)

- Si f est en escalier sur J = [a, b], il existe une subdivision a = a0 < a1 < · · · < ap = b telle que f est constante (´egale `a ci) sur ]ai, ai+1[. On a alors

f˜(x) =

p−1

X

k=0

ck Z ak+1

ak

|sin(xt)|dt →

x→+∞

p−1

X

k=0

ck2(ak+1−ak) π Par ailleurs,

Z

J

f(t)dt=

p−1

X

k=0

ck(ak+1−ak) et finalement,

x→+∞lim

f(x) =˜ 2 π

Z

J

f(t)dt

- Sif est continue par morceaux sur le segment [a, b], f est uniform´ement approchable sur [a, b] par une suite de fonctions en escalier. Soit ε >0 ; il existeϕ, fonction en escalier, telle que kf−ϕk∞,J 6 ε. D’apr`es le premier cas, il existe x0 tel que six > x0,

˜ ϕ(x)− 2

π Z

J

ϕ

6 ε. Pourx > x0, on a alors

f˜(x)− 2 π

Z

J

f(t)dt 6

f˜(x)−ϕ(x)˜ +

˜ ϕ(x)−2

π Z

J

ϕ

+ 2 π

Z

J

ϕ2 π−

Z

J

f dt

Par choix de x, le second morceau est plus petit queε. Le trois`eme est plus petit que 2π|b−a|ε. Le premier est major´e par

Z b a

|f(t)−ϕ(t)|dtet donc par (b−a)ε. On a donc

f˜(x)− 2 π

Z

J

f(t)dt 6

2

π|b−a|+|b−a|+ 1

ε En revenant `a la d´efinition des limites, on a montr´e que

x→+∞lim

f(x) =˜ 2 π

Z

J

f(t)dt

- Supposons f est continue par morceaux sur IR+. Soit ε > 0 ; comme en 2.1 on trouve un A tel que Z +∞

A

|f(t)|dt6ε. D’apr`es le cas pr´ec´edent, il existex0 tel que six > x0 on a

Z A 0

f(t)|sin(xt)|dt−2 π

Z A 0

f

6 ε. Pourx > x0, on a alors

f˜(x)− 2 π

Z +∞

0

f(t)dt 6

Z +∞

A

|f(t)|+

Z A 0

f(t)|sin(xt)|dt−2 π

Z A 0

f

+ 2 π

Z +∞

A

|f|

Avec les choix faits, on a a ;ors

f˜(x)− 2 π

Z +∞

0

f(t)dt 6

2 + 2

π

ε En revenant `a la d´efinition des limites, on a montr´e que

x→+∞lim

f˜(x) = 2 π

Z +∞

0

f(t)dt

(10)

Sujet de type Mines

Th´ eor` eme taub´ erien de Hardy-Littlewood-Karamata

Dans tout le probl`eme,I d´esigne l’intervalle ]0,+∞[.

A Une int´ egrale ` a param` etre

Pour toutx∈IR on pose, sous r´eserve d’existence, F(x) =

Z +∞

0

e−u

√u(u+x)du et K= Z +∞

0

e−u

√u du 1) D´emontrer queψ :u7→ e−u

√u est int´egrale surI.

Correction :La fonctionψ:u7→ e−u

√u est continue surI comme compos´ee de fonctions continues.

On aψ(u) ∼

u→0

1

u1/2 or la fonctionu7→ 1

u1/2 est int´egrable sur ]0,1] car 12 <1 Donc par comparaison `a une fonction positive,ψest int´egrable sur ]0,1]

De plus par croissance compar´eeu2ψ(u) −→

u→+∞0 doncψ(u) = o

u→+∞

1 u2

or la fonctionu7→ 1

u2 est int´egrable sur [1,+∞[ car 2>1

Donc par comparaison `a une fonction positive,ψest int´egrable sur [1,+∞[

Ainsi ψ :u7→ e−u

√u est int´egrale surI En particulier, on en d´eduit l’existence deK.

2) D´eterminer les valeurs dexpour lesquellesF(x) est d´efinie.

Correction :On posefx:u7→ e−u (u+x)√

u

– Six <0, la fonctionfxn’est pas continue par morceaux sur ]0,+∞[ doncF(x) n’est pas d´efinie.

On peut pr´eciser que de plus Z −x

0

f(u)du et Z +∞

−x

f(u)du ne sont pas d´efinies carf(u) ∼

u→−x

C u+x – Six= 0, la fonctionfx n’est pas int´egrable sur ]0,1] car fx(u) ∼

u→0

1

u3/2 et u7→ 1

u3/2 n’est pas int´egrable sur ]0,1] (int´egrale de Riemann).

– Six >0, la fonctionfxest positive et pour toutu∈I,fx(u)6 1

xψ(u). Commeψest int´egrable surI (question 1.),fx est int´egrable surI.

On en d´eduit que la fonctionF est d´efinie surI=]0,+∞[.

3) A l’aide de la caract´erisation s´equentielle montrer queF est continue surI.

Correction : soit a ∈I. On consid`ere une suite (xn)n∈IN d’´el´ements de I convergeant vers a. Pourn ∈ IN on posefn :u7→ e−u

(u+xn)√

u. Ces fonctions sont continues sur IR+ et la suite de fonctions converge simplement vers u7→ e−u

(u+a)√ u.

Soitδ >0 tel que [a−δ, a+δ]⊂I. Comme la suite (xn)n∈IN converge versa, il existe N tel que pour toutn > n xn est dans [a−δ, a+δ].

On a alors pour tout entiern > N et toutudans IR+,|fn(u)|6 e−u (u+a−δ)√

u. Or la fonctionu7→ e−u (u+a−δ)√

u est int´egrable sur IR+, on en d´eduit, par le th´eor`eme de convergence domin´ee, que la suite (F(xn))n∈IN converge versF(a).

Conclusion : par caract´erisation s´equentielle la fonctionF est continue ena, ceci pour tout a de IR+, donc la fonction est continue sur IR+.

4) Question `a admettreMontrer que la fonction F est de classeC1 surIet exprimerF0(x) sous forme int´egrale.

R´eponse : F0:x7−→

Z +∞

0

−e−u

√u(u+x)2du

(11)

5) En d´eduire que pour tout x∈I,xF0(x)−(x−12)F(x) =−K.

Correction :Soitx∈I. Calculons F(x) par int´egration par parties.

F(x) = 2√

ue−u x+u

+∞

0

+ Z +∞

0

2√ ue−u x+u du+

Z +∞

0

2√ ue−u (x+u)2du

Toutes les int´egrales sont bien d´efinies carF(x) est d´efini et que lecrochet vaut 0 d’apr`es les limites usuelles.

On a

F(x) = 2 Z +∞

0

ue−u (x+u)√

udu+ 2 Z +∞

0

ue−u (x+u)2

udu

= 2

Z +∞

0

e−u

√udu−2x Z +∞

0

e−u (x+u)√

udu+ 2 Z +∞

0

e−u (x+u)√

udu−2x Z +∞

0

e−u (x+u)2

udu en ´ecrivantu= (u+x)−xdans les deux termes

= 2K−2xF(x) + 2F(x) + 2xF0(x)

Finalement on obtient bien xF0(x)−(x−12)F(x) =−K . 6) Pour tout x∈ I, on pose G(x) = √

xe−xF(x). Montrer qu’il existe une constante r´eelle C telle que pour tout x∈I,G(x) =C−K·

Z x 0

e−t

√t dt.

Correction :La fonctionG:x7→√

xe−xF(x) est d´erivable sur Iet pour tout x∈I, G0(x) =

1 2√

xe−x−√ xe−x

F(x) +√

xe−xF0(x)

= e−x

√x

xF0(x)−(x−1 2)F(x)

= −Ke−x

√x d’apr`es la question pr´ec´edente.

De ce fait, comme G0 est continue et que I est un intervalle, en int´egrant, il existe une constante C telle que

∀x∈I, G(x) =C−K Z x

0

e−t t dt.

7) D´eterminer les limites deGen 0 et +∞, et en d´eduire la valeur deK.

Correction :

– Calculons la limite deGen +∞. La fonctionF est positive (par positivit´e de l’int´egrale) et d´ecroissante (car la d´eriv´ee est n´egative) donc elle tend vers une limite finie`en +∞. De ce fait, lim

x→+∞G(x) = 0 car lim

x→+∞

√xe−x= 0.

D’autre part, en utilisant la formule trouv´ee `a la question6). on obtient que G(x) tend versC−K2 lorsque x tend vers +∞. On en d´eduit que C=K2.

– Calculons maintenant la limite de G en 0. Comme ex tend 1 lorsque x tend vers 0, on peut se contenter de calculer la limite de √

xF(x). On effectue le changement de variable affine u = xt licite car cela d´efinie une bijection strictement croissante de IR+ dans lui-mˆeme et est de classeC1,

√xF(x) = Z +∞

0

x√ xe−xt

√xt(xt+x)dt= Z +∞

0

e−xt

√t(1 +t)dt On peut alors faire tendre xvers 0.

On utilise encore la caract´erisation s´equentielle de la limite `a ce stade de l’ann´ee mais voici la version utilisable en concours :

On applique pour ce faire la version continue du th´eor`eme de convergence domin´ee. En effet pour toutt∈I, la fonctionx7→ e−xt

√t(1 +t) tend vers 1

√t(1 +t) quandxtend vers 0. Pour toutx∈IR+, la fonctiont7→ e−xt

√t(1 +t) est continue (par morceau) sur Iet pour tout x∈IR+ et toutt∈I,

e−xt

√t(1 +t)

6 1

√t(1 +t) o`ut7→ 1

√t(1 +t) est int´egrable surI. On en d´eduit que

limG(x) = lim√

xF(x) =

Z +∞ 1

√ dt

(12)

Maintenant, cette derni`ere int´egrale se calcule en posantv=√

t : la fonctiont∈]0,+∞[7→√

t est de classeC1, strictement monotone et induit une bijection de ]0,+∞[ sur lui mˆeme). On obtient,

Z +∞

0

√ dt

t(1 +t) = Z +∞

0

2dv

(1 +v2)= 2 [arctan(v)]+∞0 =π.

D’autre par en reprenant la formule trouv´ee en `a la question6). on obtient queG(x) tendClorsquextend vers 0.

En conclusionK2=C=πet donc K=√ π.

B ´ Etude de deux s´ eries de fonctions

Dans toute cette partie, on pose f(x) =

+∞

X

n=1

e−nx

√n et g(x) =

+∞

X

n=0

√ne−nx.

8) Montrer quef et g sont d´efinies et continues surI.

Correction :

– Soitx∈I, la s´erieX

e−nxconverge care−nx= (e−x)net que|e−x|<1 (s´erie g´eom´etrique). De plus, pour tout entier n > 1, e−nx

√n 6 e−nx donc par comparaison de s´eries `a termes positifs, la s´erieXe−nx

√n converge aussi.

La fonctionf est d´efinie sur I.

Maintenant pour tout entiern, la fonctionx7→e−nx

√n est continue. De plus, pour touta∈I, la fonctionx7→ e−nx

√n est born´ee sur [a,+∞[ et

x7→ e−nx

√n

∞,[a,+∞[

=e−na

√n

Comme la s´erie Pe−na

√n la s´erie de fonction d´efinissant n converge normalement donc uniform´ement sur tout segment deI d’o`uf est continue.

– Soitx∈I, `a partir d’un certain rang,√

ne−nx 6 e−nx/2 car√

ne−nx/2 tend vers 0 lorsque ntend vers +∞et est donc inf´erieur `a 1 `a partir d’un certain rang. De ce fait, en proc´edant comme ci-dessus, on montre queg est aussi d´efinie et continue sur I.

9) Montrer que pour toutx∈I, Z +∞

1

e−ux

√u du6f(x)6 Z +∞

0

e−ux

√u du.

En d´eduire un ´equivalent def(x) lorsquex→0.

Correction :Soitx∈I, on ´etudieθ:u7→ e−ux

√u . Elle est d´ecroissante caru7→e−ux est une fonction d´ecroissante

`

a valeurs dans IR+ et que u 7→ 1

√u aussi. On peut donc utiliser la m´ethode de comparaison s´erie-int´egrale.

Pr´ecis´ement, pour tout entierN,

Z N−1 1

θ(u)du 6

N

X

n=1

e−nx

√n 6 Z N

0

θ(u)du En faisant tendreN vers +∞on obtient,

Z +∞

1

θ(u)du 6

+∞

X

n=1

e−nx

√n =f(x) 6 Z +∞

0

θ(u)du.

Notons que les int´egrales convergent d’apr`es la question 1.

On posev=uxdans les deux int´egrales et on obtient que

√1 x

Z +∞

x

e−v

√vdv= 1 x

Z +∞

x

e−v

pv/xdv 6 f(x) 6 1 x

Z +∞

0

e−v

pv/xdv= 1

√x Z +∞

0

e−v

√vdv

Par encadrement, on en d´eduit que√

xf(x) tend vers Z +∞

0

e−v

√vdvlorsque xtend 0, ce qui est ´egal `a √

π d’apr`es la question7).

En conclusion f(x) ∼

x→0

rπ x .

(13)

10) Montrer que la suite

n

X

k=1

√1 k −2√

n

!

n>1

converge.

Correction :On pose pourk > 1,vk= 1

√k− Z k

k−1

√1

tdt= 1

√k−2(√ k−√

k−1). On a donc, par t´el´escopage, pour tout entiern > 1,

n

X

k=1

vk =

n

X

k=1

√1 k−2√

n

Or la fonction t 7→ 1

√t est d´efinie et continue sur I et d´ecroissante. De ce fait, pour tout k > 2, 1

√k−1 6 Z k

k−1

√1

tdt 6 1

√k.Cela implique que (pourk > 2)

0 6 vk 6 1

√k−1 − 1

√k La s´erieP

vk est donc une s´erie `a termes positifs dont les sommes partielles sont major´ees car

∀n∈IN,

n

X

k=1

vk 6 v1+

n

X

k=2

√ 1

k−1− 1

k 6 1 +v1.

On en d´eduit que la s´erieP

vk converge et donc la suite n

P

k=1

√1 k −2√

n

n>1

converge.

11) D´emontrer que pour toutx >0, la s´erie X

n>1 n

X

k=1

√1 k

!

e−nx converge et exprimer sa somme h(x) en fonction de f(x) pour toutx∈I.

Correction :Soitx∈I. Pour toutN > 1

N

X

n=1 n

X

k=1

√1 k

!

e−nx =

N

X

k=1

√1 k

N

X

n=k

e−nx

=

N

X

k=1

√1 k. 1

1−e−x

e−kx−e−(N+1)x

= 1

1−e−x

N

X

k=1

√1

ke−kx−e−(N+1)x

N

X

k=1

√1 k

!

La premi`ere partie est une s´erie convergente qui tend vers 1

1−e−xf(x). La deuxi`eme partie tend vers 0, en effet, d’apr`es la question pr´ec´edente, les sommes partielles

n

P

k=1

√1

k sont ´equivalentes `a 2√

net 2√

ne−(N+1)xtend vers 0 lorsqueN tend vers +∞.

En conclusion la s´erie converge et sa sommeh(x) vauth(x) = 1

1−e−xf(x).

On pouvait aussi utiliser un produit de Cauchy.

12) En d´eduire un ´equivalent deh(x) lorsquex→0. Montrer alors que g(x) est ´equivalent `a

√π

2x3/2 lorsquex→0.

Correction :En utilisant les r´esultats des questions9)et11), on obtient que h(x) ∼

x→0

1 x

rπ x =

√π x3/2. Maintenant, on pose (αn) la suite d´efinie `a la question10). parαn=

n

X

k=1

√1 k −2√

n.

On a donc pourx∈I,

(14)

h(x) =

+∞

X

n=1 n

X

k=1

√1 ke−nx

!

=

+∞

X

n=1

(2√

n+αn)e−nx

= 2g(x) +

+∞

X

n=1

αne−nx car les deux s´eries convergent

Maintenant, on a vu `a la question 9. que (αn) ´etait une suite positive, croissante et convergente. Si on noteA sa limite, on a pour toutx∈I,

+∞

X

n=1

αne−nx

6 A

+∞

X

n=0

e−nx

= A

1−e−x

x→0

A x On en d´eduit que

+∞

X

n=1

αne−nx= O

x→0

1 x

= o

x→0

1 x3/2

Finalement,g(x) ∼

x→0

1

2h(x) ∼

x→0

√π 2x3/2.

C S´ eries de fonctions associ´ ees ` a des ensembles d’entiers

A tout ensemble` A⊆IN on associe la suite (an) d´efinie par an =

1 sin∈A, 0 sinon.

SoitIAl’ensemble des r´eelsx>0 pour lesquels la s´erie X

n>0

ane−nx converge. On posefA(x) =

+∞

X

n=0

ane−nx pour tout x∈IA. Enfin, sous r´eserve d’existence, on pose Φ(A) = lim

x→0xfA(x) et on noteS l’ensemble des partiesA⊆IN pour lesquelles Φ(A) existe.

13) Quel est l’ensembleIa siA est fini ? SiA est infini, montrer que l’on peut extraire une suite (bn) de la suite (an) telle que pour toutn∈IN,bn= 1. D´eterminerIAdans ce cas.

Correction :SiAest fini alors la suite (an) est presque nulle. De ce fait, pour toutxdans IR+, la s´erie (P

n>0

ane−nx) converge. On a alors IA= IR+ .

On suppose queA est infini. On veut construire une extractrice, ϕstrictement croissante de IN dans IN telle que pour tout entier n, bn = aϕ(n) = 1. Pour cela on pose ϕ(0) = minA et pour tout entier n > 0, ϕ(n+ 1) = min(A∩]ϕ(n),+∞[). La d´efinition `a bien un sens, car pour tout entiern, A∩]ϕ(n),+∞[ est une partie non vide (carA est infini) de IN qui admet donc un plus petit ´el´ement. Par construction, on a bien que ϕ(n+ 1)> ϕ(n) doncϕest strictement croissante etaϕ(n)= 1 car ϕ(n)∈A.

Dans le cas o`uAest infini, six= 0 la s´erie ( P

n>0

an) diverge car sinon les sommes partielles seraient major´ees ce qui impliquerait queA serait fini. Maintenant pourx >0, on a pour tout entier N, PN

n=0ane−nx 6 PN

n=0e−nx 6 1

1−e−x. La s´erie est donc une s´erie `a termes positifs dont les sommes partielles sont major´ees. Elle converge.

On a doncIA= IR+=I .

14) SoitA ∈S et (an) la suite associ´ee. Pour tout entier naturel n, on noteA(n) l’ensemble des ´el´ements de A qui sont6n. V´erifier que pour toutx >0 la s´erie X

n>0

Card(A(n)) e−nx converge et que

+∞

X

n=0

Card(A(n)) e−nx= fA(x) 1−e−x

Correction :Soitx∈S. Pour tout entiern, on a par d´efinition deA(n), Card(A(n)) =

n

P

k=0

ak. On en d´eduit que pour tout entierN

(15)

N

X

n=0

Card(A(n))e−nx =

N

X

n=0 N

X

k=0

ake−nx

!

=

n

X

k=0

ak N

X

n=k

e−nx

= 1

1−e−x

N

X

k=0

ake−kx−(

N

X

k=0

ak)e−(N+1)x

!

Maintenant, quandN →+∞, le premier terme tend vers 1

1−e−xfA(x) et le deuxi`eme terme tend vers 0 car il est major´e par (N+ 1)e−(N+1)x qui tend vers 0 quandN. En conclusion, la s´erie converge et

+∞

X

n=0

Card(A(n))e−nx = 1

1−e−xfA(x).

Dans la question suivante,A=A1d´esigne l’ensemble des carr´es d’entiers naturels non nuls.

15) Montrer que six >0, fA1(x) 1−e−x =

+∞

X

n=0

b√

nce−nxo`ub·c d´esigne la partie enti`ere.

En d´eduire un encadrement de

+∞

X

n=0

√ne−nx− fA1(x)

1−e−x, puis un ´equivalent defA1 en 0. Prouver alors que A1∈S et donner Φ(A1).

Correction : Soit x > 0. Soit n > 0,A1(n) = {1,4,9,· · · , p2} o`u p2 6 n et (p+ 1)2 > n. C’est-`a-dire que p 6 √

n < p+ 1. On en d´eduit que Card(A1(n)) =p=b√ nc.

D`es lors, en utilisant14). on obtient que fA1(x) 1−e−x =

+∞

X

n=0

Card(A1(n))e−nx=

+∞

X

n=0

b√

nce−nx. Maintenant, par d´efinition de la partie enti`ere, pour tout entiern,

b√

nc 6 √

n 6 b√ nc+ 1 d’o`u,

fA1(x) 1−e−x =

+∞

X

n=0

b√

nce−nx 6

+∞

X

n=0

√ne−nx =g(x) 6

+∞

X

n=0

(b√

nc+ 1)e−nx= fA1(x)

1−e−x+ 1 1−e−x En conclusion,

0 6 g(x)− fA1(x)

1−e−x 6 1 1−e−x. On utilise alors l’´equivalent trouv´e `a la question 11. On a que

0 6 x3/2g(x)−x3/2fA1(x)

1−e−x 6 x3/2 1−e−x. Comme le terme de droite tend vers 0 car il est ´equivalent en 0 `a √

xet que x3/2g(x) tend vers

√π

2 lorsque x tend vers 0. On en d´eduit (par encadrement) que x3/2fA1(x)

1−e−x tend vers

√π

2 lorsque x tend vers 0 et finalement fA1(x) ∼

x→0

√π 2√

x.

On en d´eduit quexfA1(x) tend vers 0 lorsque xtend vers 0 et donc que A1∈S et Φ(A1) = 0.

Dans la question suivante, A= A2 d´esigne l’ensemble constitu´es des entiers qui sont la sommes des carr´es de deux entiers naturels non nuls. On admet queA2 appartient `a S, et on d´esire majorer Φ(A2).

Soitv(n) le nombre de couple d’entiers naturels non nuls (p, q) pour lesquelsn=p2+q2.

(16)

16) Montrer que pour tout r´eel x >0, la s´erie X

n>0

v(n) e−nx converge et ´etablir que

+∞

X

n=0

v(n) e−nx= (fA1(x))2.

Montrer alors que pour toutx >0,fA2(x)6(fA1(x))2. En d´eduire un majorant de Φ(A2).

Correction : Pour tout entiern, on posev(n) le nombre de couples d’entiers (p, q) pour lesquels,p2+q2=n. Si on pose (an) la suite d´efinie par

an=

1 sinest un carr´e parfait 0 sinon.

on a que pour tout entiern,v(n) =

n

P

k=0

akan−k. En effet on parcourt tous les couples (k, n−k) et on teste sik et n−ksont des carr´ees parfaits.

Maintenant pour toutx >0, la s´erie X

n>0

ane−nx est une s´erie positive convergente (et donc absolument conver- gente). D’apr`es la formule du produit de Cauchy, la s´erie P

n>0

w(n) converge aussi o`u pour tout entiern,

w(n) =

n

X

k=0

ake−kx.an−ke−(n−k)x=

n

X

k=0

akan−k

!

e−nx=v(n)e−nx De plus la somme est donn´ee par

+∞

X

n=0

v(n)e−nx=

+∞

X

n=0

ane−nx

!2

= (fA1(x))2.

Maintenant, si on consid`ere (bn) la suite d´efinie par l’ensembleA2, on a donc pour tout entiern, bn 6 v(n), car d`es quebn vaut 1 alorsv(n) vaut au moins 1. On en d´eduit directement que pour toutx >0,

fA2(x) =

+∞

X

n=0

bne−nx 6

+∞

X

n=0

v(n)e−nx= (fA1(x))2.

Par suite,xfA2(x) 6 x(fA1(x))2. En r´eutilisant l’´equivalent,fA1(x) ∼

x→0

√π 2√

x trouv´e `a la question 15, on obtient que lim

x→0x(fA1(x))2

4. En admettant queA2∈S et en passant `a la limite, on obtient que Φ(A2) 6 π 4.

D) Un th´ eor` eme taub´ erien

Soit (αn)n>0 une suite de nombres r´eels positifs tels que pour tout r´eel x>0, la s´erie X

n>0

αne−nx converge. On suppose que

x→0lim x

+∞

X

n=0

αne−nx

!

=`∈[0,+∞[.

On noteF l’espace vectoriel des fonctions de [0,1] dans IR,Ele sous-espace deF des fonctions continues par morceaux et E0 le sous-espace deE des fonctions continues sur [0,1]. On munit E de la norme k k d´efinie par la formule kψk= sup

t∈[0,1]

|ψ(t)|.

Si ψ∈E, on noteL(ψ) l’application qui `ax >0 associe (L(ψ))(x) =

+∞

X

n=0

αne−nxψ(e−nx).

17) Montrer queL(ψ) est bien d´efinie pour toutψ∈E et que l’applicationL est une application lin´eaire de E dans F. V´erifier que pour tousψ1, ψ2 dansE112 entraˆıneL(ψ1)6L(ψ2).

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