ÉTUDE DES RÉSULTATS DE SIX ANNÉES D’ÉLEVAGE
DES BREBIS MÉRINOS D’ARLES
DU DOMAINE DU MERLE
1. - LE CONTRÔLE DES RUTS ET SA V.1LIDITF:
M. PRUD’HON I. DENOY, L. DAUZIER A. DESVIGNES J.
Élyane
GOUSSOPOULOS, R. DEVILLARD, C. SICARD, J.-P. VINCENT J.-J. CASSARLaboratoire de Zootechnie,
Centre de Recherches
agronomiques
du Midi, École nationalesupérieure a!)’0):OH::!M!,
31 -M ont p e ll ier
SOMMAIRE
Au cours de six années
d’élevage,
49,34 brebis dlérirzos <1’-.lrles ont été soumises à une luttecontrôlée, au
printemps
ou à l’automne, selon unetechnique
décrite dans cette étude. La validité de la détection des ruts et les diverses sources d’erreurspossibles
y sont analysées.L’ordre et la
fréquence d’apparition
des chaleurs sont étudiés en fonction de la saison de lutte etl’âge
des brebis.Les
possibilités
d’avancer et de grouperl’apparition
despremiers
ruts auprintemps
sont dis-cutées.
I. -- INTRODUCTION
I,e
troupeau
ovin de race Mérinn c!’Ayles élevé au Domaine du Merle selon lestechniques
traditionnelles utilisées dans la Crau est soumisdepuis
1959 à une série de contrôlessystématiques : lutte, fertilité, fécondité, mortalité, croissance,
toisons. Legrand
nombre de donnéesenregistrées
à cejour
nouspermet
de fairele
point
de la validité des méthodesemployées
etd’analyser
les diversesaptitudes
du
troupeau
dans les conditionsd’élevage auxquelles
il est soumis.Nous étudierons d’abord les
problèmes posés
par le contrôle de la luttequi
conditionne l’établissement des bilans exacts et demeure
indispen 5 able
à lapratique
d’une sélection
généalogique.
II. -
CARACTÉRISTIQUES D’ÉLEVAGE
ET
MÉTHODE
DECONTRÔLE
DES LUTTESCARACTÉRISTIQUES
D’ÉLEVAGELe Domaine du Merle se situe en
Crau,
à l’est du delta duRhône,
à l’altitudede
!0-6o
m. Sasuperficie
est de 44g ha dont 180 sontirrigués
par submersion avecles eaux de la
I)urance,
le reste étant formé de parcours. Le climat est dutype
mé-diterranéen,
les courbes detempératures
etprécipitations
annuelles sontreprésentées
sur la
figure
i.Il faut aussi noter
l’importance
des vents dont leprincipal,
leMistral, qui
souffle du nord-ouest 105
jours
par an, est froid et sec alors que les vents d’est et dusud-est, plus chauds,
amènent les deux tiers despluies.
Le
troupeau
est soumis à un moded’élevage
assez extensif. Il transhume enmontagne
du 20juin
au 5 octobre environ et utilise les parcourspendant
le restede
l’année,
avec alimentationcomplémentaire
et consommation defourrages
conser-vés en
période
hivernale. Les agneaux sontvendus,
engénéral,
comme agneauxgris,
versl’âge
de 5 mois. Les brebis dontl’âge
moyen en début de lutte est de3 ,8
ansont un
âge
moyen de réforme de5 ,8
ans. Elle ne sont pas conservéesaprès
leur8 e
année. Les
effectifs,
enaugmentation régulière,
sontpassés
de56 9
en ig5g à9 88
en
r g6 q ..
La lutte
principale
a lieu au Domaine avant ledépart
en transhumance auxdates
précisées
au tableau 1 , en vue d’une mise bascommençant
dès le retour de lamontagne.
Après
une courteinterruption pendant
lapériode
detransport
elle estreprise,
à
l’alpage, jusque
vers le 10juillet,
mais peu de brebis y sont saillies.A l’automne les brebis non
gestantes
sont soumises à une lutte derattrapage
d’une durée d’un mois.Qu’elles
aient mis bas ou non, cesbrebis,
ditestardonnières,
sont à nouveau soumises à la lutte de
printemps
en mêmetemps
que les autres. Les effectifs des divers lots d’animaux soumis à ces luttesfigurent
au tableau 2.TECHNIQUES
DE CONTRÔLE DE LUTTEAu
printemps
les ruts sont détectés par des béliers marqueurs vasectomisés introduits dans le troupeau le premierjour
de la lutte, dans les proportionsfigurant
au tableau 2. Ils sont, sipossible,
confirmés par d’autres boute-en-train,
lorsque
2à 3fois parjour,
les brebis marquées sont ramenéesen
bergerie.
Chacune d’elle est alorsplacée, pendant
36 heures, dans le box du bélierauquel
elleest affectée. Le contrôle de la lutte est
également, depuis
1962,pratiqué
en montagne et à l’automne.III. -
RÉSULTATS
l’alidité des ruts
Le
premier problème posé
est celui de la validité des ruts ainsirepérés, plu-
sieurs
types
d’anomaliespermettant
de soupçonner une erreur de détection :a)
une brebisaccouplée
aupremier
rutrepéré,
et nongestante après
cet accou-plement peut présenter
une anomalie dansl’époque d’apparition
d’un nouvel oestrus ;- soit que celui-ci se manifeste au bout d’un intervalle de
temps
dont la durée diffère de celle d’uncycle
oestriennormal ;
-
soit,
aucontraire, qu’il
ne se manifeste paspendant
la luttecontrôlée, après
un délai
égal
à la durée maximale d’uncycle
oestrien normal.Pour
repérer
ces deuxpremiers types
d’anomalies il faut connaître les carac-téristiques
de la durée descycles
sexuels normaux.Si,
d’une manièregénérale,
lesbrebis 111 érinos ont une durée de
cycle
un peusupérieure
à yjours,
en moyenne8
5
p. 100des donnéescomprises
entre 16 et 19jours (Asn!r,r., 194 6),
nous ne connais-sons pas les
caractéristiques précises
descycles
sexuels des brebis Mérinos d’AYlesEn considérant la distribution des intervalles entre les deux
premiers
ruts des brebisqui
ont un nouveau rutaprès accouplement
aupremier
cestrus(fig. 2 ),
ilparait
raisonnable d’admettre que les intervalles d’une durée inférieure à 15
jours
ou su-périeure
à içjours
sont anormaux.Ils résultent, pour une
part,
d’erreurs commises dans la détection des ruts de l’ensemble des brebis saillies au moins unefois,
et pour une autrepart,
d’anomalies descycles
sexuels des seules brebis non gestantesaprès accouplement
aupremier
oestrus.
Sur
r5i brebisaccouplées
aupremier
oestrusdétecté,
533(soit
i3 p.ioo) pré-
sentent un nouveau rut
ultérieurement,
l’intervalle entre lepremier
et le deuxième rutpouvant
être considéré comme anormal chez23 6
d’entreelles,
soit 44p. 100 des brebis nongestantes
à nouveau en oestrus. Lespourcentages
ainsi calculés(tabl.
3) varient de 23 p. 100 enig6o
à 61 p. 100enig6i.
Ils sontplus
élevés chez lesprimi-
pares
( 1 ) ( 5 6
p.100 )
que chez lesmultipares ( 1 ) ( 41
p.I oo).
Leurinterprétation
estdélicate
puisque
nous ne savons rien desproportions respectives
d’erreurs de détec- tion et d’anomalies descycles.
Il semble que les erreurs de détection se soient
produites
aussi bien aupremier qu’au
deuxième rut décelépuisque
la fertilité des brebis à nouveau en oestrus aubout d’un
cycle
normal ne diffère pas sensiblement de celle de l’ensemble des brebis(tabl. 4 ).
La fertilité des brebis ayant uncycle
court estmeilleure,
et celle des brebis( 1
) Nous employons les termes primipare et multipare pour les brebis ayant agnelé respectivement
une ou plusieurs fois. fait cette acception du terme multipare n’est pas la plus courante mais elle est toiere’e
faute d’un synonyme. L’autre acception, multipare : qui met bas plusieurs petits en une seule fois peut être
remplacée par gémellilnre : qui met bas des jumeaux.
ayant un
cycle long
moins bonne que dans le lot des femelles àcycle
normal, cequi
laisse penser
qu’une partie
descycles
courts seraient dus à des erreurs de détection commises peuaprès
le début de lagestation
et, que certainscycles longs
correspon- draient à une erreur de détection du deuxième œstrus chez les brebis videsaprès
saillie aupremier
oestrus.Outre ce
premier type
d’anomalies nous avons constaté que 2i,q p. 100 des brebis videsaprès
saillie aupremier
oestrus enprésentaient
un deuxièmetype :
enrut
plus
de i9jours
avant la fin de lalutte,
nongestantes après accouplement,
ellesn’étaient pas à nouveau en oestrus
pendant
lapériode
de luttecontrôlée,
alorsqu’elles
auraient dû l’être si leur cycle avait été normal.
b) Enfin, l’analyse
des dates desaillie,
de misebas,
et lacomparaison
des di-verses durées de
gestation possibles,
montrentqu’un
certain nombre de femelles gestantes( 1 ,6
p. 100 desprimipares
et 1,4 p. 100 desmultipares)
manifestent untroisième
type
d’anomalies : bien que fécondéesaprès
saillie aupremier
oestrus, elles sontcependant marquées
à nouveau par les béliers vasectomisés en cours degestation.
Ces détectionsanormales, réparties régulièrement
entre le 5ejour
et le20
e
jour
decelle-ci, plus
raresensuite,
cequi s’explique compte
tenu de la durée de lalutte,
ont été sous-estiméespuisque
nous n’avons pu nous prononcer sur la date de la saillie fécondantelorsque
deux oestrus étaientséparés
de moinsde jours.
Il est
possible
de fixer une limitesupérieure
dupourcentage
d’erreurs commises dans le contrôle des ruts en considérant que toute anomalie résulte d’une mauvaise détection d’œstrus.Dans cette
hypothèse
nous constatons que sur 4y brebisaccouplées
au pre- mier œstrus,95 8
ne sont pasgestantes
etparmi
celles-ci23 6
ont uncycle
anormal d’une durée connue et 145 d’une durée inconnue. Deplus,
41 brebis ont eu un rut détectépendant
lagestation.
Cecireprésente
au total 10,2p. 100d’erreurs(r 4 ,c 1
p. 100chez les
primipares
et8, 5
p. ioo chez lesmultipares).
En réalité les erreurs de détection sont moins nombreuses. Tout
d’abord,
sila durée des
cycles
sexuels suit une loi de distributionnormale,
un certain nombrede valeurs sont vraisemblablement extérieures aux bornes que nous nous sommes
fixées,
ntais nous n’avons aucune donnéeprécise
sur lescycles
des brebis de cetterace.
I)e
plus,
despériodes
de repossexuel,
des chaleurssilencieuses, qui
selon HAFEz(
1952
)
sontplus fréquentes
chez lesprimipares
et des cas de mortalitéembrvonnaire précoce, peuvent expliquer
laréapparition
tardive des chaleurs chez un certain nombre de brebis.Enfin toutes les détections de ruts chez les brebis
gestantes
necorrespondent
pas à des erreurs. Nous avons
constaté,
parexemple, qu’une
même brebis avaitprésenté
cette anomalie 3 années surcinq,
cequi
nepeut
être lesimple
effet du ha-sard. KosiNSOV
( 1951 )
cite deux casauthentiques
desuperfoetation correspondant
à des fécondations
espacées
de un et deux mois.Répartition
des rutsLa validité des ruts étant
précisée,
on constate(fig. 3 )
sur l’ensemble de six annéesd’élevage, qu’au printemps
lesapparitions
despremiers
oestrus sont nette- mentgroupées
autour de deuxpériodes
depointe
situées ler4!
et le 2oejour
de luttechez les
multipares,
le 16e et le 23E’jour
de lutte chez lesprimipares.
Une
analyse,
année par année(tabl. 5 ) permet
de retrouver des résultats sen-siblement voisins avec
cependant
l’existence d’unefréquence
élevée lepremier jour
de lutte en 1959 et le 8!’
jour
en19 63.
Les brebis
multipares
entrentplus
tôt enchaleur,
et d’une manièreplus groupée,
que les
primipares.
Lesjours
moyens despremiers
ruts sontrespectivement
de12
jours (écart
moyen 4,()4jours)
chez les unes et de1 6, 5 jours (écart
moyen6,oj)
chez les autres. Il s’ensuit un
décalage
de 5jours
dans laprogression
du nombre defemelles
accouplées :
57 p. 100des femelles sont saillies en 15jours
dans le lot desmultipares
et en 20jours
dans celui desprimipares,
et85
p. 100des effectifs le sontrespectivement
en 20et 25jours.
L’apparition
des ruts des brebis tardonnières est nettement décalée par rapport à ce que nous avons constaté dans letroupeau
normal(fig. 3 ).
Les deuxpointes
deplus
fortefréquence,
dont nous constatons là aussil’existence,
se situent à 3jours
d’inter!-alle l’une de
l’autre,
les 2()’’ et 2dejours
de lutte. Lejour
moyend’appari-
tion des
premiers
ruts est de 22,7 avec un écart moyen de 5,zjours.
Enfin à la lutte d’automne les ruts
apparaissent plus
tôt(jour
moyen : 9jours)
et sont
plus groupés (écart
moyen ;4 ,6 jours) qu’au printemps.
Ils sontrépartis
d’une manière tout à fait semblable chez les
primipares,
alorsâgées
de 2 ans, et lesmultipares.
De
plus,
l’allure de la courbe defréquence d’apparition
despremiers
oestrus(fig. 4 )
est très différente desprécédentes :
un nombre relativement élevé de brebis sont en rutchaque jour pendant
les ypremiers jours
delutte ;
àpartir
du8 e jour,
seules
quelques
brebis sont encore en oestrus.Il n’existe
plus
deuxpointes
defréquence
maisplusieurs pics irrégulièrement espacés.
IV. - DISCUSSION
Le bilan
économi d ue
d’untroupeau dépend
essentiellement du nombred’agneaux
sevrés
chaque
année pour 100 brebis à la lutte. Cette donnéesynthétique
résultedes bilans de la lutte de
printemps
et de celle d’automne et, pourchaque période,
du
pourcentage
de brebis saillies parrapport
aux femelles à lalutte,
des taux degestation,
de misebas,
deprolificité
des brebis et de la mortalité des agneaux.L’un des moyens
d’augmenter
lespourcentages
de brebis saillies etgestantes
est d’améliorer la
précocité d’apparition
des ruts et leur groupage afin quechaque
femelle ait
plusieurs
occasions d’être sailliependant
lapériode
de lutte contrôlée si elle n’est pasgestante
aupremier accouplement.
S’il semble difficile d’obtenirun meilleur groupage en lutte d’automne il n’en est pas de même au
printemps.
:! cette saison la courbe de
fréquence
despremiers
rutsprésente
deuxpériodes
de
fréquence
élevée. UvAL( 195 8)
avaitégalement constaté,
enIsraël,
l’existence de deuxpériodes
d’intense activitésexuelle,
décalées parrapport
à celles que nousavons
observées,
la lutte débutant finjuin-début juillet.
L’introduction des béliers permetd’expliquer
l’existence d’unepériode
deplus grande fréquence
des ruts lors-que la lutte a lieu à la fin de l’anœstrus.
En
effet,
l’introduction des mâlesproduit
une stimulationpsychologique
del’activité sexuelle des brebis
(SHmch!r,
rg54; RICHES et W!TSOw, i954; RADFORDet WATSON, r957 ;
M AULÉ ox, 19 6 4 ),
cet effet étantplus marqué
chez les races oùla saisons sexuelle est
étalée,
cequi
semble le cas des Mérinosd’AvLes,
que chez les animaux de race ayant une activité sexuelle de durée limitée(M AUl . É O N , r 9 6 4 ).
Parcontre, il est difficile dans les conditions actuelles
d’expliquer
l’existence de la deuxièmepériode
d’activité sexuelle au cours de la lutte deprintemps.
Cet effet del’introduction des mâles ne se
produit
paspendant
lapleine
saison sexuelle àl’automne,
où ainsi que l’avaitdéjà indiqué
WATSON(r 954 ),
la distribution des ruts se fait auhasard, chaque jour, pendant
les 17premiers jours
de la luttequi correspondent
à la durée d’un
cycle
sexuel. En introduisant des béliers boute-en-train dans le trou- peau 15jours
avant le début de lalutte,
deprintemps
on devraitobtenir,
dès lapremière
semaine delutte,
desfréquences
élevéesd’apparition
despremiers
ruts.Chez les brebis tardonnières
l’apparition
despremiers
ruts est décaléeproba-
blement en raison de l’influence d’un anrestrus de lactation
(M.xuI,1:oN
et DAUXIER,y6!).
Or, lepremier
oestrus suivant la misebas, qui permet
de nettoyer l’utérus du sang et des débris cellulairesqui
lecontaminent,
nepermet
pas engénéral
l’ob-tention d’une
gestation (AU,EN
et 1,AMmi-,G,10 6 0 ;
MAC 1)01,ALDet Rowso;-.;,19 6 2 ).
Aussi faudrait il avancer au maximum
l’apparition
des chaleurs dans ce troupeau pouraugmenter
les chances d’obtenir des taux degestation
élevés et éviter un déca-lage progressif
del’époque
de lutte dont PEYRAUU(i96.!) souligne
ledanger.
Il ne semble pas que l’introduction d’un bélier vasectomisé dans un troupeau de brebis
qui
allaitentabrège
d’unefaçon
sensible l’anoestrus de lactation(Ni=iL.-
!,>~o! et DAUZIER,
19 65) ;
par contre, le recours auxtechniques
nouvelles de miseen
place d’éponges vaginales imprégnées
deprogestatifs (R OBINSON 1 9 64 ; 3 1,xuI,Éox,
PINOT, du MESNILdu Buissox19 ( 5 )
dans le moisqui précède
la lutte devrait per- mettre unereproduction
normale des brebis tardonnièrespendant
lapériode
delutte contrôlée.
Reçu pour
jmblicatÙm
en avril c966.SUMMARY
A STUDY ON ’1’IIE RESULTS OF A SIX YEAR BREEDING OF « MERINOS D’ARLES » EWES (« DOMAINE DC MERLE !·)
4
934ewes bred
during
six years( 1959
to 1964) in the « Domaine du Merle &dquo; were submitted to controll-·dmating,
either inspring
beforemoving
to pastures or in autumn.Ruts were detected
by
means of vasectomixed rams withmarking
sponges, and the ewes were covered in boxes.The percentage of rut-detection errors was inferior to ro per cent.
When mating occurred in spring, the first ruts most
frequently
appeared ou the 14th and 2othdays following
the introduction of rams in the flock. An identicalphenomena
was observed onpri-
miparous
ewes, butonly
after a 5days lag.
In autumn on the contrary, ruts were
evenly
distributed over the first I!days
of 1!lating.
The abilities to hasten and
gather
the first ruts are discussed.REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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