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Arithmétique des corps de fonctions et ses applications à
l’algorithmique et à la cryptologie
Alexander Gewirtz
To cite this version:
Alexander Gewirtz. Arithmétique des corps de fonctions et ses applications à l’algorithmique et à
la cryptologie. Mathématiques [math]. Université Joseph-Fourier - Grenoble I, 2004. Français.
�tel-00007102�
appli ations à l'algorithmique et à la ryptologie
Toutd'abord, je tiensàremer ier mesdire teursdethèse, Fran kLeprévost et Alexei Pant hi hkine,pour m'avoir suggéré l'étude desmodules de Drinfeld ainsi quepourl'aidequ'ils m'ontapportéetoutaulongde mon travail.
Jeremer ieSergeVladutetEugéniePankratievd'avoira eptéderapporter surma thèse et de parti iper à e jury, ainsi quepour leurs ommentaires qui m'ontpermisd'améliorerletexte.
Je remer ie également Mi hael Pohst d'avoir a epté de rapporter sur ma thèse etde parti iper à ejury,ainsi que pour soninvitation à faireunexposé àl'universitéde Berlin, laT.U. Berlin.
Jetienségalementàremer ier Rolland Gillardd'avoir a epté de parti iper à ejury.
Jeremer ieégalementHassanOukhabapoursoninvitationàfaireunexposé auséminairede théoriedesnombresde Besançon.
Je suisre onnaissant àBruno Anglès pour ses ommentaires surmon pre-printainsi quelessuggestionsqu'ilm'a faites.
Je remer ie égalementGérard Vinel pour son aide très pré ieuse en e qui on ernetoutelapartieinformatique,ainsiqu'ArletteGuttin-Lombardpourson aide ave la présentation etlesproblèmes administratifs.
Jeremer ieégalementtoutemafamillepoursesen ouragementsetson sou-tien.
Ungrandmer i àFrançois Boissonpourses onseils.
Enn, je remer ie O éane qui m'a soutenu et aidé tout au long de mon travail.
0 Introdu tion 5 1 Généralités sur l'arithmétiquedes orps de fon tions 9
1.1 Généralitéssurlespolynmesirrédu tiblessur
F
q
. . . 91.1.1 Existen eetdénombrement . . . 9
1.1.2 Tests d'irrédu tibilité . . . 10
1.2 Constru tiondepolynmes irrédu tibles . . . 11
1.2.1 Exemplesdefamillesdepolynmesirrédu tibles . . . 11
1.2.2 Composition . . . 19
1.2.3 Constru tionré ursive . . . 21
2 Théorème de Swan : appli ations aux trinmiaux et pentan-miaux 27 2.1 ThéorèmedeSwan . . . 27
2.1.1 Propriétésdes orpsdenombresp-adiques. . . 27
2.1.2 ThéorèmedeSwan . . . 33
2.1.3 Cal uldedis riminantd'untrinmial . . . 37
2.2 Appli ationàlarédu tibilitédestrinmiauxsur
F
2
. . . 422.3 Existen edepolynmespentanmiaux irrédu tiblessur
F
2
. . . 492.3.1 Familledepentanmiauxirrédu tiblessur
F
2
. . . 492.3.2 Appli ationduthéorèmedeSwanau asdespentanmiaux 50 2.3.3 Conje turesurlespentanmiaux . . . 51
3 Généralités sur lesmoduleselliptiques de Drinfeld 53 3.1 Analysenon-ar himédienneetpolynmesadditifssur
F
q
. . . 533.1.1 Sérieentièreet rayonde onvergen e . . . 53
3.1.2 Fon tionsentièresetthéorèmedefa torisation . . . 54
3.1.3 Cara térisationdespolynmesadditifset linéaires . . . . 60
3.2 Dénition algébriqueet analytiquedesmodulesdeDrinfeld . . . 62
3.2.1 Dénitionalgébrique . . . 62
3.2.2 Dénitionanalytique . . . 62
3.2.3 Torsion desmodulesdeDrinfeld . . . 63
3.3 Analogiesave les ourbeselliptiques . . . 63
3.3.3 ThéorèmedePotemine: analoguedeHasse . . . 65
3.3.4 Tableaud'analogie . . . 69
4 Etude de la torsion des modulesde Drinfeld 71 4.1 GroupedeMordell-Weild'unmoduleelliptique deDrinfeld . . . 72
4.2 Stru turede
F
q
[T ]
ϕ
tor
. . . 734.3 Borneuniformepourlesextensionsentièresniesde
F
q
[T ]
. . . . 764.4 Conje turedelaborneuniforme:unepreuvepour
r = 1
. . . 775 Appli ations des polynmesirrédu tibleset bije tifsà la ryp-tologie 79 5.1 Stru tureinduiteparunmodule deDrinfeld. . . 79
5.2 Cal uldela ara téristiqued'Euler-Poin aré . . . 80
5.2.1 Dénition . . . 80
5.2.2 Cal ulpratique . . . 80
5.2.3 CasdumoduledeCarlitz . . . 81
5.2.4 Appli ationau orpsnis . . . 84
5.2.5 Appli ationàlafa torisationdespolynmes . . . 85
5.3 Appli ationàla ryptologie . . . 85
5.3.1 Fon tionsensuniqueàtrappe. . . 86
5.3.2 Prin ipauxproto oles . . . 86
5.3.3 Signatureséle troniques . . . 88
Introdu tion
Lesobjetsprin ipaux onsidérés dans ette thèse sontd'unepartles poly-nmesirrédu tiblessurun orpsni-etpluspré isémentl'existen ede penta-nmiauxirrédu tiblessur
F
2
-etd'autrepart,lesmodulesdeDrinfeld,oùnous nousintéressonsàl'étudedelatorsion.Lespolynmesirrédu tiblesjouent unrletout àfait ru ial en mathéma-tiques.D'unpointdevuethéorique,ils orrespondentauxpla esniesde
F
q
(T )
, déterminentl'arithmétiquedes orpsdefon tions(tout ommelesnombres pre-miersdéterminentl'arithmétiquedes orpsdenombres)etsontlesobjetsdebase de la géométrie algébrique. D'un point de vuepratique, ils permettent de dé-nirdemanière on rèteles orps nis, e quiest parti ulièrementintéressant en ryptographie.Danslepremier hapitre,noustraitonsl'aspe tthéoriquedes polynmes irrédu tibles. Plus pré isément, nous rappelons les diérents tests d'irrédu tibilité ainsiquedesméthodespour onstruiredetelspolynmes,soit par omposition,soit ré ursivement.D'un tépratiquemaintenant, esontlesappli ationsàla ryptologiequi sont intéressantes. Pour des raisons pratiques, on est amené à travailler sur les orpsnisde ara téristique
2
. Dans e adre, onest don intéresséparla onstru tiondepolynmesirrédu tiblessurF
2
lesplussimplespossibles, 'est-à-dire reux(ayantlemoinsde oe ientsnonnuls).Maistravaillanten ara -téristique2
,lesmeilleurs andidatssontdon lestrinmiaux(ayantuniquement trois oe ientsnon nuls) puis les pentanmiaux (ayant inq oe ients non nuls). Dans le se ond hapitre,nous rappelons les résultatsde Swan[40℄ (qui montrenten parti ulier que lorsquen
est divisible parhuit, il n'existe pas de trinmial irrédu tiblesurF
2
dedegrén
),puisnous étudionsle as des penta-nmiaux et obtenons quelques résultats nouveaux. Pour être plus pré is, les propositions2.3.1et2.3.2donnentdesexemplesdefamillesdepentanmiaux irrédu tibles, laproposition 2.3.3et son orollaire2.3.4montrent qu'ilexiste toujoursunpentanmialdedegrén
donnéayantunnombreimpairdefa teurs irrédu tiblessurF
2
etenn,nousprésentonsunelistedepentanmiaux irrédu -tiblesdedegré omprisentre4
et18000
, e qui onstituelere orda tuel.Pourtifs et irrédu tiblesjouentun rle entral dans lesappli ations algorithmiques del'arithmétiquedes orpsdefon tions,et que euxqui sontintéressants pro-viennentdelathéoriedesmodulesdeDrinfeld.
Pour leur part, les modules de Drinfeld jouent pour les orps globaux de ara téristique positive un rle analogue à elui des ourbes elliptiques pour la théorie desnombres algébriques. Etudiés pourla première fois par Carlitz, 'est dans les années 1970 que Drinfeld [5℄ avéritablement déni e que sont lesmodulesde Drinfeldet qu'ilappelait àl'époque, modules elliptiques.C'est grâ eà ettenouvellethéoriequeDrinfeldaréussiàdémontrerunanaloguedu théorème deKrone ker-Weberpour les orps de fon tions,ainsi qu'unepartie des onje turesdeLanglandspourGL(2).Bienquedesdénitionsplusgénérales existent, nous nous intéressons dans ette thèse auxmodules de Drinfeld sur
A = F
q
[T ]
, 'est-à-dire aux morphismes d'anneauxϕ : A 7→ L{τ }
(oùL{τ }
désigne l'anneau non ommutatif des polynmes enτ : x 7→ x
q
) vériant de plus que le terme onstant de
ϕ(a)
esta
, pour touta
dansA
. De plus, on appelle rangdumodule deDrinfeld l'entierr =
degτ
(ϕ(T ))
.Nous présentons, dans le troisième hapitre, les résultats généraux sur eux- i, notamment les analogiesave les ourbeselliptiques.Etantdonnélesfortessimilitudesentre esdeux objets,il estnatureldese demandersi ertainsrésultats onnuspourles ourbeselliptiquessetransposent auxmodules de Drinfeld, en parti ulier lethéorème de Mazur[24℄, qui donne lesstru turespossiblespourlespointsdetorsionrationnels,ainsiquel'an ienne onje turedelaborneuniforme,démontréeparMerel[26℄.Defaçonpluspré ise, si
ϕ
estunmoduledeDrinfeldà oe ientsdansun orpsL
,onpeutmunirL
d'unestru turedeA
-moduleenposanta.x = ϕ(a)(x)
,sionidentieunélément deL{τ }
ave lafon tionpolynmiale.Pour ettenouvellestru ture,ondésigne parL
ϕ
tor
le sous-module des points de torsion dansL
. Dans ertains as, on peut donner une des ription expli ite de la torsion des modules de Drinfeld : danslequatrième hapitre,nousdéterminons,pardesméthodesélémentaires -àsavoiren al ulantlesvaluationspossiblespourlespointsdetorsion-toutes lesstru turespossiblespourlespointsdetorsiondansA
:Théorème4.2.1:Théorèmedelaborneuniformedansle asrationnel. Pourtoutmodule deDrinfeld
A
-rationnel derangr
, ona:(1) Si
q = 2
, alors| A
ϕ
tor
|≤ q
2
.Deplus,A
ϕ
tor
est isomorphe(entantqueA
-module)àl'undesmodulessuivants:{0}
,A/(T )
,A/(T + 1)
,A/(T (T + 1))
(2) Siq > 2
, alors| A
ϕ
tor
|≤ q
. Deplus,A
ϕ
tor
est isomorphe(entant queA
-module)àl'undesmodulessuivants:{0}
,A/(T − α)
aveα ∈ F
q
(3)Enn,sil'onxe
r ≥ 1
(r 6= 2
siq = 2
)etB
l'undesmodules y liques pré édents, ilexiste unmodulede Drinfeld derangr
dont latorsionest isomorpheàB
.sionsniesentièresde
A
:Théorème 4.3.1 : Théorème de la borne uniforme dans le as des extensions entières nies.
Soit
n ≥ 1
xé.AlorspourtoutanneauB
entieretdetypenisurA
vériant[L : k] ≤ n
(oùL
désignele orps defra tions deB
) et pourtout module de DrinfeldB
-rationnelϕ
,| B
ϕ
tor
|≤ q
nq
q−1
.Enn,nousretrouvonsdansun adremoinsgénérallesrésultatsdePoonen [35℄surla onje turedelaborneuniformepour
r = 1
( orollaire 4.4.3). Mal-heureusement, leste hniques élémentaires employées nepermettentpas d'éta-blir de véritableanaloguedu théorèmede Merel tout simplementpar e qu'on ne peut fa ilement borner inférieurement lavaluation des points de torsion si eux-sisontdansuneextensionde orpsetnon plusentiers.Il existe par ailleurs une interprétation géométrique très intéressante des modules de Drinfeld admettant des points de torsion donné [41℄. Les points rationnels qui orrespondent à es modules sont utilisés pour la onstru tion de odesgéométriques, fournissantainsi une appli ation pratiqueà es objets théoriques.Dansledernier hapitre,nousnousintéressonsauxappli ationsàla ryptologie,etpluspré isémentau ryptosystèmedéveloppédans[13℄.Dans e adre, àsavoir eluidesmodulesde Drinfeldsur un orpsni, nousrappelons dansunpremiertempsladénitiondela ara téristiqued'Euler-Poin aréainsi qu'une méthode pratiquede al ul. Dans unse ond temps, nous étudions en détaillemoduledeCarlitzetobtenonsuneméthodede al ultrèssimplepourla ara téristiqued'Euler-Poin aré,puissagénéralisationauxmodulesdeDrinfeld derang
1
:Proposition5.2.5:Propositionsurla ara téristiqued'Euler-Poin aré asso iéeau modulede Carlitz.
Soit
f
irrédu tibleunitaireetϕ
lemoduledeCarlitz.Alorsf
ϕ
= f − 1
. Proposition5.2.6:Propositionsurla ara téristiqued'Euler-Poin aré asso iéeà un modulede Drinfeld de rang 1.Soit
ϕ
T
= T + gτ
unmoduledeDrinfeldderang1
aveg ∈ A \ {0}
etf
un polynmeirrédu tibleunitairededegrén
.Désignonsparα ∈ F
q
n
unera inedef
.Alorsf
ϕ
= f − N
F
qn
/F
q
(g(α))
.Nousendéduisonsalorsuneégalité assezsurprenanteet ontraireaux pro-priétés habituellesdesdéterminants:
Théorème 6.2.7: Théorème sur une propriété d'additivité du déter-minant.
Soit
α
un élément primitif deF
q
n
/F
q
etσ
le Frobienus. En désignantparm
α
l'endomorphismedemultipli ationparα
,alors:existanten ryptographie,nousdétaillonslesappli ationspratiquesdesmodules deDrinfeldàla ryptologie.
A ejour, ertainesquestionsquenousavonsabordéesdans ettethèsesont en oreouvertes:
Conje ture sur l'existen e de pentanmiaux irrédu tibles :Pourtout entier
n ≥ 4
,il existeaumoins unpentanmial dedegrén
irrédu tiblesurF
2
.Ainsiquesaversionmoinsfortemaisplusintéressantepourlesappli ations àla ryptologie:
Conje ture sur l'existen e de trinmiaux ou de pentanmiaux irré-du tibles : Pour tout entier
n ≥ 2
, il existe au moins un trinmial ou un pentanmial dedegrén
irrédu tiblesurF
2
.En equi on ernelesmodulesdeDrinfeld,onpeut iterlesdeux onje tures suivantes:
Conje turede laborneuniforme(formeforte):Soit
r ≥ 1
etn ≥ 1
deux entiersdonnés.Alorsilexisteune onstanteC(n, r)
, nedépendantqueden
et der
,tellequepourtouteextensionniedeF
q
(T )
dedegré≤ n
ettoutmodule deDrinfeldL
-rationnelderangr
,| L
ϕ
tor
|≤ C(n, r)
.Conje ture de la borne uniforme (forme faible) : Soit
r ≥ 1
etL
une extensionniedeF
q
(T )
donnés.Alorsilexisteune onstanteC(L, r)
ne dépen-dantque deL
et der
, telle que pour tout module deDrinfeldL
-rationnel de rangr
,| L
ϕ
tor
|≤ C(L, r)
.Questions ouvertes
Enn, itonsquelquesproblèmesqui méritentuneattentionparti ulière: Essayerd'établirunanaloguedel'algorithmedeS ho pour al uler
f
ϕ
. Donneruneinterprétationmodulairedespointsdetorsiondanslesexten-sions nies de
F
q
(T )
pour obtenirunvéritableanalogueduthéorème de Merel.Généralités sur l'arithmétique
des orps de fon tions
Danstout e hapitre,
p
désigneunnombrepremieretq
unepuissan edep
.1.1 Généralités sur les polynmes irrédu tibles sur
F
q
1.1.1 Existen e et dénombrement
Proposition1.1.1 Pour tout entier
n ≥ 1
, il existe au moins un polynme irrédu tible surF
q
de degrén
.En eet, tout sous-groupe ni de
K
⋆
où K est un orps ommutatif est y lique. Par suite,
F
⋆
q
n
est y lique. En prenantalors un générateurx
de e groupe,lepolynmeminimaldex
est irrédu tiblesurF
q
dedegrén
.Ce ipermetd'armerl'existen e.Maisenfait,onpeutdirebeau oupplus. Lemme 1.1.2 Soit
n
un entierpositif etS
l'ensemble des polynmesà oe- ientsdansF
q
, irrédu tiblesunitaires de degrédivisantn
. Alorsx
q
n
− x =
Y
P ∈S
P
Preuve:
Soit
P ∈ S
.MontronsqueP
divisex
q
n
− x
. OnaDeF
q
(P ) ≃ F
q
d
oùd
désigneledegrédeP
.Commed | n
,F
q
d
⊂ F
q
n
. Soita
une ra ine deP
, alorsa ∈ F
q
n
dona
est une ra ine dex
q
n
− x
, e qui permet de on lure queP
divisex
q
n
− x
(puisqueP
est irrédu tible, il est séparable arles orps nissont parfaits) dansF
q
d
, soitx
q
n
− x = AP
oùA ∈ F
q
d
[X]
. Maintenant siσ
désigne le Frobienus, on aA
σ
P = AP
entraîneque
A
σ
= A
,i.e.
A ∈ F
q
[X]
.Ce quimontre bienqueP
divisex
q
n
− x
dans
F
q
[X]
.Ré iproquement,soit
P
irrédu tibleunitairedivisantx
q
n
− x
eta
unera ine deP
. Commex
q
n
− x
est séparable, il sut de montrer queP ∈ S
. Alorsa ∈ F
q
n
.Par onséquent,[F
q
n
: F
q
(a)][F
q
(a) : F
q
] = n
Mais omme
P
est irrédu tible,[F
q
(a) : F
q
] =
degP
, d'où le résultat. On en déduitalors:Proposition 1.1.3 Soit
I(n, q)
lenombrede polynmesirrédu tiblesunitaires de degrén
surF
q
etµ
la fon tionde Möbius. Alors:I(n, q) =
1
n
X
d|n
µ(
n
d
)q
d
Preuve:D'aprèslelemmepré édent,
q
n
=
P
d|n
dI(d, q)
.On on lutalorsenutilisant lapremièreformuled'inversiondeMöbius.1.1.2 Tests d'irrédu tibilité
Ilexisteenfaittrèspeudeméthodespourtesterlaprimalitéd'unpolynme. Dans eparagraphe,onprésentedeuxte hniques.
Théorème 1.1.4 [25 , p.60℄ Soit
f ∈ F
q
[X]
unpolynme de degrén
. Soit par ailleurs,r
1
, . . . , r
t
lesdiviseurspremiers distin tsden
. Alorsf
estirrédu tible surF
q
sietseulement si: (i)f (x) | x
q
n
− x
(ii)∀i ∈ {1, . . . , t},
pg d(x
q
n
ri
− x, f (x)) = 1
Preuve:Supposons que
f
soit irrédu tible surF
q
. Quitte àdiviserf
parson o-e ientdominant, onpeut supposerquef
est unitaire.Alors d'aprèsle lemme pré édent,f
divisex
q
n
− x
.Cequi établit(i). Parailleurs,soiti ∈ {1, . . . , t}
.Toujoursd'aprèslelemme,x
q
n
ri
− x =
Y
P
leproduitétantprissurtouslespolynmesirrédu tiblesunitairesdedegré divisant
n
r
i
.Mais omme
f
estirrédu tiblededegrén
nedivisantpasn
r
i
,f 6| x
q
n
ri
− x
.Onendéduitdon (ii)puisquef
estirrédu tible.Ré iproquement,onsupposeque
f
vérie(i)
et(ii)
. Montronsquef
est irrédu tible. Par l'absurde. E rivonsf =
Q
N
i=1
P
i
oùP
i
est irrédu tible et supposons queN > 1
.Soiti ∈ {1, . . . , N }
.Commef
vérie(i)
, onen déduit enappliquantde nouveau lelemme quedegP
i
= d
i
divisen
.Par ailleurs, ommeon a supposéN > 1
,d
i
6= n
. Par onséquent, il existej ∈ {1, . . . , t}
telqued
i
|
n
r
j
. Mais sous es onditions,
P
i
| x
q
n
rj
− x
etP
i
| f
.Cequi ontredit(ii)
.Etdonf
estbienirrédu tible. Ce quia hèveladémonstrationduthéorème.Théorème 1.1.5 [33℄ Soit
f ∈ F
q
[T ]
. On suppose quef
n'a pas de fa teurs multiples. SoitA =
F
q
[T ]
(f )
etτ
l'opérateurF
q
-linéaire qui àa ∈ A
asso iea
q
. Alorssont équivalents:
(i) f
est irrédu tible surF
q
(ii)
rg(τ − Id) =
degf − 1
Preuve:Soit
f =
Q
s
i=1
h
i
ladé omposition def
enfa teurs irrédu tibles.Alors,A ≃
s
Y
i=1
F
q
[T ]
(h
i
)
Par ailleurs, haque
F
q
[T ]
(h
i
)
ontient le orps des onstantes
F
q
ara térisé parF
q
= {a ∈
F
(h
q
[T ]
i
)
, a
q
= a}
.Onendéduit don queKer
(τ − Id) ≃ F
s
q
On on lutalorsparlethéorèmedurang.
1.2 Constru tion de polynmes irrédu tibles 1.2.1 Exemples de familles de polynmes irrédu tibles
Avantdedonnerquelquesexemplesde famillesde polynmes irrédu tibles, ons'intéresseàunefamilleremarquable:lespolynmes y lotomiques. Dénition1.2.1 [21 , p.61℄ Soit
F
q
un orpsni de ara téristiquep
, etn
un entier non divisible parp
. Soitξ
une ra ine primitiven
-ième de l'unité dans une extension deF
q
. On appellen
-ième polynme y lotomique deF
q
, et on noteQ
n
, lepolynmedéni par:Q
n
(x) =
Y
pg d
(s,n)=1
(x − ξ
s
)
Il est fa ile de voirque ette dénition ne dépend pas du hoix de
ξ
. En eet, siξ
′
est une autre ra ine primitive
n
-ième de l'unité, alorsξ
′
= ξ
t
ave pg d
(n, t) = 1
. Maisdans e as, l'appli ationdeZ
nZ
⋆
dans luimême, qui à
s
fait orrespondrest
est unebije tion. Cequi montrebien queQ
n
nedépend pasdu hoixdelara ineprimitive.Lemme 1.2.2 [21 , p.61℄ Soit
K = F
q
un orps de ara téristiquep
, etn
un entier nondivisible parp
. Alors:
(ii) x
n
− 1 =
Q
d|n
Q
d
(x)
(iii) Q
n
(x) ∈ F
p
[x]
Preuve:
(i)
Dé ouledeladénitiondelafon tionφ
d'Euler.(ii)
Commen
estpremieràp
,x
n
− 1
estséparable,et mieux,sesra ines sontles
ξ
t
,
1 ≤ t ≤ n
oùξ
est une ra ine primitiven
-ième de l'unité.Il est alors lair que haquera inedex
n
− 1
estra inedupolynme
Q
d
oùd
est l'ordre de ette ra ine. Ce i montre quex
n
− 1
divise
Q
d|n
Q
d
(x)
(dans
K
¯
).Parailleurs,onal'identitéremarquable:P
d|n
φ(d) = n
, equi montreque esdeux polynmesontmêmedegré.D'oùl'égalité.
(iii)
Onraisonneparré urren esurn
. Casn = 1
Ona
Q
1
(x) = x − 1
.Lapropriétéest vraieaurang1
.On suppose la propriété vraie pour tout entier
0 ≤ k < n
. Montrons qu'elleest vraieaurangn
Posons
f (x) =
Q
d|n,d<n
Q
d
(x)
.L'hypothèsederé urren eentraînequef (x) ∈ F
p
[x]
.Parailleurs,d'après(ii)
,onaQ
n
(x) =
x
n
−1
f (x)
.Ilenrésulte queQ
n
(x) ∈ F
p
(x)∩F
q
′
[x]
,(oùF
q
′
=
DeF
p
(x
n
− 1)
).ParsuiteQ
n
(x) ∈
F
p
[x]
.Lapropriétéestdon vraieaurangn
Ce quia hèvelaré urren eainsiqueladémonstrationde
(iii)
.Théorème 1.2.3 [21 ,p.62℄Soit
K = F
q
un orpsde ara téristiquep
,etn
un entier non divisible parp
. Pourd
premier àp
,τ (d)
désigne l'ordre deq
dansZ
dZ
⋆
. Alors:(i) [
DeK
(x
n
− 1) : K] = τ (n)
(ii) Q
n
(x)
aexa tementφ(n)
τ (n)
fa teurs irrédu tiblessurK
Preuve:
(i)
Soitξ
une ra ine primitiven
-ième del'unité, DeK
(x
n
− 1) = K(ξ)
. Deplus,onaleséquivalen essuivantespourtout entier
k
:ξ ∈ F
q
k
⇐⇒
ξ
q
k
= ξ
⇐⇒
ξ
q
k
−1
= 1
⇐⇒
n | q
k
− 1
( arξ
estunera ineprimitive)
⇐⇒
τ (n) | k
Ce i démontre lepoint
(i)
(ii)
Soitg(x)
unfa teurirrédu tibledeQ
n
(x)
etα
unera inedeg
.Alorsα
est une ra ine primitiven
-ième de l'unité. Don d'aprèsla preuve de(i)
,[K(α) : K] = τ (n)
. Mais ommeg
estirrédu tible,degg = τ (n)
. On on lut enn en regardant les degrés et en remarquant queQ
n
est séparable.Maintenant,onabesoind'unpetitrésultatd'arithmétique:
Lemme1.2.4 [21, p. 89℄ Soient
s, e ≥ 2
deux entiers premiers entre eux et soitm
l'ordredes
moduloe
. Soitt ≥ 2
. On supposequet
vérie:
(i)
pg d(t,
s
m
−1
e
) = 1
(ii)
Chaquefa teur premierdet
divisee
(iii)
Si4 | t
, alors4 | s
m
− 1
Alorsl'ordrede
s
modulote
estégal àmt
. Preuve:Onvadémontrerlelemmeparré urren esur
n
, lenombredefa teurs pre-miers( omptésave multipli ités)det
.Cas
n = 1
:Onsupposedon que
t
estpremier.Ené rivantd =
s
m
−1
e
,aved
premier avet
,onas
m
= 1 + de
.Parsuite,s
mt
=
(1 + de)
t
=
1 +
t−1
X
i=1
C
t
i
d
i
e
i
+ d
t
e
t
Comme
t
estpremier,t
diviseC
i
t
pour1 ≤ i ≤ t − 1
.Deplus,d'après(ii)
,t
divisee
. Par suite,s
mt
≡ 1 [et]
. Ilen dé oule que l'ordrede
s
moduloet
divisemt
. Par ailleurs, sis
k
est ongru à
1
moduloet
, a fortioris
k
est ongru à
1
moduloe
. Ce qui montre que l'ordredes
moduloet
est divisibleparm
.Commet
estpremier,onendéduitquel'ordreenquestion vautsoitm
soitmt
.Sisonordrevautm
,alorsde ≡ 0 [et]
etdont
divised
, equiest absurde.Lapropriétéest don vraieaurang
1
.Onsupposelapropriétévraiepourtoutentier
t
ayantunnombrede fa -teurspremiers(ave multipli ités)inférieurouégalàn
.Montronsqu'elle esten orevraie aurangn + 1
.Soitdon
t
vériant(i), (ii), (iii)
ayantn + 1
fa teurspremiers. Oné rit alorst = rt
′
,où
r
estunnombrepremier.D'aprèsle asn = 1
,onsaitdéjà quel'ordredes
moduloer
est égalàmr
. On remarquealors quesi l'on montrequet
′
vérient leshypothèsesdulemme ave
e
′
= er
,
m
′
= mr
, alors par hypothèse de ré urren e,
s
est d'ordrem
′
t
′
modulo
e
′
t
′
, i.e
s
estd'ordremt
moduloet
,etlapropriétéseravraieaurangn + 1
, e qui a hèveraladémonstration.Soit
p
unnombrepremierdivisantt
′
.Comme haquefa teur premierde
t
divisee
,ilest lairquep
divisee
′
.Oné ritalorsdenouveau
d =
s
m
−1
e
. Onaalors:s
mr
− 1 = c(s
m
− 1)
oùc =
r−1
X
i=0
s
im
Par suite,d
′
=
s
mr
−1
er
=
cd
r
.De plus, ommes
m
est ongruà
1
moduloe
etquer
divisee
,ils'ensuitques
m
est ongruà
1
modulor
.Enreportant dansladénitiondec
,onendéduitquec ≡ r ≡ 0 [r]
.Cequimontrequec
r
est un entier. Puisquep
ne divise pasd
, il sut de montrer quep
ne divisepasc
d
pourmontrerquep
nedivisepasd
′
De même que pré édemment, on a
s
m
≡ r [p]
. Deux as se présentent alors:si
p 6= r
,alorsr
est inversiblemodulop
etdonc
r
≡ 1 [p]
. Mainte-nant,sip = r
, alorss
m
= 1 + br [r
2
]
pourunentier
b
.Par suite:∀j ≥ 0, s
mj
≡ (1 + br)
j
≡ 1 + jbr [r
2
]
et don ,c ≡ r + br
r−1
X
j=0
j ≡ r + br
r(r − 1)
2
[r
2
]
Onendéduit alorsque:
c
r
≡ 1 + b
r(r − 1)
2
[r]
Si
r
est impair,alorsc
r
≡ 1 [r]
, et donp = r
ne divisepasc
d
, equi est la on lusionsouhaitée.Maintenant,sip = r = 2
,alors4
diviset
et don d'après(iii)
,4
divises
m
− 1
.Maisdans e as, omme
c = s
m
+ 1
,onen déduitque
c
est ongruà2
modulo4
etdon quec
r
est ongruà1
modulo2
.Cequi montreque2
nedivisepasc
d
.En vertudelaremarque,onendéduit quelapropriétéestvraieau rang
n + 1
.Cequi a hèvelaré urren eet ladémonstrationdulemme. Ce lemmenouspermetalorsd'énon erlethéorèmesuivant: Théorème 1.2.5 [25, p.40℄ [21, p.90-91℄
(J.A.Serret)
Soita ∈ F
⋆
q
d'ordree
. Alorsle polynmex
t
− a
est irrédu tible dans
F
q
[X]
si etseulement sil'entiert ≥ 2
vérieles onditionssuivantes:(i)
pg d(t,
(q−1)
e
) = 1
(ii)
Pourtoutnombrepremierp, (p | t ⇒ p | e)
(iii)
Si4 | t,
alors4 | (q − 1)
Preuve:
Supposonsque
x
t
− a
estirrédu tiblesur
F
q
. Déjà, ilest lairqued =
pg d(t,
q−1
e
) = 1
.Eneet,dansle as ontraire, on auraitlafa torisation nontriviale suivante :pourt = dt
′
,q−1
e
= de
′
, etg
ungénérateurdeF
⋆
q
:x
t
− a = x
dt
′
− g
kde
′
= (x
t
′
− g
ke
′
)(
d−1
X
i=0
x
it
′
g
(d−1−i)ke
′
)
Ce quiétablitlepoint
(i)
. Soitα
une ra ine deP = x
t
− a
et soit
ξ
une ra ine primitivet
-ième de l'unité. Alors les ra ines deP
sont lesξ
k
α
,
0 ≤ k ≤ t − 1
. Mainte-nant, ommeP
estirrédu tible,toutessesra inesontlemêmeordre.Par onséquent,t
divisel'ordredeα
(puisqueξ
w(α)
α
w(α)
= 1
,où
w(α)
désigne l'ordredeα
).Posonsalorsw(α) = tu
.Onaalors:Mais omme
a
estd'ordree
,e
diviseu
etdonet
divisel'ordredeα
. De plus,α
et
= 1
, equimontrequ'enfait,
α
estd'ordreexa tementet
,i.e.queα
est unera ineprimitiveet
-ièmedel'unité.En onservantlesnotations pré édentes,α
estra inedeQ
et
(et
-ièmepolynme y lotomiquesurF
q
). Par suite,x
t
− a
divise
Q
et
. Le raisonnement fait i i ne dépend pas de l'élémentd'ordree
hoisi.Onendéduitalorsque:Y
a∈F
⋆
q
d'ordree
(x
t
− a) | Q
et
Montrons alors que la divisibilité pré édente est une égalité,i.e qu'on a obtenuladé ompositionenfa teursirrédu tiblessur
F
q
deQ
et
.Soit
β
unera inedeQ
et
. Commee
diviseq − 1
,onaq = 1 + λe
pourun entierλ
.Ils'ensuitque(β
t
)
q
= β
qt
= β
t+λet
= β
t
Par suite,
β
t
∈ F
q
et est d'ordree
. On endéduit alorsque le polynme minimaldeβ
surF
q
estx
t
−β
t
.Par onséquent,onabien ommeannon é
Q
et
=
Q
a
(x
t
− a)
(leproduit étant prissurtousles élémentsd'ordree
). Enregardantlesdegrés,ontrouve:φ(et) = tφ(e)
e qui établit le point
(ii)
, àsavoirque tout nombre premier divisantt
diviseégalemente
.En equi on ernelepoint
(iii)
,supposonsque4
diviset
etqueq − 1
ne soit pasdivisiblepar4
. Alors,né essairement,q ≡ 3 [4]
ete ≡ 2 [4]
. De plus, ommea
estd'ordree
,a
e
2
= −1
.Ils'ensuitquex
t
− a = x
t
+ a
d
où
d =
e
2
+ 1
estpair.Onaalors:a
d
= 4(2
−1
a
d
2
)
2
= 4(2
−1
a
d
2
)
q+1
= 4c
4
oùc = (2
−1
a
d
2
)
q+1
4
(la deuxièmeégalité provientdufait quesi
y ∈ F
q
,alorsy
q
= y
et don
y
2
= y.y = y.y
q
= y
q+1
)
Mais e i onduitàlafa torisationnontriviale:
x
t
− a
=
x
4t
′
+ 4c
4
=
(x
2t
′
+ 2cx
t
′
+ 2c
2
)(x
2t
′
− 2cx
t
′
+ 2c
2
)
Cequi ontreditl'irrédu tibilitéde
x
t
− a
.D'oùlerésultat.
Ré iproquement,onsuppose quelesentiers
e
ett
vérientles onditions(i), (ii)
et(iii)
.Soit
θ
une ra ine dex
t
− a
et
P
son polynme minimal surF
q
. Déjà,P
divisex
t
− a
θ ∈ F
q
d
,soitdemanièreéquivalente,lepluspetitentiertelqueθ
q
d
−1
= 1
; soit en ored
estl'ordredeq
modulol'ordredeθ
.Soit
w(θ)
l'ordredeθ
.Alors lairement,w(θ)
diviseet
.Soitp
unnombre premierdivisantt
.Supposonsqueν
p
(w(θ)) < ν
p
(t)
.Alors,w(θ)
diviseet
p
. Mais1 = θ
et
p
= (θ
t
)
e
p
= a
e
p
. Ord'après
(ii)
,p
divisee
et parhypothèse,a
estd'ordree
,d'oùla ontradi tion.Parsuite,t
divisew(θ)
.Ené rivant alorsw(θ) = tu
, on trouveque1 = θ
tu
= a
u
. Comme
a
est d'ordree
,il s'ensuit quee
diviseu
. Finalement, on amontré queθ
est d'ordreet
et par onséquentqued
estl'ordredeq
moduloet
.Mais d'aprèsle lemme pré édent,ave
s = q
,e = e
,m = 1
, l'ordredeq
moduloet
estt
. Par suite,d = t
. AinsiP
divisex
t
− a
,
P
est unitairede degrét
,donP = x
t
− a
etlethéorèmeestentièrementdémontré. Corollaire1.2.6 [25 ,p.40℄Soit
r
unfa teurpremierdeq − 1
eta ∈ F
q
d'ordree
telquer
ne divise pasq−1
e
. Supposons par ailleurs queq ≡ 1 [4]
sir = 2
etk ≥ 2
. Alors pour toutentierk
,x
r
k
− a
est irrédu tible surF
q
.Exemple1 [25 ,p.41℄Enappliquant e orollaire,il estfa ile de onstaterque pourtoutentier
k ≥ 0
:(a)
x
2
k
+ 2
etx
2
k
− 2
sontirrédu tibles surF
5
(b)x
3
k
± 3
etx
3
k
± 2
sontirrédu tiblessurF
7
( )x
3
k
+ a
est irredu tible surF
4
poura ∈ F
4
\ F
2
(d)x
2·3
k
+ x
3
k
+ 1
estirredu tible surF
2
Le
(d)
dé oule du fait quex
2·3
k
+ x
3
k
+ 1 = (x
3
k
+ a)(x
3
k
+ a
2
)
est la dé ompositionenfa teursirrédu tiblesdansF
4
.Lemme1.2.7 Soit
n
etm
deux entiers,d =
pg d(n, m)
ets =
pp m(n, m)
. Alors:F
q
n
∩ F
q
m
= F
q
d
F
q
n
.F
q
m
= F
q
s
Preuve:
(1) Ilest lair que
F
q
d
⊂ F
q
n
∩ F
q
m
(puisqued
divisen
etm
). Par ailleurs, sionposeF
q
n
∩ F
q
m
= F
q
a
,alorsa
divisen
etm
(eneet,parmultipli ativité dudegré,n = [F
q
n
: F
q
] = [F
q
n
: F
q
a
][F
q
a
: F
q
]
etidemenrempla antn
parm
). Dona
divised
etF
q
a
⊂ F
q
d
.(2) On pose de même
F
q
n
.F
q
m
= F
q
a
. Il est lair queF
q
a
⊂ F
q
s
puisqueF
q
n
⊂ F
q
s
etF
q
m
⊂ F
q
s
. Par ailleurs, ommeF
q
n
⊂ F
q
a
,n
divisea
.Demême,m
divisea
.On on lutalorsques
divisea
, equimontrel'in lusionF
q
s
⊂ F
q
a
.Lemme1.2.8 [21, p.99℄ Soit
f ∈ F
q
[X]
unpolynme irrédu tible de degrén
,k ≥ 1
etd =
pg d(n, k)
. Alorsf
est leproduit ded
polynmesirrédu tiblessurF
q
k
, ha un de degrén
d
. Preuve:Soit
g
unfa teurirrédu tibledef
surF
q
k
etsoitx
unera inedeg
(afortiori, 'est une ra ine def
). AlorsF
q
(x) ≃ F
q
n
(puisquef
est irrédu tiblesurF
q
). Par ailleurs,F
q
k
(x) = F
q
s
,oùs =
pp m(n, k)
d'aprèsle lemme pré édent.On en déduit alors que degg = [F
q
s
: F
q
k
] =
s
k
=
n
d
. Ce qui montre que tousles fa teursirrédu tiblesdef
surF
q
k
sontdedegrén
d
.On on lutenregardantles degrés.Corollaire1.2.9 [21 , p.100℄ Soit
f ∈ F
q
[X]
unpolynmeirrédu tible de degrén
,k ≥ 1
etd =
pg d(n, k)
. Alorsf
est irrédu tible surF
q
k
si et seulement si pg d(n, k) = 1
Les orollaires1.2.6et 1.2.9permettentdon de onstruiredespolynmes irré-du tibles dedegré
r
divisantq − 1
,saufsiq ≡ 3 [4]
etr = 2
. Pour e as, ona besoinduthéorèmesuivant:Théorème 1.2.10 [25 , p.41℄ Soit
p
premier tel quep ≡ 3 [4]
et posonsp +
1 = 2
γ
s
ave
s
impair. Alors, pour toutentierk ≥ 1
,x
2
k
− 2a
γ
x
2
k−1
− 1
est irrédu tible surF
p
, etdon irrédu tible surF
p
m
pourtoutentier impairm
, oùa
γ
estobtenu par ré urren ede lamanièresuivante : (i)a
1
= 0
(ii)∀j ∈ {2, . . . , γ − 1}, a
j
=
a
j−1
+1
2
(p+1)
4
(iii)a
γ
=
a
γ−1
−1
2
(p+1)
4
Lemme 1.2.11 [25 , p.42℄ Soit
P
unpolynmeF
p
-linéaire. On suppose queP
n'admet que0
omme ra ine dansF
q
. Alorspourtoutb ∈ F
q
,P − b
admet un fa teur irrédu tible de degré 1.Preuve:
Tout endomorphisme inje tif d'un espa e ve toriel de dimension nie est surje tif.
Théorème 1.2.12 [25 , p.42℄ Le polynme trinmial
x
p
− x − b
où
b ∈ F
q
etq = p
m
estirrédu tible sur
F
q
siet seulementsiTrF
q
/F
p
(b) 6= 0
Preuve:
Onrappelleque latra ed'un élément
b
deF
q
surF
p
, notéeTrF
q
/F
p
(b)
, est latra edel'appli ationF
p
-linéairedeF
q
danslui-même,obtenuepar multipli- ationparb
. Onmontreque ettetra eestégaleàlasommedes onjuguésdeb
, 'est-à-direàlasommedesb
p
i
pour
0 ≤ i ≤ m − 1
. Soitθ
unera inedex
p
− x − b
.Montrons parré urren esur
n
queθ
p
n
= θ +
n−1
X
i=0
b
p
i
.
n = 1
Dé oule dufait que
θ
estune ra inedex
p
− x − b
.Lapropriétéest don vraieaurang1.
Passagede
n
àn + 1
Supposonslapropriétévraieaurangn, alors
θ
p
n
= θ +
n−1
X
i=0
b
p
i
Onobtientalorsenélevant etteégalitéàlapuissan e
p
:θ
p
n+1
=
θ +
n−1
X
i=0
b
p
i
!
p
= θ
p
+
n−1
X
i=0
b
p
i+1
= θ + b +
n
X
i=1
b
p
i
= θ +
n
X
i=0
b
p
i
Lapropriétéest don vraieaurang
n + 1
.Cequi a hèvelaré urren e. En parti ulier,θ
q
= θ +
Tr
F
q
/F
p
(b)
. Onen déduitdon queTrF
q
/F
p
(b) = 0
siet seulementsiθ
q
= θ
, 'est-à-dire siet seulementsitouteslesra inesde
x
p
− x − b
sontdans
F
q
.Ce i démontre quesix
p
− x − b
estirrédu tiblesur
F
q
alorsTrF
q
/F
p
(b) 6= 0
. Ré iproquement,siτ =
TrF
q
/F
p
(b) 6= 0
,alorsτ ∈ F
p
etona:∀i ∈ N, θ
q
i
= θ + iτ
En parti ulier e i montre que
θ
ap F
q
- onjugués distin ts, et don que son polynmeminimal surF
q
est dedegrép
,et don est égalàx
p
− x − b
. Cequi démontrelaré iproque.
Corollaire1.2.13
[
25, p.43]
Soienta, b ∈ F
⋆
q
. Alors, les deux propriétés sui-vantessont équivalentes:(i)
x
p
− ax − b
estirrédu tible sur
F
q
(ii)∃A ∈ F
q
, a = A
p−1
etTrF
q
/F
p
(
b
A
p
) 6= 0
Preuve:D'après le lemme on ernant les polynmes linéaires, si
x
p
− ax − b
est irrédu tiblealors
x
p−1
−a
aunera inedans
F
q
.Eneet,supposonsquex
p−1
−a
n'aitpasdera inenonnulledans
F
q
.Alorsx
p
− ax
n'apasdera inenonnulle. On on lut alorsgrâ eaulemme 1.2.11que
x
p
− ax − b
aunera inedans
F
q
, etdon nepeutêtreirrédu tible.Soitdon
A
unera inedex
p−1
− a
x
p
− ax − b = A
p
x
A
p
−
A
x
−
A
b
p
(1)
On on lutalorsgrâ eauthéorème.
Laré iproqueétantimmédiateenpartantde
(1)
.Ce iterminelapreuvedu orollaire.1.2.2 Composition
Après ette ourteénumérationdepolynmesirrédu tiblessurun orpsni, il est intéressant de voir omment, à partird'un ou plusieurspolynmes irré-du tibles,onpeuten onstruiredenouveaux,dedegréplusélevé.Uneméthode onsisteàs'intéresseraux ompositions,et pluspré isementauxpolynmesde laforme:
P (
f
g
) = g
n
(x)P (
f (x)
g(x)
)
où
P, f,
etg
sontdespolynmes.C'est l'objetde eparagraphe. Théorème 1.2.14 [25 ,p.44℄Soitf, g, P ∈ F
q
[x]
.SupposonsqueP =
P
n
i=0
c
i
x
i
estirrédu tiblede degré
n
.AlorsP (
f
g
)
(déni omme i-dessus)estirrédu tible surF
q
si et seulement sif − λg
est irrédu tible surF
q
n
pour au moins une ra ineλ
deP
dansF
q
n
.Preuve:
Le as
n = 1
étant trivial,onpeutsupposern > 1
.Dans e as,P (
f
g
)
est dedegréhn
oùh = max(
degf,
degg)
.Ce i est lairlorsque lesdegrésdef
etg
sontdistin tsets'ilssontégauxàs
,sia
désignele oe ientdominantdef
etb
eluideg
,le oe ientdutermeenx
ns
,c
,deP (
f
g
)
estégalàn
X
i=0
c
i
a
i
b
n−i
= b
n
P (
a
b
).
Mais omme
b 6= 0
pardénitionetqueP
estirrédu tiblesurF
q
(afortiorin'a pasdera inesdansF
q
),il s'ensuitquec 6= 0
.Soit
γ
une ra ine deP (
f
g
)
. Alorsγ
est une ra ine def − λg
, oùλ
est une ra inedeP
.Onadon :P (
f
g
)
irrédu tiblesurF
q
⇐⇒
[F
q
(γ) : F
q
] = hn
⇐⇒
[F
q
(γ) : F
q
(λ)] = h
( ar[F
q
(λ) : F
q
] = n)
⇐⇒
f − λg
irrédu tiblesurF
q
n
Ce qui omplèteladémonstrationduthéorème.
Onpeutalorss'intéresseràdesformesparti ulièresde
f
etg
:Corollaire1.2.15 [25 ,p.44℄Soit
P ∈ F
q
[X]
unpolynmeirrédu tible dedegrén
. Alorspourtouta, b, c, d ∈ F
q
telsquead − bc 6= 0
,(cx + d)
n
P
ax+b
cx+d
Théorème 1.2.16 [25, p.44℄ Soit
t
unentieretP ∈ F
q
[X]
unpolynme irré-du tible de degrén
et d'exposante
( 'est-à-dire toutes les ra ines deP
sont d'ordree
).AlorsP (x
t
)
estirrédu tible sur
F
q
sietseulementsilestrois ondi-tionssuivantessontvériées:(i) pg d
(t,
q
n
−1
e
) = 1
(ii) Pourtoutnombrepremier
p, (p | t ⇒ p | e)
(iii) si4 | t
alors4 | (q
n
− 1)
Preuve:
D'aprèslethéorèmepré édent,
P (x
t
)
estirrédu tiblesur
F
q
sietseulement six
t
− λ
estirrédu tiblesur
F
q
n
pourunera ineλ
deP
.Onapplique alorsle théorème1.2.5.Dénition1.2.17 Si
f
estunpolynmede degrén
, onappellepolynme ré i-proquedef
, etonnotef
⋆
, lepolynme dénipar
f
⋆
(x) = x
n
f (
1
x
)
Remarque 1.2.18 Onpeut onstaterd'une partque
(f
⋆
)
⋆
= f
etd'autrepart que
f
estirrédu tiblesurF
q
sietseulementsif
⋆
l'est.Eneet,ilsut d'appli-quer le orollaire1.2.15 ave i i
a = d = 0
etc = b = 1
. Cette petite remarque seraparti ulièrementintéressantedansle hapitresuivant,puisquelenombrede fa teursirrédu tiblesdeT
n
+ T
k
+ 1
estlemêmed'après equipré èdeque elui de
T
n
+ T
n−k
+ 1
, permettant ainsi de réduirelenombrede asà onsidérer. En ara téristique
2
,ondisposeduthéorèmesuivant:Théorème 1.2.19 [25,p.45℄Soit
q = 2
m
etP =
P
n
i=0
c
i
x
i
∈ F
q
[x]
irrédu tible de degrén
. Alors (i)x
n
P (x + x
−1
)
estirrédu tiblesur
F
q
sietseulementsiTrF
q
/F
2
(
c
1
c
0
) 6= 0
(ii)
x
n
P
⋆
(x + x
−1
)
estirrédu tible sur
F
q
ssiTrF
q
/F
2
(
c
n−1
c
n
) 6= 0
Preuve:
On démontre
(i)
,ladémonstrationde(ii)
étantidentique.D'aprèsle théo-rème1.2.14,x
n
P (x + x
−1
)
estirrédu tiblesur
F
q
sietseulementsix
2
− ax − 1
estirrédu tiblesur
F
q
n
,pourunera inea
deP
.Maisenappliquantle orollaire 1.2.13,x
2
− ax + 1
est irrédu tiblesur
F
q
n
si etseulementsiTrF
q
/F
2
(a
−2
) 6= 0
. Or, TrF
qn
/F
q
(a
−2
) =
TrF
qn
/F
q
(a
−1
)
2
=
TrF
q
/F
2
(
TrF
qn
/F
q
(a
−1
))
2
.
Mais
a
est une ra ine deP
(a 6= 0
) dona
−1
est une ra ine de
P
⋆
qui est irrédu tible sur
F
q
. On en déduit don que TrF
qn
/F
q
(a
−1
) = −
c
1
c
0
(puisque le polynmeminimaldea
−1
surF
q
estc
−1
0
P
⋆
). Ce i a hèveladémonstrationde ethéorème.Théorème 1.2.20 [25, p.45℄ Soit
p
premier impair etq = p
m
. Soit
P
un po-lynmeirrédu tible surF
q
, dedegrén
. Alors sontéquivalents :(i)
x
n
P (x + x
−1
)
est irrédu tible sur
F
q
(ii)P (2)P (−2)
n'estpasun arrédansF
q
Enappliquantlethéorème1.2.14,
x
n
P (x + x
−1
)
estirrédu tiblesur
F
q
siet seulementsix
2
− ax + 1
est irrédu tiblesur
F
q
n
,oùa
estunera inedeP
.Ce qui est lairementéquivalentàla onditiona
2
− 4
n'estpasun arrédans
F
q
n
.a
2
− 4 /
∈ F
2
q
n
⇐⇒
(a
2
− 4)
qn −1
2
= −1
⇐⇒
[(a − 2)(a + 2)]
qn −1
2
= −1
⇐⇒
{[(2 − a)(−2 − a)]
qn −1
q−1
}
q−1
2
= −1
⇐⇒
{[(2 − a)(−2 − a)]
Pn−1
i=0
q
i
}
q−1
2
= −1
⇐⇒
n−1
Y
i=0
(2 − a)
q
i
(−2 − a)
q
i
!
q−1
2
= −1
⇐⇒
n−1
Y
i=0
(2 − a
q
i
)(−2 − a
q
i
)
!
q−1
2
= −1
⇐⇒
(P (2)P (−2))
q−1
2
= −1
⇐⇒
P (2)P (−2)
n'estpasun arrédansF
q
,
e quia hèveladémonstrationduthéorème.
Théorème 1.2.21 [25 ,p.46℄Soit
P =
P
n−1
i=0
c
i
x
i
+x
n
unpolynmeirrédu tible surF
q
etb ∈ F
q
. Soitp
la ara téristiquedeF
q
. Alorssontéquivalents:(i)
P (x
p
− x − b)
estirrédu tible sur
F
q
(ii) TrF
q
/F
p
(nb − c
n−1
) 6= 0
Preuve:
Enappliquantlethéorème1.2.14,
P (x
p
− x − b)
estirrédu tiblesur
F
q
siet seulementsix
p
− x − b − a
estirrédu tiblesur
F
q
n
pourunera inea
deP
.Mais alors, d'aprèslethéorème1.2.12, e i est équivalentà e quelatra edea + b
surF
p
soit nonnulle.On on lutalorspartransitivitédelatra e.Ce ifournitquelques ritèresd'irrédu tibilité.
1.2.3 Constru tion ré ursive
Enseservantdes ritèresd'irrédu tibilitéétablis dansleparagraphe pré é-dent,ils'agitàprésentdedonnerquelquesméthodespour onstruire ré ursive-mentdespolynmesirrédu tiblesdedegré arbitrairementélevé.Bienentendu, es méthodessontassezlimitées danslamesureoùellesnepermettentquede onstruire des familles pré ises. Ellesne fournissent pasde te hnique générale pour onstruireunpolynmeirrédu tiblededegrédonné.Néanmoins,ellessont tout de même intéressantes puisqu'on obtient ainsi fa ilement des polynmes irrédu tiblesdedegréarbitrairementélevé.
Théorème 1.2.22 [25, p.49-50℄ Soit
p
premier etf (x) = x
n
+
P
n−1
i=0
c
i
x
i
un polynme irrédu tible sur
F
p
. Supposons qu'il existea ∈ F
⋆
p
tel que(na +
c
n−1
)f
′
(a) 6= 0
. Onposealors :g(x)
= x
p
− x + a
f
0
(x)
= f (g(x))
f
k
(x)
= f
k−1
⋆
(g(x))
pourk ≥ 1
Alorspourtoutk ≥ 0
,f
k
estirrédu tible surF
p
, de degrénp
k+1
. Preuve:
L'idéeest dedémontrerlerésultatparré urren esur
k
enutilisantle théo-rème1.2.21.Par onséquent,ondémontreparré urren esurk
quele oe ient duterme enx
dansf
k
est non nul,quef
′
k
(a) 6= 0
, quef
k
est irrédu tible surF
p
dedegrénp
k+1
.Onnote
[x]f
k
(x)
le oe ientdutermex
dansf
k
. Cask = 0
D'après le théorème 1.2.21, on sait que
f
0
est irrédu tible surF
p
si et seulementsiT r
F
p
/F
p
(na + c
n−1
) 6= 0
. C'est-à-diresiet seulementsina +
c
n−1
6= 0
; e qui est le as par hypothèse. Ainsi,f
0
est irrédu tible surF
p
,dedegrénp
.Parailleurs,[x]f
0
(x)
= [
d
dx
f
0
(x)]
x=0
= [
d
dx
n
X
i=0
c
i
g(x)
i
!
]
x=0
=
n
X
i=0
ic
i
g
′
(0)g(0)
i−1
= −
n
X
i=0
ic
i
a
i−1
= −f
′
(a)
Ce qui montre bienque e oe ientest nonnul.De manièreidentique, on trouve
f
′
0
(a) = f
′
(a)
qui estde nouveau nonnul parhypothèse.Ce i montrequelapropriétéestvraieaurang0
.Passagede
k
àk + 1
Supposons àprésent que
f
k
est irrédu tiblesurF
p
de degrénp
k+1
, que son oe ienten
x
,[x]f
k
(x) 6= 0
et quef
′
k
(a) 6= 0
.Montronsalorsquela propriétéest vraieaurangk + 1
.f
k
estirrédu tible,enparti ulier0
n'estpasunera inedef
k
.Parsuite,le polynmef
⋆
k
est irrédu tible(d'aprèslethéorème1.2.14)dedegrénp
k+1
. Siontransforme
f
⋆
k
enunpolynmeunitaire,alorsson oe ientduterme enx
np
k+1
−1
vaut
[x]f
k
(x)
f
k
(0)
.Ilestdon nonnulparhypothèsederé urren e. Onendéduitalorsenappliquantdenouveaulethéorème1.2.21que
f
k+1
estirrédu tiblesurF
p
(puisqueT r
F
p
/F
p
(np
k+1
a +
[x]f
k
(x)
f
k
(0)
) =
[x]f
k
(x)
f
k
(0)
6= 0
), dedegrénp
k+2
.Maintenant,si
f
k
(x) =
P
n
k
i=0
u
i
x
i
(oùn
k
= np
k+1
)alorsona:f
k+1
=
n
k
X
i=0
u
i
g(x)
n
k
−i
Cequi onduità:f
k+1
′
(x)
=
n
k
X
i=0
(n
k
− i)u
i
g
′
(x)g(x)
n
k
−i−1
= −
n
k
X
i=0
(n
k
− i)u
i
g(x)
n
k
−i−1
Mais omme
g
est onstantsurF
p
, ilenest de mêmepourf
k
etf
′
k
. Par onséquent,[x]f
k+1
(x) = f
k+1
′
(0) = a
n
k
−2
f
k
′
(a
−1
) = a
n
k
−2
f
k
′
(a)
Ilest don non nul par hypothèse de ré urren e. De manière identique,
f
′
k+1
(a) = a
n
k
−2
f
k
′
(a) 6= 0
.Lapropriétéest don vraieaurang
k + 1
.Onadon montréparré urren eque
f
k
estirrédu tiblesurF
p
etlethéorème est entièrementdémontré.Dansle asparti ulieroù
p = 2
etq = 2
m
( asparti ulièrementintéressant en ryptographie),onala onstru tionré ursivesuivantefondéesurlethèorème 1.2.19.
Théorème 1.2.23 [25 , p.51℄ Soit
f (x) =
P
n
i=0
c
i
x
i
un polynme irrédu tible surF
q
de degrén
. Onsupposeque lesdeuxpropriétés suivantessontvériées:T r
F
q
/F
2(
c
1
c
0
) 6=
0
T r
F
q
/F
2
(
c
n−1
c
n
) 6=
0
On dénitalors lespolynmes
a
k
etb
k
ré ursivement ommesuit:a
0
(x)
=
x
b
0
(x)
=
1
a
k+1
(x)
=
a
k
(x)b
k
(x)
pourk ≥ 0
b
k+1
(x)
=
a
2
k
(x) + b
2
k
(x)
pourk ≥ 0
f
k
(x)
=
(b
k
(x))
n
f (
a
k
(x)
b
k
(x)
)
pourk ≥ 0
Alors pour tout
k ≥ 0
,f
k
est irrédu tible surF
q
de degré2
k
n
. Preuve:
On onstate pour ommen er que pour tout
k ≥ 0
,a
k+1
(x)
b
k+1
(x)
=
ak (x)
bk (x)
1+
ak (x)
bk (x)
2
. Onendéduitalorsfa ilementparré urren esurk ≥ 0
que:a
k
(
1+x
x
2
)
b
k
(
1+x
x
2
)
=
a
k
(x)
b
k
(x)
1 +
a
k
(x)
b
k
(x)
2
Posonsy =
x
1+x
2
etc
k
(x) =
b
k+1
(x)
b
k
(y)
pour
k ≥ 0
. Montrons alorsque∀k ≥ 0
,c
k+1
= c
2
k
.Soitk ≥ 0
.Onaalors:c
k+1
(x)
=
b
k+2
(x)
b
k+1
(y)
=
a
k+1
(x)
2
+ b
k+1
(x)
2
b
k+1
(y)
=
b
k+1
(x)
2
b
k+1
(y)
1 +
a
k+1
(x)
b
k+1
(x)
2
=
b
k+1
(x)
2
b
k+1
(y)
1 +
a
k
(y)
b
k
(y)
2
=
b
k+1
(x)
2
b
k
(y)
2
(a
k
(y)
2
+ b
k
(y)
2
)
b
k+1
(y)
=
b
k+1
(x)
b
k
(y)
2
=
c
2
k
(x)
(Ces al ulssontli ites puisqu'onest en ara téristique
2
).Ilendé ouleque∀k ≥ 0, b
k+1
(x) = (1 + x
2
)
2
k
b
k
(
x
1 + x
2
)
Ilest alorsaisé devérierqueles
f
k
satisfontlarelationde ré urren e sui-vante:f
0
(x)
=
f (x)
f
k+1
(x)
=
(1 + x
2
)
2
k
n
f
k
(
x
1 + x
2
)
pourk ≥ 0
Parailleurs,pour