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Désintégration de 95Ru

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00206645

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206645

Submitted on 1 Jan 1968

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Désintégration de 95Ru

J.A. Pinston, E. Monnand, A. Moussa

To cite this version:

J.A. Pinston, E. Monnand, A. Moussa. Désintégration de 95Ru. Journal de Physique, 1968, 29 (4),

pp.257-262. �10.1051/jphys:01968002904025700�. �jpa-00206645�

(2)

DÉSINTÉGRATION

DE 95Ru

Par

J.

A.

PINSTON,

E. MONNAND et A.

MOUSSA,

Laboratoire de Chimie Nucléaire, Centre d’Études Nucléaires de Grenoble, B.P. 269.

(Reçu

le 14 octobre

1967.)

Résumé. 2014 Le

spectre

de rayonnements 03B3 du 95Ru a été étudié avec des détecteurs

NaI (Tl)

et

Ge(Li)

et le

spectre 03B2

avec un cristal d’anthracène. Deux

groupes 03B2 d’énergie

maximum 1 200

et 910 keV alimentent les niveaux à 336 et 627 keV. Le schéma de

désintégration

a été établi

à

partir

des résultats de mesures de coïncidences

03B3-03B3 et 03B2-03B3.

Abstract. 2014 The 03B3-ray

spectra

of the

decay

of 95Ru has been studied with

NaI(T1)

and

Ge(Li)

detectors and the 03B2-ray

spectra

with an anthracene detector. Two beta groups of maximum energy 1 200 and 910 keV feed the levels at 336 and 627 keV

respectively.

The

decay

scheme of 95Ru has been

reinvestigated using

03B3-03B3 and

03B2-03B3

coincidence

experiments.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE

1. Introduction. - Le ruthenium-95 de 99 mn de

p6riode

se

d6sint6gre

par emission

P’

et par

capture

electronique

sur les niveaux excites du technetium 95.

Depuis

sa d6couverte par

Eggen

et Pool

[1] qui

l’ont obtenu par la reaction nucl6aire 92Mo

(oc, n)

95Ru

au moyen de

particules

a de 20

MeV,

les seuls travaux

effectues sur ce noyau sont ceux de Schlascha

[2]

et

Riehs et Warhanek

[3]

ainsi que 1’etude de Heur

[4]

dont nous avons

pris

connaissance a la fin du

present

travail. Ces différents auteurs ont obtenu 95Ru par reaction

(n, 2n)

a

partir

de 96Ru avec des neutrons

de 14 MeV

[2

et

3]

ou des neutrons de 27 MeV

[4].

II.

Prdparation

des sources. - Les sources de 95Ru

ont ete obtenues en irradiant de 50 a 500 mg de ruth6- nium naturel en

poudre

avec des neutrons de 14 MeV

produits

par reaction

(d-t)

avec un acc6l6rateur Sames de 400 kV

(flux

de l’ordre de 2 X 109

n . cm-2. s-1).

La section efficace de la reaction a ete estimee a

0,860

barn par Rieder et Miinzer

[5].

Les

sources P

ont ete r6alis6es en

dispersant

du

ruthenium irradi6 en

poudre

dans une solution de formwar de concentration 8

mg/cm3

et

depose

ensuite

sur un film mince de

Mylar

de 9 ym

d’6paisseur.

L’epaisseur

moyenne des sources ainsi obtenues etait de l’ordre de 10

mg/cm2.

III. Mdthodes

expdrimentales.

- Pour la d6termi- nation des

spectres

y, nous avons utilise comme detec-

teur

une jonction

au

germanium compensé

au

lithium, fabriqu6e

par

R.C.A., poss6dant

une surface de

4,8

cm2

et une zone

d6pouill6e

de

10,5

mm de

profondeur.

Ce d6tecteur solide

couple

a un

préamplificateur

a

transistor a effet de

champ (Tc 130)

et a un

amplifi-

cateur

principal (Tc 200)

donne une resolution en

energie

de 3 keV pour le

photopic

de 122 keV de 57Co.

Les

experiences

de coincidences y-y ont 6t6 r6alis6es

au moyen d’un

syst6me lent-rapide (2T

= 40

ns)

de

type

classique.

Les d6tecteurs sont constitués par des cristaux

INa(Tl)

de

7,6

cm de diam6tre et

7,6

cm

d’épaisseur couples

a des

photomultiplicateurs

54 AVP.

Les

impulsions rapides amplifi6es

et mises en forme

attaquent

un

dispositif

de coincidences a diode tunnel realise au

laboratoire.

Les

impulsions

lentes alimen- tent, d’une

part,

deux s6lecteurs de bande

permettant

de

prendre

simultan6ment deux fenetres

d’6nergie

sur

le

spectre,

d’autre

part, l’entrée

d’un

analyseur

d’am-

plitude

multicanaux

(SA 40B-Intertechnique).

La

porte

de

l’analyseur

est ouverte

chaque

fois que des

signaux provenant

du tiroir de coincidences

rapides

et des s6lecteurs monocanaux sont détectés en coinci- dence lente

(2T

= 2

ps).

Cependant,

vu la

p6riode

relativement courte, le

syst6me pr6c6demment

decrit laissant un certain nombre d’incertitudes sur

l’interpr6tation

des mesures,

nous avons du lui

adjoindre

un

syst6me

de coinci- dences bidimensionnel

employant

un cristal

INa(Tl) (7,6

cm X

7,6 cm)

et le

d6tecteur Ge(Li)

de 5 cm3

de volume. Les

impulsions

issues des deux d6tecteurs

sont

amplifi6es

par des

amplificateurs

a double

ligne

a retard

(MAP 40) qui

d6livrent en sortie des

signaux bipolaires, pouvant attaquer

les

portes [i]

et

[j]

d’un

double convertisseur

analogue digital (CA

25-Inter-

technique). Parallèlement,

les

impulsions

doublement

différentiées et d6tect6es par la m6thode du passage à zero d6clenchent un circuit de coincidences de

temps

de resolution 2T = 100 ns. Les

portes [i]

et

[j]

sont

ouvertes par l’arrivée d’un

signal

provenant du circuit de coincidences.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01968002904025700

(3)

258

Ces mesures de coincidences y-y ont été

enregistr6es

sur un

analyseur

bidimensionnel

(BM

96-Intertech-

nique)

dans la

configuration

32 X 128 canaux. Le

taux de coincidences fortuites a ete vérifié en intro- duisant un retard suffisant sur une des

voies;

il a

toujours

ete tres inferieur a 1

%.

Pour le

spectre P,

le d6tecteur est un cristal d’an- thracène de 38 mm de diam6tre et de 12 mm

d’6pais-

seur associe a un

photomultiplicateur

53 AVP. Les

mesures de coincidences

P-y

ont ete r6alis6es avec un

systeme lent-rapide (2i

= 50

ns)

pour

lequel la partie rapide

etait

analogue

a celle utilis6e dans le cas de coincidences avec le d6tecteur solide. Les rayonne-

ments y 6taient d6tect6s par un cristal

NaI (Tl)

de

7,6

cm X

7,6

cm. Des mesures du meme

type

ont 6t6 faites a titre de controle avec un

syst6me

4n

P-y

comprenant un double scintillateur

plastique place

dans un cristal

puits

de

10,5

cm X

12,7

cm, per-

mettant la detection simultan6e des deux

photons

d’annihilation.

FIG. 1. -

Spectre

y direct de 95Ru mesure avec une

jonction Ge(Li)

de 5 cm3.

FIG. 2. -

Spectre

y direct de 95Ru mesure avec

une jonction Ge(Li)

et obtenu en

interposant

un ecran de

plomb

de 6 mm

d’6paisseur.

(4)

IV.

Spectres

des rayonnements gamma. - IV .1. SPECTRES Y DIRECTS. - En suivant la d6crois-

sance d’une source

(mesure

a des

époques

convena-

blement

choisies),

nous avons determine la contribu- tion des elements

parasites [97Ru (2,9 j),

lo3Ru

(40 j),

105Ru

(4,44 h),

95Tc

(20 h),

96Tc

(4,3 j),

99mTc

(6 h)]

et vérifié la

p6riode

du ruthenium-95

valeur en tres bon accord avec celle

indiqu6e

par les auteurs cites

précédemment.

Les

spectres repr6sent6s figures

1 et 2

correspondent

a des

comptages

de 30 mn de

duree;

ils ont ete obtenus

apr6s

une irradiation de 1 h 30 mn et un temps de refroidissement de 1 h pour

permettre

a 1°lTc

(14 mn)

de d6croitre. 11 convient de remarquer que le

spectre represente figure

2 a ete

enregistr6

en

interposant

un

ecran de

plomb

de 6 mm

d’6paisseur

pour diminuer les taux de

comptage trop

6lev6s dus aux

rayonnements

de basses

energies qui

détérioreraient la resolution de

notre d6tecteur. Le tableau I donne les valeurs des

energies

et des intensités relatives des rayonnements y attribués a 95Ru.

TABLEAU I

ENERGIES

ET INTENSITES RELATIVES DES RAYONNEMENTS Y DE 95Ru DETECTEES AVEC UNE JONCTION

Ge(Li)

(*)

Intensite mesur6e en tenant

compte

du double

6chappement

a 1 303 keV.

IV. 2. SPECTRES y EN COINCIDENCES RAPIDES Y-Y

OBTENUS AVEC DES CRISTAUX

INa(Tl).

- Avec le

dispositif

de coincidences y-y

lent-rapide,

nous avons

enregistr6

les spectres y en coincidences avec les bandes

d’6nergie

centr6es sur les valeurs suivantes : 330 keV et 627 keV

( fig.

3 et

4).

Les r6sultats de ces mesures sont resumes dans le tableau II.

FIG. 3. -

Spectre

y obtenu en coincidences

(INa-INa)

avec l’ensemble des transitions de 291 a 336 keV.

FIG. 4. -

Spectre

y obtenu en coincidences

(INa-INa)

avec la transition de 627 keV.

IV. 3. SPECTRES y EN COINCIDENCES y-y OBTENUS

AVEC LE CRISTAL

INa(Tl)

ET LA JONCTION

Ge(Li).

-

Les cristaux

INa(T1)

utilises au cours des

experiences pr6c6dentes

ne

permettant

pas de

s6parer

les trois

rayonnements d’énergie voisine,

a 300

keV,

nous

avons

entrepris

de nouvelles mesures consistant a s6lectionner trois bandes

d’energies

centrees sur les

rayonnements de

291,

301 et 336 keV sur la voie

jonction (fig. 5, 6, 8).

D’autre part, nous avons observe les rayonnements

TABLEAU II

(5)

260

TABLEAU III

(*)

Coincidences avec des rayonnements

Compton

du y de 511 keV.

FIG. 5. -

Spectre

y

(INa)

obtenu en coincidences (INa-

Jonction)

avec la transition de 291 keV.

FIG. 6. -

Spectre

y

(INa)

obtenu en coincidences

(INa- Jonction)

avec la transition de 301 keV.

FIG. 7. -

Spectre

y

( Jonction)

obtenu en coincidences

(INa-Jonction)

avec 1’ensemble des transitions de 291 a 336 keV.

d6tect6s par la

jonction

en coincidences avec 1’en- semble des raies a 300 keV

(fig. 7).

FiG. 8. -

Spectre

y

(INa)

obtenu en coincidences

(INa- Jonction)

avec la transition de 336 keV.

V.

Spectres fin.

- Aucune

investigation

nouvelle du

spectre P n’ayant

ete

entreprise depuis

les travaux de

Riehs et Warhanek

[3],

nous avons ete conduits à r66tudier 1’emission d’61ectrons de 95Ru.

L’interprétation

d’un

spectre

direct de

positons

avec un cristal d’anthracène est rendue difficile par 1’existence de sommations dans la mati6re du d6tecteur

entre

1’energie cin6tique perdue

par les

P+

et celle

perdue

par les electrons

Compton

dus a 1’existence de rayonnements d’annihilation de 511 keV. Pour etre certain de ne detecter que

1’energie cin6tique

des

electrons

positifs,

nous avons ete amenes a faire des coincidences avec la raie de 511 keV. Pour

analyser,

d’autre

part,

les branches alimentant les niveaux a 336

et 627

keV,

nous avons realise des coincidences avec les sommes vraies d6tect6es par le cristal

INa(Tl)

aux

energies

de 847 keV

(336

+

511)

et 1138 keV

(627

+

511).

L’analyse

de Kurie des spectres ainsi obtenus montre

( fig.

9

b,

9

c)

que

1’energie

maximum

1 200 ±

30 keV

est la meme pour le spectre direct et pour le

spectre

en coincidence avec le

rayonnement

y de 336

keV,

et,

(6)

FIG. 9. -

Analyse

de Kurie des

spectres P

observes en

coincidences

P-y :

a)

Avec la somme

(627 + 511 )

keV.

b)

Avec la somme

(336 + 511 )

keV.

c)

Avec le rayonnement de 511 keV.

d’autre

part, qu’une

seconde

branche P

de faible

intensite et

d’6nergie

maximum

910 +

30 keV ali-

mente le niveau a 627 keV

( fig.

9

a).

Nous voyons

donc,

contrairement aux affirmations de Riehs et Warhanek

[3]

et de Heur

[4],

que le niveau fondamental de 95Tc n’est pas aliment6 par la

désintégration +

de 95Ru.

VI. Schéma de

ddsintdgration.

- Les r6sultats de

nos diverses

experiences,

et en

particulier

le spectre y obtenu en coincidence avec la raie de 301 keV

(fig. 6),

,

nous ont

permis

de confirmer 1’existence des niveaux a

336, 627, 938, 1 435, 1747, 2 086

et 2 325 keV

deja proposes

par D. Heur

[4]. Cependant,

la meilleure efficacite et le

grand pouvoir

de resolution du d6tecteur solide que nous avons utilise nous ont

permis

de

mettre en evidence les nouvelles transitions de

592,

1 120 et 653 keV d6sexcitant

respectivement

les ni-

veaux a

928,

1 747 et 2 086 keV

( fig. 10).

En outre, l’ observation de coincidences entre le

rayonnement

de 301 et 1 051 keV d’une part, et entre

ceux de 627 et 1 352 keV d’autre

part, permet

d’affir-

mer 1’existence certaine d’un niveau a 1 980 keV. Nous

noterons que le

photopic d’6nergie

1 985 keV d6tect6

avec la

jonction

est certainement double et constitue des raies de 1 989 et 1 980 keV d6sexcitant

respecti-

vement les niveaux a 2 325 et 1 980 keV. En

conclusion,

ce niveau a 1 980 keV

remplace

donc les deux niveaux a 1 679 et 1 694 keV

proposes

par Heur.

Un nouveau niveau

d’6nergie

1 178 keV a pu etre mis en evidence par 1’existence d’un

rayonnement

de 1 178 keV et par l’observation de coincidences

entre les gamma de 551 et 627 keV.

La coincidence entre les raies due- 336 et celles de 750 keV de faible intensit6

suggere

1’existence pos- sible d’un niveau a 1 085 keV. Nous noterons enfin que les

rayonnements

de faibles intensités de 2 250

et 1 784 keV

qui

d6croissent avec une

p6riode

de

100 mn n’ont ete observes en coincidences avec aucun

des

rayonnements

de 300 ou 627 keV. On peut donc formuler

l’hypothèse qu’ils

d6sexcitent des niveaux

FiG. 10. - Schema de

desintegration.

(7)

262

a 2 250 et 1 784 keV tout en

soulignant qu’aucune

cascade interm6diaire n’a ete observ6e.

L’analyse

de 1’emission

P+

de 95Ru met en evidence

1’existence de deux branches

d’6nergie

maximum

1

190 ±

30 keV et

920 d=

30 keV alimentant les niveaux a 336 et 627

keV,

et donc un bilan

d’énergie

de

désintégration

de 2

540 ±

30 keV. D’autre part, le niveau fondamental de 95Tc n’6tant pas

aliment6,

nous formulons

l’hypothèse

que le niveau fondamental de 95Ru a un

spin 5/2+,

ce

qui

est en accord avec les

travaux

th6oriques

de Vervier

[6].

Le calcul des

log ft

a

partir

des

rapports

d’embran-

chement

th6oriques K / + [7]

et des intensités y

indiqut

que les transitions

qui

alimentent les niveaux a 336

627,

1 433 et 2 325 keV sont toutes

permises,

ce qu

nous conduit a admettre pour ceux-ci des

spins 5/"

ou

7/2, compte

tenu du fait que nous n’avons trouvE aucune transition y

partant

de ces niveaux poul aboutir sur le niveau

1/2

a 40 keV de l’isom6re d(

60

jours

de 95Tc.

Nous remercions la Direction du Centre

d’Etude;

Nucleaires de Grenoble pour les moyens mis a notr(

disposition.

BIBLIOGRAPHIE

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