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coLLecciONS
tDOUQlAS LibRARy
queeN's uNiveRSiiy AT kÎNQSÎION
kiNQSTON ONTARIO CANADA
1134 ff^^-^oni^c^e projet de la nouveUe monarchie. S. 1. 1734.
REFLEXIONS
SUR
LE PROIET
DE LA
NOUVELLE
MONARCHIE.
MDCC XXXIV,
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Lus
on
fait des réflexions fur la ficuacion préfcnce des Afaires d'Italiecomme un
des objecs de l'auendou de touce l'Europe ; pluson
aprofondic&
découvreles véritables defleins des
Couronnes
allées contre l'Empereur.Les déclarations de Guerre publiées par la France
&
par la Sardaigne,
&
fuiires des invafions desDuchez
de Milan&
deMantouë,
firent afiez voir les Projets qu'on avoitformez
de s'emparer des Etats héréditaires,
que
l'AugufteMaifon d'Au- triche poflede en Italie. Mais, TEcricque
laCour
d'Efpagne a fait publier touchant les raifons qui ayent obligé leRoi
Ca- tholique de faire la Guerre à l'Empereur,donne
encore plus d'éclairciiTement fur cet article.On
ne s'arrêtera point, en faifant quelquemention
de co- Manifeile, aux exprellions indécentes
&
injurieufes qui en foncla partie principaley
&
qui devroient être inconnues entre des"^ Souverains
&
parmi des Nations civilisées.On
dira feulement»J
que
cette manière de s'exprimer efl lansexemple
dans l'Hi- ftoire,&
qu'elle ne fera jamaishonneur
à la Nation Efpagnolc,
&
à fa pofterité ; Se enmême
temson
remarquera, que lesP
Motifs qui y Ibnt alcguez, n'ont été imaginezque pour
décla-^rer à tout le monde-,
que
Ja Cour.d'-Efpagne ^vcûc- relblûde.fo^"*Xi- j
A
rençjreJ
J
rendre maîtrefTe de l'Italie,
&
d'ccablir le fiftemed une
nouvelleMonarchie
dans la perfonne de l'InfantDon
Carlos.Il eft vrai, que cette
Cour
n'a pas osé prendrepour mo-
tifle beau Principe qui paroit régler fa conduite, fçavoir
que
le
Roi
n'étoit plus tenu de fuivre les Traitez ci-devant conclus tant à l'égard de la renonciation aux Etats pofFedez par la xMai- fon d'Autriche en Italie, que par raportaux arrangemens de la fucceffion desDuchez
de Tofcane,Parme &
Plaifance.Cepen-
dant, fi laCour
d'Efpagnen'a pas jugé à propos de s'expliquerouvertement
là-dellus, elle a cru pouvoir adroitement dégvifer les véritables fentimens fous le voile des Griefs qu'elle prétend avoir contre laCour
de Vienne. C^eft de là, qu'elle s'écrie iîhaut contre fa conduite touchantl'Elediond'un
Roi
de Pologne,&
qu'onluiimpute
, d'avoir voulu fruftrer l'InfantDon
Carlosd'une Succeillon établiepar des Traitez fblemnels.
Or, pour
ce qui regarde les afaires de Pologne, la fupo-(Icion qu'on fait de la perfonne de Stanislasy
ne
décidantpoinc de la juftice de laGuerreprefence en faveur de laFrance,com-
nient pourroit-elle colorer les entreprifes de l'Efpagnc qui
ne
s'eft jamaismêlée de ces afaires,
non
plusque
de cellesdu Nord
en général ? Et fi
même
les liaifonsque
Stanislas a contradéesavec la France,
ne
peuvent pas juftifier la conduite de cetteCour, comment
pourroient ces liaifons qui fontpouremenc
perfonnelles, mettre l'Eipagne en droit de prendre les
armes
contre l'Empereur,&
d'enfreindre les Traitez qui n'ont pas lemoindre
raport aux afaires lùsmentionnées ? Mais, il feroiten
vain, de vouloir entrer ici dansune
plusample
difcution d'unmotif
fi étrange,ou
devouloir examiner les prétendus Griefs qui concernent en particulier l'Infant D. Carlos.On
a qu'àlire là- delîus la
Réponfe
au Manifefte,où
la faulTccé de tout ce^u'on y
a avance, a ccé éYideniïicm prouvée.Cepen-
•^
C )m- ^
I '-li '
«— —
-Cependant
, il ya encore plufieurs réflexions à faire fur les cnrrepriles desCouronnes
aliées, en général,&
fur le Projecque
la France&
TEfpangne ontformé
de changer le fifteme d'Italie,&
d'y érigerune
nouvelle Monarchie,Premieremenc on
voit par les démarches de laCour
d'Efpagne, fi contraires au Traité de Londres, qu'elle n'a jamaiseu
l'intention fincercde reconnokrc
les droits de l'Empereur&
de l'Empire fur lesEtats
deTofcane, Parme &
Plaifance,& que
bien loin de cela, Pidéc ambitieufe d'une Souveraineté&
indépendence abfoluclui a causé
un
dégoût extrêmeou
plutôtun
méprispour
cesmêmes
droits qui d'ailleurs lui étoientaflézconnus
,&
qui dé-voientfervir de
fondement
à la Succeillon réglée enfaveur des cnfans mâles de laReine d'Eipagne. C'eft par là qu'il efl: facilede
pénétrer le butqu'on
s'eft proposé de fe prévaloir de cette prétendue indépendance julqu'à parvenir àun
plus haut degré de dignité& du
pouvoirque
celui deGrand Duc,
par l'établif-fement d'un
nouveau Royaume
dans les Terres de laTofcane.Pour
être éclairci fiir cet arcicle très important,on
n'aque
fc reflbuvenir de ce qui fe pallàdu
cems deCofme
I.Duc de
Tofcane.Ce
Prince fe trouvant dans la paifible pollélTiondu Gouvernement
de ce Pais,fongea às'agrandir autant qu'il étoic poûible,&
adroit Politiquequ'il étoit, il fçut s'infuiuer fi bien dans i'efpritdu
Pape Pie V.que
celui-ci prit larefolution de le déclarerGrand Duc
parune
Bulle expédiée en 1 569,&
de lecouronner
enfuite àRome en
1 570. Entrcprife qui auroit fans doute réùlll, fi l'Empereur Maximilien II. ayant été informe d'un Aâ:e i\ préjudiciable à la Souveraineté&
aux Droits de l'Empire,&
étantmême
foutenu par leRoi
d'Efpagne,PhilippeII.
&
laRepublique de Venife, ne s'y eût fortement oposé, endéclarant cet
Ade
entiéreiTlent nul à laDiète de Spire,&
obli-geantpai- là le
Duc
Fjançois, filsdu Cofme
I. de s'adreller uni-quement
à l'Empereur,du
quel il obtint enfin le Titre &: laA
z dignitéf ^ y^2.
^dignité
du Grand
Duc.Or,
P Infant D. Carlos étantdévenu
le xMaître de laTofcane, ne fongeroit-il pas à perfedionner 1«
grand ouvrage de la
Royauté,
dont laMaifondeMedices
a jette lesfondemens
?La
poilefllon desDuchez
de Pai-me&
de Plan lance,&
le fuccès des deiîeins formez,ne
pourroient-ils pas Y contribuerbeaucoup
? Etmême,
fi ce Prince ne voudroicêtreredevable
qu
auSt. Siège de cetteélévation, n'y trouveroit-*il pas peutétre toutes les difpofitions favorables
pour
en obte- nir ce qu'il fouhaite? Car laCour
deRome
a trop à coeur les droits prétendus ilir lesDuchez
deParme &
de Plaifance,&
la pollciliondu Duché
de Caftro& du Comté
deRonciglio^ne,
&
elle ell: trop remplie de l'efperance depouvoir faire quel-^ques nouvelles aquifitions au préjudice des droits de l'Empire^ éc aux dépens de la Maifon d'Autriche,
pour
ne pas fe prêter fans peine à despropofitions de cette nature.Voici
donc
alorsun nouveau Royaume
fe former dansle centre de l'Italie ; mais qui ne doit pas être le feul
que
les vapes Projets de la Reine d'Efpagne&
de fes Miniftres ont de- ftiné à ce Prince.On
fe propofe aufli, de mettrelaCouron-
ne de laLombardie
ilir fa tête,&
c'efl: a lui qu'on a deftine la poflelfion&
la fouveraineté desDuchez
de Milan& de Mantouë
, malgré toutes les promefîès qui ont été faites auRoi
de Sardaignepour
l'atirer dans le parti ^ ce Prince par fa- crop grande crédulité étant malheureufementdévenu
la dupe*de
deux
principales branches dela Maifon deBourbon
, qui ne' lui laiflerontque
de fort petitsmorcaux pour
avoir dequoifatisfaire fon ambition. Voilà alors
un nouveau Roi
de laLombardie
, fous la quelleon
pourra aifémenccomprendre
lesTerres de
Parme &
de Plaifance ; voilàun nouveau Roi
de Tofcane,&
cesdeux Couronnes
réunies iùr la tête d'un fcuI Prince. Mais ce n'efl pas encore làoù
fe doit borner lanou-
- - > velle
Cû)
velle Monarchie. Les
deux Royaumes
des Sicilcs en doiven':aulli devenir despartiesellentielles
&
agrandirTEmpire du nou-
veauMonarque.
Ceft de là qu'on a entrepris rinvafiondu Royaume
de Naples,& que
l'Infant D. Carlos afaitannoncer
aux habitans de ce Païs les profperitez qu'ils dévoient atendre de la
douceur
de TonRégne
, y étantmême
entré avecune
nombreule armée pour Ten
emparer,& pour
fe faire procla-mer
Roi.Cependant,
il ne fiifit pas d'avoir fait cette réflexion. IIy faut ajouter
une
autre qui n'eft pasmoins
importante. C'eflque
toutes cesCouronnes
brillantes pourroientun
jour êtrecombinées
avec lesCouronnes
d'Eipagne&
des Indes. Il efl vrai, qu'on ellconvenu
dans l'Article V.du
Traité deLon-
dres,
que
les Etats de Tofcane,Parme &
Plaifance ne pourrontou
ne devront jamais dans quelque temsou
quelque casque
ce foit, être pofledez par
aucun
Prince , qui fera enmême
tems
Roi
d'Efpagne.Cependant
, puisqu'on s'eH: propofé de palier outre, Se de ne reconnoitrc plus les conditions conte- nues dans cet Article, il efl feur, qu'on obfervera pasun
poinçfi contraire au Projet de la nouvelle Monarchie.
Où Ton
peu: remarquer,
que
le cas de cette combinaifon pourroic facilement arriver le Prince des Afturies étant notoirement d'une foible conftitution ,&
n'ayant jufqu'à prefent point d'enfans&
d'héritiers.Cela étant ainfi , le
nouveau Monarque
ne fcroit-iî pas dans lemême
degré de puisfanceque
le fut jamais l'Empereur Charles V. puifque la polTeillon des lusdits Etats&
de tout ce qui endépend
, remplaceroit ce qui luimanqueroic
à l'égard desPais-bas? Et cemême Monarque pour monter
aucomble
de laGrandeur
ne feroit-il pas tous fes éforts d'être élevéun
jour à la
fuprême
Dignité de l'Empereur desRomains,
Ôc n'enA
3pou-
pouvant
point venirà bout chez les Ele<fî:eurs de IT-mpircen Allemagne,
ne s'adrefleroit-il paspour
cela au 8t. Siège quide
puis plufieursfiécles a prétendu avoir part à cette Eledion?Il leroit hors de propos ici de vouloir entrer dans le détail de ce chapitre,
&
de faireune
expofition desMaximes de
laCour de Rome
qui fonc d'ailleurs aflez connues. Il fufit qu'il ne fe-roitpas dificile au
nouveau Monarque
d'en obtenir, foit parbon
ne volonté, foit par forceou
contrainte, tout ce qu'ilpourroit défirer,
& que
le Pape qui régneroit alors, ne balan- ceroit pas, peutêtre troppour
faire la cérémonie deCouron- nement
,&
defuivreen
cela l'exempledu
PapeLéon
X. quifit l'honneur
en
1 51 5. àBologne
auRoi
de France, FrançoisI. de lui mettre fur fa tête la
couronne
de l'Empire Orientalquoique
ce Prince étoic deftitué de tout droit à cet égard.Après
avoir confidéré la fituatîon de ces afaires,on
voit d'abord, qu'il efl aux Puiflànces qui y font fifort intéref-
fées, de prendre des convenables meflires, i5c d'employertou- tes leurs forces,
pour
faireéchouerl'entreprife de cetteMonar-
chie projettée.
En
premier lieu , il efl évident,que
les droits de l'Empire fur laCouronne
d'Italie&
les Provinces quien
dépendent, feroient entièrementrenverfez, fi ce Projet venoic de reûlTir. Droitsque
la NationGermanique
a aquis à des ti- tres 11 légitimes, qu'elle a foutenus depuis tant de fiécles, ôcpour
la confervation des quelson
l'avu
fi fouvent verfer fon îang.Or
^ il efl: abfolument de l'intérêt de cette Nation, .&il s'y agit
même
de fa gloire dene
lesdonner
pas en proie à, l'ambition démefurée de ceux qui veulent fonder lenouveau
llfteme deleur
dénomination
furl'opre/ïion&
laruinedesfusditsdroits.
Le
deflein qu'on aformé
de s'emparer de laCouron- ne
d'Italie,&
d'érigerun nouveau Roïaume
dans la Tofcane,ne
pourroit être exécutéque
par rétabliflemcnc d'une entièreSou-
c
o
) les-Souveraineté
&
indépendance trop incompatible avec lesnoeuds
de Féodalité&
de reconnoiifance d'un pouvoir fùpe- ricur.On voudra
peutétre obje£ler ici,que
les droits de l'Em- pire fur les provinces d'Italie, quelques fondez qu'ils fuflenc d'ailleurs , lui étoient plus onéreuxque
lucratifs puisque lesVaffaux dans ce Pais ne contribuoient rien aux bcfoins de cec Augufle
Corps
,& que
cemême Corps
par l'obligationoù
ilfc trouvoit de défendre f€s Droits ,
&
de protéger les PrincesFeudataires en Italie, épuiflbittrop fes forces
dont
chaqueEtat& Membre
avoit beflbinpour
garantir fes propres droits&
pofleilions. Mais ,
pour
juger folidement de ces fortes des Droits&
des Prérogatives,on
ne doit pas feulement faire ré- flexion furun
pareil avantage qu'on en pourroit tirer mais principalement auffi fur la grandeur, laprééminence
,&
l'au-torité qui en dépendent. Il efl urai,
que
la dignité&
les pré- rogatives de l'EmpireRomain
qui apartiennent auRoïaume
d'Allemagne, font diférences de la dignité
&
des droits de laCouronne
d'Italie. Cependant, tout lemonde
fçaic ,que
cesdeux
dignitez&
tous les droits qu'elles renferment, fc trou- vent dans l'union la plus étroite,& que
vouloir les feparer, feroit détruire lesfondemens
, fur lesquels le fiftemede
l'Empire a été bâti. Anfll n'efl-il pas difîcile decomprendre
les fuites très fâcheufes qu'un
changement
dans les Droits furl'Italie, udirpez parle
nouveau Monarque
, pourroic entraîner à Y égard de la Dignité Impériale.D'ailleurs il ne faut pas croire,
que
,pour
ce qui con- cerne les Contributions, les Vasfaux de l'Empire en Italie en Ibient tout à fait exemts. Car quoiqu'ilsne
font pas obligez de payerlesmêmes fommes
d'argent,ou
de fournir lesmê-
mes Troupes que
les Etats d'Allemagnefont tenus de faire fui- van;K -m
c o )ni^
.
vanc les Coiifticutions de l'Empire, &c les Refultats de
h
Diéce;ceil: pourcanc coûjours de leur devoir de payer des Contribua cioas qu'on leur impofe reguliéremenc
en
tems de Guerre, aulieu de tant de Services
Féodaux
ordinaires&
extraordinaires,&
à proportiondes revenus des Fiefs&
Terres qu'ils pofledenc&
de fournir aux befoins desTroupes
Impériales ;comme
celas'eftpratique dans lesGuerres précédentesfous le
Règne
desEmpereurs Leopold &
Jofcph de glorieufemémoire,
demême
que
dans la dernière Guerre contre les Turcs.Cependant
,pour
faire voir encore plus evidenment,combien
il importe auCorps Germanique,
de maintenir fesDroits fur les Provinces d'Italie, &: de s'opofer vigoureufemenc aux vaftes Projets de la Maifon de
Bourbon
, il faut remarquer,que
lechangement
dans le prefent fifteme d'Italie, foitqu'où
le confidére
du
côté des droits de l'Empire, foit qu'on le re-garde
du
côté desRoyaumes &
Terres héréditaires de l'AuguilçMaifon
d'Autriche, pourroitmême
enfanterun
changement, funeflc dans le fifteme d'Allemagne.Il n'y aura peutêtre perlbnne qui
ne
fçacheque
lesEm-
pereurs décendus de cette Maifon, fvivans, les traces de leurs
Auguftes Prédecelleurs, ont toujors eu fort à coeur lés Droits de l'Empire
dont
il s'agit ici,& que
le foutien&
Tagrandifle-ment
deces Droits a été le principal objet de leurs foins. Les exploits héroïques deCharles V.&
les grandes avions deMaxi- milien II. Ferdinand II. FerdinandIII.Leopold
I.&
Jofeph I.en font foi ;
&
c'eft fous l'Empereur, aujour d'iiui glorieufe-rrrent régnant,
que
les Droits Hir la Tofcane,&
furlesDuchez
de
Parme &
de Plaifance, ont été recherchez avec toute l'ex- a£litude imaginable , &:même
reconnus par les principales Puiflances de l'Europe. Les Rois d'Efpagne, iflus de cette Au-, gufte Maifon, ôcpoileileursdu Duché
deMilaii&
des autres.^- ..
*
Fiefs
^
^
-#-? C o ) n^--^
Fiefs dépendans de l'Empire, onc toujours gardé la fidelicé ôq la reconnoillance qu'ils lui dévoient
en
cette qualité,&
ils oncdonné
en plufieurs ocurences des preuves de leur atachemencpour
les prérogatives d'unCorps dont
les Chefs leur étoientCicrroitement allez. L'Empereur, aujourd 'hui régnant, ayant en qualité d'héritier légitime 5c univcrfel de la
Monarchie
d'Efpangnc, fuccedé auxRoyaumes &
Pais,que
leRoi
CharlesII. avoit poflédez en Italie ,
&
étant entré dans la pofleirionacluelle de ces Provinces par fes arm.es viclorieufes,afermie par des Traitez les plus folemnels, a renouvelle ces
noeuds
de Féo-dalité,
comme
l'AÛed'Inveftiture en172g. enfournit la preuvelaplus autentique. Il faut
donc
avouer,que
la Maifon d'Au-triche a confervé par fa puiflance
&
à des propres dépens, lesDroits de l'Empire fur la
Couronne
d'Italie,&
que lapolleflloadu Duché
de Milan&
des autres Fiefs les a garanti fi longtemscontretoutes les entreprifes de laxMaifonde
Bourbon,
toujours fort empreflée de fe rendre Maître(lé decette partiede l'Europe, qui avoit autrefois établiune Monarchie
fi redoutable dans toutes les parties alorsconnues
de l'Univers.On
peutvoir par tout ceci qu'il eft: de la dernière impor-».tance
pour
le CorpsGermanique &
de fon véritable Intérêt,-que
laMaifond'Autriche joùifle toujoursde lapaifible poilèirioiide toutes fesProvinces héréditaires enItalie. Mais il faut
encore
ajouter
une
reflexionfur les fuitesfatalesque
la réûilite des Pro-, jets dela Maifon deBourbon
pourroit cirer après elle. LeChefc"de lanouvelle Monarchie, foutcnu
&
encouragé par les forces de France&
d'Elpagne, voudra-c-U bien fe contenterde
coqu'il poiléderoit alors au de là des Alpes ?
Le
voilinigc des au- yes Provinces hci-éditaires de laMaifon d'Autriche, ckkur
fi-aiation fi avantageufe,
ne
lui donneront-ils pas de l'apctit de ceculcr les bojijçs de fa dominatiofi ?La
R»epubliquç de.Venifq^
le Corps Helvétique feroient-ils troppuiflanspour empêcher
l'entrée d'une formidable
armée
dans les Pais deTirol&
d'Au- triche,&
trouveroit-il tropgrande dificultéde pénétrerdu
côté dedeux
Siciles jufqucs dans la Dalmatie,& même
dans le cen-tre
du Royaume
d'Hongrie ?Ne
tâchera-t-il pas de profiter d'un certainmoment &
des certainesdifpofitions quipourroienc favorifer Ton dellein, en engageantmême
dans fon parti ceux quiTous le Ipecieuxprétexte de leurs prétenfions, veulent tirer leur avantage de cesévénemens
, fans faire atention aux mal- heurs qui en peuventrejaillir fur toute la Patrie ? Etenfinpour
parvenir à fon but, à quelque prixque
ce fût, balancera-t-ilde fe fervir des
Maximes
ordinaires de la France, en atirant en- core, dans le parti ceux qui font ennemisdu nom
Chrétien ?Une
pareille révolutioncomme
la {liite d'un Partage préméditén'auroit-elle pas fon influence dans le filleme de l'Empire
Ro- main
?La
NationGermanique
qui depuis tant de fiécles a glo- rieufement foutenu le premier, rang entre toutes les Nations de l'Univers, qui adonné
tant d'Empereurs, Rois, Princes,&
Héros
, qui toute feule apu
refifter aux armes invincibles de l'AncienneRome
,&
qui amême
fondéfonEmpire
furfes rui-nes
&
fubjugué la Gaule,ne
courra-t-ellepas grandrifque d'êtreaffervie par des étrangers ? Si la plupart des Puillances de l'Eu-
rope conjointement avec l'Empire , n'ont pas
pu
réduire lepouvoirexorbitant de laFrancedans fes juftes bornes,
&
fiellefeule a
combatu
tant d'Allez, étant fortie de la dernière Guerre quid'ailleursprenoitun
mauvais trainpour
elle, avec gloire&
avantage ; quel éfet ne devroit-
on
pas atendre de fes forcescombinées
avec celles desCouronnes
d'Efpagne&
d'Italie?Cependant,les fages melùres
&
lesrefolutions vigoureufès,que
le corpsGermanique
atoujours prifespour
s'opoferàl'éta- blilTemenc d'uneMonarchie
univcrfellej projette dans le Cabi- çec•^
c )m-
Ilnec
du Roi
Louis XIV.& pour
défendre la libertécommune
de l'Europe, font le meilleur témoignage de l'importance de
{ç,% Intérêts à l'égardde l'Italie.
Le
Traité deBade
, conclu le 7. deSeptembre
1714. nousdonne une
jufte idée de Tes fenti-mens
auili bienque
de l'infraélionque
la France acommifc en
déclarant il injuftemcnt la Guerre à l'Empereur&
en s'em- parant des Terres&
Places , dépendantesde
l'Empire, Il a été exprelTémentfbipulé dans leXXX.
Article de ce Traité, &:la France y a promis
&
s'eft engagée , de lailîer jouir faMa-
jefté Lnperiale tranquillement
&
paiiFiblement de tous les,.Etats
&
Lieux qu'Elle poflède adueîlcment&
qui ont été ci-,,devant pofledez par les Rois de la Maifon d'Autriche en Ita- „ lie, &c. Sa Majcflé Très - Chrétienne
donnant
fa Farcie,4, Royale, àe ne jamais troubler ni inquiéter l'Empereur éj' la„
Aîaijon d'Autriche dans cette pojjejfion, diretiementni indirecte-„
ment, fous quelqueprétexte, ou par quelque voye que ce puij]e„être, ni de s'opofer à la poflelTion
que
fa Majefté Impériale&„
la Maifon d'Autriche a,
ou
pourra avoir à l'avenir, foit par,.Négociation, Traité,
ou
autrevoye
legitinne&
paifible, &c.„
Où
il faut remarquer,que
cette promefîe fe fonde fur ce qui a été ftipulé aucommencement du même
Article , dont voici les termes : „ Sa Majefté Impériale&
Sa Majefté Très-Chrê-„
tienne ne pourront,
pour aucun
fujet , interrompre defor-,, mais la Paix qui eft établie par le préfent Traité, reprendre,, lesArmes, é^
commencer fous quelque prétexte que ce fait, „ aucun acte dhoftilitéhin contre l'autre; mais au contraire, El-,, les travaillerontfmcerement &
debonne
foi,comme Amis
„ véritables, à affermir de plus en plus cette amitié mutuelle,,,& bonne
intelligence fi nécelFairepour
le bien de la Chréci-,,enté.„ Outre cela, le Corps
Germanique
a déclaré en phill- eurs ocafions , particulièrement dans le Refultat de la Dièteen
1730. couchant le Traité de Seville, qu'il écoic rèfolu de fe-B
z conder^f ^_ -in ( )
^
. .condcr les juftes incendons de Sa Majeflé Impériale,
&
de foiî- tenir les mefures qirEIle avoir prifespour
protéger l'Honneur,les Prérogatives
&
les Droits de l'Empire en Italie. Mais s'ily
a jamais que les Etats& Membres
de cet AugufteCorps
ont manitefté à tout lemonde
,combien
ils prenoient à coeur la confervation de cesmêmes
Droits&
Prérogatives,&
com.- bien ils étoient déterminez de les défendre toujours&
contre tout l'agrelleur, celas'eft fait à l'ocafion de la Garantie de laPragmatique Sanction , acordée à l'Empereur ,
où
entre des\iutres confidérations très importantes5
on
a faitune
atention fort ferieufe au maintien delaCouronne
d'Italie&
de tous lesFiefs qui font dans ce Pais
&
qui relèvent del'Empire.En
fin,'ces
mêmes
fentimens ont prévalu dans la dernière délibéra- tion de la Diète touchant la Déclaration de Guerre contre la France&
leRoi
de Sardaigne,comme Duc
de Savoye, corn- 'me l'on voit par le Refultat de 26. de Février de la préfente 'année ,où
il a été exprellement faitmention
des fusdits fkfs.Concluons donc
de làque
la Gloire la Liberté,&
laDignité prééminente de l'Empire font trop intéreflees dans cette Conjon(flure
pour
ne pas s'opofer puiffanment auxînjuftes
&
dangereufes entreprifes de ceux qui fe font allez^our
troubler la tranquilité publique& pour
précipiter l'Eu-rope dans
une
honteufe fervitude ,& pour
ne pasmême
agir ofenfivement contre la France
&
lui faire des grandes di-*verfions , afin qu'on puiflè rentrer dans la poiléirion des Provinces
&
Placesque
cetteCouronne
a ci-devant conquifes, pourvoir à lafeuretédu
Territoire d'Allemagne parune
fufi- fante Barrière,&
faciliter le progrès des armes Impériales enItalie.
En
fécond lieu, il faut voir ceque
la Juftice&
RaifortcTEcat peuvent exiger-des PuilTancesMaririmes dans la conjon-^
" "
dure
C o ) l?^- ï?
(Thire préfence.
Pour
ce qui regarde le premier point, tourle
monde
eft Tufifarîmenc informé desengagemens que
ces PuifTances ont contractez à l'égard de la Garantie des Royau-*-fnes
&
Païs héréditaires de l'Empereur,&
particulièrement deTes Provinces en Italie.
Le
Traité de Neutralité , conclu en 1713.&les
Traitez de Londres&
de Vienne, faits en 1718.&
1731. en font des preuves évidentes;&
c'eft dans ce der-nier Traité qu'on trouve trois fortes des promeflès de Garan-
tie qui bien qu'elles paroilTent être diférentes, tendent pour- tant au
même
but.La
première forte qui fe prefente dans leL
Article, concerne la générale&
mutuelle defenfe detous lesRoïaumes,
Provinces&
Terres des parties contrariantesj laféconde, contenue dans le IL Article, regarde la Pragmatique Sanftion
ou
l'ordre de (ucccfllon, établi dans la Maifon d'Au-triche; la troifiéme, comprife dans la Déclaration touchant Pintrodudion des Garnifons Eipagnoles dans les Places fortes
de
Tofcane ,Parme &
Plaifance,&
qu'on doit confidérercom- me une
partiedu
III. Article, a de raporcavec le V. Article dela Quadruple Aliance, ayant
pour
objet la feureté des Droits de l'Empereur&
de l'Empire autantque
celle desRoyaumes &
Etats
que
ce Prince poilede en Italie.Or,
il eft vifible, qu'en vertu de cesengagemens
folemnels, les Puiiîances Maritimes font obligées-de fecourir l'Empereur&
de faire échouer lesdef- feins de c-eux qui foulant aux pieds le fifteme des Traitez fus-mentionnez
, viennent d'enlever des entiersRoyaumes
à leur légitime Souverain,&
de facrifier les Droits inconteftables de l'Empire&
la Liberté de l'Italie à leur ambition fans bornes.Où
il faut remarquer, que les EtatsGénéraux
des Provinces Unies en accédant dans les formes au Traité deVienne
, ont tacitementou
indireélement accédé au Traité de Londres poui*ce qui regarde les conditions ftipulées dans le V. Article de ce Traité, 6c
que
par confcquent ils fe font engagez conjointe-B
;ment
14
-^
( o ) t^rment
avec laGrande
Bretagne àune
pareille afllilance;com-
me on
voit par l'Ade deConcurrence
de-zo. de Février 1732.où on
trouve ces termes. „Ils ont refolu d'entrercomme
5,principale partie contrariante dans le dit Traité, les Articles
„Séparez &c Déclarations, de la
même
manière&
dans lafor-„
me
, qu'il a été conclu.„Ce
qu'on doit confidérercomme
une
fvite desengagemens que
les EtatsGénéraux
avoienc pris par l'Acceffion au Traité de Seviîle qui concernoit principale-ment
lechangement
fait au V. Article de celui de Londres au fujet desTroupes
Efpagnoles.Mais , fi la Juftice exige
un promt &
puifTanc fecoursdes PuilTances Maritimes , la Raifon d'Etat apuyée fur
THon-
neui'
&
(lir despropres Intérêts les plus effentiels, endemande
le
même. On
fçaitque
laCour
Britanique toujours atendivc d'afsûrer l'Equilibre enEurope
avoitforme un
Planpour
ter-miner
les diférends qui après la conclufion des Traitez d'Uc- recht Se deBade
reftoient encore entre l'Empereur&
leRoi
d'Efpagne. L'ideé première de ce plan fut,
que
l'Empereurne
pouvoit avoirun
pieden Efpagne,non
plus que leRoi
d'Efpa-gne
en pouvoit avoirun
en italie. Il eitvrai, qu'on parût de perdre devue
ce principe, lors- qu'il s'agiflToit de déterminer à qui les Etats de Tofcane&
deParme
dévoient écheoirun
jour.
Cependant
laCour
Britanique fe perfuadaque
les con- ditions aux quelles la fucceffion éventuelle des Enfansmâles dela Reine d'Efpagne fut réglée, feroient fufifantes
pour
afermirle repos public,
& pour
mettrel'Efpagne dans la necelTité de n'entreprendrerien contre les Etats cédez àl'Empereur parune
formelle renonciation&a
perpétuité. C'eft ce peutétre qui l'aempêchée
de faire alors quelque réflexionfurles conféquencesque
l'Empereur repréfenta à ce fujet.Quoi
qu'il en foit, ilne
faut point douter,
que
la diirimulationque
laCour
d'Efpagnea
em-
-^
c o )om-
Ifa
employée
à faire cane de Traitez , n'aie contribuébeaucoup
a entretenir les belles efpérances qu'on avoir conçues de la réùs-fite de ces arrangemens.
Or,
laCour
d'Efpagne ayant enfin levé lemafque,
laGrande
Bretagne fe trouveréduite à une ne-ceflicé indilpenfable, de fouuenir Ton
honneur,
d'acomplir fesengagemens
contrariez par des Aliances,&
de pourvoirà couc ce qui régarde fapropre feurecé&
fon véritable Intérêt.Il efl évident,
que
la Guerreque
lesCouronnes
de France&
d'Elpagne font à l'Empereur en Italie , ne s'acorde nullement avec les afsûrances d'amitié&
de reconnoiilance,dont on
a tâche vainement d'impofer à la grande fagelle de faMajeflé Britanique,
&
d'éblouir lesyeux
trop clairvoyans de fon Parlement. Si la profperité dont la Nation Britanique jouit fous le prefentGouvernement, dépend
de la conferva- tion l'Equilibredu
pouvoir enEurope comme
de la bafe la plus folide de la cranquilité univerfelle , il en foit naturellement,que
tous ceux qui au lieu de (uivre les Traitez conclus dans ces vues, ofent renverfer leur fifteme , fe déclarentennemis decette prolperité.
Tout
lemonde
fçaic,que
Jebonheur
de la Nation Bri- tanique eft fondé fur la Religion Proteftante, établie par lesLoix,
&
fur la librejoùiflànce de fonCommerce. Le
premier point eft de la dernière importance.La
liberté, les droits,
&
les privilèges de la Nation, tantpour
le ipirituel,que pour
le temporel, en dépendent j
&
lafucceiTion de fes Rois danslaLigne Proteftante eft le plus ferme apui contre le
Gouverne- ment
arbitraire&
defpotique. L'autre point eft aufti trèsim-
portant, puifque c'eft principalement dans leCommerce que
refident les forces de la
Grande
Bretagne qui la rendent fi for- midable parMer, &
par Terre»Or,
fion
confidére lesMa-
ximes, doncLouis XIV. s'cft fcrvi a l'égard de la grandeRe-
YOll*-
volucioii qui arriva en 1688- Si
on
énvifage tout ce qu'il », fdicpour
leRoi
Jaques IL&
après lamore
en faveurdu
Pré- tendant ,&
fion
réfléchie fur les intrigues continuellesque
laCour
deRome employé
dans les Cours de Madrit&
de Ver^failles,
pour
mettre ce Prétendant fur leTrône, on
verra,que
la Maifon deBourbon
nemanque
pas debonne
volontés de contribuer de tout fon pouvoir àun
pareilchangement
dans leGouvernement
Britanique , qu'elle croie être aufficonvenable à fes Intérêts qu'il feroitfatal à cette Nation. AufTi
on
conçoit bien ,que
l'exécution dece projetne
feroit plus fidificile, fila Maifon deBourbon
fans êtreempêchée
de ce côté-là, pourroit reculer les bornes de fadomination,
6c parvenir à ce haut degré de puifTance, au quel elle alpire.Ainsi, ilvaut
mieux
de parer lecoup
qu'on prévoit,que
d^s'y expofer fans regarder les accidens qui pourroienc s'yjoindre.
Poui" ce qui concernele
Commerce
de laNation Britani-que, établi
en Amérique, &
dans la Méditerranée,on
fçaicque
c'efl de làque
fes fujéts&
l'Etatmême
tirent des Tréforsimmenfes
;&
par conséquent, il eH; abfolumenc de fonIntérêt de foutenir ceCommerce &
de le garantir contre les infultesde autres Nations.
Cependant nous
avonsvu
dans ces der-j niéres années,que
les Eipagnols ont enlevéou
pillé la plus grande partie des bâtimens Anglois, qui ontparu fur les côtes Espagnoles de l'Amérique fansque
les Angloisen
êuflent tirç raifon,comme on
l'atendoitd'uneNation qui n'eft pas acoûtu-?mée
à foufrir d'infultesimpunément
,&
donc lecommerce
foufroit, par ces déprédations,
un
préjudice confidérable , IqRoi
préférant vifiblement aux avantages de fes peuples la con-?fervation de la Paix. C'étoit auffi dans ces vues pacifiquesi apuyées encorepar des autres confidérations, touchantle
Com-r
rDi€ï"çe >
que
ce Prince,prie la refolucion d'engager la Coui;'.^^
" ^
d'E^agne
-^
( o )H
^" ir d'Efpagne par le Traicé de Seville, àconhrmer
cous les Droits&
Privilèges acordez aux Négocians Anglois dans les Traicezprécedcns,
& nommé ment
dans leTraicé deCommerce
, concluà Ucrechc en 171 3.
&
dans leContrad
de l'Afllenco, figné àMadrid
dans lamême
année,&
â confencir à ceque
les pré- tendons de part&
d'autre à l'égard des Vaiflèaux&
Efets prisen Mer
jusqu'aux temsMarquez
dans leV.Article, fûflènc exa- minées&
décidées par des Commillaires. Mais,comme
iln'y a point d'aparenceque
Tafaire puiile être terminée par ceccevoie
&
à lafacisfaclion delaNationBri.tanique,laCour
d'Efpagnen'ayant jamais eu l'intention d'agir ici de
bonne
foi,&
de re- dreflér équitablement les Griefs en queftion, laGrande
Bre- tagne eft fans doute en droit de procurer parla force des armesJa réparation des torts
& dommages
reçus aulTi bien qu'uneparfaite feureté
pour
fonCommerce
dans lenouveau Monde.
Ce
qui pourtant ne pourroit être éfeduéque
par l'envoi d'une forteEfcadre vers cetterégion,&
particulièrement dansle Golfe deMexique
, èc par la prife des Gallions demême que
parcelle d'uneou deux
Places ficuées fur ces côtes-là.Pour
ce qui efbdu Commerce
de la Nation Britanique dans laMéditerranée, il eft notoire, que la feurete decetteNa-
vigationdépend
en partie de la potTelTion de la Forcereflede
Gibraltar
&
de l'Isle de Minorque. Il feroit en vain de vouloirfaire ici
mention
des jufles cicres aux quels laGrande
Bretagne poffede ces importances Places, écant d'ailleurs alTez connus.Il fufit deremarquer,
que
malgré cesmêmes
titres, l'Efpagne citoujours tâché, de les réunir à fa domination ,
comprenant
ibicn,
que
tandis que les Anglois en feroient les poflelleurs, i!sferoient aufli en quelque manière lesMaîcres delaMéditerranée
&
de fonCommerce.
II eft vrai,que
Gibraltar eftune Pomme
de diicorde, fort propre à encreccnir la jaloufie àc la haine