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Contribution à l'étude des nouveaux traitements de la tuberculose

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Thesis

Reference

Contribution à l'étude des nouveaux traitements de la tuberculose

CZYZOWSKA, Eugénie

CZYZOWSKA, Eugénie. Contribution à l'étude des nouveaux traitements de la tuberculose. Thèse de doctorat : Univ. Genève, 1899

DOI : 10.13097/archive-ouverte/unige:27309

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:27309

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TRAVAIL FAIT A LA CLINIQUE MÉDICALE

DE L'UNIVERSITÉ DE GENÈVE

CONTRIBUTION

A L'ÉTUDE

DES NOUVEAUX TRAITEMENTS

DE LA

TUBERC-ULOSl~

THÈSE

PRÉSENTÉE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ DE GENÈVE POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR EN MÉDECINE

PAR

EUGÉNIE CZYZOWSKA

~ =---=-

GENÈVE

. IMP~IMERIE F_ 'I'APON.lVIE~

Rû.e de Carouge, 19 1899

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la présente thèse, sans prétendre par là émettre d' opz·- nion sur les propositions qui y sont énoncées.

Le Doyen:

Dr D'Espine.

Genève, I.e 25 Janvier 1899.

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à Jl'Plni~teMifé ~ {Jenelze

3lommage respectueux d'estime .. et de reconnaissance

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A V

ANT-PROPOS

L'étude de la tuberculose continue à passionner le monde médical. Sans quitter le champ de la clinique

·où se contrôlent toutes les données scientifiques, elle .est entrée en plein dans le domaine de la bactériologie

·.-et de l'expérimentation qui lui fait faire chaque jour de :sensibles progrès. On apprend à connaitre les mœurs des bacilles, la différence de leurs manifestations dans la .:Série animale, la variété dans les réceptivités et les immu- nités de chaque espèce. Puisque l'immunité absolue ou

relative existe par elle-même, il semblait que l'idée de :la créer artificiellement ne devait rien avoir de chimé-

rique. Maladie microbienne au même titre que la diph-

~térie, le charbon, le tétanos, etc., elle devrait avoir .aussi son vaccin préservatif ou curatif.

A force d'espérer, on croit toujours toucher au but,

•.au moins avoir trouvé la voie qui vous y conduit. Il est vrai qu'on n'a guère rencontré jusqu'ici que des illu- sions ; mais on cherche encore et on a raison.

A la Clinique médicale de Genève, on a passé en :·revue la plupart des médications préconisées dans ces

<>dix dernières années. Citons les travaux de Gilbert\

1 GILBERT, assistant de la Clinique médicale : 1° Etude sur les .,diverses médications de la tuberculose pulmonaire, en particulier sur '1e traitement par les inhalations d'acide fluorhydrique, avec 32 planches

··et tracés. These d.e doctorat 18~9, couronnée par la Faculté de Médecine.

- 2° Traitement de la tuberculose pulmonaire par l'air surchauffé.

Rev. méd. Suisse Rom., juillet 1890.- 3° Traitement de Koch dans les ...affections tuberculeuses. Rev. méd. Su-isse Rom., décembre 1890.

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Audéoud 1, Revilliod 2 et en dernier lieu de Zanoni 3 Après la défaite de Koch, l'idée de Maragliano, savoir : de substituer la sérothérapie à la bactériothérapie, en employa-nt le sang de chevaux immunisés, semblait un progrès sur la tuberculine de Koch; elle offrait un point de vue d'autant plus séduisant qu'elle se rapprochait des autres traitements sérothérapiques couronnés de succès.

Mais en matière de tuberculose, la première con di- ti on est la longue durée du traitement, c'est la patience·

pour continuer, recommencer, reprendre l'œuvre qui n'est jamais accomplie. C'est pourquoi le Prof. Revilliod nous a engagée à reprendre ces intéressantes recher- ches, facilitées par la générosité du Prof. Maragliano, qui lui fournissait libéralement son sérum, et à faire par la même occasion une revue critique des autres.

méthodes en cours qui se relient à la sérothérapie pro- prement dite.

Que M. le Prof. Revilliod, à qui nous devons nos.

premières leçons de clinique médicale, reçoive ici l'expression de toute notre gratitude pour la bienveil- lance qu'il n'a cessé de nous témoigner au cours de nos études et les conseils qu'il a bien voulu nous prodiguer·

pour mener à bien ce travail.

Nou·s divisons notre étude dans les six chapitres sui- vants :

1 AtJDÉOUD, assistant. de .la Clinique médicale: Gréosote et tubercu-- lose. Thèse de doctorat, 1893.

2 REVILLIOD: 1° Les premiers essais du traitementde.Koch à la Clinique- médicale. Leçons recueillies par les Drs Gilbert et Maillart, assistants.

Rev. méd. Suisse Rom.,5 janvier 1891.- 2° Le traitement de Koch à la Clinique. Mémoire fait en collaboration avec les Drs Gilbert et Maillart.

Avec 48 planches et tracés. ~ev. méd. Suisse Rom., 20 mai 1891.

3 ZANONI. Essais de sérumthérapie antituberculeuse (méthode Mara- gHano) faits à la Clinique médicale de Genève. Thèse de doctorat, 1898.

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1. HISTORIQUE

1. Genèse de l'humorisme moderne.

2. Humori-sme ancien.

3. Isothérapie.

4. Hématothérapie moderne.

5. Action du sérum dans l'organisme.

6. Application de la sérothérapie à la tuberculose.

7. Premiers essais de sérothérapie antituberculeuse.

II

La nouvelle tuberculine de Koch.

III

Autres traitements : oxytuberculine, etc.

lV

Quelques théories de l'immunité.

v

Sérum Marigliano.

VI

Conclusions.

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- 8 -

1

HISTORIQUE

Genèse de l'humorisme moderne

La médecine d'aujourd'hui tend de plus en plus à devenir une science exacte et à remplacer l'intuition et la fantaisie par des données strictes et basées sur une observation judicieuse des lois de la nature.

C'est ainsi que de l'humorisme ancien, inspiré, ins- tinctif, est né l'humorisme moderne scientifique.

C'est au génie de Pasteur que nous-devons la réhabi- litation de cet humorisme-là et la création de la méde- cine et de la thérapeutique pathogéniques. Il nous a appris l'art d'asservir au laboratoire les humeurs prises à l'hôpital pour en faire un agent de réconfort ou de défense.

Nous ayant démontré que la maladie est fonction de matière vivante et que nous pouvons commander la maladie en lui obéissant, il nous a fait aussi voir que de la science du « pourquoi » de la maladie sortait naturellement l'idée, la science, l'art de prévenir, d'at- ténuer, de guérir les maladies. C'est de cette science pathogénique qu'est sortie l'invention d'agents théra- peutiques nouveaux empruntés médiatement ou immé- diatement au règne humain.

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Humorisme des anciens

La médecine ancienne, empirique, avait eu déjà une sorte de pressentiment, d'instinct de ce que la méde- cine moderne a réalisé de nos jour~ dans sa sérothé- rapie. Ne cherchait-elle pas à traiter certaines affections, le mal comitial, par exemple. ou les vésanies, par les tranfusions sanguines ?

L'idée qui veut qu'on cherche à opposer dans le retour au bien une égalité de la puissance qui a con- duit au mal, à la maladie ou à la mort; - cette idée est très ancienne et d'origine théocratique. et my- thîque.

Les peuples croyaient que la maladie était c~usée par une puissance surnaturelle, une divinité ; cette divinité agissait tantôt elle-même, tantôt'par l'intermédiaire des éléments ou des choses, soit animées, soit inanimées.

La puissance a fait la maladie, la même puissance peut Ja défaire. La cause étant égale en puissance pour le bien comme pour le mal, rien de plus logique que d'in- voquer cette cause comme moyen thérapeutique.

lsothérapie

L'idée étiologique dominant dans l'isothérapie, il n'est pas étonnant que nous_ trouvions parmi les moyens de cette méthode la recherche de la préven- tion, de l'atténuation des maladies, tout comme leur curation. Voici ce que nous dit M.. Landouzy dans ses

« leçons sur la sérothérapie >> à propos de l'isothérapie des anciens :

« Il est intéressant et instructif de savoir comment

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sont parties, aux premiers temps de l'humanité, d'ob- servations très justes, certaines pratiques empiriques qui se sont dénaturées au travers des âges. Il n'est pas sans intérêt de savoir comment est née, cprnment s'est

· formée de cette manière la thérapeutique et la matière médicale qui a fini par fournir au populaire de tous les pays des remèdes reposant sur l'idée antique d'une correspondance, d'une égalité mystérieuse et mythique entre la cause et le malade.

C'est cette idée qui a voulu, qu'après les invocations faites aux divinités on s'adressât aux humeurs mèmes des patients, pour qu'elles· défissent elles-mèmes la maladie incorporée au malade ; on s'adressa à la cause même de la maladie, en allant la chercher dans les

éléments~ les hommes, les animaux, les plantes, qu'on en rendait responsables ; comme c'était le cas de cer- taines médications antiques qui_ voulaient -que l'homme mordu mangeât du chien mordeur. Cette pratique est recommandée par Pline; elle est de toute antiquité dans les habitudes des Chinois, elle figure dans là. médecine des XVlme et xvume siècles. >>

Encore aujourd~hui, les sauvages de l'Afrique font manger à l'homme mordu par un chien enragé le foie de ce chien et empêchent ainsi la rage de se déve- lopper.

<< C'est la même idée d'isothérapie, qui veut qu'à

défaut de chien enragé on s'adresse à un autre chien, et que, prenant de lui, vivant ou mort, Une partie, on l'applique sm· la région mordue. De ces pratiques iso- thérapiques sont, par associations et perversions d'idées, sorties· des médications qui visaient non plus l'animal qui avait fait la maladie, non plus son congénère, mais

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l'emploi d'objets, de plantes, par exemple, qui, d'une façon quelconque, par leurs caractères morphologiques (racine; feuilles, fleurs, etc.), par leurs noms mêmes, rappelaient la cause morbifique. C'est ainsi que pour rester dans la maladie rabique Pline recommandait contre la morsure du chien enragé le rosier sauvage, la rose du chien = le cynorrhodon. »

C'est donc dans les pratiques tentées par les isothé- rapistes· d'un côté et celles des médecins transfuseurs de l'autre, que nous pouvons voir le germe de la séro- thérapie moderne.

Il nous est impossible de suivre pas à pas l'évolution de cette idée, les cadres de cette étude ne nous per- mettant pas d'entrer dans les détails nécessaires. En faisant donc abstraction du travail lent et peu connu qui se faisait dans cette direction à travers les siècles, disons tout de suite que la sérothérapie, telle que nous la. comprenons et pratiquons aujourd'hui, est née tout

armée de l'hématothérapie scientifique moderne.

Action du sérum dans l'organisme

Les auteurs ne sont pas encore tout à fait d'accord sur la manière dont agit le sé~um introduit dans-l'or- ganisme. Selon les uns, nous avons aff a~ re à : 1 o une action dynamogène, se traduisant par une augmentation de la tension artérielle, excitation du système nerveux, de l'activité générale de l'individu. La. phagocytose, mise en présence du sérum, reçoit une impulsion nou- velle. 2° D:'autres auteurs (Roger entre autres) soutiennent que le sérum agit directement, qu'il est bactéricide. Introduit dans. !~organisme, ·le sérum

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empêcherait l'agent virulent de proliférer, la culture d'évoluer.

Où se développe-t-elle, cette substance bactéricide?

Bordet croit qu'elle siège dans les leucocytes et que de là elle diffuse dans le milieu ambiant. Metchnikoff a démontré que sous l'action de cette substance les mi- crobes changent d'aspect et de forme non seulement dans l'organisme, mais in vitro : ils s'immobilisent, se transforment rapidement, en dehors des cellules, en granulations arrondies (transformation granuleuse extra- cellulaire de Pfeiffer); ainsi altérés, les microbes s'ac- cumulent quelquefois en petits amas, s'agglomèrent.

3° D'après Bouchard, les sérums microbiens sont anti- toxiques uniqueinent parce qu'ils exaltent nos sécré- tions internes, auxquelles nous devons l'équilibre vital de nos cellules. Cette action peut n'être que passagère, mais elle est souvent durable, et, ce qui est important, elle peut s'exe·rcer dans un organisme autre que celui qui a élaboré ces substances. C'est ce que nous voyons se produire dans les injections de sérum sanguin ou d'extraits de certains organes.

Le passage momentané des matières bactériennes vaccinantes modifie la nutrition des cellules et permet à ces dernières d'élaborer la matière qui donne au sérum des vaccinés des propriétés antitoxiques.

« La sérothérapie, dit Landouzy, se propose donc : de changer le dynamisme d'un malade; de modifier la crase du sang, d'influencer les actes phagocytaires et 'de traiter hâtivement les toxémie&. L'injection, qui commence par faire, in situ, quelque chose de physico""

chimique, va, par une série d'actes histo-physiques et histochimiques irradiés, aboutir à un coefficient de

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vitalité par un procédé dont nous ignorons le méca- nisme intime, par actions inhibitoires ou autres, par ébranlement moléculaire répercuté, par incitations ner- veuses, par excitations phagocytaires, etc. L'ampoule sous-cutanée, brusquement produite par la pénétration du sérum, devient foyer de dynamisme sur place et à distance. Le dynamisme engendré est fonction de l'in- jection. L'injection exerce sur les nerfs dermiques (au point pénétré par l'aiguille et le liquide) une action perçue ou non perçue qui ne saurait être sans retentis- sement sur les centres nerveux : ceux-ci, par des actes réflexes centrifuges et ~ centripètes, commandent des réactions d'inhibition, de vaso-dilatation, de vaso-cons- triction, de vaso-sécrétion, d'où résulte toute une série de modalités organiques ou fonctionnelles nouvelles.

Cette injection a joué le rôle d'une. étincelle dynamogé- nisante : souvent, il est vrai, l'étincelle n'aboutit qu'à un feu de paille, mais ce feu de paille prouve qu'il y a eu incandescence. »

« La sérothérapie, conclut le même auteur, est une médication reconstituante, susceptible d'apporter dans la réfection dyscrasique des malades, son coefficient dynamogénisant autant qu'humoral. >>

Dans les tentatives qui ont été faites pour combattre les maladies par les microbes (bactériothérapie), par les produits des microbes (toxinothérapie), ou par les humeurs des animaux qui sont réfractaires aux micro- bes (sérothérapie), l'élément dominant est la réaction passagère ou durable de l'économie : on peut dire que les nouveaux remèdes empruntés au règne animal et au règne microbien ne font, comme les anciens remèdes empruntés aux règnes végétàl ou

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minéral, que solliciter l'effort de l'ancienne nature médicatrice.

Les théories modernes sur la pathogénie des maladies infectieuses et la thérapeutique nouvelle·, spécifique, de · ces maladies, nous ramènent donc par un chemin dé- tourné à l'humorisme ancien.

Application de la sérothérapie à la tuberculose Les succès obtenus dans le traitement du tétanos et de la diphtérie par la sérothérapie, encouragèrent les médecins à faire l'application de ce nouveau médica- ment à un grand nombre d'affections. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant qu'on ait songé à l'appliquer au traite- ment de la tuberculose, ce fléau qui décime les popula- tions et paraît se jouer des efforts des cliniciens.·

La fréquence de ]a tuberculose sous toutes ses formes, dans tous les milieux, dans tous les rangs de la société fait qu'on a ten_té de tout temps, sinon de guérir, au moins d'enrayer la marche de cette maladie.

C'est surtout pendant ces quinze dernières années qu'on a vu surgir une quantité de médicaments nou- veaux, de recherches et d'expériences innombrables.

Malgt'é ces travaux répétés, on n'a pas encore su dé- couvrir le retnède spécifique de la tuberculose ; cepen- dant les recherches, auxquelles se sont voués les savants de tous pays, nous laissent espérer qu'on est sur la voie qui permettra d'arriver à des résultats de plus en plus satisfaisants.

Toutes ces investigations sont basées sur le même principe: mettre, par un traitement approprié, l'orga- nisme dans un .état réfractaire à la maladie. Cet état

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dépend d'une foule de conditions, dont l'essence même nous échappe jusqu'à présent, mais que nous appre- nons à connaître par les résultats du combat qui· s-e livre entre le microbe et les tissus, entre le terrain et la graine.

Selon certains auteurs, et leur nombre devient de plus en plus grand, la thérapeutique· rationnelle de la phtisie doit être basée sur l'idée que dans 'un tissu absolument normal le bacille de· Koch ne saurait vivre.

Rendre le terrain réfractaire, c'est ôter au bacille le moyen de se fixer, de vivre, c'est lui ôter son bouillon.

« La lutte contre la tuberculose >> dit M. L. Revilliod dans sa causerie sur la contagion de la tuberculose,

« une des plus belles œuvres des temps modernes, sp~­

cule sur~out sur la modification de l'organisme .créée par l'immunisation, la sérothérapie, la bactériothérapie, la toxinothérapie, science qui arrivera tôt ou tard à ses fins. Si la variole a été vaincue au commencement de ce siècle par le sérum Jennérien, qui n'a pas ~a préten- tion P,'être microbicide, il y a tout lieu d'admettre que cette fin de siècle, qui a déjà vaincu la diphtérie, assis- tera à la découverte d'autres vaccins pour d'autres états infectieux, la tuberculose en particulier. Voilà la théra- peutique vraiment rationnelle et efficace. Elle ne vise pas l'extermination de tous les microbes, de tous les vices qui nous enveloppent de toutes parts et qui font partie pour ainsi dire de l'économie de l'univers, mais elle renforce l'énergie vitale, elle sollicite les réactions et les moyens de défense, elle active les forces physi- ques et morales, elle entretient le c~urage qui va au protoplasma et le rend imp~nétrable à l'invasion des parasites. >>

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On pourrait appliquer au bacille de Koch sans aucune restriction, ce que dit M. L. Revilliod en par- lant de l'oïdium' albicans : « Il règne constamment dans les salles des hôpitaux, comme partout; il fait partie des poussières, il pénètre et prospère dans la bouche et dans toute la muqueuse de celui-ci et· non dans celle de celui-là. Il ira où il veut, et c'est en vain qu'on chercherait à l'ensemencer ici et à le détruire là. Il veut un certain terrain, terrain cachectique, spécifique pour lui et il saura le trouver, dédaignant les voisins du lit, qui ne lui offrent pas cette cachexie spéciale, et c'est en traitai1t cette cachexie, qu'on éloignera le parasite, plutôt qu'avec tous les parasiticides locaux. »

. Quand au bacille d~ Koch « il est », dit M. Revilliod

« autour de nous, dans nous. Il y vit tantot comme te blé dans les pyramides d'Egypte, où il peut rester

0 vivant des milliers d'années sans germer; ce sont nos

im~uns innés ou acquis, stérilisateurs, blindés pae quelque antagonisme ; tantôt il prolifère comme ces moissons qui dorent nos campagnes, plus ou moins luxuriantes et florides ou arides et sèches, avortées, atténuées; ce sont nos prédisposés, innés ou acquis de par toutes les circonstances qui les tiennent dans un devenir perpétuel. >>

Premiers essais de sérothérapie antituberculeuse La sérothérapie, qui, comme nous l'avons dit plus haut, est un puissant moyen de reconstitution, de dy- namogénisation, et qui, en activant la phagocytose, permet à l'organisme de lutter avec succès contre l'en- nemi tendant à l'envahir, cette sérothérapie paraît

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- 17-

être tout indiquée comme traitement de la tuberculose.

Un des premiers essais fut fait par Emmerich. En se basant sur l'antagonisme incontestable de certaines maladies, il proposa d'injecter aux tuberculeux du sang d'animaux imn1unisés contre la streptococcie. Il s'agit ici d'hétérosérothérapie, car on oppose à la phtisie non un sérum imprégné de tuberculose mais un sérum d'une autre maladie infectieùse.

Nous ne citerons qu'en passant la célèbre lymphe de Koch, car ce traitement ne relève pas de la sérothéra- pie proprement dite, mais de microbithérapie, de toxi- nothérapie. D'ailleurs M. Zanoni, dans son travail sur le traitement des tubEwculeux par le procédé Mara"".

gliano (Thèse de Genève 1898), a suffisamment ana- lysé l'action de la tuberculine de Koch pour que nous n'ayons pas à y revenir.

C'est Richet et Héricourt qui les premiers ont fait une tentative de sérothérapie antituberculeuse proprement dite. Ayant cru remarquer que le chien était un animal réfractaire à la tuberculose, ils injectèrent aux lapins tuberculisés du sang de chien dans le péritoine, à la dose de 16 à 40 gr. La mortalité des témoins fut de 57 °/o, celle des transfusés de 17 °/o.

Le succès de ce premier essai ne tarda pas à entrai- ner d'autres expérimentateurs sur la même voie.

Bertin et Pick traitèrent des lapins tuberculisés par le sang de la chèvre, qui à cette époque avait été consi~

dérée comme éminemment réfractaire à la tuberculose.

Quelque temps après, on essaya d'appliquer ce même traitement à la tuberculose humaine. Bertin et Picq ob- tinrent des résultats très satisfaisants, même chez des tuberculeux à la troisième période ; ils ont pu consta-

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ter une grande amélioration, caractérisée par un retour des forces et une diminution des crachats et de la toux, alors que tous les traitements classiques avaient com- plètement échoué.

Ces résultats furent confirm~s par les expériences de Bernheim et Lépine, qui employèrent _du sang de chèvre et par celles de Héricourt et Richet, Héricourt, Langlois St-Hilaire, qui se sont servis du sang de chien.

Feulard traita les lu piques par des injections de sérum de chien et constata de l'amélioration, Pinard employa ce sérum chez des nourrissons issus des mères tuber- culeuses. Ces nouveaux-nés, nés en état de faiblesse congénitale, ont retiré un bénéfice réel de ce traitement, qui paraît-constituer un tonique excellent, un auxiliaire puissant de la couveuse et du gavage.

Hasse de Nordhausen, transfusant du. sang d'agneau, animal paraissant également réfractaire à la tuberculose spontanée, obtehait : diminution considérable de la toux et de l'expectoration, cessation de la fièvre hec- tique, retour de l'appétit et des forces. Les malades pouvaient quitter le lit et reprendre leurs occupations après avoir été dans l'état le plus misérable. Les signes stéthoscopiqJJes révélaient aussi une grande amélio- ration.

Cependant les recherches de Cadiot, de Gilbert, de Roger démontrèrent que le chien et la chèvre, de même que les gallinacés ne sont nullement réfractaires à la tuberculose, et le procédé fut abandonné. On essaya (Silvestrini, Baduel, Roger et Cadiot) d'injecter les extraits d'organes empruntés à la chèvre et au chien, mais les résultats ne· furent guère encourageants.

C'est alors qu'on songea à applique·r à la tuberculose

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- 1 9 -

le procédé dont on s'est servi pour d'autres maladies infectieùses, c'est-à-dire d'immuniser d'abord les ani- maux contre cette maladie et de se servir ensuite de leur sérum.

On immunisa soit avec le bacille de la tuberculose humaine, soit avec celui de la tuberculose aviaire,. soit enfin à l'aide de la culture stérilisée ou des produits solubles des bacilles. C'est principalement Grancher et Ledoux-Lebard, Grancher et H. Martin, Héricourt et Ri- .chet, Straus, Daremberg, Courmont et Dor, Redon et Che- not, etc., qui firent des recherches dans cette direction, :mais les résultats auxquels ils aboutirent furent si con-

tradictoires,. qu'il n'était pas possible d'en tirer des eonclusions de quelque valeur.

Roger, remarquant que l'immunité naturelle des gal- linacés, quoique relative aussi, est cependant supé-

·rieure à celie du chien et de la chèvre, fit des recher- ches très intéressantes, mais dont le résultat ne nous

·est pas connu encore. Il inocule à des poules des cul- tures de bacilles humains, ou des émulsions virulentes faites avec des organes de cobayes tuberculeux. Les œufs des poules sont recueillis et servent à préparer un liquide que Hoger expérimente sur des cobayes tuber- culeux.

On essaya aussi d'immuniser les animaux à l'aide de la tuberculine de Koch. Richet et Héricourt n'obtinrent

·que des résultats négatifs, mais Boinet, Behring, Nie- mann constatèrent que le sérum des animaux soumis à J'action progressive de la tuberculine est susceptible de .ralentir la marche de la phtisie, de l'enrayer même .,quelquefois chez les animaux tuberculisés.

Niemann a injecté aux chèvres âgées de un ou deux

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ans 2-3 ems de tuberculine obtenue d'une culture pure·

de bacilles ; après~ quelques semaines, il a augmenté la dose jusqu'à 15 ems. Ensuite il injecta le dépôt obtenu en traitant la tuberculine par l'alcool ; ce dépôt, très.

soluble dans l'eau, possède des propriétés très toxiques.

(0,005 injectés à un cobaye 28 à 30 jours après qu'on lui avait inoculé la tuberculose, le tuent en 8 à 15- heures). ~iemann ïnjecta aussi ce dépôt à· des chèvres- traitées par la tuberculine en quantité égale à 0,012-·

0,018 de solution aqueuse; 28 à 30 jours après une dose de 0,5-1 ,0, ensuite 3,0-4,0. Le sérum des chè-·

vres ainsi traitées, possède des propriétés plus ou moins..

toxiques, dépendant du degré de tox-icité de la tuber-

r~

culine injectée au début. L'organisme de ces chèvres,_

surchargé de toxines, s'en débarrasse bientôt et forme·

des antitoxines. On peut accélérer la formation des an- titoxines si on injecte, dès le début, des cultures non filtrées (cultures de 3-4 semaines) condensées dans le·

vide jusqu'au 1/ , ou 1/s, à 30°-m)o.

Le sérum de ces chèvres possède toujours une quan-·

tité plus ou moins grande d'antituberculine. Pour véri- fier la force antitoxique de ce sérum, Niemann se ser-·

vait de cobayes tuberculisés depuis 15-20 jours, et il leur injectait une ùose mortelle de tuberculine avec une- quantité variable de sérum. Grâce à ces expériences,.

Niemann a pu se convaincre que 1,5 ems de sérum de·

chèvre, traitée pendant cinq mois de la façon dont il vient d'être question, injectés à un cobaye de 300 gr.

trepte jours après l'injection par la tuberculine, pou- vaient neutt'aliser 0,5 de tuberculine, tandis qu'une·

dose de 0,25 de tuberculine tuait les cobayes témoins ,.

t ems de sérum de chèvce traitée pendant 7 mois, neu-

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. - 2'1-

·tralisait 0,5 cm3 de tuberculine. Niemann avait aussi

~expérimenté l'action d'un sérum analogue sur les hommes. Un malade âgé de 33 ans, apyrétique, réagis-

·sant à 0_,0015 de tuber.culine, pouvait supporter 0,002 de tuber~uline, si en même temps on lui avait injecté :0,75 cm3 de sérum.

Niemann avait traité par le sérum des cobayes tuber-·

-culisés depuis f-18 jours; le traitement durait 2-3 mois;

la quantité de sérum employée était de 60-80 cm3

·L'abcès formé au lieu d'inoculation s'est fermé après -3-6 semaines de traitement, ce qui généralement n'a -pas lieu; la. tuméfaction des ganglions disparaissait après 4 à 8 semaines, les animaux augmentaient de poids.

Des résultats semblables furent observés par Bern- .heim, qui se servit de cultures de bacilles de Koch fil- trées, par Maffucci et di Vestea, qui employèrent des

·-cultures chauffées __ à 100°. Babès et Proca se servirent d'un procédé assez complexe, qui donna quelques ré- :Sultats encourageants ; ils immunisaient les animaux -en leur injectant d'abord de la tuberculine aviaire et humaine, puis en leur inoculant de la tuberculose . .aviaire et finalement de la tuberculose humaine.

(23)

·LA NOUVELLE TUBERCULINE DE KOCH

Dans toutes ces expériences et ces recherches, nous- voyons la tendance de rendre l'animal ou l'homme ré- fractaire non seulement aux bactéries, mais aussi à leurs ..

produits - les toxines.

« Il semblerait >>, dit Koch, « qu'il ne peut être ques- tion d'immuniser l'organisme contre la tuberculose, car·

malgré la durée, quelquefois longue de cette maladie.l>.

l'organisme ne devient pas plus réfractaire ; même dans.

les cas où il y a eu guérison, il reste une tendance à la récidive. »

· Cependant il y a des données certaines qui parais-- sent indiquer là possibilité de l'immunisation contre. la.

tuberculose. On a remarqué que dans. la tuberculose··

miliaire et la tuberculose expérimentale des cobayes, on pouvait constater, pendant une certaine période de la maladie, la disparition des bacilles, qui au commence-..

ment s'étaient trouvés en quantité considérable.

Ce fait est interprété par Koch comme une immuni- sation dirigée seulement contre les bactéries ; malheu-·

reusement elle vient trop tard, et l'organisme ne peut plus en profiter. Dans les deux cas, il y a· ceci de corn-·

mun, que. pendant un temps très court l'organisme est plein de bactéries. Cela nous explique pourquoi dans~

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- 2 3 -

les cas ordinaires l'immunisation n'a pas lieu. Les ba- cilles se trouvent généralement en petite quantité dans les tissus, se multiplient lentement, sont entourés de tissus mortifiés et, seulement après un certain temps_.

meurent et sont absorbés. S'ils -se trouvent en grande quantité, par exemple dans les cavernes ou à la surface des muqueuses, ils sont éliminés, éloignés, et par con- séquent ne peuvent être absorbés.

Donc il ne peut être ici question d'immunisation; celle-ci peut avoir lieu quand des nombreux bacilles, comme dans la miliaire ou dans la tuberculose expérimentale chez les cobayes, pénètrent et se répandent dans tout l'organisme, en entrant en contact avec les tissus vivants. Il faudrait, pour obtenir une immunisation artificielle, créer des conditions, semblables à celles dont nous venons de parler. Les essais, ayant pour but de .faire absorber des masses considérables de bacilles vivants ou morts, venant tantôt du tissu cellulaire sous- cutané, tantôt de la cavité abdominale ou enfin du cou- rant sanguin, ces essais n'ont jamais donné de résul- tats.

Il était évident que _les bacilles non modifiés ne pou- vaient guère servir à l'immunisation. C'est alors que Koch eut l'idée d'extraire d'une grande quantité de ba- cilles, des éléments qui puissent être absorbes et servir à l'immunisation. Le premier extrait glycériné donna la tuberculine. Cette tuberculine avait l'importante pro- priété de provoquer une reaction chez les individus atteints de bacillose. Cette réaction était suivie d'une certaine amélioration, mais après un certain temps l'organisme s'immunisait contre la tuberculine même, avant d'être guéri.

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D'ailleurs, nous avons à faire ici avec une immu- nisation contre les toxines et non contre les bacilles mêmes.

· Koch entreprit d'autres recherches afin de trouver un moyen immunisateur contre les bacilles. Pour rendre les bacilles plus aptes à ètre absorbés, il les trîture.

En agissant sur les bacilles par des acides nünéraux et des alcalis, il a trouvé que ces bacilles contiennent deux corps, appartenant à la catégorie des acides gras non saturés. Un de ces acides se dissout dans l'alcool à faible concentration et se saponifie facilement par la

so~de caustique, l'autre se dissout seulement dans l'al- cool bouillant ou dans l'éther et se saponifie très diffi- -cilement. Tous les deux corps se colorent par le phénol- fuchsine, et c'est à ces acides que nous devons ,la colo- ration des bacilles de Koch.

Koch constata que ces acides forment une couche à la surface du bacille et que c'est justement cette couche qui s'oppose à l'absorption des bacilles ; il fallait donc détruire cette membrane protectrice. Dans ce but, on prenait des cultures bien sèches et on les triturait;

pour éloigner les quelques bacilles qui peuvent avoir échappé à la trituration, on mélange la masse avec· de l'eau et on la soumet à la centrifugation. Une demi- heure après, on obtient un liquide blanchâtre, opalin, sans bacilles, et un dépôt. Le liquide était séparé et COfi:Servé, le dépôt était de nouveau soumis à la tritu- ration, etc. De cette façon, on obtenait toute une série de liquides.

Koch, dans ses nombreuses expériences, a pu se convaincre que ces liquides s'absorbent très facilement et ne provoquent jamais de suppuration, s'ils ne con-

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tiennent aucun bacille pouvant se colorer. En même temps, il constata que le liquide obtenu en premier diffél'ait des autres; ces derniers, au contraire, étaient tous semblables entre eux. Koch appela le premier de ces liquides tuberculine 0 (TO), les autres TR.

TO se rapproche par ses propriétés de la première tuberculine de Koch et aussi de la tuberculine obtenue par l'action des alcalis sur les cultures (TA), avec cette différence que TO ne provoque jamais de suppuration comme TA.

TR · administrée à haute dose provoque aussi une réaction chez les malades atteints de bacillose, mais son action curative n'est nullement basée sur cette pro- priété. Au contraire, en administrant la TR, . il faut tâcher d'éviter cette réaction ;--pour y arriver, il faut augmenter progressivement les doses. En immunisant le malad~ contre TR, on l'immunise par ce fait contre les bacilles. L'homme immunisé ne réagit plus contre de fortes doses de la tuberculine primitive. Afin d'ob- tenir des préparations actives, il faut se servir de cul- tures très virulentes et récentes ; la dessication doit se faire dans le vide. Les cultures et la préparation obte- nue doivent être mises à l'abri de la lumière. La tritu- ration doit se faire immédiatement après la dessication;

cette manipulation est assez dangereuse à cause des poussières qui se forment. Pour conserver les prépara-.

ti ons, il faut y ajouter 20 °/o de .glycérine. V application et le dosage sont très simples. L'injection se fait dans le dos au moyen d'une seringue bien stérilisée. Le liquide contient O,Ot de parties solides dans 1 cm3; on le dilue avec une solution physiologique de NaCl. On injecte pour commencer 1/soo de milligramme. Si cette

/

'

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dose provoque une réaction, on dilue encore davantage le liquide. Les injections se font tous les deux jours, en augmentant progressivement la dose, mais en ayant soin d'éviter une élévation de température de plus d'un 1/2°. Si la température s'élève davantage, on·

arrête les injections jusqu'à ce que la température redevienne normale.

Koch arrivait à injecter jusqu'à 20 milligrammes, et il suspendait les injections, ou bien continuait le trai- tement, en espaçant les injecLions. PoUr immuniser les animaux sains et traiter les malades, il faut employer la TR à haute dose. Koch réussit à rendre quelques cobayes complètement réfractaires à l'inoculation de cultures virulentes.

Se basant sm· ces expériences, Koch conclut que l'immunisation complète des cobayes a lieu après deux ou trois semaines. La guérison des cobayes tuberculeux ne peut avoir lieu que si on commence le traitement huit ou quinze jours après l'inoculation, car la tubercu- lose se développe très rapidement chez ces animaux.

Ce même principe doit être appliqué dans le traitement de la tuberculose en général. Les tuberculeux du troi- sième degré ·ne sauraient tirer aucun bénéfice de la TR, de même les tuberculeux cher. lesquels on a cons- taté une bacillose compliquée d'associations micro- biennes. En général, on ne peut compter sur de bons résultats chez des malades dont la fièvre est supérieure à 38°. Les lu piques ont toujours été améliorés par la TR.

L'amélioration était rapide et visible, malgré une légère réaction locale. Dans la tuberculose pulmonaire, on constata tout d'abord une augmentation de· râles, phé- nomène qui disparaît .très vite. L'expectoration diminue

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notablement après quelques injections et disparaît même quelquefois ; les râles disparaissent aussi et la matité diminue. Les malades augmentent de poids, la température baisse progressivement et finit par atteindre la normale.

Après avoir donné ces indications, Koch fait observer qu'il ne considére nullement la méthode d'injections à doses croissantes comme la meilleure ; il se peut, di f-il, que d'autres méthodes, par exemple une combinaison de TO avec· TR ou bien avec du sérum donne de meilleurs résultats; il est seulement convaincu qu'on ne saurait avoir de· meilleures préparations que celles dont il vient d'être qu_estion. .

La nouvelle tuberculine ne tarda pas à être expéri- mentée par de nombreux cliniciens, surtout en Alle- magne.

Doutrelepont, de Bonn, a appliqué la TR dans Hi cas de lupus; trois d'entre eux étaient compliqués de tuber- cu.lose osseuse, et tous étaient accompagnés de tuber- culose ganglionnaire. La dose initiale de 1/5oo de milli- gramme fut vite augmentée C/25o, 1/Ioo, etc.), mais comme la température s'éleva en même temps, on fut forcé d'agir avec plus de circonspection, en augmentant chaque fois la dose 1/5oo à 10/5oo, ensuite de 1/5o, 1/5, jusqu'à ia dose de t milligramme. La dose maxill_lale, employée pour une injection dans un des cas en ques- tion, était de 4 milligrammes. C'était déjà la trente- huitième injection chez un malade habitué précédem- ment aux injections de tuberculine ancienne. Cetté dose . n'a pas provoqué d'ascension thermométrique supé-

rieure à 38°. Cependant" il y a eu des cas de 39° et même de plus de 40° après une injection àe 2/5-3/5 .·de milli-

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gt·amme;- mais la température baissait le lendemain et arrivait au niveau normal; en même temps, il y avait une accélération du pouls et de la respiration. Un des malades, après avoir reçu une injection de 2/5 de milli-

ge~mme, ressentit un malaise général, accompagné de frissons et de céphalalgie ; un autre, après 3/5 de milli- gramme, eut des vertiges 'et de la lassitude. Un certain jour, on observa chez sept malades une réaction plus forte à la suite d'une injection de TR, préparée cinq jours à l'avance et à laquelle on avait ajouté 20 °/o de solution glycérinée, an lieu de la solution physiologique de NaCl. Ce fait eonfirme l'opinion de Bussenius d'après lequel l'élévation de la température est fonction du temps qui s'est écoulé depuis la préparation de la tuber- culine.

Une réaction locale manifeste a été remarquée seule- ment dans un cas de lupus du visage, où les os du nez étaient détruits à la surface; après la· dixième injection (B/5 de milligramme), il y a eu inflammation des sinus, semblable à celle qu'on avajt observé à la suite du trai- tement par l'ancienne tuberculine. Il y avait eu aussi un cas de tuméfaction de la rate avec fièvre ( 40,5°) et douleurs. Tous les malades augmentaient de poids; le traitement était en général bien supportB; il y avait quelquefois de la douleur locale et un peu d'œdème, mais jamais de suppuration, ni d'exanthème.

Quant au processus même de la maladie, on consta- tait généralement une cicatrisation rapide des ulcéra- tions; dans la forme hypertrophique du lupus, les œdèmes et les petits tubercules disparaissaient. Doutre- . lepont conclut de ces expériences que la TR exerce une

·influence salutaire sur le lupus.

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R. Müller, de Berlin, ayant soumis au traitement par la TR un jeune hemme atteint d'otite tuberculeuse gauche, constata que non seulement il n'y a pas eu d'amélioration, mais que l'oreille droite fut aussi atteinte pendant le traitement.

On ne peut cependant maintenir que cette otite était due à la TR, car en ce cas il devrait se former d'autres foyers tuberculeux dans d'autres organes. L'auteur est plutôt enclin à supposer que le bacille a pénétré avec les crachats dans la caisse du tympan par la trompe d'Eustache, pendant un accès de toux.

Herzfeld cite 7 cas de malades atteints de tuberculose

laryngée~ apyrétiques et n'ayant que de légères lésions pulmonaires. Sur le nombre général de 145 injections de TR, il n'y a jamais eu de suppuration ; on avait seu- lement constaté quelquefois ·des œdèmes locaux peu douloureux et transitoires.

Chez deux des malades on constata de la douleur ou tout au moins une sensation de brûlure aux endroits piqués précédemment, bien que la dernière injection eût été faite à une certaine distance des autres. Herz- feld explique ce phénomène par une différence dans la durée d'absorption des toxines et par l'influence qu'exerce l'injection récente sur l'absorption du liquide injecté précédemment. Ce phénomène est inverse de celui dont pat'le Bussenius, notamment que la douleur qu'éprouvait un malade à l'endroit de la piqûre, avait cédé à la suite d'une nouvelle injection de tuber- culine.

Un grand inconvénient consiste en ce que le liquide se trouble souvent et qu'il faut le renouveler fréquem- ment, ce qui augmente beaucoup les frais du traite-

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ment. Herzfeld est d'avis qu'il ne peut être question d'un traitement normal, c'est-à-dire de. vingt-neuf jours;

·pour que le malade puisse supporter 10-20 milli- grammes de substance sèche, il faut attendre plusieùrs mois, et même le malade arrivé à la dose maximale, c'est-à-dire immunisé, ne peut êtt'e considéré comme guéri. Une augmentation lente et graduelle de la dose ne garantit pas non plus co1~tre l'élévation de tempé- rature, car il arrive que le même malade, ayant reçu une injection venant d'un autre flacon, se met à .fébri- citer; cela dépend évidemment d'une différence dans la préparation du liquide. Comme phénomènes secon- daires, on a encore observé que l'urine se troublait quelquefois, phénomène dépendant de l'albuminurie concomittante et disparaissant avec elle; on constatait aussi de la somnolence, des palpitations, des maux de tête et surtout une diminution de l'appétit.

Quant ~ux résultats du traitement, ils n'étaient pas satisfaisants; dans un des cas seulement, on a pu constater une amélioration notable; l'œdème des cordes vocales a disparu, les ulcérations ont commencé à se cicatriser.

Baudeck expérimente sur vingt tuberculeux au Sana- torium de Schœmberg, à Wirtemberg. Tous ces malades avaient des lésions · pulmonaires peu prononcées et étaient apyrétiques.

Six de ces malades ont terminé leur cure, un l'a interrompue, les autres continuent encore le traitement.

La durée du traitement était de soixante-quatre jours au moins; la TR était injectée à la dose de 10-20 milli- grammes, une fois ·par semaine.

Les résultats étaient en général assez bons, mais

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- 3 t -

' Baudach n:y attache pas beaucoup d'importance, car les bonnes conditions hygiéniques et diététiques jouaient un rôle prépondérant dans les soins donnés aux malades.

Rumpf, ayant traité douze malades par la TR, con-

dut:

t o Que la TR injectét:l aux doses indiquées par Koch détermine souvent des œdèmes douloureux, lents à dis- paraître et suppurant quelquefois;

2° Qu'en augmentant lentement la dose, on .peut ar- river ·à une quantité maximale qui ne provoque qu'une légère réaction, mais qu'on ne peut être sûr qu'après la répétition d'une dose précédemment bien supportée il n'y ait plus de fièvre;

. 3° Que très souvent les petites doses occasionnent de la fièvre, tandis que de hautes doses sont supportées sans troubles quelconques; cela tient évidemment à ce que les préparations ne sopt pas toujours iden- tiques;

4° Que la réaction consiste, dans certains cas, non seulement dans l'ascension thermométrique, mais aussi dans l'accélération du. pouls, dans la cyanose, le ver- tige, les douleurs sans localisation déterminée, etc.;

5° Les phénomènes qui viennent d'être énumérés peuvent ne pas être ac~ofl)pagnés de fièvre;

6° Il n'est pas bien certain, jusqu'à présent, que la dose, considérée par Koch comme maximale, immu- nise l'homme contre la tuberc~lose; c'est d'autant plus

·douteux, qu'on avait vu un malade, jusqu'alors apyré- tique, commencer à fébriciter après -la dose de 20 mil- ligrammes;

7° Si la TR ne confère pas l'immunité, sa supériorité

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sur l'ancienne tuberculine ne consistera qu'en ce qu'elle contient davantage de substances toxiques ;

8° On peut expérimenter la TR dans les cas de tuber- culose au début_, mais il faut exiger que la fabrique livre des produits à action constante, ce qui n'a pas lieu jusqu'à présent.

Leick, de Greifswald, a traité 15 cas de tuberculose pulmonaire, dont 5 sont encore en traitement. L'un d'eux est mort subitement, quelques-uns quittèrent la clinique sans avoir atteint la dose de 20 milligrammes.

Les injections étaient de 1/soo de milligramme au début;

la dose était doublée tous les deux jours. Beaucoup de malades se sont plaint au début d'une vive douleur à l'endroit de la piqûre; cette douleur augmentait d'in- tensité avec la dose. On a constaté une fois de l'urti- caire généralisé.

·Jamais on n'a obtenu une amélïoration plus accen- tuée qu'avec d'autres trait~ments; dans 2 cas, cepen- dant,_ elle était très évidente, mais Leick ne croit pas qu'elle soit due à l'action de la tuberculine, dont la valeur curative est encore très incertaine.

Buber expérimenta la TR sur. '15 cobayes. Tous ces

1o

cobayes sont morts avec des signes d'une tubercu- lose très avancée. Les cobayes témoins survécurent, au contraire, aux premiers. Buber fit aussi des expériences·

sur les hommes, en commençant par une dose de 1/looo

et en l'augmentant avec une prudence extrême. Parmi les cinq tuberculeux, chez lesquels le processus était déjà assez avancé, deux n'éprouvèrent que de l'aggravation;

chez les 'trois autres, il n'y a eu aucun changement;

deux malades, qui n'avaient que des lésions peu pro- . noncées, ne furent point influencés par le traitement.

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- 3 3 - .

Trois autres malades répondaient parfaitement aux exi- gences de Koch; chez l'un d'eux, on constata de l'amé- lioration, mais le traitement a été malheureusement interrompu; les deux autres ne présentèrent aucun changement.

Enfin, des q_uatre malades auquel le traitement s'adap- tait ·parfaitement et qui l'ont suivi rigoureusement, un est resté stationnaire, le second fut presque guéri, mais pour peu de temps et .mourut d!une tuberculose miliaire aiguë généralisée, les deux derniers furent réellement améliorés. Se basant sur ces expériences, Huber croit que l'application prudente de la TR ne peut faire de tort, mais que ce remède n'est en aucune façon supé- rieur aux autres moyens thérapeutiques.

Burghardt ne considère pas non plus la TR comme ayant une valeur particulièré. Dans ses expériences personnelles, il remarqua que non seulement les tuber- culeux, mais les individus complètement indemnes de bacillose (7 cas) réagissaient aux doses minimes de tuberculine. Les tuberculeux (autant les· fébriles que les apyrétiques) supportaient malle traitement et ne témoi- gnaient aucune amélioration.

Raude (4 cas) soutient que la TR, tout en donnant quelques bons résultats, n'est nullement plus effi-

·cace que les autres méthodes de traitement de la bacillose.

Nous voyons donc que la plupart des expérimenta- teurs ne sont pas d'accord avec Koch quant aux pro- priétés attribuées à la tuberculine ; en admettant même qu'elle soit inoffensive, il semble qu'il n'y aurait aucun avantage à s'en servir.

Les défenseurs de la TR (Petruschky, Marx, Busse-

3

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nius, etc.) attribuent les insuccès du traitement à un mauvais maniement, une mauvaise tactique dans l'eql- ploi du médicament. Selon Petruschky, on arrive beau- coup plus souvent qu'on ne le pense à une intoxication aiguë ou chronique par la tuberculine, même si l'on n'atteint pas le? doses maximales, ce qui .dépend natu- rellement d'une plus ou moins grande résistance du malade. Par conséquent, il faudrait être très prudent dans l'application de la TR et procéder « par étapes »,

c'es,t--à-dire instituer des cures de courte durée, avec des intervalles de trois mois, et poursuivre le trçtitement pendant très longtemps.

«"La TR, dit Petruschky, n'a pas dit son dernier mot;

il faut seulement savoir s'en servir. »

Les conclusions de Koch, sur les résultats expéri- mentaux fournis par la nouvelle tuberculine, n'ont pas tardé à être combattues en France comme en Alle- magne. Cependant, les médecins français sont plus ré- servés dans leur jugement à cet égard et reconnaissent que la TR a le plus souvent un bon r effet sur l'état général des malades, sans qu'il soit possible d'établir son action sur· les lésions mêmes de la tuberculose.

Nous reproduisons textuellement l'opinion de MM. Ar- loing, J. Courmont et Nicolas :

« Toutes nos recherches nous ont conduit à la con- clusion que la valeur curative et préventive de la TR à l'égard de la tuberculose expérimentale est nulle. Chez les animaux sains, l'administration de cette tuberculine, étudiée au point de vue pharmacodynamique, modifie à peine les grandes fonctions. Elle ne contient pas de substance hyperthermisante, vasodilatatrice, vasopara- lytique, toxicardique ni nauséeuse ; nous avons seule-

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-35 -_

ment noté qu'elle renferme un poison qui ralentit le 1(!œur et le pouls. De même chez les animaux tubercu-_

leux, elle présente une inocuité relative. Nous n'avons :pas, observé qu'elle pût provoquer des généralisations rapides de l'infection, comme on Ya reproché à la pre- mière tuberr.uline de Koch. Cependant, elle semble favoriser l'extension de la tuberculose dans les gan-

-~lions lymphàtiques. Nous avons, en effet, remarqué -plusieurs fois que des cobayes, inoculés- de tuberculose --à une cuisse et recevant des injections de tuberculine à l'autre cuisse, offraient plus souvent et plus tôt que les témoins des lésions ganglionnaires du côté opposé à l'inoculation bacillaire. »

M. Leclerc, de Lyon, n'a pas obtenu des- résultats ,encourageants du traitement de la tuberculose hu.maine

·par la TR. Il lui refuse tout pouvoir curatif et suppose

·même qu'elle n'est pas tout à fait inoffensive.

M. Vaquier, de Villiers-sur-Marne, conclut de ses

"observations personnelles faites sur cinq enfants tuber-

"cule1JX, que l'état des lésions pulmonaires ne semble_

.pas être influencé par la TR, sauf chez un malade, dont

-~l'infection s'est fapidement accrue.

M. O. Benoît, de Paris, est, en revanche, partisan du nouveau traitement, ou, tout au moins, il _conseille de -ne pas se hâter de juger cet agent thérapeutique et d·e '"ne pas l'écarter prématurément. (< Les tuberculeux aux-

quels ce traitement a été a·ppliqué, dit-il, m'ont paru en tirer un bénéfice réel, bien que la plupart eussent pré-

~:Senté des lésions avancées. »

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III

AUTRES TRAITEMENTS

Koch s'est efforcé de priver la tuberculine primitive de certaines substances nuisibles pour diminuer les dangers de son emploi thérapeutique ; il y est arrivé en obtenant la TR, dont nous venons de parler. D'autres savants essayèrent de la modifier, soit en l'oxydant, soit Qn la faisant passer à travers lè sang d'un animal. . La première de ces méthodes est due à Hirsch- felder, de San Francisco, la seconde à Maragliano, de Gênes.

Oxytuberculine

Hirschfelder prend, comme point de départ de ses recherches, l'hypothèse que la tuberculine, en s'oxydant, serait capable de se transformer en antitoxine. Pour obte- nir cette oxytuberculine, il procède de la façon suivante : après avoir· cultivé le bacille de Koch dans du bouillon de veau glycériné à 4 °/o avec f 0/o de peptone et 0,5 °/(}

. de chlorure de sodium, on ajoute par litre 3 cm3 d'une solution normale de carbonate de soude. Les cultures sont alors stérilisées par la chaleur et filtrées. On pra- tique ensuite l'oxygénation de la tuberculine ainsi ob- tenue, en la chauffant pendant cent vingt heures à

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- 3 7 -

100° C, et en y ajoutant toutes les douze heures 100 cm3 d'eau oxygénée, préparée de telle façon qu'un volume de la solution puisse dégager dix volumes d'oxygène.

On alcalinise légèrement le produit et on laisse reposer.

On peut le conserver ensuite en tubes scellés, après stérilisation par la chaleur ou bien en y ajoutant 2 °/o d'acide borique et 3 °/o de glycérine.

Une série d'expériences ont démontré à Hirschfelder l'action de cette oxytuberculine sur les cultures de ba- cilles de Koch : tandis qu'une quantité égale de tuber- culine ajoutée à du bouillon n'empêche pas le dévelop- n':lent des bacilles, ceux-ci ne poussent plus dès que le bouillon contient 7 pour 20 d'oxytuberculine. L'inno-

<mité de l'oxytuberculine a été confirmée par les récentes expériences de M. Guinard sur les animaux.

Hirschfelder a employé ce produit chez soixante-dix tuberculeux en injections sous-cutanées de 5 ems une fois par semaine, puis de 5 ems tous les trois jours, pour arriver ainsi progressivement à la dose de 20 ems et même plus. Le nombre des injections à pratiquer et la durée du traitement varient avec chaque malade. Hirsch- felder a obtenu de nombreuses améliorations et quel:- qucs guérisons, entre autres un succès inespéré dans un cas de tuberculose miliaire aiguë.

Sans vouloir mettre en doute l' efficac~té de l' oxytu- berculine comme antitoxine, on est cependant tenté de supposer que l'agent curatif est dans ce cas l'oxygène même, qui jouerait le rôle de bactéricide ; il y aurait ici un phénomène analogue à celui que nous voyons lors de la formation d'une pneumothorax chez un tuber- culeux ou bien lorsqu'on laparatomise une péritonite tuberculeuse; dans les deux cas on constate que l'évo-

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lution de la tuberculose est enrayée grâce à la péné- tration de l'oxygène de l'air dans l'organisme.

lJe Congrès pour l'étude de la tuberculose (1898) a.

mis en lumière plusieurs nouvelles méthodes de traite-- ment de la tuberculose qui se rattachent plus ou moins-.

à la sérothérapie. C'est une nouvelle série de tâton- nements, sur lesquels on ne saurait porter encore un, jugement décisif et qui ont besoin de faire leurs ..

preuves.

M. J. Denys, de Louvain, a expérimenté une nouvelle·

tuberculine, dont il n'a pas- encore indiqué le mode de- préparation, d'abord sur des chiens, et ensuite, encou-- ragé par les résultats obtenus, sur l'homme.

Dans 19 cas de tuberculose au dernier degré, avec·- lésions étendues et fièvre, le résultat a été nul. Chez:

six malades atteints de tuberculose fébrile, avec lésions---

mo~érées ou légères, la fièvre est rapidement tombée,.

et l'état des patients s'est amélioré.

L'amélioration a été considérable dans les cas de- tuberculose apyrétique, dont quelques-uns s'accompa-- gnaient de lésions cavitaires, pourvu que l'envahisse-- ment des poumons ne fût pas très étendu. Une série de·

quarante-huit malades de ce genre a dont'lé à M. Denys- quinze guérisons (disparition des bacilles ou de l'expec- toration), vingt-cinq améliorations, deux états station-- naires et six décès (quatre par complications intercur- rentes, deux par émaciation excessive). Tous ces pa- tients n'ont été soumis à aucu1:1e autre médication que- la tuberculine. Ce traitement a été institué, d'après les.

principes de Koch, à dose faible au début, progressive~

ensuite à mesure que la tolérance s'établit. Il faut éviter-- une réaction intense et suspendre le traitement pendant

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