INFLUENCE
DELA SUPPLÉMENTATION PROTÉIQUE
BI-HEBDOMADAIRE
D’UN RÉGIME
ABAS NIVEAU AZOTÉ
SUR LE GAIN DE POIDS
ETLES BILANS D’AZOTE CHEZ LE PORC EN CROISSANCE
Genevièvre CHARLET-LERY
Michèle FISZLEWICZ Marie-Thérèse MOREL S. GUÉNEAU
Laboratoire de Recherches sur la Conservation et l’Efficacité des Aliments,
Centre national de Recherches zootechniques, I. N. R. A., ., 78 - Jouy-en-Josas
RÉSUMÉ
Chez le Porc en croissance (25-97kg), la régularité de l’apport protéique à tous les repas (ali- mentation classique) ou sa concentration partielle mais importante (40 p. 100 en 2 repas riches
en azote (HN) sur les r3hebdomadaires (alimentation dissociée)) ne modifient ni la croissance, ni les indices de consommation, ni les bilans d’azote mesurés 21 jours consécutifs aux environs de 4
o kg puis de 70kg.
Les carcasses des animaux soumis à l’alimentation dissociée auraient tendance à être légè- rement moins adipeuses.
On suppose que l’organisme animal stockerait momentanément les protéines qui lui sont
fournies irrégulièrement et les utiliserait dans les deux jours suivants.
INTRODUCTION
Deux
expériences précédentes
effectuées sur des porcs en croissance nous ont conduits aux résultats suivants :1
° Contrairement aux observations
classiques
faites chez le Rat ou le Chienadulte,
nous observons(CHAR!,!T-I,!RY, 1970 )
chez le Porc en croissance( 30 -60 kg)
à la suite de la consommation d’un repas à haut taux azoté
(HN) des dépenses
d’extra-chaleur inférieures à celles induites par les repas à taux azoté bas ou moyen
(BN) qu’il ingère régulièrement.
L’économied’énergie
par gramme d’azoteingéré
enplus
au cours du repas HN
(g
Ni+)
s’élève à 2,34 kcal dans nos conditionsexpérimen-
tales : source
protéique
de haute valeurbiologique identique
pour les 2types de repas, g Ni + par unité depoids métabolique (P O , 70 )
variant de2 , 1 6
àq,8 2 .
Cette économie
s’accompagne
d’une chute desquotients respiratoires
relative-ment constante de z5 à 2o p. 100, les faisant passer de valeurs
supérieures
à i à desvaleurs inférieures à i. Ceci montre,
qu’il
y a,pendant
les 7 heuresqui
suivent lerepas, non seulement un arrêt total de la
lipogenèse,
maispeut-être
aussilipolyse puisque
certainsQR
serapprochent de
o,7.Sur ces mêmes
animaux,
nous avons constaté que l’azoteapporté
par le repas HN n’est pas éliminé brutalement : dans les 24 heuresqui
suivent le repas, de 30 à 80 p. 100de Ni !- restent apparemment retenus par
l’organisme.
2
° Chez les animaux dont tous les repas sont
réguliers
enquantité
etqualité,
il existe une corrélation
positive
et hautementsignificative
entre le métabolisme de baseapproché (M. Ba)
ou métabolisme d’entretien et laquantité
d’azoteingéré(Ni) journellement
par l’animal(CxAR!,!T-L!RY, i 9 6o),
selon une relation linéaire.L’étude des corrélations
multiples
montre que laquantité
de matière sècheingérée joue
un rôle debeaucoup plus
faibleimportance
que celuijoué
par les pro- téines etqu’il n’y
a pas interférence dupoids
de l’animal, dans la limite de nos conditionsexpérimentales (porc
de 25 à7 8 kg ingérant
par unité depoids
métabo-lique (P O , 70 )
de 75,2à 145,4g de MS et de 0,03 à5,8
gN).
La confrontation de ces deux séries de faits nous a
suggéré l’hypothèse
suivante :dans la limite où les
protéines
du repas HNmalgré
leurapport
massif et brutal sont utilisées parl’animal,
la distributionrégulière
d’unrégime
à taux azoté bascomplété
par
quelques
repas à taux azotéélevé,
c’est-à-dire la dissociationpartielle
des consom-mations
d’énergie
et d’azote devrait :1
° ne pas entraîner des
dépenses énergétiques plus
élevéesqu’un régime
normalmais
peut-être
mêmepourrait
provoquer unelégère
diminution desdépenses
calo-riques (abaissement
du métabolisme d’entretien et faiblesdépenses
d’extra-chaleuraprès
les repasazotés) ;
2
° provoquer une moindre
adiposité
des carcasses par suite de lasuppression
de la
lipogenèse
consécutivement aux repas HN. Une telle dissociation chez le Porcen croissance
pourrait
être une méthode d’alimentationsusceptible
de fournir descarcasses
plus maigres.
C’est ce que nous avons tenté de vérifier en comparant les bilans d’azote, les
gains
depoids,
l’indice de consommation, laqualité
des carcasses chez 2lots de porcsentre 25 et 95
kg,
nourris selon les deux méthodes d’alimentationclassique (C)
oudissociée
(D).
Les mêmesquantités d’énergie
et deprotéines
sontapportées
hebdo-madairement aux animaux, soit par des repas tous
identiques
chez ceux soumis aurégime classique,
soit par des repas à bas taux azoté(BN)
et à taux azoté haut(HN)
chez ceux soumis au
régime
dissocié. Mais afin de limiterrigoureusement
nos obser-vations à la dissociation
énergie-protéines,
les autres besoins des animaux ont étérégulièrement
couverts à tous les repas(matières
minérales,vitamines).
Un essai
précédent
de croissance(CnARi.ET-L : ER Y , 19 6 7 )
en alimentation sèche avait montrél’inappétibilité
desagglomérés
HN, cequi
n’avait paspermis l’égalité
des
ingérés protéiques,
même en redistribuant les refus HN au repas du soir.Aussi,
dansl’expérience
actuelle, l’alimentation est distribuée sous formesemi-liquide.
MATERIEL
ETMÉTHODES
Les animaux
Douze porcs mâles castrés de race Large White pesant aux environs de 25 kg couplés par
groupe de 2frères, constituent deux groupes homogènes. Ils sont logés au sol dans des cases iden- tiques permettant le contrôle individuel des rations ingérées.
Au cours de la croissance entre 30 et 45kg puis entre 60 et 85kg, on effectue les mesures de bilan sur 3 couples d’animaux, soit 3 par lot, placés en cage à métabolisme. La température des
salles est maintenue aux environs de 18°. Les animaux sont pesés hebdomadairement.
Les régimes
Les animaux mangent 2 repas par jour sauf le dimanche soir. Ainsi, l’identité des apports nutritifs s’effectue sur les 13 repas distribués par semaine.
Pour assurer cette identité entre les deux groupes d’animaux, les mêmes mélanges alimentaires BN et HN sont utilisés pour tous les 2. Le mélange BN constitue les i i repas BN et le mélange HN
les 2repas HN des animaux soumis au régime dissocié. Les i3repas des animaux soumis au régime classique sont composés de ces deux mélanges dans le rapport II-2. Le rythme (11-2) a été choisi
car il correspondait à celui de nos études sur l’extra-chaleur. Les repas HN sont distribués le matin à jour fixe. Leur espacement est alternativement de 3 jours (72 h) et de 4 jours (96 h).
La composition des mélanges BN et HN est calculée afin que le régime ingéré par les animaux
apporte i2o g de matières azotées digestibles à l’UF. avant 50kg et 100g après 50kg. Les taux de matière grasse et de cellulose Weende sont très voisins. Deux mélanges BN sont prévus, l’un avant, l’autre après 50kg, complétés par un seul mélange HN qui sert durant toute l’expérience (tabl. i). On peut donc calculer que les deux repas HN apportent, au cours du bilan 1, 37p. 100 et, au cours du bilan II, 43 p. 100des protéines ingérées dans la semaine.
La quantité de matière sèche distribuée chaque jour en 2 repas égaux s’élève à 3,80p. 100 du poids vif de chaque animal jusqu’à 65 kg et à 3,50après 65 kg. Les repas sont distribués à l’état humide (eau/MS = 2,5) et les refus sont pesés après chaque repas.
Les bilans
Les animaux sont mis en cage trois jours avant le début du bilan sans aucune modification du programme alimentaire. L’irrégularité des apports azotés au cours de la semaine et celle consé- cutive des émissions urinaires d’azote, que nous avons précédemment vérifiées sur un animal, nécessitent que les bilans soient exécutés durant jours consécutifs. Mais ignorant les possibilités
de variations du phénomène que nous cherchions à étudier, nous avons décidé de multiplier nos
mesures : les bilans sont répétés 3 semaines consécutives. Par semaine, il est constitué en vue des
analyses, des échantillons proportionnels, un pour les aliments, deux pour les fèces (i sur 3jours,
i sur 4 jours) et trois pour l’urine (2sur 2jours et i sur 3jours). L’acide sulfurique utilisé pour la
conservation de cette dernière est mise dans les bidons de collecte. Les échantillons sont gardés
à 2° les analyses d’azote sont faites par micro-Kjeldahl.
Le dosage de la matière sèche des matières fécales est effectué tous les jours. L’échantillon
sec cumulé par période de jours sert à l’analyse des matières minérales et cellulosiques.
Les divers coefficients sont calculés pour chaque semaine.
Fréquence respiratoire
L’étude menée parallèlement des paramètres physiologiques susceptibles d’être modifiés par la richesse en protéines des repas, a montré que l’abaissement des dépenses énergétiques post- prandiales après le repas HN, s’accompagnait d’une chute des fréquences respiratoires (données
non publiées). Cette mesure particulièrement simple à effectuer sur les animaux en cage à bilan,
a été choisie comme test reflétant les variations du métabolisme énergétique.
A battage
En fin d’expérience, les animaux sont abattus au poids le plus proche de ioo kg. Les carcasses
sont préparées selon la découpe parisienne et classés suivant la grille commerciale correspondante (ITP i964). Cette méthode a été choisie plutôt que l’analyse des carcasses plus coûteuse et plus laborieuse, à cause de sa simplicité mais elle n’est évidemment qu’une simple méthode corrélative de composition.
RÉSULTATS
Deux animaux ont été malades successivement en fin
d’expérience (couple 4 -io),
ce
qui
nous a conduits àsupprimer
ces animaux de l’essai croissance.Cependant,
ilsont
participé
aupremier
bilan et leurs résultats ne se différenciant pas de ceux des autressujets,
ont été mentionnés.Les bilans
Les résultats moyens
journaliers
sontportés
dans les tableaux 2, 3et 4. Niveaux de consommation.Tant au cours du bilan I
qu’au
cours du bilan II, les niveaux moyensjournaliers
de consommation sont trèsproches,
pour les 2lots, qu’ils
soientexprimés
en valeurabsolue ou
rapportés
aupoids métabolique (MS,/P O , 75 :
90,20 et 90,00(1)
97,9 et 99,
1
(II) - N IÎ P°> 7 5
2,34et 2,35(1)
2,22 et 2,22(II)).
Cettehomogénéité,
due à l’ab-sence presque
complète
derefus,
nous assure que les animaux se sont tous trouvésdans des conditions alimentaires
parfaitement comparables.
Digestibilité
des matièyes sèches,organiques et cellulosiques.
Les coefficients de
digestibilité
hebdomadaire des matières sèches etorganiques (CUD
MS-CUDMO)
sont pour un même animaltoujours
trèsproches
les uns desautres comme le montrent les valeurs des CUD MS obtenus pour les 6 animaux au
cours du bilan I et transcrits à titre indicatif
(tabl. 3 ),
avec leurs erreurstypes.
Les CUD des matières
sèches, organiques
etcellulosiques
ne diffèrent pas entreles
régimes
C et D surtout au cours du bilan I effectué avant 50kg. Après
50kg,
lemélange
BN ayant été modifié(plus
demanioc,
moins de farine deluzerne),
les CUDsont tous
plus
élevésqu’au
cours du bilan I, d’environ 2points
pour les animaux enrégime
C et ipoint
pour ceux durégime
D. Il existe parconséquent
au cours dubilan II une différence d’environ i
point
entre les 2groupes en faveur durégime C,
mais cette différence n’est passignificative.
Efficacité
desprotéines.
Les données relatives aux
protéines
sontportées
dans le tableau 4. Il est absolu- ment évident que la distribution de 40p. 100 desprotéines
en 2 repas par semaine n’a modifié ni les CUD a : 77,o et7 6, 7 (bilan 1), 7 8, 3
et7 8, 2 (bilan II),
ni les coeffi-cients de rétention
(CR) :
59,9et 60,2(bilan I), 55 ,8
et5 6, 2 (bilan II),
et d’utilisationpratique (CUP) 4 6, 2
et4 6, 1 (bilan 1),
43,7 et 43,9(bilan II), qui
restenttoujours
très
proches.
Par contre, on constate entre les deux
bilans,
un abaissement dequelques points
des CR
qui
passent en moyenne de 60 dans le bilan I à5 6
dans le bilan II cequi
entraîne une diminution des CUP de
4 6
à q.4.Pour un même animal, et d’une semaine sur l’autre, les CUDa sont très
proches
les uns des autres. Par contre, les CR subissent des variations
beaucoup plus
fortes pouvantdépasser
20 p. 100, cequi
montre l’intérêt d’avoirprolongé l’expérience
au delà d’une semaine.
A
partir
de ces deux séries de données, on calcule que les rationsapportent,
avant 59kg :
i,o3 UF et r28 gMAD/kg
MS soit 124gMAD/UF
etaprès
59kg :
1,04 UF et110 g
MAD/kg
MS soit 106 gMAD/UF.
Croissance et
abattage
La croissance des
sujets
du lot D a ététoujours
trèslégèrement
inférieure à celle du lot C(tabl. 5 ).
Lesgains journaliers
depoids
vif sontrespectivement
pour les lots C et D, entre 26 et 52kg
de 513et 502 g, entre 52 et 97kg
de839
et 775 g, soit au total entre 26 et 97kg
de6 77
et6 44
g. Ceci serépercute
sur les indices de consomma-tion
plus
élevés d’environ 5 p. 100pour lessujets
du lot Dmais par suite du nombre relativement faible
d’animaux,
aucune différence n’estsignificative.
Le tableau 6
indique
les résultatsd’abattage
pourchaque
animal. Les rende-ments sont
identiques.
Aucunecaractéristique
ne différenciesignificativement
les2 groupes.
Cependant,
les carcasses des animauxdissociés, apparaissent légèrement plus maigres.
Le pourcentage dejambon
+longe
est leplus
élevé(5 2 , 4
contre5 t,6),
le
pourcentage
de bardière + panne est leplus
faible( 1 8, 5
contre19 , 7 ),
de mêmel’épaisseur
de lard(28,8
contre29 , 5 ).
Le classement estpratiquement identique.
Dans le lot témoin, nous avons 2 animaux classés en B et 3 en
C,
dans le lotexpéri-
mental 3 en
B,
i en C et i en D.Cette moindre
adiposité
des carcasses en alimentation D avait été observée enalimentation sèche
malgré
une croissanceralentie ;
enparticulier, l’épaisseur
moyenne du lard dorsal était abaissée( 24 ,5
contre 25,7mm).
Fréquence respiratoire
Les
fréquences respiratoires
mesurées sur les 2 sériesd’animaux,
2, 3 et 4heuresaprès
le repas du matin au cours des bilans I et II, montrent que :- En alimentation
C,
les données obtenues sont variables d’unjour
sur l’autremais le sens des variations est
irrégulier.
La moyenne des données se situe aux envi-rons de
z 5/ mn
au cours du bilan I et de2 o/mn
au cours du bilan II.- En alimentation D, les données obtenues consécutivement au repas HN sont
toujours plus
faiblesqu’après
le repas BN. Le pourcentage de chute desfréquences respiratoires
entre les 2journées
s’établitpour les
2e, 3eet 4 e heures à
rg ! 4,11I + 3 et 9T- 4 pour le bilan I et à 20 ! 2, 20 ! !
et
25 T 2pour le bilan II.Évolution de
l’élimination urinaire d’azote consécutivement aux deuxtypes de repas
La collecte des émissions urinaires deux fois par
jour
et leuranalyse
étant diffi-cile à mettre en oeuvre sur les animaux en bilan, nous avons
préalablement
effectuécette étude sur un autre porc. L’animal de 53
kg
est soumis aurégime
D : la teneuren N des repas BN et HN est
respectivement
deo,82
et 8,o p. 100de la matière sèche et les repasapportent
soit5 ,8
g soit5 8,6
g N. Par suited’inappétence,
son niveaujournalier
moyen de consommation estplus
faible que celui des animaux enbilan ;
il atteint
respectivement
pour la matière sèche et pour l’azote 75et 1,329/ P o ,’ 5 .
La
figure
i montre l’évolution de l’émission horaire d’azote urinaire etprécise
le rapport
N., I N, jours après jours (jours
HN, HN + i, HN + 2, HN + 3=HN -i).
Elle confirme les observations faites
précédemment :
cette émissionaugmente
trèsrapidement
dans les heuresqui
suiventl’ingestion
du repas HN(CHARi<ET-I/ERY,
ig7o ; WIESEMULLER et POPPE,
z 9 68). Malgré
cetteaugmentation,
lerapport N,,IN J
ne varie pas
3 8- 39 ,i,
que l’animal aitingéré
dans lajournée 11 ,6
ou6 4 , 4
g d’N(Cette
même constance du rapport, ç2-.¢4, a été observée sur un autre animal
ingérant
soit57 soit
87
g N parjour).
Par contre, lesjours
HN -!- i et HN -!- 2, ce rapport est très élevé7 6
et 52, mais diminuejusqu’à
la valeur3 8
lejour
HN -f- 3.Prenant comme valeur minimum d’élimination celle du
jour
HN -!- 3(ou
HN ―
i),
les52 ,8
g d’azotesupplémentaire
du repas HN entraînent dans les 3jours
HN, HN -!- i, HN -E- 2, unsupplément
urinaire de 26,6 g, soit unrapport global N
u ,/N
i
de 50p. 100.DISCUSSION
Critique de
la méthodeIl est
évident,
àpartir
des résultats du tableau 4, que les bilans ont étéprolongés
d’une
façon
inefficace. Une durée de deux semaines conduit à des résultatsprati-
quementéquivalents
à ceux obtenus avec trois semaines pour le bilan I effectué avec3
animaux. Des variations d’environ i
point
s’observent dans le bilan II où iln’y
aque 2animaux.[La réduction de la durée de
l’expérience
à une seule semaine n’aurait pas modifiél’aspect comparatif
des résultats, mais assuré moins deprécision
auxvaleurs,
de grosses variations existant d’une semaine sur l’autre.Validité des résultats
Pour les animaux de 40
kg,
nos données(bilan :
17,39 g, CR :6 0 )
sont trèsproches
de celles obtenues par divers auteurs avec des animaux depoids d’âge
et decroissance
comparables,
pour desprotéines
de haute valeurbiologique (farine
dehareng (D EI , ORT -I, AVAI ,
et ZELTERI g6 3 ),
tourteau desoja (D!!ORT-LAVnr,
et BozA- LOPEZ
,
19 6 4 ), poudre
de lait écrémé et orge(T NORBECK , 19 6 7 ),
tourteau desoja,
farine de
hareng
et orge(OSr,AG! et
al.,zg66).
Pour ces derniers auteurs, un apport d’azote excédentaire parrapport
aux besoins des animaux ne modifie pas le bilan mais abaisse le CR à 40(tabl. 7 ).
Pour les
sujets
de 75kg,
il serait erroné d’établir descomparaisons
entre lesdonnées brutes car elles
correspondent
à des croissances très différentes. Par contre, le calcul de laquantité
deprotéines
retenues parkg
degain, plus justifié,
conduità des valeurs très variables
( 130
à 202g) qu’expliquent
des conditions alimentaires-
énergétiques
et azotées ― très différentes(tabl. 7 ).
Si l’on considère les
expériences qui
permettent soit la mesure réelle desprotéines
fixées par
kg
degain (K OTARBINSKA
et KI!I,ANOSKI,19 67)
soit leurappréciation
àpartir
deplusieurs
bilans d’azote(T HORB E CK , 19 6 7 ,
etnous-mêmes),
sur desphases
de croissance
parfaitement comparables,
on obtient des valeursbeaucoup plus
homo-gènes, respectivement :
155, 170 et 157, i8o. On peut admettre que lestechniques
utilisées
expliquent,
enpartie,
ces variations. Mais les différences individuelles queces auteurs et nous-mêmes avons
observées,
laissent supposerqu’il pourrait
aussiexister des différences raciales. Nos porcs de race
Large
White sont issus d’un trou-peau dont les verrats sont testés sur la descendance pour la
qualité
de leur carcasse.Baisse de
fréquence respiratoire
Comme dans les
expériences précédentes qui
nous ont fait penser à ceprotocole,
on constate l’abaissement de
fréquence respiratoire
à la suite desrepas
HN par rapport aux repas BN. Ceci nous prouve d’unefaçon
presque absolue que s’il nous avait étépossible
de mesurer leséchanges respiratoires
des animaux, nous aurions bien observé desdépenses postprandiales plus
faiblesaprès
les repas HNqu’après
les repas BN et que l’ensemble des réactions des animaux restent bien coordonnées.
O!!osition
entre nos données et celles de labibliogra P hie
Les raisons
qui
nous font aborder l’étude de la dissociation desapports énergé- tiques
etprotéiques
chez le Porc etqui
sontexposées
dans l’introduction, sont éloi-gnées
de cellesexprimées
par lesquelques
auteursqui
ont étudié le mêmesujet.
Depuis
delongues années,
de nombreux auteurs ont démontré la nécessité d’un apportcalorique
suffisantqui,
évitant l’utilisation desprotéines
à des finsénergé- tiques,
permet d’obtenir une rétention d’azoteimportante.
Maisl’obligation
de fairerigoureusement
coincider dans le temps les apportsénergétiques
etprotéiques
estcontroversée. Les modalités de la dissociation sont d’ailleurs très diverses.
Sur les
monogastriques
adultes autres que le Porc, les auteurs observent le rôle favorable desglucides
sur l’utilisation desprotides
et concluent à lasupériorité
de lamixité des
apports (Murrxo,
i949 ; GEIGER etal., 1950 )
ou limitent la duréequi sépare l’ingestion
de ces nutriments à 5 h1/2
chez l’Homme à 12 heures chez le Rat et le Chien(M UNRO
et WIKRAMANAYAKE,1953).
Chez le Rat en
croissance,
l’alternance de semainesprotéiprives
etprotéiques (M
ORIN -J OMAIN
, 19 6 3 )
ralentit très nettement la croissance des animaux par rapport à celle dessujets
recevantrégulièrement
lerégime protéique :
lespertes
d’azote subies en semaineprotéiprive
n’étant pascompensées
par les bilans d’azotepourtant
très élevés observés en semaine
protéique.
Mais si lesingestions
de matière sèche etd’azote sont
égalisées
ou à peuprès
dans les deux lots par abaissement du taux pro-téique
dans lerégime témoin,
la fixation d’azotecorporel
est peu modifiée : 19 g contre2 1 ,8
soit 17,44 et 17,11 g deprotides
par 100 g degain de poids (M ORIN
JOMAIN
,
19 69).
’$GG!RT et al.
( 1953 )
sont lespremiers
à choisir comme animald’expérience
lePorc en croissance
( 20 - 3 o kg)
et à utiliser non pas des nutriments purs(glucose, caséine),
mais des alimentscomplexes (céréales,
tourteaux, farinesanimales). L’espa-
cement des repas azotés toutes les 24
heures,
ne modifie ni lacroissance,
ni les coeffi-cients de
digestibilité (8 0
p.100 )
ni ceux de rétention(5 2
p.100 ),
ce que retrouvent YEOet CHAMBERLAINdès
19 66,
que confirment MENKE et al.( 19 6 9 )
et que laissent supposer les résultats de HENRY(i 9 68).
Lesespacements atteignant 3 6
et4 8
heuresne modifient pas les
CUD,
ralentissentsignificativement
la croissance et abaissent les CRrespectivement
de 4points
nonsignificativement,
de 7points significativement
Leslongues
alternances( 1 8,
21 et 35jours)
dedéplétion (5 0
p. 100desbesoins)
et deréplétion
azotée( 150
p. 100 desbesoins)
ralentissent aussi la croissance(PE NZ E S
et M!NTI,!R,19 68).
Il y a à
première
vue, contradictionflagrante
entre les résultats d’!GG!RT etal.,
et les nôtres. Mais les deux
expériences
se différencient pasplusieurs points :
- par la rétention des
protéines
desrégimes
mixtes moindre pour EGGERTet al.(48-52
pour des porcs de 30-35kg)
que pour nous(6 0
pour des porcs de 40kg)
avecdes teneurs des
régimes
enprotéines
voisines13 6- 12 8
contre 128g/kg ;
- par la
qualité
desprotéines
desrégimes
BN, faible d’un côté(mais seul)
élevée de l’autre
(céréales,
farine depoisson
et luzernedéshydratée) ;
- par la distribution des apports minéraux et
vitaminiques
aux seuls repas HN(EGG!RT et al.)
ou à tous les repasquels qu’ils
soient(nous-mêmes) ;
§- par
l’espacement
entre les repas HN. Nosespacements plus longs
conduisentlors de
l’ingestion
de ces repas à un apport brutal d’azote dansl’organisme qui
atteint par unité de
poids métabolique
2,io et 2,52grespectivement
pour les bilans I et II, soitplus
de 30g pour les animaux de 40kg
etplus
de 60 g pour ceux de 70kg.
L’espacement
maximum d’F.r,G!RT et al.( 4 8 h)
n’entraînequ’un supplément d’inges-
tion d’environ 1,7
gj p O . 75.
Cette dernière observation met bien à nouveau en évidence l’existence d’un choc
protéique
dont nous avonsdéjà supposé
lapossibilité (CnA P JET-1,ERY, zg 7 o),
chocprotéique
dont les manifestations n’auraient lieu que pour desingestions supplémen-
taires d’azote très élevées. Mais l’existence
probable
de ce choc nepermet
pasd’expli-
quer les modalités de rétention des
protéines
des repas HN.Possibilité de
stockage
d’azote duy epas
HNLes constatations faites sur les animaux soumis aux études
énergétiques
nousavaient
montré,
comme nous lerappelons
à la page7 6,
que dans les 24 heuresqui
suivent le repas HN, de 30à 80 p. 100de Ni + reste
apparemment
retenu parl’orga-
nisme. Mais il ne nous avait pas été alors
possible
deprolonger
les collectes d’urine.Les résultats des bilans d’azote des animaux soumis aux
régimes classique
oudissocié,
nous assurent que cet azote est utilisé dans les mêmesproportions
que si soningestion
estrégulière
à tous les repas.L’évolution de l’élimination de l’azote urinaire
après l’ingestion
du repas HN étudiéeséparément
mais dans des conditions voisines(g
Ni+ fP°> 75
=2 ,6 9 ) permet
de formuler unehypothèse
sur les modalités de cette rétention. Bienqu’aucune
mesure n’ait été faite sur l’élimination d’azote fécal
jour après jour,
il semblelogique
d’après
tous les travauxdéjà
cités ici d’admettre que le CUD N est constant et onpeut fixer sa valeur aux environs de 80. Dans ces
conditions,
l’azotedigestible
à ladisposition
de l’animal est, selon les repas, de4 ,66
ou de4 6, 9
et selon lesjours
de9 ,
3 ou de
5 1 ,6.
L’azote urinaire éliminé successivement lesjours
HN - i, HN, HN + Z, et HN + 2 étant de 4,4g,23 ,8
g,8, 9
g et6,i
g, onpourrait
calculer les CR suivants : 53! 54.4 et 34. L’efficacité très faible de l’azote lesjours
HN -!- i et HN -! 2 à un moment où l’azote estingéré
en faiblequantité apparaît improbable.
Il seraitdonc
plus logique
de penser que l’N du repas HN retenu parl’organisme
animalsous une forme difficile à
préciser (tissus intestinaux, foie,...),
maislabile,
seraitprogressivement
utilisé par l’animal et donnerait lieu alors à la formation et à l’éli- mination d’azote urinaire. Dans cetteoptique,
les 42,2 g d’azotedigestible
durepas HN auraient
provoqué
unsupplément
d’azote urinaire de 26,6 g, leur CR serade 40 p. 100, et au cours des 4
jours consécutifs,
onpourrait
calculer un CRglobal
de l’azote de
46
p. 100(1)
Cependant,
lestockage
de 72 et9 6
heures dont nous devons fairel’hypothèse,
sans en
préciser
lelieu, dépasse
debeaucoup
lespossibilités qui
ont étéenvisagées jusqu’à
cejour.
Par contre, de nombreux auteurs ont montré larapidité
de modifi-cations de certains
systèmes enzymatiques
lors deschangements
derégimes,
entreautres SzEPECI et FREELAND
(i 9 68).
On peut
rapprocher
nos résultats de ceux de CALET( 19 68)
sur Poulet en crois-sance.
Lorsque
cet animaldispose
en libre choix d’alimentsprotéique
etprotéiprive,
il
ingère
en une seule fois etrapidement
sesprotéines.
Il y a donc là, dissociation dans letemps
dontl’importance
relative doit êtreappréciée
en considérant que la vitesse de transit intestinal estbeaucoup plus rapide
chez la volaille que chez le Porc.Comme dans notre cas, elle ne provoque pas de modification de l’utilisation métabo-
lique
de l’azote.Croissance et
caractéristiques
des carcassesLes vitesses de croissance et les
caractéristiques
des carcasses sont très voisines.La tendance à la moindre
adiposité
des carcassescorrespond
bien àl’hypothèse
émiseen
commençant
ce travail.L’ampleur
de cephénomène
est faible maisthéoriquement
la limitation de la
lipogenèse
nepouvait dépasser
un pourcentageégal
à : nombred’heures de
lipolyse
consécutives aux 2 repasHN/nombre
d’heures de lasemaine,
soit 8 à 9 p. 100, différence
qui
nécessite pour être mise enévidence,
un nombre d’animauxbeaucoup plus important
que le nôtre.Par contre, il ne semble pas comme nous en avons émis
l’hypothèse
que l’ali- mentation D aitprovoqué
un abaissement desdépenses caloriques puisque,
à- niveauégal d’ingestion
avec l’alimentationC,
les indices de consommation sontlégèrement,
mais non
significativement plus
élevés2 , 9 6 = F
o,i2 contre2,81 !F
o,2i.L’hypothèse
d’une moindre
dépense
d’entretien avec lesrégimes
pauvres en azote a été vérifiéesur les animaux en
régime
C. Or, enrégime
D, il n’est pasimpossible
que le catabo-lisme azote
supplémentaire
observé lesjours
HN -j- i et HN -! 2 aitprovoqué
desdépenses d’énergie plus importantes
que le laissentprévoir
les faiblesingestions
d’azotecorrespondantes.
Les valeurs obtenues au cours des
périodes
de bilan : rétention d’azote et crois- (’) Bien que les valeurs soient proches, la comparaison avec les bilans de 3semaines ne peut être faite puisque les conditions alimentaires sont légèrement différentes.sance
pondérale permettent
de calculer lesquantités
deprotéines
fixées parkg
degain.
Pour lessujets
témoin 3 et 5 et ceux en alimentation D 9 et m, on obtient les valeurs suivantes : bilan l : 214et 2m contre 222 et 202, bilan II : 170 et 174 contre17
6
et1 6 7 .
Ceci confirme que laprotéinogenèse
diminue avecl’âge
de l’animal d’en-viron 18 p. 100entre q.o et 75
kg
et montrequ’elle
n’a pas été modifiée par le type derégime.
La
comparaison
entre résultats de bilan et de croissance totale est surtout inté- ressantelorsqu’on
considère les animauxpris
individuellement. I,ecouple ( 3 - 9 )
ayant les indices de consommation lesplus
bas( 2 , 74
et2 ,8 1 ) présentent
les CR lesplus
élevés
(bilan
1 :6 3 , 3
et65,i,
bilan II :5 9 ,8
et5 9 , 4 )
et les meilleurescaractéristiques
de carcasses
(p.
100jambon :
55,3 ; p. 100 bardière :15 ,8
et14 ,8 ; épaisseur
lard :22
,5 et
2 i,o).
Lecouple (5- 11 )
a inversement des indices de consommationplus
élevés(
3 ,
14
et3 , 05 ),
des CRplus
bas(bilan
I :5q.,6
et6r, 4 ;
bilan II : 51,g et5 3 , 1 )
et descaractéristiques
de carcasse moins bonnes(p.
100jambon 4 8, 4
et5 2 ,8 ;
bardière 22,8 et
i8,g ; épaisseur
de lard : 30 et2 6).
Cet ensemble de valeurs
parfaitement logiques
met nettement en évidencel’importance
du facteurgénétique
comme nous l’avonsdéjà signalé.
CONCLUSIONS
I,e fait que la dissociation
partielle
des apportsénergétiques
et azotés permette les mêmes fixations d’azotecorporelles
et les mêmes croissances que leurassociation,
doit conduire à ne pas condamner les méthodes
qui
se basent sur cette connaissanceet à les étudier du
point
de vueéconomique.
En effet, même si lasupplémentation protéique
bi-hebdomadaire ne conduitqu’à
une amélioration très faible delaqualité
des carcasses
produites,
elle peutalléger
lacharge économique
de la main-d’oeuvre dans l’alimentation. Maisl’application
de nos résultats à des finspratiques
nécessitedes
transpositions qui
seront d’autantplus
faciles à concevoir que l’on auraprécisé
les modifications
métaboliques
induites par les repas HN, études que nous continuons par ailleurs.Cependant,
les résultats de ROTERMEL( 19 6 0 )
font supposerqu’une
telleméthode serait
applicable
auplan
de lapratique.
Reçu pourpublication en octobre 1970.
SUMMARY
EFFECT OF’ GIVING PROTEIN SUPPLEMENT TWICE A WEEK WITH A DIET LOW IN NITROGEN ON WEIGHT GAIN
AND NITROGEN BALANCES IN GROWING PIGS
Growing pigs from 26 to 98 kg were given the same amount of energy and protein per week.
For one group the feed was given in the usual way, in r3equal feeds. The other got i feeds poor in N (BN) and 2rich in N (HN) separated by 72or 96 h, termed separate feeding.
Growth was similar in the 2groups, 677and 644g daily, and intakes per kg gained also were close, 2.81 and 2.96 kg. There was also no difference in N balance estimated for 21 consecutive