R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
G. P ILÉ
Processus de poisson et apparentés
Revue de statistique appliquée, tome 9, n
o4 (1961), p. 71-83
<
http://www.numdam.org/item?id=RSA_1961__9_4_71_0>
© Société française de statistique, 1961, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Revue de statistique appliquée » (
http://www.sfds.asso.fr/publicat/rsa.htm
) implique l’accord avec les conditions générales d’uti- lisation (
http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou im- pression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou im- pression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
71
PROCESSUS DE POISSON ET APPARENTÉS
G. PILÉ
Ancien
Élève de l’École Polytechnique
On sait tout l’intértt que
présentent
les processus de Poisson dans lesapplications
les plus diverses, notamment dans l’étude des processusstochastiques
auxquels s’intéresse la rechercheopération-
nette.
Il n’est pas rare que des utilisateurs
apparaissent insuf f isam-
ment
informés
à leursujet
ouqu’ils
en aient unecompréhension
in-tuitive
sujette
à caution.L’auteur,
qui neprétend
d’ailleurs aucunementfaire
oeuvreoriginale,
arappelé
sous leprésent
titre un certain nombre denotions de base gravitant autour de ce
qu’il
est convenud’appeler
les
"processus
dePoisson", lesquels s’inscrivent,
comme on le sait, parmi des processusplus généraux
dits"additifs".
Les considérations
développées
dans cetexposé peuvent
aider à une meilleure vulgarisation de notions aussiimportantes.
I - GENERALITES -
Rappelons comment,
defaçon générale,
un processuspeut
tendre versune loi de Poisson.
Considérons une suite indéfinie de V. A.
(variables aléatoires) : 0394X1, 0394X2, ..., 0394Xn supposées
mutuellementindépendantes quel
que soit n et nepouvant prendre
que les valeurs 0 ou 1.Les
probabilités
relatives à la valeur 1 étant notéesp
on supposeque les
p,
sontmajorées
par un infinimentpetit
de l’ordrede 1
et que leur somme a pourlimite, lorsque
n oo, un nombrepositif
m.n
Etudions la V. A. à valeurs entières
positives
ou nullesZ = 03A30394Xi.
0
Par
application
du théorème demultiplication,
onpeut
écrire :Lorsque
n~~ lelogarithme
du second membre tendvers - 1: p t = -
men vertu des
hypothèses
faites sur lesp
i etRevue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
72
Généralisons :la somme étant étendue à tous les ensembles distincts
possibles il ... ix qui
sont eux-mêmes les combinaisons x à x des npremiers
entiers.D’après
cequi précède,
les deuxièmes facteurs ont une limite communee-’ tandis que les
premiers
ont une moyenneégale,
à lalimite,
àl’espé-
rance
mathématique
duproduit
de xtirages indépendants
d’une valeurp .
Par
application
du théorème demultiplication
des variablesindépen- dante s,
onpeut
donc écrire :Le terme correctif
compris
entre 0 et -(x - 1 ) x 2n tend
vers 0lorsque
n ~~.On obtient en définitive
l’expression générale quel
que soit l’entier x 0 :Dans le cas
particulier
où tous lesp.
sontégaux l’expression précé-
dente
apparaît
comme la limite de la loibinomiale
deparamètres :
n, plorsque
n croît indéfiniment et que leproduit
np estégal
à une constante m .II - POINT DE VUE CONCRET -
Désignons
parX(t)
le nombre d’événements définis(par exemple :
ar-rivées
d’usagers
d’unservice)
survenant au cours d’un intervalle detemps (0. t).
X(t) peut
être considéré comme une V. A.engendrant,
tvariant,
unefonction aléatoire non décroissante à valeurs entières non
négatives.
L’accroissement
AX =X(t+At) - X(t) représente
le nombre d’arrivéesau cours de l’intervalle
(t,
t +At).
On est conduit trèsfréquemment
enpratique,
à admettreque AX
estindépendant
du nombre et des instants des arrivées antérieures àt,
et on exclut par ailleurs lapossibilité
d’existence d’instantsprécis
associés à uneprobabilité d’arrivées ~
0(cas mixte).
Dans ces
hypothèses :
X(t)
est une fonction aléatoire à accroissementsindépendants
etdiscontinus;
X(t)
doit être continue enprobabilité,
sinon il faudrait admettre que 0394X n’est pas infinimentpetit
en mêmetemps
que A t.Faisons par ailleurs
l’hypothèse
d’arrivées isolées. Defaçon plus pré- cise,
supposons que laprobabilité
deplusieurs
arrivées simultanées au coursde At soit d’ordre au moins
égal
àOt2.
Alors les considérationsprécédentes qui
ont conduit à la loi de Poisson sontapplicables
et l’onpeut
écrire que siM(t)
estl’expérience mathématique
du nombre d’arrivées au cours de lapériode
t, laprobabilité Px
de x arrivées au cours de t est donnée par la formule :Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
73
1/
Si l’on ne s’intéressequ’au
nombre de réalisations au cours d’unepériode définie,
il est inutile de faire unehypothèse
sur la loi de densité.La loi de Poisson
apparaît
comme une loi à unparamètre : l’espérance mathématique
du nombre observé.2/ Il
est en revanche nécessaire de faire unehypothèse
sur la loi dedensité
lorsque
lapériode
d’observationjoue
le rôle d’unparamètre.
Si cetteloi ne constitue pas une
simple hypothèse
de travail et doit être définie enfonction de données
d’observation,
unproblème
d’estimation délicatpeut
seposer.
Il faut tester tel ou tel
ajustement
à des échantillons d’observationsqu’il
est souvent difficile de considérer commestatistiquement homogènes ,
c’est-à-dire issus d’une même
population.
Nous verrons
plus
loin que, t étantdéfini,
les moments de la distri- bution de x ont des valeurssimples,
enparticulier :
E(x) =
Var. x =M(t)
(ces
relations s’établissent d’ailleurs facilement ici par un calculdirect).
Cette condition nécessaire
peut
constituer unpremier
test de la validitéd’ajustement
d’un processus de Poisson.La
grande
variabilité des variances d’échantillon nepermet
malheureu-sement pas d’obtenir des résultats très
significatifs.
Desanalyses plus
finesont été
proposées qui
ne seront pasdéveloppées
ici. Nous nous contenteronsd’indiquer plus
loin un des moyens élémentaires utilisables pour tester l’uni- formité du processus(cas M(t) = Àt).
3/ Il importe
d’avoir unecompréhension
intuitive des diverses cir- constancespouvant
donner naissance à un processus de Poisson dans les casd’application
courante.Faisons remarquer tout d’abord que les
probabilités
élémentairesp
considérées dans le cas
théorique peuvent
êtreinterprétées
dans un proces-sus
stochastique ponctuel
comme définissant :- soit les
probabilités,
au cours d’intervalles élémentaires suc-cessifs,
de réalisation d’unquelconque
des événements suscep- tibles de seproduire
au cours de l’intervalle d’observationT;
- soit les
probabilités globales
au cours deT,
de réalisation d’événements"personnalisés".
Recourons à des
exemples
concretsjusticiables
de cette deuxièmeoptique :
- supposons que
chaque
maison d’une cité ait unepetite probabilité
n
Pi
de brûler au cours d’unepériode
donnée. Lasomme 03A3Pi
n’est autre que
l’espérance mathématique
du nombre de sinis- tres dans lacité,
ndésignant
le nombre de ses maisons.Les
Pt peuvent
êtreégaux
ouinégaux,
il n’est pas nécessaire de faire à cesujet
unehypothèse particulière
pour la validité de l’assimilation à unRevue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
74
processus de
Poisson,
lepoint
essentiel étant seulement le caractère d’indé-pendance
entre les variables0394Xi prises
deux à deux.Par
exemple
si le feu se déclarant à cette maison avait uneprobabilité
notable de s’étendre à une maison
voisine, l’hypothèse précédente
nepourrait plus
être retenue et un modèleplus complexe (schéma
decontagion)
devraitêtre
envisagé.
Supposons qu’entre
deux instants définis délimitant unintervalle,
20 mi-nutes par
exemple,
4 arrivées d’avionsréguliers,
soient attendues sur unaérodrome. En
fait,
selon lesservices,
des écartsplus
ou moinsimportants (heure
réelle - heureprévue)
sontconstatés,
se situant parexemple
dansun range
(-10 +20).
Peuvent a
priori
seprésenter
au cours deT,
tous les services tels que cet intervalle"supporte"
une masse deprobabilité appréciable pi.
Dansle cas
choisi,
on aura parexemple
à considérer au maximum 15 réalisationspossibles
i avec :et
On est dans ces conditions presque assuré d’un bon
ajustement
de la loi de Poisson.Elargissons
l’intervalled’observation,
disons à1/2 heure,
3 ou 4 ar-rivées deviennent alors des événements
pouvant
être considérés commecertains
(correspondant
à desp
iégaux
à1).
L’assimilation à une loi de Poisson s’en trouve
altérée,
et ce, endépit
de l’invariance par addition de cette loi démontrée
plus
loin.Il est à
présumer
que le processus est alorsplus
valablementrepré-
senté par une loi de Poisson dans
laquelle
unchangement d’origine
est ef-fectué sur la variable.
La loi de Poisson
apparaît
ainsi comme fondamentalementadaptée
àune
analyse
étroitement localisée.III - LE CAS UNIFORME -
Il
correspond
au cas leplus
habituellement considéré enpratique :
où À est une constante
positive.
3.
1/ P
nedépend plus
des bornes de l’intervalle considéré mais seu-lement de sa
longueur.
Un raisonnementsimple, qu’il
est utile deconnaître,
suffit dans ce cas pour obtenir
les Px indépendants
dutemps ("probabilités stationnaires"). "Déplaçons"
de dt l’intervalle d’observationsupposé
de lon-gueur invariable T. La
probabilité
d’observer une transition de l’état(x - 1)
à l’état x doit être
égale
à laprobabilité
d’observer la transition inverse.On
peut
ainsi écrire :Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
75
où Àdt
représente
laprobabilité
d’une"acquisition"
et4,,dt
celle d’une"perte",
lesystème
étant à l’état x.Or 4,, ;f (du
fait d’unerépartition
uniforme de la densité de pro- babilité"a posteriori").
On en déduit en
égalant
lesparties principales
des deux membres :soit :
compte
tenu de3.2/ Propriétés caractéristiques
de la loi de Poisson.Fonction
génératrice -
Celle-ci est définie par :Faisons observer que
l’expression
deG(s) pouvait
être déduite direc- tement despropriétés
de définition de l’alinéa 1.La F. G. de la
variable
X considérée s’écrit en effetLes
pi
tendant vers0,
leur somme restant finieCette méthode d’obtention de
l’expression
de la loi de Poisson est certaine- ment laplus simple.
Fonctions
caractéristiques -
Tous les cumulants d’une distribution de Poisson sont donc
égaux
à m.Il en résulte que les moments centrés d’ordre 2 et 3 sont
égaux
à m.De
façon générale
c’est ainsi que
Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
76
La forme des fonctions
caractéristiques
met en évidence l’invariance de la loi de Poisson par addition. En d’autrestermes,
lacomposition
dedeux lois de Poisson de
paramètres
m et m’est une loi de Poisson de pa- ramètre m + m’.Cette
propriété
fondamentale doit enpratique
être utilisée avecpré- caution, compte
tenu des remarques in fine de l’alinéa 2.Noter aussi
qu’elle s’applique
seulement à la somme des variables dePoisson,
mais non à une combinaison linéairequelconque.
IV - INTERVALLES ENTRE EVENEMENTS SUCCESSIFS : LOIS
"Ek" -
4.1/
Une arrivée(0)
étantprise
pourorigine,
laprobabilité qu’aucune
arrivée ne survienne au cours de la
période
T s’obtient en faisant x = 0 dans la loi de Poisson deparamètre M(T),
laprobabilité
d’une arrivée au cours de l’intervalle élémentaire dT étantégale
àm(T)dt,
il s’ensuit que la loi cherchée a pourexpression :
qui
est en fait la limite duproduit
étendu à tous les intervalles élémentairesdt,
i de somme t :Supposons
queM(t) =
03BBt(cas uniforme)
et recherchons defaçon géné-
rale la loi de
probabilité
de l’intervallecompris
entre l’arrivant et l’ ar - rivant suivant d’ordre k. Cette loipeut
être définie parl’intégrale :
qui
s’écrit :Cette loi est couramment
désignée
dans la théorie des processus d’at- tente sous le nom"d’exponentielle
à kphases"
ou loid’Erlang
d’ordrek,
en
abrégé :
Ek. On sait que des lois de cetype
sont rencontrées en statis-tique :
Lois de Pearsontype III,
loi deX2.
Il y a lieu de remarquer
qu’il
n’est pas nécessaire deprendre
pourorigine
un instantd’arrivée,
tous les raisonnementsprécédents
demeurentvalables si celle-ci est arbitrairement choisie. Ceci résulte de la
propriété
fondamentale des processus
purement additifs, exprimée
defaçon imagée :
"absence
demémoire".
4.2/
Prenons comme intervalle unité l’intervallemoyen -.-
entre deuxarrivants consécutifs et calculons les moments des divers ordres de la dis- tribution Ek.
Ceux-ci
peuvent
être obtenus par un calcul direct :Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
77
On en déduit enparticulier :
Si l’unité était
quelconque,
on aurait :Il est
généralement
utile deprendre
pour unité l’intervalle moyen entre arrivées"distantes"
dek,
c’est-à-dire m.On a dans ce cas :
03BC2 = k
etLa forme de la fonction
caractéristique
d’une distributionEk
est utile à con-naître :
En
développant
en série depuissances
entières de t :On retrouve
simplement
àpartir
de cedéveloppement
les moments des di-vers ordres des
E k.
Si,
au lieu de la fonctioncaractéristique
on considère la Transformée deLaplace,
celle-ci est obtenue par un calculanalogue :
4.3/
Le fait que, dans un processus de Poisson uniforme les interval- les successifs sont des V.A.indépendantes
obéissant à une même loi expo-nentielle, peut
servir de critère pour déceler si une suite d’événements fournie par l’observationpeut
être raisonnablement assimilée à une suite de réalisations d’un processus de Poisson uniforme.Les intervalles successifs
(ti+1 - tt)
étantgroupés
parclasses,
onconstruit un
diagramme
où l’onporte
en abscisse les limites de classes et en ordonnées lelogarithme népérien
de lafréquence
N des intervalles ob- servéssupérieurs
aux bornes inférieures dechaque
classe. Sil’hypothèse
est
plausible,
lespoints figuratifs
sontapproximativement alignés.
Dans
l’hypothèse
d’un processus de Poisson uniforme de densitéÀ"
le nombre des intervalles observés delongueur supérieure
à T est une variablealéatoire N dont la distribution a les moyenne et
écart-type
suivants :Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
78
d’où :Si les
points figuratifs
sontgroupés
pour laplupart
dans le domainecompris
entre les deux courbes venant d’être définies depart
et d’autre dela droite de
régression,
on considèrera que l’assimilation estplausible.
L’assimilation d’un processus
ponctuel
à une loi’(Ek)
k > 1 estplus
délicate. Nous n’entrerons pas dans le détail de ce
problème.
On doit avoir :Il est donc nécessaire
que m1 03BC2 soit
voisin d’un nombre entier.V - LOIS DIVERSES ASSOCIEES AUX LOIS
Ek -
II est utile de connaître les
principales
loispouvant
être définies en fonction des lois(Ek).
5.1/
Posons BT = m.Si
F (x) désigne
la fonction derépartition
de la loi dePoisson,
on a :(fonction
gammaincomplète)
En effet la
probabilité
d’observer moins de x événements dans l’inter- valle m, doit êtreégale
à laprobabilité
que l’intervalle entre l’arrivant 0 et l’arrivant x soit au moinségal
à m.5.2/
Lois conditionnelles.-03BBT
(
03BBT)x x!
La
probabilité
apriori
de x arrivées de T étante-03BBT (03BBT)x x!
la loi con-ditionnelle des x variables
t1
...tx,
instants de réalisation est donnée par :En
effet,
une suiteparticulière
deprobabilité
élémentairedt1 T
...dtx T peut
être obtenue de x!
façons
différentes.On
peut
aussi remarquer que :En
fait,
on s’intéresse surtout dans lesapplications
aux lois condition-nelles discrètes de distribution dans i intervalles
égaux
divisant T.L’hypo-
thèse d’une seule réalisation au
plus
par intervalle élémentaire dt nepeut
être retenue dans ce cas.
Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N* 4
79
F suites de
répartition
deprobabilité
uniforme sont apriori possibles,
elles ne sont pas toutes
topologiquement
distinctespuisque
l’on considère icicomme semblables celles caractérisées par une même distribution de fré- quences. Leur dénombrement s’identifie avec celui de x
objets
distincts dans i cases.La
probabilité
conditionnelle d’une suiteparticulière :
est ainsi donnée par :
5. 3/
LoisP.
Considérons r + s intervalles
indépendants tl - to, t2 - t1,
... suivant tous une même loiexponentielle
dont la moyenne estprise
pour unité. Intéres-sons-nous à la
position
de l’instanttr
connaissant celle de l’instanttr+s.
Nousdevons pour cela considérer la variable
On montre que sa loi de distribution est la suivante :
(On
reconnaît au dénominateur la fonctionB(r, s)
ditefonction j3 ).
Les réalisations
indépendantes tr - to
ettr+s - tr peuvent
aussi être ap-préciées comparativement
l’une à l’autre.Si l’on pose
On trouve que
Vrs
S suit une loid’expression :
VI - NOMBRE D’EVENEMENTS SURVENANT AU COURS D’UN INTERVALLE ALEATOIRE -
On a
fréquemment
à considérer la loi deprobabilité
du nombre de réa- lisations d’un processus de Poisson uniforme sur un intervalle V nonplus
constant mais aléatoire de distribution invariable
quelconque dB(V).
La
probabilité
pjde j
réalisations est donnée parRevue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
80
p. a pour fonction
génératrice :
J
Soit
L(t)
la transformée deLaplace
deB(v) :
On a la relation :
G(z) = L(l - z).
Remarquons
que l’onpeut
l’écrire aussi sous la forme :Identifiant terme à terme les
développements
en séries entières des deux membres parrapport
à z, on obtient :où
Mk
est le moment factoriel d’ordre k de lavariable j
et mk le moment d’ordre k de la variable v.Si l’unité mesurant v
e st 1 ;
v doit êtreremplacé
parL(t)
parL( À t)
et :
En
particulier :
compte
tenu deE j =
ÀE(v),
on endéduit,
la relation suivante liant les va- riances4i et 4, :
:Exemple d’application - Supposons
qued B(v)
soit uneexponentielle
à kphases :
La transformée de
Laplace
est(1 + t k)-k
et la fonctiongénératrice
dela loi cherchée est donnée par :
où
G(s)
n’est autre que la fonctiongénératrice
d’une distribution de Pascal résultant del’autocomposition
d’ordre k d’une loigéométrique Pi
=qip (de
Fonction
génératrice : 1 - p qs ).
Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
81
On sait que le
développement
en série depuissances entières j
de(1 - x)-k a
pour coefficientgénéral
le nombre de combinaisons avecrépétition
de k
objets j à j.
Finalement,
Résultat
important pouvant
être obtenu sans difficultés par un calcul direct.On notera :
VII - LOIS COMPOSEES AVEC UNE LOI DE POISSON -
Soit
{Xk}
uneséquence
de variables aléatoires mutuellementindépen-
dantes avec une distribution commune
P{Xk = j} = f..
Intéressons-nous à la somme
où n est lui-même une variable aléatoire : nombre de réalisations observées dans un processus de
Poisson,
au cours d’un intervalle donné.Nombre de processus
importants
enpratique
se réclament d’un tel schéma. En voiciquelques exemples :
Stocks - Les retraits
opérés
sur un stock surviennent à des instants aléatoires suivant un processus de Poisson etportent
sur desquantités probabilisées . Assurances -
Lesfréquences
desinistres,
obéissent à un processus dePoisson,
le montant desdommages
associés à chacun d’eux étantprobabilisé .
Services divers - Les demandes detransport
ou de services tels que res-taurant, théâtre, ... )
ont lieu non pas isolément mais par"grappes"
d’unités(familles,
groupes,etc. ).
On sait que la fonction
génératrice G(S)
de la variableSn"
se déduitdes fonctions
génératrices : P(s)
de la loi de n,H(S)
de la loi de X par la relation(Il
suffit d’observer queG(S)
n’est autre quel’espérance mathématique
de[H(S)]n
parrapport
à la distribution den).
Dans le cas actuel :
Remarquons
que siH(S)
est une loi binomiale q + p sRevue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
82
La loi
composée
reste une loi de Poisson deparamètre 03BBp (la
con-naissance de cette
propriété peut
être trèsutile).
Propriétés
de la loi de Z et de sa fonction derépartition F(Z) -
Des calculssimples
montrent que :La
généralisation
de ces résultats est la suivante :Les cumulants
k2
de la loicomposée
sont liés aux moments(ordinaires)
m2 de la loi d’effectif de grappe par la relation
simple :
Dans le cas
présent :
On est donc conduit naturellement dans le cas d’une distribution la
plus générale
de l’effectif de grappe à unereprésentation
de la loi de . Z par undéveloppement
de GramCharlier, lequel,
comme on lesait,
fait intervenir les cumulants de la distributionajustée.
On obtient :avec
et
yr(03B8)
dérivée d’ordre r de la loi normale réduite.On en déduit que
lorsque
Àgrandit
indéfinimentF(Z)
tend vers la loinormale 03C0(~) (ce
résultat semble dû à l’Américain H.Robbins,
en1947,
cetauteur
ayant
utilisé la méthodeplus rigoureuse
des fonctionscaractéristiques).
Un autre
type
de distributionscomposées fréquemment
utilisé est lesuivant :
On considère des lois de Poisson de
paramètre 03BB1 ... 03BBi,
lesproba-
bilités de choix a
priori correspondantes
étant u 1 ... ui, le nombre de réa- lisations observées n est alorsrégi
par la loi deprobabilité
On compare de la même
façon
les loisEk .
Enparticulier
des loisEl"
on considère ainsi
Des distributions de ce
type
sont diteshyperexponentielles.
L’intérêt
principal
de cetype
de distributions réside dans leuraptitude
Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4
83
à
"prolonger"
enquelque
sorte la gamme des loisEk,
d’un usage courant pourajuster
des loisthéoriques
à des distributionsempiriques.
Il est en effet
fréquent
dans une distribution d’intervalles parexemple
que les intervalles
"courts" prédominent
nettement sur les intervalles"longs"
(tendance
àl’agglutinement).
De telles distributions sont alors caractériséesc o
par un
rapport m
> 1. Dans toutes les loisEk,
ona m
1 alors que dans les distributions detype hyperexponentiel
on anécessairement : 03C3 m
>1,
ainsiqu’on peut
le montrer aisément àpartir
del’expression
suivante :La relative facilité avec
laquelle
les loishyperexponentielles peuvent
être introduites dans les calculs
joints
à cette dernièrepropriété
enfait,
un outil
mathématique
intéressant pour desajustements.
Enoutre,
onpeut
leur trouver une
signification théorique
dans certainsproblèmes.
Revue de Statistique Appliquée. 1961 - Vol. IX - N’ 4