J EAN P ICARD
Transformations et équations anticipantes pour les processus de Poisson
Annales mathématiques Blaise Pascal, tome 3, n
o1 (1996), p. 111-123
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TRANSFORMATIONS ET
EQUATIONS
ANTICIPANTES POUR LES PROCESSUS DE POISSONJean PICARD
Résumé. Nous montrons l’existence et l’unicité d’une solution pour des
équations stochastiques anticipantes
conduites par un processus de Poissonponctuel.
Pourune classe
particulière d’équations linéaires,
la solutionpeut s’interpréter
commela densité de
Radon-Nikodym
d’une transformationanticipante
du processus de Poisson.Abstract. We prove the existence and
uniqueness
of a solution forstochastic anticipative equations
drivenby
apoint
Poisson process. For aparticular
class oflinear
equations,
the solution may beinterpreted
as theRadon-Nikodym density
of an
anticipative
transformation of the Poisson process.0. Introduction
Les
équations anticipantes
surl’espace
de Wiener sont deséquations
dutype
x
= ~ +t0 b(s,Ys)ds + t0 03C3(s,Ys)dWs
où la condition
initiale 1]
et les coefficientsb,
opeuvent
être aléatoires etdépendre
de tout leprocessus de Wiener
Wt.
On obtient alors en fait deuxéquations
de natures différentes selon quel’intégrale stochastique anticipante
est définie au sens de Stratonovich ou de Skorohod.Lorsque
q estdéterministe,
la résolution del’équation
de Stratonovich peut se ramener à la résolution d’uneéquation
nonanticipante ([5]);
si parexemple
b et a sont déterministes([4]),
la solution est~(i, r~),
où(t,y)
est la solution del’équation
de Stratonovich nonanticipante
avec coefficientsb,
u, et condition initialeYo
= y. La résolution del’équation
de Skorohod est en revanche
plus compliquée;
ont été abordés les cas où les coefficients sont soitdéterministes,
soit linéaires( [1] );
dans le casdéterministe,
on n’obtient leplus
souventque des solutions
locales;
dans le caslinéaire,
la solution del’équation
peuts’interpréter
àl’aide d’une densité de
Radon-Nikodym
pour une transformation de Girsanovanticipante
du processus de Wiener.
Nous désirons ici
remplacer l’espace
de Wiener par un espace dePoisson,
le processusde Wiener étant ainsi
remplacé
par un processus de Poissonponctuel;
nous nous limi-terons de
plus
aux cas où les solutions deséquations
auront destrajectoires
à variationfinie.
L’analogue
deInéquation
de Stratonovich est alors uneéquation
ordinaire avec coeffi-cients aléatoires et se résout donc
trajectoire
partrajectoire.
Nous nous intéresserons donc à unanalogue
del’équation
de Skorohodqui
nepeut
se résoudre aussisimplement;
cepen-dant,
le fait que lestrajectoires
sont à variation finie va nouspermettre
d’utiliser un calculstochastique
detype Li
au lieu de;~z,
et vabeaucoup simplifier
leproblème
parrapport
au cas de
l’espace
deWiener;
un casparticulier
deséquations
que nous allons considérer est étudié dans[3].
. Comme pourl’espace
deWiener,
une classed’équations
linéaires vas’interpréter
comme donnant la densité deRadon-Nikodym
pour des transformations de Girsanovanticipantes ;
cela nous fournira une motivation pour introduire la classed’équa-
tions non linéaires que nous chercherons à résoudre.
Signalons qu’une
classed’équations anticipantes
d’untype
différent est étudié dans[7].
Nous commençons au
§1
par desrappels
sur le calculstochastique anticipant
pour les espaces de Poisson construit dans[6], expliquons
au§2
comment les transformationsanticipantes
sont reliées à deséquations linéaires, puis
posons et résolvons leproblème
deséquations
non linéaires au§3.
1. Calcul
stochastique anticipant
Traduisons pour le cas des processus de Poisson
ponctuels
les résultats du calculanticipant
de[6]
surl’espace
de Poisson. Soit(E, ~)
un espace lusinien muni d’une mesurea-finie ~, et considérons
l’espace produit
(U,U)
=(R+
x~)
muni de la mesure
=
dt (dx)
.On définit
l’espace
de Poisson H comme l’ensemble des mesures w sur U à valeursentières,
telles que
w(~t}
xE)
1 pour tout t et oodès
queA"(A)
oo. On considère lamesure aléatoire
canonique
sur U définie par°
a+(w, A) = w(A),
la tribu JF sur 03A9
engendrée
par lesapplications 03BB+(A),
A EU,
et laprobabilité
1P sur(03A9,F) qui
fait de 03BB+ une mesure de Poisson d’intensité a": la variable03BB+(A)
suit une loide Poisson de moyenne
~-(A),
et si(A;)
est une famille departies
mesurablesdisjointes
de
U,
alors les variablesa+(Aï)
sontindépendantes.
Le processusNt(A)
=~+(~~~ tj
xA) (1.1)
définit ainsi un processus de Poisson
ponctuel.
Un élément w e fipeut
être vu comme unsystème
departicules
se trouvant auxpoints (~, ac) chargés
par w.Pour tout
(t, ~)
dansU,
on introduit les transformations de St dans lui-même définies par=
w(A ~ x E)), (E iw)(A) _
+lA(t~ ~)~
Ces transformations
agissent respectivement
ensupprimant
laparticule
éventuelle de{t}
xE,
et enajoutant
uneparticule
aupoint (t, x).
La formule fondamentale du calculanticipant
sur St est donnée dans le théorème suivant
(théorème
1 de[6]).
Théorème
1.1.
Soit Z =un processus mesurable positiftel
queZtxo~+tx
=Ztz
o AlorsIE
UZtx03BB+(dt, dx)
= IE U Ztx03BB-(dt, dx) .Ce résultat se
généralise
évidemment aux processus réelsintégrables;
la condition surZ
signifie
que la valeur deZtz
nedépend
pas de laprésence
ou de l’absence d’uneparticule
en
(t, ~).
On remarque que même si Z ne vérifie pas cettecondition,
les processusZtz
ost
et
Ztz
oE i
la vérifienttoujours.
Corollaire 1.2. Soient
Ztz
etZiz
deux processus mesurablespositifs;
alorsce
/ Ztx(Z’tx o ~-t)03BB+(dt, dx)
= lEU(Ztx o ~+tx)Z’tx03BB-(dt, dx).
Démonstration. Il suffit
d’appliquer
le théorème 1.1 au processus(Ztx
o ~+tx) (Z’tx o~-t),
etde remarquer que
~-t03C9
= w pour presque tout t relativement à la mesure deLebesgue,
etque = w pour a+ presque tout
(t, ~). [~
Ce corollaire
peut
être utilisé pour étudier leschangements
deprobabilité
résultantde transformations sur le
système
departicules.
Notons que ces transformations vont êtrealéatoires,
et vont donc nécessiter l’introduction d’unespace
deprobabilité
auxiliaire(~r ~ ~r ~ ~~ ),
Le résultat suivantcorrespond
au corollaire 7 de[6].
.Corollaire 1.3. Sur
(S~’,.~’’, ~’’),
soitAo
une variable aléatoire à valeurs dans S~ dont la loi est absolument continue parrapport
à IP avec densité L. SoitHtz
> 0 un processus sur 11 tel queUHtx(03BB-(dt, dx) + 03BB+(dt, dx)) ~
1. .
On considère alors sur ni une variable
Ai
à valeurs dans 03A9 dont la loi conditionnelle sachantAo
est définie ainsi:(a)
avecprobabilité f
lesystème Al
est obtenu enajoutant
à Ao uneparticule
en un
point (t, x)
choisi avecpondération Htz(0)03BB-(dt, dx);
(b)
avecprobabilité H(0)d0,
lesystème 1
est obtenu en enlevant à0
uneparticule
choisie avec
pondération Htz (Ao );
(c)
avecprobabilité
1-f
+dAo),
on ne faitrien,
et on a doncAi
=Ao
.Le nouveau
système Ai
a alors une loi absolument continue parrapport
à IP avec densitéL’ = L +
Démonstration. Si F est une variable aléatoire bornée sur
0,
IE’ [F(1)]
=IE’ [F(0)
+ U(F(~+tx0) - F(0))Htx(0)03BB- (dt,dx)
+
U(F(~-t0) - F(0))Htx(0)0(dt, dx)]
.=
IE [LF
+ LU(F
o~+tx
- F)Htx03BB-(dt, dx)+ L U(F o ~-t - F)Htx03BB+(dt, dx)] .
On utilise alors le corollaire 1.2 pour se débarasser des
opérateurs Et
et~-t appliqués
àF,
et on obtient ainsi que cette
expression
vaut~
Remarque.
Le corollaire 1.3peut
êtregénéralisé
à l’étude de transformations où onajoute
et enlève simultanément
plusieurs particules (voir [6]).
_Nous aurons besoin au
§3
de lagénéralisation
suivante du corollaire 1.2.Corollaire 1.4.
Soit Ft
la filtration naturelle(non complétée)
du processus de Poissonponctuel Nt
Soit T untemps
d’arrêt et soientZ~
etZ~
deux processus mesurablespositifs.
Alors’ °
IE
0 EZtx(Z’tx o ~-t)03BB+(dt, dx)
= IE(Ztx o ~+tx)Z’tx03BB-(dt, dx).
Démonstration.
L’événement {s r }
est dansFs,
donc est invariant par lesopérateurs Et
etci
pour tout t > s, c’est-à-dire‘
.
En faisant croître s vers t, on obtient
°
A l’aide de cette
relation,
il suffitd’appliquer
le corollaire 1.2 aux processusZtx1{t~}
etpour conclure.
D
-
2. Transformations et
équations
linéairesNous allons maintenant décrire une transformation aléatoire de S~ définie par une
modification
progressive
dusystème
departicules; plus précisément,
nous allons considérerun processus
At, t > 0,
à valeurs dansS~, qui
va être obtenu àpartir
de la condition initialeAo
en modifiant à l’instant t l’état dusystème
sur{t}
x E. Ce processusAt peut
être vucomme un
analogue
des flots de transformationsanticipantes
surl’espace
de Wiener([1] ),
la différence étant que sur
l’espace
deWiener,
la transformation est déterministe et nedemande donc pas l’introduction d’un espace de
probabilité
auxiliaire.Supposons
que Il est finie(les
sauts des processus que nous allons considérer seront ainsiisolés,
cequi
faciliteral’étude).
Etant donné un processus bornépositif Htz
tel que1 si w a une masse en
(t, x),
nous considérons sur un espace(ÏT, ~)
un processusde Markov
inhomogène At
à valeurs dansS~,
continu àdroite,
limité àgauche,
et dont lesprobabilités
de transition sont données de lafaçon suivante;
siw([t, t
+0394t]
xE)
=0,
alorsIP’ [t+0394t
= w( t
=03C9]
=1- t+0394tt EHsx(03C9)03BB-(ds, dx) +o(0394t),
IP’[t+0394t
~ {~+sx03C9; t ~ s ~ t + 0394t, x ~A} | t
=03C9]
= t+0394tt AHsx(03C9)03BB-(ds, dx) + o(0394t)
pour A E
~,
et si w a une masse en(t,x),
.IP’ [t = 03C9 | t-
=03C9]
= 1 -Htx(03C9),
IP’ [t
=~-t03C9 | t-
=03C9]
=Htx(03C9).
Autrement
dit,
partant d’une condition initialeAo
= w, onajoute
à l’instant t uneparticule
en
(t, x)
avec intensitéHtx(t-)
parrapport
à03BB-,
et uneparticule
de w située en(t, x)
est retirée à l’instant t avec
probabilité Htz (At- ).
En termes deproblèmes
demartingales, si g
est une fonction borélienne bornée surS1,
alorsMgt = g(t)- t0 E(g(~+sxs-)-g(s-))Hsx(s-)03BB-(ds, dx)
(2. 1)
- t0
E(g(~-ss-)-g(s-))Hsx(s-)0(ds, dx)
doit être une
martingale
sous lesprobabilités IP’[.|0
=03C9].
Nous prenons maintenant une condition initiale
Ao
de loiIP,
et désirons calculer la loiPt
deAt,
c’est-à-direOn
peut
montrer queIP~
reste absolument continu parrapport
àP,
et obtenir une formulepour sa densité
Lt (exemple
7 du§3
de[6]).
Nous nous intéressons ici à une autre méthodequi
va reposer surInéquation
satisfaite parLi (un analogue
deInéquation
de Fokker-Planck pour lesdiffusions).
Le corollaire 1.3 donne formellement le passage deL
àLt+dt, inéquation
obtenue étant
L,=l+
(2.2)
+/ ~ ~(((~~)o~)-(F~~))A-(~,~). ’ ~
oQ~ ) - (2.2)
Une solution à cette
équation
est par définition un processusLi
continu àdroite,
limitéà
gauche,
tel que les deuxintégrales
sont définies etinéquation
est satisfaite IP presque sûrement pour tout t.Théorème 2.1. . Sous les
hypothèses précédentes (en particulier
H borné etfinie), l’équa-
tion
(2.2)
a uneunique
solutionZ~
telle quelE
/
+Â"(~,~))
oo(2.3)
pour tout t. De
plus Li
est la densitédIPt/dIP.
La solution de
(2.2)
va en fait être donnée par une formule du typeFeynman-Kac,
au moyen d’un
procédé
que nous allons maintenantdécrire;
étant donné un instant finalT
fixé,
on considère le processus de Markovinhomogène r t, t
Ta valeurs dans H dont lesprobabilités
de transition retournéesIP~
sont construites defaçon
à satisfaire leproblème
demartingales
suivant(on
considère la version continue à droite deIB);
pour.
toute
fonctionnelle
borélienne bornéef
surH,
le processusMft = f(0393t) - Tt E (f(0393t) - (f(~tsx0393s) - f(0393s))Hsx(~+sx0393s)03BB-(ds, dx)
(2. 4)
-
Tt E(f(~-s0393s)-f(0393s))Hsx(~-s) Hsx(~-s0393s) + 1 - Hsx(0393s)0393T(ds, dx)
doit être une
martingale rétrograde
sous lesprobabilités IP"[.|0393T
=03C9].
Celasignifie
queen
partant
d’une condition finaleFr
et en remontant letemps,
onajoute
à l’instant t uneparticule
en(t,.r)
avec intensité parrapport
àÀ",
etqu’une particule
situéeen
(t, 2?)
est retirée à l’instant t avecprobabilité
IP"[0393t-
=~-t03C9 | 0393t
=03C9]
=Htx(~-t03C9) / (Htx(~-t03C9)
+1 - Htx(03C9)) .(2.5)
Lemme 2.2. Pour t
~ T,
le processusavec
03A8t = exp(log(1 - Hsx(0393s) + Hex(~-t0393s))0393t(ds, dx)
+ (Hsx(~+sx0393s) - Hsx(0393s))03BB-(ds, dx))
est solution de
l’équation (2.2)
et satisfait la conditiond’intégrabilité (2.3).
Remarque.
On peut vérifier que la formule du lemme est bienéquivalente
à la formulecalculée dans
[6]
pour la densitédIPt/dIP.
Démonstration du lemme 2.2. On peut vérifier que le processus
Z
ainsi défini est bien continu àdroite,
limité àgauche,
et quesup Ls ~ exp C(t + 03BB+([0,t] x E)), (2.6)
~«
ce
qui permet
d’obtenir la condition(2.3).
Pour montrer queZ~
est solution de(2.2),
onpeut
considérerséparément
les intervalles detemps
où iln’y
a pas departicules
de a7, etles instants où se trouvent ces
particules.
Si03C9([t, t
+0394t]
xE)
=0,
nous écrivonsLt+0394t(03C9)
=(1
+ t+0394ttE
(Hsx(~+sx03C9)
-Hsx(03C9))
03BB-(ds, dx)
+ O((0394t)2) )
.
et la
propriété
de Markov montre que= IE"[Lt(0393t) | 0393t+0394t = 03C9]
= Lt(03C9) +
IE" [t+0394tt (Lt(~+sx0393s) - Lt(0393s))Hsx(~+sx0393s)03BB-(ds, dx) | 0393t+0394t = 03C9]
=
Lt(03C9)
+t+0394tt E (Lt(~+sx03C9) - Lt(03C9))Hsx(~+sx)03BB-(ds, dx)
+O((0394t)2)
où on a utilisé le
problème
demartingales (2.4)
pourf
=Li
cette fonctionnelle n’est en fait pasbornée,
mais comme H est bornéet finie,
onpeut
vérifier quesuptT0393t([0, T]
xE)
a des moments
exponentiels
sous = et(2.6) permet
alors de montrer queM
satisfait une condition
d’intégrabilité
suffisante pour être unemartingale rétrograde.
Onobtient ainsi
Lt+0394t(03C9) = Lt(03C9) + t+0394tt E((HsxLt)(~+sx03C9) - (HsxLt)(03C9))03BB-(ds ,dx) +
O((0394t)2).
Comme
L o ~+sx
tend versLs- o ~+sx lorsque t
croît vers s, onpeut
en déduire quel’équation
(2.2)
est bien satisfaite en dehors des instants de saut. D’autrepart,
en un instant t telque 03C9 a une masse en
(t, x),
Lt(03C9) =
(1 - Htx(03C9)
+|0393t
=03C9]
=
( 1 -
+(L-(~)
+
(Lt-(~-t03C9) - Lt-(03C9))IP"[0393t- = ~-t03C9 | 0393t = 03C9])
= Lt-(03C9) + (HtxLt-)(~-t03C9) -
(HtxLt-)(03C9) d’après (2.5).
Le processusLt
vérifie donc bienInéquation (2.2). Q
Démonstration du théorème 2.i. Comme nous avons
déjà
montré Inexistence d’unesolution,
il suffit de vérifier que si
Z~
est une solution vérifiant la conditiond’intégrabilité (2.3),
alors c’est nécessairement la densité de
IPt;
nous fixons untemps
T >0,
considérons unefonctionnelle bornée
f
fï 2014~R,
et posons-
pour
0 ~ t ~
T. AlorsFt(t)
est unemartingale;
en utilisant aussi leproblème
de martin-gales (2.1)
pour ~ = on obtientFt(03C9) = IE’[Ft+0394t(t+0394t)
| t
=03C9]
= +
(F+~(6~A~) -
+ t+0394tt
E(Ft+0394t(~-ss-)-Ft+0394t(s-))Hsx(s-)0(ds, dx) | t = 03C9]
.Comme
précédemment,
en étudiantséparément
les intervalles detemps
où 4j n’a pas de masse, et les instants où se trouvent ces masses, onpeut
en déduire que estsolution
de
l’équation rétrograde
Ft(03C9) = f(03C9)+ Tt E(Fs(~+sx03C9) - Fs(03C9))Hex(03C9)03BB-(ds, dx)
+
Tt E (Fs(~-s03C9) - Fs(03C9))sx(03C9)(ds, dx).
J E
_
Avec cette
équation
et(2.2),
on montre que~’
FTLT
=Fo
+ J0/ JE / ((F.
o oe;-)
-
(Fs
o ~-s)((HsxLs-) o~+sx))(03BB+(ds, dx) - 03BB-(ds, dx)).
Les processus F et H sont
bornés,
et le processus L vérifie parhypothèse
une conditiond’intégrabilité (2.3) qui
permetd’appliquer
la formule du théorème 1.1 et d’obtenir que dans cetteexpression, l’intégrale
estd’espérance
nulle. DoncIET[f(.)]
=IE[IE’[f(T)|0]]
=IE[F0]
=IE[FTLT]
=IE[LT f(.)],
ce
qui
montre queLT
est la densité dePT. Q
3.
Equations
non linéairesNous désirons étudier une
généralisation
non linéaire del’équation (2.2).
Si lesopé-
rateurs ~+sx
et~-s
sontabsents, l’équation peut
sous certaineshypothèses
se résoudre tra-jectoire
partrajectoire (c’est l’analogue
deséquations
deStratonovich).
Les termes faisantintervenir
~+sx
ete;
ont en fait descomportements différents;
pour mieux lecomprendre,
nous étudions d’abord deux cas
particuliers,
chacun faisant intervenir un seul de ces deuxopérateurs.
Dans ces deux cas, nous supposons que E est réduit à unpoint,
de sorte que.1+
est réduit à un processus de Poisson
Nt
=a+(~0, t~
xE)
deparamètre ~ _ ~(E); l’espace
est muni de la filtration naturelle
.~t
deNt.
Exemple
I. Lapremière équation
que nous considérons estYt = ~ + g(s, Ys
o ~-s)dNs.Ceci n’est en fait pas vraiment une
équation,
maisplutot
une formulepermettant
de donner la solution par récurrence surNt;
eneffet,
elleexprime Yt
sur{Nt
=n}
en fonction deYs,
s t, sur
~Nt
=n 2014 1}.
La même remarquepermet
d’étudier une classed’équations plus générale
faisant intervenirci (voir (3~).
Cette méthode nepeut
toutefoispas
êtreappliquée lorsque
le nombre de sauts n’est pas fini.Exemple
2. La secondeéquation
estYt = ~ t0 f(s, Ys
o ~+s)ds.(3.I)
Cette
équation
ne peut pas se résoudre comme laprécédente,
leprocessus %
sur{Nt
=n}
étant
exprimé
en fonction deY~, s
t sur{Nt
= n +1}.
Nous allons utiliser la méthode desapproximations
successives. Nous supposons lavariable bornée, la
fonctionJ( t, y )
bornée et
K-lipschitzienne
parrapport
à y, et pour tout processusYi
absolumentcontinu,
nous
définissons ~t(Y)
comme le membre de droite de(3.1).
Soit T untemps d’arrêt; alors,
en
appliquant
le corollaire1.4,
.IE sup|03C6t(Y) - 03C6t(Y’)|
~ K IE (|Yt -Y’t| o ~+t)dt
= K IE
0| Yt - Y’t|dNt
-
~ Jo
-
K
.M tr
On
prend
pour r le nèmetemps
de saut deN,
de sorte queNr
= n.L’application qui
auprocessus Y fait
correspondre
le processus~(K)
est ainsi contractante pour la normepourvu que p >
Kn,
et dans ce cas lesapproximations
successivesconvergent
sur~t T?.
.Mais les lois des processus de Poisson
correspondant
aux diverses valeursde
sont touteséquivalentes
entre elles sur les intervalles detemps finis,
donc onpeut
faire varier p; onpeut
ainsi obtenir la convergence desapproximations
successives enprobabilité
sur toutintervalle de
temps borné,
et vérifier que la limite est une solution deInéquation (la
méthodeva être détaillée dans le cas
général
étudiéci-dessous).
On remarque que dans ces deux
exemples,
onpeut remplacer Y~
par pour lepremier,
Y ne sautequ’aux temps
de saut deN,
donc Y oE~
est continu en s ; pour lesecond,
Y est continu.En revenant à un espace E
général,
considérons deux fonctions mesurablesf,g : 03A9
IR+
x E xIDd
xIDd
~IRd,
où
~d
estl’espace
de Skorohod des fonctions continues àdroite,
limitées àgauche
deIR+
dans leshypothèses
que nous feronsimpliqueront
que les valeurs de, f et g
en(w, t,
x, y,y’ )
nedépendent
pas destrajectoires
de y ety’ après
l’instant t.L’équation
nonlinéaire que nous allons étudier est
Yt = ~ t0 Ef(s,x,Y,Y o ~+sx)03BB-(ds, dx) + t0 E g(s,x,Y,Y o ~-s)03BB+(ds, dx), (3.2)
où ~ est est une condition initiale
aléatoire;
une solution de cetteéquation
est par définitionun processus continu à
droite,
limité àgauche,
tel que les deuxintégrales
sont biendéfinies,
et
l’équation
est vérifiée presque sûrement pour tout t.Théorème 3.1. . Soit h et h deux fonctions
positives
définies surIR+
x E telles queh
het
(3.3)
t0 Eh(s,x)max((s,x),1)03BB-(ds, dx) ~
pour tout t.
Supposons
que|f(t,x,
Y, Z)
-f(t,
x,Y’,Z’) |
~h(t, x)
sup|Ys - Y’s | + (t, x)
sup |Zs - Z’s|,(3.4)
st ~t
|g(t,x,Y,Z) - g(t,x,Y’,Z’)|
~ h(t,s)sup(|Ys -Y’s | + |Zs - Z’s|), (3.5)
st
|f(t,x,0,0)| + |g(t,x,0,0)
| ~ h(t,x) (3.s)
et que la
variable ~
est bornée. Alorsl’équation (3.2)
a au moins une solution. Si la condition(3.6)
estremplacée
paralors la solution est
unique.
Avant le
théorème,
nous allons considérer un casparticulier.
Nousdésignons
par la filtration naturelle du processus de Poissonponctuel Nt
de{
1.1),
et considérons la famille detemps
d’axrêtt
r(K}
= inf{t; 0 Eh(s, x)(03BB+(dt, dx)
+03BB-(dt, dx))
>K}.
L’idée va être d’utiliser le
changement
detemps
défini par cettefamille;
deplus,
pour éviter desdécoupages
dutemps
en interva.lles aléatoires suffisammentpetits,
nous utilisons surl’espace
des processus une norme avecpoids exponentiel (méthode inspirée
de~2~ ).
Proposition
3.2. . Sous leshypothèses
du théorème 3.I(sauf "~
bornée"qui
estremplacé
par
"r~ intégrable" ),
et si deplus h(t, x)
a pour une constante a1,
alors pour touta
>2/(
1-a), l’équation (3.2)
admet une solution Y et une seuxe telle gue~Y~
= IE ~ e-03B2K sup|Yt| dK
~.(3.8)
.
4
.Démonstration de Ia
proposition
3.2, Notons Gl’espace
de Banach des processus Y vérifiant(3.8),
muni de la norme~~. ~~,
, etdésignons
par~t(Y)
le membre de droite de(3.2) lorsqu’il
est défini. En
particulier
onpeut
vérifierd’après (3.fi)
que~(o)
est défini et est dans ,C.Si
03C6t(Y)
et03C6t(Y’)
sont définis et enposant Vt
= supst|Ys
-Y’s |,
leshypothèses (3.4)
et(3.5) impliquent
quet
I~t(Y) - x)
+(v~
ox)) dx)
t
+
0 E(vs
+Vs
o~-s )h(s, x)03BB+(ds, dx),
donc si T est un
temps d’arrêt,
enappliquant
le corollaire1.4,
où,
pour la dernièreinégalité,
on aséparé
dans lesintégrales
sur[0, rj
la contribution de l’instant T, et on a utilisé h h etA ~
a. Nousappliquons
cette estimation autemps
r =
T(K).
On obtientalors,
enchangeant
detemps
dansl’intégrale,
queIE sup |03C6t(Y) - 03C6t(Y’)| ~ 2IEK
V(03BA)d03BA + 03B1IEV(K),
tr(K)
70
et on en déduit que .
~03C6(Y) - 03C6(Y’)~ ~ (03B1
+2/03B2) ~0 e-03B2K IE(V(K)]dK
=(a
+2//3)t)y - Y’~.
En
reprenant
ces calculs pour K~ =0,
onpeut
vérifier que~
envoie ~C dans lui-même.L’application ~
devient ainsi une contraction sur£,
donc a ununique point
fixe.Q
Démonstration du théorème 3.J.
Lorsque
nous ne supposonsplus ~ ~
a1,
il nous fautchanger
deprobabilité (comme
dansl’exemple 2);
posons=
On
peut
considérer laprobabilité
P pourlaquelle Â~
est une mesure de Poisson d’intensitéÀ(~,dx)=~~)A"(~,~).
L’équation (3.2) peut
s’écrire sous la forme d’uneéquation
conduite parÀ
etÂ~;
la fonction g estinchangée,
et la fonctionf
estremplacée
parf/a;
enparticulier,
lespropriétés (3.4), (3.5), (3.6)
s’étendent avec la même fonctionh,
mais h estremplacé
parh/a qui
estmajoré
par a =1/2;
deplus,
la fonction h est Àintégrable d’après (3.3),
et la variable 7y étantsupposée
bornée est bienintégrable
sous P. Par laproposition 3.2,
on obtient donc l’existence d’une solution dans un espace ~C muni d’une normeIl.11
définie comme en(3.8),
mais relativement à
IP; les
deuxprobabilités
P etIP
étantéquivalentes
sur les intervalles detemps
finis(À" et À
sontéquivalentes
et coïncident sauf sur unepartie qui
est demesure finie pour les deux
mesures),
on a aussi existence d’une solution sousIP,
c’est-à-dire satisfaisant
l’équation IP-presque
sûrement.Quanta l’unicité,
on vérifie facilement quesous la condition
supplémentaire (3.7),
toute solution Y satisfait nécessairement~Y~
oo,avec à nouveau la norme
(3.8)
définie relativement à IP.Q Bibliographie
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63177 AubièreCedex,
France.E-mail: