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(1)

A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B

R. C ABANE

Sur les transformations linéaires modulo un

Annales de l’I. H. P., section B, tome 15, n

o

2 (1979), p. 187-193

<http://www.numdam.org/item?id=AIHPB_1979__15_2_187_0>

© Gauthier-Villars, 1979, tous droits réservés.

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(2)

Sur les transformations linéaires

modulo

un

R. CABANE (*)

Vol. XV, 2, 1979, p. 187-193. Calcul des Probabilités et Statistique.

RÉSUMÉ. - Pour les transformations de la forme Tx

= f3x

+ a

mod. 1, avec f3

>

~/2 ou f3

-

~/ -’ 2 + 1

nous étudions le support de la mesure

invariante,

et prouvons

l’ergodicité

et l’existence d’une

partition

faiblement

Bernoulli,

ce

qui généralise

des résultats

déjà

connus

pour ~

> 2.

ABSTRACT. - We consider the transformation Tx

= f3x

+ a mod.

1, with f3

>

/,

or

f3 - - ~ .

We describe the support of the invariant

measure, and then prove its

ergodicity

and weak

bernoullicity.

These

results are known for

13

> 2.

INTRODUCTION

Nous étudions ici les transformations linéaires modulo un, définies par : Tx

= f3x

+ a mod.

1, avec

Leur étude remonte

à

Renyi [1 ]

et

Parry [2] ] qui

a

construit, pour 03B2

> 1 une

probabilité

T-invariante et absolument continue par rapport à la mesure de

Lebesgue

m.

De

plus, quand

p ~ q p ~

charge

g les ouverts, est bornée

supérieurement

et

dm

inférieurement,

et c’est le cas

pour /3

> 2.

(*) 24, Avenue Lombart, 92260 Fontenay-aux-Roses, France.

Annales de l’Institut Henri Poincaré-Section B-Vol. XV, 0020-2347/1979/187/$ 4,00/

187

(3)

188 R. CABANE

Nous décrivons ici le support de Jl. pour

f3

>

~/2

et

pour (3

-

.~ -’ 2 + 1

.

D’autre part,

Smorodinsky [3 et

Wilkinson

[4 ont prouvé

que

(T, Il)

est faiblement Bernoulli pour

13

> 2. Nous prouvons ce résultat pour

1 13 ( > ~/2

en faisant

appel

à des théorèmes dûs à

Kowalski,

Ratner et

Bowen.

Énoncé

du théorème

Pour a

et f3

vérifiant : nous définissons une trans-

formation de

[0,

1

] par

Tx =

~3x

+ a mod. 1. Soit m la mesure de

Lebesgue ;

il

existe, d’après [6 ] une

mesure p, absolument continue

(par

rapport à

m)

sur

[0, 1 ],

et T-invariante. Notons J le support de ,~, et

Q

la

partition

de

[0,

1

] déduite

des discontinuités de T.

Nous aurons besoin de la condition suivante :

THÉORÈME 1. -

i)

La mesure Il est

l’unique probabilité

T-invariante absolument

continue ;

elle est

T-ergodique,

et son support J est une union finie d’intervalles fermés.

ii) Si f3

>

/, ou f3

-

2

et que

(A)

est

vérifiée,

alors J est formé

de deux intervalles

disjoints. Si f3

>

/,

ou

f3

-

~+ 1

, et que

(A)

n’est pas

vérifiée,

alors on a : J =

[0, 1 ].

~

iii) Si |03B2| > 2

le

système (T, Q, Il)

est faiblement Bernoulli

( [4 ]).

iv)

Pour

tout ~3

tel que 1

~ /3 ~ /,

il existe a tel que

(T, ,u)

ne soit pas

faiblement

mélangeant.

v)

Il

existe 13

et a tels que : -

~+ 1

-

~/2,

et que J soit

composé

de trois intervalles

disjoints.

~

Démonstration de

(i)

Rappelons

les résultats suivants :

[0,

1

] est

une union

disjointe

de

ouverts T-invariants et

T-ergodiques (D

est T-invariant si TD = D rn-p. s.

et D est

T-ergodique si F c D et T -1 F = F

m-p. s.

impliquent

m(F) = 0

Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B

(4)

ou

m(F)

=

m(D)) ;

est

plus petit

que le nombre de discontinuités de T.

(Kowalski [7]

théorème

1).

Si D est T-invariant et

T-ergodique,

l’intérieur de D n J est de la forme où 1 est un intervalle ouvert assez

petit

contenant une certaine

o

discontinuité

(Kowalski [8 ]

théorème

2).

Alors,

si

D

et

D2

sont deux ouverts T-invariants et

T-ergodiques disjoints,

on a : J n

Di = ~TnI1

p. s. et J n

D2=~TnI2

p. s. ; or

TII

et

TI2

0 0

contiennent un

voisinage

de

0,

et

Di

n

D2

est non vide. Ainsi =

1,

donc

[0, 1 ]

est

T-ergodique.

Par

conséquent,

est

l’unique probabilité

T-invariante absolument continue par rapport

à m ;

et elle est

ergodique

pour T. x

o

L’intérieur de J est donc de la forme : Par

suite,

J est non

vide,

0 0 0

et contient TJ ainsi que 0 et 1. Soient J’ et J" les deux intervalles de J

qui

contiennent 0 et 1, et

f = inf ~ m(J’), m(J") ~ .

Soit N l’union des intervalles

o

de J dont la

longueur

est

supérieure

ou

égale à f.

On a : TN c N. En

effet, l’image

d’un intervalle contenant une discontinuité se trouve dans J’ u

J",

et les autres sont dilatés par T. Ainsi N est inclus dans et par ergo- dicité on a : N = J s. Finalement J est, comme

N,

une union finie d’intervalles.

Démonstration de

(ii)

LEMME 1. - La condition

(A) équivaut

à l’une des conditions suivantes :

Preuve. Si

~i

>

1,

le

point

fixe de Test P =

(1 -

-

1)

et

(A)

est

vérifiée

lorsque

P est adhérent à un intervalle où T -1 est définie. Ce n’est

possible

que si Tl P

T0,

soit encore :

1/13

a

( - 132

+

313 - 1 )/~i.

Si 03B2

- 1 il y a deux ou trois

points

fixes

Pi

=

a/( 1 - 13), P2

=

( 1

+

a)/( 1

-

j?)

et éventuellement

P3

=

(2

+

a)/(1 - 13) (quand

T a deux

discontinuités,

soit a - 1 -

13).

S’il y a deux

discontinuités,

on vérifie que

T -1 ~

et

l P3 ~

sont formés chacun de deux

points,

et que

T -1 ~ P2 ~ _ ~ P2 ~

équivaut

à

(A2). ,

S’il y a une

discontinuité f3

-

~ 2 + 1 implique

que

Pi

> Tl et

P2 T0,

ce

qui

exclut

(A).

~

Vol. XV, 2-1979.

(5)

190 R. CABANE

LEMME 2. - La condition

(A) implique

que J~ est non vide.

Preuve. Le

point

fixe P

appartient

à l’adhérence d’un intervalle où T ~ 1

est définie. Pour c assez

petit,

et L =

(P -

c, P +

c),

ou éventuellement

(P,

P +

c)

ou

(P -

c,

P),

au cas une

égalité

a lieu dans

(A2),

on a :

L.

Cela ne peut se

produire

si J =

[0, 1 ].

LEMME 3. - Si .

13

>

~/2,

ou

13

-

.~/ -’ + 1

, J est constitué de deux

intervalles au

plus.

~

Preuve.

(a) Étudions

d’abord le cas où T a deux discontinuités. Posons

où J

et

J2

contiennent les discontinuités

(si

les deux discontinuités sont dans

Ji, TJ 1 = Ji = [0, 1 ]).

Si i >

2,

on a :

m(TJ~) _ ~

Nous avons

vu

plus

haut que TJ c

J,

et donc TJ = J comme support de Il.

Ainsi,

si i >

2,

il existe k différent de i, tel que :

TJi

=

Jk,

tandis que

T(J

u

J2)

= J’ u J". Le nombre d’intervalles devant se conserver, tout

Ji

est

de la forme TqJ’ ou

TqJ",

et il existe n et p tels que :

J

1 =

TnJ’,

et

J2

=

TpJ’,

par

exemple.

Dès

lors,

on a :

De même on a :

d’où :

Comme

( > 2, on a nécessairement ((2)n+1 - 1)((2)p+1 - 1) ~ 1 ,

soit p = 0 et n

2,

ou inversement. En

conjuguant

éventuellement par

~ : x --~

1 - x, on peut supposer p = 0.

Nous

distinguons

à

présent

différents cas.

Les discontinuités ne peuvent être dans

J’,

car

l’image

de J’ est un inter-

Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B

(6)

valle. On a donc : TO = inf TJ’ - a

(1 -

ce

qui

est

incompatible

TJ’ se

place

entre

J

1 et

J",

car on a vu que nécessairement TO >_

( 1 -

On a :

Par

conséquent :

TO = a >

T31,

d’où : a

(

-

03B23

+

203B22

+

1)/(03B2

+

03B22).

Par

ailleurs,

T20 = inf

J 1,

d’où :

T30

E J".

Enfin,

P ne peut

appartenir

à J" car : TJ" c J’ ~

J",

d’où : P

T30.

Ceci

implique :

Comme

~3 2 les

deux

inégalités

sont contradictoires.

Il ne reste en fin de compte que le cas n =

0,

soit : J = J’ ~ J".

(b)

Dans le cas où T n’a

qu’une discontinuité,

on a cette fois :

et, comme en

(a), Ji = TPJ",

ce

qui

entraîne

l’inégalité (*),

et de

nouveau p = 0 et n

2,

ou inversement.

(b 1 )

Si

~/2 .~%5 2 + 1

et p =

0, n _ 2, Ji

contient l’extrémité de

[o,1 ]

la

plus proche

de la discontinuité : sinon on aurait :

J 1 u TJ

1 =

[0, 1 ]

et n = 0. Si par

exemple

1 est dans

J ,

on a : J’ =

[0,

Tl

] et

TJ’ -

[TO, T21 ].

TJ’ rencontre nécessairement

J’,

donc n = 0 et J = J’ u

J",

ce

qui

achève

la preuve du lemme 3.

On déduit alors

(ii)

des lemmes

précédents.

En

effet,

comme 0 et 1 sont

dans

J,

si J~ est non

vide,

c’est nécessairement un

intervalle,

et le

point

fixe P

s’obtient par :

~

d’où :

n

En examinant les différents cas, on obtient bien la condition

(A).

Vol. XV, 2-1979.

(7)

192 R. CABANE

Démonstration de

(iii)

Nous utilisons ici le théorème 7 de Ratner

[5 ],

selon

lequel (T, P, ~c)

est

faiblement Bernoulli si

(T, ~c)

est totalement

ergodique. D’après

le théorème 1

de Kowalski

[7], déjà cité,

Tn ne sera pas

ergodique

si le support

de J1

se

décompose

en

plusieurs

ouverts Tn-invariants et

Tn-ergodiques disjoints,

soit : 1

On vérifie aisément que T réalise une

permutation

sur les

Di;

d’autre part,

on obtient ainsi une

décomposition

de J en intervalles

(éventuellement contigus).

Comme

plus haut,

on montre

qu’il s’agit

d’une union finie d’inter-

valles,

soit :

le même argument relatif aux

longueurs s’applique,

d’où :

Ki

1 =

K2

=

TSK",

t =

0,

s 2

(ou inversement).

Alors

Ki =

K’ rencontre

TKI,

ce

qui impose m

= 1. T" est ainsi

ergodique.

Démonstration de

(iv) (exemple communiqué

par W.

Parry)

Pour 1

fi

on

prend

a = 1 -

/3/2, Pi ==

+

1)

=

et c assez

petit,

de sorte que si E =

(Pl -

c,

Pi

+

c)

et F =

(TPl -

c,

TPl

+

c),

alors T -1 E c F et T -1 F c E. On a donc : J = J’ u

J",

avec

TJi =

J’U

J",

TJ’ = TJ" =

Ji.

Donc - 1 est valeur propre de T. Pour

13

=

~/2

et a = 1 - on vérifie directement que T2 n’est pas

ergodique.

Pour -

~/2 13

- 1 on

prend

a = -

13/2

et E =

(Pl -

c,

Pi

+

c),

F =

(P2 -

c,

P~

+

c), Pi

et

P2

étant les deux

points fixes,

d’où la même conclusion.

Pour ~ _ - ~,

la vérification est la même que pour

~3

=

~.

Démonstration de

(v)

On

prend fl = -

1,5 et a = 0, 2, pour

lesquels :

vérifie : T -1 E

ce E ;

J‘ est formé de deux intervalles au moins.

Le théorème est ainsi démontré.

Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B

(8)

REMERCIEMENTS

Je suis très reconnaissant à M.

François Ledrappier

pour ses encoura-

gements inlassables.

RÉFÉRENCES

[1] A. RENYL, Representations for real numbers and their ergodic properties. Acta Math.

Acad. Sci. Hungar, t. 8, 1957, p. 477-493.

[2] W. PARRY, Representations for real numbers. Acta. Math. Acad. Sci. Hungar.,

t. 15, 1964, p. 95-105.

[3] M. SMORODINSKY, 03B2-automorphisms are Bernoulli. Acta. Math. Acad. Sci. Hungar.,

t. 24, 1973, p. 273-278.

[4] K. M. WILKINSON, Ergodic properties of certain linear modulo one transformations.

Adv. in Math., t. 14, 1974, p. 64-72.

[5] M. RATNER, Bernoulli flows over maps of the interval. Israel Journal of Math., t. 31, 1978, p. 298-313.

[6] A. LASOTA, Y. YORKE, On the existence of invariant measures for piecewise monotonic

transformations. Trans. Amer. Math. Soc., t. 186, 1973, p. 481-488.

[7] Z. S. KOWALSKI, Invariant measures for piecewise monotonic transformations, 1975, Springer Lecture Notes 472, 77-94.

[8] Z. S. KOWALSKI, Some remarks about the invariant measures for piecewise monotonic

transformations. Bull. Acad. Pol. Sci. Ser. Math., t. 25, 1, 1977, p. 7-12.

[9] R. BOWEN, Bernoulli maps of the unit interval. Israel Journal of Math., t. 28, 1977,

p. 161-168.

(Manuscrit reçu le 4 avril 1979)

Vol. XV, 2-1979.

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