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Influence des variations de structure sur certaines propriétés électriques et optiques des lames minces étudiées sous vide

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HAL Id: jpa-00235341

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Submitted on 1 Jan 1956

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Influence des variations de structure sur certaines propriétés électriques et optiques des lames minces

étudiées sous vide

M. Perrot, J.P. David

To cite this version:

M. Perrot, J.P. David. Influence des variations de structure sur certaines propriétés électriques et op-

tiques des lames minces étudiées sous vide. J. Phys. Radium, 1956, 17 (3), pp.194-200. �10.1051/jphys-

rad:01956001703019400�. �jpa-00235341�

(2)

INFLUENCE DES VARIATIONS DE STRUCTURE SUR CERTAINES PROPRIÉTÉS ÉLECTRIQUES ET OPTIQUES

DES LAMES MINCES ÉTUDIÉES SOUS VIDE Par M. PERROT et J. P. DAVID,

Laboratoire de Physique, Faculté des Sciences, Alger.

Summary. - The objet of this work is

an

experimental study of

some

optical and electrical properties of thin layers with granular structure

as

functions of their thickness, all measurements being carried simultanously in

vacuo.

Authors have tried to connect the variations of these properties to the variations of structure of theses layers by aging

or

by action of the electrical field applied.

An interpretation is given to explain the important variation of the optical constants in regard

of the value for bulk metal.

PHYSIQUE 17, 1956,

1. Généralités.

-

Les propriétés électriques et optiques des lames métalliques minces ne dépendent pas uniquement de la masse m de métal déposée par cm2 du support mais encore de la façon dont cette masse est répartie sur le support,

ce qui caractérise d’une certaine manière la struc- ture de la lame.

Parmi les structures possibles, on peut avoir :

-

soit un tapis monocristallin ou amorphe ; soit

des cristaux espacés dont les dimensions latérales sont du même ordre de grandeur que leur hauteur ;

.

soit des édifices cristallins, ou îlots indépendants,

dont les dimensions latérales sont plus grandes que leur hauteur ; ces îlots étant d’autant plus rap-

prochés que 1’« épaisseur équivalente

»

de la lame

est plus grande.

Toutes ces structures caractérisent ce que l’on

désigne sous le nom de « lames granulaires

»

(lames G).

Lorsque ces édifices ne sont plus indépendants

mais ne couvrent pas toute la surface, on est alors

dans le domaine des

«

lames poreuses

»

(lames P).

Les lames P et les lames G sont souvent dési-

gnées sous le nom de

«

lames lacunaires

».

Pour des épaisseurs plus fortes, on atteint le domaine des lames dites

«

continues

»

qui en réalité

sont inhomcgènes et formées de microcristaux d’autant plus rapprochés que l’épaisseur de la lame

est grande.

Pour une même valeur de m, c’est-à-dire de l’« épaisseur équivalente », la répartition structu-

rale varie avec un certain nombre de facteurs dont l’influence sur les propriétés étudiées est plus ou

moins importante.

Parmi ces facteurs, on peut énumérer : a) la température ;

b) la nature et la pression des gaz résiduels ; c) la nature du support ;

d) le temps de vaporisation ; e) le temps d’évolution de la lame ;

f ) le champ électrique appliqué dans les mesures

de conductibilité ou éventuellement le champ magnétique, la haute fréquence..., etc.

Dès sa formation, une lame mince subit une

modification plus ou moins lente de structure au cours du temps, tous les autres paramètres étant

constants. La vitesse de cette modification dépend

évidemment du temps employé pour la projection.

Pour des temps de projection courts (quelques secondes), la cristallisation qui s’opère après la projection, détermine une première évolution rapide qui est suivie d’une phase plus lente de réarrangement des cristaux sur le support. Ce pro-

cessus de migration cristalline est probablement

fortement influencé au cours du temps par

l’adsorption ou l’action chimique des atomes étran-

gers au métal (gaz extérieurs, impuretés ou gaz

occlus dans le support, etc...). Cette

«

évolution spontanée » entraîne des variations dans les pro-

priétés optiques et électriques en fonction du temps [1]. Il est important, pour des conditions

expérimentales déterminées, de mesurer simulta-

nément ces variations sous le vide [2].

Lorsque ces propriétés ne varient plus que très lentement, on admet que la lame est stabilisée. Si,

dans ce cas, on fait varier, dans un domaine pas

trop étendu, des paramètres tels que la tempéra- ture, la pression, etc..., on obtient en général des

modifications réversibles des propriétés de la lame.

Des variations trop importantes de ces para- mètres peuvent donner lieu à des hystérésis ou à

des modifications de structure qui correspondent à

une nouvelle évolution spontanée conduisant à un

état asymptotique différent de celui dont on est

parti et qui entraînent des variations simultanées des propriétés électriques et optiques.

Ces variations peuvent être définies par celles des deux paramètres suivants :

a) la résistance superficielle de la lame ; b) l’amplitude de l’onde réfléchie par la lame

’ lorsque celle-ci reçoit sous l’incidence normale un un faisceau monochromatique de rayons parallèles.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01956001703019400

(3)

195 La connaissance de ces deux paramètres peut

permettre de déterminer dans le cas des lames

«

continues » la variation de la conductibilité et des constantes optiques x et v de la lame. On sait,

en effet, que lorsque l’épaisseur décroît, le libre

parcours moyen des électrons diminue par diffusion de ces électrons sur les frontières de la lame, ce qui entraîne une diminution de la conductibilité

et une variation des constantes optiques.

Dans le cas des lames lacunaires, le problème qui

se pose est plus compliqué. Les électrons

«

enca- gés

»

dans les îlots possèdent, de ce fait, un libre

parcours moyen encore plus réduit que pour les lames précédentes ; ceci contribue très proba-

blement à une diminution de la conductibilité

«

intrinsèque

»

des îlots et à une variation des

constantes optiques du métal en couche mince par

rapport à celles du métal massif.

.

Mais, ce que l’on mesure expérimentalement, ce

sont les propriétés électriques et optiques de

l’ensemble de cette population d’îlots métalliques.

La conductibilité doit en particulier tenir compte du passage possible du courant entre les parties métalliques soit directement dans le vide (par

effet tunel ou par effet thermoélectronique) soit en empruntant un passage plus ou moins conducteur

à la surface du support (tapis).

Dans l’onde globalement réfléchie par la surface,

on doit distinguer ce qui est réfléchi par les parti-

cules métalliques de ce qui est réfléchi par le support.

Si CR est le facteur de réflexion de cette surface

(côté support) et si q’

1

est la variation de phase quand on passe de la réflexion vitreuse à la réfle- xion métallique, l’amplitude CÏ/ de l’onde réfléchie est complexe et de la forme :

Si à partir de 0B.’ et de y’on cherche à déterminer les constantes optiques v et x de la lame, on obtient

des coefficients

«

fictifs » puisque pour obtenir ces coefficients on suppose la lame continue et d’épais-

seur égale à l’« épaisseur équivalente

».

Les lames plus épaisses dites

«

continues » (à dis-

tribution volumique), sont inhomogènes. Malé [3]

.

a montré, dans ce cas, en tenant compte des champs électriques d’interaction qui peuvent exister entre

les microcristallites polarisés par l’onde incidente,

que l’on peut obtenir à la fois les constantes optiques de la lame et sa vraie densité. Selon cet

auteur, la différence entre les constantes optiques

ainsi calculées et celle du métal à l’état compact provient de ce que la lame est constituée de micro- cristallites séparés ayant chacun les constantes

optiques du métal massif. Par ailleurs, la connais-

sance de la densité réelle et de celle du métal

compact lui permet de caractériser, d’une certaine façon, la structure de la lame par un paramètre,

appelé facteur de remplissage. C’est ainsi que des lames d’argent de 85 mp, d’« épaisseur équivalente »

ne seraient pas encore compactes.

Dans le cas des lames lacunaires (à distribution

superficielle), la méthode précédente est en défaut.

On peut cependant dans ce cas, extrapoler

cette notion de facteur de remplissage en lui don-

nant la signification suivante :

Soit

ï

la surface effectivement occupée par le

métal sur une surface de 1 cm2 du support trans- parent.

r

sera un taux de remplissage de ce sup-

port par le métal. Si on ne considère pas les lames à population d’îlots métalliques très clairsemés et si on néglige tout effet de diffusion latérale, on peut supposer qu’en un point à l’infini, l’amplitude complexe ét’ de l’onde réfléchie résulte de la compo- sition de l’amplitude (réelle) Ao de l’onde réfléchie

sur le support (Ao

=

V (Ro’ (R.o

=

facteur de réflexion du support) et de l’amplitude complexe, AeiI>

de l’onde réfléchie (côté support) par l’ensemble des îlots métalliques. On peut écrire en première approximation la relation :

soit

FIG. 1. - e’t/

=

A’ eicp’ = «Ae"4’

-

Ao) + Ao.

L’origine est désignée par la lettre 0.

Sur la figure de principe (1) est tracée la courbe

CI représentant dans le plan complexe, l’amplitude

A eiD -supposée connue en fonction de l’épaisseur

moyenne des îlots.

La relation ci-dessus montre que pour un point particulier de cette courbe e (affixe N, épaisseur e)

on obtient l’amplitude Z’ == V/ix7-’ (affixe N’) en portant à partir d’un point M de Ox (OM

=

Ao)

MN’

sur la droite MN,

un point p N’ tel que q MN - MN

T.

Le lieu des points N’ est la courbe expérimentale C,. De plus le point N’

/

est relatif à l’épaisseur e’

.telle qu’on l’a déterminée par pesée et l’on doit

avoir

B c, /

Ce raisonnement suppose que l’amplitude A eiI>

ne dépend pas de la géométrie des grains et n’est

(4)

probablement valable que lorsque la hauteur du grain est petite vis-à-vis des autres dimensions.

Cela suppose aussi que par cm2 l’on peut assi- miler, du point de vue optique, l’ensemble des îlots métalliques d’épaisseur moyenne e, à une lame continue de surface

T

et de même épaisseur.

S’il est possible d’évaluer par microscopie élec- tronique, le taux de remplissage d’une lame lacu-

naire, on peut alors déterminer les constantes

optiques et l’épaisseur des îlots métalliques tout

au moins dans le domaine de validité de la relation ci-dessus.

II.

-

Résultats expérimentaux.

--

Les mesures entreprises dans nos laboratoires ont été faites en

fixant un certain nombre de facteurs ci-dessus

signalés. C’est ainsi que nous avons toujours opéré

à la température ordinaire et sous une pression

10-5 > P > 10-6 mm Hg. Dans la plupart des expériences faites, les temps de vaporisation

étaient faibles (quelques secondes à quelques

dizaines de secondes). Des expériences ont, au contraire, été conduites, à dessein, avec des temps

de vaporisation beaucoup plus grands (quelques heures). Les supports choisis ont été soit le verre

soit le quartz très convenablement nettoyés.

Dans ces conditions, nous avons étudié au cours

du temps certaines propriétés optiques et électriques

des lames minces lacunaires, en fonction de leur épaisseur, toutes les mesures étant effectuées sous

vide.

Par ailleurs, il semble utile, sinon indispensable

si on veut établir un lien entre les propriétés optiques et les propriétés électriques des lames métalliques minces, de mesurer toutes ces pro-

priétés simultanément. Nous avons donc réalisé des montages permettant de mesurer simultanément

sous le vide les paramètres électriques et optiques

et leur évolution en fonction du temps.

Dans une première série de mesures [4], [5] nous

avons entrepris l’étude systématique de la conduc- tibilité des lames minces lacunaires d’argent, d’alu-

minium et de silicium au cours du temps et étudié

l’influence possible des variations de champ élec- trique sur la structure d’une lame métallique.

Pour des lames stabilisées, on a en outre constaté

que la résistance moyenne peut varier considéra- blement lorsque le champ électrique passe de

quelques V /cm à plusieurs milliers de V jcm. Ces

variations sont d’ailleurs réversibles. On a défini et mesuré un coefficient y

=

(1 /Rs). (Rs /AE) pou- vant caractériser en un certain sens les écarts à la loi d’Ohm.

Rx étant la résistance d’une couche métallique

de dimensions superficielles L

=

l

=

1 cm.

.E

=

v étant le champ appliqué.

V étant la tension aux bornes de la lame.

Dans le cas des lames en évolution, nous avons

également montré que le champ électrique peut fortement ir fluer sur l’évolution de la conducti- bilité d’une lame mince métallique. La courbe

d’évolution R(t) sous le champ le plus fort .E1 est toujours au-dessus de celle correspondant au champ le plus faible E2 [5].

Pour des lames dont l’évolution spontanée est avancée, le coefficient y est 0 et on peut repré-

senter les variations étudiées par la courbe

FIG. 2.

Nous avons tracé ces caractéristiques dans le

cas de lames d’argent, d’aluminium et de silicium

préparées sous une pression de 10-6 mm Hg ( fig. 2).

En partant de considérations sur l’effet tunnel et sur l’effet thermoélectronique, N. Nifontoff a

tracé les courbes Log Ra

=

f (Log Is) dans le cas

d’un contact imparfait entre deux surfaces métal-

liques, identiques, planes, parallèles et indéfinies et pour différentes valeurs de l’intervalle entre les électrodes et du travail d’extraction. La forme de

ces courbes rappelle fortement celle que nous avons

tracée dans le cas des lames métalliques minces (fin. 2) et il a été montré [6] qu’en associant d’une certaine façon les résistances

«

intergrain

»

d’une

lame métallique on peut ainsi justifier par la théorie la forme des courbes expérimentales.

De l’étude expérimentale il résulte que les écarts à la loi d’Ohm à la température ordinaire sont

d’autant plus marqués que l’épaisseur de la couche est plus faible, c’est-à-dire que la structure est plus granulaire. Ces résultats montrent, en outre, que le

champ électrique appliqué a une influence consi- dérable sur l’évolution de la résistivité des lames

en fonction du temps, surtout lorsque le champ électrique est appliqué depuis le début de la préparation [5].

On peut donc penser que pendant cette période

de la formation les variations du champ électrique pourraient entraîner aussi des variations dans les

propriétés optiques.

Dans une deuxième série d’expériences, nous

(5)

197

avons d’abord étudié sous vide les variations simultanées des paramètres optiques et électriques

de lames d’argent d’épaisseurs différentes (le temps de vaporisation étant de l’ordre de quelques secondes). Par ailleurs, nous avons suivi en fonc- tion du temps de projection, c’est-à-dire en fonc- tion de l’épaisseur, les variations simultanées de

ces mêmes paramètres (pour une variation linéaire

d’épaisseur de l’ordre 2.10-3 mp. par seconde).

F’IG. 3.

La figure 3 schématise le montage utilisé dans ces mesures. La couche mince d’argent était déposée

sur une lame de quartz taillée perpendiculairement

à l’axe et à faces optiquement planes et parallèles

sur laquelle deux électrodes d’argent massif

avaient été préparées au préalable par évaporation thermique. Le faisceau lumineux issu d’une lampe

,

à vapeur de mercure passe à travers un diaphragme

dont on forme une très petite image dans le sillon séparant les électrodes (dimensions du sillon,

20 X 3,5 mm). La lame à faces parallèles donne un système d’anneaux à l’infini que l’on projette sui-

vant un diamètre sur la fente d’un spectrographe.

Quand on passe de la réflexion dans le support transparent sur l’air (temps 0) à la réflexion dans le support transparent sur le métal, il se produit

un changement de phase cp’ que l’on détermine, à partir du diamètre des anneaux, en utilisant une

méthode classique [7].

D’autre’ part, un faisceau de lumière complexe

sur le trajet duquel on interpose des filtres vient

se réfléchir, sous incidence quasi normale, sur la

lame métallique mince déposée dans le sillon ; on reçoit ce faisceau sur une cellule photoélectrique,

ce qui permet de déterminer le facteur de réflexion de la couche mince.

Le contrôle de la conductibilité électrique était

assuré par un montage analogue à celui déjà

décrit [4] et qui permet d’appliquer des champs élec- triques variables.

La figure 4 correspond aux variations simul-

tanées des changements de phase z

=

5 461,A) et

de la résistance électrique en fonction du temps

d’évolution pour des lames de différentes épais-

FIG. 4b.

seurs, le temps de projection étant de quelques

secon des.

FIG. 5.

°

Taux de projection :

1 : 2.10-3 m(L /sec.

2 : 4.10-3 my /sec.

3 : 2,6.10y3 m(L ¡sec.

4 : 2,7.10-3 m(L /sec.

5 : 8,3.10-3 mti /sec.

La figure 5 donne, en fonction du temps de pro-

jection, les variations du changement de phase

pour la longueur d’onde À

=

5 461 lu. Bien que la

nacelle de projection soit à 25 cm de la lame de

(6)

quartz, on est obligé de tenir compte de la varia-

tion de phase Ap’ provenant de la très faible dila-

tation de cette lame sous l’effet d’une variation de

température.

(Il suffit de 10 C pour avoir Ao’

=

0, 120 À)

FIG. 6.

La courbe (a) en pointillés de la figure 6 corres- pond (dans les mêmes conditions de chauffage que

précédemment mais pour un creuset vide) aux changements de phase par dilatation du support.

On constate que la courbe (b) se termine par une

partie rectiligne parallèle à la précédente et qui

traduit uniquement l’effet de dilatation du support.

La courbe (c) correspond à la variation de phase corrigée de cet effet de température.

.

FIG. 7.

A partir de ces courbes, on a tracé les change-

ments de phases en fonction de l’épaisseur pour diffé- rentes vitesses de projection ( fig. 7).

Pour ces mêmes lames, on a tracé sur la figure 8

les courbes donnant Log R en fonction de l’épais-

seur.

Nous avons aussi tracé, sur les figures 9 et 10,

les courbes donnant les facteurs de réflexion et les variations de phase en fonction de l’épaisseur. Ces

courbes ont été obtenues pour l’argent et pour X

=

5 461 A par différents expérimentateurs (les

unes se rapportent à de l’argent

«

thermique », les

autres à de l’argent

«

cathodique »).

Sur ces mêmes graphiques, ont été figurées les

courbes expérimentales que nous avons obtenues pour de l’argent thermique, les paramètres optiques

FIG. 8.

FIG. 9.

1.

-

Théorique. 4.

-

Rouard.

2.

-

Perrot. 5.

-

Faust.

3.

-

PERROT-DAVID. 6.

-

KRAUTKRAMER.

et électriques ayant été mesurés simultanément

sous vide.

,

A partir des courbes des deux figures ci-dessus,

nous avons tracé (fig. 11) celles qui donnent l’ampli-

tude de l’onde réfléchie du côté du support, ainsi

que la courbe théorique déduite des constantes

optiques du métal massif dans le cas du verre et

dans le cas du quartz.

(7)

199 Ces courbes sont tracées dans le plan complexe

en prenant pour module la racine carrée du facteur de réflexion GL’ (côté support) et pour argument la

variation p’ de phase lorsque l’on passe de la réflexion métallique à la réflexion vitreuse.

,

FIG. 10. - X

=

5 461 A.

2. PERROT-DAVID (Ag thermique, mesures sous vide).

3. ROUARD (Ag cathodique

- mesures

dans l’air).

4. FAUST (Ag thermique

- mesures

dans l’air).

(Les courbes 3 et 4 ont été tracées par continuité dans le

sens des retards sans tenir compte d’un saut de phasee.) Elles montrent nettement que dans le domaine où la lame est granulaire, les constantes optiques

«

apparentes » ainsi que les constantes optiques

«

intrinsèques » de l’ensemble des particules métal- liques sont très différentes de celles du métal pris

àl’état massif (v

=

0,18, X

=

3,67).

FIG. 11.

-

Valeurs : 1. Théoriques. 2. Perrot-David.

3. Rouard

...

4. Faust - - -

-.

La figure 12 se rapporte à des courbes théoriques

relatives à des amplitudes tracées dans le plan complexe pour une même valeur de x et des valeurs

croissantes de v, à partir des courbes donnant les facteurs de réflexion et les variations de phase en

fonction de l’épaisseur déterminée par méthode

graphique (8). En rapprochant ces différents sys-

-

tèmes de courbes, on peut déduire que l’indice de réfraction du métal augmente fortement lorsque l’épaisseur

«

équivalente » de la lame diminue. Il

semble, en outre, qu’à partir d’une certaine épais-

seur, l’argent cathodique a des constantes optiques plus rapprochées de celles du métal massif que

celles de l’argent thermique.

FIG. 12.

Notons, enfin, que pour la longueur d’onde

À = 5 461 A, nous avons toujours observé des retards régulièrement croissants avec l’épaisseur.

Par contre, certaines courbes tracées avec des lon-

gueurs plus faibles indiquent des variations de

phase qui sont d’abord des retards et qui pour les

plus fortes épaisseurs terminent par des avances.

De toutes façons, les paramètres optiques ci-

dessus étudiés sont bien définis par l’amplitude Jàl ’ et toute saute de phase de 2n ne modifie

en rien la forme de la courbe.

Signalons enfin qu’en faisant varier le champ électrique appliqué nous avons constaté les écarts habituels par rapport à la loi d’Ohm pour les

lames stabilisées. Nous n’avons observé, dans ce

cas, que des variations négligeables dans les para- mètres optiques. Dans le cas des lames en évolu-

tion les variations du champ électrique semblent

influer sur les changements de phase de façon bien

moins importante que sur la résistance de la lame [5].

DISCUSSION

M. Borel.

-

N’avez-vous pas observé l’effet d’un facteur tel que le champ électrique appliqué pen- dant l’évolution spontanée, la température du sup-

port ou la vitesse de formation des lames sur

les écarts à la loi d’Ohm ? J’ai constaté, par

exemple que deux lames de même résistivité super-

ficielle avaient, pour une même valeur du champ

électrique, des écarts à la loi d’Ohm différents. La

(8)

lame formée le plus rapidement ayant un écart plus faible.

M. Perrot.

-

Nous avons justement parlé de

l’action du champ électrique sur l’évolution. En

ce qui concerne l’étude de l’influence de la vitesse de préparation des lames sur les écarts à la loi

d’Ohm, cela n’a pas encore été fait.

M. Borel.

--

Avez-vous fait des mesures pour des champs croissants ou décroissants ?

M. David.

-

Oui, pour les deux sens de varia- tion du champ.

M. Borel.

-

En éliminant alors la première montée, car il y a une certaine hystérésis ?

M. David.

-

Oui.

M. Ronchi.

-

Je désire savoir si, dans les

mesures du facteur de réflexion, on a essayé de

tenir compte aussi de la diffusion, puisque la

réflexion se faisait sur des surfaces aussi irrégu-

lières du point de vue géométrique. Je crois que de là on pourrait tirer des renseignements utiles au sujet de la structure des lames minces.

M. Perrot.

---

C’est en effet une question très importante, les particules des lames granulaires

sont très petites devant la longueur d’onde uti- lisée. Il y a là un calcul à faire. Cependant, en

lumière normale, je n’ai pas constaté de diffusion latérale jusqu’à des épaisseurs assez faibles (4 ou

5 m{1.) des lames. Il semble que l’ensemble des

grains provoque un effet global, dont la résultante

est telle que, au fond, tout va se centrer autour de la réflexion normale. Je ne pense pas que cela constitue exactement une réponse à votre question,

mais je crois qu’il est très important de poser ce

problème.

M. Rouard.

-

La diffusion est difficile à mettre

en évidence en incidence normale. Déjà de Gram- mont, en 1931, l’avait étudiée en incidence voisine de l’incidence limite. A cette époque, la précision

des mesures était insuffisante (1 % environ). L’uti-

lisation des multiplicateurs d’électrons a fait faire de grands progrès dans ce domaine et à l’heure

actuelle il ne paraît plus possible de négliger la dif- fusion, même en incidence normale.

M. Cotton.

-

Les résultats de calcul conduit par

un procédé analogue à celui de M. Perrot coïn-

cident assez exactement avec les résultats expéri-

mentaux pour les facteurs de réflexion côté air et

côté support. Mais pour les variations de phase ces

calculs ne sont pas en accord avec l’expérience. De plus, je signale que la diffusion de la lumière par des dépôts minces d’argent cathodique avait été étudiée, il y a une vingtaine d’années, par le duc de Grammont. Il déposait l’argent sur la surface hypo-

ténuse d’un prisme à réflexion totale et observait

la lumière diffusée par ce film, frappépar la

lumière venant dans le verre sous une incidence très voisine de l’incidence limite.

.

M. Van Itterbeek.

-

Quelle est la reproducti-

bilité pour les différents temps de projection ?

M. Perrot.

-

Lorsque les temps sont assez longs,

les résultats sont très reproductibles. Pour les temps de projection très faibles, et lorsqu’il s’agit

de lames très résistantes (granulaires) il est extrê-

mement difficile de reproduire exactement un

temps de projection déterminé et, là, les résultats

sont un peu moins reproductibles.

M. Néel.

-

Avez-vous fait des expériences en

faisant varier les degrés de vide ?

M. Perrot.

-

Je l’ai fait il y a longtemps, les

résistances en particulier sont assez différentes.

M. Vodar.

-

Je voudrais simplement signaler qu’on arrive à des résultats reproductibles (à 20 ou

30 % près) lorsqu’on opère sous un très bon vide.

M. Perrot.

-

Je suis de votre avis.

M. Van Itterbeek.

--

La température du sup- port a aussi une influence très grande sur les résul-

tats des mesures. Nous avons fait quelques expé-

riences à ce sujet.

M. Perrot.

-

Nous l’avons aussi observé mais

non systématiquement mesuré.

M. Van Itterbeek.

-

Nous avons en effet monté

un appareillage qui permet de noter cette tempé-

rature à 50 près aux environs de la température

de He liquide.

M. Ribaud. - Les différents auteurs attribuent les mots minces ou épais à des lames dont les domaines d’épaisseurs sont différents d’un auteur à l’autre. Pour éviter de telles confusions entre lames

«

épaisses »,

«

minces » et

«

très minces », il serait utile de préciser une terminologie.

M. Perrot.

-

Oui.

-

Je précise, comme nous

l’avons dit, que dans notre texte il s’agit de lames

«

granulaires ».

BIBLIOGRAPHIE [1] PERROT (M.), C. R. Acad. Sc., 1947, 224, p.1269.

2014

XIXe Colloque international sur les propriétés optiques des lames minces solides, Marseille, 1949, J. Physique Rad., 1950, 11, 384.

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Sciences Physiques, fasc. 57, Gauthiers-Villars, 1954.

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NIFONTOFF (N.), C. R. Acad., Sc., 1954, 238, 1200.

[7] ROUARD, Ann. Physique, 1937, 7, p. 291.

[8] PERROT (M.), Ann. Physique, 1944, 19, 150.

Références

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