HAL Id: tel-00011789
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atomiques ultrafroids
Simone Kulin
To cite this version:
Simone Kulin. Préparation et manipulation de paquets d’ondes atomiques ultrafroids. Physique Atom-ique [physics.atom-ph]. Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, 1997. Français. �tel-00011789�
DÉPARTEMENT
DE
PHYSIQUE
DE
L’ÉCOLE
NORMALE
SUPÉRIEURE
LABORATOIRE KASTLER BROSSEL
THÈSE
DE DOCTORAT DEL’UNIVERSITÉ
PARIS VIspécialité : Physique Quantique
présentée
parSimone KULIN
pour obtenir le titre de
Docteur de l’Université Paris VI
Sujet
de la thèse :PRÉPARATION
ET MANIPULATION DEPAQUETS
D’ONDESATOMIQUES
ULTRAFROIDSRefroidissement subrecul d’atomes d’hélium à
plusieurs
dimensions par résonances noires sélectives en vitessesSoutenue le 24
septembre
1997 devant lejury
composé
de :M. C.
COHEN-TANNOUDJI
PrésidentM. E. ARIMONDO
Rapporteur
M. N. BIGELOW
Rapporteur :
M. W. ERTMER Examinateur
M.
A.
MAQUET
ExaminateurDE
L’ÉCOLE
NORMALE
SUPÉRIEURE
LABORATOIRE KASTLER BROSSEL
THÈSE
DE DOCTORAT DEL’UNIVERSITÉ
PARIS VIspécialité : Physique Quantique
présentée
parSimone KULIN
pour obtenir le titre de
Docteur de l’Université Paris VI
Sujet
de la thèse :PRÉPARATION
ET MANIPULATION DEPAQUETS
D’ONDES
ATOMIQUES
ULTRAFROIDSRefroidissement subrecul d’atomes d’hélium à
plusieurs
dimensions par résonances noires sélectives en vitessesSoutenue le 24
septembre
1997 devant lejury composé
de :M. C.
COHEN-TANNOUDJI
PrésidentM. E. ARIMONDO
Rapporteur
M. N. BIGELOW
Rapporteur
M. W. ERTMER Examinateur
M. A.
MAQUET
ExaminateurRemerciements
Le travail
qui
faitl’objet
de ce mémoire a été effectué au Laboratoire KastlerBrossel de l’Ecole normale
supérieure.
Je remercie son directeur Michèle Leduc dem’y
avoir accueillie avec bienveillance et de m’avoir fait bénéficier de conditions derecherche
exceptionnelles.
Elle agentiment accepté
deprendre
la direction de mathèse,
alorsqu’elle
assuraitdéjà
la direction du laboratoire. Avecenthousiasme,
elle a su me soutemr et
m’encourager
tout aulong
de ce travail. Ses efforts ontrendu
possible
lapoursuite
del’expérience
sur l’hélium et elle a réussi à créer età maintenir un
esprit
d’équipe
chaleureux.Ce fut un double
privilège
de fairepartie
del’équipe
de ClaudeCohen-Tannoudji
et de collaborer directement avec lui. Je le remercie de tout mon c0153ur d’avoir prispart
à la direction de mon travail de thèse. Pendant maintesréunions de travail et de rédaction
d’articles, j’étais
souvent fascinée par sonap-proche
de laphysique quantique
à travers desimages
intuitives"simples"
ou desanalogies
avecl’optique
ou laphysique classique, images
derrièrelesquelles
secachait une très stricte rigueur
scientifique.
J’aiparticulièrement apprécié
cetterigueur
pendant
la rédaction de cemémoire,
etje
tiens à le remercier de l’avoir relu avec soin.Ma
première
année au laboratoire a été encadrée par John Lawall. Il apatiemment
répondu
à mes nombreusesquestions,
qu’elles
soientphysiques
outechniques,
et m’a même convaincue de l’efficacité de la "méthode américaine"dans certaines situations. Nous avons
partagé
non seulement delongues
nuits etweek-ends de travail sur
l’expérience
mais aussi l’émotion despremiers
signauxde refroidissement subrecul à trois dimensions et du transfert
adiabatique.
J’ai eu le
plaisir
de travaillerpendant
quelques
mois avec EkkehardPeik, qui
m’a souvent
impressionée
par ses vastes connaissances enphysique générale
et lafaçon
naturelle dont il usait des diversestechniques
expérimentales.
Nous avonsmaîtrisé ensemble les difficultés associées aux
expériences
du transfertadiaba-tique.
C’est avec lui quej’ai
appris que l’échec(sur
l’expérience
du modulateuropto-atomique)
fait aussipartie
de la recherchescientifique
etqu’il
faut savoir enprendre
le risque.J’ai
passé
les derniers mois surl’expérience
avec TomHijmans,
avecqui
ladeuxième
génération
desexpériences
sur le transfertadiabatique
à troisdimen-sions fut conçue et achevée.
Enthousiaste, toujours prêt
àdiscuter,
il cherchait àcomprendre
toutphénomène physique
ou tout résultatexpérimental
dans leplus
grand
détail.Pendant presque toute la durée de cette
thèse,
j’ai
collaboré avec BrunoSaubaméa,
étudiant en thèse comme moi. Cetravail, qui
certes n’aurait pas été si riche sans sacontribution,
nous abeaucoup
rapprochés,
malgré
nosca-"entre étudiants" ainsi que pour son soutien moral
pendant
les derniersjours
decette thèse.
Je remercie Hélène Perrin et Pierre Desbiolles d’avoir lu et relu ce manuscrit
et d’avoir
corrigé
maintes fautes delangue,
d’accord oud’orthographe.
Au cours de nombreuses discussions avec Yvan Castin et Maxim Ol’shanii
j’ai beaucoup
appris
sur laphysique
(théorique)
des états noirs etje
les remerciesurtout pour le
temps
qu’ils
m’ont accordé et pour leur aide àl’interprétation
des résultatsexpérimentaux
du refroidissement subrecul sur une transition J =1 ~ J = 0. C’était un vrai
plaisir
de travailler à côté deChristophe
Salomonet de Jean
Dalibard, toujours
de bonne humeur etayant
toujours
un conseilexpérimental
ou unesuggestion théorique appropriés
à nosproblèmes.
Les
collègues,
étudiants etvisiteurs,
ont tous contribué à leurfaçon
à uneatmosphère agréable
et je les remercie tous : Maxime BenDahan,
JakobRei-chel,
AndrewSteane,
MarkusArndt,
AxelKuhn,
FrancesoMinardi,
ErnstRasel,
François Bardou,
AlainAspect,
TilmanPfau,
DenisBoiron,
PierreLemonde,
DavidGuéry-Odelin, Pippa Storey,
IsabelleBouchoule,
OlivierMorice,
AlainMichaud,
FrankPereira, Ralph Dum,
PascalSzriftgiser, Wolfgang
Hänsel,
Jo-hannesSôding,
Gabriele Ferrari et Marc-Oliver Mewes.Je tiens à remercier Monsieur le Professeur
Jürgen
Mlynek,
qui
m’avaiten-couragée
àpartir
faire ma thèse à Paris etqui
m’a soutenue et a suivi mon travailpendant
toute sa durée.Cette thèse n’aurait pas pu aboutir sans l’assistance des services
techniques.
Je remercie tous les membres de l’atelier
d’électronique
etmécanique,
et enpar-ticulier André
Clouqueur
pour ledéveloppement
et la construction du LDAR.Je remercie Messieurs les Professeurs Ennio
Arimondo,
NicholasBigelow,
Wolfgang
Ertmer et AlfredMaquet
de l’intérêtqu’ils
ont bien vouluporter
àces recherches en
acceptant
de fairepartie
dujury
de soutenance.Je suis très reconnaissante au
DAAD,
l’office allemandd’échanges
universi-taires,
pour son soutien financierpendant
toute la durée de ces études.Enfin,
je remercie tous mes amisfrançais
etétrangers
àParis, qui
m’ont fait oublier detemps
entemps
laphysique
et avecqui j’ai partagé
leplaisir
desconcerts, expositions
ou voyages.1
Table
des
matières
Introduction 5
1 Le refroidissement d’atomes libres par résonances noires
à
plusieurs
dimensions. Notionsthéoriques
91.1 Notations et
équations
de base ... 121.1.1 Le
système atomique
... 121.1.2 Le Hamiltonien total du
système
atome +champ ...
131.2 Recherche des états noirs ... 17
1.2.1 Définition et
propriétés
des états noirs ... 171 2.2 Cas d’une onde
polarisée
03C3+ ... 211.2.3 Cas d’une onde
polarisée
03C0 ... 221 2.4 Cas de deux ondes
polarisées
03C3+ - 03C3- ... 231.2.5 Cas 03C3+ - 03C3- à deux dimensions ... 26
1 2 6 Cas 03C3+ - 03C3- à trois dimensions ... 28
1 3 Efficacité du refroidissement ... 30
1.3.1 La marche aléatoire libre ... 30
1.3.2 La marche au hasard confinée ... 32
1.3.3 Le
pré-refroidissement
Sisyphe
... 331 3.4 La
compétition
des forces ... 381.3.5 Un modèle
statistique
... 422 Le
dispositif expérimental
49 2.1 Lesystème
atomique
... 502.2 Les lasers LNA à 1083 nm ... 53
2.3 Le
montage
expérimental
... 542.3.1 La
préparation
des atomes métastables ... 542.3.2 Ralentissement et
piégeage
des atomes ... 562.3 3 Les
caractéristiques
dupiège
magnéto-optique
... 582.3.4 La
séquence temporelle
... 582.4 Précautions
expérimentales
... 602.4.2 La
compensation
duchamp
magnétique
résiduel ... 612.5 Le
système
de détection ... 642.5.1 Le détecteur à écran de
phosphore
... 642.5.2 Performances et limites ... 66
2.5.3
Exigences expérimentales
pour l’observation du refroidisse-ment subrecul à trois dimensions ... 682.6 Le nouveau détecteur ... 70
2.6.1 Le
principe
de fonctionnement ... 702.6.2 La réalisation
expérimentale
... 722.6.3 Premières
images
et calibration du détecteur ... 762.6.4 Les
possibilités
du détecteur à anode résistive ... 792.6.5 Sources d’erreur
possibles
etproblèmes
encore ouverts ... 812.6.6 Conclusion ... 85
3 Résultats
expérimentaux
du refroidissement àplusieurs
dimensions 87 3.1Expériences
à deux dimensions ... 893.2 Résultats attendus à 3D ... 94
3.3
L’analyse
des donnéesexpérimentales
... 973.3.1 Estimation de la
température
... 973.3.2
L’augmentation
de la densité d’atomes dansl’espace
des vitesses ... 983.3.3 La fraction des atomes refoidis ... 100
3.4
Expériences
à trois dimensions ... 1013.4.1 Premiers résultats
expérimentaux
... 1013.4.2
Expériences
de refroidissement à deuxphases ...
1063.4.3 Etude
quantitative
... 1093.5 Mécanismes de
perte
... 1153.5.1 Résultats
expérimentaux
avec un désaccord vers le rouge . 115 3.6Conclusion ...
1204
Manipulation
cohérente depaquets
d’ondesatomiques
123 4 1Introduction ...
1234.2 Le
principe
du transfert et le critère d’adiabaticité ... 1254.3 Réalisation
expérimentale
... 1284.3.1 La
séquence temporelle
... 1284.3.2 Le
montage
optique ...
1294.4
Expériences
de transfertadiabatique
à deux dimensions ... 1334.4.1 Mise en évidence ... 133
4.4.2 Etude
quantitative
... 1353
45
Passage adiabatique
à trois dimensions ... 1404.5.1
Montage
à huit faisceaux laser :Mise en évidence du passageadiabatique
à trois dimensions ... 1404.5 2 Un
paquet
d’ondes de deBroglie
sur mesure ... 1444.5 3 Un pas vers l’interférométrie
atomique
... 1464.6 Conclusion ... 148
5 Etats noirs sélectifs en vitesse sur une transition J = 1 ~ J = 0 149 5.1 Notions
théoriques
... 1505.1.1 La transition
atomique
... 1505.1.2 A la recherche des états noirs ... 152
5 2 La méthode
graphique
... 1545 2 1 Etats noirs avec une
énergie
E =E
rec
...
1545.2.2 Etats noirs avec E =
2E
rec
... 1585.2.3 Etats noirs avec E =
5E
rec
... 1595.3 Mise en évidence
expérimentale
... 1635 4 Conclusion ... 164
Conclusion 165 A Unicité des états noirs 169 B
Compléments
détecteur 175 B.1 Circuit de branchement du détecteur ... 176B.2 La forme de l’anode résistive ... 177
B.3 Calcul de la
position
d’un événement incident ... 178B.4
Réglages
des signauxspatiaux
... 181C Three-Dimensional Laser
Cooling
of HeliumBeyond
theSingle-Photon
Recoil Limit 183 D CoherentManipulation
of Atomic Wave Packetsby
Adiabatic Transfer 189 EExpressions explicites
des états noirs sur une transition J = 1 ~ J = 0 195 E.1Rappels
et notations ... 195E.2 Etats noirs avec E =
E
rec
... 197E.3 Etats noirs avec E =
2E
rec
... 2055
Introduction
Manipuler
et contrôler à distance laposition
et la vitesse des atomes ou despetites
particules
neutres estaujourd’hui possible
avec unegrande
aisance. Lapossibilité
de saisir et dedéplacer
cesobjets
neutres à l’aide d’un faisceau laserouvre des voies nouvelles dans
plusieurs
domaines de laphysique
et de labiologie.
Le refroidissement laser
représente
uneétape
importante
dans ledéveloppement
des différents moyens de
piégeage
et demanipulation
des atomes inventés au coursdes dernières années.
L’idée à la base de tout refroidissement par laser remonte à A.
Einstein, qui
en 1917 découvrit que
l’impulsion
d’un atomechange
lors del’absorption
et del’émission d’un
photon
[1].
Cet effetmécanique qu’exerce
la lumière sur les atomesfut mis en évidence
expérimentalement
pour lapremière
fois par R. Frisch en1933,
qui réussit à dévier unjet
d’atomes de sodium[2].
Unelampe
àdécharge
de sodium lui fournit la lumière résonnante nécessaire. Bien que l’invention du
laser ait été à la charnière du refroidissement et du
piégeage
des atomes, l’idée de refroidir les atomes avec une lumière résonnante fut introduite antérieurementpar A Kastler dès 1950
[3].
En1975,
Hansch et Schawlowproposèrent
d’utiliserl’effet
Doppler
[4]
pour refroidir des atomes neutres.Indépendamment,
Wmelandet Dehmelt
[5]
présentèrent
une méthodeanalogue
pour refroidir les ionspiégés.
Une
première
manifestationspectaculaire
de lamanipulation
d’atomes par laser futapportée
sept
ansplus
tard avec le ralentissement d’unjet atomique
[6,
7,
8].
La réalisation de la
première
mélasseoptique
[9]
en 1985permit
degarder
lesatomes dans une
région
del’espace pendant
untemps
relativementlong
(de
l’ordrede la
seconde).
Ledéveloppement
de méthodes de mesureplus précises
de latempérature
et la découverte des mécanismes de refroidissementsub-Doppler
[10,
11,
12]
marquèrent
alors l’évolution de ce domaine de laphysique atomique.
Ceprogrès
estsymbolisé
par lepiège magnéto-optique,
une astucieuse combinaisonde la force de pression de radiation et d’un
champ magnétique
inhomogène
[13,
14].
communiquée
à un atome de masse m, initialement au repos,lorsqu’il
absorbe ou émet unphoton d’impulsion
k. A cettevitesse,
on associe unetempérature
de recul selon la relation
k
B
T
rec
/2
=2
k
2
/2m.
Laplupart
des méthodes dere-froidissement laser fonctionnent
grâce
auxcycles
de fluorescence que les atomessubissent en permanence. A chacun de ces
cycles,
l’atome recule dans unedi-rection
qui
varie aléatoirement d’uncycle
à l’autre. Franchir la limite derecul,
c’est-à-dire obtenir des
dispersions
en vitesses 03B4v à1/e
plus petites
que la vitessede
recul,
semblait alorsimpossible.
Latempérature
k
B
T/2
=m03B4v
2
/2
associée àla
dispersion
03B4v ainsi obtenue nepouvait
descendre en dessous de latempérature
de recul
T
rec
.
Toutefois,
laphysique
derrière cette limites’annonçait
trèspromet-teuse : refroidir les atomes
jusqu’à
unedispersion
en vitesseplus petite
que lavitesse de recul est en
effet, équivalent
à les délocaliser sur une distanceh/m03B4v
plus grande
que lalongueur
d’ondeoptique.
Ceci rend le refroidissement subrecul très attirant pour des domaines commel’optique
atomique,
lamétrologie
et larecherche des effets de
statistique
quantique
dans des gazdégénérés.
A la fin des années
quatre-vingt,
unepremière proposition
pour atteindre lerégime
"subrecul" fut formulée[15]
L’idée estsimple : puisque
lephoton
émisspontanément
suite à uncycle
de fluorescence a une directionaléatoire,
l’atome a uneprobabilité
non nulle de se désexciter vers un état de vitesseplus
basse que lavitesse de recul. Si de tels atomes
peuvent
êtrepiégés
spatialement
et s’il existeun mécanisme
qui
"recycle"
de manière sélective les atomesqui
ont une vitesse vplus grande
que vrec, ceux-cipeuvent
se désexciter vers des vitessesbeaucoup plus
petites
que vrec.Ainsi, après
de nombreuxcycles
defluorescence,
une fractionimportante
des atomes aura une vitesse inférieure à la vitesse de recul.Expérimentalement
deux méthodes de refroidissement subrecul se sontim-posées.
Lapremière
utilise une autre idée depiégeage
sélectif,
nonplus
en po-sition, mais en vitesse et fut réalisée dans notre laboratoire en 1988[16].
Elleconstitue le
premier jalon
de l’histoire du refroidissement subrecul. On montraainsi
qu’il
étaitpossible
de réduire lalargeur
de la distribution en vitesses d’unjet
d’atomes d’hélium à une valeur inférieure à la vitesse de recul. Cette méthodeest connue sous le nom de résonances noires sélectives en vitesse
(sigle
anglais
VSCPT).
Grâce à un effet d’interférencequantique destructive,
les atomes sontpréparés
dans un état noncouplé
auchamp
laser. Les atomes dans tous lesautres états
interagissent
avec la lumière et sont"recyclés".
Le taux d’excitationvarie
quadratiquement
en fonction de la vitesse autour de v = 0[16, 17].
Ladispersion
en vitesse n’est limitée que par letemps
d’interaction atome-laser oupar d’éventuelles
imperfections expérimentales.
L’extension à deux et trois di-mensions de ce mécanisme ne fut d’abord faite quethéoriquement
[17,
18,
19].
L’existence d’un état
atomique
non absorbant[20]
quelle
que soit la dimensionrendit
envisageable
la réalisationexpérimentale.
AParis,
le refroidissement par03B4v =
v
rec
/4
à deux dimensions[21].
Lagénéralisation
du refroidissementsub-recul à trois dimensions est l’un des
objets
de ce mémoire.La deuxième méthode de refroidissement
subrecul,
le refroidissementRaman,
fut démontrée à Stanford en 1992[22].
Ceprocédé,
qui
utilise uneséquence
d’impulsions
lumineuses defréquence
et de durée biendéterminées,
estapplicable
à une
grande
classed’espèces atomiques.
Il tireprofit
de la haute résolution destransitions Raman entre deux niveaux
atomiques
stables. Les distributions envitesse
atomique
obtenues par le refroidissement Raman ont atteint 03B4v =v
rec
/10
à une dimension
[23],
03B4v =1, 2
vrec à deux dimensions et 03B4v =2, 3
vrec à troisdimensions
[24].
Pour les atomeslibres,
le refroidissement Raman n’est donc subreculqu’à
unedimension,
alors que, comme nous le verrons au cours de cemémoire,
le refroidissement par résonances noirespermet
de descendre en dessousde la vitesse de recul à trois dimensions.
Cependant
la méthode Raman a atteintdes valeurs
légèrement
subrecul(03B4v
=0,
65v
rec
)
à trois dimensionspour des
atomes confinés dans un
piège dipolaire
[25].
Le refroidissement Raman
prépare
les atomes dans unerégion
del’espace
desvitesses autour de v = 0. En
revanche,
le refroidissementpar résonances noires
prépare
les atomes dans unesuperposition
cohérente dedeux,
quatre
ou sixpa-quets
d’ondes selon le nombre de dimensions refroidies. La vitesse du centre demasse de
chaque
paquet
d’onde estégale
à la vitesse derecul,
sadispersion
autour de cette valeur étantplus petite
que vrec. Pour desapplications ultérieures,
le transfert de toute lapopulation
atomique
dans un seulpaquet
d’ondeapparaît
souhaitable La
présence
des lasers en combinaison avec despaquets
d’ondescohérents conduit naturellement à des
expériences
de transfertadiabatique
in-duit par laser. Dans le domaine de laphysique
des molécules le terrain fut défriché par T.Loy
dès 1974[26].
Uneapplication spectaculaire
du transfertadi-abatique
entre deux états internes moléculaires fut réalisée par K.Bergman
en1988
[27]
Le transfertd’impulsion
par un tel processuscohérent,
d’abordsuggéré
par des travaux
théoriques
[28],
fut mis en évidence dans le casunidimension-nel aux Etats-Ums
[29, 30].
Sonadaptation
auxpaquets
d’ondes cohérents issusdu refroidissement VSCPT à
plusieurs
dimensions constitue l’un des thèmes surlesquels
porte
ce travail.Le
premier
chapitre
de ce mémoireprésente
lesprincipaux
élémentsthéo-riques
du refroidissement subrecul par résonances noires: l’existence d’un état noir sur une transition J = 1 ~ J = 1quel
que soit le nombre de
dimensions,
les mécanismes
responsables
duremplissage
de cesétats,
ainsi que les processusde
pertes pouvant
limiter l’efficacité du refroidissement. Lapartie expérimentale
commence par la
description
dudispositif
auchapitre
2. Cechapitre
discute enparticulier
un nouveausystème
de détection que nous avons mis en oeuvre en vuede
diagnostiquer
le refroidissement VSCPT à trois dimensions. Ce détecteurexpérimentaux
du refroidissement à trois dimensions des atomes d’hélium mé-tastables par la méthode des résonances noires sélectives en vitesse. Ils ontété obtenus en deux
étapes :
dans unepremière
séried’expériences,
nous avonsdémontré le refroidissement subrecul à trois dimensions. Dans une deuxième
série,
nous avons amélioré l’efficacité du refroidissement et nous avons obtenu unedispersion
en vitesse de 03B4v ~v
rec
/5
tout enaugmentant
la densitéatomique
dans
l’espace
desimpulsions
d’un facteur 16[53].
La dernièrepartie
duchapitre
est consacrée aux études
plus quantitatives
du refroidissement tridimensionnel.Le
chapitre
4porte
sur lesexpériences
de passageadiabatique
à deux et troisdimensions que nous avons
entreprises
[31, 32].
Sansperdre
le caractèresub-recul de la distribution en
vitesses,
nous avons transféré lapopulation atomique
initialement contenue dans
quatre
et sixpaquets
d’ondes dans un seulpaquet
d’ondes avec une efficacité de l’ordre de
90%
et75%
respectivement.
L’analyse
estplus quantitative
pour le cas bidimensionnel et restequalitative
dans le castridimensionnel. Nous pensons que les résultats obtenus à trois dimensions
ou-vrent une voie d’avenir pour l’interférométrie
atomique.
Dans un dernierchapitre
nous discutons les états noirs sélectifs en vitesse que nous avons mis en évidencepour la
première
fois sur une transition J = 1 ~ J = 0. Nousprésentons
uneméthode
graphique simple
qui
permet
de trouver le nombre minimal de ces états.Nous discutons la structure
complexe
de ces étatsqui
sont fondamentalementdifférents des états noirs sur la transition J = 1 ~ J = 1.
Les travaux
rapportés
dans ce mémoireélargissent
ainsi lesexpériences
pré-cédentes sur le
piégeage
cohérent depopulation
sélectif en vitesse d’unepart
enle
généralisant
à trois dimensions et d’autrepart
enl’appliquant
à une autretransition. De
plus,
nous rendonscompte
de l’extension du tranfertadiabatique
9
Chapitre
1
Le
refroidissement
d’atomes
libres
par
résonances noires à
plusieurs
dimensions
Le
refroidissement d’atomes par résonances noires sélectives en vitesses est lemécanisme de refroidissement laser qui a
permis
d’atteindre pour lapremière
fois des
températures plus
basses que latempérature
de recul etd’approcher
le nanokelvin Latempérature
de recul est définie par/2
rec
T
B
k
=E
rec
,
oùE
rec
=
2
k
2
/(2m)
estl’énergie cinétique
d’un atome de masse mqui
absorbe ou émet un seulphoton
Laméthode,
souvent connued’après
sonsigle anglais
VSCPT(velocity
selective coherentpopulation
trapping)
combine deux effetsphysiques
différents,
sélection etrecyclage
Lepiégeage
cohérent depopulation
nécessiteun
système
à trois niveaux dans uneconfiguration
dite en A(voir
figure
1.1).
Deux des niveaux
(|g
1
>
et|g
2
>)
sont des sous-niveaux fondamentaux et doncstables,
le troisième|e
0
>
est un niveau excité de courte durée de vie. Deux lasers defréquences
03C91 et 03C92 résonnants avec les transitions>
1
|g
~|e
0
>
et|g
2
>
~|e
0
>
respectivement
excitent lesystème atomique.
Grâce à un processus d’interférencequantique
destructive entre lesamplitudes
d’absorption
des états|g
1
>
et|g
2
>
vers|e
0
>,
les atomes cessent de d’absorber et donc d’émettre desphotons lorsque
la condition d’accord Raman est satisfaite(0394
=0).
Cephénomène
est connu enspectroscopie
sous le nom de résonance noire et a été découvert à Pise en 1976[33].
Quand
les deux vecteurs d’onde laserk
1
etk
2
sont orientés dans des sensopposés
le processus Raman stimulé devient sélectif en vitesse(à
cause de l’effetDoppler)
Le désaccord 0394 devientproportionnel
à la vitesse et la condition derésonance Raman
dépend
de v : le tauxd’absorption
dephoton
s’annule pourv = 0 Les atomes
ayant
une vitesse nulle se trouvent alors dans un "étatnoir",
Figure
1 1:Système
à trois niveaux en "A".Figure
1.2.Principé général
du refroidissement laser subrecul: Une combinaisonde deux effets
physiques
distincts :filtrage
etrecyclage
des atomes. L’atomequi
arrive au voisinage de v = 0
peut
plus
dès lorsinteragir
avec la lumière.à la réémission
spontanée
d’unphoton,
cequi
permet
de refroidir au-delà de lalimite de recul. En
revanche,
les atomesayant
une vitesse non nulle absorbent dela lumière Lors de la réémission
spontanée
d’unphoton,
leur vitessechange
de manière aléatoire etpeut
serapprocher
de la valeur v = 0. Les atomes effectuentainsi une marche aléatoire dans
l’espace
des vitessesqui
les transfère vers les étatsv ~ 0 où ils se retrouvent
piégés
et s’accumulent.Le refroidissement par résonances noires
peut
êtregénéralisé
àplusieurs
di-mensions. La sélectivité en vitesse résulte de l’orientation relative des différents
vecteurs d’onde du
champ
lumineux et le raisonnement ci-dessus reste valable. Plusieurs schémas ont étéproposés
pour des transitions J = 1 ~ J = 1 etJ = 1 ~ J = 0
[20,
34,
39].
Un schéma a étéégalement
proposé
dans[41]
qui
permet
le refroidissement par VSCPT àplusieurs
dimensions en utilisant lestransitions entre deux états fondamentaux de moments
cinétiques
J et J + 1 etun état excité de moment
cinétique
J + 1. La réalisationexpérimentale
a été11
dans ce
chapitre
à la transition J = 1 ~ J = 1 car laplupart
desexpériences
décrites dans ce mémoire ont été faites sur cette transition. Nous discutons en
détail le refroidissement sur la transition J = 1 ~ J = 0 au dernier
chapitre.
Il nous a semblé utile d’introduire au début du
chapitre
(1.1)
les notationsdont nous allons nous servir dans la suite. Le lecteur familiarisé avec le
sujet
pourra sans inconvénient sauter la
première
section. Nous montrons quegrâce
à des processus d’interférence destructive entre différentes
amplitudes
detransi-tion il existe
toujours,
quel
que soit lechamp laser,
un état noir(1.2.1).
L’étuded’un certain nombre de
configurations
particulières
dechamp
deplus
enplus
complexes
illustre comment la sélectivité en vitesse de cet état devient deplus
en
plus
efficacequand
la dimensionnalité duproblème
augmente
(1.2.2- 1.2.6).
Les conditions d’unicité de ces états sont
présentées
en annexe(A).
Nousdiscu-tons le
problème
de l’efficacité du refroidissement et noussoulignons l’importance
d’un mécanisme de friction
qui
confine la marche au hasard dansl’espace
desimpulsions
(1.3.1-1.3.2).
Laparticularité
de l’atomed’hélium,
que nous utilisonsexpérimentalement,
fait en sorte que nous devons tenircompte
d’un mécanisme deperte
d’atomes quiapparait
naturellement dans lesconfigurations
laser àplusieurs
dimensions etqui
est lié à unchauffage Doppler
(1.3.4).
Lechapitre
s’achèveavec la
présentation
d’un modèlestatistique
du refroidissementqui
permet,
dansla limite de certaines
approximations,
deprédire
defaçon quantitative
l’efficacité du refroidissement et latempérature
finale des atomes(1.3.5).
1.1
Notations
et
équations
de base
Dans tous les travaux
expérimentaux
décrits dans cemémoire,
des atomes sontéclairés par des
champs
lumineux. Nous utilisons pour laplupart
desexpériences
la transitionatomique
J
g
= 1 ~J
e
= 1 de l’atome d’hélium 4 métastabletriplet.
Nous introduisons tout d’abord les basessphériques
danslesquelles
nousdécrivons la transition
atomique.
Nousrappelons
lesexpressions
du Hamiltonien total pour lesystème
atome+champ
laser enprécisant
les notations que nousutilisons,
notamment pourexprimer
le vecteurchamp
électrique
de l’ondelaser,
l’opérateur
momentdipolaire
et les coefficients de Clebsch-Gordan.Enfin,
nouscalculons l’action du
potentiel
decouplage
atome-laser sur un état fondamentalquelconque.
1.1.1
Le
système
atomique
Considérons un atome
possèdant
une transitionJ
g
= 1 ~J
e
= 1. Le niveaufondamental ainsi que le niveau excité
comportent
chacun trois sous-niveauxmagnétiques.
Il est alors commode et naturel d’utiliser dans ladescription théorique
des états
quantiques
(fondamentaux
ouexcités)
de l’atome la base dessous-niveaux Zeeman indicés
d’après
leur nombrequantique magnétique.
Pour exprimer l’état fondamental nous choisissons la base
sphérique :
où
|g
03BC
>
sont les trois sous-niveaux Zeeman de l’état g(voir
aussi lafigure
1.3).
Enreprésentation
position,
la fonction d’onde laplus
générale
qui
désigne
l’étatquantique
03A8g d’un atome dans l’état fondamental s’écrit alors:Il
s’agit
là d’une fonction d’onde à troiscomposantes.
Chaque
composante
03C8
g
03BC
(r)
est une fonction d’onde associée à l’un des vecteurs de la base(1.1)
selon :Nous pouvons donc
considérer |03A8
g
(r)>
comme un vecteur dansl’espace
engendré
par les vecteurs de la base
(1.1).
Uneexpression
analogue
à(1.2)
peut
être établie13
Figure
1.3. Schéma d’une transitionJ
g
= 1 ~J
e
= 1 avec les coefficients de Clebsch-Gordan.Le lien entre les
composantes
de la fonction d’onde dans lareprésentation
despositions
et lescomposantes
dans lareprésentation
desimpulsions correspond
àune transformation de Fourier.
Pour décrire l’état excité nous choisissons
également
la base :des sous-niveaux
magnétiques
de e Soit 03A6e l’étatquantique
leplus général
d’unatome dans l’état e. En
représentation
despositions
cet état s’écrit alors :Les trois
composantes
duchamp
vectoriel|03A6
e
(r)>
sont définies par :1.1.2
Le
Hamiltonien total du
système
atome
+
champ
Les atomes étudiés iciinteragissent
avec deschamps
lumineux. L’évolution duoù
H
A
représente
le Hamiltonienatomique
etV
AL
est le Hamiltonien d’interactionentre l’atome et le
champ.
Nous traitons ici lechamp
laser comme unchamp
classique
E(r)
monochromatique
1
et defréquence
03C9L. Nous n’incluons pas ici l’effet de l’emissionspontanée.
Le Hamiltomen
atomique comporte
deux termes :Le Hamiltonien externe n’est autre que
l’énergie cinétique
du centre de masse, P étantl’opérateur impulsion
du centre de masse. Dans le Hamiltonien interneP
e
est le
projecteur
sur l’état excité et03C9
A
est l’écartd’énergie
entre les niveaux get e Pour écrire le Hamiltonien interne nous avons
supposé qu’il n’y
a pas dechamp magnétique
statique
appliqué,
de sorte que les sous-niveaux Zeeman dansg sont
dégénérés
(nous
avons pris leurénergie égale
àzero).
De même lesénergies
des sous-niveaux
magnétiques
dans e sontégales.
Le Hamiltonien d’interaction
V
AL
()
entre l’atome et lechamp
laser àl’approxi-mation du
"champ
tournant" est donné par[47] :
Il fait intervenir
l’opérateur
momentdipolaire
d etl’opérateur position
.L’opérateur
moment
dipolaire
d est défini[47]
par sapartie
ascendanted
(+)
et sapartie
de-scendante
d
(-)
selonLe
champ électrique
laser est donné par :où
E(
+
) (r)
etE
(-)
(r)
sont lescomposantes
defréquence
positive
etnégative
re-spectivement.
Avantd’expliciter l’équation
(1.11)
nous introduisons la base etles notations que nous utiliserons pour
exprimer
d etE().
La base
sphérique
Nous utilisons la base
sphérique
{~
q
,
q=-1,0,1},
(1.14)
1
Nous ne faisons pas toujours apparaître explicitement la dépendance temporelle de VAL et
de
E(r)
car, dans l’approximation du champ tournant, elle peut être éliminée par unetrans-formation unitaire
(équivalente
au passage dans le référentieltournant)
qui fait apparaître enoutre des termes au desaccord 03B4 = 03C9L - 03C9A entre
03C9
15 dont le lien avec la base cartésienne est décrit par :
On vérifie facilement que la base
(1.14)
est orthonormée:Les
composantes V
q
d’un vecteur Vquelconque
sont alors définies comme :Le
potentiel
decouplage
atome-laserExprimons
le vecteurchamp électrique
laserE
(+)
(r) (la
composante
defréquence
positive)
dans la basesphérique :
Les
composantes
E
(~)
q
(r)
sont définies selon 1.17 .Explicitons
ces troiscomposantes
etindiquons
leur lien avec lescomposantes
cartésiennes .
Les
composantes
del’opérateur
d dans la basesphérique
sonttraditionnelle-ment définies selon la référence
[35]
comme :Avec ces
définitions,
le théorème deWigner-Eckart
[37]
donne pour les élémentsde matrice de
d
q
où
<1m|11q03BC>
est un coefficient de Clebsch-Gordan et D est l’élément de matriceréduit,
indépendant
des nombresquantiques
03BC, m, q.Introduisons les
expressions
de d(1.22)
et deE() (1.20)
dans lepotentiel
ducouplage
atome-laserV
AL
().
On obtient:Calculons,
enfin,
en utilisant les notations introduites ci-dessus l’action deV
AL
()
sur un état fondamental 03A8gquelconque:
Les différents membres de cette expression
représentent
lesamplitudes d’absorption
d’unphoton
depolarisation
~q àpartir
d’un des sous-niveaux|g
03BC
>
de l’état fon-damental vers un sous-niveau|e
m
>
de l’état excité. Nous observons que lacom-posante
de chacun des sous-niveaux de l’état excité s’écrit comme leproduit
detrois termes. le coefficient de
Clebsch-Gordan, l’amplitude
de lacomposante
defréquence
positive
duchamp électrique
E
(+)
q
(r)
qui induit la transition(dans
labase
sphérique)
et lacomposante
03BC
(r)
g
03C8
du sous-niveau|g
03BC
>
dedépart
de l’état fondamental.17
1.2
Recherche
des états noirs
La méthode de refroidissement subrecul par VSCPT est basée sur l’existence
d’états
atomiques
dits états noirs Dans ces états les atomes sont"protégés"
dela lumière et ne
peuvent
pas absorber et parconséquent
nepeuvent
pas nonplus
émettre des
photons.
Ladispersion
sur lesdegrés
de liberté externes peut alorsêtre réduite en dessous de la limite du recul que les atomes subissent
lorsqu’ils
absorbent ou émettent un
photon.
Nous établissons les conditions que doitsatis-faire un état
atomique
pourqu’il
soit un état noir et nous discutons la sélectivitéen vitesse d’un tel état. Son unicité est discutée dans
l’appendice
A. L’étude dequelques exemples particuliers
nous sera très utile pour lacompréhension
de larelation intime
qui
existe entre lechamp
laseremployé
pour le refroidissement etl’état noir dans
lequel
les atomes sontpréparés.
Nous
rappelons
que dans la discussionqui
suit nous considéronstoujours
latransition
atomique
J
g
= 1 ~J
e
= 1.1.2.1
Définition
et
propriétés
des
états noirs
Un état noir est un état
atomique
qui
est à la fois noncouplé
à l’état excité etstationnaire. Un état noir
03A8
g
,
qui est alors forcément un étatfondamental,
estdéfini par les conditions suivantes
La
première
conditionexige
quel’amplitude
d’excitation de l’état noir versn’im-porte
quel
état excité soit nulle(l’état
estnon-couplé).
La deuxièmeéquation
exprime la stationnarité de l’état
03A8
g
,
qui
doit être un état propre du Hamiltonienatomique.
Exploitons
d’abord lapremière propriété
(1.26).
Elle exige que lesamplitudes
d’excitation vers chacun des sous-niveaux Zeeman|e
m
>
de l’état excité soientiden-tiquement
nulles. Autrementdit,
lesamplitudes
d’excitation doivent interférer destructivement pour chacun des trois sous-niveaux de l’état e. Pour toutsous-niveau
|e
m
>
de l’état excité nous avons une somme de trois termes parce que nous avons troispossibilités
dedépart
de l’état fondamental. En utilisant le résultat(1.25)
déduit auparagraphe précédent,
et en tenantcompte
des coefficients de Clebsch-Gordan pour la transition considérée(voir
figure
1.3)
nous traduisonsimmédiatement
l’équation
(1.26)
par trois conditions d’interférence destructive.Chaque
termequi
apparaît
est leproduit
du coefficient de Clebsch-Gordancorre-spondant,
del’amplitude
E
(+)
q
(r,
t)
duchamp électrique
qui
induit la transitionFigure
1.4:L’amplitude
d’excitation d’un état fondamental 03A8gquelconque
vers unsous-niveau
|e
m
>.
Trois termescontribuent,
chacun étant leproduit
du coefficient deClebsch-Gordan,
del’amplitude
duchamp
électrique
et de lacomposante
dusous-niveau de
départ
de l’état fondamental.03A8 g
. Considérons d’abord l’état
|e
+1
>.
D’après
lafigure
1.4 onpeut
y arriversoit à
partir
de|g
+1
> (la
fonction d’onde étant03C8
g
+1
)
parabsorption
d’unphoton
polarisé
03C0(ce
qui fait intervenir lacomposante
E
(+)
0
(r)
duchamp électrique
laserE
(+)
(r)
et le coefficient de Clebsch-Gordan1/2),
soit àpartir
de|g
0
>
(la
fonction d’onde dedépart
étant03C8
g
0
)
parabsorption
d’unphoton polarisé
03C3+(composante
E
(+)
+1
(r)
duchamp
laser et coefficient deClebsch-Gordan -1/2).
La condition d’interférence destructive desamplitudes
d’excitation en|e
+1
>
s’écrit donc:Un raisonnement
analogue
montre que lesamplitudes
d’arriver en|e
0
>
àpartir
de
|g
-1
>, |g
0
>
et|g
+1
>
interfèrent destructivement si:où nous avons tenu
compte
de la nullité du coefficient de Clebsch-Gordan entre|e
0
19 Les trois
équations
(1.28), (1.29)
et(1.30)
sontcompatibles
et satisfaitessimul-tanément en tout
point
r si :pourvu que
E
(+)
q
(r)
~
0 Nous avons donc trouvéqu’un
état03A8
g
,
dont lescom-posantes
03C8
g
03BC
(r)
sontproportionnelles
aucomposantes
duchamp
laserE
03BC
(r)
entout
point
r satisfait à la condition(1.26)
et n’est donc pascouplé
à l’état excitépar l’intermédiare du
champ
laser. Nous pouvons alors définir unisomorphisme
entre les vecteurs de la base
|g
03BC
>
de l’étatatomique
et les vecteurs de la base ~03BC duchamp
Le vecteur03A8
g
(r) (de
composantes
03C8
03BC
(r))
d’un tel état noncouplé,
que nousindiçons
àpartir
de maintenant avecNC,
est doncproportionnel
auchamp
laser. Nous obtenons alors ce
qui
est certainement la relation laplus importante
de ce
mémoire
2
:
Pour que l’état
03A8
NC
(r)
soit un étatnoir,
nous devons encore vérifierqu’il
satisfait à la condition
(1.27)
que nous avons énoncée comme nécessaire en débutde cette section
Considérons pour cela deux cas
distincts, compatibles
avecl’équation
(1.32) :
le cas où
03B1(r)
= 03B1 = const et le cas où03B1(r)
est arbitraire etdépend
de r.Cas 03B1 =const
La relation de
proportionnalité
entre l’état noir et lechamp
laser(1.32)
s’écritalors
3
:
Décomposons
lechamp
laser sur une série d’ondesplanes,
d’amplitudes
03B5
0i
avecdes
polarisations
~i sepropageant
lelong
des vecteurs d’ondek
i
Comme le
champ
laser estsupposé
icimonochromatique,
defréquence
03C9L, tousles vecteurs d’onde
k
i
ont le même module2
Le scalaire 03B1 a pour unité V-1m-1/2.
3
Nous utilisons ici la
notation 03A8
T
(r)
introduite dans la référence[21]
pour distinguer cetétat noir, qui est un état piège parfait, des autres états non couplés que nous rencontrerons
Regardons
maintenant comment l’état(1.33)
se transforme sous l’action duHamil-tonien
atomique.
Comme 03A8
T
est un étatfondamental,
l’action deH
A
se réduità celle de
l’opérateur énergie cinétique
et nous obtenons :Nous constatons que l’état
03A8
T
(r)
est un état propre du Hamiltonienatomique,
et donc stationnaire
quelque
soit o. Lesatomes,
une fois arrivés dans cet état nele
quittent
plus
et y restent"piégés" pendant
untemps
infini.Considérons maintenant le cas
plus général
où03B1(r)
est unchamp
scalairear-bitraire. Nous
rappelons
la relation deproportionnalité
(1.32)
que nous avonsdéduite à
partir
de la condition(1.26)
au cours de ceparagraphe :
Développons
03B1(r)
en ondesplanes,
indicées par un vecteur d’onde q :Pour
chaque
q nous pouvons alors récrire la relation(1.37)
sous la forme suivante :En utilisant
(1.34)
nous observons que les états03A8
NC
q
(r)
restent dessuperpositions
linéaires d’ondesplanes
ayant
les vecteurs d’ondesk
i
+ q. En faisantagir
le Hamiltonienatomique
H
A
sur ces états nous obtenons :Les modules des vecteurs d’onde
|k
i
+ q|
sont engénéral différents,
de sortequ’on
ne
peut
pas faireapparaître
03A8
NC
q
(r)
au second membre de(1.40).
L’état(1.37)
n’est donc pas un état propre du Hamiltonien
atomique
et n’est par suite pasun état noir tel que nous l’avons défini en début de cette section. Sous l’effet du Hamiltonien
P
2
/2m,
cet étatnon-couplé
évolue vers des états03A8
C
(r)
couplés
à l’état excité
(couplage
motionnel).
La contamination de03A8
NC
q
(r)
par les états03A8
C
(r)
lui confère unelargeur
radiative0393’
NC
.
Cettelargeur
varie enq
2
(si |q|
21
est très
petite
devant lalargeur
0393’
C
de l’étatcouplé.
Pour de valeurs de|q|
plus grandes
lecouplage
motionnelmélange complètement
les deux étatsqui
separtagent
alors lalargeur
0393’
C
,
chacunayant
unelargeur
0393’
C
/2.
L’existence de ces états03A8
NC
(r)
et le fait que leur durée de vie est d’autantplus
longue
que q estpetit,
sont cruciaux pour la réalisation desexpériences
décrites dans leschapitres
trois et
quatre
de ce mémoire.L’appendice
A discute l’unicité de l’état noir03A8
T
(r)
que nous avons trouvépour un
champ
scalaire03B1(r)
constant. Elle se traduit par une condition àlaquelle
le
champ
laser doit satisfaire[20].
En
conclusion,
nous avons montré que pour une transitionatomique
J
g
=1 ~
J
e
= 1 dans unchamp
lasermonochromatique
il existetoujours
un étatnoir
03A8
T
(r),
qui
n’est pascouplé
par le laser à l’état excité et qui est stationnaire.De
plus,
la structure de cet étatreproduit
exactement celle duchamp
laser. Al’exception
de certainesconfigurations particulières
duchamp laser,
l’état noirest unique et la
correspondance
entre l’état noir et lechamp
lumineux est unisomorphisme
Nous
regardons
dans la suiteplusieurs
configurations
laserparticulières,
deplus
enplus complexes,
etanalysons
lesproprietés
des états noirs que noustrou-verons en
appliquant
les résultats déduits au cours de ceparagraphe.
1.2.2
Cas
d’une onde
polarisée
03C3+Considérons un
champ
laser constitué d’une seule ondelumineuse,
sepropageant
le
long
de l’axe Oz etpolarisée
03C3+ :où
E
(+)
(z)
représente
lacomposante
defréquence positive
duchamp.
Supposons
d’abord que 03B1, la constante deproportionnalité
entre l’état noir et lechamp laser,
soit une constante. L’état
03A8
T
(r)
que l’on obtient immédiatement en utilisant(1.33)
dépend
alors seulement de z et s’écrit :Après quelques cycles
de pompageoptique
l’atome va se trouver dans lesous-niveau Zeeman