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S OPTION Neurobiologie La Douleur

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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S OPTION Neurobiologie

La Douleur

1. Définition – Vocabulaire

D’un point de vue neurobiologique c’est une perception localisée d’une impression désagréable.

C’est une expérience perceptive dont la qualité et l’intensité dépendent du passé de l’individu, de son interprétation de la situation et son état psychologique du moment.

C’est une expérience sensorielle et émotionnelle agréable associée à une lésion tissulaire actuelle ou potentielle décrite dans les termes d’une telle lésion (cas des membres fantômes).

Chez les animaux on a une expérience sensorielle aversive causée par une atteinte réelle ou potentielle qui provoque des réactions motrices et végétatives protectrices conduisant à l’apprentissage d’un comportement spécifique de l’espèce y compris le comportement social.

La douleur à trois composantes : - Une composante sensorielle - Une composante émotionnelle

- Une composante motrice et végétative.

La nociception est un processus sensoriel à l’origine des signaux nerveux qui déclenchent la douleur.

On dit qu’une substance est algogène est capable de produire une douleur.

2. Différentes Formes de Douleur

On oppose la douleur symptomatique à la douleur chronique.

- La douleur symptomatique à pour origine un excès de nociception. Elle correspond à une lésion tissulaire mais il n’y a pas d’atteintes du tissu nerveux. C’est une douleur non neurogène

- Les douleurs inflammatoires sont sensibles aux opiacés.

- Les douleurs neurogènes ou chroniques atteignent le système nerveux. C’est le cas des membres fantômes, du zona, de l’herpès, de certaines douleurs dentaires. Elles sont non sensibles aux opiacées mais répondent à certains anti-dépresseurs (trycicliques).

3. Rôle de la Douleur

La douleur aigue assure la survie de l’espèce en protégeant l’individu. C’est un signal qui indique qu’il faut éviter certains stimuli. Les comportements de protection indiquent aux autres congénères qu’il faut éviter le stimulus et qu’il lui faut de l’aide.

Il existe de rares cas de personnes insensibles à la douleur mais ils ont une espérance de vie limitée.

Quand la douleur perdure et que son origine n’est pas connue, la douleur épuise le sujet et entraîne un état dépressif. On parle de douleur inutile.

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4. Etudier la douleur

a. Chez l’animal

Il faut respecter certaines règles d’éthique - anesthésie

- possibilité de pouvoir s’échapper - …

• Douleurs aigues

On peut produire des douleurs aigues avec différentes stimulations : - électriques

- chimiques - mécaniques - thermiques

On va mesurer des réponses réflexes médullaires.

- Test du Tail-Flick (retrait de la queue) : on mesure le délais jusqu’à ce que l’animal donne un coup de queue pour la déplacer

- Retrait de la patte

- Léchage d’une partie du corps

- Un singe apprend à appuyer sur un bouton qui affecte la température d’une plaque chauffante placée sur son front. Il est prévenu par un signal que la température va augmenter. Il peut refuser ou accepter l’élévation de température. S’il accepte il a une récompense.

• Douleurs chroniques

On pose une ligature au niveau du nerf sciatique d’un rat : l’appui de la patte au sol va être douloureux et on mesure avec une échelle. Plus la douleur est intense et plus il va relever la patte. Au stade le plus élevé il n’y a plus d’appui et l’animal adopte un comportement de soin (léchage).

b. Chez l’homme

On peut faire des stimulations mécaniques avec le test de Von Frey. On va évaluer la douleur grâce à des échelles plus ou moins complexes :

- échelle verbale à cinq niveaux

- échelle visuelle : curseur que le sujet déplace. On a une information sur l’intensité de la douleur.

C’est une information unidimensionnelle.

- Questionnaire de Saint-Antoine multidimensionnelle. Le problème c’est qu’on ne peut pas l’utiliser avec tout le monde tel que les enfants.

- Echelle d’expressions faciales - Manifestations végétatives

Les manifestations sympathiques concernent les douleurs aigues et les manifestations parasympathiques concernent les douleurs viscérales.

5. La Sensation Douloureuse Dépend de Facteurs Exogènes et Endogènes

a. Facteurs physiologiques

La douleur est modulée par l’apprentissage précoce. La perception dépend d’aspects sociaux. On peut étudier ces aspects en laboratoire en regardant si l’attention ou la suggestion ont un effet.

- suggestion : on fait une imagerie cérébrale pour voir quelles zones s’activent durant le stimulus. Si on dit que le stimulus change quantitativement les zones augmentent leur activité alors qu’en fait rien n’a changé.

- Attention : on peut détourner l’attention du sujet ce qui permet de supporter des stimulations plus élevées.

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L’analgésie psychogène est induite par le stress et, la peur peut entrer en compétition avec le stress.

- on place un animal dans une cage, on lui met du formol sur une patte et on mesure le temps qui s’écoule avant qu’il se lèche.

- On met des animaux dans une cage qui a servi à donner des chocs électriques à d’autres animaux.

Ils mettent plus de temps à se lécher, la douleur serait moins intense. Le stress des animaux précédents a permis la libération de molécules perçues par les autres animaux.

b. Effets placebo

C’est ce qu’on donne à un sujet pour lui faire plaisir plutôt que pour le soigner. C’est une substance inerte, un semblant de traitement qui exerce un effet favorable sur les symptômes d’une maladie.

Les scientifiques ont recours à des placebos comme substances témoins pour évaluer les effets d’une substance active.

Un placebo peut avoir plusieurs formes - cachets

- sirop - machine

En général, l’effet placebo correspond à environ 30% de l’effet d’une substance et, l’expérience se fait en double aveugle.

c. Chronophysiopathologie de la douleur

La douleur ressentie est soumise à une périodicité. La douleur spontanée présente un seuil plus élevé le matin et plus bas le soir :

- douleur dentaire - poly arthrite rhumatoïde

Chez l’animal, lorsqu’on provoque la douleur, on observe une analgésie plus forte vers 14h car c’est le moment où les animaux sont le moins sensibles à la douleur.

Les médiateurs de l’information telles que les prostaglandines ont un pic tôt le matin vers 4h. Les anti-douleurs endorphines, opioïdes endogènes ont un pic vers 20h et 24h.

Pour évaluer l’efficacité d’un traitement il faut prendre en compte ces variations circadiennes.

d. Facteurs génétiques

Il existe des cas extrêmes d’insensibilité congénitale à la douleur : mutation pour des récepteurs à un facteur neurotrophique, le NGF. Des souris vont présenter moins de fibres de petits calibres.

e. Age

En fonction des régions, le développement du système nerveux peut continuer jusqu’à 20ans.

Concernant la douleur, les systèmes anti-douleurs ne sont pas tous fonctionnels à la naissance. Les bébés supportent moins bien la douleur que les adultes.

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