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Tabledesmatières EspaceseuclidiensI

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Espaces euclidiens I

Olivier Sellès, transcrit par Denis Merigoux

Table des matières

1 Produit scalaire et généralités 2

1.1 Faits de base . . . 2

1.1.1 Produit scalaire . . . 2

1.1.2 Orthogonalité . . . 3

1.2 Norme euclidienne . . . 5

1.2.1 Inégalité deCauchy-Schwartz . . . 5

1.2.2 Norme . . . 5

1.2.3 Angle géométrique . . . 7

1.2.4 Quelques relations utiles . . . 7

2 Théorèmes fondamentaux 10 2.1 Premier théorème . . . 10

2.2 Deuxième théorème . . . 10

2.2.1 Résultat principal . . . 10

2.2.2 Processus d’orthogonalisation deGram-Schmidt . . . 11

2.3 Troisième théorème . . . 14

2.3.1 Résultat principal . . . 14

2.3.2 Distance à une partie . . . 15

3 Espaces euclidiens 15 3.1 Bases orthonormées et distance à un hyperplan . . . 16

3.2 Projecteurs et symétries orthogonales . . . 17

3.3 Formes linéaires surE . . . 19

3.4 Adjoint d’un endomorphisme . . . 19

4 Groupe orthogonal 21 4.1 Définition, exemples . . . 21

4.2 Propriétés . . . 22

4.3 Matrices orthogonales . . . 24

5 Orientation, produit mixte 27 5.1 Orientation . . . 27

5.2 Produit mixte . . . 27

(2)

1 Produit scalaire et généralités

1.1 Faits de base 1.1.1 Produit scalaire

Soit E un R-espace vectoriel. Un produit scalaire surE est une application ϕde EˆE dans Rtelle que : (1) ϕest bilinéaire ;

(2) ϕest symétrique : @x, yPE,ϕpx, yq “ϕpy, xq; (3) ϕest positive ;@xPE,ϕpx, xq ě0 ;

(4) ϕest définie : @xPE,ϕpx, xq “0ô x“0.

Remarques

Siϕest un produit scalaire sur unR-espace vectoriel E, on note pourx, yPE x.y ou xx, yyoupx|yq au lieu de ϕpx, yq, qui se lit «x scalaire y».

Soit ϕ une forme bilinéaire sur le R-espace vectoriel E, on sait que @x P E,ϕpx,0q “ ϕp0, xq “ 0 par bilinéarité. Ainsi,ϕvérifie p3q etp4q si et seulement si@xPEz t0u,ϕpx, xq ą0. C’est le caractère défini positif deϕ. En effet :

ñ D’aprèsp4q,ϕpx, xq ‰0 et d’après p3q,ϕpx, xq ě0 d’oùϕpx, xq ą0.

ð Commeϕp0,0q “0 et que@xPE,ϕpx, xq ě0, alorsϕpx, xq “0ôxREz t0u ôx“0.

Exemples

(1) Pour E“Rn,x“ pα1, α2, . . . , αnq ety“ pβ1, β2, . . . , βnq on pose xx, yy “

n

ÿ

i“1

αiβi

px, yq ÞÝÑ xx, yydéfinit ainsi un produit scalaire surRn appelé produit scalaire canonique. On remarque de plus que sibcn “ pe1, e2, . . . , enq,@ pi, jq P v1, nw2 xei, ejy “δi,j.

(2) Pour E“R2,x“ pα1, α2q ety “ pβ1, β2q, on pose

ϕpx, yq “α1β1`α1β2`α2β1`3α2β2 ϕ est bilinéaire et symétrique.

Pour x“ pα1, α2q PE,

ϕpx, xq “ α21`2α1α2`3α22

“ pα1`α2q2´α22`3α22

“ pα1`α2q2 looooomooooon

ě0

` 2α22 loomoon

ě0

ě0

et de plus, ϕpx, xq “0ôα1`α2 “0 et α22 “0 si et seulement si α1α2“0.ϕest définie positive.

(3) Pour E“Cpra, bs,Rq,f, gPE on pose

xf, gy “ żb

a

f g

pf, gq ÞÝÑ xf, gyest bilinéaire et symétrique d’après les propriétés de l’intégrale et du produit de fonctions de R dansR.

Pourf PE,xf, fy “ żb

a

f2orf2est continue et positive donc żb

a

f2ě0 et żb

a

f2 “0ôf2 “0ôf “0 ; f est définie positive.

(4) Pour E“MnpRq,A, BPE, on pose

xA, By “TrptABq

(3)

pA, Bq ÞÝÑ xA, Byest bilinéaire.

Montrons que cette application est symétrique : soient A, BPMnpRq, xB, Ay “ TrptBAq

“ TrptptBAqq car la trace est invariante par transposition

“ TrpBtAq

“ TrptABq car la trace commute

“ xA, By

Montrons maintenant la définition et positivité : soitAPMnpRq, TrptAAq “

n

ÿ

i“1

ptAAq ri, js

n

ÿ

i“1 n

ÿ

j“1

tAri, jsArj, is

n

ÿ

i“1 n

ÿ

j“1

pArj, isq2 loooomoooon

ě0

ě0 De plus,

xA, Ay “0 ô @ pi, jq P v1, nw2, Ari, js2 “0 ô @ pi, jq P v1, nw2, Ari, js “0 ô A“0

(5) C est un R-espace vectoriel qui s’identifie à R2. Son produit scalaire standard est défini pour z, z1 P C pour

@z, z1D

“ℜepzqℜe` z1˘

`ℑmpzqℑm` z1˘

“ℜe` zz1˘

1.1.2 Orthogonalité

Soit E un R-espace vectoriel muni d’un produit scalaire x¨,¨ya, x, y P E. On dit que x est orthogonal à y si xx, yy “0. Le produit scalaire étant symétrique, on dit plutôt quex ety sont orthogonaux et on notexKy.

Une famille de vecteurs de Ez t0u est dite orthogonale si ses vecteurs sont orthogonaux deux à deux.

a. C’est donc bien évidemment un espace pré-hilbertien !

Proposition Toute famille orthogonale de vecteurs deE est libre.

Il suffit de le prouver pour une famille finiepx1, x2, . . . , xnq de vecteurs deEz t0u. Soient α1, α2, . . . , αnPR tels que

n

ÿ

i“1

αixi “0.Alors, pourjP v1, nw,

0 “ x0, xjy

“ C n

ÿ

i“1

αixi, xj G

n

ÿ

i“1

αixxi, xjy loomoon

δi,jxxj,xjy

αjxxj, xjy xj ‰0 doncxxj, xjy ‰0 donc αj “0.

(4)

Orthogonal d’une partie

Soit AĂE, l’othogonal deA notéAK est l’ensembletxPE|@aPA, xKau.

Remarques

AĂB ñBK ĂAK. Plus spécifiquement, Vectpx1, x2, . . . , xnqK“ tx1, x2, . . . , xnuK. En effet :

˝ tx1, x2, . . . , xnu ĂVectpx1, x2, . . . , xnq donc Vectpx1, x2, . . . , xnqKĂ tx1, x2, . . . , xnuK.

˝ Siy P tx1, x2, . . . , xnuK, soitx

n

ÿ

i“1

αixi PVectpx1, x2, . . . , xnq,

xx, yy “

n

ÿ

i“1

αixxi, yy

“ 0 car yP tx1, x2, . . . , xnuK En particulier, VectpxqK “ txuK.

AK est toujours un sous-espace vectoriel. En effet :

˝ @aPA,xa,0y “0 donc 0PAK.

˝ Pour αPR,x, yPAK,aPA,

xa, αx`yy “ αxa, xy ` xa, yy

“ 0 αx`yPAK d’où le résultat.

t0uKE etEK “ t0u. Pour xPE,x“0ô @yPE,xx, yy “0.

Quel est le rapport entreA etAKK? Montrons queAĂAKK. En effet, siaPAalors @xPAK,xa, xy “0 doncaPAKK.

Mais même si F est un sous-espace vectoriel de E, on peut avoir F ĹFKK. Prenons un exemple : soit E “ Cpr0,1s,Rq, F l’ensemble des fonctions polynômiales et pour f, g P E, xf, gy “

żb a

f g. F est un sous-espace vectoriel deE or FK “ t0u.

En effet, soit f PFK, alors pour tout fonction polynômiale P, ż1

0

f P “ 0. On définit les polynômes de Bernsteinpar

Bnpfq:r ÝÑ

n

ÿ

k“0

ˆn k

˙

xkp1´xqn´k et on a lim

nÑ`8 sup

tPr0,1s|fptq ´Bnpfq| “0 Ainsi,

ż1 0

f2 “ ż1

0

f2´ ż1

0

f Bnpfq “ ż1

0

fpf ´Bnpfqq. Or ˇ

ˇ ˇ ˇ

ż1

0

fptq pfptq ´Bnpfptqqq dt ˇ ˇ ˇ ˇ ď

ż1

0 |fptq| |fptq ´Bnpfptqq| dt ď Mn

ż1

0 |f| ÝÑnÑ`80 La suite

ˆż1 0

fpf´Bnpfqq

˙

nPN

converge vers 0, or cette suite est constante égale à ż1

0

f2 donc ż1

0

f2“0 orf est continue positive donc f2“0ñf “0.

On a doncFKK“` FK˘K

“ t0uKE etFE car, par exemple, cos|r0,1s n’est pas polynômiale.

(5)

1.2 Norme euclidienne

1.2.1 Inégalité de Cauchy-Schwartz

Pourx, yPE,

xx, yy2ď xx, xy xy, yy Il y a égalité si et seulement si px, yqest liée.

Démonstration

Six“0, on trouve 0“0, ce qui est vrai.

Supposonsx‰0. Alors@tPR,xtx`y, tx`yy ě0 or

xtx`y, tx`yy “t2xx, xy `2txx, yy ` xy, yy “Pptq

P est polynômiale de degré 2, toujours positive dans R. Alors P ne peut pas avoir 2 racines réelles distinctes donc ∆pPq ď0ô4´

xx, xy2´ xx, xy xy, y

ď0 d’où le résultat.

Étudions maintenant les cas d’égalité.

S’il y a égalité, alors ∆pPq “0 donc P admet une racine double t0 donc 0“Ppt0q “ xt0x`y, t0x`yy ô t0x`y“0

ô y est proportionnel àx

Réciproquement, siy est proportionnel àx,yαxavec αPR, alors xx, yy2“ xx, αxy2α2xx, xy2 mais aussixx, xy xy, yy “ xx, xy xαx, αxy “α2xx, xy2; l’égalité est vérifiée.

Remarques

PourE“Rn,x¨,¨yle produit scalaire canonique, alors pourpα1, α2, . . . , αnq,pβ1, β2, . . . , βnq PRn, d’après l’inégalité deCauchy-Schwartz,

˜ n ÿ

i“1

αiβi

¸2

ď

˜ n ÿ

i“1

α2i

¸ ˜n ÿ

i“1

βi2

¸

Pour E“Cpra, bs,Rq muni dexf, gy “ żb

a

f g,

ˆżb a

f g

˙2

ď żb

a

f2 żb

a

g2

Pour E“MnpRqmuni de xA, By “TrptABq,@A, BPMnpRq, pTrptABqq2ďTrptAAqTrptBBq 1.2.2 Norme

Soit E un R-espace vectoriel, une norme sur E est une application N :EÝÑR` possédant les propriétés de : (1) séparation :@xPE,Npxq “0E ôx“0E;

(2) homogénéité : @xPE,@αPR,Npαxq “ |α|Npxq; (3) inégalité triangulaire : Npx`yq ďNpxq `Npyq.

SiN est une norme sur leR-espace vectoriel E, on a aussia @x, yPE,Npx`yq ě |Npxq ´Npyq|.

a. «Left to the reader ! »

(6)

Exemple Pour E “Rn,x“ pα1, α2, . . . , αnq etpě2 on définit les applications suivantes : N8pxq “ max

iPv1,nw|xi|; N1pxq “

n

ÿ

i“1

|αi|;

Nppxq “

˜ n ÿ

i“1

|αi|p

¸1p

D’après les inégalités deMinkowskia,Np est une norme au même titre queN1 et N8. Théorème et définition

Soit E un R-espace vectoriel et x¨,¨y un produit scalaire. Pour xPE on pose }x} “a

xx, xy

}¨} est une norme surE appelée norme euclidienne associée au produit scalaire xx, xy. Montrons de}¨} est une norme.

(1) Pour xPE,

}x} “0 ô a

xx, xy “0 ô xx, xy “0 ô x“0 (2) Pour xPE etαPR,

}αx} “ a

xαx, αxy

“ ?

α2a xx, xy

“ |α| }x} (3) Pour x, yPE,

p}x} ` }y}q2´ }x`y}2 “ }x}2`2}x} }y} ` }y}2´ xx`y, x`yy

“ }x}2`2}x} }y} ` }y}2´ xx, xy ´2xx, yy ´ xy, yy

“ 2´a

xx, xy xy, yy ´ xx, yy¯ Or, d’après l’inégalité deCauchy-Schwartz,

xx, yy2 ď xx, xy xy, yy ñ xx, yy ďa

xx, xy xy, yy D’où p}x} ` }y}q2´ }x`y}2 ě0, ce qui prouve l’inégalité triangulaire.

Cas d’égalité }x} ` }y} “ }x`y} Caractérisons maintenant les cas d’égalité de l’inégalité triangulaire.

Supposons que }x} ` }y} ´ }x`y} “ 0 avec x ‰ 0. On a alors xx, yy “ a

xx, xy xy, yy d’où, d’après la caractérisation des cas d’égalité pour l’inégalité de Cauchy-Schwartz, Dα P R tel que yαx. Donc xx, yy “ αxx, xy mais aussi xx, yy “ |α| xx, xy d’après la définition de la norme. Ainsi, |α| “ α donc αPR`.

Réciproquement, six“0, il y a bien égalité. D’autre part, siDαPR`tel queyαx, alorsx`y“ p1`αqx d’où }x`y} “ |1`α| }x} “ p1`αq }x} car 1`αą0, et de plus }x} ` }y} “ }x} `α}x} “ p1`αq }x} d’où le résultat.

a. Voir section 15.3.4 du cours complet page 239.

(7)

'

&

$

% Finalement, }x`y} “ }x} ` }y} si et seulement six“0E ou DαPR` tel queyαx.

Mieux, de manière plus symétrique, on aa :

}x`y} “ }x} ` }y} ô DuPEz t0u,Dα, β PR`{

#xαu yβu

a. «Left to the reader !»

On peut réécrireCauchy-Schwartzavec la norme euclidienne associée au produit scalairex¨,¨y:@x, yPE, xx, yy2 ď }x}2}y}2

1.2.3 Angle géométrique

Soient x, yPEz t0u, alors xx, yy

}x} }y} P r´1,1s. Par définition, l’angle géométrique dex ety est θ“arccos

ˆ xx, yy }x} }y}

˙

On a doncθP r0, πset cosθ“ xx, yy

}x} }y} d’oùa xx, ty “ }x} }y}cosθ.

a. Ce fut ce moment que choisit M. Sellès pour marquer sa satisfaction de faire de la géométrie sans dessins ni figures, en agrémentant son cours d’un «niark niark» jubilatoire.

On a bienxx, yy “0ôcosθ“0ôθπ

2 etpx, yq liéeô |xx, yy| “ }x} }y} ôcosθP t˘1u ôθP t0, πu.

De plus, θ“0ôx ety sont positivement liés : | x y

De même, θπ ôx ety sont négativement liés : x | y

Remarque Pour x, yPEz t0u, l’angle géométrique dex ety est égal à celui de x1x

}x} ety1y }y}. On a en effet

xx1, y1y

}x1} }y1} “ @ x1, y1D

“ B x

}x}, y }y}

F

“ xx, yy }x} }y} uPEz t0u est unitaire si}u} “1.

Siu etv sont unitaires, alors l’angle géométrique entre les deux est β“arccospxu, vyq.

1.2.4 Quelques relations utiles

Règles de calcul Soit E unR-espace vectoriel muni d’un produit scalaire x¨,¨y de norme associée }¨}. On a alors, par bilinéarité :

C r ÿ

i“1

αixi,

m

ÿ

j“1

βjyj G

r

ÿ

i“1 m

ÿ

j“1

αiβjxxi, yjy

(8)

En particulier, en prenant le même vecteur :

r

ÿ

i“1

αixi

2

“ C r

ÿ

i“1

αixi,

r

ÿ

j“1

αjxj

G

r

ÿ

i“1 r

ÿ

j“1

αiαjxxi, xjy

“ ÿ

pi,jqPv1,rw

αiαjxxi, xjy

r

ÿ

i“1

α2ixxi, xiy ` ÿ

pi,jqPv1,rw

i‰j

αiαjxxi, xjy

r

ÿ

i“1

α2i}xi}2`2 ÿ

1ďiăjďn

αiαjxxi, xjy car x¨,¨y est symétrique et le produit est commutatif

Ainsi, on a @ px1, x2, . . . , xrq PE,@α1, α2, . . . , αr PR:

r

ÿ

i“1

αixi

2

r

ÿ

i“1

α2i }xi}2`2 ÿ

1ďiăjďr

αiαjxxi, xjy En particulier, en prenant @iP v1, rw,αi “1,

r

ÿ

i“1

xi

2

r

ÿ

i“1

}xi}2`2 ÿ

1ďiăjďr

xxi, xjy De plus, si les xi sont orthogonaux deux à deux :

r

ÿ

i“1

xi

2

r

ÿ

i“1

}xi}2

Famille orthonormées

La famille pxiqiPI de vecteurs deE est orthonormée si@ pi, jq PI,xxi, xjy “δi,j. En d’autres termes, les xi sont unitaires et orthogonaux deux à deux.

Une famille orthonormée est toujours libre. Pourpx1, x2, . . . , xrq orthonormée, on a toujours

r

ÿ

i“1

αixi

2

r

ÿ

i“1

α2i et

n

ÿ

i“1

xi

2

r

Identités remarquable Prenonsr“2, pourx, yPE on a

}x`y}2 “ }x}2` }y}2`2xx, yy p1q mais aussi, en changeant y en ´y,

}x´y}2 “ }x}2` }y}2´2xx, yy p2q

On remarque d’après p1q que xKy ô }x`y}2 “ }x}2` }y}2. De plus, p1q ` p2q donne l’identité du parallélo- gramme :

(9)

}x`y}2` }x´y}2 “2´

}x}2` }y}2¯

y

x

x`y

x´y

La somme des carrés des longueurs des côtés est égale à la somme des carrés des longueurs des diagonales.

De plus,p1q ´ p2q donne l’identité de polarisation :

4xx, yy “ }x`y}2´ }x´y}2 Normes non euclidiennes

Une normeN surE est euclidienne s’il existe un produit scalaire x¨,¨y sur E tel queNpxq “a xx, xy. SiN est une norme euclidienne, alors on doit avoir l’identité du parallélogramme :@x, yPE,

Npx`yq2`Npx´yq2 “2´

Npxq2`Npyq2¯

PrenonsE “R2,x “ pα, βq, on pose alors N8 “maxp|α|,|β|qet N1 “ |α| ` |β|. Montrons que N1 etN8 ne sont pas des normes euclidiennes.

Pour N8, soient x“ p1,1q,y “ p1,0q, alorsx`y“ p2,1q etx´y “ p0,1q d’où N8px`yq2`N8px´yq2“5 mais 2´

N8pxq2`N8pyq2¯

“4 Pour N1, soient x“ p1,0q ety“ p0,1q, alorsx`y “ p1,1q etx´y“ p1,´1q d’où

N1px`yq2`N1px´yq2“8 mais 2´

N1pxq2`N1pyq2¯

“4

Illustration Soit E un R-espace vectoriel muni du produit scalaire x¨,¨y de norme associée }¨}, u,v, w des vecteurs unitaires de E. On appelleθ,ϕetψles angles géométriques entre respectivement uetv,v etw,wet u. Alors les trois angles ne peuvenet être tous à la fois strictement supérieurs à

3 . En effet, supposonsθ, ϕ, ψ P

2π 3 , π

et considérons

}u`v`w}2 “ }u}2` }v}2` }w}2`2pxu, vy ` xv, wy ` xw, uyq

“ 3`2pcosθ`cosϕ`cosψq ă 3´2ˆ3ˆ1

2 ă 0

Ce qui est impossible, bien évidemment.

(10)

2 Théorèmes fondamentaux

2.1 Premier théorème

SoitE unR-espace vectoriel muni d’un produit scalaire x¨,¨y etxPEz t0u. Alors E “Vectpxq ‘ txuK

On remarque que siF est un sous-espace vectoriel de E, alors F XFK “ t0u car si x PF XFK, xx, xy “ 0ôx“0.

Démonstration RxX pRxqK “ t0u donc la somme est directe. Montrons que E“Rx` txuK, soitu PE on chercheαPRetbP txuK tels que uαx`b.

Siαetbexistent, alorsxu, xy “ xαx`b, xy “α}x}2` xb, xy “α}x}2. D’oùα “ xu, xy

}x}2 et nécessairement bu´xu, xy

}x}2 x.

Écrivons donc

u“ xu, xy }x}2 x lo omo on

a

`u´xu, xy }x}2 x looooomooooon

b

Il est clair queaPRx, vérifions quebKx.

xb, xy “ B

u´xu, xy }x}2 x, x

F

“ xu, xy ´ xu, xy }x}2 loomoon

xx,xy

xx, xy

“ 0

Remarque Soit p le projecteur sur Vectpxq parallèlement à txuK. p s’appelle le projeteur orthogonal sur Vectpxq. Alors, d’après ce qui précède,@yPE,

ppyq “ xx, yy

}x2} x d’oùppyq “ xx, yyxsi x est unitaire

x y

ppyq

2.2 Deuxième théorème 2.2.1 Résultat principal

Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie muni d’un produit scalaire x¨,¨y. Alors E admet des bases orthonormées.

(11)

Démonstration Soit Hn : « Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie n muni d’un produit scalaire x¨,¨y. AlorsE admet des bases orthonormées ».

H1 est vraie : soit E un R-espace vectoriel de dimension 1, De PEz t0u tel que E “ Vectpeq. Alors e }e} est unitaire et

ˆ e }e}

˙

forme une base orthonormée de E.

Soit nPN˚ tel queHn est vraie, E un R-espace vectoriel de dimensionn`1 muni d’un produit scalaire x¨,¨y. SoitaPE unitairea, alors , d’après le premier théorème,E“Vectpaq ‘ tauK et on poseF “ tauK. La somme est directe donc dimF “ dimE ´1 “ n donc d’après Hn, F admet une base orthonormée pe1, e2, . . . , enq. Par recollement, pe1, e2, . . . , en, aq est une base orthonormée deE.

2.2.2 Processus d’orthogonalisation deGram-Schmidt

C’est une méthode qui permet, à partir d’une famille libre, d’obtenir une famille orthonormée.

Soit E un R-espace vectoriel muni d’un produit scalaire x¨,¨y, r P N˚, px1, x2, . . . , xrq une famille libre de vecteurs deE. Alors il existe une famille orthonorméepy1, y2, . . . , yrqtelle que@kP v1, rw, Vectpx1, x2, . . . , xkq “ Vectpy1, y2, . . . , ykqetxxk, yky ą0.

Démonstration On procède par récurrence sur r.

Pour r“1, soit xPEz t0u, on prend ˆ x

}x}

˙

comme base orthonormée.

Pourr“2, soitpx1, x2qlibre dansE. On prendy1x1

}x1}. CherchonstPRetyPE tels queyx2`ty1 etxy, y1y “0. On ne peut avoiry2 “0 car sinon x2 serait proportionnel ày1 et donc à x1. Or

xy, y1y “ xx2`ty1, y1y

“ xx2, y1y `t}y1}2 loomoon

1

On prend donct“ ´ xx2, y1yet on a Vectpy1, yq “Vectpx1, x2qcary2 PVectpx1, x2q. En posanty2y }y}, on a finalement py1, y2q une base orthonormée deE. En effet,

xx2, yy “ xx2, x2`ty1y

“ }x2}2`txy1, x2y

“ }x2}2´ xy1, x2y2

D’après l’inégalité deCauchy-Schwartz,xy1, x2y2ď }x2}2}y1}2 et}y1}2‰0 cary1‰0 doncxy1, x2y ă }x2}2 doncxx2, yy ą0 d’où le résultat.

Supposons le résultat vrai pourrě2. Soitpx1, x2, . . . , xr`1qune famille libre de vecteurs de E. D’après

l’hypothèse de récurrence, on peut trouverpy1, y2, . . . , yrqorthonormée telle que@kP v1, rw, Vectpx1, x2, . . . , xkq “ Vectpy1, y2, . . . , ykq etxxk, yky ą0. Soient maintenant t1, t2, . . . , trPRtels que

yxr`1`

r

ÿ

i“1

tiyi PVectpy1, y2, . . . , yrq “Vectpx1, x2, . . . , xrq

y‰0 et Vectpy1, y2, . . . , yr, yq “Vectpy1, y2, . . . , yr, xr`1q “Vectpx1, x2, . . . , xr`1q donc@jP v1, rw, xy, yjy “ xxr`1, yjy `

r

ÿ

i“1

tixyi, yjy

“ xxr`1, yjy `tj

a. Il suffit pour cela de prendrexPEz t0uet a x }x}.

(12)

On prend donc tj “ ´ xxr`1, yjy de sorte que y P Vectpy1, y2, . . . , yrqK. On pose alors yr`1y }y} et enfin py1, y2, . . . , yr`1q est une famille orthonormée. On sait que @k P v1, r`1w, Vectpx1, x2, . . . , xkq “ Vectpy1, y2, . . . , ykq, reste à voir xxr`1, yr`1y ą0 :

xyr`1, xr`1y “ C

yr`1, y´

r

ÿ

i“1

tiyi G

“ C

yr`1,}y}yr`1´

r

ÿ

i“1

tiyi G

“ }y} }yr`1}2 loomoon

1

´

r

ÿ

i“1

tixyi, yr`1y loooomoooon

0

“ }y} ą0

Illustration PrenonsE “Cpr0,1s,Rqmuni dexf, gy “ ż1

0

f g. Soient pouriP v0,2w,ei :tÝÑti. On souhaite orthogonaliser pe0, e1, e2qqui est une famille libre de E.

(1) }e0}2 “ ż1

0

e0ptq dt“ ż1

0

1 dt“1 donc }e0} “1, on prend ε0e0. (2) Soientα PRetϕe1`αε0, on a doncϕ:tÝÑt`α. Ainsi,

xϕ, ε0y “ xe1, ε0y `α}ε0}2 loomoon

1

“ ż1

0

tdt`α

“ 1 2 `α On prend donc α“ ´1

2 etε1ϕ

}ϕ}. Reste à calculer}ϕ}:

}ϕ}2 “ ż1

0

ˆ t´1

2

˙2

dt

«1 3

ˆ t´1

2

˙31

0

“ 1 3

˜ˆ 1´1

2

˙3

´ ˆ

´1 2

˙3¸

“ 1

12 Ainsi, }ϕ} “ 1

2?

3 donc on prendε1ptq “2?3 ˆ

t´ 1 2

˙ . (3) Soientα0, α1PRetϕe2`α1ε1`α0ε0. On a donc

#xϕ, ε0y “ xe2, ε0y `α0 xϕ, ε1y “ xe2, ε1y `α1 ñ

#α0 “ ´ xε0, e2y α1 “ ´ xε1, e2y

(13)

Calculons α0 etα1 :

α0 “ ´ ż1

0

t2dt

“ ´1 3 α1 “ ´

ż1 0

t22? 3

ˆ t´ 1

2

˙ dt

“ ´2? 3

ż1

0

ˆ t3´t2

2

˙ dt

“ ´2? 3

t4 4 ´1

6t3

“ ´2? 3ˆ 1

12

“ ´

?3 6 On a donc pour tPR,

ϕptq “ t2´

?3 6 ˆ2?

3 ˆ

t´1 2

˙

´1 3

t2´t` 1 6 On prend maintenant ε2ϕ

}ϕ}, mais il reste à calculer }ϕ} en passant par }ϕ}2. Deux solutions se présentent : la première est d’intégrer brutalement, solution que je laisserai aux futurs PSI le soin de rédiger. Mais le génial M. Sellès nous propose une méthode alternative :

}ϕ}2 “ }e2}2` }αε1`α0ε0}2`2xe2, α1ε1`α0ε0y

“ }e2}2` α21`α20 looomooon

car01qest orthogonale

`2α1xe2, ε1y loomoon

´α1

`2α0xe2, ε0y loomoon

´α0

“ ż1

0

t4dt´ 3 36 ´1

9

“ 1

180 D’où enfin ε2ptq “6?

5 ˆ

t2´t`1 6

˙ .

Méthode alternative générale pour calculer }yr`1}2 Si yr`1xr`1 `

r

ÿ

i“1

αiyi avec @i P v1, rw, αi

´ xxr`1, yiy, alors

}yr`1}2 “ }xr`1}2`

r

ÿ

i“1

αiyi

2

`2 C r

ÿ

i“1

αiyi, xr`1 G

“ }xr`1}2`

r

ÿ

i“1

α2i `2

r

ÿ

i“1

αixyi, xr`1y loooomoooon

´αi

“ }xr`1}2´

r

ÿ

i“1

α2i

En effet, à ce stade lesαi ont déjà été calculés.

(14)

2.3 Troisième théorème 2.3.1 Résultat principal

Soit E un R-espace vectoriel muni d’un produit scalaire x¨,¨y, F un sous-espace vectoriel de E de dimension finie. Alors

EFFK

Démonstration On sait déjà que FXFK “ t0u.

D’après le deuxième théorème fondamental, on peut considérer une base orthonormée pe1, e2, . . . , epq de Fp“dimF. SoitxPE, on cherche y

p

ÿ

i“1

αiei PF etzPFKtels quexy`z.

Siy etz existent, alors @iP v1, pw,

xx, ejy “ xy`z, ejy

“ C p

ÿ

i“1

αiei, ej G

` xz, ejy loomoon

0

p

ÿ

i“1

αixei, ejy

αj

D’où αj “ xx, ejypuis nécessairement zx´

p

ÿ

i“1

αieix´

p

ÿ

i“1

xx, eiyei. Écrivons donc

x

p

ÿ

i“1

xx, eiyei looooomooooon

y

`x´

p

ÿ

i“1

xx, eiyei loooooooomoooooooon

z

yPF caryPVectpe1, e2, . . . , epq, vérifions que zPFK “ te1, e2, . . . , epuK. Soitj P v1, pw,

xz, ejy “ C

x´

p

ÿ

i“1

xx, eiyei, ej

G

“ xx, ejy ´

p

ÿ

i“1

xx, eiy xei, ejy loomoon

δi,j

“ xx, ejy ´ xx, ejy

“0

Remarque Avec les notations du troisième théorème, on peut considérerpF le projecteur surF parallèlement àFK; c’est le projecteur orthogonal surF. Sipe1, e2, . . . , epq est une base orthonormée deF, alors pourxPE, pF pxq “

p

ÿ

i“1

xx, eiyei.

(15)

2.3.2 Distance à une partie

Soit E un R-espace vectoriel muni d’un produit scalairex¨,¨y,AĂE. On pose dpx, Aq “inft}x´a} |aPAu.

A

b x

Supposons maintenant queAest un sous-espace vectoriel F de E tel queEFFK. C’est en particulier le cas siE est de dimension finie.

Soitp le projecteur sur F parallèlement àFK,xPE,x s’écritxa`bavec aPF,bPFK. FK

F b x

a

Ainsi, pouryPF,

}x´y}2 “ }a´y`b}2

“ }a´y}2` }b}2

Donc }x´y} ě }b}avec égalité si et seulement si }a´y}2“0ôya. On alors dpx, Fq “ }b}

“ }x´a}

“ }x´ppxq}

De plus@yPFz tppxqu,}x´y} ądpx, Fq.

D’autre part, si zPFK, alorsx´za`b´z d’où

}x´z}2 “ }a`b´z}2

“ }a}2` }b´z}2 D’où }x´z} ě }a} avec égalité sizb. De plus, d`

x, FK˘

“ }a} “ }ppxq}.

3 Espaces euclidiens

Un espace euclidien est un couplepE,,¨yqoùEest unR-espace vectoriel de dimension finie etx¨,¨yun produit scalaire sur Ea.

a. On dit souvent « soitEun espace euclidien » en sous-entendant le produit.

Dans la suite,E est un espace euclidien dont on notex¨,¨y le produit scalaire et }¨}la norme associée.

(16)

3.1 Bases orthonormées et distance à un hyperplan

De l’utilité des bases orthonormées E est de dimension finienPN˚, doncE admet une base orthonormée B“ pe1, e2, . . . , enq. Pour x

n

ÿ

i“1

αieiPE, on a @jP v1, nw:

xx, ejy “ C n

ÿ

i“1

αiei, ej

G

n

ÿ

i“1

αixei, ejy

αj

Si on note pe˚1, e˚2, . . . , e˚nq la base duale de B, alors on a @j P v1, nw,e˚j “ xej,¨y. On en déduit une expression simple du produit scalaire. En effet, poury

n

ÿ

i“1

βiei PE,

xx, yy “ C n

ÿ

i“1

αei,

n

ÿ

i“1

βiei

G

n

ÿ

i“1

αiβi car Best orthonormée

En particulier, }x}2 “ xx, xy “

n

ÿ

i“1

α2i. On remarque que xx, yy “ pα1, α2, . . . , αnq.pβ1, β2, . . . , βnq où . est le produit scalaire canonique surRn.

Théorème de la base orthonormée incomplète Soitpe1, e2, . . . , epq une famille orthonormée de vecteurs de E, alorsDep`1, ep`2, . . . , enPE tels que pe1, e2, . . . , enq est une base orthonormée deE.

En effet, soitF “Vectpe1, e2, . . . , epq, dimFKn´p, on peut donc considérerpep`1, ep`2, . . . , enqune base orthonormée deFK. Par recollement, pe1, e2, . . . , enq est une base orthonormée deE.

Expression de la distance à un hyperplan SoitH un hyperplan deE,H admet une équation cartésienne relativement à B : D pa1, a2, . . . , anq P Rnz t0u tel que H est l’ensemble d’équation cartésienne a1x1`a2x2`

¨ ¨ ¨ `anxn“0. Notonsa

n

ÿ

i“1

aiei et soitx

n

ÿ

i“1

xieiPE. Alors

xx, ay “a1x1`a2x2` ¨ ¨ ¨ `anxn carB est orthonormée

Ainsi, H “ txPE| xa, xy “0u “ tauK. On sait que le projecteur sur Vectpaq parallèlement àtauK vérifie pour xPE,ppxq “ xx, ay

}a}2 aet queE “Vectpaq ‘ tauK. H

Vectpaq x

ppxq

(17)

'

&

$

% On a vu de plus que dpx, Hq “ }ppxq} “ |xx, ay|

}a} d’où

dpx, Hq “

ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ

n

ÿ

i“1

aixi

ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ aa21`a22` ¨ ¨ ¨ `a2n

3.2 Projecteurs et symétries orthogonales

Soit F un sous-espace vectoriel de E, alors FK est un supplémentaire de E car F est de dimension finie : EFFK.

Soit F un sous-espace vectoriel de E.

On appelle projecteur orthogonal surF le projecteur surF parallèlement àFK.

On appelle symétrie orthogonale par rapport à F la symétrie par rapportF parallèlement àFK.

F

x

sFpxq pFpxq

Remarque Soit xPE,xy`z avec y PF etz PFK et on a même ypFpxq. Donc, puisquexz, yy “0, }x}2 “ }y}2` }z}2 d’où}y} ď }x} ô }pFpxq} ď }x}. On a de plus}pFpxq} “ }x} ôpFpxq “xôxPF.

D’autre part,sFpxq “y´zd’où }sF pxq}2“ }y}2` }z}2 donc}sFpxq} “ }x}. Rappel

Siaest un vecteur non nul de E etple projecteur orthogonal sur Vectpaq, alorsa pour xPE, ppxq “ xx, ay

}a}2 a Siq est le projecteur orthogonal surtauK, alorsq “IdE´pd’où

qpxq “x´xx, ay }a}2 a

SiF est un sous-espace vectoriel deE etpe1, e2, . . . , epq une base orthonormée de F, alors pourxPE, pFpxq “

p

ÿ

i“1

xx, eiyei

SiF est un sous-espace vectoriel deE, dimFK “dimE´dimF et on en déduit` FK˘K

F. En effet,F Ă`

FK˘K

et dim` FK˘K

“dimE´dimFK “dimF.

a. Voir page 10.

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