LES CONSTITUANTS MINEURS DES ACIDES
RIBONUCLÉIQUES SOLUBLES
I. — DOSAGE DES DÉRIVÉS MÉTHYLÉS DE LA GUANINE
G. PÉTRISSANT P. GAYE Laboratoire de
Physiologie
de la Lactation,Centre national de Recherches
zootechniques,
78 -Jouy-en-Josas
SOMMAIRE
Une méthode de
dosage quantitatif
des dérivésméthylés
de laguanine
dans les acides ribonu-cléiques
solubles bruts estproposée. L’hydrolysat
alcalin estanalysé
parchromatographie
sur co-lonne
d’échangeurs
d’ions. Une suite déterminéed’opérations
conduit à l’isolementprogressif
desnucléotides ou nucléosides de
guanyliques.
Ceux-ci sont ensuite convertis en bases dont laséparation
est totale. Le rendement de chacune des
techniques
utilisées est examiné. Les résultats obtenus pour les ARNs de levure et de divers tissus animaux sontcomparés
aux résultatscorrespondants
dedifférents auteurs.
De très nombreux nucléotides
atypiques,
pour laplupart méthylés,
ont étémis en évidence dans les acides
ribonucléiques
solubles de sources variées. I,edosage quantitatif
de cesconstituants,
l’identification desséquences auxquelles
ils appar-tiennent,
doivent contribuer à élucider leur rôle.L’étude
des sARNs( 1 ) purifiés, accepteurs spécifiques
d’unamino-acide,
est laplus fructueuse ; mais,
elleimplique
lapréparation
de lots trèsimportants
desARN total
réalisée,
seulement àpartir
de levures(Mon WR,
STEPHENSONet ZAMECNIKig6o ; H OLLEY , 19 6 3 )
et de bactéries(Z UBAY , zg6z).
Les
quantités
de ce matérielqu’il
estpossible
d’obtenir àpartir
des tissus ani-maux sont
toujours
limitées et seulepeut
êtreenvisagée actuellement,
l’étude de lacomposition nucléotidique
du sARN total. Il en résulte que la détermination descomposés
mineurs est souventincomplète
et leurdosage approximatif.
Nous avons mis au
point
une méthodequi permet
l’estimationreproductible
et suffisamment
quantitative
desept
nucléotidesatypiques
ainsi que de l’acide pseu-douridylique,
àpartir
devingt
àvingt-cinq milligrammes
de sARN total.Nous décrivons ici le
dosage
des dérivésméthylés
de laguanine.
( 1
) sARN = Acide ribonucléique soluble.
Quatre
dérivésméthylés
de l’acideguanylique
sont rencontrés dans les sARNs.Les bases dont ils dérivent sont la
I -méthylguanine,
la2 -méthylamino-6-hydroxy- purine,
la2 -diméthylamino-6-hydroxypurine (S MIT II
etD UNN , 1959 )
et la7 -méthyl- guanine (DuNN, 1963).
Notre étude a
porté
sur les troispremiers
de ces nucléotides.De nombreux auteurs ont identifié et dosé ces
composés
ou lesproduits
de leurdégradation chimique
etenzymatique.
Les
techniques
utilisées sont :- soit la
chromatographie
etl’ionophorèse
surpapier (SMITII
et DUNN, I95g ; DAVIS
, CARI,UCCI et ROUBEIN, Ig59
BE R G QUIS T
etMATTH!WS, 1962) ;
- soit la
chromatographie
sur colonned’échangeurs
d’ions(C ANTONI
etal. , ig6
2 ) ;
- soit une association de cette dernière
technique
avec lachromatographie
sur
papier (A DLER ,
WI;ISSMANN etG U T MAN , I g58 ;
BELL, TOMI,INSON etTENE R , zg64),
la fluorométrie(T ADA ,
TADA et YAGI,19 6 4 )
ou la détermination d’une radio- activitéspécifique (B ANK
etal., I g64).
Il faut encore
signaler
la méthodeoriginale
de HALL( 19 6 5 ) qui
utilise la chro-matographie
departage
sur célite.La recherche d’estimations
quantitatives
nous a conduit àemployer
exclusi-vement la
chromatographie
sur colonned’échangeurs
d’ions et la filtration surgel
de dextranes.
Les méthodes utilisées sont, à peu
d’exception près,
celles décrites par COHN( 1955
).
Les très nombreuses indications recueillies dans lespublications
de SMITHet DuNx
( 1959 )
ontgrandement
facilité notre travail.A. ---
MATÉRIEL
i. ARN soluble
a)
levure : commercial(Sigma préparé
selon HOLI.EY( 19 6 3 );
b) glande inammaire de Brebis :
préparé
par extractionphénolique
du surnageant obtenu parcentrifugation d’un homogénat, pendant 3 h i5à go 00o tours/minute dans le rotor n° 30 de l’ultra-
centrifugeuse
Spinco,
modèle L, etpurification
sur colonne de DEAE-cellulose(N ISH iYANrn
et al.i96i).;
c)
foie
deLapin : préparation identique
à celle de l’AR1V soluble deglande
mammaire.2
. Matériel de
chromatographie
Dowex i X
8 (AG
i X 8 minus 400 mesh,Biorad).
DEAE cellulose 0,87 méq/g
(SCHLEICHER
et SCIIUELL,Sephadex
G 25, médium(Pharmacia).
3
. Marqueurs
purifiés Nucléotides,
nucléosides et bases(Sigma).
4
. Enzymes
Phosphomonestérase
bactérienne (WoxntltrrcTOrr., Bioch,Corporation).
B. --
MÉTHODES
1
.
Spectrophotométrie
A la sortie des colonnes de
chromatographie,
un détecteurd’absorption
ultraviolettecouplé
avec un
enregistreur
donne uneimage
de la courbe d’élution(Uvicord LKB).
La mesure des densités
optiques
est effectuée auspectrophotomètre (Jobin
et Yvon). Pourl’établissement des spectres, la densité
optique
est mesurée tousles
5 mp. (tous les 2m, au voisinagedu maximum et du minimum) contre un blanc
approprié,
àpH
i,pH
9 etpH
13. Les coefficients d’extinction molaire utilisés au cours de ce travail sont les suivants.2
.
Hyd y otyses
a)Hydrolyse
alcaline de l’ARN soluble.Vingt
àvingt-cinq milligrammes
de sARN de levure ou 450 unités de densitéoptique
à 260m!, de sARN deglande
mammaire ou de foie sont dissous dans 2 ml de soude 0,3N et incubés à 37° pen- dant 24heures. Dans ces conditions,l’augmentation
de la densitéoptique
à 260m [ L après hydrolyse
est de 35 p. 100environ.
b)
Flydrolyse enzymatique.
Le matériel à
hydrolyser
est dissous dans 10ml de tampon : bicarbonate d’ammonium 0,01 M, MgH0,01 M,
ajusté
àpH
8,5; 0,05 ml delasolution dephosphomonoestérase
bactérienne sontajoutés
et le
mélange
est incubé 6 heures à 37° enprésence
d’une goutte de chloroforme.c)
Hydrolyse
acide des nucléotides et nucléosidesguanyliques.
Le bicarbonate d’ammonium est
évaporé
sous vide à 50°. Le matériel àhydrolyser
est trans-féré
quantitativement
dans un ballon de 80 ml.Après
addition de 1,5 ml d’HCl,r N, l’hydrolyse
est
poursuivie
une heure à 100°.C. --
SCHÉMA G!N!RAI,
Le processus
expérimental
se résume ainsi :i. Obtention d’une
fraction nucléotidique qui contient,
outre l’UMP et leGMP,
le
TUMP
( 1 )
et le TMP( 2 ),
l’IMP( 3 )
et les nucléotidesguanyliques méthylés.
2
. Division de cette
f raction
en troisgroupes.
a) i-méthylguanylique
et corps non identifiés.b) UMP,
’:1:&dquo;UMP,
TMP.c) GMP, IMP, 2 -méthylamino-6-hydroxypurine ribotide, 2 -diméthylamino-6-hy- droxypurine
ribotide.3
.
Tvansfovmation
des nucléotidesguanyliques
et de l’IMP en nucléosides etséparation partielle
de ces nucléosides en deux sous-groupes dont l’un contient lesguanosines méthylées
et l’autre l’inosine. Laguanosine
serépartit
entre les deuxsous-groupes.
4
.
Hydrolyse
acide dechaque sous-groupe.
Séparation
etdosage
de laguanine,
desméthylguanines
et del’hypoxanthine.
D. -
RÉSULTATS
a)
Isolement desméthylguanines
i)
Obtention de lafraction
dite « UMP -f- GMP» (Colonne
n° i -figure 2 ).
L’hydrolysat
alcalin neutralisé par l’acideformique
est dilué à 2o ml.Après
mesure de la densité
optique
à 260my, il est adsorbé sur une colonne de Dowexl X 8,
formate : hauteur 2 cm, diamètre1 ,6
cm.I,a colonne est lavée à l’eau distillée. Effluent et
lavage
contiennent les nucléo- sides.L’élution
est réalisée par ungradient
linéaire d’acideformique
de o à 0,4N en 600 ml. Sont élués successivement : le
CMP,
l’AMP et l’isomère3 ’-phosphate
du6-mon ométhylaminoadénylique.
La colonne est
neutralisée, puis
lavée à l’acidechlorhydrique
o,02 N.Après
300
ml
environ,
est éluée une fractioncomplexe
dite « UMP -!- GMP ». La colonne est lavée à nouveau à l’eau distillée et l’élutionpoursuivie
par ungradient
linéairede bicarbonate d’ammonium
pH 8, 2 ,
de o à i M en 2 litres. On obtient ainsi les nu-cléosides
diphosphate pUp
etpGp
etquelques oligonucléotides.
2
.
Rechyomatogya!hie
de lafraction
« UMP -! GMP» (colonne
no 2 -figure 3 ).
Après
détermination de la densitéoptique
à 260my, la fraction « UMP + GMP », 100 mlenviron,
est amenée àpH
10, diluée et adsorbée sur une colonne de Dowex i x8 chlorure, hauteur
4 cm, diamètre 0,0cm,préalablement
lavée àl’ammoniaque
o, iN.
L’effluent ne contient aucune substance absorbant en ultraviolet.
Après lavage
à
l’eau,
onapplique
ungradient
linéaire de bicarbonate d’ammoniumph
9,2 de o à o, 25 M en i litre. Dans l’ordre sontélués,
les isomères 2’ et3 ’ phosphate
dui-méthyl
GMP et un sommet
complexe qui
contient le T UMP, le TMP et l’UMP. La densitéoptique
retombe alors à o.La colonne est neutralisée et lavée à l’HCl 0,02 N.
Après
300 mlenviron,
le GMP et ses dérivés sont élués dans un faible volume(8o
mlenviron).
3
.
Hydrolyse phosphalasique
des nucléotidesguanyliques.
Isolementpartiel
desméthyl- guanosines (colonne
n° 3 -figure 4).
Après
mesure de la densitéoptique,
le GMP et les nucléotidesguanyliques qui
lui sont associés sont neutralisés et
hydrolysés
en nucléosides(voir méthodes). Après
hydrolyse,
une solution de borate de sodium o,i M estajoutée
enquantité
suffisantepour obtenir une concentration de 0,005 M.
Le volume est amené à 40ml avec le
tampon
bicarbonate d’ammonium 0,02M,
borate de soude o,oo5M.L’hydrolysat
est adsorbé sur une colonne de D)!AE-cellu-lose,
hauteur 35 cm, diamètre 1,5 cm,préalablement
lavée à la soude 0,1 N et àl’eau, puis équilibrée
avec le mêmetampon.
Les
méthylguanosines apparaissent
sous la forme d’un ouplusieurs
sommetsmineurs
précédant
lepic
deguanosine.
Les tubes( 10 ml)
sontgroupés
en deux frac-tions délimitées comme le montre la
figure
3. Lapremière
fraction contient ainsi la totalité desméthylguanosines.
4
.
Séparation
de laguanine et
des mono etdiméthytamino-6-hydvoxy!urine (colonnes
n° 4 et 5 -
figures
5 et6).
Chaque
fraction de la colonne n° 3 esthydrolysée (voir méthodes),
diluée à30
ml,
amenée àpH
Iavec del’ammoniaque
concentrée et adsorbée sur une colonne de Dowex i x 8 Cl- hauteur 34cm, diamètre o,g cm, lavée àl’ammoniaque
0,1 N.L’élution est réalisée avec une solution de chlorure d’ammonium 0,07M
pH
9,2,puis
0,1 MpH 8,5.
La fraction
A,
colonne n° 4, sedécompose
en trois sommets : laguanine,
lamonométhylamino-6-hydroxypurine,
ladiméthylamino-6-hydroxypurine qui
contientdes traces d’adénine.
La fraction
B,
colonne n° 5, contient de laguanine’
et une faiblequantité d’hypoxanthine.
5
. Obtention et
purification
de la1-méthylguanine (colonne
n°6).
Après hydrolyse acide,
le iCH 3 guanylique
est adsorbé sur une colonne de Dowex l X 8 Cl- hauteur 25 cm, diamètre 0,9cm.L’élution
estréalisée
avec unesolution de chlorure d’ammonium
0 , 0 6
MpH
9,2.6.
Purification
de la2-diméthylamino-6-hydroxypurine (colonne
no 7 -figure 7 ).
I,e
mélange 2 -diméthylamino-6-hydroxypurine-adénine
estévaporé
à sec, re-pris quantitativement
par 1,5ml d’eau distillée etdéposé
sur une colonne deSephadex
G 25, hauteur 55 cm, diamètre 1,5 cm,
équilibrée
avee une solution de chlorure de sodium à deux grammes p. i ooo. On obtient uneséparation complète
des deuxcorps.
b) Identification
i.
Spectres d’absorption.
Les
spectres
desguanines méthylées
et de lai-méthylguanosine
obtenus aucours d’une série
d’analyses,
sontreprésentés
sur lafigure
8. le tableau i compareleurs
principales caractéristiques
à celles desproduits
purs obtenus parsynthèse.
2
.
Chromatogra!hie.
Après migration
dans le solvant de WYATT( 1951 )
les Rf sontcomparés
auxvaleurs
correspondantes publiées
par SMITH et DUNN(ig 5 g) (tabl. z).
c)
Teneurs de divers sARNs enguanines méthylées
Les tableaux 3
et q. groupent
les résultats obtenus par latechnique qui
a étédécrite et
permettent
de les comparer à ceuxpubliés
par différents auteurs.DISCUSSION
La discussion
portera
sur lespoints suivants : j justification
duplan expérimental, reproductibilité
et rendement destechniques, critique
des différentesétapes, appré-
ciation des résultats.
I. - Le schéma
général
tel que nous l’avons défini(paragraphe C) s’inspire
de deuxprincipes
a)
lescomposés
à doser doivent être isolés sous forme de nucléotides etdégradés
successivement en nucléosides et bases afin que soit établie sans
équivoque
leurexistence au sein des chaînes de
sARN ;
b)
ledosage
des dérivésméthylés
de l’acideguanylique
nereprésente qu’une partie
de l’étude des nucléotidesatypiques.
Ilimporte
que leplus grand
nombrepossible
de ces constituants soit identifié au cours d’une seuleanalyse.
Ceci nous a conduit à réaliser au cours des deux
premières étapes,
unesépara-
tion en divers groupes dont chacun contient une famille de corps voisins par leur structure et leurs
propriétés chromatographiques.
Le mode d’élution utilisé à ce stade(acide
dilué - selvolatil),
autorise les fractionnements secondaires.Il - Contrôle de la
reproductibilité et
du rendement destechniques.
Notre travail étant essentiellement orienté vers la mise au
point
d’une méthodereproductible
etquantitative
dedosage
desguanines méthylées,
nous avons vérifiéle recouvrement de chacune des
analyses chromatographiques
ainsi que celui deshydrolyses chimiques
ouenzymatiques qu’elle comporte.
Les résultatsconsignés
dans les tableaux 5, 6 et 7,
témoignent
du rendement satisfaisant à tous les stades du fractionnement.III. -
Critique
desdifférentes étapes a)
Isolement des nucléotidesguanyliques
eturidyliques.
L’utilisation
des colonnesd’échangeurs
d’anions(Dowex I)
éluées par un gra-dient d’acide
formique,
nous a donné des résultatsanalogues
à ceux de CANTONIet al.
(i 9 62). Cependant,
le chevauchementpartiel
des diverscomposés,
leur dédou-blement en isomères 2’ et
3 ’ phosphate,
les volumes d’élutionimportants, l’absorp-
tion non
négligeable
de l’éluant en lumièreultraviolette,
nuisent à laprécision
dudosage.
Ces inconvénients se retrouvent, souvent
aggravés,
dans d’autressystèmes chromatographiques (acide chlorhydrique pH 2 ,
formatepH 4 ,
bicarbonatepH 8).
L’utilisation de la DPàA!-cellulose ne nous a pas donné des résultats
plus
satisfai-sants.
Les
échangeurs
de cations sous forme H+(Amberlite
IR120 ) permettent
d’obtenir une fraction
guanylique
danslaquelle
les dérivésméthylés
sontpartielle-
ment individualisés.
Mais,
lespropriétés hydrolytiques
de ces résines sont un obstacleau
dosage quantitatif
des nucléotidespuriques.
C’est
pourquoi
nous avonsadopté,
au cours despremiers
stades del’analyse,
l’élutionglobale
par l’acidechlorhydrique
àpH
2des dérivésguanyliques
eturidy- liques.
La fraction ainsi obtenue est aussitôt neutralisée pour éviter toutrisque d’hydrolyse.
b) Séparation
des dérivésguanyliques et uvidyliques.
Elle
peut
être réalisée àpH
9,2. En mêmetemps,
lei-méthylguanylique,
dontle
groupement
6-OH n’est pasdissocié,
estséparé
de l’un et l’autre groupe.Après hydrolyse acide,
lar-méthylguanine
est obtenue dans un état depureté
satisfaisant : ilpeut arriver, toutefois,
que l’isomère3 ’ phosphate
soitpartiellement mélangé
auxgroupes des
uridyliques ; mais,
la faible valeur de la déviation standard(voir
tabl. 3 et4 )
reflète la bonnereproductibilité
dudosage.
L’élution àpH
2 du GMP et des2
-méthylguanyliques
neprésente
pas d’inconvénients. Eneffet, l’hydrolyse
en gua- nosines sera réalisée volontairement àl’étape
suivante. SurDEAE-cellulose,
laguanine,
s’il s’enformait, précéderait
lesméthylguanosines.
Nous n’avons constatéqu’une
seule fois une telledégradation.
Laguanine représentait
3 p. 100 des guano-sines.
c)
Lachromatographie
desguanosines
sur DEAE-cellulose enprésence
de borateest très
reproductible
etquantitative.
Lesguanosines méthylées
sontincomplètement séparées
de laguanosine ; mais,
dans tous les cas, laséparation
arbitraire en deux fractions au niveau du maximumd’absorption permet
de localiser la totalité desméthylguanosines
dans la fraction A. Pour 600D026! d’hydrolysat initial,
celle-cicorrespond
à environ 80DO. La fraction Breprésente
120DO.La concentration en borate du
tampon
d’élution a été fixée à o,oo5 M. Dans cesconditions,
lesguanosines
sont suffisammentchargées
pour êtrecaptées
sur l’échan-geur et la
quantité
desels, après évaporation,
n’influe pas sur laqualité
del’hydro- lyse
acide et du fractionnement des bases.d)
Fractionnement de laguanine et
desguanines méthylées.
La
chromatographie
desguanines
àpH élevé,
sur deséchangeurs
d’anions for- tementréticulés, présente
des difficultés dues à la faible solubilité de ces substances et à leur forte rétention sur ces résines. Pour éviter l’étalement ou le dédoublement despics,
il convient derespecter
strictement les dimensions des colonnes et de limiter à 8oDO,
laquantité, exprimée
enguanosines,
du matériel adsorbé.Comme le montre
l’expérience
de contrôle(tabl. 6),
le rendement de cette ana-lyse
est satisfaisant.Pourtant la moyenne des recouvrements obtenus au cours d’une série de
dosages
ne
dépasse
pas 92,72 p. 100(9 1
p. 100-94 p.100).
Deux raisons
permettent d’expliquer
le rendementparfois
inférieur des der-nières
étapes
de latechnique.
a)
lesmanipulations
nombreuses nécessitées par la concentration des éluats et l’éliminationcomplète
du bicarbonated’ammonium ;
b)
l’insolubilité de laguanine
àpH
c!. Nous avons constaté que celle-cipeut,
à la
température
dulaboratoire, reprécipiter,
dans desproportions parfois
très im-portantes.
Cette cause d’erreurpeut
être évitée par l’acidificationrapide (pH 2 .)
du contenu des tubes de
guanine. Après
unepremière lecture,
la valeur de la DO est contrôléequarante
huit heuresplus
tard.e)
Filtvation surgel
de dextranes.L’utilisation
duSephadex
G 25, pour lapurification
ou laséparation
de cer-taines
guanines méthylées,
s’est avérée très intéressante.Les
composés
sont élués dans un faible volume de solution saline très diluée.L’application
de cettetechnique permet
d’obtenir desspectres
UV de bonnequalité.
IV. -
Appréciation
des vésultatsLa méthode décrite
permet
de doser defaçon reproductible,
àpartir
d’une quan- tité relativement faible desARN,
laguanine
et trois de ses dérivésméthylés
ainsique
l’hypoxanthine.
Son
pouvoir
de résolution estidentique
à celui de lachromatographie
surpapier (Snm
’
rx, D UNN , 1959 ).
A la différence des méthodesproposées
par CANTONI et aL.( I
g62), BE LL ,
ToMMNSON et TENER(zg6!),
elle al’avantage
depermettre
l’estima- tion de la2 -méthylamino-6-hydroxypurine.
,La
proportion
molaire deguanine
que nous avons déterminée dans le sARN de levure estlégèrement supérieure
à celle établie par d’autres auteurs. Ces varia- tionspeuvent s’expliquer
parl’origine
différente du matérielanalysé.
Nos résultats concernant la
I -méthylguanine
et la2 -diméthylamino-6-hydroxy- purine
sontcomparables
à ceux de BELL, To>iuNsoNet TENER(Ig6!)
pour la levure et à ceux deBE R G QUIS T
et MATTHEWS( 1952 )
poui le foie delapin.
Ils diffèrent sen-siblement de ceux de CANTONIet al.
( 19 6 2 )
dans les deux cas.Les teneurs en
2 -méthylamino-6-hydroxypurine
que nous avons déterminées dans le foie delapin
sontplus
élevées que cellesrapportées
parBE RGQUIS T
et MAT-TH!WS
(1962).
I,’hypoxanthine représente environ,
tant dans la levure que dans les tissusanimaux,
0,2 p. 100des bases totales. Nous n’avons pas identifié la7 -méthylguanine.
Sans
doute,
dans ce casparticulier,
faut-il incriminer letype d’hydrolyse (I,awI,E y
et Bxoox!s,
ig63).
Nous décrirons ultérieurement le
dosage
des acides5 -méthylcytidylique,
6-mé-thylaminoadénylique
etpseudottridylique,
ainsi que celui de lathymine
ribotide,qu’il
estpossible
de réaliser sur le même échantillon de sARN.Reçu pour
publication
en mai ]()66.SUMMARY
THE MINOR CONSTITUENTS OF SOLUBLE RIBONUCLEIC ACIDS
A method of
quantitative analysis
ofmethylated
derivatives ofguanine
in crude soluble ribo- cleic acids is described.Fractionations were obtained by an ion-exchange colun chromatography
procedure
(Dowex-i, DEAE) andby
dextrangel
filtration (Sephadex G 25).From an alkaline
hydrolysate,
GMP and itsmethylated
derivatives were isolated first from CMP and AMP (nr Icolumn),
then fromuridylic
acids(UMP,
TMP, UMP, nr 2 column). At this stage,I-inethyl-GMP
was also isolated and estimated asI-methylguanine.
Guanosine and its
methylated
derivatives on theamino-group
obtainedby phosphatasic hydro- ysis
werepartly
dissociated. Theirchange
into bases and theanalysis
of the two fractions (nr q andnr
5 colums)
allowed us to obtaincomplete
isolation ofguanine, 2 -methytamino
and2 -dimethyla- mino-6-hydroxypurine.
The latter waspurified
onSephadex (nr
7column).Our results concerning s-RNAs from yeast, liver and mammary
gland
arecompared
to thosedescribed in the
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