226 : – Suites vectorielles et r´ eelles d´ efinies par une relation de r´ ecurrence u n+1 = f (u n ) . Exemples. Applications ` a la r´ esolution approch´ ee d’´ equations.
1 Suites recurrentes
1.1 D´ efinitions et premi` eres propri´ et´ es
D´efinition 1.Soit (E,d) un espace m´etrique et h∈N∗. Une suite (un)n `a valeurs dans E est dit r´ecurrente d’ordre h si il existe une application f de EH dans E tel que∀n≥h, un=f(un−1, un−2, ...unh).
Proposition 2.Si (un)n converge vers une limite l dans E et si f est continue en (l,l,...,l), alors on a l=f(l,l,...,l) (l est un point fixe de f )
Proposition 3.Soit I un intervalle de R et une fonction f de I dans R tel que I est f-stable. On consid`ere une suite(un)qui v´erifie :u0∈Iet∀n∈N, un+1=f(un).
— Si f est croissante, la suite (un) est monotone et son sens de monotonie est donn´ee par le signe de u1-u0
— Si f est d´ecroissante, la fonction f o f est croissante et les suites(u2n) (u2n+1) sont monotones, et leur sens de monotonie est oppos´e.
Exemple 4.La suite d´efinie par u0 ∈[−π 2,π
2] et un+1 = sin(un) est convergente vers 0.
1.2 Exemples de suites d’ordre 1 et d’ordre 2
Exemple 5.Suite arithm´etique :u0∈Retf(x) =x+q. Alorsun =u0+nq.
Exemple 6.Suite g´eom´etrique :u0∈Retf(x) =ax. Alorsun=u0an. On donne aussi la formule de la progression g´eom´etrique : Sn=
n
X
k=0
uk=u01−an+1
1−a →
n→+∞0 si|a|<1.
Exemple 7.Suite arithm´etico-g´eom´etrique. u0 ∈ R et f(x) = ax+b. La suite converge versl= b
1−a sia6= 1. Et la suite (un−l)n est g´eom´etrique de raison a.
Exemple 8.Suite hom´eographique
Th´eor`eme 9.Soit (un)n d´efinit par u0 et u1 donn´e, et un+2 =aun+1+bun. On pose ∆ =a2+ 4b, discriminant de l’´equation caract´eristiquer2−ar−b= 0.
— Si ∆ 6= 0, en notant r1 etr2 les solutions de l’´equation caract´eristique, on `a un=Arn1 +Br2n.
— Si ∆ = 0, en notantr= a2 la solution double de l’´equation caract´eristique, on
`
aun=rn∗(An+B).
Exemple 10 (Fibonnaci).La suite de Fibonnaci est d´efinie par F0 = 0,F1 = 1, puisFn+2=Fn+1+Fn. On a une expression pour tout n :Fn= 1
√
5((1 +√ 5 2 )n− (1−√
5 2 )n)
1.3 D´ eveloppement asymptotique et vitesse de convergence
D´efinition 11.Soit (un)n une suite convergente vers l. Quitte `a consid´erer|un−l|, on s’int´eresse `a la vitesse de convergence d’une suite (un)n positive qui tend vers 0.
— Une telle suite converge g´eom´etriquement vers 0 siun =o(kn), avec 0< k <1.
— Une telle suive converge lentement vers 0 si elle est minor´ee par une suite Cste nα avecα >0
Proposition 12.SoitPun etPvn deux s´eries `a termes g´en´eraux positifs, tel que un ∼vn.
— Si Pun converge,Pvn converge et les restes v´erifient
∞
X
k=n
uk ∼
∞
X
k=n
vk.
— SiP
un diverge,P
vndiverge et les sommes partielles v´erifient
u
X
k=0 k ∼
n
X
k=0
vk.
Application 13. Soit f une application continue d´efinie au voisinage de 0+ admettant un d´eveloppement asymptotique en 0 de la forme f(x) = x−axα+o(xα), o`u a > 0 et α > 1. Alors pour u0 >0 assez pe- tit, la suiteud´efinie parun+1=f(un)pourn∈Nv´erifieun ∼ 1
(na(α−1))α−11
. Application 14. Soit (un)n∈N la suite d´efinie par u0 ∈] − 1,+∞[ et, pour tout n ∈ N, un+1 = ln(1 +un). Alors on a le DA2 suivant : un =
2
n+2 ln(n) 3n2 +o
lnn n2
.
Application 15. un+1=sin(un)
2 Point fixe
2.1 Th´ eor` eme de point fixe et applications
Th´eor`eme 16. Soit (E,d) un espace complet et f : E → E une application k- contractante. Alors f admet un unique point fixe et toute suite d´efinie par u0 ∈ E puisun+1=f(un)converge vers ce point fixe
Remarque 17.Si frest contractante (r >0), on `a le mˆeme r´esultat.
Application 18 (Th´eor`eme de Cauchy-Lipchitz). Soit I un intervale de R, F : I×Rd. On consid`ere le probl`eme de Cauchy :
Y0(t) =F(t, Y(t)))∀t∈I
Y(0) =Y0∈I (1)
. Si l’application F est continue et localement lipschitzienne par rapport `a la seconde variable, alors il existeJ ⊂I tel qu’il existe dans J une unique solution de1.
2.2 Etude des points fixes dans le cas r´ eel d’ordre 1
Exemple 19.Faire un dessin en annexe des premiers termes d’une suite d´efinie par u0∈Ietun+1=f(un) qui converge versαpoint fixe de f. Tracer les 3 cas suivants :
>10(α)>0 et 1>0(α)<0 etf0(α)>1.
Proposition 20.Soit α un point fixe de f C1 de R dans R. Il est dit attractif si
|f0(α)|<1. Dans ce cas, il existe un intervalle I autour def(α)tel que toute suite d´efinie par u0∈I etun+1=f(un)converge vers ce point fixe.
Proposition 21. Soit α un point fixe de f C1 de R dans R. Il est dit r´epulsif si
|f0(α)>1. Dans ce cas, il n’existe pas de suite non-stationnaire d´efinie par u0 ∈I etun+1=f(un)qui converge vers ce point fixe.
Proposition 22. On suppose que αest un point fixe attractif de f C1(R,R). Dans ce cas si une suite d´efinie par r´ecurrence `a l’aide de f converge versα, on sait que la vitesse de convergence est g´eom´etrique de rapport |f0(α)|.
3 Application ` a la resolution approch´ ee d’´ equations
3.1 Recherche d’un z´ ero d’une fonction
Proposition 23.Le principe de la dichotomie. Vitesse de convergence lin´eaire.
Th´eor`eme 24(M´ethode de Newton). Soitf : [c, d]→Rde classeC2. On sup- pose que f(c) <0 < f(d) etf0(x)>0 sur [c, d]. On consid`ere la suite d´efinie par r´eccurence :x0∈[c, d],xn+1=F(xn)o`u F :t7→t− f(t)
f0(t). Alors :
— Faire un dessin en ANNEXE.
— f admet un unique z´ero sur[c, d]. Il existeα >0tel que[a−α, a+α] =Isoit F- stable et que∀x0∈[a−α, a+α] =I, la suite(xn)n converge quadratiquement vers a.
— Si de plus f00(x) > 0 sur [c, d], alors le r´esultat pr´ec´edent est valable pour I = [a, d], et de plus (xn)n est d´ecroissante (ou constante) vers a et on `a l’´equivalent :xn+1−a∼ f00(a)
2f0(a)(xn−a)2.
3.2 R´ esolution de syst` eme lin´ eaire (ALLAIRE)
D´efinition 25. — On s’int´eresse `a la r´esolution du syst`eme lin´eaireAx=b. On appelle d´ecomposition r´eguli`ere de A tout couple de matrice (M,N) avec M inversible tel queA=M−N.
— La m´ethode it´erative li´e `a cette d´ecomposition est : x0 ∈ Rn et M xk+1 = N xk+b.
— La m´ethode est dite convergente si∀x0 ∈ Rn, la suite xk converge vers une limite x. Dans ce cas, cette limite est alors solution du syst`eme Ax = b. La m´ethode est convergente si, ∀x0 ∈ Rn, rk = b−Axk converge vers 0 (ou ek =x−xk converge vers 0).
Th´eor`eme 26.Une m´ethode it´erative est convergente ⇐⇒ ρ(M−1N)<1.
Th´eor`eme 27 (M´ethodes it´eratives usuelles). — M´ethode du gradient `a pas fixe : M = Iα et N= αI −A. On a doncxk+1=xk+α(b−Axk).
— M´ethode de Jacobi :M =D la diagonale de A et N=D−A.
— M´ethode de Gauss-Seidel :M =D−E etN=F o`u -E est la partie inf´erieure stricte triangulaire de A, -F la partie sup´erieure stricte triangulaire.
Lemme 28 (In´egalit´e de Kantorovitch).Soit A∈ Sn++(R), alors ∀x∈ Rn,< Ax|x >< A−1x|x >≤ 1
4
(λmax+λmin)2 λmaxλmin
Th´eor`eme 29 (Algorithme du gradient `a pas optimal).Objectif : On veut r´esoudre le syst`eme lin´eaire de taille n :Ax=b, avec A∈Sn++(R).
— Ce syst`eme admet un unique minimum x∗. x est solution de ce syst`eme ⇐⇒ x∗ est l’unique minimum de la fonctionnelle
Φ Rn→ R
x7→ 12< Ax|x >−< b|x >
— L’algorithme suivant :x0∈Rn,r0=Ax0−b, puisxn+1=xn+αkrk, rk+1 = rk −Aαkrk, αk = ||rk[||2
< Ark|rk > fournit une suite (xk)k qui v´erifie :||xk−x∗|| ≤C(λmin−λmax
λmin+λmax)k, et qui converge donc bien vers x∗.
3.3 Recherche de valeurs propres
Th´eor`eme 30(M´ethode de la puissance).Objectif : trouver la plus grande va- leur propre en valeur absolue de A : |λ1| ≤... ≤ |λn| L’algorithme est le suivant : x0∈Rn, avec ||x0= 1puis yk =Axk+1 etxk= ||yyk
k||.
Si A est diagonalisable, avecB = (e1, ...en)une base de vecteur propre, si la valeur propreλn est simple et positive, et si le coefficient devanten dans la d´ecomposition dans la base B de x0 est non-nul, alors la m´ethode converge : xk →
k→+∞ ±en et
||yk|| →
k→+∞|λn|
Remarque 31.En appliquant la m´ethode `a la matrice A−1, on est capable de trouver la plus petite valeur propre en valeur absolue.