L’ US L’ US
Rapport
d’activité national Rapport
d’activité national
S U P P L E M E N T A U N ° 4 8 4 S U P P L E M E N T A U N ° 4 8 4
mars 97-janvier 99
mars 97-janvier 99
II
R A P P O R T D ’ A C T I V I T É
Une situation compliquée
laires académiques, « sta- tut » inventé par la gauche de 1983, connaissent la flexibilité, la mise en cause du statut, de leurs qualifi- cations. Ils sont aujourd’hui 41 000 et une grande partie d’entre eux savent ce que précarité, autoritarisme, mépris, affectations arbi- traires, veulent dire.
On pouvait donc espérerque l’on en aurait fini avec des choix dangereux comme ceux que préconisait sous le mi- nistre Bayrou, Monsieur Fau- roux, partisan du savoir mi- nimum pour tous, d’une conception très inégalitaire et médiocre de l’enseigne- ment, d’une grande autono- mie des établissements, d’une décentralisation en rup- ture avec le respect des va- leurs d’égalité, d’équité, de justice sociale, d’une gestion des personnels déconcentrée pour la placer sous la res- ponsabilité directe des chefs d’établissement. Nous avions réussi à faire tomber ce rap- port dans les oubliettes, de même que nous avions réus- si à mettre en échec l’opéra- tion référendum du président de la République qui rêvait (déjà !) par ce moyen de
« contourner les corpora- tismes des enseignants et de leurs syndicats ».
Et voilà qu’avec l’arrivée de la gauche plurielle au pou- voir,tous ces thèmes sont repris par le ministre de l’É- ducation nationale avec en prime des provocations à l’égard du corps enseignant comme nous n’en n’avions plus connues depuis 1975.
Le ministre de l’Éducation nationale reçoit pour cela les félicitations de la droite.
Qu’à cela ne tienne, il conti- nue et il se met à dos tous ceux qui font le service pu- blic de l’éducation et de la
M
ême si nous savons d’expérience qu’il ne suffit pas d’un changement de majorité pour nous trou- ver spontanément dans une situation radicalement chan- gée par rapport à celle que nous connaissions anté- rieurement, il demeure vrai que l’on pouvait légitime- ment penser que pour l’édu- cation au moins l’écoute se- rait plus favorable, d’autant que le Premier ministre, Lio- nel Jospin, a exercé pendant 4 ans la responsabilité deministre de l’Éducation na- tionale. La profession en avait plutôt gardé un bon souvenir, même si elle se souvient aussi que cela n’est pas allé sans grèves, et sans la plus grande mani- festation que nous ayons or- ganisée, le 4 mars 1989, qui a produit des effets dont nous bénéficions encore, no- tamment en matière de car- rière.
Une partie des collègues entrés dans l’enseignement massivement depuis 1989 n’ont pas connu cette ex- périence et c’est la premiè- re fois qu’ils vivent comme adultes un gouvernement de gauche.
Nos jeunes collègues titu-
recherche. On veut nous fai- re croire à sa maladresse quand ce sont ses choix qui suscitent cette impopularité record. Désormais, la ruptu- re avec les professionnels de l’éducation est si grande que naissent des collectifs pour demander sa démis- sion comme préalable.
La colère, le désaveu sont si grandsqu’à côté des actions syndicales, naît un immense mouvement qui brandit la menace d’une sanction par le vote aux prochaines élec- tions européennes et d’un renvoi de cartes d’électeurs.
Du jamais vu tout de même.
Pour le syndicat, la situation est très compliquée car le second degré est pris com- me cible prioritaire sur tous les fronts.
L’attaque est si frontale- ment exprimée, notamment sur la déconcentration du mouvement des personnels, avec une telle assurance, avec une telle violence, avec une telle mise en cause du S.n.e.s., avec une telle vo- lonté de nuire à l’image des personnels et de leur syndi- cat dans l’opinion qu’elle provoque le trouble en même temps que la colère. Il faut du temps pour faire com- prendre les raisons et les conséquences d’un tel choix parce que ce qui domine tout de même, au départ, c’est que ce n’est pas possible qu’un « ministre de la gauche nous fasse ça » ! L’idée selon laquelle, au to- tal, il n’y a pas grande diffé- rence entre les options mi- nistérielles et les idées développées par les libéraux est progressivement parta- gée ce qui accroît d’ailleurs le sentiment collectif qu’il faut donc qu’Allègre parte.
Pas facile dans ces conditions de réaliser la convergence
entre tous les avis qui s’expri- ment, pris en tenaille entre une minorité très radicale qui veut en découdre et un nombre très im- portant qui sont très mécon- tents mais qui pour autant ne s’engagent pas résolument dans l’action syndicale.
Quand on réfléchit à ce qui s’est passé, on peut sans doute se dire qu’il aurait fal- lu réagir vigoureusement par une grève dès les premiers propos sur l’absentéisme à la rentrée de 1997. C’est un reproche que nous ont fait des collègues. Peut-être ! mais encore fallait-il être as- suré d’un succès suffisant qui soit assez fort pour que l’opinion publique compren- ne que le ministre avait tort de poser les problèmes ainsi.
On ne peut pas mettre que sur le compte de la modalité retenue l’insuffisante partici- pation des personnels de
tous ordres d’enseignement à la manifestation nationale de la F.s.u. du 19 octobre, première réaction à l’ex- pression de premiers choix contestés quelques se- maines à peine après qu’ils ont été exprimés.
Les actions qui ont suivi n’ont pas été à la mesure des attaques et surtout des exigences. Ce fut le cas de la grève du 3 février 1998. La division syndicale aidant, avec un S.g.e.n. et un S.e.- F.e.n. qui n’ont de cesse de valoriser ou d’excuser com- me des maladresses, les propos du ministre parce qu’ils soutiennent en fait tous ses projets de réforme ; avec F.o. qui est absente de toutes les actions syndicales et qui refuse l’unité d’action.
Ajoutons à cela les difficultés créées par l’attitude de la direction nationale de la
Qu’est-ce qu’un rapport d’activité ?
Au lendemain de chaque congrès national a lieu l’élection au scrutin direct et secret par l’ensemble des syndiqués, des or- ganismes délibératifs, commission administrative nationale (C.a.n.) et bureau national (B.n.).
Ce rapport d’activité couvre deux années, 1997 et 1998, marquées par une période de changement politique puisqu’en juin 1997 un gouvernement de gauche plurielle a été consti- tué à l’issue des élections législatives suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République.
A la veille du congrès suivant, le secrétariat national présen- te son rapport d’activité à l’appréciation de tous les syndiqués.
Le bureau national donne son avis sur ce rapport d’activité.
Chaque section syndicale locale (S1) a l’entière responsabi- lité de l’organisation du débat, du scrutin individuel et secret et de son dépouillement.
Les sections académiques (S3) organisent avec les sections départementales (S2) la collecte des résultats, vérifient la ré- gularité du scrutin et le congrès national arrête le résultat glo- bal de cette collecte.
Conjointement est présenté et soumis à la même procédure le rapport financier présenté par les trésoriers nationaux.
Ce vote n’a rien de formel. Il est un des moments de la vie dé- mocratique du syndicat et permet à chaque syndiqué(e) de por- ter appréciation sur l’activité passée, ce qui a été obtenu ou non, ce que notre action a empêché, ce qui reste à conquérir.
Monique Vuaillat, Secrétaire générale
© MARTA NASCIMENTO/REA
III Mais, en même temps, on
ne peut expliquer l’insuffi- sante participation aux grèves du 18 et à celle du 24 septembre par la seule question du trouble ou de la
« démobilisation » qu’aurait provoqué le report.
Qui peut nier que des col- lègues ont été troubléspar l’argumentation gouverne- mentale, relayée par la pres- se, sur la déconcentration ? Qui peut ignorer que la colè- re sur les heures supplé- mentaires était loin d’être ho- mogène ? Qui n’a pas entendu, qu’après tout l’al- lègement des horaires élèves n’était pas une mauvaise cho- se dans les lycées ? Qui n’a pas perçu le trouble occa- sionné par la formulation du service des enseignants par Philippe Meirieu quand il a laissé entendre que le servi- ce serait de 15 + 4, des col- lègues n’ayant pas perçu qu’en réalité les services pou- vaient correspondre de fait à 23 heures devant élèves, sans heures supplémentaires et sans première chaire, sans compter l’augmentation du nombre d’élèves à prendre en charge de ce fait et en rai- son de la diminution du nombre des options et des volumes horaires dans cer- taines disciplines.
Le ministre veut anéantir les F.c.p.e. qui développe une
agressivité sans équivalent à l’égard des personnels et des enseignants, sans doute pour faire passer auprès des parents sa conduite d’allé- geance totale au gouverne- ment. Ce n’est pas nouveau, mais c’est dangereux car ce- la procède de la même vo- lonté que celle du ministre d’opposer les enseignants aux parents et à l’opinion.
C’est dans ce contexte que le S.n.e.s. et le S.n.e.p. déci- dent la grève pour le 10 sep- tembreet contribuent à ce que la F.s.u. la décide pour le 18 septembre ; cette grève du 10 septembre annoncée crée une pression très forte, les médias s’en emparent, les députés harcelés par les collègues et par le S.n.e.s.
montent au créneau pour que des discussions s’ouvrent. Le ministre ne peut faire autre- ment et prend de premiers engagements qui sont le signe que quelque chose bouge.
Mais il ne revient ni sur la dé- concentration, ni sur la baisse du taux des heures supplé- mentaires. Il fait pression pour que le S.n.e.s. renonce à la grève et menace de revenir sur tous ses engagements.
Le S.n.e.s. après un débat dif- ficile, tant la situation est com- pliquée, fait le choix de repor- ter la grève du 10 au 24 septembre pour maintenir la pression sur le ministre et donner aux collègues le temps de constater que, sur l’es- sentiel, le blocage demeurait et montrer en même temps qu’il prenait en compte l’amor- ce d’évolution. Tout se pas- se très vite, en 4 jours, et nous n’avons pas le temps de faire une consultation de tous les collègues dont beau- coup disent qu’ils n’ont pas compris le report du 10 et que c’était une erreur. On en dis- cute encore chaque fois que nous participons à des A.g.
des établissements. A poste- riori, certains continuent à pen- ser que le mieux aurait sans doute été de maintenir le 10 septembre.
exigences de qualité,de ga- rantie, de professionnalisme qu’ont les personnels du se- cond degré. Il a affaire à forte partie et à la veille de Noël, il est contraint d’admettre qu’il ne peut continuer à refuser toute négociation et à procéder sur tous les dossiers au passage en force comme il le maintient sur la déconcentration et les heures supplémentaires.
C’est dans ce contexte nou- veau marqué en outre par une recrudescence des interven- tions directes des collègues auprès de tous les députés, des partis de gauche, du mi- nistre lui-même qui reçoit aus- si, dit-il, plus de 400 lettres par jour, par la proximité des
échéances électorales, et aussi par le fait que ce mi- nistre s’est mis tout le mon- de à dos, des chercheurs aux personnels du ministère de l’Education en passant par les lycéens, que nous avons pu imposer une amor- ce de négociation sur plu- sieurs dossiers, dont la ré- forme des lycées.
Maintenant, nous sommes dans une situation nouvelle où quoi qu’il en dise encore, le ministre de l’Éducation n’a pas pu avoir raison des personnels du second degré et est obligé de composer avec la profession et avec le syndicat qui la représente majoritairement. ■
Laïcité
Sur le terrain de la laïcité, le S.n.e.s. est resté vigilant et actif. Ainsi, il s’est efforcé d’aider les collègues qui se sont adressés à lui pour lut- ter contre l’intrusion de forces extérieures dans l’école, politiques, reli- gieuses, patronales ou autres. Ainsi encore a-t-il engagé dans plusieurs régions des recours conten- tieux contre des aides indues aux établissements privés et a-t-il engagé, avec la F.s.u., les initiatives unitaires qui s’imposent après les nou- velles complaisances du Conseil d’État envers l’ensei- gnement privé.
Seine-Saint-Denis
L’annonce très médiatisée, le 2 mars 98, à Bobigny, par le ministre lui-même, et sans aucune concertation préalable avec les organisations syndicales, d’ « un plan de rattrapage pour la Seine-St-Denis », portant sur quelques dizaines de postes seu- lement, a suscité des réactions de colère d’autant plus vives que la mission Fortier avait fait naître bien des espoirs dans un département qui cumule toutes les difficultés sociales. Pro- gressivement, une dizaine de collèges se lançaient dans la grève.
En liaison avec l’assemblée générale des établissements du 93 et avec les autres organisations syndicales du départe- ment, le S.n.e.s. appelait à la grève le 12 mars. Un mouve- ment sans précédent s’est alors enclenché, marqué par une spectaculaire implication des parents, des jeunes et au-delà du département tout entier. Ce véritable mouvement social a su donner aux problèmes de la Seine-St-Denis toute leur dimension nationale.
Pendant plus de 2 mois, alors que le ministre s’obstinait à ne pas recevoir les représentants du mouvement, se sont suc- cédé une dizaine de temps forts (grèves à 90 % et manifesta- tions de plus de 10 000 personnes).
Le S.n.e.s., à tous les niveaux et de tout son poids, a contri- bué à la conduite d’un mouvement confronté à des questions qui se sont parfois posées de façon nouvelle : rôle du syndi- cat, rapports avec l’A.g. et les autres syndicats, articulation des « temps forts » s’adressant à tous et de la grève reconduc- tible menée par une partie des établissements, rôle de la F.s.u. et des syndicats nationaux, lien entre action et négocia- tions, élaboration des revendications, élargissement de l’ac- tion, etc.
Le S.n.e.s., au retour des vacances de printemps, prenait l’ini- tiative, au niveau national comme au niveau de la région pari- sienne, de proposer à l’ensemble des organisations syndicales des actions convergentes le 5 mai, notamment grève et mani- festation pour l’ensemble de la région parisienne.
Le 30 avril, le ministre se décidait enfin à annoncer aux repré- sentants du mouvement des mesures significatives (3 000 postes dont 800 à la rentrée 98) permettant l’amorce d’un véritable traitement prioritaire pour la Seine-St-Denis
Le S.n.e.s. contribue à ce que la vigilance demeure quant à la concrétisation des mesures annoncées.
François Labroille
Jean-Marie Maillard
Denis Paget
Pierre Toussenel
Louis Weber Les secrétaires généraux adjoints
IV
fait l’objet d’un texte de cadrage soumis à concertation. Seule l’intervention du S.n.e.s. a per- mis d’éviter que ne revienne ex- plicitement une redéfinition des champs disciplinaires visant la
« transversalité » et la polyva- lence des enseignants. Le S.n.e.s. a réussi à imposer une conception du collège qui n’en fait pas un cycle terminal comme cela était proposé dans les ver- sions initiales de la ministre. Si ces dangers sont pour l’instant écartés, le risque est grand que la consultation engagée, sans garantie de transparence dans son dépouillement, n’aboutisse à remettre en selle ces thèses extrêmement rétrogrades.
LA POLITIQUE DES ZEP Annoncée en octobre 97, la ré- flexion sur les Z.e.p. s’est concrétisée dans des forums académiques d’inégale valeur, où le S.n.e.s. n’a pas pu facile- ment s’exprimer. Ces forums ont débouché sur un colloque national à Rouen en juin 98. Là encore, il a fallu se battre pour que les organisations syndicales aient un temps de parole. Les conclusions ont été extrême- ment décevantes ; aucune me- sure concrète n’a été annoncée sinon la sortie du dispositif d’éducation prioritaire des col- lèges Z.e.p. de zone rurale et les lycées, la mise en place de pseudo contrats de réussite et la création des Réseaux visant à donner un lot de consolation à ceux qui ne seraient pas Z.e.p.
Malgré l’augmentation du nombre des indemnités, de nom- breux collèges ont été informés de leur sortie. La mobilisation lo- cale, souvent à l’initiative du LE COLLÈGE BAYROU
INCHANGÉ
Alors que l’ordre des urgences appelait des mesures immé- diates dans les collèges, les deux ministres de l’Education nationale n’ont apporté aucu- ne modification notable à la ré- forme des collèges. Aucun dis- positif d’aide aux élèves n’a été apporté en complément. Les classes pour élèves en difficul- té restent en l’état; les four- chettes horaires et les parcours diversifiés reçoivent l’aval des ministres. Pourtant, le mouve- ment de la Seine-Saint-Denis a révélé l’urgence de prendre des
mesures pour inverser la ten- dance au creusement des écarts entre les collèges et pour remettre au travail des élèves démotivés par l’échec scolaire et les problèmes familiaux et sociaux. Dans ce contexte, le S.n.e.s. a dû lutter contre les déréglementations et une ten- dance à l’uniformisation péda- gogique. Ainsi, les textes res- tent ambigus sur le maintien ou non des 4eet 3etechnolo- giques et les groupes de nou- velles technologies appliquées sont très flous.
La consultation organisée par Ségolène Royal en janvier 99 a
S.n.e.s. et des parents a néan- moins permis, dans de nombreux cas, de mettre en échec ces opé- rations technocratiques. Il n’en reste pas moins que le gouver- nement n’a pas pris la mesure des problèmes que connaissent les collèges des banlieues po- pulaires, puisque les réponses en termes de moyens pédago- giques relèvent exclusivement de redéploiements. Il continue à sous-estimer l’effort qu’il faudrait leur consentir. Les résultats ob- tenus par la Seine-Saint-Denis montrent le volume des moyens qu’il faudrait dégager.
LA REFORME DES LYCÉES
Contre toute attente, le ministre annonçait sur TF1 le 9 novembre 1997 une consultation sur les lycées, dans l’urgence, et une réforme du maillon accusé d’être
« le plus en panne du système éducatif ». Cette annonce s’ac- compagnait de nouvelles invec- tives contre les enseignants du second degré.
A toutes les étapes, le S.n.e.s. a eu le souci de dénoncer les ma- nipulations et de faire connaître ses réponses et ses propositions.
Il l’a fait en répondant systéma- tiquement à Philippe Meirieu sur le fond de la question de la « cul- ture commune », en contestant une conception uniformisante et en menant le débat de fond sur la politique éducative.
Le 6 février 98, le ministre affi- chait ses conceptions dans un article du journal Le Monde « Ce que je veux ». Il y confirmait la fin de tout effort quantitatif de sco- larisation, la thèse de « l’élève au centre », le souhait de décentra- liser fortement le système. Le
S.n.e.s. répondait dans le mê- me journal le 25 février. Il avait fait connaître les choix des per- sonnels dans l’U.s. n° 451 sur les lycées; les réponses qu’il apportait au questionnaire Mei- rieu (U.s. n° 453 et Courrier de S1 n° 5). Sans illusion sur les modes de dépouillement, le S.n.e.s. a lui-même procédé à un dépouillement des synthèses académiques (U.s. n° 462) qui faisait ressortir des débats et des positions nuancées tant de la part des élèves que des en- seignants. Personne n’a osé le contester. Il a, par ailleurs, par- ticipé aux quelques journées disciplinaires auxquelles il a pu être convié par le groupe prési- dé par Edgar Morin et diffusé des propositions sur les conte- nus qui n’ont pu être ignorées.
L’U.s. a fait connaître par deux fois et très largement les conclu- sions du colloque de Lyon et ses commentaires. Le S.n.e.s. a critiqué la conception du lycée unique présente dans le rapport Meirieu, la réduction des ambi- tions et la redéfinition du mé- tier d’enseignant, l’alourdisse- ment des tâches dont il se faisait l’apôtre. Le débat sur la culture lancé par le S.n.e.s. ame- nait Philippe Meirieu à rectifier la version finale de son rapport mais sans en tirer de consé- quences sur sa conception uni- formisante des formations.
Le ministre continuait à passer en force en court-circuitant toute consultation syndicale et en adres- sant directement aux parlemen- taires 11 principes de la réforme des lycées, révisant encore à la baisse la conception de la cultu- re « de base », réduisant les ho- raires et renvoyant au local la dé- finition du service des enseignants. Lors de l’audience accordée à la F.s.u. le 10 juillet, Claude Allègre théorisait une nou- velle fois l’idée que certaines heures d’enseignement pourraient compter pour 0,5 h de service.
Sourd aux propositions précises et écrites que nous formulions, il re- prenait l’idée que les contenus de savoirs sont en eux-mêmes porteurs de discrimination sociale.
L’annonce de l’action à la ren- trée a modifié le paysage et per- mis une suite de rencontres avec le cabinet et la D.e.s.c.o.
Politique éducative
L’AGRESSION
Dès sa conférence de presse du 24 juin 97, le ministre Allègre af- fiche des orientations éducatives préoccupantes : révision à la baisse des programmes ; opposition entre formation initiale des jeunes et formation tout au long de la vie ; rapprochement du technologique et du général, des grandes écoles et des univer- sités; charge contre l’agrégation... Les propos sur le développe- ment des technologies, sur les Z.e.p. et les problèmes de violence restent vagues et sans engagements précis. Les 5 tables rondes annoncées pour l’été (violence, programmes, rythmes et nouvelles technologies, ATOS) ne se réuniront qu’à la rentrée et ne dé- boucheront sur aucune conclusion. Le S.n.e.s. ne pourra obtenir de rencontres bilatérales sur tous ces sujets et sur ceux qu’il vou- lait discuter.
Dès juin 97 le S.n.e.s. avait remis aux ministres des notes argu- mentées qui portaient sur les problèmes urgents : nécessité d’un collectif budgétaire pour la rentrée ; besoins des zones en difficulté et notamment de la Seine-Saint-Denis qui gagnait des élèves et perdait des emplois ; moyens nécessaires à une recti- fication de la réforme des collèges (27eheure en Sixième, moyens de consolidation, abandon des fourchettes, augmentation du nombre de collèges classés en Z.e.p.) ; pour les lycées le S.n.e.s.
mettait l’accent sur les effectifs en Seconde ; il demandait une augmentation du nombre des M.i.-S.e. et la transformation de 100 000 H.s. en emplois. Aucune de ces demandes n’a été prise en considération par les ministres. L’évolution de la situation avec le mouvement du 93, le mouvement lycéen et celui des sur- veillants a montré que le ministre aurait eu tout intérêt à écou- ter les personnels.
Malgré ce contexte très défavorable, le S.n.e.s. a tout fait pour jouer, au jour le jour, son rôle en faveur des élèves et des per- sonnels : il a ainsi été possible de faire rétablir des seuils d’ef- fectifs pour les 4eA.s. et les 3ed’insertion, de préserver un cer- tain nombre de 4e et 3 technologiques avant toute décision définitive les concernant, de mener l’action pour obtenir une évaluation séparée de la spécialité en S.e.s. (réunion de 700 pro- fesseurs de S.e.s., mars et mai 97) ; il a fait modifier des projets inacceptables en matière d’épreuves artistiques au baccalau- réat . Il a mis en échec le projet d’installation d’une heure de «mo- rale civique» dispensée par les professeurs de philosophie en 1re. Le S.n.e.s. a pu contribuer à l’élaboration d’un texte important sur la définition du métier d’enseignant du second degré – référen- ce utile aujourd’hui au moment où la commission Bancel tra- vaille sur ce sujet – et a mis au point un texte intersyndical au sein de la F.s.u. (U.s. n° 439). Il a pu poursuivre son action sur les pro- grammes de 3esoumis à discussion et obtenir d’importantes améliorations souhaitées par les collègues (U.s. n° 453).
V (14, 17, 25 septembre et 1eroc-
tobre). Progressivement et mal- gré les blocages imposés par le carcan horaire du ministre, nous avons pu faire valoir une partie des conceptions du S.n.e.s.
Après une longue période sans discussions, les négociations ont pu reprendre à la veille des congés de Noël 98.
Si le résultat, pour l’instant, est encore éloigné de ce que nous voulons, il est clair que l’on s’est aussi beaucoup éloigné et du projet Meirieu et des 11 principes du ministre de juin 98. L’architecture en séries et
voies diversifiées est non seu- lement préservée mais rendue plus lisible et plus diverse (sé- rie sciences de l’ingénieur, sé- rie littéraire en 4 sous-séries, sé- rie sport, préservation du potentiel des enseignements technologiques), le nombre d’heures dédoublées et en pe- tits groupes augmente forte- ment ; les dominantes sont ren- forcées et accompagnées de travaux interdisciplinaires ; un engagement est amorcé sur les effectifs des classes; le dispo- sitif d’observatoire des pro- grammes, associant tous les
enseignants, est inscrit dans la charte. Cependant, les réduc- tions d’horaires existent aussi, aucun moyen nouveau ne per- met de concrétiser l’engage- ment sur les effectifs ; certains enseignements comme les langues vivantes sont très mal- traités. Il faut donc encore agir pour que le S.n.e.s. continue à peser. C’est le sens de la consultation entreprise.
Le mouvement lycéen a égale- ment permis de poser avec for- ce le problème du nombre d’en- seignants, des remplacements et des classes surchargées.
Mais, malgré le soutien actif du S.n.e.s., faute d’un engagement fort des collègues, il n’a pu dé- boucher sur des mesures signi- ficatives. Le ministre en a profi- té pour faire avancer certains de ses points de vue sur les programmes en proposant des allègements que nul ne deman- dait et qui posent plus de pro- blèmes qu’ils n’en résolvent. A plusieurs reprises, le S.n.e.s. a appelé les collègues à se trouver aux côtés de leurs élèves; cet appel n’a pas suffi à mobiliser la profession au niveau souhai- table pour faire sauter le verrou du gel de l’emploi public.
ÉVOLUTIONS DU MÉTIER
Le S.n.e.s. fournit un important travail de réflexion sur ces évo- lutions. Il l’a fait sous forme d’une grande enquête sur le temps de travail, sous la forme de sondages visant à mieux connaître les aspirations des professeurs et des personnels du second degré ; il anime des réflexions en profondeur sur ces évolutions. Il a organisé une sé- rie de « Rendez-vous du second degré » pour confronter points de vue des chercheurs et des enseignants : les 28-29 no- vembre 97 sur les enseigne- ments scientifiques et techno- logiques au collège ; les 30 et 31 janvier sur les Z.e.p. en pré- sence des inspecteurs généraux chargés de leur observation (il a co-animé aussi le forum F.s.u.
du 27 mai 98 ) ; le 3 décembre 97 sur l’enseignement de l’his- toire sociale ; les 13 et 14 mai 98 sur les langues vivantes.
CONTENUS ET PROGRAMMES
Le S.n.e.s. mène une réflexion permanente sur l’évolution des
disciplines et des programmes. Il établit des liens fréquents avec les associations de spécialistes (communiqués communs récents avec l’A.p.s.e.s., l’A.p.l.v., l’A.e.t., l’A.p.p.e.p.) ; rencontres avec l’A.p.m.e., l’U.d.p., l’A.p.b.g. Il intervient auprès des groupes disciplinaires et auprès du C.n.p.
Il a permis des évolutions no- tables des programmes des col- lèges et propose des évolutions que l’on trouvera résumées dans une brochure spécifique. Ces évolutions sont pilotées par des enquêtes et des stages natio- naux ou académiques réguliers, très fréquentés par les collègues.
Le S.n.e.s. est en passe d’obte- nir que le dispositf d’élaboration des programmes évolue à partir des observatoires régionaux dont notre dernier congrès avait es- quissé les contours.
Il intervient aussi vis-à-vis des parents d’élèves, par exemple sous la forme d’une brochure sur le choix des L.v. dans le sys- tème éducatif.
ENSEIGNEMENTS ARTISTIQUES
L’action est continue pour obte- nir l’alignement des services et la revalorisation de la place des arts dans le second degré : ma- nifestations académiques dans la semaine du 23 au 28 mars 98 ; rassemblement national le 1eravril devant le ministère ; car- te pétition dans le courant de ce trimestre... le S.n.e.s. ne cesse de présenter ce dossier au mi- nistère. Si les enseignements de la voie L se trouvent revalori- sés dans le projet de réforme des lycées, des menaces sé- rieuses pèsent sur les options fa- cultatives.
CPGE
Le S.n.e.s. a réussi à sauver les prépas T.b. Il agit pour la pré- servation et la démocratisation d’un potentiel d’enseignement exceptionnel, dans un contexte marqué par des attaques sans précédent contre les classes pré- paratoires. Il agit avec les asso- ciations pour mettre en échec les projets de réforme des concours et la sous-rémunéra- tion des H.s. (appel à la journée du 7 novembre ; action du 28 janvier 99).
CPE
En l’absence d’association pro- fessionnelle influente, le S.n.e.s.,
pour notre catégorie, est un lieu où s’élaborent les revendica- tions professionnelles et la ré- flexion sur notre métier. Des stages et des réunions acadé- miques où les collègues sont venus très nombreux, ont mon- tré le rôle prépondérant de notre syndicat pour les personnels d’éducation.
Les interrogations identitaires sont permanentes, en particulier dans les générations les plus jeunes dans la fonction, pour qui la réflexivité théorie-pratique a été souvent absente de leur formation. Les différents se- crétariats et les collectifs, en partant du vécu de chacun, ont permis d’affiner l’expression de nos revendications.
Si la mission Blanchet met en évidence les vélléités des chefs d’établissement de nous rame- ner vers l’équipe de direction et de remettre en question notre statut et ses circulaires d’ap- plication, les différentes au- diences auxquelles nous avons participé ont fait connaître au mi- nistère nos orientations et nos exigences.
LES ENSEIGNEMENTS TECHNOLOGIQUES ET LES STS TOUJOURS SUR LA SELLETTE
La mise à jour des contenus et la création de nouvelles séries pour le baccalauréat technolo- gique se sont poursuivies : – un baccalauréat « arts appli- qués » de la série S.t.i. a été créé par transformation du bac F12 ;
– un baccalauréat « génie op- tique » de la série S.t.i. a été créé par transformation du bac F10 B.
Les nouvelles épreuves pra- tiques des baccalauréats tech- nologiques se sont mises en place dans le sens souhaité par les personnels.
Les B.t.s. ont été rénovés pour un grand nombre d’entre eux et mis en unités pour faciliter leur acquisition par la forma- tion continue, tout en évitant le contrôle en cours de for- mation et le positionnement individuel pour la formation initiale.
Nous avons fait avancer le dos- sier de la mise en conformité des équipements de travail et de la prévention des risques d’origine électrique dans les ly- cées technologiques.
Petit historique de la réforme
17 novembre 1997 : le ministre annonce une consultation et un colloque sur les lycées. Le thème est censé porter sur la défini- tion des savoirs enseignés dans les lycées.
Le S.n.e.s. fait connaître ses propositions dans l’U.s. n° 451.
8 - 23 janvier 1998 : trois questionnaires sont diffusés auprès des établissements, des lycéens, des enseignants. Le questionnaire lycéens induit fortement les réponses autour de l’ennui et de l’archaïsme des pratiques pédagogiques. Le questionnaire en- seignant requiert des réflexions approfondies mais le temps n’est pas octroyé. Le S.n.e.s. n’a pas été consulté préalablement. Il écrit au ministre pour demander un vrai débat.
23 janvier - 18 février : les questionnaires sont dépouillés selon des critères peu transparents. Parallèlement, un comité scientifique, présidé par Edgar Morin, travaille à huis clos sans relation avec les enseignants.
18 février - 13 mars : journée des synthèses académiques avec parterre choisi, peu ou pas de temps de parole pour les organi- sations syndicales.
Avril 1998 : le S.n.e.s. publie dans l’U.s. n° 462 sa propre synthèse des questionnaires établie à partir des documents des colloques académiques. Il en ressort une image riche de propositions venant des uns et des autres, nuancée, invitant à réfléchir et poursuivre le débat. Cette synthèse n’est pas contredite.
28 - 29 avril 1998 : colloque de Lyon. Aucune synthèse précise des questionnaires n’est distribuée. Philippe Meirieu énonce 49 prin- cipes portés à la connaissance de tous les collègues par deux fois dans l’U.s. tirée à 250 000 exemplaires. Beaucoup des prin- cipes retenus n’avaient fait l’objet d’aucun questionnement.
Le ministère n’engage aucune discussion avec le S.n.e.s. malgré de multiples demandes.
Juin 1998 : le ministre fait connaître les 11 principes qu’il retient du rapport Meirieu (texte dans l’U.s. n° 469 du 6 juillet). Il valori- se la culture de base et les savoir-faire, laisse dans l’ombre les structures, ramène les horaires à 26 h et 30 h et renvoie au lo- cal la redéfinition des services.
1er7 juillet : les commissions des affaires culturelles des deux as- semblées sont saisies des 11 principes.
10 juillet : le ministre reçoit enfin la F.s.u., annonce que le cadre horaire est non négociable et qu’il n’y aura aucune négociation sur le service des enseignants. S’ils veulent encadrer le travail des élèves, ils feront 2 h de présence pour 1 h. Le S.n.e.s. remet des propositions écrites.
Le S.n.e.s. saisit les parlementaires de ses critiques.
Fin août - début septembre : plusieurs séances de discussions entre le S.n.e.s., la D.e.s.c.o. et le cabinet, essentiellement sur la Seconde, interrompue par le ministre à la suite de la grève du 24 septembre.
Mi-décembre : reprise des discussions entre le S.n.e.s. et le mi- nistère (voir U.s. n° 482). Le projet soumis à concertation est sou- mis par le S.n.e.s. aux collègues en vue de le faire évoluer.
VI
Nous avons obtenu le retrait des projets de décrets qui ag- gravaient le service des per- sonnels dans les sections d’ap- prentissage : ce sont les décrets de 50 qui constituent dans ce cas la base réglemen- taire.
Lors de la consultation sur les ly- cées nous avons critiqué la fa- çon dont les enseignements technologiques étaient réduits à de simples spécialisations sans rapport avec la « culture com- mune ». Nous avons fait alors des propositions pour amélio- rer les contenus de la voie tech- nologique (U.s. n° 451 du 6.12.97).
Dans les propos du ministre les enseignements technolo- giques ont été tour à tour qua- lifiés « d’erreur historique » et
« d’enseignements remar- quables ». Mais le rapport Mei- rieu faisait pratiquement dis-
RECRUTEMENT Listes complémentaires Dans un contexte de gel de l’emploi public, le S.n.e.s. n’a pu que limiter la baisse des postes aux concours des ses- sions 98 et 99 (pétitions, ré- unions dans les facs avec les candidats, etc.). Nos interven- tions répétées aboutissent ce- pendant au maintien des recru- tements de C.p.e. et au doublement des recrutements de C.o.-psy.
De plus, deux années de suite nous avons été confrontés à la mise en cause des listes com- plémentaires. Avec les candi- dats, les actions ont permis de déboucher.
Sur les deux dernières ses- sions, nous avons obtenu, tous concours confondus, le recru- tement de 896 collègues sur listes complémentaires.
Session 97 :seule organisa- tion syndicale à mener une ac- tion conjointe avec le « collectif des reçus-collés », nous avons obtenu du ministre qu’il revien- ne sur son refus initial de re- courir aux listes complémen- taires dressées par les jurys et qu’il prenne en compte les be- soins en remplacement non cou- verts. Résultat : 478 affecta- tions en stage.
Session 98 :nous avons été à l’initiative d’une intervention in- tersyndicale auprès du ministre pour dénoncer la quasi-absence – délibérée – de listes complé- mentaires et lui demander d’or- ganiser de nouvelles délibéra- tions des jurys en vue de dresser des listes complémen- taires permettant, à tout le moins, de compenser les dé- sistements et les postes non pourvus. Après maints épi- sodes, nous avons obtenu sa- tisfaction pour un certain nombre de sections des concours externes. Résultat : 418 recrutements supplémen- taires.
Elections I.u.f.m. A travers ses syndicats nationaux, la F.s.u.
maintient sa position d’organi- sation la plus représentative dans les C.a. des I.u.f.m., en re-
Formation continue des adultes
Un contexte difficile
Les Gréta, tout comme l’ensemble des organismes de forma- tion, ont subi de plein fouet la crise économique et la dérégle- mentation du travail. Leurs activités et leurs chiffres d’affaire ont régressé de 15 à 20 % se traduisant par des pertes mas- sives d’emploi ; une précarisation accrue et un mal vivre profes- sionnel généralisé (aléas des renouvellements des contrats, emplois éclatés, amputations des revenus, et alourdissement des conditions de service…).
Une intervention syndicale soutenue
En dépit de ce contexte défavorable, le secteur formation conti- nue des adultes a organisé à la fois l’information et la défense des personnels étayant son action par des propositions constructives pour assurer l’avenir des Gréta. Elle s’est appuyée notamment sur :
– la publication régulière de « 4 pages » ; – la réalisation d’un mémo ;
– l’organisation de stages nationaux et de réunions acadé- miques et nationales ; (exemple : réunions des coordonnateurs- animateurs de la mission d’insertion).
Le S.n.e.s. est également intervenu auprès des services minis- tériels (D.e.s.c.o. A8) et a défendu ses propositions dans les tables rondes présidées par le recteur Gaudemar.
Défi pour aujourd’hui : construire un véritable service public de la formation continue des adultes
Les perspectives qui se dessinent sur l’avenir des Gréta et de leurs personnels (rapport Blachère, propositions du recteur Marois, tables rondes Gaudemar, etc.) exigent une plus forte mobilisation des personnels et des syndicats de la F.s.u.
La question de fond demeure : faut-il considérer, comme c’est le cas aujourd’hui, que les besoins de formation professionnelle continue relèvent d’un « marché concurrentiel » ou justifient, comme nous le pensons, d’un service public ayant les moyens de son fonctionnement en assurant à tous les citoyens une éga- lité d’accès et une formation continue de qualité.
C’est le débat qui est au cœur de nos revendications tant en ce qui concerne la situation des personnels que les structures et les missions des Gréta.
cueillant une voix sur deux et en occupant la majorité absolue des sièges.
Concours et qualification des enseignants et C.p.e.Des pro- jets ont circulé visant à « pro- fessionnaliser » nos métiers au détriment des connaissances à acquérir et à « régler » les pro- blèmes d’accueil en première année d’I.u.f.m. : épreuves d’ad- missibilité dès après la licence
(en septembre) ou après quelques mois de préparation (en janvier), épreuves d’admis- sion très professionnalisées en juin après six mois de stages et de formation à l’I.u.f.m. Année de stage alourdie avec un stage en responsabilité de 9 heures.
Nos pressions ont empêché la concrétisation de ces projets réducteurs au cours des tables rondes sur les I.u.f.m. prépa- rées avec les cinq syndicats de la F.s.u. concernés mais la vi- gilance s’impose.
FORMATION CONTINUE DES PERSONNELS
Les attaques contre la forma- tion continue se sont aggravées : baisse des moyens, refus de départ en stage, annulation des congés de formation. Le S.n.e.s.
est intervenu auprès du minis- tère, a organisé la protestation.
Recrutement,
formation, emploi, déconcentration
Agrégation interne
Nos interventions auprès des présidents de jury ont abouti à la reconduction des programmes pour la session 99 dont les épreuves d’admissibilité (en février 99) suivaient de trois mois et demi les épreuves d’admission de la session 98.
C.o.-psy
Durant les deux années écoulées, les C.o.-psy et D.c.i.o. ont eu à faire face à une importante dégradation des conditions d’exer- cice et à une volonté constante de minorer leur rôle et leur spé- cificité.
Ainsi, les derniers textes initiés par le M.e.n. sur la prévention des abus sexuels, la mise en place des comités santé-citoyen- neté, les classes relais, etc. ont systématiquement ignoré leur apport.
Ce sont les interventions constantes du secrétariat de catégo- rie et des camarades des autres secteurs qui ont pu permettre leur prise en compte dans un certain nombre de cas.
De même, c’est cette vigilance et les actions auxquelles nous avons appelé les collègues en direction du ministère (questions écrites, fax, pétitions, action nationale en mai 98) qui ont finale- ment abouti au doublement des recrutements pour le bud- get 99 et à l’obtention des indemnités zone sensible.
Mais de nombreux problèmes demeurent (hors-classe, reclasse- ment, création de postes, formation) et exigent une mobilisa- tion forte des personnels. C’est pourquoi le secrétariat a pro- posé une action nationale le 28 janvier.
La catégorie a également eu à cœur de nouer des relations étroites avec les autres psychologues de l’éducation en déve- loppant des interventions communes envers le M.e.n., les parents, les élus.
Dans le cadre de la F.s.u., une réflexion commune a été enga- gée entre tous les membres de l’équipe éducative et les syndi- cats qui les représentent (S.n.u.a.s.e.n., S.n.i.c.s., S.u.m.e.n...) afin de défendre leur formation, leur qualification et leur spécifi- cité.
paraître la voie technologique comme voie spécifique de réus- site et ses contenus n’étaient pas considérés aussi forma- teurs que les autres.
Nous avons largement alerté sur les dangers que le rapport Meirieu faisait courir à la voie technologique et à la voie pro- fessionnelle.
Finalement une table ronde a été mise en place présidée par le recteur Marois pour faire des propositions sur ces deux voies.
Nous y avons activement parti- cipé en développant nos pro- positions. Le rapport final a re- pris une partie de nos propositions et a heureusement corrigé l’effet négatif du rapport Meirieu.
Le projet ministériel de réforme des lycées consolide finalement la voie technologique des ly- cées et propose des améliora- tions.