HAL Id: jpa-00237846
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Submitted on 1 Jan 1881
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Antoine Pacinotti
To cite this version:
Antoine Pacinotti. Description d’une petite machine électromagnétique. J. Phys. Theor. Appl., 1881,
10 (1), pp.461-467. �10.1051/jphystap:0188100100046100�. �jpa-00237846�
461
DESCRIPTION D’UNE PETITE MACHINE
ÉLECTROMAGNÉTIQUE;
PAR M. LE Dr ANTOINE PACINOTTI.
[Traduit du -zvizovo Cimento, t. XIX; juin iS6i (1)].
En
1860, j’eus
l’occasion de faireconstruire,
pour le cabinet dePhysique technologique
de l’Université dePise,
un modèle demachine
électromagnétique imaginé
par moi et queje
vaisdécrire. Mon but
spécial
est de faire connaître un électro-aimant d’un genreparticulier employé
dans la construction de cettemachine et
qui,
outre la nouveautéqu’il présente,
meparaît
propre à donnerplus
derégularité
et uneplus grande
constance d’actionaux machines
électromagnétiques.
Je crois aussi sa forme convenable pour recueillir la somme des courants induits dans une machine
magnéto-électrique.
Dans les électro-aimants
ordinaires,
mêmelorsqu’ils
sont munisd’un conlmutateur, les
pôles magnétiques apparaissent toujours
dans les mêmes
positions,
et au contraire dans l’électro-aimant queje
vaisdécrire,
en se servant du commutateurqui
v estjoint,
onpeut
faire mouvoir lespôles
dans le fer soumis à l’aimantation.La forme du fer de cet électro-aimant est celle d’un anneau
circulaire. Pour concevoir facilement l’allure et le mode d’action du courant
magnétisant,
supposons que l’on enroule sur notreanneau de fer un fil de cuivre couvert de
soie,
etqu’après
avoirformé la
première couche,
au lieu de continuer l’Iléllce au-dessus( 1 ) En reproduisant l’article de M. Pacinotti, ainsi que la planche qui l’accompa- gnait dans le Nuovo CÙnento, nous avons pensé être agréables aux lecteurs de ce
Journal, l’Exposition d’électricité ayant appelé l’attention sur les machines de M. Pa-
cinotti, jusqu’alors connues en France seulement par une Communication de l’auteur à l’Institut (Comptes rendus des séances de 1’-4cadéniie des Scimuces, t. LXXIII, p. 543 ; 1871). Il nous a paru intéressant de montrer combien lU. Pacinotti avait été près de
trouver les principes qui, exposés et mis en pratique par MM. ’Yi1ùe, Wheatstone
et Werner Siemens, ont produit les machines dynamo-électriques en usage aujour- d’hui, et de voir énoncer à cette date la réversibilité des moteurs magnéto-élec- triques.
Quant aux progrès qu’il restait à réaliser ponr arriver aux machines Gramme, celles-ci sont trop connues de nos lecteurs pour que nous insistions.
(La Rédaction.)
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:0188100100046100
de celle
déjà construite,
on ferme le filmétallique
soudantentre eux les deux bouts
qui
se trouvent I’unprès
del’autrc ;
nous aurons ainsi recouvert l’anneau de fer d’une
spirale
ferméeisolée,
tournant dans une direction invariable.A
présent,
si nous faisonscommuniquer
avec les deuxpôles
dela
pile
deuxpoints
du filmétallique
de cette hélice assezéloignés
l’un de
l’autre,
le courant, se divisant en deuxparties, parcourt
l’hélice sur les deuxportions comprises
entre les deuxpoints
decommunication,
et les directionsqu’il prend
sont telles que le fer devra s’aimanter enprésentant
lespôles
auxpoints
où sontappli- qués
lesrhéophores.
Laligne
droitequi joint
les deuxpôles
pourraêtre
appelée
axemagnétique ;
enchangeant
lespoints
de commu-nication avec la
pile,
nous pourrons Ramener àprendr e
uneposition quelconque
transversale à lafigure
du fer de l’élecuro-aimant,
queje désignerai
pour cela sous le nom d’électro-aimant transvensccl. Les deuxpièces
d’électro-aimantplacées
des deuxcôtés de la droite
(qui
dans notre machine est undiamètre) passant
par les rhéophores
de lapile peuvent
être considérées comme deux électro-aimants courbesopposés,
avec lespôles
de même nom enregard.
Pour construire sur ce
principe
l’électr o-aiman t aveclequel j’ai disposé
la machineélectromagnétique, j’ai pris
un anneau defer
tourné, qui, à
lafaçon
d’une roue,possède
seize dentségales,
comme
l’indique
lafig.
i de laplanche ci-jointe.
Cet anneau estporté
parquatre
rayons de laiton a, a, cc, cz(fig. 4) qui
le réunissentavec l’ahbre de la machine. Dans l’intervalle
qui
existe entre lesdents
successives, j’enroule
du fil de cuivr e couvert desoie,
tenu enplace
par depetits prismes triangulaires
en bois m(fig.
i et4),
etj’obtiens
ainsi entre les dents de cette roue de fer autant debobines
électrodynamiques
bien isoléesqu’il y
a de dents.Dans toutes ces
bobines,
dontquelques-unes
sontindiquées
par1 dans les
.P’g.
3et 4
etqui
sont formées chacune de neufcouches,
le fil est enroulé dans le même sens. Deux bobines
quelconques
consécutives sont
séparées
par une dent en fer de la roue et par lemorceau de bois
triangulaire
mm( fig.
i ,3, 4).
Enpassant
de l’une des bobines à lasuivante, j’ai
laissé libre un étrier de fil de cuivre en le fixant au morceau de bois nlqui sépare
les deux bo-bines. Sur l’arbre M
(fig. 3)
de la roue ainsiconstruite, j’ai porté
463
tous les étriers de communication entre les bobines
successives,
enles faisant passer par ordre dans des trous
pratiqués
dans un collierde bois tourné sur le même axe,
et j’ai
relié chacun d’eux au com- mutateur c(fig. 3), également
tourné sur le même axe. Ce com-mutateur consiste en un
cylindre
de bois dur avec deux ordres d’entailles autour des extrémités de la surfacecylindrique,
danslesquelles
sont enchâssées seizepièces
delaiton,
dont huit en dessus et autant endessous;
lespremières
alternent avec lessecondes ;
toutes sontconcentriques
avec lecylindre
debois,
un peu débordantes etséparées
par le bois. Dans lafis.
c du commu-tateur, les
pièces
de laiton sontindiquées
par les espaces obscurs.Chacune de ces
pièces
de laiton est soudée avec l’étrier corres-pondant
deconjonction
entre deux bobines. Ainsi toutes les bobinescommuniquent
entreelles;
chacuneest jointe
à la suivante par un conducteur dont faitpartie
une despièces
en laiton du com-mutateur; il en résulte
qu’en plaçant
en communication avec lespôles
d’unepile
deux de cespièces
au moyen de deux roulettesmétalliques k, k(jig. 3
et4)
le courant sebifurquera,
suivra l’hélicede l’un et de l’autre côté des
points desquels partent
les étriersjoints
auxpièces communicantes,
et lespôles
seproduiront
dansle fer du cercle
près
de cespoints N,
S(fig. 4).
Lespôles
d’unélectro-aimant fixe
A,
Bagissent
sur lespôles N,
S de l’électro-aimant transversal et en déterminent la rotation autour de son axe
MM, puisque
dans l’électro-aimanttransversal,
mêmelorsqu’il
est en mouvement, les
pôles
seproduisent toujours
dans les mêmespositions N,
S auxpoints
de communication avec lapile.
Cet électro-aimant
fixe,
ainsi que le montrent lesfig.
3 et4,
estcomposé
de deuxcylindres
de ferA, B,
réunis ensemble par une barre de ferFF,
àlaquelle
l’un d’eux est vissé et l’autre est serré par une AïsG, qui
luipermet
d’êtredéplacé
pourapprocher
ouéloigner
lespôles
descylindres A,
B des dents de la roue. Lecourant de la
pile pénétrant par le rhéophore
fi passe à la commu-nication
1,
et par elle à la roulettek, parcourt
toutes les hélices de la rouerevient,
par la communication 1 et le fil de cuivresuivant,
passer dans la bobine ducylindre A,
ensuite dans la bo- bine ducylindre B,
et enfin se rend au deuxièmerhéophore
fi.J’ai trouvé fort
avantageux d’adjoindre
aux deuxpôles
del’électro-aimant fixe deux armatures en fer doux
AAA, BBB,
dontchacune embrasse peu
plus
d’un tiers de laroue
qui
constitue l’électro-aimanttransversal; j’ai placé
ces arma-tures assez
près
des dents del’anneau,
et les ai réunies entre elles pardes brides de laiton
EE, FF,
comme on le voit dans laprojection
horizontale
(fig. 4).
Ces armatures n’ont pas été dessinées dans laprojection
verticale de la machine(fis. 3),
afin de nepoint
cacher les
petites
bobines et les dents de la roue. La machineagit
encorelorsque
le courant passe seulement par l’électro-aimantcirculaire,
mais avec moins de force quelorsque
le courant passeaussi à travers l’électro-aimant fixe.
Je fis
quelques expériences
en mesurant le travailmécanique produit
par la machine et la consommationcorrespondante
de lapile.
Ces
expériences
étaient exécutées de la manière suivante : L’arbre de la machineportait
unepoulie QQ (fig. 3),
la-quelle
était entourée par un cordonqui
se fermait autour d’uneroue assez
grande,
et la faisait tournerlorsque
la machine était en mouvement. L’arbre de cette roue étaithorizontal,
et unecorde,
en s’enroulant sur
lui,
élevait unpoids.
A l’une des extrémités de l’arbre horizontal de la roue était un freinchargé
de manière que lepoids qui
devait être soulevé fût presque suffisant pour mettrcen mouvement tout
l’appareil,
ycompris
la machine électro-magnétique
non parcourue par le courant. Dans cettedisposition, lorsque
la machinefonctionne,
le travailmécanique
absorbé par les frottements estégal
à celuiemployé
pour soulever lepoids,
et, pour avoir le travail total
accompli par la machine,
il suffisait de doubler celui donné par leproduit
dupoids
par la hauteur à la-quelle
il avait été soulevé. On évaluait ainsi le travailmécanique produit,
et, pour connaître la consommationqui
avait lieu dans lapile
pourproduire
un teltravail,
oninterposait
dans le circuitdu courant un voltamètre à sulfate de
cuivre,
dont les électrodesde cuivre étaient
pesées
avant etaprès
l’essai.Je vais
rapporter
ici les nombres ohtenus dans une de cesexpériences
avec lapetite
machine à électro-aimant trans-versal. Cette
machine,
dont la roue avaitom, 13
dediamètre,
était mise en mouvement par une
pile
formée dequatre petits couples Bunsen,
et soulevait à8m,66 un poids
de3kg,2812, compris
la résistance de frottement : ainsi elle fit un travail
mécanique
de465
28kgm,415.
Le cuivrepositif
du voltamètreéprouva
une perte depoids
de0gr, 224,
le cuivrenégatif augmenta
de obr,235 ; ainsi,
enmoyennes, on
peut
dire que le travailchimique
dans le voltamètrefut
ogr,
229. Cenombre, multiplié
par lerapport
despoids équi-
valents du zinc et du
cuivre,
et par le nombre des éléments de lapile,
a donné lepoids
du zincdissous, ûgr, 951. Donc,
pourproduire
1 kgm de travailmécanique,
ont été dissous dans lapile ogr,o33
de zinc. Dans une autreexpérience,
danslaquelle
la
pile
avait 5éléments,
la consommation fut de ogr, 036 pourchaque kilogrammètre.
Bien que ces résultats neplacent
pas lenouveau modèle
beaucoup
au-dessus des autrespetites
machinesélectromagnétiques,
toutefois ils ne me semblent pasmauvais,
euégard
à ce que dans ce modèle existent desimperfections
deconstruction
qu’on
ne retrouve pas d’ordinaire dans les machinesanalogues; parmi
cesimperfections, je
doissignaler
que le commu- tateur a les contacts en laiton et n’est pas bien centré surl’axe,
de manière que toutes les communications ne s’effectuent pas
toujours
suffisamment bien.Les raisons
qui
me déterminèrcnt à construire lapetite
machineélectromagnétique
avec Lesystème déjà indiqué
furent lessuivantes : io Dans la
disposition adoptée,
le courant ne cessejamais
de circuler dans lesbobines,
et la machine se meut nonpar une série
d’impulsions plus
ou moinsrapides,
mais par uncouple
de forcesqui agissent
continuellement. 2° La construction circulaire de l’électro-aimant tournant, et aussi le mode d’aiman.- tation successiveprécédemment indiqué,
contribuent à donner de larégularité
au mouvement et à rendre minime laperte
de force vive résultant de chocs ou de frottements. 3° Dans cettemachine,
on ne cherche pas à obtenir que l’aimantation et la désaimantation du fer des électro-aimants s’effectuent
instantanément,
chose àlaquelle s’opposent
et les extra-courantset
la force coercitive delaquelle
on nepeut dépouiller complètement
lefer;
mais ondemande seulement que
chaque portion
du ferexposée toujours
aux forces
électrodynamiques
convenables passe successivement par les diversdegrés d’aimantation. -/10
Les armatures étendues de l’électro-aimantfixe,
en entourant un nombre assezgrand
desdents de la roue
magnétique,
continuent àagir
tantqu’ils
con-servent du
magnétisme.
5° Lesétincelles, quoique augmentées
ennombre,
sontbeaucoup
diminuéesintensité, puisque
l’on n’apas de forts extra-courants à l’ouverture du
circuit, lequel peut
rester
toujours fermé;
on aseulement, pendant
que la machinefonctionne,
un courant induit continudirigé
en sensopposé
ducourant de la
pile.
Je pense que la valeur de ce modèle est encore accrue par ce que l’on
peut
transformer avec facilité la machineélectromagnétique
en machine
magnéto-électrique
avec courant continu.Si,
au lieude l’électro-aimant AB
(fig. 3, 4),
ondisposait
un aimant perma-nent et
qu’on
fît tourner l’électro-aimanttransversal,
on aurait en effet une machinemagnéto-électrique qui
donnerait un courantinduit
continu, dirigé toujours
dans le même sens. Pour trouverla
position
laplus opportune
des sondes sur le commutateur, afin de recueillir le courantinduit,
remarquons que, par l’influence exercée sur l’électro-aimantmobile,
lespôles opposés
se formentaux extrémités d’un diamètre en
présence
despôles
de l’aimant fixe. Cespôles N,
S conservent leurposition
fixe mêmelorsque
l’électro-aimant transversal tourne sur son axe ; de là pour le
magnétisme,
etconséquemment
encore pour les courantsinduits,
nous pourrons admettre ou supposer que les bobines de fil de cuivre .tournent en restant enfilées sur l’aimant circulaire immo- bile. Pour étudier les courants induits
qui
sedéveloppent
dansde telles
bobines,
considérons l’une d’elles dans les différentesposi-
tions
qu’elle peut prendre.
En allant dupôle
N(fig. 2)
vers lepôle S,
ondéveloppera
dans la bobine un courantdirigé
dans unsens
jusqu’à
cequ’elle
soit arrivée aupoint
milieu a ; àpartir
dece
point,
le courantprendra
une directionopposée; ensuite,
enallant de S vers
N,
les courants conserveront la même directionqu’ils
avaient entre a et Sjuscju’au point
milieub ; après b
ils serenverseront de nouveau,
reprenant
la directionqu’ils
avaient entreN et a.
Actuellement, puisque
toutes les bobinescommuniquent
entre
elles,
les forces électromotrices s’additionneront et donne-ront dans le courant total la
disposition indiquée
par les flèches dansla fig.
2, et, pour recueillir le courant lespositions
lesplus
opportunes
des sondes serontb ;
c’est-à-direqu’il
fautplacer
les collecteurs sur le commutateur à
angle
droit avec laligne correspondant
à lamagnétisation
de l’électro-aimant. Le courantinduit
change
de direction enchangeant
le sens de la rotation. Et467
pour lecompte
du commutateur, si les collecteurs sont sur le diamètrecorrespondant
à laligne
despôles,
ils ne recueillentaucun courant , en
quelque façon
que l’électro-aimant tourne ; àpartir
de cetteposition,
en lesdéplaçant
d’uncôté,
on a uncourant en sens contraire de celui
qu’on
obtiendrait en lesdéplaçant
de l’autre côté.Pour
développer un
courantinduitpar
la machine ainsicons truite,
j’approchais
de la rouemagnétique
lespôles opposés
de deuxaimants
permanents,
oumagnétisais
avec un courant l’électro-aimant fixe
qu’on y
trouve, et faisais tourner sur son axe l’électro- aimant transversal. Aussi bien dans lapremière
que dans la deuxièmemanière, j’obtenais
un courantinduit,
continuellementdirigé
dans le même sens,qui
montrait à une boussole une notableintensité,
mêmeaprès
avoir traversé de l’eau acidulée par l’acidesulfurique
ou du sulfate de cuivre.Quoique
la deuxième manièrene soit pas
convenable,
il reste facile deplacer
un aimantpermanent,
et alors la machinemagnéto-électrique
résultanteaura
l’avantage
de donner des courants induits tousdirigés
dansJe même sens et
additionnés,
sansqu’il
soit besoin d’autre méca- nisme pour lesséparer
de ceuxqui
leur sontopposés,
ou pour les faireconspirer.
Et ce modèle montre bien comment la machineélectromagnétique
estopposée
à la machinemagnéto-électrique, puisque
dans lapremière,
en faisant passer dans les bobines lecourant
électrique
introduit par lesrhéophores,
on obtenait lemouvement de la roue et le travail
mécanique,
et que dans laseconde,
enemployant
un travailmécanique
pour faire tournerla roue, on obtient par l’aimant