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Ondes de pression osmotique dans les solutions de 3He dans 4He superfluide

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00207265

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Submitted on 1 Jan 1972

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Ondes de pression osmotique dans les solutions de 3He dans 4He superfluide

A. Ghozlan

To cite this version:

A. Ghozlan. Ondes de pression osmotique dans les solutions de 3He dans 4He superfluide. Journal de

Physique, 1972, 33 (4), pp.415-422. �10.1051/jphys:01972003304041500�. �jpa-00207265�

(2)

ONDES DE PRESSION OSMOTIQUE

DANS LES SOLUTIONS DE 3He DANS 4He SUPERFLUIDE

A. GHOZLAN

Institut d’Electronique Fondamentale (*)

Bâtiment 220, Université Paris-XI, 91, Orsay (Reçu le 21 juillet 1971, révisé le 4 novembre 1971)

Résumé.

2014

Une formule thermodynamique simple reliant la pression fontaine, la pression

osmo-

tique et la vitesse du second

son

est établie. Elle permet d’interpréter simplement le second

son

dans les mélanges 3He-He II

comme une

onde correspondant à la pression osmotique totale du

fluide normal par rapport

au

superfluide. Elle est appliquée à la détermination de la vitesse du second

son

à toute température, à l’aide de l’expression récente de la pression osmotique de Varo-

quaux. La comparaison effectuée entre les valeurs expérimentales de la vitesse du second

son

et celles qui sont déduites des

mesures

de pression osmotique conduit à

un

bon accord entre

ces

deux ensembles de

mesures.

Abstract.

2014

We have derived

a

simple thermodynamical relationship between second sound

velocity in 3He-4He mixtures and osmotic and fountain pressures. This connection shows the intimate nature of second sound in helium mixtures

as a wave

of osmotic pressure of the whole normal fluid with respect to the superfluid component. With the help of this formula, and the expres- sion for the osmotic pressure given by Varoquaux

we

compute the second sound velocity : the

results found

are

valid at all temperatures.

The two sets of measurements for

03C0

and uII

are

found to be in good agreement.

Classification : Physics Abstracts

14.00, 14.70

1. Introduction.

-

L’influence des atomes de 3He dissous dans un bain de 4He superfluide a fait l’objet

de nombreuses investigations tant sur le plan théorique qu’expérimental. La première étude théorique a été

faite par Pomeranchuk [1], qui a déterminé la valeur

de la vitesse du second son en supposant que le

système de ’He en solution dans He II se comportait

comme un gaz de quasi-particules libres, de masse

M03 participant au mouvement du fluide normal.

Dans la région de température semi-classique (T > TF), l’expression de la vitesse du second son

est la suivante :

où TF désigne la température de Fermi du système

de 3He. Lorsque celui-ci est complètement dégénéré,

la vitesse du second son est reliée à la vitesse de Fermi des quasi-particules par la formule :

Les formules (1) et (2) peuvent s’interpréter en

considérant le second son comme une onde de pres-

sion osmotique, ce qui mène au concept de

«

son osmotique ».

La pression osmotique exercée par les atomes de soluté au sein de la solution est définie comme la différence de pression existant, à l’équilibre thermo- dynamique, entre un bain de solvant pur et un mélange 3He-He II séparés entre eux par une superfuite, qui

réalise ainsi une membrane semi-perméable ne lais-

sant passer que le superfluide. On peut induire des variations de pression osmotique en faisant varier

la température ou la concentration de la solution.

Ces perturbations se propagent, comme nous allons le montrer, en régime ondulatoire et non en régime

de diffusion : l’onde correspondante est le son osmo- tique.

Si nous calculons la vitesse d’une telle onde dans

une solution suffisamment diluée pour que la pression osmotique [2] y soit égale à la pression d’un gaz idéal à la même température et ayant la même densité numérique que le système des quasi-particules de

’He dissoutes dans He II, en utilisant les formules

habituelles pour la pression d’un gaz de Fermi [3],

nous trouvons une expression de la vitesse du second

son qui se réduit aux formules (1) et (2) dans les

limites où le système obéit à la statistique de Boltzmann

(T > 7p) d’une part, et est complètement dégénéré (T

=

0) d’autre part.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01972003304041500

(3)

416

Un calcul rigoureux va nous permettre de géné-

raliser l’interprétation précédente en utilisant une

relation thermodynamique exacte entre la pression osmotique, la pression fontaine et la vitesse du second

son. Cette formule inclut tous les effets dus à la

compressibilité, à la dilatation thermique, aux exci-

tations de He4 et aux interactions entre quasi-par-

ticules de He3. Dans la première partie de ce travail,

nous donnerons une démonstration complète de

cette formule, qui a été publiée ailleurs [6]. Dans la

seconde partie, nous étudierons quelques-unes de

ses applications ; nous déterminerons d’abord la vitesse du second son à toute température en fonction

du potentiel d’interaction effectif entre les quasi- particules de He3, en utilisant l’expression de la pression osmotique obtenue par Varoquaux [4],

dans le cadre d’un modèle thermodynamique simple

des solutions qu’il a récemment traité ; les expressions

de la vitesse du second son résultant d’une part de

ce calcul, d’autre part du calcul effectué par Throop

et van Leeuwen [16] seront analysées à la fin de ce

paragraphe ; nous achèverons ce travail par une

comparaison des valeurs expérimentales de la vitesse du second son [5] à celles que nous avons déduites des mesures de pression osmotique [7], [8] et qui

conduit à un bon accord entre les deux ensembles de valeurs.

2. Etablissement de la formule thermodynamique

reliant la pression fontaine, la pression osmotique et la

vitesse du second son dans les solutions diluées. - Nous commençons ce paragraphe par un bref exposé

des résultats de London [9] et Khalatnikov [10] qui

ont généralisé, dans le cadre d’un traitement appro- fondi de l’hydrodynamique des solutions diluées, les expressions de la vitesse du second son obtenues par Pomeranchuk.

1) HYDRODYNAMIQUE DES SOLUTIONS DILUÉES.

-

L’utilisation d’une approximation linéaire dans les équations de l’hydrodynamique conduit au système

suivant :

Le système (3) est valable tant que :

-

le modèle à deux fluides garde un sens ;

-

les effets de diffusion sont négligeables.

Les notations utilisées ici sont celles de London [9] :

p, o, et pn désignent respectivement les densités massiques de la solution, du superfluide et du fluide normal ; P représente la pression régnant au sein de

la solution ; s, w, 714 caractérisent l’entropie de la solution, sa concentration en He3 et le potentiel

chimique partiel de He4 ; ces grandeurs sont exprimées

par gramme de solution et sont affectées d’une barre

lorsqu’elles sont relatives à l’un des deux composants.

Les deux premières équations de (3) correspondent

à des ondes de densité et d’entropie couplées ; le

troisième mode est un mode dégénéré qui ne se propage pas et qui traduit la conservation dans le temps de la quantité s/w : cette dernière relation nous a amenés

à considérer le second son comme une onde de

pression localement adiabatique.

Pour résoudre le système (3), nous adoptons le jeu de variables P, s, w et nous éliminons w en utilisant la relation (3c), ce qui nous conduit aux deux équa-

tions suivantes :

ul et U2 correspondent aux vitesses des deux ondes en

l’absence de couplage (e

=

0) et sont données par les expressions suivantes :

8 est une quantité petite et représente le coefficient de couplage entre les deux ondes :

L’expression de la vitesse du second son obtenue par Khalatnikov en résolvant le système (4) est la

suivante :

L’expression (6) ne se prête guère à une interpré-

tation physique simple du phénomène de second son

dans les mélanges 3He-He II. Nous allons établir maintenant la formule que nous avons présentée

dans l’introduction et exposer l’interprétation phy- sique du second son qui en résulte directement.

2) RELATION ENTRE LA PRESSION OSMOTIQUE, LA PRESSION FONTAINE ET LA VITESSE DU SECOND SON.

-

a) Considérons d’abord le lien qui peut exister entre la pression fontaine PF et la pression du gaz d’exci-

tations de 4He. Dans un bain de 4He dont la tempé-

rature est inférieure à la température de transition TÀ,

le fluide normal est constitué des excitations élémen-

taires de 4He, phonons et rotons. Leur nombre n’est

pas fixé ; il est déterminé par la condition de minimum

(4)

de l’énergie libre du gaz d’excitations :F. Le potentiel chimique des phonons et des rotons est donc nul.

La pression du gaz ne dépend, dans ce cas particulier,

que de la température et sa différentielle a la forme suivante :

Q désigne le volume occupé par le gaz et S son entropie.

Cette relation est identique à la relation de définition de la pression fontaine formulée par London [11].

Nous pouvons alors en conclure que la pression fon-

taine est égale à la pression du gaz d’excitations de 4He et apparaît ainsi comme la pression osmotique

du fluide normal en solution dans le superfluide.

L’effet thermomécanique peut alors être simplement interprété comme une perturbation de l’équilibre osmotique du système constitué de deux récipients

de He II reliés par une superfuite, lorsqu’on introduit

une différence de température entre les deux bains.

b) Considérons maintenant le système physique

suivant :

Trois récipients A, B, C sont reliés entre eux par des superfuites. Le premier, A, contient de l’He II pur, au zéro absolu et à une certaine pression Po ;

le second contient de l’He II pur à une certaine tem-

pérature T et le troisième est rempli d’un mélange He3-He II de concentration w et à la même tempé-

rature T. Lorsque le système est à l’équilibre les pressions Po, PB et Pc sont telles que :

Donc la pression Pc, qui correspond à la pression hydrostatique réelle au-dessus de la solution, est reliée directement à la pression fontaine et à la pression osmotique

n

par la relation :

Po a une signification physique simple : c’est la pression régnant au sein d’un bain de He II au zéro absolu séparé par une superfuite d’un récipient

contenant une solution de He3 dans He II, et avec lequel il se trouve en équilibre ; Po est ainsi une fonc-

tion des trois variables P, T, w, caractérisant la pres- sion au sein de la solution, sa température et sa

concentration en He 3

La condition d’équilibre du système des trois

bocaux A, B, C, requiert l’égalité des potentiels chi-

miques du solvant de part et d’autre des superfuites ;

elle se traduit donc par la relation :

Cette relation nous permet d’une part, d’avoir une définition précise de Po, d’autre part, d’exprimer dJl4

sous la forme d’une différentielle totale exacte :

dfi4 = W40(PO) dPo , (8)

où W40 désigne le volume massique de He4 pur, au zéro absolu et sous la pression Po.

Lorsque l’équilibre mécanique du système est réalisé, c’est-à-dire lorsque la pression extérieure P est constante, la condition dïl4

=

0, traduisant l’équilibre thermodynamique du système est équi-

valente à la condition d(PF + n)

=

0 : la somme de

la pression fontaine et de la pression osmotique,

n

=

PF + n, reste donc constante dans un récipient

contenant une solution de He3 dans He II, lorsque

la température et la concentration varient au sein du mélange.

Nous pouvons remplacer dp4 par sa valeur (8)

dans le système (3) dont la résolution conduit aux

deux équations suivantes :

où nous avons posé :

81 et B2 correspondent aux coefficients de couplage

entre les deux ondes de densité et d’entropie et sont

donnés par les expressions :

Nous montrerons au paragraphe suivant que ces coefficients sont égaux (81

=

E2

=

e) ; nous pouvons alors résoudre le système (9a), (9b) de la même manière

que Khalatnikov [10] et obtenir l’expression de la

vitesse du second son sous la forme suivante :

où p *

=

m* n3 dans la limite des basses températures (excitations de 4He négligées T 0,5 °K) et des

solutions diluées.

(5)

418

Le second son apparaît ainsi comme une onde de pression osmotique totale (les quantités n et PF

interviennent ensemble) du fluide normal par rapport

au superfluide. La présence du terme s/w peut être expliquée de la façon suivante : une petite variation

de concentration en He3 de la solution entraîne une

variation de la concentration du fluide normal (et

par suite de la pression fontaine) ; ceci revient à considérer que les excitations de He4 et les quasi-par-

ticules de He3 se déplacent simultanément de telle

façon que l’entropie par quasi-particule de He3 reste

constante. Le processus à s/w constant correspond

donc à un régime de collisions fortes entre les phonons

et les quasi-particules de ’He et ceci ne sera plus

nécessairement vrai à basse température ; mais

dans ce cas, les excitations de 4He disparaissant, la pression fontaine devient négligeable et seule reste

la pression osmotique.

3. Discussion de la formule établie. Valeur de la vitesse du second son au voisinage du zéro absolu.

-

La discussion de la formule établie portera sur les deux points suivants :

1) comparer les formules (10b) et (11a) (ou 11 b)

aux expressions correspondantes (5b) et (5c), obtenues

par London et montrer qu’elles leur sont strictement

équivalentes ; 2) étudier la valeur limite de la formule établie lorsque la concentration en ’He de la solution tend vers zéro.

Considérons d’abord les expressions (lla) et (llb)

des coefficients de couplage 81

1

et 82. L’identification des coefficients 81 et 8 (5c) est obtenue aisément en introduisant dans (Ila) l’expression de l’entropie partielle s, de 4He en fonction de l’entropie de la

solution s [9] :

Pour montrer l’égalité des coefficients E2 et e,

nous utilisons les relations de définition des volumes

partiels de ’He et 4He [9], ainsi que la transformation des dérivées d’une grandeur thermodynamique par la méthode des jacobiens [3] ; nous obtenons alors les expressions suivantes :

L’identification des coefficients 82 et

8

résulte direc- tement de l’introduction de ces relations dans la formule ( 11 b).

Il nous reste à montrer l’équivalence des expressions (5b) et (10b) ; développons cette dernière en trans-

formant les dérivées partielles par la méthode utilisée

précédemment ; puis utilisons la relation de Gibbs- Duhem [12] entre les potentiels chimiques partiels Ji3

et Ji4, après avoir remplacé dJï4 par son expression (8)

en fonction de la pression fontaine et de la pression osmotique. Nous obtenons ainsi une stricte identité

entre nos résultats et ceux de London.

Nous pouvons également comparer la formule (12)

à l’expression de la vitesse du second son (6) obtenue

par Khalatnikov ; l’équivalence est moins stricte que dans le cas précédent dans la mesure la dilatation

thermique, négligée par Khalatnikov dans la déter- mination de la vitesse du second son, figure dans l’expression du coefficient de couplage que nous

avons obtenue.

Nous étudions maintenant le cas particulier où la

concentration en ’He de la solution tend vers zéro.

Dans cette limite, seule la pression fontaine contribue à la valeur de 7r, ce qui permet d’exprimer u2 sous

la forme :

Nous obtenons ainsi la valeur de la vitesse du second son dans He II pur [11] ] (lorsque le système

des équations de l’hydrodynamique est résolu en adoptant le jeu de variables P, s).

La valeur de la vitesse du second son au voisinage

du zéro absolu a fait l’objet de la conjecture suivante

formulée par Mc Clintock et coll. [18] : en raison du

fait que la contribution (17b) due à l’influence des interactions attractives croît avec la concentration

plus rapidement que la contribution « cinétique » d’origine répulsive (17a), la vitesse du second son

devait s’annuler pour des concentrations suffisamment élevées.

Il nous a paru possible et intéressant de discuter cette suggestion en étudiant les conséquences d’une

valeur nulle de la vitesse du second son à travers nos

formules thermodynamiques ; il résulte de l’appli-

cation de (12) qu’une telle valeur de uii entraîne une valeur nulle de (èif/èw)p,s/w (en effet le coefficient

est toujours positif et garde toujours une valeur finie). Nous pouvons décomposer

en une somme de deux termes

dont le second est toujours positif et dont le premier

va être discuté.

Nous pouvons réécrire ce terme, à l’aide de la

relation (8)

(6)

Le signe de (OJi4/0W)P,T est fixé par la condition de stabilité du système :

Donc (on/ow)p,s/w a toujours une valeur positive.

Nous en déduisons que la vitesse du second son d’une solution diluée ne peut s’annuler lorsque la tempé-

rature tend vers zéro.

4. Détermination de la vitesse du second son à toute

température.

-

Nous allons maintenant appliquer

la formule (12) à l’évaluation de la vitesse du second son, lorsque la pression osmotique est connue. Nous utiliserons, pour effectuer ce calcul, l’expression de

la pression osmotique de Varoquaux [4] et nous

comparerons, à la fin de ce paragraphe, la valeur de la vitesse du second son résultant de ce calcul à celle

qui a été obtenue par Throop et van Leeuwen [16].

La pression osmotique est donnée à toute tempé-

rature par l’expression suivante [4] :

n

est ici une fonction de la température, de la pression et de la densité numérique n3 des 3He en

solution dans le superfluide ; dans la limite des tem-

pératures semi-classiques, le développement corres- pondant en puissances de n3 est limité aux termes du second ordre inclus ; pour des valeurs de la tem-

pérature où le système de 3He est dégénéré, le déve- loppement est limité aux termes d’ordre 8/3 inclus.

Vo et Yl caractérisent le potentiel d’interaction

entre les quasi-particules de 3He, qui dans le modèle

traité par Varoquaux [4], est un potentiel local à

deux corps, analogue au potentiel de Mac Millan [14]

où le développement en puissances de q est limité

aux termes du second ordre :

Vo et Fi ont été évalués par BBP [13] et Mac

Millan [14] ; q c est le moment caractéristique défini

par la relation: qc

=

m4 s, s désignant la vitesse du

son dans He4 pur. En supposant que l’utilisation d’un potentiel local et de l’approximation de Hartree- Fock est encore valable à haute température, les propriétés thermodynamiques du mélange sont alors

déterminées et exprimées à l’aide des fonctions de

Fermi F(il) ; la fonction CP(r¡) est définie par la rela- tion :

il est reliée au potentiel chimique y, du système de fermions libres de masse m * par la formule :

kB TII = y, ; rot correspond au volume d’excès des atomes de He3 dissous dans le superfluide : Wl = W3 - W4 ~ aw40, où

a

est le paramètre de

BBP [13]. L’expression (13) de la pression osmotique appelle toutefois la remarque suivante : la principale

différence entre (13) et les expressions précédentes

de la pression osmotique [2], [15] réside dans la correction introduite par le volume d’excès des atomes de He3 ; en effet, cette correction est ici

proportionnelle à rot’ tandis que le terme correspon- dant dans les expressions des références [2] et [15]

est proportionnel à rot + w40. Ce point est discuté

en détail dans la référence [4].

1) EXPRESSION DE LA VITESSE DU SECOND SON A TOUTE

TEMPÉRATURE.

-

Pour pouvoir utiliser l’expres-

sion (13) de la pression osmotique dans l’évaluation de la vitesse du second son, nous transformons la formule (Sb) en y introduisant le système de variables

(T, P, n3), ce qui conduit à la relation suivante :

Cv représente la chaleur spécifique volumique de la

solution et le terme de couplage est de la forme :

Nous pouvons remarquer en considérant (13), que la

pression osmotique

n

est une somme de deux termes

dont le premier nF correspond à la contribution du gaz idéal de fermions de masse m * et dont le second ni rend compte des effets dus aux interactions effectives

entre les quasi-particules et au volume d’excès des atomes de He3 en solution. La même remarque est

applicable à la chaleur spécifique Cv [4] ; nous inclu-

rons toutefois dans Cv; la contribution due aux excita- tions de He4 (qui est très petite devant CvF). Nous

pouvons alors décomposer (14) en une somme de deux termes traduisant l’influence de ces deux contri- butions après avoir tenu compte du fait que C; et ni sont d’un ordre supérieur en n3 par rapport aux gran- deurs correspondantes pour le système idéal de Fermi

et les expressions que nous obtenons sont les suivantes :

(7)

420

Ces formules sont valables à toute température ; les différentes grandeurs thermodynamiques sont exprimées simplement à l’aide des fonctions de Fermi :

_ _

_

où nous avons posé

Il est loisible de négliger, pour des valeurs de la tempé-

rature inférieures à 0,5 OK la contribution des excita- tions de He4 à la densité du fluide normal et d’écrire le terme qui se trouve en facteur dans les dcux expres- sions (15a) et (1 Sb) sous la forme :

où J1Fo désigne le potentiel chimique d’un système de

fermions libres, de masse m*, au zéro absolu :

Dans la limite où la température est nulle, l’expres-

sion (17a) se réduit à la vitesse du second son donnée par Pomeranchuk (2) :

Nous allons considérer maintenant les limites de ces

formules lorsque le système de He3 est dégénéré d’une part et lorsqu’il se comporte comme un gaz de Boltz-

mann d’autre part.

2) LIMITE BASSE TEMPÉRATURE (T « TF).

-

Pour

déterminer uÎ F et u2IIi, nous utilisons les développe-

ments des fonctions de Fermi à basse température [4]

en puissances de (PFIKT) et les expressions que nous obtenons sont les suivantes :

Dans l’évaluation de l’expression (17b) nous avons négligé l’influence simultanée des contributions dues

aux interactions, à la température et au volume d’excès ;

les expressions ainsi obtenues sont valables jusqu’à

l’ordre 5/3 en n3 (inclus).

3) LIMITE HAUTE TEMPÉRATURE (T > TF).

-

Nous

utilisons les développements des fonctions de Fermi

en puissances de exp(PF/kT) pour déterminer U;IF

et u Î, et les expressions que nous obtenons sont les

suivantes :

(8)

La formule (18a) permet de retrouver le résultat de Pomeranchuk (L), lorsque l’on néglige la contribution des excitations de He4 (ainsi que les interactions). Les expressions de la vitesse du second son que nous

venons d’obtenir sont valables jusqu’au premier ordre

en n3.

Un calcul analogue a été effectué par Throop et

van Leeuwen [16] ; ce calcul appelle les remarques suivantes : 1) Le modèle thermodynamique utilisé par

ces auteurs diffère de celui qui a servi de cadre à notre calcul ; les expressions du potentiel chimique 93 d’un atome de He3 en solution, à partir desquelles est

construite la thermodynamique des mélanges, ne sont

pas les mêmes dans les deux cas ; 2) La présence des

excitations de He4 est négligée dans le modèle de ces

auteurs ; 3) Le potentiel d’interaction effectif choisi par eux pour déterminer la vitesse du second son est celui d’Ebner [15]. Les résultats de ce travail et de la

référence [16] ne sont donc pas directement compa- rables. Fondés tous deux sur des modèles thermo-

dynamiques cohérents mais différents, ils ne sont valables qu’à l’intérieur de leurs modèles respectifs ou

en vue d’une comparaison expérimentale : toutefois ils

ne conduisent pas aux mêmes valeurs du potentiel

d’interaction [4].

5. Comparaison des valeurs expérimentales de la

vitesse du second son aux valeurs déduites des mesures

de pression osmotique.

-

La vitesse du second son

d’une solution diluée de He3 dans He II, de concentra- tion molaire x

=

0,35 %, a été mesurée par Sandi- ford et Fairbank [5] pour des valeurs de la tempéra-

ture T telles que 0,25 oK T 0,6 OK et pour diffé- rentes valeurs de la pression P (on peut remarquer que pour cette valeur de la concentration la tempéra-

ture se trouve donc dans la région semi-classique

T ii TF).

Nous avons comparé les valeurs de Un mesurées à

pression nulle et la pression P

=

20 atm à celles que

nous avons déduites des mesures récentes de pression osmotique [7], [8].

Pour pouvoir utiliser ces mesures, nous devons d’abord exprimer la vitesse du second son dans le sys- tème de variables T, P, x, où x désigne la concentration molaire en He3 ; la formule (12) se met alors sous la

forme :

C, S, S4 désignent respectivement la chaleur spécifique

de la solution, son entropie, l’entropie partielle de He4

et sont exprimées par mole de solution.

1) COMPARAISON DES VALEURS MESURÉES ET CALCU-

LÉES DE Un A PRESSION NULLE.

-

Les mesures de pres-

sion osmotique utilisées dans ce premier cas sont celles

de la référence [8]. La pression osmotique peut être considérée comme une somme de deux termes :

Le premier correspond à la pression d’un gaz idéal de fermions de masse m* et inclut la correction due à la différence de volume partiel ; son expression dans le

domaine de température semi-classique est la sui-

vante [4] :

L’interprétation récente des mesures de pression osmotique effectuée par Varoquaux [4] lui a permis de

déterminer la pression osmotique d’interaction n;,

en soustrayant 1tF à la valeur mesurée ; il obtient :

Nous pouvons alors calculer u2j à l’aide de la for- mule (19), en utilisant pour valeurs de PF, C, S, S4o

celles qui ont été tabulées par Radebaugh [20]. La comparaison entre les valeurs de la vitesse du second

son mesurées et calculées conduit à un bon accord entre les deux ensembles de mesures :

La valeur de la masse effective M0*3 déduite de cette

comparaison est la suivante :

Ainsi une analyse plus fine que celle de Sandiford et

Fairbank, rendue possible par la connaissance de la

pression osmotique et de la formule (12), abaisse la

valeur de la masse effective (m*03S.F

=

2,54 M3). Cepen- dant, la valeur 2,47 que nous proposons est encore plus

élevée que celles déduites des mesures de chaleur

spécifique [21] (mÓ3

=

2,35 m3) et des mesures de pression osmotique [8]-[4] (mÓ3

=

2,28 m3) effectuées

à basse température.

2) COMPARAISON DES VALEURS MESURÉES ET CAL-

CULÉES DE Un A LA PRESSION P

=

20 atm.

-

Les

mesures de pression osmotique utilisées ici sont celles de la référence [7]. Les valeurs tabulées de 7r, T, x,

nous ont permis d’évaluer Uli, et U2li

i

n représente

donc la pression osmotique mesurée.

(9)

422

Nous avons pu alors calculer Un et comparer les valeurs obtenues aux valeurs expérimentales de Sandi-

ford et Fairbank. Nous trouvons un bon accord entre les deux ensembles de mesures, avec une valeur de la

masse effective de : MO*3

=

2,9 m3.

Ainsi l’utilisation combinée des mesures de pression osmotique et de vitesse du second son, à l’aide de la formule (12) permet une détermination précise de la

masse effective [17].

6. Conclusion.

-

Nous espérons avoir montré que le phénomène de second son dans les solutions diluées

peut être interprété physiquement de manière simple :

il apparaît comme une onde de propagation de la pres- sion osmotique totale du fluide normal ; la formule qui

relie ces deux grandeurs nous a permis d’évaluer la

vitesse du second son à partir de l’expression osmo- tique à toute température, établie par Varoquaux [4].

Pour savoir ce que devient la vitesse du second son à la séparation de phase, il convient de reprendre la

démonstration de la formule (12) lorsque les deux phases coexistent, en tenant compte de la discontinuité de la dérivée du potentiel chimique M3 résultant de

l’apparition de la phase concentrée.

Il peut se produire, dans certaines conditions, cela a d’ailleurs été observé par Landau et coll. [19], un

retard au changement de phase pour des solutions

dont la concentration est comprise entre 6 % et 16 % ;

nous suggérons que les mesures de la vitesse du second

son au voisinage de la courbe de séparation de phase

constituent un moyen très sensible de détection de l’existence de ces états métastables. Les applications de

la formule (12) sont donc nombreuses et importantes.

Remerciements.

-

Je suis reconnaissante à E. Varo- quaux d’avoir suggéré ce travail et de m’avoir aidée de nombreux conseils et d’explications. Je remercie

J. Seiden pour de fréquents et fructueux entretiens

Bibliographie [1 ] POMERANCHUK (I.), Zh. Eksp. Teor. Fiz., 1949, 19, 1.

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La valeur de la

masse

effective obtenue récemment par cette méthode par Brubaker et coll. m03

=

2,28 m3, est inférieure à celle que

nous avons

trouvée ; les valeurs expérimentales de la vitesse du second

son

sont ici supérieures à celles de Sandiford et Fairbank,

ce

qui explique

en

partie la différence entre les deux valeurs de la

masse

effective m03.

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Références

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