RESUMES
ABSTRACTS
HOMMES ET FEMMES AU TELEPHONE
Un chassé-croisé entre les sexes Carole-Anne Rivière
Cet article se propose d’analyser les rapports entre les sexes à travers les contacts téléphoniques. Il met en évidence une séparation forte des mondes masculin et féminin dans les conversations entre les sexes concernant les relations affinitaires et une sélection évidente du sexe féminin comme figure privilégiée des relations familiales. Ces rapports sociaux sexuées reflètent en partie l’existence d’un enracinement culturel et moral des habitudes sexuées participant à la construction dès le plus jeune âge de l’identité sexuelle, ainsi que le prolongement à travers le lien téléphonique des règles de convenance gouvernant les relations entre les sexes qui ont cours dans l’espace privé du domicile.
MEN AND WOMEN ON THE PHONE
A study of relations between the sexes Carole-Anne Rivière
This article analyses relations between the sexes through telephone contact.
It highlights a strong gender difference in conversations between the sexes and an obvious selection of women as the main figure of family relations.
These gendered social relations partly reflect cultural and moral entrenchment of gendered habits which contribute to the construction of a sexual identity from early childhood. They also show the perpetuation, through the telephone, of social rules governing relations between the sexes in the private domestic sphere.
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IDENTITES MASCULINES ET FEMININES AU TELEPHONE
Des rôles, des pratiques et des perceptions contrastéesGérard Claisse
Toutes les recherches sur l’utilisation domestique du téléphone l’attestent : les femmes téléphonent plus et plus longtemps que les hommes. Question de disponibilité, de compétences, d’habitudes, d’aspirations, de rôles sociaux, d’opportunités, de contraintes... de multiples hypothèses sont avancées pour expliquer cette singulière féminité du téléphone domestique. A travers l’analyse de la différenciation des rôles, des pratiques et des perceptions téléphoniques, l’auteur interprète cette singulière féminité comme la résultante paradoxale d’une même construction sociale : l’inclination à téléphoner et l’injonction de téléphoner.
MASCULIN AND FEMININ IDENTITIES ON THE TELEPHONE
Contrasting roles, practices and perceptionsGérard Claisse
All research on domestic use of the telephone shows that women spend more time on the phone than men. Many hypotheses are put forward to explain this predominantly female use: availability, skills, habits, aspirations, social roles, opportunities, constraints, etc. Through an analysis of the differentiation of roles, practices and perceptions relating to the telephone, the author interprets this characteristic as the paradoxical result of a single social construction: the inclination to use the telephone and the order to do so.
L’EVASION AMICALE
L’usage du téléphone familial par les adolescents Olivier Martin et François de Singly
L’article analyse les usages du téléphone « familiale » chez les lycéens (à
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dans la conquête de l’autonomie des jeunes vivant au domicile familial, permettrait d’être à la fois membre fidèle à sa famille, tout en entretenant à l’extérieur du cadre domestique des relations d’amitié, voire d’amour. Une analyse typologique des formes de vie sociale des jeunes (saisies à partir des niveaux de sociabilité amicale, de proximité à la vie familiale, de contrôle parental, de la fréquence des sorties, et de l’existence d’un ou d’une petite amie) permet de distinguer quatre types d’usage du téléphone : les jeunes qui utilisent peu le téléphone car leur vie sociale extérieure à la vie familiale est restreinte ; ceux qui sont casaniers par choix et qui utilisent le téléphone pour maintenir quelques liens, rares mais précieux, avec le ou la petite amie par exemple ; ceux qui l’utilisent beaucoup car cet instrument leur permet de maintenir et de prolonger le contact avec leurs copains et copines avec lesquelles ils partagent beaucoup de choses et de temps ; et enfin ceux qui, étant davantage surveillés dans leurs faits et gestes par leurs parents, utilisent beaucoup le téléphone car il leur permet de s’évader et de sortir de l’emprise familiale. Ces quatre types existent aussi bien chez les filles que chez les garçons, même si la nature des conversations téléphoniques, leur durée et leur fréquence diffèrent selon le sexe.
GETTING OUT WITH FRIENDS
Teenage use of the family telephoneOlivier Martin and François de Singly
This article draws on a questionnaire survey to analyse uses of the "family"
telephone by high-school students. The family phone is an important medium in the acquisition of autonomy by young people still living with their parents. It enables them to be faithful members of the family while maintaining friendships and even romantic relationships outside the family context. A typological analysis of forms of social life among young people reveals four main types of use of the telephone: young people who use the phone little because they have a very limited social life; those who like staying at home and use the phone for special relationships; those who use it a lot to maintain and prolong contact with friends; and, lastly, those who use the phone to escape family control. These four types exist among both girls and boys, even if the nature, length and frequency of conversations differ, depending on gender.
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IDENTITES SEXUEES ET STATUTS INTERACTIONNELS
De la gestion de la durée des conversations téléphoniquesZbigniew Smoreda et Christian Licoppe
Nous analysons dans cet article les données issues d’une enquête réalisée en 1996 auprès de 312 foyers. Les données sur la durée des conversations téléphoniques entre hommes et femmes sont examinées pour montrer un effet de sexe original qui consiste en une claire influence du sexe de la personne appelée sur la durée des échanges téléphoniques. Nous proposons une explication selon laquelle, pendant une conversation téléphonique (analysée comme comparable à une visite), les règles de politesse, la distribution des rôles appelant-appelé et les statuts de sexe des interlocuteurs influencent le déroulement de l’interaction à travers l’ajustement par appelant de son style d’interaction au sexe de l’appelé.
GENDERED IDENTITIES AND INTERACTIONAL STATUS
On control of the length of telephone conversationsZbigniew Smoreda and Christian Licoppe
This article analyses the results of a survey in 1996 on 312 households. Data on the length of telephone conversations between men and women are examined to show an original gendered effect consisting of a distinct influence of the gender of the person called on the length of the conversation. The authors’ explanation is that during a telephone conversation (analysed as comparable to a visit), rules of courtesy, the distribution of caller-called roles, and the interlocutors’ gender all influence the course of the interaction. Callers tend to adjust the style of interaction in relation to the gender of the person they are calling.
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EFFICACITE FEMININE, COUTOISIE MASCULINE
La durée inégale des appels téléphoniques mixtesRuth Akers-Porrini
C’est à l’aide d’un corpus d’appels téléphoniques que la question de la durée inégale des conversations mixtes est explorée : les appels effectués par un homme à une femme sont plus longs que ceux effectués par une femme à un homme. C’est pendant les ouvertures que l’on détecte la différence la plus marquée entre le comportement des appelants masculins et féminins, différence qui ne s’applique que dans le cas d’appels mixtes et qui se révèle être la clé de ce qui se passe ultérieurement dans la conversation.
FEMALE EFFICIENCY, MALE COURTESY
Differences in the length of telephone conversations between men and women
Ruth Akers-Porrini
This article draws on a corpus of telephone calls in order to investigate differences in the length of mixed conversations. Calls made by men to women are longer than those from women to men. It is during the opening of the conversation that the most marked difference can be detected between the behaviour of men and women callers. This difference, which applies to mixed calls only, is the key to the rest of the conversation.
GENRE, LANGAGE ET CONVERSATION
Candance West et Don H. Zimmerman
Cet article passe en revue quelques-unes des questions auxquelles sont confrontés les chercheurs dans l’étude du rapport entre genre et conversation. Hommes et femmes parlent-ils différemment ? Comment le genre affecte-t-il la manière dont on parle aux hommes et aux femmes, et dont on parle des hommes et des femmes ? Quelle est la relation entre la structure d’une langue et son usage par l’un et l’autre sexes ? Il n’est pas
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possible de passer en revue toutes les réponses qui ont été apportées à de telles questions (voir la bibliographie jointe). L’article montre comment les analyses du discours nous aident à mieux comprendre les relations entre hommes et femmes dans la vie sociale.
GENDER, LANGUAGE AND DISCOURSE
Candance West and Don H. Zimmerman
This article reviews some of the questions facing researchers who study the relationship between gender and conversation. Do men and women talk differently? How does gender affect the way people talk to men and women and about men and women? What is the relationship between the structure of a language and its use by men or women? So many answers to these questions have been put forward that it is impossible to consider them all (see attached bibliography). This article shows how discourse analysis helps to understand relations between men and women in social life.
LE GENRE SELON L’ETHNOMETHODOLOGIE ET L’ANALYSE DE CONVERSATION
David Francis et Stephen Hester
Les personnes qui parlent au téléphone peuvent, sans exception, être correctement décrites comme étant de sexe « masculin ou féminin ». Quelle portée ce genre de fait a-t-il sur l’organisation sociale de la conversation téléphonique ? Plus spécifiquement, quelles en sont les implications pour une analyse de la conversation téléphonique qui cherche à respecter les principes analytiques de l’ethnométhodologie et de l’analyse de conversation ? Pour répondre à ces questions, il faut en poser d’autres, préalables et plus générales, telles que : qu’est-ce qui est en jeu dans une approche ethnométhodologique du phénomène du genre dans la vie sociale, et quelle approche du rapport entre genre et conversation va avec les engagements méthodologiques de l’analyse de conversation ?
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ETHNOMETHODOLOGY, CONVERSATION ANALYSIS AND GENDER
David Francis and Stephen Hester
People who talk on the telephone can, without exception, correctly be described as "male" or "female". What impact does this type of fact have on the social organisation of a telephone conversation? More specifically, what are its implications for an analysis of telephone conversations that tries to respect the analytical principles of ethnomethodology and conversation analysis? To answer these questions other, more general, questions need to be asked first, such as: what are the implications of an ethnomethodological approach to gender in social life, and what approach to the relationship between gender and conversation is in keeping with the methodology of conversation analysis?
LIENS SOCIAUX ET REGULATIONS DOMESTIQUES DANS L’USAGE DU TELEPHONE
De l’analyse quantitative de la durée des conversations à l’examen des interactions
Christian Licoppe et Zbigniew Smoreda
Ce travail repose au départ sur l’exploitation des factures téléphoniques détaillées pour construire des représentations agrégées, « objectives », des liens dont les échanges téléphoniques constituent le support concret. Nous avons travaillé de manière très ciblée sur le téléphone et les durées de conversation téléphonique. Nous tentons de montrer et interpréter diverses variations dans les durées moyennes de conversation téléphonique, comme l’accroissement de durée des interactions téléphoniques pour les correspondants distants et le rôle accru du téléphone dans la gestion des relations affectives distantes, ainsi que les effets de pression et de régulation dans la sphère domestique en soirée, les jours de semaine, et dans la manière dont ils se répercutent sur les usages du téléphone dans cette période. Nous montrons également comment le fait de se rencontrer plus ou moins fréquemment influe positivement sur la fréquence et la durée des échanges
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téléphoniques, ce qui appelle à un traitement des relations interpersonnelles qui suivent les acteurs au fil de toutes leurs modalités d’interaction.
SOCIAL RELATIONS AND DOMESTIC REGULATION IN USE OF THE TELEPHONE
From quantitative analysis of the length of conversations to examination of interactions
Christian Licoppe et Zbigniew Smoreda
This study draws on itemized telephone accounts to construct aggregated,
"objective", representations of relations in which telephone calls are a concrete medium. The authors have narrowed their focus to the telephone and the length of calls. Their aim is to show and interpret diverse variations in the average length of telephone conversations, such as the increase in the length of telephone interaction with distant interlocutors, the growing role of the telephone in distant emotional relationships and, lastly, the effects of pressure and regulation in the domestic sphere on week-day evenings and the way this impacts on use of the telephone during that period. They also show how the frequency of meetings has a positive influence on the frequency and length of telephone calls. This shows the need to study interpersonal relations through all modalities of interaction between the actors.