A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
M ICHEL B ELLIART
Actions localement libres de groupes non unimodulaires
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 6
esérie, tome 7, n
o1 (1998), p. 35-50
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1998_6_7_1_35_0>
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- 35 -
Actions localement libres de groupes
non
unimodulaires(*)
MICHEL
BELLIART(1)
Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse Vol. VII, n° 1, 1998
RÉSUMÉ. - Soit G ’un groupe de Lie connexe. Nous supposons qu’il existe 03B3 6 G tel que les valeurs propres ... , de vérifient la condition Vi, j , ( a 1 . . ~ > Alors, nous montrons que toute action localement libre et isochore de classe C’" (r >
2)
de Gsur une variété fermée de dimension
dim(G)
+ 1 est Cr-conjuguée à uneaction homogène. Nous donnons aussi une preuve simple de la stabilité différentiable des feuilletages formés par les orbites de ~ pour r > 3.
ABSTRACT. - Let G be a connected Lie group. Assuming that there
is G such that the eigenvalues a1, ... , of
Ad(y)
fulfill the condition V i, j, , IQ1.’. Qnl [ > we show that every locally free, volume-preserving, C’’(r >_ 2)
action of G on a closed manifold M with dimension dim(G) + 1 is Cr-conjugated to a homogeneous action. We also give a simple proof of the differentiable stability of the foliation of M bythe 03A6-orbits for r > 3.
Introduction
On sait combien la notion de stabilité structurelle est naturelle en théorie des
systèmes dynamiques ([AI], [Ma]) ;
pour autant,depuis
unevingtaine d’années,
on connaît dessystèmes
ayant unerigidité supérieure.
Nous allonsétudier de tels
systèmes ;
nosobjets
seront les suivants : un groupe de Lieconnexe
G,
une variété fermée connexe M de dimension n + 1 =dim(G)
+1et une action ~ de classe Cr
(2
rw )
de G sur M. Noussupp osons ~
localementlibre,
de sorte que ses orbites forment unfeuilletage
~’. Dans lecas
particulier
où Gagit
par translations àgauche
sur un espacehomogène
( *) Reçu le 24 février 1998, accepté le 16 mars 1998
~ ) U.R.A. G.A.T au C.N.R.S., Université de Lille I, F-59651 Villeneuve-d’Ascq Cedex (France)
e-mail : [email protected]
H/I‘ (H
un sur-groupe de Lie de G et F un sous-groupe discret uniforme deH),
nous dirons que l’action et lefeuilletage
sont des modèles. Nous nechercherons pas à décrire les modèles trop en détail car ils ont fait
l’objet
d’une littérature abondante dont le lecteur trouvera la trace dans
[Go],
ouvrage de référence sur la théorie des
feuilletages.
Nous commencerons par étudier l’existence d’une
conjugaison
différen-tiable de 03A6 à un modèle. Dans le cas le
plus simple (G
=R),
celle-ci n’existegénériquement
pas : il n’existe même pas deconjugaison topologique
de Fà un
modèle,
car les modèles ont des orbites toutes fermées ou toutes denses alors que selon[Pe],
un Fgénérique possède
un nombre fini > 0 de feuilles fermées. Selon~GHM~,
ce manque derigidité
estpartagé
par de nombreux groupesnilpotents.
Par contre, les actions de groupes à croissance expo- nentielle semblentplus rigides ;
pour leplus simple
d’entre eux,qui
est legroupe GA des transformations x --~ ax + b
(a
>0)
deR,
il y a dans[Gh]
le résultat suivant.
THÉORÈME (Ghys).
-(G
=GA~.
Si ~préserve
un volumecontinu,
~est
Cr-conjuguée
à un modèle.L’hypothèse supplémentaire
d’invariance du volume serait très forte dans le cas d’un groupenilpotent,
car elle excluerait de nombreux casintéressants,
comme les flots de Morse-Smale pour G = R. Par contre, GA
préserve toujours
une mesure de Borelqui charge
les ouverts, et celle-ci est sansdoute un volume
(Ghys
l’a démontréquand ~1 (M, I~8)
=0).
D’autrepart,
on
dispose
d’un autre théorème.THÉORÈME
(Ghys).
- Soit ~ une action localement libre de classe C’’d’un groupe de Lie non unimodulaire
(un
groupe de Lie est non unimodulaire si safonction
modulaire0(g)
=det(Ad(g))
n’est pasconstante)
G surune variété
fermée
M de dimensiondim(G)
+ 1. Si ~préserve
un volumecontinu,
celui-ci est de classeLes méthodes utilisées par
Ghys
pour prouver son théorèmedépassent
deloin le cadre du groupe GA. En les
adaptant,
nous prouvons ce théorème.‘THÉORÈME A. - Soit ~ une action localement libre de classe
(r > 2)
d’un groupe de Lie G sur une variété
fermée
M de dimensiondim(G)+1.
Si~
préserve
un volume continu(donc
et s’il existe un y ~ G tel queles valeurs propres cri ... , an et le déterminant
0(y)
deAd(y) vérifient
0(y)
>Sup
alors 03A6 estCr-conjuguée
à un modèle.Noter que ce théorème est valable pour de nombreux groupes mais ne
s’applique
pas à GA(pour lequel n
=2,
ai =0(y)
et a2 = 1quel
que soity).
Dans unpremier
article[BB]
sur lesujet,
écrit en collaborationavec O.
Birembaux,
nous avions obtenu le casparticulier où |03B1i|
> 1 pour tout i n nous fournissons ici une preuveplus simple
basée sur le mêmeprincipe. L’ingrédient principal
en est laproposition qui
suit.PROPOSITION 1. Id existe un
feuilletage
de dimension1,
de classeCr,
transverse à ~ et invariant par ~.Grâce à cette
proposition,
nousdisposons
de deuxfeuilletages
transverses de dimensioncomplémentaire ;
ceux-ci ont des structures trèsparticulières :
l’existence de ~
implique
que est transversalement de Lie de groupeG,
et l’existence d’un volume ~-invariant
implique
que ~’ est transversalement affine. Il est alors facile de conclure.Voilà pour le
problème
declassification ;
considérons ensuite leproblème
de la stabilité. Dans
[GS]
sont classifiés lesfeuilletages
.F de dimension 2 sansfeuille
compacte
sur les 3-variétés fermées à groupe fondamental résoluble.Il s’avère que pour un groupe fondamental non
nilpotent,
F est un GA-modèle,
d’où le corollaire suivant.THÉORÈME
(Ghys-Sergiescu). -
Il existe desfeuilletages
F de classe CW et sansfeuille compacte (si
nous disons sansfeuille compacte,
c’estqu’on
connaissaitdepuis longtemps
de telsphénomènes
de stabilité pour desfeuilletages n’ayant
que des feuilles compactes(théorème
deReeb).
L’intérêtde
[GS]
fut de fournir lespremiers exemples dynamiquement
intéressants de stabilitéC’’)
telsque si F’
est unfeuilletage
C’’(r
>2) suffisamment proche
de F en
topologie C0,
alorsF’
estCr-conjugué
à F.Prolongeant
le travailprécédent,
l’article[EN]
construit ungrand
nombrede
feuilletages
~’ de toutes dimensions et codimensions etqui possèdent
lapropriété (plus faible)
que toutfeuilletage proche
de F entopologie
C°°est
C°°-conjugué
à 0. Les méthodes sont icil’analyse
de Fourier et uncritère
homologique d’Hamilton ;
lesexemples
fournis sont transverses àune fibration en tores sur le
cercle,
avecquelques
conditions de spectre lesplaçant
defacto parmi
les flots d’Anosovalgébriques nilpotents.
Encodimension
1,
nous pouvonspréciser
le résultat de[EN].
THÉORÈME
B. -Supposons
que l’action modèle ~ du groupe non unimo- dulaire Gvérifie
laproposition
1. Alors toutfeuilletage ~’’
de classe C’"(r > 3), suffisamment C1-proche
d’unmodèle,
estCr-conjugué
à un modèlevoisin.
Ceci fait bien
comprendre
certaines deshypothèses spectrales
de[EN] :
pour que ~’ soit
C’"-stable,
il faut et suffit quel’espace
desfeuilletages
modèles soit réduit à un
point.
Dans le cascontraire,
~’ n’est pas même structurellementstable,
etcependant,
tous ses déformés sonthomogènes.
1. Preuve du théorème A
Nous nous
plaçons
sous leshypothèses
du théorème A. Nous notons Q le volumeinvariant, 9 l’algèbre
de Lie deG, Xi,
...,Xn
une basede 9
et w la 1-forme
ixl ~ ~ ~
Nous allons montrer laproposition
1. Avanttoute
chose,
il nous fautexpliquer pourquoi
celle-ciimplique
le théorème A.Puisque
Q estinvariant,
etpuisque
le n-vecteurXi
A ... AXn
évolue selon la loi A ... AXn
= A ... AXn
sous l’actionadjointe
deG,
on ag*w
=Supposons
laproposition
1montrée,
soit Yl’unique champ
de vecteurs de classe
Cr-1 tangent
à et tel quew (Y)
= 1. On auraet cette
équation algébrique signifie
que le flot de Yprolonge $
en uneaction transitive du groupe H défini comme le
produit
fibré ci-dessous :D’autre part, dans des cartes locales
adaptées
il est facile de voir que lechamp
Y a un flot C’" et pas seulement En d’autrestermes, ~
estC’’-conjuguée
à une actionhomogène,
et on a le théorème A(tout
ceciest
expliqué plus
en détail dans[BB] ;
voir aussi le lemme 2infra).
Nouspourrions
encore dire que les modèles sont définis par les deuxpropriétés
de
posséder
unfeuilletage
transverse invariant et d’être transversalementaffines [Go,
p.169]. Rappelons
la définition de cette dernière structure : toutfeuilletage
de codimension un peut se décrire par un atlasfeuilleté
constitué de cartes
(x, t) (x
t E~8)
avec deschangements
de cartes dela forme
(x, t)
-~(~(x, t), ~(t)) le feuilletage
est le lieu deshypersurfaces
de niveau de la
fonction t,
et si lesfonctions ~
sont des transformationsaffines,
on dit que lefeuilletage
est affine.Ici,
enpartant
de(1)
ou de(2)
on peut montrer l’existence d’une forme fermée a de classe Cr telle que du = a cette forme est H-invariante et son noyau est
engendré
par Yet par
l’algèbre
de Lie du noyau de A dansG ;
il est connu que la donnée de deux formes telles que a et wéquivaut
à celle d’un atlas affine.Pour montrer la
proposition 1,
nous construisons unchamp
de droitescontinu,
transverse et invariant par~, puis
nous vérifionsqu’il s’intègre
en un
feuilletage
de classe C’" .Lorsque
l’on veutintégrer
unchamp
dedroites,
on doit faire face à deuxproblèmes :
d’unepart,
en l’absence d’une autrehypothèse,
unchamp
continu n’est pastoujours uniquement intégrable (il
atoujours
des courbesintégrales,
mais il en passeparfois plusieurs
parun même
point).
D’autrepart,
même si unfeuilletage
a toutes ses feuillesde classe
C’",
il peut ne pas être lui-même Cr.Toutefois,
on a le lemmequi
suit.
LEMME 2. - Si ~
préserve
unchamp
de droites de classeC~
transverse à~’,
alors celui-ci estuniquement intégrable.
Si l’une de ses courbesintégrales
est
Cr,
, alors sonfeuilletage
est C’’(en particulier,
il esttoujours
au moins.
Preuve . Notons d’abord que si l’on donne en un
point
m E M unpetit
arc
T(t)
de classeCk
transverse aux orbites(1 k r),
onpeut paramétrer
un
petit voisinage
de m en classeCk
par(g, t)
E G R(g proche
de1,
tproche
de0)
en associant à(g, t)
lepoint gT(t).
Prenons pourT(t)
unpetit
arc
intégral
duchamp
de directions : dans leparamétrage obtenu,
cechamp
sera partout
tangent
auxhorizontales g
= constante,qui
en sont donc descourbes
intégrales
de classeC~ ;
nous affirmons que ce sont les seules : eneffet,
toute courbeintégrale
a unparamétrage
de laforme g
=4J(t),
et sonvecteur vitesse au
point ~(t)
estCe vecteur étant
horizontal,
est constamment nul donc~(t)
est uneconstante. Ceci prouve le lemme
localement,
et parconnexité,
on obtient lerésultat
global
annoncé. DGrâce au
lemme 2,
notreproblème
est désormais le suivant : construire unchamp
de droites dcontinu,
invariant par~,
transverse à ~’ etpossédant
une courbe
intégrale
de classe Lefeuilletage
dont laproposition
1 fait état
s’obtiendra,
alors enintégrant
d. Soit maintenant El’espace
des
champs
de vecteurstangents
auxorbites,
ceux-ci étant vus comme desapplications
continues de M dans~.
Nousmunissons ~
d’unproduit
scalaireeuclidien et E de la norme
Sup correspondante
Ceci fait de E un espace de Banach. L’action de G sur E est décrite par la formule
Soit Z un
champ
continu tel quew(Z)
= 1. Nous auronsl’équation (1)
surZ avec un terme correcteur venant de ce que Z n’est pas forcément invariant
en direction :
Nous allons chercher une section Y de d sous la forme Z + T où T
appartient
à E. Ceci revient à résoudre simultanément en T toutes leséquations
-g*T
=Z9.
. Nous utiliserons pour cela lespropriétés
"hyperboliques"
de~{y).
LEMME 3.
Lorsque
la norme de~
est convenablementchoisie,
on aIl,* Il ’ Il~y* 1 I) ~(y).
Enparticulier :
:(i) l’opérateur
V = a une norme 1 sur E ;(ii)
pour toutZo
E E de classeC1,
,définissons
par récurrence lechamp
=
V(Zn)
de classeCI
; soit X E~
; alors la dérivée de Lie~X (Zn)
tend vers 0 à vitesseexponentielle quand
n tend vers ;(iii)
pour ~C assezgrand (fixé
pour lasuite), l’opérateur
U =est dilatant sur E.
Preuve. - Un résultat
classique d’algèbre
linéaire est que pour toutematrice A E pour tout £ >
0,
il existe une norme sur pourlaquelle p(A) I) A II p(A)
+ ~ oùp(A) désigne
le rayonspectral
de A et(IAI)
sa norme sup.{ceci
vient de cequ’en jouant
sur le choix d’une base deoù A est mise sous forme de Jordan :
on
peut
rendrechaque
> 0 aussipetit
que l’onveut).
Si A estinversible,
on
peut également
supposer/9(~4’"~) ~ p{A-1 )
+ E, car A etA-1
sont sous forme de Jordan dans les mêmes bases
(les
termesai et Ei
sont àremplacer respectivement
par03BB-1i
et"i2êi
dans(4)
pour obtenir la forme de Jordan deA-1 ). Appliquons
ceci àl’endomorphisme de G :
pourune norme
convenable,
on aura à la fois.
d’où,
si $: est assezpetit,
Notons maintenant que par
construction, IIVII
= On adonc la
première assertion,
ainsi quel’inégalité .IIVII
1qui
vanous servir à prouver la deuxième assertion.
Rappelons
queLx(Z)
est ladérivée de Lie de Z dans la direction de
X ;
on aSi
désigne
le sup de~LXZn ~ quand
X décrit la boule unité deG,
onaura par linéarité
et en vertu de la formule
précédente
Par
conséquent, !{n
tend vers 0 aussi viteEnfin,
pour ~
proche
de0(y), l’opérateur
U =V-1
estproche
deV-1;
comme V est contractant, U est donc dilatant. 0
Une
conséquence
directe de(i)
et(ii)
est le corollaire suivant.COROLLAIRE 4. - Avec les notations
Précédentes,
la série~ Zn
con-verge
uniformément
vers unchamp
Tpossédant
une dérivée de LieLxT
=E Lx Zn.
Nous pouvons maintenant construire Y. Soient
Zo
=0(y-1 )Z,y-~ ,
,Zn+1
=V(Zn).
Selon le corollaire4,
lechamp
Y =Z+~ Zn
est bien défini ainsi que toutes ses dérivées de LieLX(Y) (X
E~).
On a par constructionNous avons donc un Y
qui
vérifiel’équation (1)
relativeà ~y-1.
Nous allonsmontrer
qu’il
vérifie cetteéquation
pour tout g. Pour tout X E9,
notonsT(X)
laprojection
de sur Eparallèlement
à Y. Il faut donc prouver queT(X)
esttoujours
nul. SoitXo
de norme 1dans g
tel que > 0soit maximal : on a donc pour tout X
de Ç
.Mais comme
y*LX(Y)
= = on en déduitet
puisque > ~ {y) 1 II y* I) , on en tire = 0. Donc, T(X)
est
nul pour tout X.
Nous savons maintenant que Y est invariant en direction par
~,
et lelemme 2 nous permet donc de conclure que Y est
uniquement intégrable, puis
que lefeuilletage qu’il
définit est de classeCB
et enfinque ~
estconjuguée
de classeCI
à une action modèle. Pour obtenir laconjugaison
Cr annoncée il nous reste à vérifier que Y
possède
au moins une courbeintégrale
de classe Cr(lemme 2).
Nous allons utiliser le résultat suivant.THÉORÈME
D’HADAMARD-PERRON. - Soitf
undifféomorphisme
localde lI8’~ en 0 laissant
fixe
lepoint
0 et de classe r > 2. SoitTu ® Ts ® Tc la
décomposition
deT0Rn
en trois sous-espaces de dimensiondu,
ds et d~correspondant
aux valeurs propres ded fo
de module >1,
1 et = 1. Alors localement en
0,
il existe des sous-variétés Ys et Y~ de dimension ds etd~, tangentes
aux sous-espaces TS et Tc et invariantes parf.
. Deplus,
les germes de ~~‘ et VS sontuniques,
declasse C’" et se
composent
despoints
mproches
de 0 tels quefn (m)
tendeexponentiellement
vers 0 pour n ~ -~(resp.
n ~Il existe d’autres versions de ce
théorème ;
on en trouveplusieurs
dans[AI]
et~HPS~ .
Les variétés VS et Y~s’appellent respectivement
variétéinstable,
variété stable et variété centrale dupoint
fixe 0 pour le difféomor-phisme f.
Pourappliquer
le théorèmed’Hadamard-Perron,
nous auronsbesoin d’un
point
fixe.LEMME 5. -
Quitte
àchanger
de y, onpeut
supposerqu’il
existe unpoint
m de M tel que~(y)(rn)
= m.Preuve . - Pour g E
G,
notonsS(g)
leplus grand
des modules de valeur propre deAd(g).
Selon le théorème du rayonspectral,
on aS(gh) S(g)S(h)
pour tous g, h EG;
parailleurs, l’hypothèse
du théorème Apeut
s’écrire sous la forme >s(y)s(y-1 ).
Parcontinuité,
il existeun
voisinage
ouvert U de 1 dans G tel que, pour touth E U,
on ait>
(hy) 1) ; alors on a aussi pour tout n > 2
ce
qui
prouve que vérifieégalement
leshypothèses
du théorème A.Appliquons
maintenant le théorème de récurrence de Poincaré :puisque ~ préserve
levolume,
presque toutpoint
de M est récurrent oupériodique
pour
~(y).
S’il existe unpoint
depériode n,
on peutremplacer y
pary’~
et le lemme est
vérifié ;
s’il n’existe aucunpoint périodique,
soit m unpoint
récurrent : pour n > 1 assez
grand, yn m
sera arbitrairementproche
de m, et il existera donc un h E U et unpetit
arc mm’ de courbeintégrale
deZ tel que
ynrn = h-1m’.
Enremplaçant y
par(qui,
comme il a étédit
plus haut,
vérifie leshypothèses
du théorèmeA),
on s’est ainsi ramenéau cas fixe
globalement
une Z-orbite. Enparamétrant
celle-ci par letemps
de parcours de Z àpartir
de m et en tenantcompte
du fait que,* Z
=0 (y) -1 Z,
on voit que y est une homothétie de cette Z-orbite donc fixe unpoint
de celle- ci . DConstruisons maintenant la variété stable V du
point
m pour le dif-féomorphisme ~(y).
Unpoint
mi est sur V si la distance de à mtend vers 0
exponentiellement
vite pour n --~ et pour unemétrique
auxiliaire
quelconque. Comme ,*
contracteY,
cechamp
esttangent
à Ven
chaque point
de cette variété. Considérons maintenant TM comme unevariété et
l’opérateur
U = ~c comme undifféomorphisme
de celle-ci :nous pouvons construire dans TM la variété stable W du
point
m(ou plus exactement,
du vecteur nulpointé
enm).
Elle est de classeCr-1
selon lethéorème d’Hadamard-Perron.
Les
points
de TM sont les vecteurspointés (m, v)
deM,
et l’action de U se fait selon la formulecomme W se compose des vecteurs
pointés qui
tendent vers(m, 0)
sous lesitérés
positifs
deU,
on tire de la formuleprécédente
et du lemme 3 que W est le fibré en droitesengendré
par Y sur V. Nous savons donc que ce fibré estde classe
Cr-1
en tant que sous-variété de TM. Il a bien sûr la même classeen tant que sous-variété de
TV,
et comme c’est un sous-fibré en droites deTV,
on peut le voir comme unchamp
de directions de classeCr-1
sur cette variété. Cechamp
de directionss’intègre
sur V en unfeuilletage
de classecr-1
dont les feuilles sont de classe Cr. Comme ces feuilles sont certaines courbesintégrales
deY,
on obtient le résultat voulu : Y a au moins unecourbe
intégrale
de classe Cr et la preuve du théorème A est achevée.2. Preuve du théorème B
Dans cette
partie,
nous considérons un groupe non unimodulaireG,
sansplus
faired’hypothèse
sur sareprésentation adjointe.
Nous construisons legroupe H du
diagramme (2),
et nous supposonsqu’il possède
un réseau r.Nous considérons ensuite l’action modèle $ de G sur
H /F,
lefeuilletage
sous-jacent F,
lefeuilletage
transverseF1. (engendré
dans lediagramme (2)
parle noyau de la flèche du
bas,
c’est à dire le sous-groupe des translations du facteurGA)
et un autrefeuilletage 0’
suffisamment voisin de F entopologie CI (nous
donnerons desestimations précises
de cetteproximité
le momentvenu).
Il nous faut montrerqu’il
existe une action~‘
de Gqui paramètre 0’
et que celle-ci seprolonge
en une action transitive de H. L’action ~‘ est facile à construire.PROPOSITION 6. - Il existe une action localement libre
~‘
de G surM,
de classe C’" et
C1-proche
de dont les orbites sont lesfeuilles
de0’
etqui préserve
Preuve. - Comme
0’
estproche
de0,
onpeut
le supposer transverse àF|.
Pour z~ M et g
assezproche
de 1 dansG,
nous notons03A6’(g, x) l’unique
élément d’unpetit voisinage
de xqui appartient
à la fois à la0’-plaque
de x et à la~’1-plaque
dex).
Il est immédiat que~‘
est uneaction locale C’’
qui préserve ~’1.
Comme M estfermée,
cette action estglobale.
Laproximité CI
des deux actions vient de laproximité
des deuxfeuilletages.
0Techniquement,
nous venonsjuste
de lire sur lefeuilletage 0’ la
structurede
feuilletage
de Lie de groupe G dont est muni~1.
Nous allons maintenant vérifier que0’
est transversalement afhne. Prenons unpoint
base mo sur M et notons r le groupe fondamental de M.PROPOSITION 7.- La variété
bifeuilletée (M, F, F|) peut
être vuecomme
l’espace
GxR muni de ses deuxfeuilletages produits
etquotienté
parune action de T’ de
la forme y(g, t)
=(gy-1, T(y)(t))
où r est unmorphisme
de r dans GA. De
même,
la variétébifeuilletée (M, ~’‘, ~’1) peut
être vuecomme
l’espace
G x I~8 muni de ses deuxfeuilletages produits
etquotienté
par une action de F de la
forme ,(g, t)
=(gy-1, T‘(y)(t))
où r’ est unmorphisme
de r dansPreuve .
Rappelons
quepeut
être vu comme leportrait
dephases
d’un flot
qui prolonge ~
en une action de H. Lesapplications
R et R’de G x M dans
M, respectivement
données parR(g, t)
= etR’(g, t)
=03A6’(g)(03C6t(m0))
sont des revêtements de M par G Rqui
ont lespropriétés voulues,
comme on le vérifie facilement(notons
que R n’est pasautre chose que le revêtement
canonique
de M =H/F
parH).
0Dans la
proposition précédente,
r s’identifie à un sous-groupe deG,
constitué des
éléments, qui
fixentglobalement
la feuille de~1 passant
par~
mo. Le théorème de Fedida
[Go,
p.156~,
nouspermet d’apporter
certainesprécisions.
.
Premièrement,
les adhérences des orbites de~’1
forment une fibration~ (nous
noterons~’o la
fibre demo).
Celle-ci est invariantepar ~
et~~,
car ces actions
préservent ~’1.
Lacomposante
neutre K du stabilisateur de~o
dans G est un sous-groupedistingué. (Le
stabilisateur enquestion
est l’adhérence de
F.) Enfin,
selon[CC],
le fait que~’-~
soit de dimension 1 entraîne que ~i est abélien.. En second
lieu, ~’1
est transversalement de Lie degroupe !{
enrestriction à
.~’o .
Parconséquent,
le groupe A = K n F s’identifie à’~1 (~’o) _ ~~ (2 l~
=dim(~o) ~ n).
Notons quer(A)
est de type finiet se compose de
translations,
cequi
découle facilement du faitqu’en
restriction à est la trace d’une action
homogène
de codimension 1 d’un groupe abélien sur le tore..
Enfin,
le sous-groupe F de G n’est pas contenu dansKer(A),
car lequotient
de G par l’adhérence de r estcompact (c’est
la basede
lafibration
~);
parconséquent,
il existe dans r un y tel 1.Dans
GA, r(y)
est une homothétie dont lerapport
estA(y)
-1(en
effet, multiplie
par0 (y)
-1 le vecteur Y défini dans lapremière partie
de cetarticle).
Après
ces remarques, nous pouvons montrer laproposition
suivante.PROPOSITION 8.- Il existe un
homéomorphisme
h de R tel que lemorphisme
: y ~ de r dans le groupe deshoméomorphismes
de M soit à valeurs dans GA.
Preuve . L’élément clef de la preuve sera la construction d’un groupe à un
paramètre
transitif et sanspoint
fixe dans l’adhérence de F.Choisissons des éléments T et H de r dont les
images
par r sontrespectivement
une translation et une homothétie de rapport xE ~ ] 0, 1 [.
Pour fixer les
idées, quitte
à faire unchangement
affine de la variable t,nous supposons que ces
images
ontrespectivement
la forme t -~ t + 1 ett - /d.
Alors,
ellesengendrent
dans GA le sous-groupe des transformations t -> +À,
n E ~ et À ES[~, , r~-1 ].
L’ensemble des translations der(F)
est de
type
fini : comme il contient Z[03BA],
on en tire que 03BA est irrationnel etalgébrique,
cequi
nous servira bientôt.Choisissons une base
Xi,
...,, Xn Z
del’algèbre
de Lie de H et voyons- la comme une base dechamps tangents
à M(les champs
fondamentaux de l’actionmodèle). Alors,
les différentielles etd~‘(g){m)
s’identi-fient aux matrices
(n
+1)
x(n
+1)
de leurs coefficients dans cette base.Dire
que 03A6
et03A6’
sontC1-proches,
c’est choisir unvoisinage
U relativementcompact
de 1 dansG,
un réel £ > 0 et demander quepour tous m
e M et g
E U. Choisissons U pourqu’il
contienne T etH,
et
exprimons (5)
en nousrestreignant
à la Z-orbite de m : on voit que les élémentsr’(T)
etr’(H)
de ont la formeoù 6:2 sont des fonctions
petites
en normeCI
uniformément sur tout R(et
pas seulement sur toutcompact).
Donnons unemajoration explicite
deleur norme : pour ~2
proche
de0, r’(H)
a unpoint
fixeunique ; quitte
àfaire un
changement
affine de la variablet,
on supposera que cepoint
fixeest 0. Nous demandons que :
. il existe k E
~ 0 , 1 ( , ~ E ] 0 , 1 ~ tels
que~2/k
1 et ktr’(H)(t)
~t(notons
que cette condition entraîneT’(H-1)(t)
Soit r un réel
quelconque ;
nous construisons maintenant une suite yn E A telle queT~(yn)(0)
converge vers r et que converge dans En composant avec unepuissance
der’(T),
onpeut
se ramener à r > 0. En combinant les deuxhypothèses
surr’(T)
etr’(H),
on obtient pour tout nentier un encadrement
Posons ~yo = 1. Par
récurrence,
une fois défini , on pose yn = où pn est leplus petit
entierpositif
tel queT(~y~)(0)
r.Par
construction,
la distance entre et r n’excède pasComme 0 ~
1,
la suiter(yn)(0)
converge donc vers r. Demême,
pnn’excède pas
Par
conséquent,
on a lamajoration
Comme 0
~2 /~ 1,
la série de termegénéral T’(y~,+1 ) - T’{yn )
convergenormalement dans
Hom(R)
vers unhoméomorphisme qui
envoie 0 sur r.Nous pouvons maintenant conclure la preuve. L’adhérence de
r(A)
estun groupe abélien
(car
A en estun)
et comme on l’a vu, ce groupeagit
transitivement sur R. Il est
classique qu’un
tel groupe soitconjugué
augroupe des translations usuelles
(voir
parexemple
l’introduction de~Pl~ ) .
Ilexiste donc un
homéomorphisme h
tel que lareprésentation
or définie dans l’énoncé envoie A sur un sous-groupe dense des translations de R. Comme A est normal dansr,
tout élément deagit
parconjugaisons
internesdans
Hom(R)
en normalisant lestranslations,
donc est afhne. DPROPOSITION 9. - h est en
fait
de classeComme nous l’avons vu, A est de
type
fini. Le sous-groupeengendré
par
cr{~’),
... dans GA est donc de typefini,
eton en déduit que
(f(H)
est une homothétie dont lerapport
estalgébrique
et irrationnel. Par
conséquent, l’image
de a~ contient des translations dont leslongueurs
ont desrapports algébriques irrationnels,
à savoir(f(T)
etSelon une forme
optimisée
du théorème de Herman([He], [Si,
p.108]) h
est doncC’"-1;
comme contient aussi des élémentshyperboliques
et comme r -1 ~ 2,
h est Cr par[St].
COROLLAIRE 10. - 03A6’ est
Cr-conjuguée
à une actionhomogène.
Preuve. - Soit le groupe à un
paramètre
défini sur G par~S ~ (g, t)
=(g, t+â(g)s) : alors,
le groupe de classeCr,
est invariantpar l’action de F donnant le revêtement
R’,
et passe donc auquotient
surM. On vérifie sans
peine qu’il prolonge
16’ en une action transitive de H. DRemarque.
- Certainsfeuilletages sujets
au théorème B ne sont pas structurellement stables : nous laissons au lecteur le soin de vérifier cequi
suit. Soient a, -a les
logarithmes
des deux racines de la matrice d’AnosovSoit H le groupe de Lie dont
l’algèbre
estengendrée
par leschamps Xi,
... ,, X4,
T avecles autres crochets étant nuls. On sait que A se
plonge
dans un groupe à unparamètre
dematrices,
et l’onpeut
voir H comme le groupe despseudo-
dilatations
(yl ,
...,, y4, t)
:x1, ... x4, , ... ,
y4 , t
E IIB. Legroupe H
contient unréseau,
constituédes
points
, ... , , y4,t) E ~ 5,
et si G est le sous-groupeengendré
parXi, X 2
,kX3
+ etT, le feuilletage engendré
par G surH/r
satisfaitles
hypothèses
du théorème B.Or,
selon que est rationnel ou non, les feuillesgénériques
de ~’ tantôt serontsimplement
connexes, tantôt aurontZ~
pour groupe fondamental. D’autre part, certainsfeuilletages sujets
authéorème
B,
structurellement stables ou non, ne sont pas anosoviens : pour levoir,
prenons une matriceexponentielle
A deSL(n,)
dont lesvaleurs propres sont les nombres
algébriques conjugués
d’un nombre de Salem unitairequi
n’est pas un nombre de Pisot : cette dernière conditionsignifie
que Apossède
une valeur propre réelle de module >1,
que toutesses autres valeurs propres sont dans le
disque
unité etqu’au
moins uned’entre elles est au bord de ce
disque.
Considérons legroupe H
despseudo-
dilatations x ~
At X
+ y comme Apossède
une valeur propreréelle,
H contient un sous-groupe G de codimension 1 obtenu en
restreignant
leparamètre y
à un sous-espace A-invariant de dimension1;
comme cette valeur propre n’est pas 1 ou-1,
G est nonunimodulaire ; enfin,
comme Alaisse invariant le réseau standard de
II8’~,
Hpossède
un réseau constitué des éléments( y, t)
E 7L’~ x ~ . On a donc toutes les conditions du théorèmeB,
et